SIS
traite que le doigt de Dieu , disait-elle , loi avait indiquée. Elle y était depuis dix ans environ lorsque les votes unanimes des dames ses compagnes l'élurent supérieure.
Dès ce moment son zèle pour faire fleurir la religion et la vertu dans la maison qui était confiée a sa direction mit tout en œuvre pour inculquer à ses co-religieuses la connaissance parfaite de la règle monastique sous laquelle elles avaient juré de vivre et de mourir : dans cette intention elle fit traduire du latin en rimes allemandes les constitutions de l'Ordre de St. Dominique. Ce genre de composition versifiée était fort en usage à cette époque ; et il devait rendre singulièrement facile aux moniales d'apprendre ces prescriptions par cœur. Dn temps de Bertholet l'original de cette traduction, faîte par frère Herman (v. son article) se conservait encore aux archives du prieuré de Marienlbal. L'auteur avait ajouté à la fin les mots suivants: Cette version fut faite en Tan du Seigneur 1276, à la prière de soeur Yolande , prieure. Finalement, cette sainte dame eut la satisfaction de recevoir elle-même les vœux religieux de sa propre mère qui , comme nous l'avons dit plus haut, s'était d'abord si obstinément opposée à l'accomplissement de la vocation de sa fille.
Yolande mourut le 11 décembre 1283, chérie de ses religieuses et chargée de bonnes œuvres, laissant son monastère dans une parfaite régularité et augmenté dans ses revenus temporels. Elle fut inhumée au côté de l'évangile du maître-autel de l'église de son prieuré , qu'elle avait vraisemblablement fait bâtir elle-même, sous une simple dalle bleue, sur laquelle furent gravés ces mots:
SOROR JOLANMS DB VlENNA HV1VS DOMVS PRIORISSA DBPr.Nf.TA IN Dno. AO M.CC.LXXXI1I.
Plus tard, sans doute pour reconnaître les mérites et les vertus de la vénérable
prieure, les religieuses de Marienlbal lai
firent élever un monument funéraire honoraire au milieu du chœur de leur église ; mais les reliques d'Yolande n'y furent pas déposées , apparemment pour ne pas les troubler dans leur repos, à l'endroit que peut-être elle-même avait choisi pour sa sépulture. Alexandre deWiltheim donne la description de ce mausolée: Il était élevé de deux pieds environ du sol, dit-il ; sa partie supérieure représentait la figure d'Yolande en pied , formée au moyen de morceaux de verre de couleur, avec l'habit de l'Ordre, portant sur ses bras une église à clocher, pour marquer qu'elle était pour ainsi dire la fondatrice du spirituel du monastère de Marienthal on bien parce que sous cette prieure l'église avait été construite. Autour de cette figure était placée l'inscription suivante :
HiC IACBT PLE MEMORISE SOROR YoLAIfDIS PRIORISSA HDJUS LOCI FILIA ILLUSTRISS1MI
[Hbnrici Comjtis BT MaRGARBTBjE Co-
[MITlSSiE VIBNNBN8IS CUJUS HXC
Mater pr£dicta soror fuit Baldcvixi
[iMPBRATORIS
CONSTANTINOPOLITANI. SUR BA ACTEM ORI)0 [SANCTISSIMB VIXIT INCREMENT CM ACCEPIT RBI.IGIO BT RBS. OBIIT PRIORATUS [SCI ANNO XXV , iETATIS VBRO CIRCA L,
[anno Domini M.CC.L.XXX1II.XVI. kal.
[jANUARlI.
De la main gauche de la figure partait un ruban avec ces mots:
« Chritte qui me ereasti et tulisti a me « amorem sœeuli , qui corpus tneum a pol- «lutione separasti, jube me ad luam « misericordiam pervenire. »
Autour de la base du monument on avait ajouté un vers que le temps avait déjà effacé depuis des siècles avant la destruction du mausolée. Alexandre de Wiltlieim a pu y lire encore : Félix filia regum et comilum.
Nous terminerons cet article par un extrait des éphémérides du monastère de Marienthal: «Yolande d'heureuse mé-
« moire , Prieure de ce monastère
« Elle surpassa toutes les sœurs par sa vie
«édifiante et la candeur de ses mœurs, « et elle gouverna cette maison pendant « vingt-cinq ans eo y faisant fleurir l'amour «et la crainte de Dieu. Par sa conversation pieuse et sainte, par son humilité «et son aménité qui peuvent servir d'ex- « emple à tous , elle n'augmenta pas peu «le respect envers Dieu dans l'âme de «beaucoup de frères, de sœurs et de perce sonnages du monde. Par son exquise « prévoyance elle a enrichi ce lieu d'un « trésor très glorieux , à savoir d'une par- « ticule de la Croix de Notre-Sauveur et «d'une épine de sa couronne, outre un «grand nombre d'autres reliques. Les «propriétés et les édifices de tout le cou- « vent ainsi que les ornements de l'église « de même que le nombre de nos livres «furent considérablement augmentés sous «son priorat, avec le concours de sa mère, «de ses agnats et de ses amis, etc.»
Le cadre de notre ouvrage ne comportait pas d'ultérieurs détails sur cette intéressante personne qui, bien qu'elle ne soit pas encore inscrite au catalogue des Saintes, mériterait bien une place dans ce répertoire. Les personnes qui seraient désireuses d'avoir plus de détails sur elle en trouveront beaucoup dans la biographie que les Pères Alexandre de Wiltheim et Bertholet ont publié sur elle, de même que dans la traduction de l'ouvrage de de Wiltheim que M. l'abbé Stehres, Directeur du Progymoase de Diekircb , a publié en 1841.
Piaatrr, tl, 971; III. 091 . — Bemolit , V, 7 •à 59, 908 ad SI V. — NcTaa , Histoire de Vianden, 99 ad 98 — Bmtim, article Viandeo. — Baowca, A mulet Trevirenact. —Muta». — Atu. a Wiltbkim, Vila Yenerabilia Tolaada;. — Situait, Lfbea der Grcfin Tolaada Ton Vianden.— Tnon*t ae Gmimt.
Vjllabiu9, Barthélémy; v. BARTHÉ- LÉMY, dit de Weyler. '
VILLERS, Jean-Baptiste, est né en 1669, à Clavièrc, village aujourd'hui liégeois, mais qui dépendait autrefois du pays de Luxembourg. Après avoir fait ■avec beaucoup de succès ses humanités à Liège et sa philosophie a Louvain, il se
dévoua entièrement à la sanctification du prochain , surtout des pauvres. Il avait reçu la tonsure cléricale à l'âge de dixsept ans. Les Pays-Bas étant devenus le théâtre de la guerre , Villers se retira a la campagne pour travailler au salut des soldats. Ayant appris que l'armée française était en marche pour aller assiéger Liège en 1691 , il la devança et entra dans la ville où sa charité lui Bt braver tous les dangers pour porter partout des secours spirituels et temporels, ce qu'il fit avec une ardeur incroyable durant le plus affreux bombai-dément qu'une ville puisse essayer. En 1710, pendant le siège de Douai où il était président du séminaire provincial, il faillit mourir d'une maladie contagieuse qu'il gagna en soignant les blessés et les malades. En même temps qu'il donnait à ses séminaristes des leçons sur les vertus ecclésiastiques, son exemple leur en apprenait la pratique. Aucun état n'échappait à sa sollicitude. Il faisait imprimer pour les campagnards des instructions de piété qu'il leur distribuait avec d'autres secours assortis à toutes sortes de besoins, et mourut en 1746, après avoir donné aux pauvres tout ce qu'il possédait. Sa vie a été imprimée à Liège, en 1774.
Da FtLLta, Dictionnaire fcitUriqae; liU. V.
Vilthhm, la famille de, et les personnages connus; v. WILTHEIM.
VIRNEBOURG , Georges ou Grégoire, comte de, évéque d'Azot, était originaire du château de son nom et frère ou proche parent de Jean de Virnebourg , qui devint en 1550 prévôt du chapitre de Nachtsheim dans le comté même dont sa famille était dyoastc. L'archevêque de Trêves l'envoya d'abord à Ingolstadt entendre les leçons du célèbre Docteur et professeur Eck, afin d'achever son éducation littéraire et scientifique. A son retour, l'archevêque Jean de Magen le nomma son chapelain particulier; puis lui donna, le 10 septembre 1543, la cure d'Andernach.
Ayant résigné ces fonctions eu 1549 il fut
désigné Chanoine de Munsler-Mainfeld.
Il a été le dernier prédicateur séculier de la cathédrale , parce qu'après lui cette charge fat confiée aux Jésuites qni la conservèrent jusqu'à la suppression de leur ordre en 1773, par bref du pape Clément XIV.
Georges de Virnebourg avait, par son incessante activité , sa grande vertu et sa vaste science rendu des services éminents a 1 archevêché de Trêves lorsque Tarchevéque-électeur Jean de Leyen le consacra évoque et le nomma son vicaire-général in spiritualîbus , au château de Wittlich, le 11 août 1658 , eo présence des chanoines Jacques <FEIz et Jean de Scbcenberg, qui tous deux et successivement montèrent sur le siège archiépiscopal. Encore pendant la même année il obtint sa confirmation de Rome.
Après le décès de l'archevêque Jean de Leyen, Georges de Virnebourg embrassa Tordre de St. Bénott, devint abbé de St. Martin à Trêves et dirigea encore cette maison religieuse pendant quinze ans. Il est mort le 30 juin 1578.
J A. J. Hiuti, Die Wfibbbcbœfe tm Trier; Cologne, 1834, p. 19 iq.
VIRNEBOURG, Robert, comte de, n'appartient à l'histoire du Luxembourg que parce qu'il était gouverneur de ce pays sons la trop fameuse duchesse de Gœrlitz. L'auteur du manuscrit des Viri illustres lui a consacré les deux lignes qui suivent: « 1420. Robertus cornes de « Virnenbourg , Clientèle Luxemburgics, « Gubernator Luxemburgensis. »
Ce personnage, qui était chevalier de la Toison d'or, est mort en 1443.
Viri illutre*. II, N« IS6.-Bi.tioi.ct, IV, ante teitra, XXVI. - B«m», Eifia Hloetrate, I, para altéra , 678, etc. — PieaaeT, III.
Vith , Jean de St. ; v. JEAN , dit de St. Vitk.
Vogbl, Jean; v. FOGEL, Jean.
VOGELSANG , Louù, Baron de, Feldzeugmewter autrichien, propriétaire du
47- régiment d'infanterie-, originaire de la famille qui se dénomma de ce nom de la terre de Vogelsang , et qui a longtemps possédé la mayerie héréditaire de Bastogne. L'auteur de l'ouvrage historique sur l'ordre de Marie-Thérèse verse ainsi dans une erreur évidente l'orsqu'il admet que ,1a famille de Louis de Vogelsang sortait du Mecklembourg, tout comme lorsqu'il le mit naître a Bruxelles, tandis qu'il est prouvé qu'il a vu le jour le 12 décembre 1748, dans le manoir de son nom: cependant il paraît qu'il a passé sa jeunesse dans la capitale du Brabant.
Quoiqu'il en soit, plusieurs de sesaleax se distinguèrent comme de courageux soldats ; son grand-père, colonel et adjudantgénéral de Prince de WaldecL se fit très avantageusement remarquer dans les guerres contre la France, pendant les premières années du dix-huitième siècle , aa point qu'en 1720 il mérita d'obtenir la chevalerie héréditaire du St. Empire. Son père, Chrétien, est mort en 1765 avec le grade de Feldzeugmeister et de Commandant militaire des forteresse et vUle de Luxembourg , après GO ans de loyaux services.
Louis de Vogelsang fut admis à l'académie Thérèsienne dont il sortit avec le rang d'officier et fut incorporé dans le régiment de Clerfayt, infanterie. Déjà pendant la première année de son service il sut tellement se gagner le contentement de l'impératrice-reine Marie-Thérèse qu'elle lui lit de sa propre main cadeau d'une tabatière en or, enrichie de son portrait orné de brillants.
Pendant la guerre brabançonne en 1790, de Vogelsang se distingua si éminemment, comme major, dans les escarmouches près de Nassogne, le 1" janvier, le 18 mai près de Hogne, le 23 près de Belle- Maison, etc., enfin le 31 août à la prise des batteries ennemies près d'Aodenoe, qu'il se rendit digne d'obtenir la croix de Marie-Thérèse, avec le brevet de lieutenant-colonel, et qu'en 1793 il fat créé baron. Dès 1791 de Vogelsang était
colonel de son régiment. A* combat prè* et de faciliter le départ de l'artillerie ainsi de Toornay, le 39 arril 1792 il ae dis- que dea bagages. Il remplit cette comtingua par son courage, et le 30 octobre mission d'une manière ai brillante arec 1793 , à la prise de Marchienne par sa quatre bataillons de grenadiers, deux esrésolution. Elevé au grade de général- cadrons de hussards et huit canons, qu'il major en 1796, il commanda une brigade fut porté à Tordre du jour avec la mention de grenadiers de la division Werneck au la plus honorable, corps de Wartenaleben. Près de Wurtz- A la paix il fat nommé général de bourg il prit d'assaut la forêt de Gram- division à Prague et commanda en 1819, schatz et contribua beaucoup au gain de jusqu'à l'arrivée du général Bellegarde le la bataille. En 1799 de Yogelsang était premier corps, auquel sa division ap- FeldmaréchaHifcutenaot souaKray en Italie partenait. [Près d'Aspern il donna à ses et forma la suivante avec sa division la soldats le plus bel exemple de courage plus grande force du corps chargé du plein de calme et de sang froid: See blocus de Gènes, soue le commandement services signalés en cette circonstance du Lieutenant-feldmaréchal Oit. On dot forent récompensés par la nomination au a sa bravoure seule la reprise du château rang de Feldzeugmeister hors rang. Mis de Ceriola près de Marengo. a la retraite pendant un temps très court, A la fin de la guerre de Yogelsang H devint peu après commandant de la obtint une division qui tenait garnison h forteresse puis en 1819 gouverneur de Hermanstadt, et en 1805 une division de Josepbstadt. L'empereur Alexandre 1** grenadiers près de l'armée de l'archidnc de Russie lui remit , pendant une visite Charles. A la jonrnée de Coldiero il fut de cette place , une bague très précieuse, loué publiquement et put se glorifier ornée de diamants et de son portrait, d'entendre cet éloge de la bouche Le 1" mai 1817 Louis de Yogelsang même du généralissime: car les greaa- célébra son jubilé de cinquante ans de
diers de de Yogelsang avaient attaché services militaires, et mourut pendant la définitivement, le second jour de la bataille, n«»U du 27 au 28 juin 1822.
la victoire aux drapeaux autrichiens. L'em- Ht
pereur lui donna le 47* régiment d'infan- I. Sut, 1734.
terle. Pendant la retraite, de Yogelsang Vo{ y ^ rA|7mfln ^ du
devait soutenir quelque temps la ville de Yoize. Yicence afin de procurer quelqne repos
a l'armée à la suite de tant de faligues, Vulpilaïcus, St. ; v. WALFROY, St.
WACKEN , est né à St. Hubert dans le courant du dix-huitième siècle. Ses mérites le firent parvenir au rang éminent de Conseiller aulique , attaché à la chancellerie de Vienne. Wacken est mort en 1832 ou 1833, auteur d'nn ouvrage sur la Hongrie.
IlcMcigueracnU communique* par BT/ »i IUmblv
M SODUOT.
WACQUANT - GEOZELLES , Jean- Pierre-Théodore, Baron de, feldzeugmeister, conseiller intime de l'empereur d'Autriche et son chambellan, propriétaire du 62" régiment d'infanterie, né à Briey, le
17 Bai 1754, appartenait à une famille luxembourgeoise qui fut anoblie par patentes de Charles II, roi d'Espagne, en date de Madrid, le 27 septembre 1658, en faveur de Jean-Baptiste Wacquant et de ses deux frères, Jean et Philippe- François, avec continuation du port des armoiries dont leurs ancêtres avaient usé, c'est-à-dire : d'argent, écartelé, aux 1 et 4 i une fasce de gueules ; aux 2 et 3 un lion d'azur armé, langué et couronné d'or, sortant d'une montagne d'or. Cimier, le lion de l'écu. Bourrelet et bachements d'argent et de gueules. Ces lettres furent confirmée* et au besoin renouvelées par patentes en date du 2 novembre 1671 en faveur de la veuve de Jean-Baptiste Wacquant. Nous donnerons à la suite de la Biographie du personnage qui nous occupera dans cet article une courte notice sur les personnages marquants appartenant à la famille de Wacquant qui, d'origine luxembourgeoise à l'époque de son anoblissement, s'est plus tard habituée en partie dans le Luxembourg devenu français depuis la paix des Pyrénées.
Dès sa plus tendre jeunesse Jean-Pierre- Théodore de Wacquant montra une propension décidée pour la carrière à laquelle il resta pendant tonte sa vie attaché de corps et d'âme. Dès le mois de septembre 1771 , c'est-à-dire à l'âge de dix-sept ans il entra comme cadet dans le corps d'artillerie à l'armée des Pays-Bas , dans laquelle il ne tarda pas à montrer son aptitude sous le lieutenant-feldmaréchal comte Fcrraris. En juillet 1779 il fut nommé sous-lieutenant des mineurs et quelques années plus tard lieutenant du génie : Dans ce grade il fut employé à la construction de h forteresse de Theresienstadt.
La guerre contre les Turcs procura à de Wacquant la première occasion de montrer son courage et son sang-froid. Après s'être d'abord distingué au siège de Schabacz, il fut a celui de Belgrade désigné capitaine hors de tour.
L'éruption de la guerre de la révolution appela de Wacquant sur une autre
scène. En février 1793 il fut, pour ses connaissances multipliées, transféré en qualité de capitaine dans l'état-major-général et pendant le mois de mai nommé majoradjudant du prince de Saxe-Cobourg. Dans ce grade il conduisit une partie des travaux du siège de Valencienncs pendant lequel il eut plus d'une fois l'occasion de se distinguer. Au mois d'août 1795 il devint lieutenant-colonel d'état-major du corps d'armée Wurmser. Le 29 octobre de la même année , a l'assaut commandé par celui-ci des retranchements du Galgenberg près de M annbeim, il réussit avec le bataillon des grenadiers Bydeskuty à pousser jusque dans la redoute de Neckar où il eocloua dix-huit canons, de manière que déjà pendant la même nuit les assiégeants purent commencer le bombardement de la place de ce côté. Pour ce fait d'armes le duc de Wurtemberg lui conféra la croix de commandeur de son ordre militaire Pour le Mérite.
De Wacquant ne cessa pas de prendre part à tous les événements de l'armée d'Allemagne. Après avoir été nommé commandant des forteresses de Wûrzbourg et d'Ingolstadt, il devint en septembre 1800 commandant en chef de Burgbausen et obtint la suivante le commandement du régiment-infanterie Gemmingen qui fut plus tard dénommé du Baron Reiscbach, 21.
Pendant la campagne de 1805 il se distingua le 5 décembre au combat de Stecken , à la suite duquel les Français forent obligés d'abandonner Inglau. Après la conclusion de l'armisUce il fut chargé de fixer la démarcation entre Tabor et Lioz ; et lorsque les Français avec les Bavarois se permirent toutes sortes d'excès tant en Bohême qu'en Autriche, il fut député vers l'empereur Napoléon V à Munich, pour lai faire à cette occasion des représentations pressantes. Après l'évacuation de Braunau par les Français, évacuation qui avait été décidée par voie diplomatique , de Wacquant qui avait été nommé général-major en avril 1807, fut dépêché au mois de novembre de la même
année pour recevoir la forteresse des maios du commissaire impérial français, nommé OUon ; et cette commission il la remplit à la grande satisfaction de son souverain.
Au commencement de la campagne de 1809, de Wacquant obtint une brigade du premier corps d'armée du comte de Bellegarde , général de la cavalerie , et prit part avec elle à tous les combats qui furent livrés en Bavière. A la bataille d'Aspern, le 21 mai, au soir, à la tête de sa brigade, portant la bannière du régiment Yogelsang, aujourd'hui Kinsky, N* 47, au cri de : Suivez-moi camarades, il pénétra dans cette ville qui était occupée par une garnison française de douze mille hommes et l'arracha à l'ennemi malgré toute une nuit de combat. Pendant cette action il eut trois chevaux tués sous lui. Pour ce trait de bravoure il fut, sur le champ de bataille même , honoré le 24 mai de la croix de chevalier de l'ordre de Marie-Thérèse. A la bataille de Wagram il perdit également deux chevaux.
A la paix de Wacquant fut nommé commissaire pour la remise de Salzbourg et de Berchtesgaden. Il venait à peine de terminer cette affaire lorsqu'il fut envoyé faire la remise de la Galicie orientale à la Saxe et du cercle de Tarnopol à la Russie. L'empereur François voulant récompenser les mérites transcendants de de Wacquant qui avait été, dès le mois d'août 1809, nommé Lieutenant-Feldmaréchal, lui octroya en mars 1810 la propriété du 62' régiment d'infanterie ainsi que des lettres de Baron.
Pendant la campagne de 1813 il fut envoyé comme commissaire militaire au quartier-général des princes alliés , et assista en cette qualité aux batailles de Dresde, Knlm et Leipsic. Lorsque en décembre les relations des alliés avec le Wurtemberg demandaient k Stuttgart la présence d'un plénipotentiaire énergique, de Wacquant y fat député avec des pouvoirs extraordinaires ; et sur la menace de faire occuper militairement le pays par l'armée
de réserve du Grand-Duc Constantin, il réussit à procurer dès le lendemain la retraite des troupes royales qui avait été refusée jusque-là. Il fit ensuite la campagne de France à la suite de son souverain. Après la conclusion de la paix il obtint de nouveau la commission de régulariser la frontière contre la France, depuis l'embonchure du Var jusqu'à la Moselle. Il était occupé à ce travail lorsque le retour inopiné de Napoléon Ier de l'île d'Elbe vint le surprendre. L'empereur d'Autriche lui conféra sur ces entrefaites le gouvernement de l'importante forteresse de Mayence, qu'au mois d'avril 1815 il remit à l'archiduc Charles. Appelé au quartier-général des puissances alliées il y obtint pour ses nouveaux services l'ordre de St. Etienne. Au mois de juin il fut chargé du blocus de Strasbourg. Lorsqu'à la suite de la bataille de Waterloo la paix générale eut été faite il conclut avec le général Rapp un armistice sur le Rhin supérieur. Au mois de septembre de la même année l'empereur d'Autriche le nomma conseiller intime effectif, et le députa peu de temps après à Munich pour aplanir les difficultés qui étaient surgi es entre les cours d'Autriche et de Bavière au sujet des provinces que celte dernière devait abandonner à la première : Il parvint par d'adroites négociations à les faire disparaître à l'amiable ainsi qu'à mettre à exécution le traité du 14 avril. Ce succès lui valut l'ordre de la couronne de fer de 1" classe, En septembre de la même année encore il fut nommé envoyé extraordinaire à Cassel où il resta Jusqu'en 1821. A son rappel de ce poste il fut désigné commandant de la division militaire de Troppau.
De Wacquant dont la santé avait eu beaucoup à souffrir pendant un service militaire actif d'un demi-siècle , fit alors des démarches pour obtenir la retraite qu'il avait si bien méritée, et qui lui fat accordée. Il se rendit à Vienne où, malgré son état de non-activité il avait donné très souvent ses soins an bien de l'Etat en remplissant à plusieurs reprises les fooe-
lions de président près le tribunal d'appel militaire, lorsqu'en 1833 après la retraite du Feldmaréchal Baron Lattermann l'empereur le nomma Président effectif de cette cour supérieure de justice. De son côté, l'empereur Ferdinand, peu après son inauguration, le désigna Feldzeugmeister. Il occupa le fauteuil de président de la Cour suprême militaire jusqu'en 1839 où son âge de 85 ans le força de nouveau à demander définitivement sa pension.
De Wacquant avait pendant 56 ans servi l'Etat avec loyauté et distinction tant comme militaire que comme diplomate ; et ces services avaient été reconnus en dernier lieu par sa promotion à la grande croix de l'ordre de Léopold, lorsqu'il mourut le 18 mars 1844, à l'âge de quatrevingt-dix ans moins deux mois.
A ses obsèques son cercueil était orné de la grand -croix de l'ordre de Léopold, de la décoration de Marie-Thérèse , de celle de la couronne de fer de I" classe et de celle de St. Etienne de Hongrie, des grand-croix des ordres de St. Wladimir et de Ste. Anne de Russie , des croix de l'Aigle rouge de Prusse, du Mérite civil de la couronne de Bavière et des Guelphes de Hanovre, de celle de l'ordre électoral du Lion d'or de Hesse-Cassel et des ordres graod-ducaux du Lion de Zaehringen de Bade et de Louis de Hesse- Darmstadt, de celles de commandeur des ordres royaux militaires de Max-Joseph de Bavière et du mérite de Wurtemberg, de chevalier de ceux pour le Mérite militaire et du Casque de fer de Hesse-Cassel. — Il avait finalement été Chambellan de l'empereur d'Autriche et du roi de Bavière.
Jean -Pierre -Théodore de Wacquant avait été marié, 1#, à Dresde, le 4 mai 1791, à Marie-Christine de Wolff; et 2°, en 1825, à Marie-Anne de Wolff, nièce de sa première femme. Cette dame , qui avait été chanoinesse honoraire du très noble Chapitre de Sainte Anne à Munich, est décédée à Vienne, à l'âge de cinquanteun ans et quelques jours seulement avant
son mari. Ni l'une ni l'autre de ces unions ne lui donna postérité.
Au commencement de cet article nous avons promis de dire en peu de mots ce que furent les aguats du personnage qui vient de nous occuper : Jean-Pierre- Théodore de Wacquant était fils de Jean- Pierre , mort à Briey, en 1780 , avocat aux parlements de Metz et de Nancy, et de Catherine Gérard: c'est la branche dite de Briey. Il avait un frère, Théodore- François, né à Fléville, capitaine au régiment de Saxe-Gotha, au service d'Autriche, mort en 1789, seigneur de Fcetx et d'Udange (c'est la tige de la branche aujourd'hui encore luxembourgeoise). Il avait épousé Marie-Anne Beving , fille de Guillaume Beving, Seigneur de Pont-pierre et de Wiekxange. De ce mariage est issu Pierre- Joseph de Wacquant qui avec Madelaine ilippert procréa la génération actuelle.
Le grand-père de Jean- Pierre-Théodore de Wacquant, nommé François -Nicolas, né à la Grandville, le 24 septembre 1696, et mort à Fléville le 21 novembre 1770, avait été lieutenant des chasses de Stanislas, roi de Pologne et duc de Lorraine. Sa femme avait nom de Anne Clesse.
L'aïeul du même J.-P.-Th., Jean-François de Wacquant, né à Villers-U-Montagne, le 4 octobre 1676 et mort à Briey, avait été marié d'abord à Jeanne Trident, ensuite à Sébastienne Bergeat, laquelle dernière lui donna six enfants morts en bas-âge.
Son bis-aïeul , Martin de Wacquant, né â Longwy en 1643, et mort au château de Mouttier, le 1" février 1733, fut d'abord officier dans une compagnie franche, puis maire royal de Villers-la-montagne. II avait épousé Elisabeth Beqninet, fille de Martin Bequinet, maire royal de Longwy et fondateur des carmes de cette ville. De ce mariage naquirent, outre 1°, Jean-François qui précède, 2°, François qui fut avocat au Parlement, bailly de Cugnon et président du Conseil souverain de Bouillon ; 3°, Etienne, carme et grand-pénitencier; 4", une fille.
Pierre de Wacquant, son tris-aïeul, officier au service d'Espagne, est mort à Longwy. Il avait eo de Catherioe Paquin, sa femme , Martin qui précède , Guy et Nicolas les de Wacquant.
Enfin son quadri-aïeul , Jean-Baptiste Wacquant, natif do pays de Luxembourg, «Tait été mestre-de-camp au service du roi d'Espagne qui lui accorda des lettres d'anoblissement le 27 septembre 1658, ainsi qu'à ses frères Jean et Philippe- François Wacquant , « en considération de cleurs services rendus par l'espace de «longues années en la guerre en qualité «de capitaine de cavalerie et infanterie « et ceux de leurs dits ancêtres. Et ayant « le dit Jean-Baptiste Wacquant continué « les services militaires depuis l'octroy du « dit anoblissement, tant en qualité de ser- « gent-major que mestre-de-camp et étant «décédé sans en avoir levé la patente, « sa veuve a très humblement supplié qu'en « considération des dits services il Nous « pleust de la faire expédier pour valoir « à ses enfants et postérité ; comme si elle «eut été expédiée durant la vie du dit « Jean-Baptiste Wacquant leur père ....
« . . . . et pour demonslrer davantage la «favorable considération que nous avons «aux services dn dit J.-B. Wacquant, « avons de notre plus ample grâce fait « et faisons par les dites présentes au dit « J.-B. Wacquant et à ses enfants et postérité , quittance, don et remission de « la finance et somme de deniers qui pour- «roient être doe a cause de ce présent « anoblissement etc. »
H»TnrmiB, Der militer Merie-Tkereùen-Ordoi ; », 978 et 17 W - Arcfe.de F«t«.~ Tnni, HUt im GwmIiI et «U l'Empire, Ht. 5». - f>nbl. Soc erek , tftfS, VIII, 93 «44* - Billet Mrtaure.
WAGNER , l'épouse, nie Anne Maquier, demeurant à Virton, a par testament du 17 avril 1790 , fondé dans cette ville une école gratuite «pour l'enseignement et «l'éducation des filles pauvres». Cette fondation, qui avait péri par reflet des événements politfcfies contemporains , fut rétablie par arrêté royal dn 15 novembre
Nous ne connaissons sur cette dame aucun renseignement ultérieur.
Exposé 4e le «tnatioa du Laxemboarg belge; année 1837. f. 48. - Jo.re.1 eflleiel 4e Belcia.ee t ■ecood •émettre de 1853.
WAGNER , Jean-Michel, né à Niederdonweo, le 22 juillet 1768, était fils de Jean Wagner et d'Eve Medernach. Son père était aveugle et le fils chargé de le conduire mendier son pain. Cependant ce fils avait des dispositions pour l'étude, et l'occasion pour les faire connaître ne tarda pas à se présenter: Le curé de Niederdonwen , nommé Malhias Waxweiler , s'étant aperçu à son air éveillé que ce jeune homme pourrait devenir un bon sujet , l'attira chez lui et lui proposa de lui enseigner les premiers éléments. Jean- Michel Wagner accepta avec reconnaissance et empressement cette offre généreuse, et le voilà installé au presbytère, étudiant jour et nuit, et faisant des progrès rapides. Cependant son bienfaiteur étant mort quelque temps après, son successeur, le curé Jean-Baptiste Colber continua l'œuvre commencée avec tant de succès, et la continua jusqu'à la fin. En effet, voyant ces heureux fruits de son entreprise , il crut devoir la conduire jusqu'au bout , et envoya son élève à Cologne où celui-ci termina ses humanités. II revint, dit-on, faire sa philosophie et sa physique, comme on disait alors, au collège de Luxembourg où il se trouvait en 1793 — 94. Il retourna ensuite à Cologne pour étudier la théologie et obtint dans cette ville l'ordre de la prêtrise.
Revenu dans ses foyers il fut nommé curé à Winchringen sur la Moselle, où il était installé depuis fort peu de temps lorsque pendant la nnit dn 3 au 4 décembre 1797 il fut arrêté et conduit à Luxembourg sous l'accusation d'avoir refusé de prêter le serment révolutionnaire : On le traîna de là de brigade en brigade et de prison en prison jusqu'au port de Rochefort oh il arriva le 27 février 1798, avec 12 autres prêtres également arrêtés pour refus dn serment républicain de haine à la royauté.
Il fut embarqué le 12 mars suivant sur la frégate la Charmante , qui ayant essuyé des avaries dans un combat en mer contre des navires anglais, ne put faire le voyage de Cayenne. Les déportés , au nombre de 1 93, tant prêtres que criminels condamnés, parmi lesquels premiers se trouvait également Jean-Joseph Havelaoge (v. son art.) que le curé Wagner vit mourir à ses côtés à l'hôpital de Sinaraary , et un autre prêtre luxembourgeois nommé Mullcr, furent en conséquence transbordés le 22 avril sur le vaisseau la Décade qui les transporta à leur destination dans l'état le plus déplorable, entassés qu'ils étaient dans un espace infect, trois fois trop restreint, sans parler des autres tortures physiques et morales que ces malheureux eurent à endurer pendant cette longue traversée qui ne dura pas moins de deux mois, puisqu'ils ne se trouvèrent en vue de Cayenne que le 11 juin.
Arrivés au terme du voyage , leur supplice ne fit que grandir encore par les mauvais traitements que dans leur misère ils curent à subir de la part des agents du Directoire qui, les croyant encore trop heureux dans leur prison de Cayenne eurent la cruauté de les interner à Sinaraary où , las de vexations et de tortures, lui troisième prêtre et un quatrième déporté qui était ancien membre du Directoire , ils entreprirent de s'évader ; et leur projet , que l'on pourrait être tenté de prendre pour une témérité à cause des dangers dont il était entouré , fut mené à une fin heureuse.
Pendant la nuit du 19 juin 1800, deux ans et onze jours après leur arrivée à Cayenne , les fugitifs s'embarquèrent clandestinement sur une frêle gabarre; et, se livrant à la providence ils abordèrent heureusement , après trois jours et quatre nuits de navigation exposés à mille périls à la Guyane hollandaise d'où ils passèrent à la Martinique où ils abordèrent le 16 septembre de la même année, lis avaient l'intention de revenir en Europe } mais pressés par les religieux capucins qui y avaient
une maison , ainsi que par le gouverneur de la colonie, ils consentirent à rester dans cette île où Jean-Michel Wagner devint curé de la paroisse de St.-Jean-Baptiste au quartier de la Basse-Pointe, et plus tard Vice-Préfet puis Préfet apostolique. Il y mourut le 28 novembre 1828, à l'âge de 60 ans.
Comme nous sommes parvenu à nous procurer une copie authentique du testament olographe de ce vénérable ecclésiastique nous nous voyons engagé à reproduire cette pièce dans son entier, tant pour montrer dans son vrai jour le caractère de cet excellent homme que pour donner quelques renseignements intéressants sur les us et coutumes encore actuellement existants à la Martinique :
« Au nom de la Très-Sainte Trinité, « Père , Fils et Saint-Esprit , amen.
o Aujourd'hui vingt-un de septembre «mil huit cent vingt sept, le matin, je «soussigné Jeau-Michel Wagner, mission- « naire apostolique , prêtre , natif de la «paroisse St. -Martin de Niederdonven, « dans le duché de Luxembourg, curé de « la paroisse St.-Jean-Baptiste de la Basse- « Pointe , île Martinique , me trouvant de- « puis quelques mois dans un état valélu- « dinaire, mais sain d'esprit et de jugement, « dans la vue de la mort et craignant d'en «être surpris avant d'avoir mis ordre a « toutes mes affaires , j'ai choisi ce mo- « ment pour rédiger par écrit mon testament « et ordonnance de ma dernière volonté, « écrit et signé de ma propre main, ainsi «qu'il suit. 1° Je désire bien sincèrement « et bien vivement remettre mon âme en «état de grâce entre les mains de Dieu « mon créateur et mon sauveur , d'où elle « est sortie, étant auparavant munie de tous « les sacrements des mourants, dans la foi « de la seule vraie église catholique, apos- « tolique et romaine, que j'ai toujours pro- « fessée. J'offre ma mort à Dieu comme « un tribut dû à sa souveraine majesté, « avec toute action de grâces et tout le « repentir de mes péchés dont je suis ca- «pable. Enfin je recommande , et particu-
« lièremeot à ma dernière heure, mon âme « à la protection de la Ste. Vierge Marie, « de mon auge gardien, de mes Sts. patrons, « de tous les saints et saintes de Dieu, les- « quels je prie d'intercéder pour moi. 2° je « laisse aux pauvres de ma paroisse de la «Basse-Pointe la somme de huit mille « francs , somme qui se trouve dans une «bourse avec étiquette de sa destination « et toute comptée, daos l'intention de sub- « venir à leur misère dans des circonstances « de leurs urgents besoins , et ce aux con- « ditions suivantes : je veux que la dite « somme soit placée sur un bien fond, pour «en être retiré annuellement les intérêts «de droit, que M" les curés seuls mes « successeurs aient le maniement de ce re- « venu, sans que jamais, sous quel prétexte « que ce puisse être, ni bureau de charité, « ni comité , ou semblables qu'on pourrait « établir par la suite des temps , aient le «droit de s'y mêler.
« Pour la gouverne de M. le curé qui se « trouvera chargé de cette distribution je « déclare que mon intention n'est point de « faire par ce petit secours des fainéants , « ni de favoriser le vice, et qu'à moins il ne «s'agisse de soulager l'humanité souffrante, «il ne doit faire part de ce don qu'aux « vrais pauvres , et qui le sont sans leur « faute : comme des vieillards, des inûrmes, «des pères et mères surchargés d'une nom- « breuse famille et encore hors d'état de « gagner leur vie. J'entends seulement par «là les familles légitimes et nullement « celles , quelque nombreuses qu'elles fus- «sent, qui sont le fruit et les suites du « libertinage : il doit favoriser l'instruction « chrétienne aux ignorants pauvres. Je veux « que participent à ce don les blancs et « gens de couleur libres et jamais les es- « claves sous aucun prétexte, que les pau- «vres de bonnes mœurs, pourvu que ce «ne soit point propter Christum aureutn, « doivent avoir la préférence cœteris pau- «peribxu, enfla qu'il n'a de compte à ren- « dre qu'à Dieu de cet emploi.
«3? Je lègue à la fabrique de la Basse- « Pointe cinq cents francs pour être éga-
«lement placés sur un bien fond, et de « leurs intérêts de droit faire dire annuel- « lement des messes pour le repos de mon « âme et à mon intention.
« 4° Je lègue et donne à M. Jacques « Oneille , comme un faible témoignage « de reconnaissance de l'amitié et de l'atta- «chement qu'il a eu pour moi, mille francs.
« 5° De mes deux calices en argent , je « lègue le plus fort , pesant trois marcs, à «ma paroisse de naissance susdite, en « nature , si on peut l'y envoyer , ou au- « trement sa valeur, et le plus petit à mon «ancienne paroisse du vieux fort, Ile Ste. « Lucie , si je ne pouvais le faire pendant « mon vivant.
« 6* Je donne à Séraphine et à ses deux « enfants , Victorine et Moïse , mes es- «claves, leur corps, les exemptant de «tout esclavage. Je recommande à ma « susdite Séraphine de se maintenir dans «le bon chemin et même d'y avancer de «plus en plus: de donner tous ses soins « pour élever ses dits enfants dans l'amour « et la crainte de Dieu et de les rendre « de bons sujets.
« Quant à Sophie , il y a déjà quelques «années que je lui ai donné, d'après le « désir et la recommandation de son an- « cienne maîtresse , un billet d'exemption «de servitude et d'esclavage, laquelle «exemption je confirme par le présent:
«il lui est libre dès maintenant, ainsi « qu'à sa fille, la susdite Séraphine après «mon décès, de se choisir un patron « qu'elles voudront, qui réponde pour elles «auprès du Gouvernement et ailleurs où « besoin sera. Quant à Alexandrine, autre «fille de la susdite Sophie, et Simplice, «aussi mes esclaves, je voudrais bien « leur accorder la même faveur , mais le «bon ordre s'y oppose, parce que leur «service m'a rarement, presque jamais « pleinement satisfait. Si cependant elles « pouvaient racheter leur corps au bout « d'un certain temps, sans pourtant exiger « trop à la rigueur leur valeur, je prierais « mon exécuteur testamentaire de les laisser «à eux-mêmes.
« 7° Enfin je nomme et institue léga- « taires universels de tout ce qui peut « m 'appartenir en droit et lieu quelconques, «ma sœur Marguerite, les enfants de mon «feu frère Henri, et ceux de ma feue sœur «Catherine, décédée épouse de Nicolas « Lay: et je leur donne ma succession « comme une aumône et non autrement, « afin de relever en quelque sorte leur «petite fortune que la révolution leur a « enlevée. Je veux que le tout soit partagé « en trois lots : un pour ma sœur Margue- « rite , un pour les enfants de feu mon « frère Henri et le troisième pour les en- « fants de feu ma sœur Catherine , ces « deux derniers partageront leur lot enlr'eux « en parts égales ; il est bien entendu que « si une de ces branches venait à s'éteindre «leur lot serait réversible aux deux autres.
« 8* Je veux qu'aussitôt après mon dé- «cès on donne au R. P. L'huillier, mon «ancien ami et compagnon d'infortune, «cinq cents francs pour dire au plutôt «qu'il pourra des messes à mon inten- « tion.
« Je déclare que tous les meubles de « quelle nature qu'ils soient, qui se trouvent « au presbytère , excepté six couverts en «argent, c'est-à-dire cinq cuillers et sept «fourchettes, grandement usées, deux «cuillers à ragoût et une à soupe; la « table , la vieille armoire et un vieux «fauteuil, tout cassé, qui sont placés dans «la gallerie; le bois de lit seul, sans «autre accompagnement, sur lequel je «couche, placé dans mon cabinet, et «quelques linges qui se trouvent dans «mon armoire, dont l'usage est véritable- « ment reconnu être celui de l'église, soit « que ces objets appartiennent réellement « à l'église, soit que m 'appartenant je lui « en aie fait cadeau. Tons autres objets « m'appartiennent comme les ayant achetés «de mes deniers.
« 9* Et enân pour exécuter et accomplir « le présent testament, je nomme et choisis « monsieur de Cbalvet, habitant de cette • paroisse, chevalier de Tordre royal et « militaire. Je le prie instamment, après « tant de marques de bienveillance ,'qu'il
« n'a cessé de me donner depuis que j'ai « le bonheur de le connaître, de me donner « cette dernière qui sera le sceau de toutes « les précédentes: et j'espère d'autant plus « qu'il aura cette bonté que tout ce que «je laisse est destiné au soulagement des « malheureux : je n'ose lui faire quelqu'offre « pour les soins et peines que pourra loi « occasionner l'exécution du présent, crai- « gnant d'offenser son Ame noble et dés- « intéressée ; si cependant il se trouvait « quelque objet qui pourrait lui faire plai- «sir, je le prierais de l'accepter; je le « lui offre de bon cœur ..... je le prie «aussi de vouloir bien être l'interprète «auprès de sa bien respectable, je dirais « même de son admirable épouse , en lui «exprimant, s'il était possible, toute la «reconnaissance que je lui dois et doat «je suis animé pour toutes les bontés sans «nombre qu'elle a eues dans le cours de « ma longue maladie : pour la dédomma- « ger en quelque sorte, il ne me reste que « d'adresser mes faibles prières au seigneur «pour qu'il la récompense dans l'éternité « de toutes ses bonnes œuvres et de la « charité exemplaire qu'elle n'a cessé de « pratiquer toute sa vie.
« Je me démets et désaisis de tous mes «soins au jour de mon décès entre les « mains de mon susdit exécuteur testaroen- « taire, M. de Cbalvet, lui laissant la fidèle « administration, sans qu'il soit obligé de « rendre compte à qui que ce soit, jusqu'à «ce qu'il ait pu conférer avec mes susdits « légataires universels. Le tout mûrement « réfléchi , je déclare que le présent tes- «tament est ma dernière volonté, révo- « quant tout autre testament ou codicile « que j'aie pu faire avaot le présent. A la « Basse-Pointe les jour et an que dessus.»
«signé J. M. Wagner.»
NB. Ce testament a été ouvert par le président du Tribunal de première instante de la ville de St. Pierre, tle de la Martinique j le mercredi 10 décembre 1828, ou palais de justice, en la chambre du conseil. Il a été homologué par le même tribunal, U 16 décembre de la même année.
CeUe succession qui, suivant an invea-
taire dressé sur les lieux, avait été estimée à environ deux cent mille francs, tomba paraît-il en de mauvaises mains qui lui firent essuyer des pertes de tous les côtés, an point qu'en définitive il n'est parvenu à la famille qu'une valeur réelle de soi* xante-treize mille six cent quatre-vingtquatorze francs. Le calice de trois marcs pesant n'a pas été remis non plus à l'église de Niederdouwen.
D'un autre côté, pendant sa vie le curé Wagner avait adressé à sa famille et en différentes fois des sommes assez rondes qui furent mises à la disposition du curé Schanus de Langsur, lequel doit avoir administré ces capitaux assez cavalièrement. Quoiqu'il en soit, les héritiers ont eu de ce chef à partager une somme de quinze mille deux cent et vingt-un francs, soixante-douze centimes. Finalement, les pauvres de Niederdoowen ont obtenu dix mille francs, dont les intérêts sont annuellement distribués par les soins du curé temporaire, entre les pins nécessiteux des habitants o n'y maire* de ce village.
Les particularités que nous venons de rapporter sur les tourments soufferts par J.-M. Wagner pendant sa déportation, nous en avons pris le récit dans nne biographie manuscrite, de SI 6 pages in-folio, rédigée par l'abbé Wagner lui-même, et dans laquelle l'auteur dépeint naïvement, jour par jour, le long martyr qu'il a enduré ainsi que les circonstances de son évasion. Ce travail vient d'être publié, beaucoup abrégé , et traduit du français en allemand, par M. le curé Freymann, de Niederdoowen. Effectivement le style de l'original laissait à désirer; mais il offrait des détails intéressants qui malheureusement ont été omis dans la traduction. Il pouvait être permis au curé Wagner de ne pas savoir écrire le français avec r élégance littéraire qu'on demande aujourd'hui , puisque h l'époque où il a fait ses études cette langue n'était pas enseignée en Allemagne. Quant à la publication de M. le curé Freymaon, elle offre d'autant plus d'intérêt populaire qu'elle est écrite
dans la langue que tous nous parlons dans le Luxembourg Grand-Duché pour lequel elle est faite.
Suivant M. Freymann l'abbé Wagner serait également auteur d'un catéchisme en deux parties, l'une destinée aux nègres et an commun peuple , tout élémentaire et presque sans raisonnements; l'autre écrit pour les blanes ainsi que les enfants ayant déjà reçu certaines notions d'éducation. Il en avait envoyé en Europe no exemplaire qui malheureusement est perdu.
Autobiographie da emri J.-M. Wiim; copie an c oilcctio m de 2 a\ *^ooi c t c Arcx) col* de [*< ti i b ir^^. «^ca\ •c igoementi foarmit p«r M. le «are Fitrum. — Lebea nnd Wirkrn dej dcportirlen Prieateri Job. Mieb. Wagner; von Peter Prrjnaaa; Laxbrg., V. Back, 1861; 108 pages ia-lS*. - Dattier toaebant la faeceuioa Wagner, communiqué par M. le aotaire R.Traa, de Greteaaueber. - Teetaiaeat et Codicile da earc W.gaer. ea copie .utbeatiijae,
WAHA, la famille de, est une des plus anciennes et des mieux titrées da Luxembourg. Partageant sou origine chevaleresque avec les du Faing , par Otton comte de Duras, elle fut plus heureuse que cette dernière par sa durée. Cet Otton, comte de Duras qui vivait pendant le onzième siècle et avait épousé Harlindis , laissa trois fils dont l'aîné continua les Duras, le second, Gisbert commença les du Faing et le troisième , Boèmond ou Buénon prit le surnom de Baron de Wabart, fut chevalier-banneret en 1103, châtelain de Hirwart ponr l'évêque de Liège, en 1106, et épousa Béatrix, fille de Henri de Namnr, comte de Laroche.
Comme cadet de Duras, Boëmond, Baron de Wabart changea les armes primitives de sa race pour prendre :
De gueules, à l'aigle h une tête esployée d'argent, chargée d'hermines, becquée et membrée d'or. Cimier: nne couronne d'or, surmontée d'une aigle naissante an blason de l'écu. De ce Boêmond descendent les barons de Waha , de Belgique et du Grand-Duché de Luxembourg, qui se sont depuis et à des
époques différentes, distingués en plusieurs branches dont quelques unes subsistent encore de nos jours.
Uaoncicci.- Nrriw, Généato[pc de U maison du Faing; dont: Publication* de U Société archéologique du Grand-Duché, X, 81 »qq.— PicaaaT, III. — Arbre généalogique de la trè* ancienne et nuMe famille de Waha; certifié et authentiqué par J"a> reu, héraut d'armci; original maert — Borna», I, 0«0; IV, 18 bi».-BcaTnoi.>r, VII, 489.
WAHA , Guillaume , baron de , de la branche dite de Baillonville , était fils de Guillaume , baron de Waha , seigneur de Maboge , Waha , Charneux , châtelain et préTÔt de Rochefort, et d'Elisabeth Scheiffart de Mérode.
Il naquit à Melreux , près de Marche , en 1615, et avait encore un frère ainsi que trois sœurs. Son frère et deux de ses sœurs, renonçant au brillant avenir que leur naissance leur ouvrait, entrèrent en religion comme lui: Conrad, Baron de Waha fut chanoine régulier de Sainte- Gertrude à Louvain j et Françoise ainsi que Julienne se firent religieuses dominicaines au Val-Notre-Dame (Marienthal ?) tandis que Guillaume entra à l'âge de vingt ans dans la société des Jésuites.
Il régenta d'abord les classes inférieures du collège de cet ordre à Liège, puis il fut chargé d'enseigner la philosophie à celui de Douai. Plus , tard il fut successivement promu aux fonctions de recteur des établissements de Mons, de Luxembourg et finalement de Liège; et ces charges il les remplit avec grande distinction.
Le père Guillaume de Waha est mort à Liège, en 1690, âgé de 75 ans. On a de lui : i°. Vie de Jean d'AUamont de Malandry; 1658. — J\ Labores Herculis Christian! Godefridi Buillonii, 1674; ouvrage très sérieux et très profond, publié à Lille, en un volume in-I2\
La Canne, Notice rar le» lnienbourgroii célèbres, 81, »q. — Arbre généalogique de la famille de Waha. — Ciaaaa, Catalogne de la Bibliothèque de Lnxe.bo.rg, 949, 497. - ftWnn. Le» auteur. Uxej-bonrgeob, 84.
Waldbrode, Jean et Pierre; v. VAL- DERODE.
WALFROY, St., Sanetus Wulflaïcus, était né en Lombardie, de parents chrétiens et pendant le sixième siècle. Ayant dès sa plus tendre enfance entendu parler plusieurs fois des hautes vertus ainsi que de la grande sainteté de St. Martin, et sans même savoir s'il avait été martyr ou confesseur , ni de quel pays il était originaire, ni enfin en quel lieu reposaient ses reliques, il conçut pour ce saint une dévotion si singulière qu'il voulut se dévouer entièrement à son service, célébrant des veilles en son honneur et faisant à son intention autant d'aumônes qu'il loi fut possible.
Lorsqu'il fut plus avancé en âge on lui fit apprendre à lire et à écrire. Il s'attacha ensuite à Arredius abbé d'une vie exemplaire qui le prit pour son disciple et le mena visiter le tombeau de St. Martin, à Tours. De là ils se rendirent au monastère de Saint-Irier, en Limousin, dont Arredius était abbé, et où un prodige, disent les biographes de St. Walfroy , le détermina à se donner entièrement à St. Martin : Lorsque les deux pèlerins visitèrent le tombeau du saint, l'abbé Arredius avait pris un peu de poussière de ce tombeau et l'avait enfermée dans un reliquaire qu'il pendit au col de Walfroy. A leur arrivée à St.-Irier cette poussière s'était tellement multipliée qu'elle remplissait non seulement le reliquaire en entier, mais s'était encore répandue dans tous les joints. Le jeune homme vit dans cette circonstance un appel de St. Martin et il obéit. 11 se rendit en conséquence vers l'année 565 dans le pays de Trêves et s'établit sur une montagne qui depuis a retenu son nom. Il y bâtit un monastère et une église qui fut dédiée en l'honneur de St. Martin , par St. Magneric , évèque de Trêves.
Il y avait près de là une idôle colossale de la Diane ardennaise , Dea ardoîna, qui était encore adorée par les peuples en-
vironnants. Walfroy touché de l'aveuglement de ces hommes simples , et rempli du désir de les convertir k la foi de l'Evangile, fit construire non loin de la statue payeone une haute colonne sur laquelle il s'établit k la manière des solitaires stylites , prêchant que Diane n'était rien ; que les idoles ne méritaient aucun culte; que les cantiques que l'on chantait en leur honneur au milieu des débauches, des bacchanales et des festins étaient autant de profanations, et que le seul Dieu créateur du ciel et de la terre était digne des hommages des hommes. Il joignit à ces exhortations de ferventes et de continuelles prières à Dieu pour la conversion de ces idolâtres, demandant en môme temps assez de forces pour détruire ce colosse. Dieu l'exauça j il éclaira ce peuple sur la vanité de son culte , au point qu'il vint protester hautement qu'il y renonçait pour toujours. A ce moment Walfroy appela quelquesuns de ceux qu'il venait de convertir et leur persuada de lui aider à renverser la statue ; mais ils ne purent en venir à bout malgré tous leurs efforts. Walfroy voyant cela , se mit k prier avec ferveur et revint ensuite k l'œuvre : cette fois l'idôlc tomba et le cénobite se crut aussitôt en devoir d'en achever la destruction k coups de marteau.
Il continuait toujours k se tenir sur sa colonne, nu-pieds, par toutes les saisons, priant , jeûnant et prêchant , lorsque la réputation de sa sainteté et de ses austérités vint aux oreilles des évéques des environs , de Trêves, de Toul , de Metx et de Verdun , qui s'assemblèrent aussitôt auprès de lui et lui ordonnèrent de descendre et de se retirer dans son monastère, parce que, lui dirent-ils, la disposition du lieu et la rigueur du climat ne pouvaient lui permettre de supporter ce genre de vie. Walfroy obéit par devoir, et fit ce que les évéques lui avaient enjoint: Alors ces derniers firent démolir sa colonne afin de lui ôter l'envie d'y retourner.
Walfroy n'était encore que diacre lorsqu'eif 585 Grégoire de Tours et un autre
évéque , nommé Félix vinrent le visiter et se firent raconter par lui-même les particularités que nous venons de rapporter. Quelque temps après Pévêquc Magneric l'ordonna prêtre et le nomma doyen d'Yvois, aujourd'hui Carignan. Il passa le reste de ses jours alternativement dans celte ville et dans son monastère , édifiant les peuples soumis à sa direction spirituelle par ses vertus et ses exhortations. Il est mort vers l'année 600, le 21 octobre, et fut inhumé dans son abbaye. L'église dans laquelle il reposait ayant été totalement ruinée , Egbcrt , archevêque de Trêves fit, en 980 , la translation solennelle de ses reliques dans l'église d'Yvois. On ne sait plus aujourd'hui ce que ces reliques soot devenues depuis les fréquents ravages dont cette ville a été le théâtre.
GocsQOttac, Acta Sanctornm Brljjii, II, 17-1, •qqqq. — Humour , II, 64 ad 70. - Lrccy, Aunalts d'Yfois- Carignan, 83, 33, 318, 414. — WiLHKLao* a WiLrociH, Disqniiilionei antiquarije blsloriac luxeraburgeaiiii, J, cap. 7. §.3. — Jcaana , Les Chrooiqurt d'Orral , S73 a 878.
Wam.erodr, Jean et Pierre; v. VAL- DERODE.
Walram de Luxembourg Ligny ; v. à l'Appendice : LUXEMBOURG - LIGNY , Walram de.
WALRAM, dit de Luxembourg, ne nous est connu que par la mention que l'auteur du manuscrit des Vii i illustres fait de Ini: « 1 191 . Valramus Ltuemburgen- « sis militans sub regibus Francise et An- «glicT in Terrâ Sanctâ contra Saladinum, « obsidentibus Acram , Régi Anglia? nava- « vit singularem operam in liberandâ Japhâ «a Saladino vicissim obsessà. »
Ce preux chevalier ne peut appartenir k la maison de Luxembourg, puisqu'k cette époque aucun rejeton de notre famille comtale ne portait ce nom ; il faut donc admettre que , né dans la ville de Luxembourg il aura voulu signaler sa valeur en prenant part k la troisième Croisade : Paquet (v. son art.) semble partager notre opinion k cet égard.
Viri illustra, II, H» 138. - P»oe«r, 83.
WALTZING, Jean -Baptiste, né à Metzert, commune moderne de Heinsch, le 18 janvier 1716, fut ordonné prêtre en 1739. D'abord vicaire à Flaxweiler, il fut, en 1747 nommé curé à Mondorf, place qu'il céda à un compétiteur pour venir en 1749 à Anlier. Ce respectable ecclésiastique s'est rendu recommandabte surtout par ses efforts pour propager l'enseignement parmi les indigents et par les fondations qu'il lit en faveur des pauvres. En effet, par acte du 3 mars 1766 il a légué à la fabrique de l'église d'Anlier un capital de cent écus ou 460 francs pour les intérêts à en provenir servir à donner ^instruction aux enfants pauvres de sa paroisse ; plus un capital beaucoup plus considérable dont les intérêts sont à distribuer aux pauvres et h domicile. Malgré les bouleversements de la fin du dix-huitième siècle le bureau de bienfaisance a encore conservé de celte libéralité une somme de 2886 francs, 80 centimes, produisant 144 francs et 34 centimes, qui reçoivent annuellement leur destination.
Par son testament il avait laissé une autre somme de quinze cents livres plus quelques obligations pour servir à construire une maison d'école ; mais la révolution française a englouti ces fonds.
D'un autre côté, le curé Wallzing n'a pas été moins généreux envers son église à laquelle il donna de beaux vases sacrés, etc. Il est mort après 43 ans de pastorat h Anlier, dans la 77" de son âge, le 21 septembre 1793.
J.-B. Waltzing était aussi savant que zélé pour l'instruction et fidèle à l'accomplissement de ses devoirs de prêtre et de curé. Il a composé une histoire ecclésiastique qu'il conduit jusqu'en 1791 ; elle est manuscrite dans les archives de la cure d'Anlier. On a aussi de lui un ouvrage sur les abeilles dans lequel il dit la manière de les conserver, de les enrocher, de les soigner, etc. Cet ouvrage est très intéressant; imprimé il ne manquerait pas d'attirer l'attention de ceux qui s'occupent de ces laborieuses ouvrières.
Cuw. curé d'Anlier; note* et extrait* des archives de t'égliae d'Anlier; et notice su Anlier dana lea Annnlea de In tociéte' historique d'Arloa, 18<S4-*0, p. 18« a*,,,. - Commnnienti». de M' le UourCm<-*tre d'Anlier.
Wang ler, Jean; v. VANGLER,/«mfl.
WARLOMONT originaire de
la partie du Luxembourg qui est restée à la Belgique par les stipulations du traité de Londres, ne nous est connu que par la mention d'une fondation qu'il a faite en faveur de l'instruction publique.
Tuom, En posé" de la aitnation dn Ln «en» bourg belge, 1834; 87.
WARNACH, Henri, est mentionné comme suit par l'auteur du manuscrit des Yiri illustres : « 1636. llcnricus Warnach, « ex Elscherode , pastor in Herlzig , dote canus Arluncnsis, fundalor duarutn bur- « sarum in seminario Luxemburgensi, quœ « bello reducUc ad unam. »
Ces notions sont les seules que nous possédions sur la biographie de ce personnage qui , par la date de sa libéralité, mérite de compter parmi les premiers bienfaiteurs du séminaire ou pensionnat attaché au collège des Jésuites à Luxembourg. Son testament, reçu par le notaire Schwartz, est daté du 19 avril 1635; cependant le testateur vivait encore en 1636. Par cet acte il constituait la fondation de deux stipendes d'études en faveur d'élèves du collège des Jésuites de Luxembourg ou de Trêves, depuis les classes inférieures jusqu'à la fin de la Théologie. Les boursiers devaient être de la famille du fondateur, pauvres et aptes aux études. Le plus pauvre avait la préférence. A défant de parents elles pouvaient être données à des jeunes gens d'Arlon ou de la prévôté, pauvres et montrant des dispositions.
Cette fondation, dont le curé, le prévôt et l'ancien ou senior des synodaux d'Arlon étaient les proviseurs, était à la collation du recteur du collège et du président du séminaire. Mais le bénéfice périt par la négligence des proviseurs, puisque déjà en 1641 les revenu en étaient re-
doit» à cinquante-deux florins de Brabant. On n'a compté en tout que trois boursiers qui en ont joui à Luxembourg. Cependant il parait que dans ces derniers temps on est parvenu à récupérer une grande partie des revenus de cette fondation, puisque par arrêté royal belge du 8 mars 1837, ces bourses furent rétablies ; mais nous n'en connaissons pas l'importance.
Namci, Dissertation sur les bourses d'études, XII et XXI. - Viri illustres, I, OU. ~ Manuscrits de McaJai, 94. — Journal officiel de Belgique; 1*' semestre de 1837. — Eiposé de la situation du Luiembowg beUje; 1837, psCe 48.
WARSBERG oo Warnesberg, la famille de, porte de sable, au lion d'argeni, couronné , armé et lampassé d'or. Cimier : un lion au blason de l'écn, assis entre un vol de sable. Celte famille, connue déjà au treizième siècle ctdontqiiclques branches ont porté les titres de baron et de comte, parait être originaire de la Lorraine al* lemande , et a possédé plusieurs terres importantes dans le Luxembourg.
Uxcascaocs. — D. Caiacr, Notice de la Lorraine. — Bvccti*, GermauiaTopo-Chrono Stenunato-Critica- Sacra et Proj.fcooa. III, 334.
WARSBERG, Boëmond de, florissait pendant le treizième siècle. Il était prévôt et archidiacre de Trêves ainsi que princier de l'église de Metz lorsque l'archevêque Henri de Fénestrange on Vinstingen vint à mourir en 1286. Les chanoines s'étant assemblés ponr donner un successeur à ce dernier, les voix se divisèrent entre Boëmond de Warsberg, Ebert, chantre de la cathédrale et Jean de Sierck , archidiacre. Ce dernier renonça à son élection j mais Boëmond et Ebert postulèrent chacun de son côté à Rome pour obtenir sa confirmation. Et après plusieurs difficultés, dont l'objet ne rentre pas dans notre sujet, Boëraond reçut ses bulles du Pape Nicolas IV, en 1289, à cause de sa vertu, dit son biographe, do la noblesse de son extraction , de sa sagesse , de son éloquence, de la pureté de ses mœurs et de ses vastes connaissances, ainsi que dn reste Henri
de Fénestrange, son prédécesseur l'avait déjà proclamé à son lit de mort.
Boëmond de Warsberg est mort dix ans plus tard, c'est-à-dire le 9 décembre 1299. Ce prélat est loué principalement à cause de son humeur pacifique. Il était tout occupé des devoirs de l'épiscopat, n'éprouvant pas de plus grand plaisir qu'à célébrer les offices religieux, à conférer les ordres, à donner audience à tout lu monde, à porter les ennemis à la réconciliation cl à les réunir dans leurs difficultés par ses sages conseils : c'est là l'éloge que Browcr fait de lui.
Il n'eut pendaot son pontificat qu'une seule guerre à soutenir : Le chnleau de Schwarlzenbcrg était occupé par une troupe de brigands qui pillaient les environs et commettaient mille maux dans le diocèse de Trêves. Boëmond résolu de les exterminer, se joignit à Ferri, duc de Lorraine qui vint assiéger le château et obligea les assiégés à se rendre. Ceci arriva en 1200.
L'archevêque Boëmond fut inhumé dans l'abbaye de Ilcmmerode comme il l'avait désiré. Son monument funéraire était en pierre, simple et sans ornementations. II portait celle courte épilaphe :
HlC JACBT
VBNERABU.1S Domines BOËMUNDUS Treviborcm Arciiiepiscopus ,