PRÉFACE
L'oaTrage qae nous pablions a été tfoa?ent demandé et désiré plut souTent encore. Ifoas croyons dès lors fournir un nouyean gage de patriotisme en mettant au jour les documents que nous sommes parvenu à réunir pendant plus de trente-cinq ans d^étnde sur ls Pays db LuxtUBOuac considéré dans toute son étendue historique , alàtint ainsi à combler une regrettable lacune quia existé jusqu'ici dans notre littérature nationale : Nous disons regrettable , parce que le petit pays auquel nous appartenons peut être fier du grand nombre de personnages distingués dans toutes les carrières auxquels il a donné le jour, ou qui y ont Técn.
Nous sommes persuadé que beaucoup de lacunes seront rencontrées dans cet essai, mais nous aimons h croire aussi que, lorsqu'une fois quelqu'un aura commencé à travailler sur ce terrain les autres suivront en bon nombre, soit pour corriger les erreu^ involontaires mais toujours possibles de leur devancier, ■oit pour compléter le canevas qu'il a élaboré.
Lorsque nous avons projeté la tâche ingrate dont nous livrons les résultats au public nous pensions avoir mesuré de l'ceil et apprécié toute l'étendue de notre entreprise; mais, aujourd'hui qu'elle est terminée, nous pouvons avouer franchement que plus d'une fois pendant le travail, il nous a fallu toute notre patience et toute notre résolution pour la continuer et la mener à bonne fin ; car l'immensité même des sources que nous avons eues à discuter et qui étaient à notre disposition semblait nous arrêter à chaque pas dans notre marche ; aussi n'avons-nous pas déjà dès les premiers articles tardé à nous assurer que si la Biographie luxembourgeoise n'avait pas encore été faite, comme celles des peuples voisins, personne ne devait en accuser ni le manque de bonne volonté de ceux qui à une époque antérieure auraient pu s'occuper de la rédaction d'un pareil ouvrage, si indispensable h une solide éducation nationale, ni le défaut des matériaux nécessaires. Car, avant la^ conquête française de 1794 — 96, ces matériaux existaient, et ils se trouvaient plus méthodiquement peut-être qu'aujourd'hui, réunis dans les archives seigneuriales et surtout dans les monastères où les religieux , par exemple, eussent pu , par devoir autant que par vocation, s'occuper à leur dépouillement dans le but indiqué. Plusieurs essais dont il reste des traces avaient même été tentés dans ce but; mais tous ont échoué, sans doute par l'effet des causes que nous venons de citer; au point que, en fin de compte, il ne resta au savant, au laborieux Père Guillaume de "Wiltheim qui aussi a Técu dans un siècle de recherches historiques et de solides études, qu'à déplorer cette pénible circonstance et à élever des vœux pour qu'un jour au moins il se préseuiAt quelqu'un qui fût assez résolu et assez dévoué à la patrie pour remédier à cette fâcheuse absence: Erit forte aliqaiSf dit-il en effet dans ses
DisqaisiCiones antiquaris historiae lazembiirgensis, lib. II c. VI, in fine, — qui singulari opère singulormm — Lnciliburgensium benè meritoram ^ aliqtioAdo eoneinnabit laudes, patriœ et eivibus vel in tîimulum vel in exemplum.
Nous ne nons sommes jamais dissimulé non pins ce qu'une entreprise de ce genre a de difficile en même temps que de délicat pour la parachever avec la dignité que l'Histoire exige. Nous disons difficile, pour asseoir un jugement sûr et Trai sur les faits et gestes de nos illustrations qui n'ont souvent laissé que des traces éphémères, incohérentes ou mutilées, soit par le temps soit par l'envie et la calomnie. Délicate, ajoutons-nous, pour ne pas froisser par une vérité trop vraie certaines susceptibilités dans les familles encore existantes et qui ne voient, ne jugent les actes de leurs agnats que sous le point de vue le plus favorable.
Cependant nous avons cherché à éviter à la fois ces deux écueils : nos investigations aux sources ont été des plus minutieuses et elles ont été faites avec le calme d'Âme le plus absolu, sans prévention aucune comme sans prédilection : Plus de six mille volumes ont été lus et étudiés avec soin ; bien des actes manuscrits originaux ou en copie authentique compulsés, tant pour nos célébrités anciennes, celles dont personne ne revendique plus la parenté, que pour celles plus modernes qui ont encore vécu pendant le diz-hnitième et le dix-neuvième siècles ; et au bas de chaque article ces sources sont indiquées pour garantir ce que nous avons dit.
Nous avons omis les personnages vivants , parce que nous avons voulu attendre que la série de leurs actions publiques fût achevée avant de les admettre dans la Galerie des illustrations.
Nous n'avons consigné non plus que ceuz sur lesquels nous n'avons eu que du bien à dire, parce que nous avons jugé indigne de la postérité la mémoire de celui qui fait le mal t Cette Biographie n'est donc pas un de ces pamphlets biographiques comme on eu a vu plusieurs, qui ont été oubliés aussitût qu'ils avaient vu le jour.
Notre ouvrage comprend les saints et les saintes qui appartiennent au Pays par leur origine, par leur séjour ou par leurs actes, parce qu'ils ont été à nos yeux comme à ceux de tout homme non prévenu des personnages distingués au moins par leurs vertus religieuses; et ces vertus sont certes aussi recommandables que le talent de savoir bien gouverner une petite seigneurie, ou celui d'écrire un livre même utile, ou bien celui de vaincre l'ennemi dans une bataille rangée.
Les souverains qui ont régné sur le Luxembourg ont généralement été omis parceque leurs actes publics sont déjà consignés dans l'histoire générale du Pays. Cependant, à la demande de quelques personnes dont le jugement est à respecter, nous avons donné la généalogie politique complète de la maison régnante de ce nom, depuis son plus ancien berceau connu.
Il nous reste à dire le plan de notre ouvrage et nous le ferons en peu de mots. Nous avons pris pour base un manuscrit qui se trouve en copie à la bibliothèque publique de Luxembourg, sub n^ 3963, et à celle de Trêves sous celui de i29i. Il est suscril:
Viai ILLUSTaSS aut sasgcinb avt patsia LUXBMBUaOBXSBS ;
qui patriam foris glorid iUustrârunt , domi puhUeis affeehre henefietis t