BGGLBSIASTICI ; II. CLABI BBI.LO ; lU. CLABI PACB
Ce manuscrit, qui a été écrit vers le milieu du dix-septième siècle, donne sous la forme d*nn simple catalogue une liste de nos hommes distingués jusqu'à la paix des Pyrénées, i6tf6, époque du premier morcellement du Pays, et renferme bien des renseignements précieux. Cependant il est très-loin d'être complet comme il est très-loin de suffire pour constituer une véritable Biographie: C'était cependant la seule œuvre nationale de ce genre que le Luxembourg ou plutût quelques personnes privilégiées possédassent jusqu'ici. L'auteur de ce livre est absolument inconnu, puisque son nom n'y est pas indiqué et que
l'original autographe, sur lequel on aurait pu Tërifier récriture, ett resté introuvable. Il semble toutefois établi qu'il est dû à la plume d'un Jésuite de Luxembourg par plusieurs passages où il est dit de tel ou tel Jésuite : SoeietatU ROtirœ » et parée que en parlant de fondations de bourses d'études faites eu faveur du collège de la capitale , il ajoute : ColUgii Soeietatis ffesu in pdiria luxemburgensL Plus d'une fois on a cru pouvoir l'attribuer à un des frères de 'Wiltheim, et nous avons même un moment partagé cette croyance à cause de l'inscription suivante que nous avons lue sur un ancien exemplaire de ce cahier que nous avons eu entre les mains : Ex ms^^* CL f^iri Eustaehii a iViltheim^ MaisE Eustache de IViltheim n'a jamais été Jésuite, de façon qu'il faut reconnaître que cette phrase ne signifie autre chose que : appartenait à la collection de manuscrits de la Bibliothèque du sieur Eustache de Wiltheim. Dans ces derniers temps on a été jusqu'à en attribuer la composition soit au comte Lambert de Marchant d'Ansembouig, soit à l'abbé Michel Simon, de Bofferdange; mais il suffit de le parcourir superficiellement pour acquérir la conviction la plus intime qu'il ne peut être l'œuvre ni de l'un ni de l'autre, bien que l'exem plaire de la bibliothèque de Luxembourg soit écrit de la main de l'abbé Simon.
Nous avons à chaque article concernant reproduit le texte correspondant de cet opuscule, de façon que notre Biographie en forme réellement une édition absolument complète.
Nous avons aussi pris les noms donnés par Guillaume de "Wiltheim dans son précieux manuscrit qui a pour titre: disquisitionbs AVTiQUAaiiC niSTOaiiS LUXBuaiiaGBNsis ; et finalement toutes les BioGaAPnus connues ainsi que les ouvrages sur l'histoieb ou pays, manuscrits et imprimés, ont été mis à contribution, de même que, nous le répétons, nos notes de trente-cinq années d'études historiques, avec celles eji très-grand nombre aussi, que Monsieur "Wûrth-Paquet , Président de la Cour supérieure de Justice à Luxembourg, a eu la gracieuse complaisance de mettre à notre disposition.
Avec ce matériel considérable nous avons composé un tout dont nous ne revendiquons pour nous que le simple mérite de la mise en ordre : car il n'y a rien de nous que le travail des recherches et les souvenirs absolument contemporains qui sont de notoriété publique encore actuelle.
Nous ajouterons cependant que nons n'avons pris les noms trouvés dans les ouvrages et les manuscrits cités que comme des indications, et ces indications nons les avons complétées au moyen du fruit de recherches ultérieures, toutes les fois que nous avons pu le faire à l'aide d'autres documents que nons avons trouvés dans les dépdts d'archives publiques et privées: c'est ainsi que nous avons des articles de cinq, dix, quinze, même vingt et trente pages, tandis que d'autres sont bien plus modestes en étendue.
Nous venons de dire que nous avons ajouté un grand nombre de noms à ceux que le manuscrit des yiri iUustres y et d'autres ouvrages nous avaient fournis, et la preuve en est facile à administrer: les Viri illustres par exemple, qui finissent à l'année i0lS6, portent deux cent quarante deux numéros tandis que notre ouvrage , qui est continué jusqu'à l'époque actuelle, en a an delà de huit cent cinquante.
Afin de donner une Biographie locale complète pour tous les endroits qui ont à une date historique quelconque ressorti au Pays de Luxembourg, ou qui ont eu avec lui des relations de eonnexité féodale^ nous avons compris dans un APPENDICE que nous avons cru nécessaire, tous les personnages distingués nés dans chacune de ces localités depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, mais qui ont vécu à des époques oik ces endroits ne dépendaient ni directement ni indirectement de nos souverains comme princes luxembourgeois. C'est ainsi que nous avons été amené à parler de plusieurs Luxembourg -Ligny, de noms BowûUonnais; de grands hommes du Luxembourg dit français depuis la paix des Pyrénées; d'autres qui sont originaires des portions du Pays non compris dans le Département des forêts ; d'antres du Luxembourg prussien depuis i8itf, etc., etc.
Pour nous le Luxembourg Grand-Duché actuel ou germanique ne forme encore qu'un pays unique avec le Luxembourg belge, La politique a pu le partager entre deux couronnes, mais elle restera impuissante à en former deux peuples distincts qui oublieraient leur berceau commun ou au moins leur union plusieurs fois séculaire: C'est assez dire que les illustrations du Luxembourg dit belge ont été absolument confondues avec celles du Luxembourg grand-ducal.
Nom nous croyons en deToir de présenter ici un hommag^e pnblic et bien mérité de notre sincère gratitude à nos honorables correspondants, mais Surtout à Monsieur "WcaTH-PAQUET» Président de la Cour supérieure de Justice à Luxembourg, pour la généreuse bonté qu'il a eue de nous communiquer les nombreuses notes sur les illustrations luxembourgeoises qu'il avait lui-même colligéfs; à Monsieur Tabbé EffOLiNG, professeur de philosophie à l'athénée et au séminaire de Luxembourg, pour les renseignements précieux qu'il nous a transmis sur un assez grand nombre de personnages des 18® et 19* siècles et pour les judicieuses observations dont il nous a honoré après avoir lu le manuscrit de cet ouvrage; à Monsieur le professeur Nauv», conservateur-secrétaire de la société archéologique du Grand Duché pour sa complaisance à nous transmettra 'les souraes de la Bibliothèque publique et à nous en indiquer de nouvelles; à Monsieur 'Wma, secrétaira communal de la ville de Luxembourg et membra de la Société archéologique du Grand-Duché , pour les nombreux extraits des registres de l'état-cîvil et les autres données intéressantes qu'il nous a fournis; etc., etc.
Nous terminerons enfin en prévenant que nous sommes loin de regarder notra tAche comme accomplie : nous la continuerons tant que Dieu nous donnera force et santé, et nous prenons l'engagement de pMUr wUtérieurement , à des époques indéterminées d'abord puis de cinq en cinq ans, dbs svmjiHBiin dans lesquels nous ferons entrer le fruit de nos découvertes successives de même que les communications qui pourront nous arriver tant de la part de nos correspondants que de toutes autres personnes qui voudront nous en faira, pourvu qu'elles soient vraies: la aiocBAmn niSToaiQVB n'eu rturLB n'bst jamais TBaniiiAs tamt qui LE PBOPtB bxistb; car tous les jours de nouveaux noms se présentent pour y être enregistrés.
BIOGRAPHIE LUXEMBOURGEOISL
ÂA, Pierre van der, nom latinisé en Vanderanus^ était fils de Jean Van der Âa et d'Elisabeth Blockx. Il naquit à Lou- Tain vers Tannée 1530, prit en 1SS9 le bonnet de Docteur en droit civil et canon à rUniyersité de sa yille natale et occupa ensuite pendant plusieurs années, et dès 1559 , avec une rare distinction une chaire de jurisprudence à la même Université oii il publia plusieurs ouvrages à Tusage de ses élèves,, ouvrages qui eurent de la vogue dans le temps. Nous citerons les suivants dont nous sommes parvenu à découvrir les titres: a. Commentarii de creditorum privilegiis jure et origine; 6.
de Judiciis Veterum ; c. Prochiron , sive Enchiridion judiciarium libri IV ^ cum praefatione de ordine judiciario , apud veteres usitato : ce dernier ouvrage a été imprimé en 1658, in 8^
La grande réputation de science que Van der Aa avait su s'acquérir le fit nommer en 1 565 assesseur au Conseil souverain de Brabant ; puis , en 1 574 président du Conseil provincial des Pays-Duché de Luxembourg et Comté de Chiny , fonctions qu'il exerça jusqu'à son décès arrivé en 1594 , à l'âge de 64 ans.
Par Lettres-Patentes du 31 octobre 1683, Pierre Van der Aa avait été créé Chevalier, Eques auratm , en récompense de son intégrité, de ses vastes connaissances et de son expérience dans le manie-
ment des affaires. Valère André et Foppens le nomment Petrus van der Aa sive Vanderanus , lovaniensis.
Nous possédons un fragment de la généalogie d'une famille Randenradt dite Van der Aa , originaire du Brabant ; mais les données nous manquent pour y rattacher le personnage auquel cet article est consacré.
BnTSU, Histom luzeiiibargeiins » ii8.— Swsa- Tiofl, AtheiuB Mgieae, 638. — Ai Hoithb», HUtoria TreTirensU diplomatica , II, tf tf tf . — IVn.- HSI.MU8 A IViLTMiiM, HistorisB lazembargCBtU antiqnariae DisqaÎBÎtiones , liB. II. c« ITL §. 5. m#. — Nobiliaire des Pays-Ras et da Comté de Boardfosrne, f* Part. T. I. 79. •- Mélanges de Généalogie et de Chronologie pour servir de corrections et d'additions à TonTrage précédent, 71. — Le novTeau Trai supplément aux deux yoI. du Nobiliaire des Pays-Bas et de Bourgogne, 79. — Les Délices des Bajrs-Bas, III, itf7. — Fomm, Bibliotheca belgica, 1016. -^ VaUss AanaÉ , Fasti academici loTanienses, p. i9tf . — Couar» , Encyclopédie moderne, I, 4 — Biographie universelle 4 I, t.— NcraAiiif , les auteurs luxembourgeois ; dans le Programme de r Athénée, IBM, 93, note.— Clasbw , Catalogue de la Bibliothèque de Luxembourg, 949*
Abraham, le frère; v. GILSON, Abror ham, le frère.
Adalbéron de Luxembourg , évéque de Metz; y. LUXEMBOURG , Adalb&on de, évéque de Metz.
Adalb^ron de Luxembourg^ princier de Metz ; V. LUXEMBOUBG , Adalbéron de y princier de Metz.
Adalbéron de Luxembourg y Prévôt de
Saint'Paulin; v. LUXEMBOURG, Adalhéron de y Prévôt de 5' Paulin.
Adalric, Don; v. DESONKEUX, Jean.
ADELARD, Don, avait été écolâtre et trésorier de l'abbaye de S' Trond lorsqu'il fut sacré abbé de S^ Hubert par Réginard évêque de Liège , après Tabbé Renuard, mort en 1034.
Cet abbé gouverna avec tant de sagesse et de prudence la maison qui était confiée à ses soins , que non seulement il parvint à la sauver d'une ruine complète pendant ce siècle de troubles , mais il en augmenta encore les possessions ainsi que les bâtiments et lui procura des ornements sacrés, malgré une longue et dure famine, la guerre acharnée que se faisaient l'empereur Henri \\\ et le duc Godefroid Tancien, ainsi que le voisinage si dangereux pour le monastère, du château de Mirwart qui était alors assiégé par presque tous les princes d'en-deçà du Rhiu^ à ce expressément convoqués par édit impérial. Il construisit le réfectoire des religieux , le quartier abbatial et un logement pour les étrangers de distinction , conserva Féglise d'Avent donnée autrefois par Tévéque Walcand et la défendit avec énergie contre les entreprises d'injustes usurpateurs. Il acheta d'un seigneur nommé Robert le quart du fief de Chauvency dont la moitié avait été donnée autrefois à l'église de S' Hubert par le comte Etienne pour l'indemniser de ce qu'il avait violemment et illégalement construit le château de Mirv^art sur ses possessions. Il profita d'une entrevue de l'empereur Henri et de Robert, roi de France , \k Ivois , pour solliciter du pouvoir souverain de l'empereur la confirmation du privilège d'avoir une foire sous son église et du droit de tenir par lui-môme les plaids , de lever des impôts, d'exiger des corvées , de rendre la justice haute et basse, de percevoir les péages sur les foires et sur la tenue des* plaids , enfin de connaître des actions et plaintes de toute nature.
L'abbé Adelard mourut en 1055 , après
avoir gouverné l'abbaye de S^ Hubert pendant 22 ans.
Gantatorinm, §. 9. cdit db Robaulz, 34, sq. et 227 sq.
ADELBERT, disciple et un des compagnons de S^ Willibrorde , était comme celui-ci , anglais d'origine et issu du sang royal, puisque les annales le disent parent de S^ Oswald , roi des Anglais. Il paraît qu'il suivit son maître dans toutes ses pérégrination^. Ce qu'il y a de certain dans tous les cas , c'est qu'il se retira avec lui à l'abbaye d'Echternach où il séjournait encore du tems de l'abbé Béonrad^ troisième prélat de ce monastère. Adelbert n'était que diacre , puisque les auteurs lui donnent le titre de lévite. Sur la fin de ses jours il demanda et obtint la permission de se rendre en Hollande oii il jeta les premiers fondements de l'abbaye d'Egmond qui retint son nom et Pinvoqua toujours comme son patron. Il mourut dans cette maison le 25 juin , nous ne savons en quelle année , et il y fut inhumé. Il a mérité par ses vertus , ses austérités et sa science d'être inscrit au catalogue des béatifiés.
Bbatbu, Hist Inzemb. 161. — Tuttbsiv, de Viris Uiustribns Ordinis 8*^ Benedicti. — Gra*- Quiût, AcU Sanctoram De]gii, VI, 66â ad 688.
ADELHAIRE ou Adblard, personnage sur lequel les annales ne nous fournissent que des données peu étendues et peu certaines. Le manuscrit des Vin illustres ne fait pas mention de lui. D. Galmet dit qu'Adelhaire était religieux de l'Abbaye d'Echternach et recteur des écoles attachées à ce monastère. Ces écoles comme tout le monde sait, avaient acquis une grande réputation et elles la méritaient en eO'et parce que pour ces contrées elles furent pendant les siècles de barbarie intellectuelle et morale qui suivirent la décadence de l'empire romain, l'unique foyer conservateur du dépôt sacré de la science.
La qualité de recteur de ces écoles doit donc être pour nous un titre très-suffisant pour donner a Adelhaire une place dans notre ouvrage. D. Galmet et de Hont-
heim ajoutent que Trittheim lui attribue une chronique d'Echternach ainsi que quelques autres ouvrages ; et finalement , qu'il devint môme abbé de son monastère.
Cependant en compulsant les catalogues des prélats de cette maison nous devons concevoir des doutes sur Texactitude de cette dernière assertion. En effet Adelhaire le recteur des écoles florissait vers les années 990 à 995. Or, depuis la réforme de son al»baye en 974 , nous avons la liste exacte de tous les abbés avec Tan* née de leur intronisation , depuis Ravengère le premier après cette réforme, jusqu'au dernier ; et nous ne trouvons nulle part une lacune qui permette d'intercaler notre Adelhaire. Ces auteurs sont, du reste , les seuls que nous sachions qui donnent à ce personnage une place dans la série abbatiale à la suite du comte Sigefroy de Luxembourg , dernier recteur laïc. Il ne peut être question non plus des abbés Adelard I et Adelard II qui ont vécu à une autre époque , le premier de 849 à 856, le second de 877 à 889.
Quoiqu'il en soit, nous le repétons, qn' Adelhaire ait été abbé spirituel sons Sigefroy ou qu'il ne l'ait pas été, il n'en conserve pas moins pour nous des titres réels qui le rendent digne de figurer au nombre des illustrations du Pays.
D. Calmit, Hût de Lorr. III. Col. c; et Bibl. LoiT.— Bêrtbls, Hist luzeml»., 164. — Bciitbolbt, Hût« ecclës. et civ. dit Dnchë de Luxbrg et C de Ghiny, II, f. VHI. sq.— Michel , Programme do Progymoftse d'Eebternaeh , i84IS.^TaiTTBftix, Ghron. HirMog. «d «nn. 990; et Vtri iHutres Ord. 8^ Bened« — MoLLU, KenntaÎM des Saoer-Thales , 49. — Nbumahm, les auteurs laxerabourgcois ; dansi Programme de TAthénée de Lozbrg., I8tf6, 6. — Liber aiireus,m« du XV* siéele, sur parcbem., proTenant de Tabbaje d'Eehtcmaeb, fol. 85 , r» et notre propriété.
Adlerthurm, Jean d' ; v. PUTZ y Jean, dit d'Igel ou d'Adlerthurm.
AGRÈGE , dit de Reckingen, était originaire du Tillage de ce nom et florissait pendant le dix-septième siècle. L'auteur du manuscrit des Viri illustres mentionne ce N personnage comme suit : «1654. Agritius a ((Reckingen ex codem pago Dominii Unsel-
«dingani abbas Imperialis Monasterii S** «Maximini ad Treviros post 27 annos ((Electionis quibus a Philippo-Ghristo- «phoro Archiepiscopo impeditus, confir- «matus tandem et ab ipso Nuncio Apos- «tolico benedictus Goloniae donavit Socië* (ctati Jesu 1000 florenos Rrabanticos in «coëmendam domum pro residentia The- «onisvillde cujus ipse est pastor.»
L'abbé Agrèce mourut en 1655.
Pierre de Montjoie ou de Freudenbourg, soixante-treizième abbé de S^ Maximin étant décédé en 1623 , Tarchevéque de Trêves , Philippe-Ghristophe de Zoetern tenta de soumettre cette abbaye 2i sa manse épiscopale comme déjà celle de Prum y avait été annexée en 1579 sous Tarchevéque Jacques d'Eltz. Mais les religieux s'opposèrent à cette union au moyen de titres et de preuves si péremptoires qu'à la fin le Pape fut obligé de la révoquer. G'est à cette occasion que Zyllesius j au nom âe ses coreligieux écrivit et publia un ouvrage remarquable, intitulé : Defensio Abbatiae imperialis S. Maximini , petit in folio ^ 1638. Le procès dura cependant jusqu'en 1652^ et Agrèce qui avait été élu abbé par les religieux dès après le décès de son prédécesseur , c'està-dire le 26 octobre 1623, ne put obte* nir sa confirmation apostolique que vingtneuf ans après. Gependant il avait entretemps régi* son monastère sous le titre d'Abbé commandataire ^ et dans cet intervalle il avait montré beaucoup de force d'âme ainsi qu'une grande supériorité d'esprit au milieu des persécutions dans lesquelles le ballottait l'ambitieuse convoitise de l'archevêque.
Viri niustres I, N» 9fi. — BcaraouT, I. P. J. XIX. — ZrLUunit, Defenaio Abbatiae Imperialis 8. Mazimini. — Ab Hoktbsib, Prodromna Hiatori»
Trerirenria. II, 1908 ad 1916.
Albéron , comte de Chiny ; y. GHINY , Albéron^ comte de.
ALBERT, comte Mosellan^ dit de Remichy est mentionné comme suit dans le manuscrit des Viri illustres : «Adelber- «tus , filius Gomitis Mosellaui de Remiche
«e Monacho Sancti Maximini ad Treyiros (cprimus Ârchiepiscopus Magdeburgensis, «S. R. J. Prioceps, Germaniae primas.»
Ce grand homme qui, dès sa tendre jeunesse avait été élevé dans le monastère de Saint-Maxlmin près de Trêves , fut tiré de la solitude du cloître vers Tannée 961 par Guillaume, archevêque de Mayence et fils de Fempereur Otton, pour être envoyé prêcher TEvangile en Russie: Avant de le laisser partir pour ce Toyage, l'archevêque Tavait sacré évèque. Mais Albert retira peu de fruit de ses prédications chez ces peuples, parce qu'ils étaient trop éloignés de consentir à embrasser la foi catholique qu'il leur annonçait, bien que leur Reine fût chrétienne. Lassé de leur obstination , notre missionnaire revint à Mayence oii l'Empereur lui donna l'abbaye de Weissembourg. Le même prince ayant, en 968 fondé l'archevêché de Magdebourg, nomma Albert à ce Siège afin de lui donner les moyens les plus puissants pour travailler à la conversion des Sclavons établis le long de l'Elbe et de l'Oder. Cet archevêque mourut le 20 juin 981 , conséquemment la onzième année de son épiscopat. Le Pape Benoît VI (972—974) lui avait accordé le titre de Patriarche de Germanie dans une épître qu'il adressait aux évêques d'Allemagne; ce titre équivaut sans doute à celui de Primat que lui attribue l'auteur des Viri illustres.
Viri illnsteet I, N^ d. — Mamlloh , Siècles bénëdietins: ViU AdcUicrti.— Baillbt, Vies des SainU.— DoPiN , BibUothèqne des auteurs ecclésiastiqoes du X* Siècle.— Alibit GaASTS , de Episcopis Magdeburgensibus.— >A9iDR«'WBEMa, Gbronicon Mag^debnrçense.-— MoECBi, Dictionnaire histori^pe , art. Magdebourg et Adalbert
ALDRINGEN^ Jean d\ non Aldringer et moins encore Altringen, Baron de Koschitz et Comte de Grosz^-Ligma^ naquit à Luxembourg sous la paroisse de St. Uldaric dans la ville basse, en l'année 1S88.
« Joannes Comes ab Aldringen , dit le ma- <inuscr%t des Viri illustres^ civis Luxem- « burgensis inimo urbis Grundt dicto fiiius «ex scriba graphariae luxemburgicae per
« summas virtutes militares tandem supre- <( mus Militiae Prœfectns Caesareœ post Frid- <( landum cujus dextera erat factiones , in- (cteremptum dux , ' occubuit ad Landshua tum , sepultus Passaviae , legavit Muns- «teriensi Abbatiae Luxemburgicae 1000 « imperialium Daleriorum.»
Jean d' Aldringen était fils de Léonard Aldringen et de Marguerite Klaut.
Les auteurs ne sont pas d'accord sur son extraction. Les uus , et c'est le plus grand nombre, le disent d'une naissance fort obscure ; d'autres au contraire le font sortir d'une famille un peu moyennée où il aurait pu faire quelques études : « Lu- «xemburgi, dit Cluvier^ tenui sed ho- (( nesto loco éditas primam œtatem literis «dédit. Ingénie prompte atque acri, et «naturft vini abstinens. » Quoi qu'il en soit, Aldringen se mit dès sa jeunesse ^au service de quelques gentilshommes de Franconie qui allaient en France et leur servit de laquais. Sa facilité d'imagination et sa propension pour les lettres le portèrent à étudier avec eux et le rendirent en peu de temps fort habile dans la calligraphie mais surtout dans la connaissance des langues. Après avoir quitté ses premiers maîtres il alla en Italie oii il devint secrétaire du comte J. G. Madrucci qui commandait un régiment dans le Milanais. De là il se rendit à Trente chez le frère de Madrucci qui était évéque de cette ville , et il obtint de ce dernier un emploi fort honorable dans sa chancellerie- Mais dégoûté de cette charge à cause de la jalousie de ses collègues qui ne cessaient de lui susciter des contrariétés parce qu'il était étranger, il abandonna encore ce poste , par dépit contre la fortune, et résolut de s'attacher à la profession du premier homme qu'il rencontrerait sur son chemin. Il prit la route d'Inspruck^ et comme il allait passer le pont il rencontra un soldat qui retournait en Italie. Fidèle à sa résolution arrêtée il prit le parti de s'enrôler et devint simple soldat. Quelque temps après il passa sergent ; et comme il avait une belle écri-
tare il fut bientôt connu de ses capitaines qui le chargèrent de faire leurs comptes et de rédiger leur correspondance. Ces services furent récompensés par le grade de lieutenant.
Aldringen avait a peine obtenu ce grade qu'il eut l'occasion de montrer ce que Ton pouvait attendre de son courage et de son sang-froid : engagé avec un détachement de cinquante hommes dans un poste dangereux qu'il avait ordre de garder il s'y défendit avec tant de valeur que l'ennemi ne put Ten déloger malgré sa supériorité en nombre et de vives attaques. Après ce fait d'armes la réputation de sa bravoure se répandit autant que celle de son habilité, au point que plusieurs colonels lui offrirent à la fois une compagnie dans leurs régiments ; le neveu de l'archevêque de Salzbourg fut de ce nombre. Il avait besoin, è cause de sa jeunesse, d'avoir dans son corps un homme tel qu'Âldringen : il le rechercha et l'obtint. Par les bons conseils qu'il donna k son chef le nouveau capitaine sut s'acquérir tant de titres à sa reconnaissance qu'il le nomma bientôt après son sergent-major.
Aldringen passa ensuite lieutenant-colonel {1622) , puis colonel titulaire au siège de Heidelberg , et fit en toutes circonstances paraître qu'il entendait à fond le métier de la guerre. £n 1626 il combattit à la bataille près du pont de Dessau, contre Ernest de Mansfelt (v. son article) , qu'il contint du l""' au 24 avril, et jusqu'à l'arrivée de Wallenstein. En 1628 il était un des commissaires que ce dernier chargea de prendre possession en son nom du duché de Meckïembourg qui venait de lui être donné. Après que la paix eut été faite avec le Danemark, le 6 juillet 1629 il commanda devant Magdebourg et en 1630 il fut envoyé avec quelques régiments dans la Lombardie oii on le jugea digne de commander en chef l'expédition contre la ville de Mantoue à l'assaut de laquelle (18 (juin) il assista avec Galas et obtint , dit-on, pour sa part dans le butin la belle bibliothèque et le trésor du
duc. Cette bibliothèque, si riche en manuscrits anciens et précieux , il doit l'avoir léguée à Marc Aldringen, son parent, dont nous parlerons plus bas. Après la paix de Chierasco en 1631, il joignit fort à propos les troupes qu'il ramenait d'Italie aux débris de l'armée impériale qui venait d'être défaite près de Leipsic ; et si peutêtre avant d'engager la bataille le comte de Tilly avait attendu l'arrivée de ce renfort comme on le lui avait conseillé, on croit que les impériaux n'auraient pas subi cette catastrophe.
Peu de tems après Aldringen quitta Tilly pour se retirer en Bohême, à cause des défiances que le mauvais état des affaires semait entre les soldats de l'empereur et les Bavarois ; mais la désunion de ces deux généraux ne dura pas. Dès le mois de mars 1632 ils se trouvèrent réunis de nouveau sur les bords du Leck pour en disputer le passage à Gustave- Adolphe, roi de Suède: Aldringen était alors Grand-Maftre de l'artillerie (Feld- Zeugmeister). Pendant l'action (5 avril) il reçut à la tête une blessure qui ne contribua pas peu à faire tourner l'avantage du côté des Suédois qui parvinrent en effet à franchir le fleuve. Elle ne l'empêcha pas cependant de servir encore pendant la même campagne, puisque nous le voyons peu de tems après aller rejoindre Wallenstein en Bohême , et ce malgré tous les efforts des Suédois pour empêcher cette jonction. Il fut néanmoins obligé de revenir bientôt en Bavière pour marcher contre le général Horn (1633).
Pendant le reste de cette année et les commencements de la suivante chacun des deux partis remporta des avantages variés: Le plus glorieux exploit d' Aldringen pendant cette période de sa carrière , fut de contribuer à faire lever le siège de Constance. Il alla ensuite se joindre au duc de Feria qui arrivait d'Italie avec quelques renforts espagnols. Quelques auteurs ont prétendu que Wallenstein avait donné secrètement ordre à Aldringen de chercher par tous les moyens à faire
échouer tous les plans et toas les projets de ce duc , et que ce fut pour ce motif que le général luxembourgeois refusa constamment de liyrer bataille. Mais il semble que si même il avait eu pour Wallenstein quelques complaisances , elles ne seraient jamais allées ^ jusqu'à compromettre les succès de Farmée impériale.
Aldringen fut tué le 12 juillet 1634 sur le pont de Landshut, en Bavière, lorsqu'il volait au secours de cette place. On n'a jamais su s'il est tombé sous les balles des Suédois ou bien s'il est mort victime d'un attentat dirigé contre lui par ses propres soldats qui ne l'aimaient pas à cause de sa cruauté , disent beaucoup d'auteurs ; il aurait, ce semble, été plus juste de dire de sa sévérité pour la discipline, de son peu de soins pour les troupes qu'il commandait et aux nécessités desquelles il a généralement la réputation de n'avoir jamais eu d'égard.
Il a été enterré dans le monastère de Brnll, prés de Ratisbonne.
Le général Aldringen avait l'esprit vif et pénétrant, et joignait un grand courage à de vastes connaissances. Ses mérites militaires le firent en 1625 créer baron de Ligma, disent les historiens allemands ; ensuite comte de Koschltz , par l'empereur Ferdinand II, par Lettrespatentes datées de Vienne, le 10 mars 1632, qui concédèrent à lui et à sa famille pour port d'armes: De sinople, à l'aigle impériale portant un écusson d'argent à deux barres transversales de sable et la lettre F. d'or, brochant sur le tout.
Cimier : une couronne princière à perles, sommée de Taigle de l'écu. Nous regardons ces armes comme le véritable écusson de la maison d' Aldringen. Cependant un dessin que possède la société archéologique de Luxembourg les présente d'une manière diff'érente , que nous pensons pouvoir admettre comme étant l'écusson des comtes de Clary-Aldringen. Ce dessin, qui n'indique pas les émaux , donne : un écu écartelé; aux 1 et 3 à la couronne princière accompagnée de deux bfttons
posés en sautoir; aux 3 et 4, à trois étoiles à 6 raies ,2.1.. Puis l'écusson donné plus haut, sur le tout. Trois heaumes surmontent cet écu: celui du centre est décrit ci-dessus; celui de droite porte une couronne princière sommée d'une main dextre tenant 2 drapeaux ayant à l'angle supérieur une croix latine; celui de semestre , au bras et main dextre , armée des meubles des 1* et 4* quartier.
Jean , comte d' Aldringen avait épousé une comtesse d'Arco dont il ne laissa pas d'enfant. Comme d'un autre côté ses deux frères , Marc et Paul (v. leurs articles) , ainsi qu'un troisième qui s'était fait Jésuite, avaient embrassé l'état ecclésiastique, et qu'ainsi son nom avec son titre auraient été éteints dans sa personne, l'empereur Ferdinand II, par diplôme de l'année 1635, reporta l'un et l'autre sur la famille du comte Jérôme de Clary ou Claris, général major au service de l'Empire , époux de la sœur du comte Jean d' Aldringen, nommée Anne. La maison des comtes de Clary-Aldringen est encore aujourd'hui florissante en Bohême oii elle possède Tœplitz et porte le titre de prince.
Il résulte d'un autre côté des actes et titres réposant aux archives de l'administration des Bourses d'études, à Luxembourg, qu'outre Anne dont il vient d'être parlé , Jean d' Aldringen avait une autre sœur, nommée Barbe j qui avait été mariée à Evrard Gilles ou Gillesz^ lequel était veuf de Barbe Dommeldingent. Trois enfants de ce dernier mariage avaient même pris le surnom d' Aldringen , avec la qualification de baron.
D. Galvbt, Bibliuth.Lorr.— mFillu, Dicfioiiii. histor. — GoiiTertatîoiitLexikoii, ëdit de 1894, de 1846 et de iStfi. * GAeenr . Adds-Lezikon» L 543 et II. 1347. — J. Clutiib, Epûtols bUtorice, L II. app., et XL— Theatram earopseam, I et II. — Paqubt, Die Haaptthatsacbeii der Luxembarger Geschichfe, 88. — Ulvblito, Tableao analytiqne et cbronologiqne de i*bistoire de Luzemboiirg, 36. — Batli, Dictionnaire bittoriqne et critique, I. 149. — PaiOEATO, Histoire des guerres d'AUemagne, 1. IX, ad ann. 1631, p. 991. — La Blahc, Histoire de BaTière, 1. VI. p. 434. — D> la Basw MovniaiB, Itinéraire du Luzemboiurg gerauniqme» 278.^ Vin
illastret lazemb«rgeBte8,II, VP ilti. — WitBnMOê A "WiLTauM, Dûqaûitioiies antiquarise Historiœ laxemborgensis , 1. II, c« VI. §. 9 — PiBkarr, Essay de rilistoire de Luxembourg, I. manuscrit -*- Moaxai, HietiouDaire bistorique, I. — BiaraoLar, Hiat de Luxbg., VIII. 187. — Du Bmsfoa, Hiatoire du Ticomte de Tureune. — Publications de la société arcbéologique de Luxembourg, cabiers de 1849, p 86, N» »o; etdeâSM, 900. — Manuscrits du curé Wbltbu, d'Etbe. ^ Govaria , Encyclopédie modeme» I, 993. — Biograpbie unÎTcrselle , I, 474. — Encyclopédie d'EtscH et Gtoasa, III, 979.— Généalogie de la maison d'Aldringen , aux arcbives de la Société arcbéoL de Luxbrg.
ALDRINGEN, Jean Gilles oa GiUesz, se disant Baron d' , ne nous est connu que par la mention que le manuscrit des Viri illustres fait de lui sous Tannée 1654, qui fut rraisemblablement celle de sa mort:
(( Joannes Gilles , Baro ab Âldringen Luxer emburgensis , dit en effet ï auteur de cet « ouvrage^ Dominus in Hettona etc. Sacrs a Cassareae Majestatis Gommissarius et De- 4(canus pataviensis et Serenissimi Archic( ducis Ferdinand! Garoli Tyroliensis Gon- <c siliarius. » A ces titres nous ajouterons celui de Doyen de Neuweiler, dans Fëvëché de Strasbourg, que lui attribue une attestation généalogique authentique, de Tannée 1666.
Nous avons d^abord été bien en peine pour trouver à quelle famille ce personnage a pu appartenir, avec la qualification de baron qu'on lui donne. Mais notre indécision a été fixée lorsque nous avons eu communication d'un acte certificateur de la descendance de Barbe Aldringen^ sœur du général comte de ce nom. Cette pièce, de Tannée 1656, ainsi de vingtquatre ans seulement après la mort du général, note comme fils aîné de Barbe Aldringen , seconde épouse d'Evrard Gillesz, marchand et contrôleur des fortifications à Luxembourg, Joannes Gillesz modo baro ab Aldringen, canonicus. Gette circonstance lève tout d'abord toute la difficulté, en ce qu'elle nous apprend bonnement qu'il s'agit d'un descendant de la famille Gilles ou Gillesz , qui dès lors est un nom patronymique non un nom de baptême ; partant le personnage dont il est question se nommait simplement Jean,
comme son onde maternel le général comte d'Aldringen ; il était fils d'Evrard Gilles ou Gillesz et^ nous ne savons d'après quel octroi il s'était ajouté le surnom d'Aldringen ainsi que la qualification de Baron.
Quant à son titre de seigneur d'un endroit nommé Hettonia par Tauteur des Viri illustres, nous ne savons pas oii placer cette ville ou ce village, qui nous est absolument inconnu. Passau, Patavia en Bavière et son évéché avec chapitre sont connus.
Viri illustrée luxemburgeiifes I, N^ iiO. — ArcbÎTcs des Bourtet; fondution Aldringen.
ALDRINGEN, Marc, ou Jean-Marc, comte d' , le plus jeune des frères du général Jean d'Aldringen dont nous avons parlé dans un article précédent, naquit comme celui-ci au Grund, ville-basse de Luxembourg. L'ouvrage des Viri illustres Luxemburgenses lui consacre la notice suivante: «Marcus comes ab Aldringen «Lnxemburgensis , frater Pauli, S. Theol.
«Doctor, ex canonico secundario Salis- «burgensi Episcopus Seccoviensis in Styccria , S. R. Imp. princeps , frater item et «hœres Joannis comitis ab Aldringen Caeccsareae Militiae Supremi Ducis, omnes «filii civis Luxemburgensis , quorum maajor natu mortuus in Societate Jesu.»
Nous n'avons rien à ajouter à cet article qui retrace en peu de mots la carrière de ce prélat qui dut sa fortune et sa position à ses deux frères aines, Jean et Paul (v. leurs articles) , si ce n'est de mentionner la fondation qu'il fît le 17 janvier 1660, peu de tems avant sa mort et peut-être par son testament, d'une bourse de trois mille florins du Rhin en capital , en faveur d'un nonibre indéterminé de jeunes gens pris prrticulièrement entre les descendans de ses parents et de ses amis, qui feraient leurs études au collège des Jésuites de sa ville natale.
Cette fondation subsiste encore de nos jours à l'athénée de Luxembourg ou elle possède un revenu annuel de 749 francs environ , défructué par deux boursiers. — Il donna en outre trois cents florins au
même établissement: ce dernier fait est attesté par une quittance du Père Théodore Feller.
Marc, comte d'Aldringen et Prince- Evèque de Seggau en Styrie ^ non Segovie qui est une ville d'Espagne ^ mourut vingt ans après le général son frère aîné , c'est-à-dire en 1654^ non i644 comme D. Galmet le marque dans la Bibliothèque Lorraine, ni 1659, ainsi que Pierrot l'avance. Dans la mention que Guillaume de Wiltheim fait de ce personnage il lui attribue les titres de Decanus Rubeaguensis, chanoine d'Olmutz et suffragant de Passau. Nous ne savons jusqu'oii ces qualifications peuvent avoir été vraies en 1630 , c'est-à-dire à l'époque où Guillaume de Wiltheim terminait ses Disquisitiones antiquariae*
Viri iUiutres I, N® 87.— Ulviliwg, 56.— Namur, Programme de TAtliénée, 1847: DÎMerUtion sur les boarset d'ëtades fondées au coUège des Jésaites à Lnzembourg, X et XIV. — D. Calvet, Bibliotbèque lorraine.— BEaTHOLBT, VIII., 187.— PiBaasr» I. — IV. a 'Wiltheim, Disquisitiones antiquariae Historié Luzembargensis , 1. II, c. VI. §. 3. — Manascrits du enté IVeltee, d'Etbe.
ALDRINGEN, Paul, comte d^y était frère puîné du général comte Jean d'Aldringen dont nous avons parlé dans un article précédent , et plus âgé que Marc son autre frère ^ dont il vient d'être question. Il naquit comme ceux-ci dans Tancienne paroisse de S^ Uldaric^ à la villebasse de Luxembourg. L'ouvrage des Viri illustres le mentionne dans les termes suivants: «1636 Paulus ab Aidringen^ «Luxemburgensis ) S. Theologis Doctor, «Episcopus Tripolitanus, suffraganus Epis- «copi Argentinensis , morte comitis Al- «dringeri fratris factus Gomes et haeres «omnes Ecclesias Luxemburgenses mo- «riens pretiosâ suppellectile dota vit.»
Il nous reste peu de chose à ajouter à cette notice qui relate sommairement les titres et les faits qui se rattachent au personnage dont nous nous occupons. Nous devons seulement relever quelques erreurs dans lesquelles ont versé certains auteurs lorsqu'ils ont parlé de lui; D. Galmet
et Bertholet^ qui ont écrit environ un siècle après la mort de Paul d'Aidringen , avancent qu'il a été suffragant de Trêves ^ tandisqu'il est positivement avéré par les catalogues des suffragants de Strasbourg qu'il l'était de cette dernière ville. Du reste l'auteur des Viri illustres ainsi que Guillaume de Wiltheim qui étaient ses contemporains, afiirment de même cette dernière version : Guillaume de Wiltheim écrit bien Argentoratum et les Viris illustres Argentinum ; mais tout le monde sait que ces deux noms sont également et indifféremment donnés à la ville de Stras-* bourg.
Ce prélat qui, comme nous savons, était évèque du titre de Tripolis et suffragant de Strasbourg, avait succédé dans ces deux qualités au célèbre Jean Petz, sonr compatriote (v. s. art.) , mort entre 1625 et 1630.
Paul , comte d'Aidringen , est mort en 1644, dix ans après son frère, le général.
Viri Ulustres I, N<> 74. — D. Galmet, BibUotb. Lorraine. — Pieeeet, I, p. LVI. — -Wilh. a Wilt- BBiH, Disquis. antiq Hist Luxemb., 1. II» c. VI, §. 3. — Deetbolet, Vin, 187. — Ulvelieg, 36.
— Nemue, Dissertation sur les Bourses, XIV, dans: Programme de F Athénée» 1847.
ALER, Paul, naquit à S* Vith, le 9 novembre 1656. Après avoir terminé ses études au collège des trois couronnés à Cologne il prit le bonnet de Docteur en philosophie et entra à l'âge de vingt ans dans la cpmpagnie de Jésus à Trêves ou il se distingua par son zèle et ses lumières à tel point que pendant longtemps sa mémoire y resta en vénération, de môme qu'à Cologne.
Le 2 février 1691 il prononça ses quatre vœux.
Nommé en 1701 professeur de Théologie à l'Université de Trêves il fut ensuite successivement recteur du collège de cette ville et de ceux d'Aix-la-chapelle, de Munster et de Juliers.
Le Père Paul Aler mourut h Duren, le 2 mai 1727 à Tâge de septante-un ans.
Ce savant a publié un grand nombre
d'ouvrages de Théologie y de morale , de piété, de philosophie et de littérature; plusieurs discours et quelques pièces de yers. Hartzheim en a donné la liste dans sa Bibliotheca coloniensis , page 264 et la suivante ; nous la copierons ici :
a. Oeuvres théoIogique$: 4. Tractatus de actibus humanis ; Trev. 1717. — S. Justificatio impii per attritionem et sacramentum pœnitentiœ ; Trev. 1716.
b. Oeuvres philosophiques : 5. Gondusiones ex universa philosophia circa quaestiones maxime controversas auctoritate et rationibus confirmatae; Goloniae, 1692. — 4. Philosophiœ tripartite Pars I , sive Logica; Col. 1710. — 5. Philosophiae tripartitae Pars II , sive Physica tum universalis, tum particularis ; ibid. 1715. — tf. Philosophiae tripartitae pars III, sive Anima et Metaphysica; Colon. 1724. — 7. Dialectica nova omnibus scholis accomodata; Trev. 1716.
c. Oeuvres littéraires: 8. Imago divina Bonitatis^ sive Maria sine labe originali concepta. Discours; Col. 1700. — 9. Colonia Âgrippina ob invictam in fide orthodoxa constantiam , a Deo inter varia bellorum pericula incolumis conservata. Discours; Col. 1701. — /tf. Appendix ad praecepta litterarnm humaniorum; Col.
1701 .^ii. Orthographia, sivears emendate scribendi; 1700. — iS. Theoparonsia sive Del ubique locorum prœsentia^ continens prosam variam, tum solutam, tum lîgatam; Colon. 1722. — 15. Corona tergemina , eomplectens triplicem laudem juventutis trium Coronarum ; . Col. 1700.
— i4. Dictionnarium Germanico lalinum; CoL 1724. La mort surprit Aler avant d'avoir terminé la partie inverse de cet our vrage que son neveu , le Père Pierre ALER y Licencié en Théologie y Professeur à Cologne et examinateur synodal paracheva et mit au jour.
d. Oeuvres poétiques : iS. Gradus ad Parnassum; Col. 1702. Cet ouvrage était parvenu à sa septième édition , encore du vivant de VaiUeur. — :i6. Praxis poêtica, sive modus quodcumque genus carminis
fiicile et eleganter componendi ; Col. 1722.
— 47. Joseph venditus. Tragédie. — i^. Joseph agnitus. Tragédie. — 19. Joseph patrem excipieiis. Tragédie ^ Cologne, 1703, 1704, 1705. --itf. Tobias probatus. Tragédie 'y 1708. — ^i. Genovefa. Tragédie 'y Col. 1709. — Si. Macbabaeus und seine Sœhne. Tragédie; Col. 1710.— 2J. Tobias recreatus, Tragédie'y 1707.— £4. Bertulfus et Ansberta. Tragédie ; 1708. — SS. Regina gratiœ Maria. Drame] Col.
1696. — S6. Regina paeis Maria. Drame i CoL 1697. — S7. Jnlius Maximinus. Drame; Col. 1697. — i^. Urania. Drame ; Col.
e. Poésies diverses: 29. Annns sœcularis; dédié à Maximilien-Henri y Archevêque-Electeur de Cologne; 1684. — 50.
Fœtus Leonis et Aquilae , sive Epithalamium Serenissimi Principis et Electoris Emmanuelis et Archi-Ducissae Austrise; Col.
1685.— 51. Sol in occasu, sive Maximilianus-Henricus, Archiepiscopus Coloniensis mortuus ; Cologne, 1688. — 52. Léo in Stellam mutatus, qnando Reverendissimus et lUustrissimus Dominus Joannes- Henricus de Anethan, Episcopus Hieropolitanus, etc., vivere desiit; 1693. — 55. Faces nuptiales. — 54. Virtutes infulatas. — 55. Pulli aquilini. — etc.
Quant à Vi&rre ALER , neveu de Paul , dont il vient d'être parlé , il parait qu'il se distingua également dans les lettres. La bibliothèque de Luxembourg possède de lui les trois ouvrages suivants : a.
Praxis poética, 1735, vol. in 12. — 6.
Conclusiones universae philosophiae, 1692, in 12. — c. Poesis varia, 1701, in 12.
Db Fcllbb, Dictionoaîre historiqae. — Ai Hont- HBiMt Historia Trevirensis diplomatica , III, 930. ^Pa«ubt, 80— Gonvenationf -Lezik*!! , ëdit 1846; 1 , 4t j et ëdit de â8tf L-^Babsch, Eiaia iliostra , III, 1. /• 4i.— Naxub, Catalogue de la bUiliothèqae de Luxembourg, 147 et 348.— €ooBTisr, Encyclopédie moderne, I, 996— >Gla8bh, Cîatalogue de la bibliothèque de Luxembourg, tf, 389, 496.— Nbouarb, les antenra Inxembourgeob ; dana Programme de TAthénëe, 1856. 38, sq.
ÂLLAMONT, d'y maison de nom et d'armes , originaire de Lorraine et qui est
venue vers la fin do quinzième siècle habiter la partie de Tancien pays de Luxembourg qui a été depuis cédée à la France.
Elle y a possédé les terres de Malandry , de Brandeville , etc. y arrière-fiefs luxembourgeois.
D'Ailamont portait: de gueules, au croissant montant d'argent , au chef d'argent; d'autres disent d'or, chargé d'un lambel de trois pièces d'azur. Cimier: deux têtes de chien braque d'argent adossées , aux côtés de gueules , bordés d!or, aux annelets de même , liés ensemble.
Cette famille qui a donné des titulaires aux plus hautes diarges du Pays , telles que celles de député à l'Etat noble , de Justicier des nobles , etc. , etc. , a produit plusieurs illustrations que nous allons successivement passer en revue.
ALLAMONT , Antoine d' , seigneur de Malandry, Chauffbur, Quincy, etc., fils de Jean II et de Marie de Pavant sa première femme, naquit en iS15 au chftteau de Malandry. Il n'était âgé que de dix-huit à dix-neuf ans lorsque l'empereur Charles-Quint le pourvut d'une compagnie de cinq cents hommes avec lesquels il ne tarda pas à donner des preuves d'une grande valeur à la défense de la petite ville de Virton (1542) dont une armée française était venue faire le siège : comme il n'avait consenti à rendre cette ville que lorsqu'il se vit réduit à la dernière extrémité il fut fait prisonnier de guerre. Sa captivité durait depuis dix-sept mois lorsque Marie de Hongrie, alors gouvernante des Pays-Bas lui fit par un ordre exprès recouvrer sa liberté. Antoine d'AllamoQt se distingua ensuite à tous les sièges et à toutes les batailles auxquelles il assista , jusqu'à la paix de 1559, après la conclusion de laquelle le Roi d'Espagne voulant récompenser ses services le nomma gouverneur civil et militaire de Montmédy. Peu de temps après il y ajouta le grade de colonel d'un régiment d'infanterie wallonne qui depuis porta le nom de son chef, et celui de maréchal de camp à l'armée qui allait entrer en France sous
le commandement de Mansfelt: d'Allamont continua à donner dans toutes les rencontres les preuves les moins équivoques de son imperturbable sangfroid et d'une bravoure peu commune.
Dans son gouvernement de Montmédy il sut constamment se faire aimer et respecter par les habitants comme par les soldats, au point que de nos jours encore son nom n'y est prononcé qu'avec une espèce de vénération et avec la qualification de grand que chacun y ajoute.
Après avoir occupé ce poste pendant dixhuit années il songea à se retirer de la vie active pour aller passer le reste de ses jours dans sa terre de Malandry: le roi en lui accordant le congé qu'il sollicitait , voulut lui donner une preuve éclatante de sa satisfaction particulière pour la fidélité qu'il avait montrée pendant sa longue carrière, et nomma son fils, Jean III (v. ce mot.) , pour lui succéder.
Antoine d'AUamont avait épousé le 30 décembre 1547 Ide de Custine, morte le
10 mars 1560. Elle était fille de Jean- Jacques de Custine, seigneur d'Aufflance et de Jeanne ou Jaqueline de Fiquelmont.
11 mourut le 23 février 1598, non 1592 comme quelques historiens l'ont écrit, à l'âge de 83 ans , à Montmédy oii il s'était réfugié à cause de la guerre qui venait d'éclater et qui menaçait le lieu de sa retraite. U avait désiré être inhumé dans le caveau de ses pères à Malandry ; mais les troubles dont le Pays était travaillé à cette époque n'ayant pas permis d'accomplir sa dernière volonté il a été déposé dans le chœur de la paroisse de Montmédy , sous un beau monun^ent avec ses seize quartiers et une inscription en lettres d'or qui retraçait ses exploits et les principales circonstances de sa vie.
Ce seigneur laissa trois fils et deux filles: Jean (III) qui aura son article; François, seigneur de Chauffeur, Preutin^ Champy, gouverneur-capitaine de Damvillers , époux de Claudine de Housse ; Jacques, Protonotaire apostolique ; Louise, femme d'Arnoul de Failly (1565); et jfar-
guérite, épouse d'Albert d'Orey , seigneur de la Neuville.
Db la Haut , Annales ciTiles et reU(pe«tes d'YTob» Carignnn et de Monson, édltéet par L'Ecoy, 180» •qq. — UMGBScnucKt Dictionnaire këraldiqoe mann- •erit — Des Hatohs, Vie de Jean d*AlIamont, II, 99 et 149.
ALLAMONT, Eugène-Albert, évéqoe de Raremonde , puis de Gand , se titrait de Baron de Buzy ^ seigneur d'AlIamont, de Malandry^ d'Ansart et de Blagny. Il naquit à Bruxelles en 1609, fils de Jean d'Allamont, quatrième du nom , seigneur d'AUamont, Malandry, Villé-Gloye, Ba* ron de Buzy, Gouyerneur-Capitaine et Prévôt de Montmédy (y. son article), et d'Agnès de Mérode-Waroux. Il avait pour aïeul Jean d'Allamont qui avait épousé Philiberte-Harguerîte de Lenoneourt, et pour bis-ayeul Antoine d'Allamont dont il a été parlé à l'article qui précède.
Eugène-Albert d'Allamont fut baptisé par le cardinal Alphonse de la Gueva, et tenu sur les saints-fonts par les archiducs Albert et Isabelle-Glaire-Eugénie qui lui donnèrent leurs noms. Après avoir fait de brillantes études à Luxembourg, à Trêves^ à Mayence et à Louvain, il prit d'abord le parti des armes auquel sa famille presque entière s'était successivement vouée depuis des sièles , et fit une campagne sous l'archiduc Léopold :
Il se trouva entr'autres à la bataille de Lens (1648), où il fut fait prisonnier.
Lorsqu'il fut rendu à la liberté il se sentit dégoûté du service militaire, et s'engageant dans une autre carrière il choisit l'état ecclésiastique pour lequel il avait depuis longtemps éprouvé une grande propension. Il fut en effet pourvu le 28 janvier 1653 d'un canonicat à l'Eglise de St. Lambert de Liège après avoir fait preuve de seize quartiers de noblesse et ancienne chevalerie^ et ordonné prêtre l'année suivante. En 1657 il était venu à Malmédy pour assister aux noces de son firère et y fut enfermé à cause du siège que l'armée française vint à la même époque faire de cette ville dont ce même frère était Gouverneur (v. l'art. Jean V,
d'Allamont). Il y montra beaucoup d'intrépidité en affrontant tous les périls pour assister les blessés , leur procurer les secours de la religion et les consoler par l'onction de ses paroles. Nommé en 1659 à l'évêché de Ruremonde dont il prit possession le 1 1 juin , il fut sacré à Malines le 24 août suivant. Dans cette éminente position il sut soutenir avec toute la fermeté désirable les droits de son église et remplir exactement tous les devoirs du saint ministère, même les plus pénibles et les plus minutieux. Dans le cours de ses visites pastorales il ne se bornait pas à donner la Gonfirmation^ mais il voulait toujours s'acquitter suivant Toccurrence de toutes les fonctions sacerdotales. Son zèle le porta même jusqu'à entrer, revêtu de ses habits pontiGcaux, dans les villes de Nimègue et de Grave , peuplées alors presque exclusivement de dissidents : cette démarche pouvait rencontrer de Fopposition chez les magistrats de ces villes ; mais le mérite personnel du prélat ayant trouvé grâce on le reçut avec honneur et on alla jusqu'à le défrayer pendant son séjour.
Gette circonstance ayant enhardi les catholiques qui résidaient dans ces villes et les environs ils accoururent auprès de leur pasteur recevoir la Gonfirmation et écouter ses exhortations pastorales.
Le Pape Alexandre VII ayant appris cette circonstance se hâta de complimenter le vénérable prélat sur sa réussite; et pour l'encouarger dans son zèle il lui fit expédier le 27 août 1665 , un bref qui lui conférait le titre d'Administrateur spirituel de révêché de Bois-le-duc, et celui de Vicaire apostolique pour les Provinces- Unies. Gette honorable distinction porta d'Allamont à continuer ces sortes de missions et à les étendre dans presque toute la Néerlande ; et partout il fut reçu avec déférence, au point que à son arrivée à LaHaye la princesse douairière de Nassau- Orange et le jeune prince son fils le firent complimenter.
Enfin , par Lettres du 1^ février 1666 Anne-Marie d'Autriche, Gouvernante d'Es-
pagne pendant la minorité de son fils Charles II, le transféra de réyèché de Ruremonde à celui de Gand, et le pape agréa cette nouvelle promotion. Eugène- Albert d'ÂlIamont prit possession du siège de Gand le 4 juillet de la même année et fit son entrée incognito dans cette Tille le 28 octobre suivant. On avait voulu lui faire une dispendieuse réception, mais le vénérable évéque refusa cet honneur en manifestant le désir que Fargent que l'on destinait à cette fin fût employé à soulager les pauvres et à habiller la garnison. Il fit en outre et hors de ses propres deniers distribuer de larges aumônes aux uns et habiller les autres.
Pendant son épiscopat à Gand il sut, comme à Ruremonde , soutenir constamment le caractère d'un grand évéque:
ses soins de tous les moments étaient consacrés à donner aux pasteurs qui rele- Yaivnt de lui l'exemple du zèle pour le troupeau qui leur était confié : Il ne négligeait aucun de tous les devoirs qui incombent à un prêtre avec charge d'Âmes ; et il n'était rien d'utile à faire qui lui échappât. Un procès fâcheux s'était élevé entre son prédécesseur et le chapitre de sa cathédrale ; dès son avènement il le termina à son propre détriment. D'autre part, il donnait toute sa solicitude à soulager la misère du peuple qui se voyait accablé par les courses des armées pendant les guerres de l'Espagne contre la France: il fit entourer à ses frais la citadelle de Gand de murs , de contre-escarpes et de pallissades, et fournit en outre cinq mille florins pour lever et entretenir une compagnie chargée de garder cette forteresse. Sa mémoire est restée chère surtout à cause de la généreuse hospitalité qu'il sut exercer à l'égard de Févêque de Fernès , en Irlande , que les dissidents avaient chassé de son diocèse.
La ville de Ruremonde lui doit en outre la reconstruction de son palais épiscopal qui avait été détruit par un incendie pendant qu'il était évéque de ce dio-
cèse. Finalement par son testament il ordonna que la moitié des arérages du revenu de son évêché fût distribuée aux pauvres de la ville et que l'autre moitié fût employée à la fondation d'autant de charges de grands-vicaires dans la cathédrale de Saint-Bavon que ces fonds pourraient suffire à entretenir.
L'évêque Eugène-Albert d'Âllamont mourut d'une colique à Madrid, le 28 août 1673, à l'âge de 64 ans et II y fut enterré. Son cœur, rapporté à Gand, fut déposé sous une belle-tombe avec ses armes et cette épitaphe :