XVI. Kalendas âugusti ÂNNO DomNi M.GG.LXX
II faut noter, pour Tintelligence de cette inscription , qu'à coté de la statue de la défunte on ayait représenté son petitfils, Henri de Yianden qui fut seigneur de Shœnecken , portant à la main gauche un billet sur lequel était écrit: «Henri- « eus primogenitui Philippi eomitis Vien- «nensis.» et montrant de la droite Tépitaphe de sa grand-mère.
Db Marnb, Histoire du Comté de Namnr, 843 et ^ISO à 258.~Galliot, Histoire c^énérale, ecclésiastique et civile de la Tille et proTÎnce de ZVaraur. — Netkh, Histoire de la tIIIc de Vianden et de ses Comtes, 80 à 89; et PrcuTes.IX h XVI.—BbbtholET, V, 9 et 16 à 44 — Albx. db Wilthbim, Vita ire^rabilis Yolandœ; paMÎm. — STBnass , Leben der Giraîfin Yolanda; passim, — Bebtbls, tlS2, sqqq. — Gbammayb, Historia Namurci» cap. IX.
CR ANTZ , Jean-Népomucène , naquit à Boodt près de Niederanyi^en , pendant la première moitié du dix-huitième siècle et
se youa à Tétnde de la médecine à Tuoiyersité de Louyain oii il reçut le bonnet de Docteur. La réputation de ses yastes connaissances le fit bientôt remarquer par la Cour de Bruxelles qui Tenyoya k Vienne ayec une recommandation expresse pour Tempereur. Celui-ci lui donna une chaire à rUniyersité de cette yille oii il sut s'acquérir bientôt Tcstime de ses élèyes et Tadmiration des sayants.
Crantz a composé : Materia medica et chirurgica , juxta systema nalurœ digesta.
Vienne , 1762 ; 3 yolumes in 8^ , ouyrage d'une yaste érudition et d'une importance de premier ordre pour Tépoque de sa publication : il marque en efifet et d'une manière parfaite , la transition entre Tancienne doctrine médicale et la nouyelle.
Nous ne possédons sur ce personnage aucune donnée ultérieure.
Clasem, CbUL Bibl. Luibr||^, 60 et 404.-lVoaTH- Paqvbt, Notçs manaBcrites.
CRËHANGE, maison de nom et d'armes, une des plus puissantes et des plus considérées de Tancien Luxembourg.
Elle ayait ^on siège au yillage de son nom, aujourd'hui français, sur la Nied allemande^ à trente-trois kilomètres S.-E. de Metz, et fut connue , dit-on , dès le cinquième siècle. En 1617 les sires de Créhange ont été honorés du titre de Comtes par FEmpereur Mathias et leur domaine attaché au cercle du Bas-Rhin dans l'Empire d'Allemagne»
La maison de Créhange , qui portait :
d'argent à la fasce de gueules, écartelé de gueules à la croix ancrée d'or , s'est distinguée aux Croisades oii Burchard est compté au nombre des prisonniers faits a la bataille de Gaza en 1239. En 1548 elle a releyé la charge de Maréchal héréditaire du Pays de Luxembourg en suite du mariage de Jean de Créhange et Pittange ayec Irmengarde de Rayille.
L^aioé de la maison de Créhange conserya cette charge jusqu'en l'année 1674 oii François-Ernest , comte de Créhange , désespérant de laisser postérité, la céda
au Baron Wol^ang-Henri de Metteraich, seigoeor de Bonrscheid ^ Dodenbourg, etc.
Parmi les perseanages qui portèrent le nom de Créhange figurent plusieurs illustrations qui doivent obtenir leur place particulière dans cet ouvrage. Les de Créhange se sont éteints dans, les mâles dans la personne de Maximilien-Ernest , mort le 13 janvier 1697.
BnTBOLCT, IV, Miè teztam, XXIX et XXXI; VII, 446; Vm, tf 5. — Uii«ucaiiCK. ^ Emavvbl, Bamii •'Mpaat, Notice mr Crébange. — Bogclih, Gcrmam» Topo-ChroBO-Stemmatographia. III, S9, w^. — VaaaiiiiHAit, Statistique kiftoriqae dm Département de la HoseUe, tOO à 105. ~ Viviixa, Dictiennaira dtt Départemeat de la HoaeUe, II, 107, fq.—Notct d^ëtudet.
CRÉHANGE, Christophe , Baron de, était fils de Wiric de Créhange (v. ce mot.) e( d'Antoinette, comtesse sauvage du Rhin, fille à son tour de Jean VII comte sauyage du Rhin et de Salm, et d'Anne comtesse d'Isembourg. Le manuscrit des Viri illustres mentionne ce personnage comme suit : « 1618.
« Christophorus Baro a Chrichingen et Pet- «tingen prioris — td est Veirici — filins, (c BalliYus Lotharingiae Germanicœ roboris « prodigiosi, Mareschallum Bironium ten- ('tantem et oppngnantem Luxemburgum, ccinter primos repulit dcYoluto in pontem «bostilem trunco.»
Nous dcTons donner quelques explications pour rintelligence de ce fait d'armes qui n'est qu'indiqué ici: C'était en 1597.
Le maréchal Biron à la tête de six mille hommes youlant surprendre la ville de Luxembourg avait fait avancer ses troupes le jour de la St. Martin, dans l'espoir qu'elles pourraient arriyer deyant les remparts à la nuit close. Mais la marche avait été trop lente et le jour commençait déjà à poindre lorsqu'il fut à la vue des premiers retranchements. La garnison courut aussitôt aux armes et les bourgeois se joignirent à elle pour repousser l'aggression. Le marëchal se yoyant déconyert feignit de se retirer; mais au lieu de partir il n'alla qu'à Merl , village situé à quelques mille mètres de Luxembourg et y fit faire halte.
Il y resta jusqu'au soir du 17 noyembre 011 il crut le moment opportun arriyé pour mettre son projet à exécution. Pour mieux couyrir le coup de main qu'il méditait il obligea quelques paysans à se diriger yers les portes de la yiUe, chassant deyant eux leurs porcs et à demander au commandant la permission de les faire entrer dans les fossés pour les garantir soi-disant contre un enlëyement de la part des Français.
Le commandant ne soupçonnant pas le stratagème leur accorda leur deman^le ; et les yillageois auxquels un grand nombre de soldats déguisés s'étaient mêlés , pénétrèrent ainsi dans les fossés extérieurs, tandis que Biron avançait en silence à la tête du reste de ses troupes munies d'instruments d'escalade : Us parvinrent heureusement à l'endroit désigné pour Tattaque, près de l'ancienne porte dite des Juifs et s'occupèrent de suite, les uns à dresser les échelles,^ les autres à monter un pontyolant, les autres enfin à attacher à la porte extérieure des pétards destinés à l'enfoncer. Elle ayait déjà été forcée et l'ennemi, parvenu jusqu'à la seconde, tentait de lui faire subir le même sort lorsque garnison et boui^eois, rivalisant de zèle et de courage, se précipitèrent sur les remparts et chargèrent si brusquement les assaillants que ces derniers furent renyersés et leurs échelles rompues ainsi que toutes leurs machines détruites, outre qu'ils eurent un grand nombre de blessés et de tués par la mousqueterie bien soutenue des assiégés. Le maréchal Biron vit bientôt que son échauffourée était complètement manquée et qu'il ne lui restait plus qu'à se retirer au plus vite. Il fit en conséquence sonner la retraite et donna ainsi le signal d'une déroute précipitée dans laquelle il abandonna tous ses appareils et s'enfuit à Longwy. C'est dans cette attaque que Christophe de Créhange se couvrit de gloire par son courage , sa présence d'esprit et la bonne direction que, un des premiers il sut donner à la défense de la place dans laquelle il se trouyait, par hazard peutêtre.
Christophe de ChréhaDge était Bailly de la Lorraine allemande, et monrat vers Tannée 1612. Il avait épousé Anne Bayer, Baronne de Boppart, qui lui donna Pierre^ Ernest, lequel fut Bailly de la Lorraine allemande après son père.
Yiri inaftret.— Bektbolbt, VIII, 59, iqqq.
CRËHÂNGE, François, Baron de, était frère du précédent. Le manuscrit des Viri illustres comprend ce personnage parmi les illustrations ei*.clésiastiques du Luxembourg: ((1575. Franciscus Baro a Cri- ((chingen et Pettingen filins Virici judicis «nobîlium Dncatus Luxemburgensis con- (( seryator Gatholicae fidei , in Episcopatu « Ârgentinensi , cujus Ecclesias decanus (( fuit. )>
François de Gréhange vivait à Fépoque où le Luthéranisme, jeune encore, cherchait de tous les moyens à se faire des prosélytes et oii les leçons de Jean Sturm (v. son art.) à TUniversité de Strasbourg gagnaient de jour en jour plus d'adhérants aux idées nouvelles. Le Doyen François de Gréhange, prélat éloquent et instruit, mais surtout très-attaché à la foi catholique, se crut en devoir de s*opposer à ce débordement de rhérésie : il institua des conférences ou prêches dans lesquels, à des jours fixes il combattait les propositions erronnées du Professeur luthérien ; et dans ces entretiens il eut la consolation de ramener plusieurs de ses auditeurs à la croyance orthodoxe. François de Gréhange mourut en 1575, encore dans la fleur de Fâge et fut longtemps regretté par le clergé de Strasbourg dont il s'était fait estimer autant qu'il avait su se faire aimer de tous, même de ses contradicteurs.
Vin illiutref , I, N« 49. — Di FsLLn, Dietlonnaire hiftoriqme; art. Sttwm. -- Nottê d*ctii4ct. — Uiitoire au Chapitre de St?atboar£^, par C; ad ann. ttfSG et tlS7».
GRÉHANGE, François-Emest , comte de, a nn long article dans le manuscrit des Viri illustres: ((1634. Franciscus- (cErnestus Gomes in Grichingen et Pet- (( tingen natus in ipsa urbe Luxemburgensi,
((œdibus in Grihingianis hèdie Societatis ((Jesu Gollegio incorporatis , Ganonicus ((Ecclesiarum Metropolitanarum Mogun- (( Use , Ârgentinensls , plurimus in LÏiga- (( tionibus et conventibu» Imperialibus , ((Ecclesiae Argentinensls aliquamdîn pro- ((Episcopus et pro-Princeps , magno œre u aliène laboravit. Societas confecit aditum (( Rubiacum cujus iile gubernator Ecclesis c( Gatholicœ columna in Goloniensem indu- (( xit cantum musicis vocibus modulatum. »
François-Ernest, né baron de Gréhange, était fils de Pierre-Ernest qui fut crée comte de son nom par l'Empereur Mathias, en 1617, et de Marie-Marguerite de Goligny. Son cousin Pierre-Ernest étant mort vers l'année 1629 sans laisser postérité de Anne-Sybille , comtesse de Nassau- Sarbruck , il s'éleva un procès au sujet de la possession de la dignité de Maréchal héréditaire de la noblesse entre Jean-
Francois de Raville et notre François-
Ernest de Gréhange. Gette contestation dura jusqu'en 1655 où une sentence finale du Siège des nobles attribua définitivement cette charge à François-Ernest, parcequ'il fut reconnu être le pins proche parent du dernier Maréchal.
Ge personnage vivait encore en 1660, mais il est à croire qu'il mourut peu de temps après. Il institua pour son héritier universel son cousin qui était son filleul et se nommait comme lui François-Ernest, comte de Gréhange. Gelui-ci résigna en 1674 le maréchalat entre les mains de Wolf-Henri, Baron de Mettemich, seigneur de Dodenbourg , Bourscheid , etc.
Viû Uluttres, I, N» 66. - Puaair , I , foLLXni. — DEataoLiT, IV, aatè teitnni, XXIX; et VIII, 189 ~ VaaaoaaAif, Statistique hif torique dttDépar^ tenaent de la MweUe, 109. — BoGn.», III, SS.
GRÉHANGE , Georges, Baron de, est mentionné comme suit dans le manuscrit des Viri illustres: « 1616. Georgius Baro cca Grichingen Ghristopbori filins natus « Luxemburgi in urbe , sex prasditus di- «gitis: sed quia adoptatus ab avunculo (c improie mortuo cognominatus Bavarus «a Boppart, Dominus in Lustnich in
«Brouch castel, praefectas stabuli Leo- « poldi Ârchiducis, ab hoc eo usque ama- «tus ut œger ab eo inyiseretur, mortuus « Viennse Austriœ. »
Georges deCréhaoge avait épousé Estber comtesse de Maosfeld qui lui donna Pierre- Ernest comte de Gréhange , maréchal de la noblesse. Ge dernier ne laissa aucune postérité de Ânne-SybiUe , comtesse de Nassau-Sarbruck.
Vin niiistret, UI, N« 806. - Bucblim, Uh 98. — Bbetolet, IV; «ntè teztam, XXIX.
CRËHÂNGE, Jean IV de, surnommé t intrépide j était fils de Jean III dit rheureux et d'Irmengarde de Pittange.
Il naquit pendant les dernières années du quinzième siècle. Jean IV de Gréhange peut être cité comme un des plus beaux types de Tancienne cheyalerie sans peur et sans reproche que Timmortel Montesquieu dépeint si bien dans TEsprit des lois: Franc et ouvert de caractère autant qu'il était vaiUant, ce chevalier voulait voir dans le noble, le suzerain surtout, une fidélité inviolable à ses engagements, à sa parole donnée. Aussi tant que le chef auquel il s'était attaché était juste il pouvait compter sur lui comme sur un autre soi-même; mais dès qull se montrait assez osé pour toucher à la foi jurée il trouvait dans Jean Vintrépide un adversaire redoutable. En effet, aussi longtemps que l'empereur Wenceslas respecta les privilèges de la noblesse il n'eut pas de vassal plus dévoué; mais dès qu'il commença à trafiquer de ses peuples et de leurs prérogatives il eut dans le Sire de Gréhange un implacable ennemi qui mit d'abord tous ses efforts à faire déposer le monarque félon ; et il contribua beaucoup à cette déposition. Non content de ce succès il s'attacha sans relâche à harceler les adhérants du despote et à susciter mille désagréments à la duchesse Elisabeth de Gœrlitz qui devait profiter du honteux trafic de Wenceslas avec le Luxembourg :
il fut un de ses plus archarnés comme de ses plus vaillants adversaires. Il prit
en effet les armes à la main en 1432, laissant son épouse, Elisabeth de Daun dame d'Oberstein et de Falkenstein enceinte d'un fils qui fut nommé Jean le posthume et qui suivit les traces guerrières de son père et sceUa de son sang sa résistance aux envahissements de cette princesse abhorée des Luxembourgeois.
Eiiauubl, Baior «'HuABr, Notice sur Crë]iaii|re. — Bbbtholbt, Vil, 446. — VnBOKRAïc , Slatistiqae hiftorique du dëpartemeDt de la MoseUe, 101. — IVtttbnbagh et Mvllbb, édition des: Grsld Tre^ironim, lll, 37, tq.
GRÉHANGE, Jean V , ouïe Posthume, de, hérita de la haine de son père contre ceux des souverains du Pays qui tentaient de tyranniser les peuples et qui n'avaient pas égard à leurs privilèges légitimement acquis. Aussi, dès qu'il vit Charles-letéméraire faire peser un joug de fer sur le Luxembourg partagea-t-il la commune indignation contre ce prince; et pour la traduire en action, vint-il en 1475 se ranger sous les drapeaux du duc René II de Lorraine avec lequel Gharles de Bourgogne était pour lors en guerre. Ge dernier, transporté de colère à la nouvelle de cette défection qu'il déclara une félonie , écrivit au Sieur du Fay son lieutenant dans le Luxembourg , de repousser par le fer et le feu toute tentative d'opposition à ses ordres de la part des nobles du Pays , et envoya Gampo-Basso , italien d'origine et un des chefs de ses bandes mercenaires, contre le seigneur de Gréhange. Gelui-ci qui ne s'attendait peutêtre pas à une attaque aussi brusque voulut s'avancer contre les Bourguignons; mais la fortune le servit mal; il tomba dans une embuscade et fut, malgré son courage et une défense désespérée , contraint de se rendre prisonnier. Gampo- Basso, que ce premier succès enhardit, marcha droit contre le château de Gréhange dont il espérait se rendre maître d'emblée par suite de l'abattement que devait avoir produit sur la garnison la prise du seigneur lui-même. Mais Marguerite de Baccourt ou Baucourt , épouse de Jean V de Gré-
bange y était enfermée : Elle joignait à un courage mâle une haine profonde contre la maison de Bourgogne. Aussitôt qu'elle Tit Tennemi approcher du fort elle se disposa à une vigoureuse résistance; 8*affttblant d'une cuirasse et d'un casque et ceignant l'épée elle encouragea , exhorta la garnison qui , électrisée par cet exemple doubla d'intrépidité et jura de ne pas rendre le manoir. Cependant les assiégeants étaient en grand nombre. Ils serraient la place de si près que malgré des prodiges de yaillance pour le défendre, Créhange était aux abois et l'héroïque châtelaine se Toyait réduite à songer ou à se rendre ou à se frayer un passage à la pointe de l'épée , lorsqu'une crue subite de la Nied qui baigne les murs du castel inonda le camp des Bourguignons, emporta leurs tentes ayec leurs bagages et les força à lever le siège. De son côté le sire de Créhange resta en prison jusqu'à la mort du duc de Bourgogne ; et encore n'obtint-il alors sa liberté que parceque le duc de Lorraine le réclama en sa qualité de capitaine Lorrain : Cependant ses seigneuries dans le Luxembourg restèrent confisquées et furent données d'abord à Frédéric courte de Bitsche, puis à Christophe marquis de Baden; et ce ne fut qu'en 1 503 que le fils de Jean de Créhange obtint la restitution de la moitié des terres saisies, comme provenant du chef de sa grand-mère « qui n'aj^ait eu aucune part à la félonie de son père. » Une tradition rapporte que l'armure de Marguerite de Baucourt était religieusement conservée au château de Créhange et que son portrait y figurait à son rang dans la salle des chevaliers.
Jean V de Créhange et Marguerite de Baucourt laissèrent deux fils , Georges et Jean VI, qui eurent une large part à la prise de la ville de Metz en 1551 , et se distinguèrent l'année suivante à la défense de cette place contre l'armée de Charles- Quint.
Nous n'avons découvert l'année de la mort ni de Jean Y de Créhange , ni de sa courageuse épouse.
£■■. Baaov è'HoAiT, Notice tvr Gréhaat^c,^ VnlONBAis, Stotif tique kUtoriqae du Dëpart«BeBC de U HoseUe, ICI, iq. — Bbbtbolv, VII, 446.
CBÉHANGE, Wiric, Baron de ^ a obtenu la mention suivante dans le manuscrit des Viri illustres: «1570. Veiri- <(cus Baro a Crichingen et Pittingen Do- «minus in Hombourg, Septemfontibus , a Dondera , Dodenburgh , Rheinich etc. , « Mareschallus Judex nobilium Ducatûs a Luxemburgensis , vir tantus ut Joannes «Austriacus advenicus in Belgium perdicr tum y eum omnium primo ad se et con- <i festim accersitum hue Luxembui^um Jas- «su régis salutaverit patrem, jussus in «omnibus uti consilio ejusdem. »
Ce personnage doit avoir été fils de Jean VI de Créhange et d'Irmengarde de Daun* Nous le voyons déjà entre 1546 et 1556, compris au nombre des Conseillers ordinaires du Conseil provincial de Luxembourg. 11 avait épousé Antoinette comtesse sauvage du Rhin, fille de Jean Vil et d'Anne comtesse d'Isembourg dont il eut Christophe (v. s. art.).
Piqrret nous dit que Wiric de Créhange avait été grand politique , très-estimé de Philippe II , roi d'Espagne , et de Jean d'Autriche , son fils ; ce que nous avait déjà appris le passage ci-haut transcrit du manuscrit des Viri illustres. Il mourut en 1582.
Viriilliutret,III, N» 1M)4.->UN«itcmicK.— Pinfeit, I, f«l. LXIIL^VnaoïiiiAi*, Stotittiqne hiitortqiie d« Département de U Moselle, 102. — Butbout,— Bdciuh, III, S9.— Notes d'études.
CRONENBOURG , Persée ^ natif de, est encore un de ces personnages énigmatiques que Fauteur du manuscrit des Viri illustres a cru devoir noter , mais sur le compte duquel il n'a fourni aucune donnée , pas même son nom. En effet ,
voici le passage concernant : c< 1633
c< PersiusexCronenbourgh Ducatûs Luxemoburgici S. Theologiae Doctor, Decanus « Miselbacensis in Austria ^ Canonicus Ca- ((thedralium Ecclesiarum Olmucensis et « Vratisclaviensis. »
Cet article parle évidemment d'un prélat dont l'auteur cité ne connaissait pas le nom
qn'il a laissé pointillé, lequel, né à Cronenboorg dans Fancien Luxembourg, fut Docteur en Théologie , etc. , et qui florissait ou bien mourut en 1633. Ayec ces seuls renseignements il nous a été impossible de composer une Biographie.
Viri mnslrcfl, I, No 64.
CRUDEL, Jean, aussi écrit iTrud^/ et Crtdelle par l'auteur du manuscrit des Viri illustres, qui rappelle ce personnage dans les termes suivants : « Joannes Cridelle Luxemburgensis civis filius J. U. Doctor primo professer juris Cassarei in Garolina l^rag» indè cancellarius ordinis Sti Joannis melitensium et consiliarius appellationum régis Bohemiae, postremo consiliarius aulicus imperialis Ferdinando III yalde aestimatus. ))
Crudel est mort en 1652.
Viri UlMtret, III, N« 857.^B«mTaoitfr, VUh 189, sq. — IViui. A WiLTBBia, Dif qoit. antiq. Hist Li\^ieaib^ 1. IL e. G.-^Ultblihc.^SS, — Paqobt, 69
CUNIBERT, Saints aussi nommé Humbert, est rappelé comme suit dans le manuscrit des Viri illustres : « Sanctus Cua nibertus , Arcbiepiscopus Coloniensis , «filius Comitis Gratto seu Crattensis in « Remich ad Mosellam. »
Les auteurs qui parlent de ce prélat s'accordent à le dire né en Âustrasie, sans désignation ultérieure du lieu de sa naissance. Celui di| manuscrit des Viri illustres est le seul qui indique cet endroit et qui dénomme son père. Il aura sans doute eu pour cela des preuves suffisantes, car son ouvrage qui est profondément pensé, donne toujours des notions très- exactes sur les faits qu'il rapporte ; son assertion peut donc être admise avec assez de certitude. Saint Cunibert naquit donc vraisemblablement à Remich, compris dans l'ancien pays d' Austrasie, d'une famille comtale et d'un père nommé Gratton, qui fut trèspieux, ajoutent les biographes. L'époque de sa naissance est unanimement rapportée dnx dernières années du règne de Ghildebert II (575 à 596). Et ce qui donne quelque probabilité de plus en faveur de
Tassertion du manuscrit ci-haut cité, c'est que Gunibert fut d'abord attaché à l'église de Trêves dont Remich ressortissait, puisqu'il y reçut le diaconat.
En 622 ou 623 il fut élu évéque de Gologne, le huitième en rang d'ordre, et il assista en 625 au concile de Rheims.
Quelque temps après le roi Dagobert le plaça à la tête de son Conseil, se servit utilement de ses avis et lui confia l'édu^ cation de son fils Sigebert qui fut roi d'Âustrasie, emplois dont, dit-on, il s'acquitta dignement. Après la mort de Dagobert, Cunibert partagea avec Pépin le gouvernement du royaume d'Austrasie et continua à être en crédit à la Cour tant que Sigebert vécut. Après la mort de ce dernier, Grimoald fils de Pépin ayant détrôné Dagobert fils de Sigebert pour lui substituer son propre fils Ghildebert, le ministre Cunibert se retira dans son évêché. Clovis JI, frère de Sigebert, et après lui Glovis III régnèrent seuls ; mais l'Austrasie ayant été donnée à Childeric, fils de Glovis II, l'évêque Gunibert rentra au gouvernement.
Ce personnage mourut le 12 novembre 663 et fut depuis révéré comme saint, bien que Ribadineira ne l'ait pas compris dans sa légende. De F)BlIer dit qu'il fut un ministre médiocre, mais un saint évéque.
viri ttlnttres, I, N^» I.-Xomii, III, 249 et 461. —De Fbulbi, DîcUoDnaire historique, litt. G.— BailutT, Viet des SaÎDt*; moic de novembre.— Biographie nnÎTerfeUei X, 358.
CUSA, Nicolas de, ou Cusanuê ^ est né le 6 novembre 1574 au village de Gués dans le Pays de Trêves , dont il a pris ce nom de Cusanus. On pourrait dès lors bésiter à un premier coup d'œil à regarder ce personnage comme appartenant à la Biographie luxembourgeoise; mais les fiiits positifs que nous avons recueillis sur lui prouvent absolument qu'il a passé la plus grande partie de sa vie dans notre Pays et qu'il y est mort. Nous n'dserions soutenir que ce Nicolas de Cusa ou Cusanus descend de la même famille que le fameux cardinal Cusanus ou Crebs
qui florissait plus d'un siècle avant lui et ayec lequel il a été plus d'une fois confondu par des auteurs superficiels.
Notre Nicolas de Cusa fut d'abord lecteur de Théologie à l'abbaye de S' Maximin de Trêves; puis il entra en 1601 dans la Compagnie des Jésuites à Luxembourg ou il demeura pendant trente-quatre ans et mourut, en odeur de Sainteté dit-on, le 20 avril 1636, victime de son dévouement à porter les consolations de la Religion aux pestiférés. Il a été inhumé dans l'église de son ordre à Luxembourg.
Le manuscrit des Vin illustres nous donne sur cet homme vraiment apostolique les intéressantes notions que nous allons transcrire: «1636. Nicolas Gusanus a pago « Archiepiscopatus Trevirensis ad Mosel- « lam sic agnominatus ex lectore S. Theo- « logiae apud S. Maximinum ad Treviros « factus societatis Jesu, vir per omnia Apos- (( tolicus 34 annos inhabitavit GoUegium « Luxemburgense et bnnc Ducatum ejus- « que viciniam incredibili labore indicibili « fructu et summâ sut estimatione , admi- « ratione et amore excoluit ac post perplu- « rimos Tractatus Catechisticos edidit Lice brum dictum Scholam disciplinas, die ((Zuchtschul in gallicum et Sclavonicum « ab aliis versum et tota Europa vulgatum, (cmortuus morbo contagioso, sepultus in (ctemplo Soc. Jesu cum opinione sancti- « tatis. »
Ce passage parle bien de plusieurs ouvrages sortis de la plume de ce zélé missionnaire ; mais il ne donne le titre que d'un seul qui semble avoir été son œuvre principale. Nous nous croyons donc en devoir d'ajouter à cet égard les renseignements suivants: Sa Schola Christiana, ou Zucbtschnle, a été d'abord publiée en allemand, en 1626. L'auteur y traite les principales questions catéchistiques , ainsi que celles qui ont rapport aux articles de foi qui ont été controversés. Elle a obtenu dans son temps beaucoup de vogue et a été souvent réimprimée. Elle plut même si fort au savant M eurisse , évéque de Madaure et suffragant de Metz, que
celui-ci ordonna par un mandement spécial à tous les curés du diocèse de la lire au prône au lieu de prêche. Jean Le Veneur, Jésuite comme Cusanus, l'a traduite en français ; l'auteur des Viri illustres ajoute qu'elle l'a également été en Slavon.
Cusanus composa en outre: La sagesse Chrétienne, SapienUaChristiana, qui forme pour ainsi dire un abrégé de la Schola christiana ; et : Le guide pour la vie chrétienne s Dux vitae , dans lequel il réfute les erreurs des hérétiques et établit la vérité de la foi catholique. La Bibliothèque de Luxembourg possède un : Catechismus Nicolai CvLsani, volume in 8^.
Enfin , un extrait de la Biographie de ce zélé prêtre , placé en tète d'une ancienne édition de sa Zuchtschule nous donne en outre les renseignements qui vont suivre: Entré en 1601 dans ta Société de Jésus , lorsque déjà il avait obtenu le bonnet de Docteur es arts et en écriture sainte, il ne prononça les quatre vœux solennels à l'ordre des Jésuites qu'en 1614.
Pendant toute sa vie il a montré une ardeur extrême pour prêcher la pénitence , à tel point qu'il n'épargna aucune peine pour enseigner dans les écoles , pour prêcher le matin dans la ville et pour , pendant l'après-diner , aller dans les villages se livrer de même à la prédication , affrontant la pluie, la chaleur, le froid, la soif et la faim. Pendant ses pérégrinations dans le Luxembourg, la Lorraine allemande et le Pays de Trêves il portait toujours avec lui des livres de prières, des chapelets, des catéchismes et des images qu'il distribuait à ceux qui répondaient bien à ses questions.
Il était très-sobre , se contentant des mets les plus grossiers , et voyageait toujours à pied. Les nuits il les passait couché sur la paille ou dans des granges de cultivateurs.
Vîri Ulattm, I, NMl». - As Hohtbuh, Historia TreTirensif diplomatica, III, 9S9.— StatUtiich-lopograpliiflche BeschreibuDg des Re(fiernn|{;B - Bezirl» Trier; dani > Adreti-Kalender, 1844, t6S.— Paoubt, e&^NAHOt, GaUl. Biblioth. Lnib;., 108.— Dcr
MMcIsIrom Ton Metz bif GoblenU, 309. — Neu- HAMH, Leê aaleurt luxembonrgeoit, 1856, S7. — Alu«ABi£, BibUolhcca f ocietatit Jesa, p. 3IS9.
CVSXj Pierre de, ou Cusanus, naquit ▼raisemblablement à Caes , comme leprécëdeot. Nous n'avons sur lui de renseignement que ce que Berlholet nous fournit quand il le dit Docteur et Prédicateur célèbre au couvent des Carmélites d'Arlon.
Il mourut en 1551.
Bbitoolbt, V, S9S.— V. Stiaibim, Hetrop. Eecl. TrcT. n, 44».
Cnssm; v. RUSSIM.
CUSTINE 5 famille de nom et d'armes, originaire à ce qu'il paraît du Pays de Liège oit elle avait son siège à quelques lieues de Dînant. La maison de Custine , connue depuis le douzième siècle porte :
écartelë , aux 1 et 4 d'ai^ent , à la bande de sable accompagnée de deux cottices de même, qui est Custine franc; aux 2 et 3 de sable , semé de fleurs de lys sans nombre , qui est Lombut.
Les de Custine se sont, il y a delà deux siècles environ, divisés en plusieurs branches dont celle dite d'Aufflance a acquis le titre de comte de Wiitz par mariage en 1666 d'un de ses membres, Christophe, avec Marguerite, héritière de cette terre et la dernière de son nom.
Plusieurs rejetons de cette maison ont mérité aux yeux de Fauteur des Viri illustres d'être placés parmi les illustrations luxembourgeoises. Nous allons les énumérer en exprimant nos regrets de n'avoir, malgré nos recherches, pu trouver sur eux aucun renseignement,
CUSTINE, François de, oncle de Louis et frère d'un second Louis qui suit, est mentionné dans le manuscrit des Viri iUustres : « Franciscus de Custine Dominus in « Afflantz Luxemburgicus, legioois equitum <i in Bohemia Tribunns , pro Cœsare stre- «nuus miles.» Il vivait en 1624.
Viri aiiutref, n, N« 164.- Fragment d'une gë- Béalogie de la maif on de CosUne.
CUSTINE, Louis de, est également cité
dans le manuscrit des Viri illustres : « Lu- «deviens de Custin (sic) Francisci frater «Dominus in Villerond Capitaneus pro rege « ob singularem virtutem militarem factus « gubernator viaudanus. y>
Les Lettres de commission dépêchées à Louis de Custine par le roi d'Espagne, portent la date du 26 mars 1630, et disent que «Louis de Custine, seigneur deVillers «le rond, du Conseil de guerre. Capitaine « de Cuirassiers, est nommé à l'état et office « d'Oberampmann-lieutenant des fiefs et sur- « intendant du comté de Vianden, seigneu- «ries de Dasbourg, St Vith, Botgenbach, «appartenances et dépendances, le tout en « récompense de ses loyaux services rendus «au sopverain. »
Là se bornent les données que nous avons sur ce personnage.
Viri Ulnslrefl, H, N« I6tf. — Fragment d'ane gënëalogie de la maison de Cnttine. — ArchÎTes de la 8oeiët< archéol. de Lnzembonrg.
CUSTINE, N. de. Nous n'avons sur ce personnage aucune donnée particuUère autre que le peu de lignes qui suivent et que nous empruntons au manuscrit des Viri «illustres : 1650 ..... de Custin Ludovici '«filins Dominus in Âfllantz et Villerond «Tribunns legionis Equestris pro rege « catholico. »
Viri Ulaitret, II, N» te6.--Fragment d'une géncalogie de la maison de Custine.— Arclii?ef de la Société arehéol.^de Luxembourg.
CYRILLE , le Père, naquit à Bastogne et entra chez les capucins à Ârlon oii il devint gardien. Le Père Cyrille s'était acquis la répuration d'un prédicateur éloquent et d'un religieux d'une vie exemplaire.
Il est mort en odeur de sainteté, le 4 octobre 1657. Un an après son décès il parût à Nancy un volume in S^ qu'il avait composé sous le titre de: Traité de la divine sagesse et contemplation des Chrétiens.
TuLLOTt Mémoires pour serrir à l'Histoire ci?ile et ecclésiastique du Pays de Luxembourg.^GLASBii, Catalogue de la bibliothèque de Luxembourg, 69 et
Dado, Saint; t. AUDOVON, Saint.
DAMEN, Henri, Docteur en Théologie et Président du collège dît d'Arras, attaché à l'ancienne université de Louyain.
Bien que nous ne possédions aucune donnée biographique sur ce personnage, que même nous ne sachions pas s'il a été luxembourgeois, nous nous sommes tu engagé à le mentionner dans cet ouvrage parceque par son acte de dernière volonté , rédigé en 1729, il a légué tout ce quMl possédait pour augmenter les bourses fondées par Nicolas Le Ruystre (v. Part. Ruystre).
KoLTXy Xanael des fondations de bonnet d*étodet , 489 et 495.
DAMS, Pierre-Ernest, fils de Charles Dams, hollandais ou brabançon d'origine, et de Catherine Greyveldinger , est né à Remich, le 14 septembre 1794.
Après avoir terminé ses études préliminaires au collège de Trêves il se rendit à Bruxelles oii il suivit les cours de Técole de droit et obtint le grade de licencié en 1817, après avoir défendu une thèse: De condictione indebili.
Dams n'a jamais figuré sur le tableau des avocats du pays. En 1824 ou 1825 il fut nommé juge de paix du canton de Grevenmacher, et conserva ces fonctions jusqu'en 1830. Lorsqu'après les événements politiques de Bruxelles son collègue du canton de Remich eut donné sa démission par attachement pour la famille régnante. Dams, qui partageait les principes proclamés parla révolution belge, fut transféré à Remich : Il occupa cette magistrature jusqu'à la reprise de possession du territoire dit cédé, en 1839. 11 fit aussi et entretemps partie du congrès , puis de . la législature belge , où cependant il ne s'est pas beaucoup fait remarquer. Resté veuf en 1836 , il quitta la carrière politique
pour se consacrer exclusivement au soio de ses affaires domestiques et à l'exercice de ses fonctions de magistrat.
Dams aimait son pays et nourrissait surtout une suprême aversion contre toute tentative pour le reconnaître comme faisant partie de l'Allemagne. Pénétré de cette idée fixe, qui du reste a pendant très-longtemps été partagée par ce que le Luxembourg avait de citoyens qui se croyaient le mieux intentionnés, il fit tous ses efforts pour empêcher en 1841 Taccession du Grand-Duché à l'Union douanière allemande. Dans cette intention il publia au mois de mai de cette même année une brochure de 93 pages in 8^, sous le titre suivant: Quelles sont les relations eommerdaies qui conviennent au Grand- Duché de Luxembourg ? Arlon , Laurent.
Il y établissait , péremptoirement croyaitil, que l'alliance commerciale la plus iatime avec la Belgique pourrait seule sauver nos industries nationales et satisfaire k nos besoins , tandis qu'un traité avec l'Allemagne ne pourrait que miner notre com* merce et anéantir nos fabriques.
En 1848 il publia une autre brochure politique intitulée : Ein Wort an dos Luxemburger Volck; in 12.
Dans ces deux compositions Dams a montré qu'il était de bonne foi. S'il s'est trompé quant à l'objet de sa première publication , on ne doit pas le lui imputer à reproche , parceque sa manière de voir était alors généralement admise dans le Pays, et ce n'a pu être que par l'effet d'une expérience pratique longtemps éprouvée que le public a été détrompé de son préjugé anti-germanique sous le rapport commercial. La seconde fut Tœuvre des circonstances de l'époque oii elle a vu le jour: l'exaltation y domine*
Gomme homme politique , Dams a su se faire remarquer par le bon , le généreux roi Guillaume II qui Tadjoignit à la commission des neuf luxembourgeois qu'il chargea d'élaborer le projet de Constitution d'Etats de 1848 : Il se rendit en conséquence à La Haye ayec ses collègues et travailla actiyement avec eux à acquérir à sa patrie des institutions politiques aussi libérales que les circonstances du moment pouTaient le permettre. Sa Majesté voulant récompenser le zèle que cette commission avait montré dans cette circonstance, accorda le 1*' janvier 1842 à chacun de ses membres la décoration de commandeur de Tordre national luxembourgeois de la Couronne de Chêne, institué quatre jours auparavant. Il fut de plus désigné membre des Etats pour représenter le canton de Remich dans la première nomination qup le Souverain s'était réservée ; et dans les six sessions pendant lesquelles les institutions de 1841 demeurèrent en vigueur il sut constamment faire entendre sa voix pour soutenir les intérêts matériels et moraux de ses compatriotes.
En 1848 les électeurs l'envoyèrent également à la Constituante ; et aux élections qui eurent lieu après la promulgation de la nouvelle Constitution il fut réélu membre de la Chambre des députés aux travaux de laquelle il assista assez régulièrement et jusqu'à ce qu'une maladie très-pénible l'éloigna forcément du corps législatif aussi bien que de son domicile pour le reléguer dans une maison de santé.
Dams avait en outre fait une étude approfondie de la science agricole vers laquelle semblait le porter la simplicité de ses goûts; il comptait parmi les agronomes les plus distingués du Grand-Duché et il excellait surtout dans l'art de créer des prairies par les irrigations. Son exemple a beaucoup contribué aux progrès de l'agriculture dans le Pays , par les améliorations notables qu'il a su introduire dans l'exploitation de sa propriété de Rec-
kinger-Hof, commune de Dalheim près de Remich.
Pierre-Ernest Dams est mort le 20 décembre 185 S , laissant en vie deux fils et autant de demoiselles.
SouTenin contemporaint.— Rcni eignemcato foarnîf . — Monitcar Del|re.—CSomptet- rendus des sessions des EUts du Grand-Dnehë.— IVahos, Catalogne de la Bibliothèque Lazembouig.
DÂUN, la famille de^ est une des plus anciennes maisons nobles qui figurent au nombre des vassaux des comtes et des ducs de Luxembourg, puisque quelques auteurs avancent que déjà elle était connue dès le dixième ou au moins le onzième siècle: Aussi la voyons-nous en l'année 1225 obtenir la charge de Maréchal héréditaire du Pays de Luxembourg. Daun portait : d'or , frété de gueules , de six pièces ; pour cimier un chapeau rond en pointe 9 couvert de feuilles de laurier de sable , attachées l'une sur l'autre ; ou suivant d'autres : un cygne d'argent , becqué de gueules entre deux vols de sable. Cette famille , dont sont issus plusieurs personnages distingués , avait son siège dans le Pays d'Eiifel et s'est plus tard fondue en partie dans celle des comtes de M anderscheid : une seule de ses branches fleurit encore en Autriche , honorée du titre de Comte du Saint-Empire.
BBaTHOUBT, passiss. — Uhgiscbuck. — Aa HoNTmin, Historia Tre?irensis diplonuitica ; passim. — Gesta TreTÎromn; passioiL — BiCascn , Eiflla illnstrata, I, part I, passias^^Notcs d'ëtodci.— Puaair, UI.
DAUN, Charles de, est mentionné comme suit par l'auteur du manuscrit des Viri illustres: «1635. Carolus a D'haun «Dominus in Sassenheim Coroli filins et ccipse Domini in Sassenheim Capitaneus « et pro rege Catholico gubernator aquisa granensis. »
Ce personnage a été marié à Agnès- Elisabeth Trips-de-Berge ; et sa mère, Marie-Agnès de Hagen avait hérité de la seigneurie de Sassenheim. Son père , Charles comme lui , était seigneur du dit Sassenheim , de Hollenfelt% et de Brande-
Tille , bailly à Bodemacher pour les mar-r quis de Bodemacher, etc.
Viri illa^tres, II , N» 162. — BiEBKH, Eiflia illoitraU de Schannat; T. I, pan I. Arbref de lî^ne, 11* XVIII.
DAUN ,. Henri de, seigneur de Deosborn, était fils de Jacques. En 1223 Henri de Daun fut créé premier Maréchal héréditaire de la noblesse du Luxembourg par la comtesse Ermesinde et son époux Waleram de Limbourg. Nous connaissons un acte du mois de février 1223 par lequel ce personnage déclare que le maréchalat lui a été conféré par la comtesse et le comte de Luxembourg et que pour cette charge ces derniers lui ont assigné cent livres de Metz à asseoir sur une terre dont il relèverait: Cette clause fut exécutée quelque temps après par Tacquisition que Henri de Daun fit de la seigneurie de Densborn sur la Kyll , qui fut annexée au Maréchalat ; d'oii ses successeurs prirent le titre de Maréchaux de Densborn.
Henri de Daun avait été marié à Gobilie de Linster et mourut en 1237 laissant deux fils , Richard qui fut maréchal après son père , et Henri, souche de la branche de sa maison dite de Zïewel.
PiEaatT, IIL - BaaTMLBT, IV, 566 et V, 10»,— BiBaicB, Eiflia îUiutrata, T. I, pan I, 39t, fq. 417, •q. et Uble gënëalo|riqne , n» XV. — Aa Hoxtbiim, Histor. Trerir. diplom. II ; pasf im. — Natet d'éludés.
•^ DAUN, Henri'RichardrLaurent, Comte de, troisième fils de Gnillaume-Jean-Ântoine et de Marie-Salomée , Baronne de Régall, était frère de Wiric-Philippe-Laurent qui aura son article.
Ce personnage avait d'abord embrassé Tétat ecclésiastique et était pourvu de canonicats à Cologne et à Breslau. Mais il résigna plus tard ces bénéfices pour embrasser la carrière militaire dans laquelle il parvint jusqu'au grade de Lieutenant- Feld-Maréchal et se distingua beaucoup comme général pendant les guerres de son époque. Il mourut en 1729 après avoir été marié deux fois : 1** avec Anne-
Cathérine de Sporck qui était déjà veuve de deux maris et qui ne lui donna aucune postérité. Cette dame est morte .en 1712.
En secondes noces il épousa Marie-Joséphine Yolande , comtesse de Payersberg, d'où deux fils et autant de filles.
BicatCH, Eiflia inuatraCa» T.I, pars I, 456; et Table génëal. XVII, i\
DAUN , Jacques , ou Jean-Jacques de, naquit pendant les premières années du dix-septième siècle. Il était, comme Charles dont nous avons parlé plus haut , un des huit fils, c'est-à-dire le quatrième, outre quatre filles de Charles de Daun , seigneur de Sanem ou Sassenheim et de Marie- Agnès de Hagen. Le manuscrit des Viri illustres lui a consacré l'article qui suit et dans lequel sont sommairement rappelés ses titres à la célébrité : (c Jacobus a D'haan (c Luxemburgensis ex antiqua lUustrissi- « morum Dominorum de Dhaun Gente fili- «us Caroli a Dhaun D' in Sassenheim, (( Eques ordinis Teutonici et magnus ejus- « dem per Régna et Hsereditarias province cias Caesaris Commendator. Creatus Co- «mes Commendator Dominationum Teu- « tonicarum Viennensis , Neostadiensis , « Graecentis et Dominicœ S*** Consiliarius « Archiepiscopi Moguntini Summus Prae- (cfectus stabuli Ser"' Archiducis Lepoldi.
«Ejusdem etiam et Caesaris Consiliarius « intimus. »
Nous croyons devoir ajouter à ce qui précède , en guise de commentaire , que le titre de comte du Saint-Empire qui fut concédé par l'Empereur Ferdinand III au Commandeur Jacques ou Jean-Jacques dont il est question ici , a également été donné et par les mêmes Lettres-patentes à son frère Philippe-Ernest, colonel au service d'Autriche (v. son art.) , et qu'il leur fut octroyé à eux et à leurs descendants de se dire : Comtes de et a Daun. , Cette branche fleurit encore dans les étals héréditaires de la maison d'Autriche.
ViriiUustres, I, I^<»98. — BjKaiCH, EiEia illastraU, T. I, pan I, 45»; et Table c^néaloc^qme , N^ XVIII. — Moacai, Sapplcment, II» 486i
DAUN, LéopoldrJosephrMarie, Comte de et as né k yienne en 1705, était fils puîné du comte Wiric-Philippe-Laurent (t. son art.) et de la comtesse Marie- Barbe de Herberstein. Il se titrait de Prince de Tiano, seigneur de Callenborn, Sassenheim, etc, général Feldmaréchal de Tempire, conseiller intime et ministre-d'Etat , chevalier de la Toison d'or et grand croix de Tordre de Marie- Thérèse.
Ce personnage s'acquit une gloire immense pendant la guerre que rAutriche soutint de 1737 à 1739 contre les Turcs:
il avait alors le grade de général. Dans les deux premières guerres de Silésie il se distingua en Bohême et à la conquête de la Bavière , et aida puissamment à refouler Tarmée française au-delà du Rhin.
Au commencement de la guerre de sept ans , en 1757, il fut nommé Feldmaréchal général et obtint le commandement en chef de Tarmée. Frédéric-le-grand venait d'entrer en Bohême et avait déjà mis le siège devant Prague lorsque Daun vint lui offrir la bataille , le 18 juin 1757 , près de Collin. Dans cette journée les armes autrichiennes curent le dessus et les prussiens furent forcés de battre en retraite et d'évacuer la Bohême. Cependant le bonheur sembla vouloir le quitter près de Lenthen et de Torgau ; mais il prit bientôt sa revanche d'une manière brillante dans la surprise qu'il exécuta pendant la nuit du 14 octobre 1758, près de Hochkirchen oii il aurait anéanti l'armée prussienne si une colonne des siens n'était arrivée trop tard pour prendre part à ce glorieux fait d'armes. Le 21 novembre 1759 il fit prisonnier le corps d'armée du général Fink, près de Maxen. Ces exploits lui valurent l'estime la plus distinguée de la part de son prince, et Frédério-le-grand lui-même, dont par de prudentes lenteurs il déjoua si souvent les plans hardis, ne refusa pas sa juste admiration aux talents guerriers de son adversaire.
Le comte de Daun se rendit en outre recommandable par les heureuses améliorations qu'il introduisit dans l'organisa-
tion de l'infanterie autrichienne. Ce grand homme mourut en 1766 , laissant de son épouse, la comtesse Marie-Joséphine de Fuchs^ deux fils et une fille.
BiBmiCH, Eîflia illostraU, T. I, pan I, 437; et Table gënéal. XVII, ir^ — GouaTiii, Eocyclopédie moderne, VIII , 115, sq. — fiioc;raphie ouiTerselle, X, «S77, sqq.
DAUN, Philippe-Ernest de, fils de Charles , seigneur de Sassenheim , etc. , et de Marie-Agnès de Ilagen, conséquemment frère de Charles qui a son article, est mentionné dans le manuscrit des Viri illustres : « Philippus a D'haun filius ejus- ((dem prioris Caroli senioris Luxembur- «gicus Dominus in Kallenborn et Daun «Tribunus militum pro Liga Catholica « Gubernator et Commendans arcis Starce ckenburg et Trarbach quam cinctus unce dique Suevis servavit intactam.»
En 1670, Philippe-Ernest avait le grade de Colonel au service autrichien, et mourut l'année suivante. Il s'était marié à Marie- Ursule de Groschlag-de-Diepurg, décédée vingt -huit ans avant son mari auquel elle avait donné deux fils, Guillaume- Jean-Antoine et Charles-Frédéric.
Le corps du colonel Philippe-Ernest de Daun fut ramené à Daun pour être déposé dans le caveau de sa maison , dans l'église pareissiale, à côté de ceux de son épouse et de ses ancêtres. Voici leur épitaphe :
a Es ruhet allhier Philipp Ernst Graf « und Herrn zu Daun, dero Rœm. Kays.
4kMaj. Obrister zu Fusz ^ und seine <iGemaklin Maria-Ursula gebohrne von M Groschlag Freyin, denen Gott eine frœh- « liche Auferstehung verleihen wolle. Dieser <i Philipp Ernst entstammet von Reiehardo 4( den juengem Herrn zu Dune oder Daun, «welcher zur Unterscheidung seines Bru- <i dern Richardi als œltem Herrn zu Dune « oder Daun, die Lilien in den Gatter zu « den Ersten zu fuehren angefangen hat, awie es dazumahlen und jetzt in den 4( Niederlanden und Frankreich gebrceuch- <ilich ist, das die juengere ihre Wappen « esquarleliren muessen.
« Ist gestorben in dem Monat Januar «1671. Sie im Monat Aprill 1643.»
Vin Ulnttres, II, N<> 165. — Bmich, EiflUillnftrftta, I, pan I, 43tt. -* Hoasai , Sapplëmeat, II, 486. — Notes d'ëtodei .
DAUN, Richard de, fils de Jacques de Daun , et frère de Henri (t. son art.) le premier maréchal de la noblesse, était en grande réputation de science et de sagesse, lorsque en 1245 une partie du chapitre de Worms le nomma à Tévéché de ce nom en remplacement de Tévéque Conrad qui venait de mourir. Cette nomination fut ratifiée par le légat du Saint- Siège, tandis que l'autre partie du chapitre avait désigné le Rougrave Evrard de Baunberg pour cette dignité. Les bourgeois de Worms voyant cette scission et voulant peut-être s'épargner toute querelle possible par leur adhésion à Tune ou à l'autre élection , fermèrent les portes de la ville aux deux élus à la fois, jusqu'à ce que la contestation eut été décidée d'un côté ou de l'autre. À la fin , Richard de Daun l'emporta sur son compétiteur et prit possession de son évéché avec la protection du comte de Hollande, le 21 février 1247.
Il administra le diocèse pendant dix ans avec gloire et mourut le 7 novembre 1257.
Il a été inhumé dans sa cathédrale, devant l'autel de la S^ Croix où son nom seul :
RiCHARDUS EpISGOPUS,
en guise d'épitaphe , rappelle sa mémoire.
BiATaoLBT» VI, I5S. — BiBatcB, Eillia illaffaraU, T. I, pani, 416, tq.
DAUN, Urold ou Urolde de, était vraisemblablement fils de Guillaume, seigneur de Daun que l'on dit avoir assisté en 968 aux tournois de Mersebourg. Ce personnage que toutes les chroniques de l'abbaye de Prum disent issu de l'antique maison de Daun, entra dans cette abbaye 011 il succéda vers les commencements du onzième siècle à l'abbé Immon, né des comtes de Spanheim et mort en 1009.
Urold de Daun est cité pour avoir fondé en 1016 ou 1017 la Collégiale de douze chanoines-chapelains de l'abbé, qu'il at-
tacha à son monastère. Cette collégiale a subsisté jusqu'à la suppression des maisons religieuses.
L'abbé Urold mourut en 1018 et fut enterré dans l'église qu'il avait fait construire ; on lui plaça cette épitaphe :
SUBJECTO TCMULO TEMPLI
Hujus STRUCTOR VROLDUS conditus est habitis fdneris
exequiis
Dhuna progenitus Prumiensi
Mensibus Octo
Et CbNTUM EcCLESIiE PR.£FUIT ÂBBA PATER.
Si cette inscription est vraie, Urolde a gouverné l'abbaye de Prum pendant neuf années entières; il a conséquemment été élu en l'année 1009 comme nous l'avons dit plus haut.
BiaTaoLBT, II ,* P. J. XIL — KxAvrr, Defeuie imperialis, libene et eiempUe Abbatie SanctÎMiiBi Sal?aUiris PmmiensU, 44. — D^aicH, Eiflla iiiii*^ traU, T.I, pani, 404.
DAUN , Wiric-Philippe-Laurents comte de, était fils aine de Guillaume-Jean- Antoine de Daun, conseiller intime et général Feld-Zeugmeister au service d'Autriche et de Marie Salomée , Baronne de Regall. De son côté, Guillaume- Jean- Antoine était l'ainé des fils du comte Philippe-Ernest (v. son art.).
Ce personnage se titrait de comte de et à Daun, Prince de Tiano, seigneur de Sassenheim, Callenborn, Éikesdorf, Pellendorf et Neubau , chevalier de la Toison d'or. Conseiller intime de l'Empereur, Gouverneur de l'Etat de Milan, Colonel Général Feld-Maréchal et Feld- Zeugmeister général. Colonel d'un régiment d'infanterie et Commandant de la Tille impériale de Vienne.
Le général comte Wiric-Philippe-Laurent de Daun s'est rendu très^lèbre pendant la guerre pour la succession au trdne d'Espagne. En 1706 il défendit Turin et fut pendant quelque temps vice-roi de Naples : Il obtint dans cette ville la principauté de Tiano ainsi que l'Ordre de la Toison d'or. Cependant vers la fin de sa
vie il tomba en disgrâce sans toutefois perdre ses emplois, et monrut en 1741, laissant de Marie-Barbe, comtesse de Herberstein trois jQls et une fille: Ferdinand ^Henri, Richard j Léopold- Joseph - Marie (?• son art.), et Joséphine.
BiUfCB, Eiflia illnitrate, I, pan I, 456; et Table gCDëaL XVII, ▼<>.
DEEL, Jean-Guillaume^ né à St. Vith en 1657, prit la licence en théologie, se fit Jésuite et devint prédicateur à la Cour de Chrétien-Auguste, duc de Saxe.
Dès sa plus tendre enfance, Jean-Guillaume Deel se faisait remarquer par son assiduité à Tétude. Il suivit d'abord Técole de sa ville natale et s'y rendit assez fort pour pouvoir être admis dans la seconde classe de grammaire au collège des Jésuites de Dusseldorf. Il alla ensuite à Cologne suivre le collège des Jésuites, où il remporta la première année jusqu'à quatorze prix. Il entra enfin en théologie et fut ordonné prêtre. Appelé à la cour de Chrétien- Auguste, duc de Saxe, il s'y fit remarquer par ses connaissances étendues et variées.
On a de lui : i"* Praesagia honoris : — S^ Altare Christi augustum; — 5"" RuU versibus exarata; — 4** Fops vivus; — 5** Vallis exaltata; 1703; — tf^ MVnDVs CorVsCans (Chronogr. de 1715).
Il est mort à 64 ans, le 13 juin 1721, vicaire à la cathédrale ainsi qu'à l'église de S te. Ursule à Cologne. Par son testament, en date du 12 février 1721, Jean-Guillaume Deel légua tous ses biens pour en constituer des rentes perpétuelles, d'abord en faveur de ses agnats jusqu'au septième degré, ensuite des jeunes gens de la ville de St. Vith, à leur défaut de ceux de la paroisse , de la prévôté , et finalement du Pays de Luxembourg. Ces revenus, après en avoir employé une partie à des œuvres pies, sont destinés à la fondation de bourses d'études attachées au collège de St. Laurent à Cologne, ou bien à celui des Jésuites de Luxembourg. La jouissance est limitée aux années humanitaires , la philosophie comprise ; et en cas de pro-
grès marqués elle peut être prolongée de quatre ans pour la Théologie ou le droit.
Il existe de nos jours à Cologne quatre bourses de cette fondation, chacune au revenu de 292 fr. 50 centimes.
BiBascB, Eillia iUatt?ata, T. S, para II, sectio I, 41. — HAaTZBUM , Bibliotheca colonieiuù» 3i7, sq.
— NiDBARa , - Leê auteurs laxembourgeoif , 38. — BiANCO, Die ehemalige UnîveraiUt ond die Gymnasîen zu K5la ; 9* partie. — Koltz , Manuel des bounes d'Etudes; 479, sqqq.
Dbjong, Célestin, v. JONG, Célestinde.
DENIS, dit de Luxembourg, naquit vraisemblablement dans la ville de ce nom.
La date de sa naissance doit être rapportée au premier quart du dix -septième siècle. Denis se fit capucin à Cochem et devint Gardien de son monastère. Il avait acquis de la renommée par ses prédications et ses ouvrages et mourut à Mayence , le 11 février 1680, ou suivant d'antres 1703.
Il a écrit les œuvres dont les titres suivent : V Vita Ante-Christi ; Francfort, 1682 ;—^ Calendarium Marianum ; Augsbourg, 1695 ; — 5° Liber de IV novissimis ; 1685 ; — 4^ Thésaurus Doctrinœ Catholicœ; Augsbourg, 1697 ; — &^ Aurea legenda de Deo et B. Virgine ; Francfort, 1697 ; — 6"* Martyrologium ; Augsbourg, 1700 ; — 7® Legenda Sanctorum ; Francfort, 1703 à 1717; — 8** Sermones; Cologne, 1715. — P® et itf** deux livres de prières.
Tons ces ouvrages sont écrits en aUemand ; mais comme nous n'avons pu en donner les titres que d'après le latin d'Hieroth, nous lea avons copiés dans cette langue.
BianoLBT, VUI, 190. — PiEaaiT, I, fol. LXIV.
— Nbubann, Les auteors luxembourgeois» 36.
DENIS, Antoine, natif de la petite ville de Durbuy, a fait imprimer en 1571 :
Scolia in universam Cornelii Valerii syntaxim.
D. GALHBT^Biblioth. lorr. — Neumahv, Les auteurs luxembourgeois» 18.
DESONKEUX, Jean, est né à Verviers, en 1655. Il fit ses études à Liège et dé-
dia ses thèses sur la philosophie, qu'il soutint au séminaire de cette ville , au comte Ferdinand de Linden , gouterneur de Franchimont. Il entra ensuite, en 1681, à Fabaye de St. Hubert oii il fit sa profession religieuse et prit le nom de Dor^ Àdalrie.
En 1687 il fut professeur de philosophie dans son monastère et vint prêcher à Luxembourg en présence de Louis XIV qu'il avait été chargé de complimenter au nom de la province. Après la mort de Jean-Louis d'Elderen, évéque de Liège, il fut chargé en 1694 de se rendre k la Cour de Vienne avec le titre de coadjuteur , pour mettre Fabbaye de St. Hubert sous la protection spéciale de TEmpereur. Plus tard il fut encore dépoté par sa maison pour assister aux cérémonies et aux fêtes qui eurent lieu à Toccasion de l'élection du prince Josepb-Clément de Bavière en qualité d'évéque de Liège. A son retour il fut attaqué d'une fièvre violente qui l'enleva en peu de jours (1694).
Dom Adalric, disent les mémoires du temps, était un homme d'une vaste érudition et d'un profond savoir, grand ami du prince Joseph-Clément comme il l'avait été de son prédécesseur, l'évéque Jean- Louis d'Elderen.
O* BB Bsc-BB-LiiT», Biognpilie Uéçtolte, 11,314.
DETERME , Jean-Baptiste y est né à Sonlez, commune moderne de Doncols au canton de Wiltz, pendant la première moitié du dix-huitième siècle. Son père qui était charron et sans fortnne, voulut lui apprendre son métier ; mais le jeune Determe se rebuta bientôt et ne voulut plus travailler. Alors le père, pour corriger cette mauvaiie tête, comme il disait, le força à aller garder les porcs du village. Cet état pas plus que celui de charron ne sut plaire au jeune homme qui, un beau matin fit son paquet et partit de la maison paternelle, disant qu'il voulait aller voir si ailleurs jl ne trouverait pas à vivre plus facilement : il avait alors une dixaine d'années. Son père qui ne croyait pas à ce dé-
part annoncé, ni surtout à la résolution absolue de son fils de le quitter, n'y mit pas d'obstacle. Il pensait d'ailleurs que cette absence ne durerait que quelques jours et pourrait servir d'une bonne leçon destinée à corriger la paresse de Jean -Baptiste.
Mais il se trompait ; car aussitôt que Determe eut franchi les limites de son village il se dirigea vers l'Allemagne oii il vécmt d'abord d'aumônes qu'il demandait de porte en porte , lorsque un jour, planté devant un château dont le nom nous est resté inconnu, il se mit à l'admirer et à exclamer en poussant un profond soupir : Comment se peut-il donc qu'il y aît au monde des gens si heureux et si comblés de richesses, tandis que moi et les miens nous n'avons rien ? Le seigneur du lieu l'avait entendu, paralt-il , car il le fit aussitôt appeler et introduire dans un somptueux salon. Le jeune homme avait une figure avenante, beaucoup de feu dans l'œil et, même sous ses haillons, un port dégagé. La présence du Baron et les richesses qu'il voyait étalées à ses yeux ne parurent pas l'intimider, pas plus que les questions que le seigneur lui fit; il répondit à toutes, dans son jargon mi-allemand mi-wallon comme on le parle encore aujourd'hui dans son village. Il fit avec aisance le récit de ses aventures et sut plaire d'abord, parcequ'il y avait dans son organe un je ne sais quoi, comme disait Fénélon, qui prévenait en sa faveur et qui porta le baron allemand à lui proposer de rester chez lui pour devenir le camarade et le compagnon de jeux de ses deux fils qui avaient à peu près le même âge. DiBterme accepta avec empressement. Aussitôt ses haillons, qu'il conserva soigneusement pendant toute sa vie, furent échangés contre des habits convenables et on l'installa dans la compagnie des jeunes barons. Il ne les quittait pas un instant, partageant avec eux leurs études et leurs récréations. Naturellement doué d'une intelligence infiniment au-dessus de son âge, Jean-Baptiste Determe eut bientôt fait disparaître la distance qui existait au moment de son entrée entre leurs connais-
saaces déjà acquises et sa profonde ignorance ; car il n'avait pas même appris a lire chez ses parents. Après deux ans de séjour chez son liienfaiteur il avait égalé en science les fils de ce dernier; et, continuant à faire des progrès dans des proportions aussi extraordinaires, il se trouva bientôt à même, par des études particulières qu'il faisait sans maître , de remplacer les professeurs qui jusque-là avaient dirigé Finstruction de ses deux camarades. Le vieux baron voyant ces succès étonnants chez son protégé, fut heureux de le traiter à Tégal de ses propres fils, le prenant avec lui partout 011 il allait.
L'époque oii ses enfants devaient partir pour rUniversité était arrivée, et Determe les accompagna , d'abord à Prague ensuite à Vienne , oii il suivit comme eux les cours de philosophie et de droit, et, en outre lui, il fréquenta les leçons de théologie parcequ'il se sentait une vocation trèsdécidée pour entrer dans les ordres. Les jeunes barons quittèrent TUniversité après quelques années de séjour à Vienne, pour retourner chez leur père. Ils voulurent emmener Determe. Mais celui-ci fit tant d'instances auprès de son protecteur, qu'il honorait comme un père , que ce dernier consentit à lui permettre de rester pour achever sa théologie et prendre le bonnet de Docteur dans cette faculté comme il l'ayait déjà obtenu $ummi$ cum latidiius et eximiis cum konoribus dans celles de philosophie et de droit.
Determe resté seul à Vienne étudiait nuit et jour ; de façon que , au bout d'une année il se crut en état de subir l'épreuve du doctorat. Tout Vienne se rendit à cette cérémonie à laquelle il ne manqua pour la rendre brillante aux yeux du récipiendaire , que la présence de son vénérable bienfaiteur ; mais il venait de mourir ; et ses deux fils , entrés à l'armée depuis quelque temps, étaient en garnison dans les Pays-Bas.
Peu de temps après Determe obtint la prêtrise , et le premier sacrifice qu'il offrit à Dieu fut pour le repos de l'âme
de son protecteur : Les prémices sont d'or*^ dinaire chantés en actions de grâces ; celles de Determe furent une messe de requiem.
La grande réputation de science que Determe s'était acquise ne tarda pas à parvenir aux oreilles de Tlmpératrice- Reine Marie-Thérèse qui , l'ayant entendu prêcher à la cathédrale, le nomma son confesseur ordinaire et celui de son fils Joseph If , fonctions qu'il remplit jusqu'à son décès : Joseph II l'avait pris en singulière affection , à tel point qu'il le prit pour son commensal de tous les jours et qu'il l'invitait à la cour dans toutes les réunions les plus intimes. L'empereur se plaisait surtout à l'entretenir et à entamer avec lui des discussions scientifiques et philosophiques.
D'an autre côté, le chapitre de Vienne ne voulut pas rester en arrière dans les distinctions honorifiques qui étaient dues à cet homme vraiment extraordinaire : il le nomma Grand-Chantre de la cathédrale, une des dignités les plus éminentes. Cette décision ne tarda cependant pas à occar sionner des murmures de la part de quelques prélats qui, entichés de leurs quartiers nobiliaires, criaient à l'abus parcequ'on avait admis à ce Chapitre-noble un personnage d'extraction roturière. Determe , en homme habile , trouva Caicile* ment un expédient plausible , et cela dans son nom même : il le sépara en deux et le fit passer pour noble par la première syllabe: De Terme. Il fit plus, il se fit peindre et placer à ses côtés un écusson au champ d'argent, à la pyramide quadrangulaire d'azur accompagnée en chef de sept étoiles d'or.
Le stratagème passa, inapperçu peutêtre pour ceux de ses honorables collègues qui se taraient de leur naissance ; et pour les autres personnes il dut sembler ingénieusement inventé pour ramener la paix d'une manière inoffensive: car Determe ne cacha jamais à personne l'humilité de son extraction , puisque entr'autres il fit venir chez lui son vieux père et sa sœur qu^il garda l'un et l'autre jusqu'à son
décès. Son père, qui fut plus d'une fois invité à la Cour par l'Empereur , porta toute sa yie des habits taillés comme il les avait eus dans son village, mais en drap fin. Son portrait^ fine peinture de grandeur naturelle, le représente tenant à la main une petite pipe en terre commune , pareille à celles de nos villageois.
Dans les lettres que Determe écrivait à sa famille de Sonlez où il avait laissé un frère, on ne sait vraiment si on doit plus admirer la correction et la simplicité du style que les belles pensées dont elles sont remplies.
Determe est mort à Tâge de quarante* cinq ans, entre les années 1780 et 1785.
Il a légué son portrait avec ceux de son père et de sa sœur , ainsi que sa fortune à sa famille de Sonlez. Il n'a rien écrit, que nous sachions ; et si nous le plaçons au nombre des illustrations du Luxembourg c'est bien à cause de la manière extraordinaire avec laquelle il est parvenu dans le monde à un si haut degré de science et d'honneurs. L'église de Sonlez ainsi que sa famille possèdent un grand nombre de reliques authentiques qu'il leur a envoyées.
Cette église a aussi de beaux ornements sacerdotaux dont il lui a fait cadeau.
Notes de la famUle Determe. — Correspondances de ë. B. Determe. — Renseignements communiqués.
DETTËN, Maurice^ né à Munster en Westphalie, le 22 septembre 1767, appartient au pays de Luxembourg parcequ'il y a passé une grande partie de sa vie et s'y est rendu recommandable par ses services civiques comme par ses vastes connaissances.
Après qu'il eut terminé ^es études et pris à l'Université de sa ville natale le grade de Docteur en médecine, Tarchiduc Maximilien-François, électeur de Cologne et évéque de Munster lui confia en 1795 la chaire de physiologie attachée à la même Université, oii il publia plusieurs ouvrages de médecine dont les titres nous sont restés inconnus.
Après la conquête française il vint habi-
ter le Luxembourg et obtint, par décret impérial du 19 avril 1804, le permis d'exercer Fart de guérir dans toute l'étendue de FEmpire français : En 1806 nous le voyons domicilié dans notre capitale et l'année suivante il Tétait à Echternach qu'il n'a plus quitté et oii sa réputation comme médecin très-habile et comme un grand savant s'est conservée jusqu'à nos jours.
L'administration urbaine d'Echternach l'avait nommé médecin de l'hospice civil de cette ville et lui avait conféré la chaire d'histoire, de géographie, d'histoire naturelle et de littérature allemande au collège communal.
Par arrêté du 11 septembre 1818, le roi des Pays-Bas l'avait appelé à faire partie de la Commission sanitaire ou médicale provinciale dès la création de ce corps dont il a continué à être membre jusqu'à son décès, arrivé le 30 avril 1829, à l'âge de 62 ans. Il avait épousé Anne-Barbe Noppenney, de Luxembourg, qui ne lui a donné aucune postérité.
Dès l'année de son entrée à la commission sanitaire du Grand-Duché, Detten publia une brochure remarquable pour son époque et intitulée : Einige Bemerkungen und Vorschlœge betre/fend da$ Médicinal' fjoesen im Groszherzoglhume Luxemhurg; in 8®. Comme professeur d'histoire à Echternach il avait également entrepris en 1825 d'éditer une suite de cahiers offrant le résumé de ses leçons , sous le titre de: Vorle$eau$zûge au$ der alten Geschichte; mais il n'en a été imprimé qu^un fascicule. Par diplôme du 20 décembre 1 820, la société rhénane d'histoire naturelle et de médecine l'avait admis aa nombre de ses membres correspondants.
Suivant une note de M. le Professeur Engling, le Docteur Detten aurait en outre publié : Vorschlag zu einem heilkundigen Unterrichtej ainsi que trois cahiers d'histoire universelle; mais nous avons lieu de croire que ces deux ouvrages ou au moins le premier sont les mêmes que ceux dont nous avons donné les titres plus haut.
Finalement il existe encore du même au-
tear une dissertation manuscrite sur la Rê-ligion ; mais il ne nous a pas été donné d'en reproduire exactement le titre.
Renseignements administratifs. -~ Mémorial administratif» année 1818, II, 699, et années suivantes i Listes des nédeeins, etc. -- Almanacbs du Pays; années 1808 à 18S9. - Naucs, Catal. Bibl. Luibg., S09, sq. — MuLLBt , Programme de Tceolc indusIrieUe d'£clitemacli, 18IS8, S9 à 51 ; 54 sq.
DEVERCY, Adr%en-Ca$%m%r-GTos$oty fils d'Edme-Claude*Grossot , capitaine au 65® régiment d'infanterie française et de Harie-Lonise Bergh, né à Luxembourg, le 1*' septembre 1804, lieutenant-colonel d'infanterie pensionné, chevalier de Tordre de Léopold , est décédé à Mons le 8 juillet 1859.
Après avoir pris part aux combats qui amenèrent l'indépendance de la Belgique en 1830, en qualité de sous-lieutenant au corps-franc luxembourgeois , • Devercy fut nommé successivement lieutenant, le 19 novembre 1830 , et capitaine quelque temps après. Admis dans Tarmée régulière avec le grade de capitaine de première classe au 2® régiment de chasseurs à pied le 30 septembre 1831 , il fut détaché au 1^ bataillon du corps des partisans du Limbourg le 18 juin 1833, et rentra au régiment le 15 août de Tannée suivante.
Promu au grade de major au 2® régiment de ligne , le 1*' août 1843 , il fut désigné pour servir au régiment d'élite, le 26 novembre 1846. Il obtint le brevet de lieutenant-colonel, pour servir an 12^ régiment de ligne, le 1*' février 1852, et Tannée suivante il fut appelé à commander provisoirement le 2* régiment de ligne.
Le lieutenant-colonel Devercy avait été placé dans la position de non-activité pour infirmités temporaires , depuis le 27 juin 1855 , lorsqu'il obtint sa retraite le 28 août de Tannée suivante.
Le capitaine os Knina, Iféerologe des officiers de Tarmée belge.
DHAM, B'Ham ou D'Hamm, Hubert, naquit à Bittbourg et florissait pendant la première moitié du dix-septième siècle.
Il était fils de Jean Dbam , clerc-juré de la ville de Bittbourg , et d'Anne de Wiltheim. Les variantes que Ton remarque dans la manière d'écrire le nom de famille de ce personnage proviennent apparemment de ce que son grand père , Nicolas Dham, ayant obtenu en 1626 des lettres d'anoblissement, ses descendants auront voulu syouter la particule nobiliaire, en plaçant une apostrophe entre la première et la seconde lettres.
Nicolas Dham portait : d'or , à la croix de gueules chargée de quatre anneletsd'or; et en cœur un château à trois tours. Cimier : deux trompes d'éléphant, gueules et or.
Hubert Dham, qui sut s'acquérir de la réputation comme diplomate, s'était marié avec une dame de Berlo , d'où entr'autres enfants Marguerite ou Marie-Anne Dham qui devint la première épouse de Jean- BapUste de Willheim, fils du Président Eustache de Wiltheim.
Plus tard nous trouvons encore plusieurs anoblissements ou confirmatioQS de noblesse accordés à des Dham qui étaient sans doute des descendants de Hubert; cependant il ne faut pas confondre cette famille avec celle de Daem , de Montmédy , qui fut également anoblie , mais en 1738 seulement.
L'auteur du manuscrit des Viri illustres parle de notre diplomate Hubert Dham dans les termes suivants: « 1642. Huber- « tus d'Haam Biedburgensis post comita- «tum Vienna in Hispaniam Cœsaris vicece oratorem consiliarius Ferdinandi II et « III Gœsarum residensque id est legatus « secundarius ad et apud Cardinalem In- «fantem Bruxellis quoad hîc vixit unde «Hamburgi apud urbes anseaticas mor- «tuus insulis Flandriae in profectione ad Leopoldum archiducem. »
Comme ce passage pourrait paraître un peu obscur , nous croyons devoir en donner ici une traduction beaucoup plus fidèle que celle que renferme notre Notice historique sur la famille de Wiltheim : Dham, Hubert, de Bittbourg, après avoir aecom-
pagDé depuis Vienne jusqu'en Espagne le vice-Consul de l'empereur, fut nommé conseiller des empereurs Ferdinand II et III, et leur résident auprès du cardinal-Infant à Bruxelles , tant que ce prince fut dans les Pays-Bas; puis envoyé en la même qualité près des villes anséatiques avec résidence à Hambourg. Il est mort à Lilleen-Flandre, pendant son voyage vers Tarchiduc Léopold.
Bertbolet, Pierret et Baersch disent qu'il mourut en 1643 ; les Vin illustres semblent admettre Tannée 1642.
Viri illustres, III, K^ SSI.-Nkyiii, Notice bUtoriqae sur U famille de IVIUlieim, fiS, Si et 5S. — BnraoLtT, VIII, 190. — Nobiliaire des Pays- Bas, II* partie, II, 78tf. — Usobscmuci.. — Pmasr, I , fol. LXIII. — ArclÛTes da Conseil proTÎnclal. » B^aiCH, Eiflia illastrata, T. III, pars I, sect I,
Donc, Saint i v. AUDOVON, St.
DOENER y Adam, est né à Rodersbausen, commune de Hosingen, le 15 avril 1802. Après avoir fait ses humanités chez son frère , alors curé de Hupperdange , il entra en 1821 au séminaire de Metz. En 1823 , à la séparation du pays de Luxembourg du diocèse de Metz pour être compris dans révéché de Namur il se rendit dans celui de cette dernière ville oii il fut consacré prêtre et nommé d^emblée curédesservànt de la petite mais bonne paroisse de Gymnée dans la province de Namur.
De Gymnée il fut transféré le 27 juin 1827 dans rimportante succursale de Dalheim au canton de Remich oii il est mort le 7 janvier 1859, à Fâge de près de 57 ans seulement.
Entièrement dévoué au service divin et à ses ouailles il ne laissa échapper aucune occasion pour leur donner Fexemple de toutes les vertus chrétiennes et civiles.
Ponctuel à remplir ses devoirs comme pasteur d'âmes il savait avec ce ton de persuasion qui entre si bien dans les vues de la morale évangélique corriger tous les abus qui se présentaient , comme avec une douceur sans faiblesse il ramenait les. égarés dans le chemin de la vertu. Aussi
s'était-il acquis en peu de temps un tel amour chez ses paroissiens et un tel ascendant sur tous les cœurs , qu'il lui suffisait de leur manifester ses désirs pour que de suite ils les remplissent , les prévenant même souvent. Jamais il ne s'éloignait de sa paroisse si ce n'était pour des affaires indispensables ; il ne délogeait pas non plus de crainte disait-il , que sa présence devenant nécessaire il ne pût remplir ses devoirs pastoraux ; en un mot toute la vie d'Adam Doener ne forme qu'un enchaînement d'actes de vertu et de dévouement pour ses ouailles. Et pour ne citer qu'un exemple de son influence sur tous: lorsqu'on 1848 quelques turbulents voulurent tenter d'exciter des troubles il se présenta devant eux les exhortant à rentrer tranquillement chez eux , et parvint au bout d'une heure à les appaiser.
D'un autre côté, les fouilles que sous les auspices du Gouvernement la société archéologique de Luxembourg fit instituer dans le camp romain près de Dalheim fournirent une heureuse occasion au bon curé Dœner pour donner de l'occupation à ceux de ses paroissiens qui n'avaient pas de travail: il les chargeait d'explorer le terrain et leur payait leurs journées. Par ce moyen il a hâté les travaux et puissamment aidé la société à conserver au Pays bien des restes précieux de l'antiquité.
Comme il possédait de vastes connaissances historiques il eut l'occasion d'entrer en relation littéraire aver. un grand nombre de savants tant laïques que prêtres^ Tous ses loisirs étaient du reste donnés à Fétude; et, dit-K)n, personne ne le vit jamais sans son bréviaire ou un autre livre à la main. Cet amour pour les connaissances fut d'un grand avantage pour la société archéologique dont il avait été nommé correspondant depuis la naissance de cette association (1846) ; car il fut un collaborateur zélé et instruit, résidant sur les lieux mêmes oii se faisaient de si colossales, recherches et de si riches découvertes.
Dœner avait lui-même réuni une belle collection de monnaies romaines trouvées au camp de Dalheim pendant les trente-
deux années qu'il y fut curé ; Dt il se proposait bien , dit-on , d'en faire cadeau au musée national si la mort ne l'avait prévenu avant qu'il n'en eût couché par écrit l'acte de donation : ses héritiers l'ont vendue à l'ancan.
A l'occasion de la pose solennelle , par S. M. le roi Guillaume III , protecteurné de la Société archéologique , de la première pierre du monument commémoratif an camp de Dalheim, le 28 mai 1855^ le curé Dœner eut l'honneur d'offrir au Souverain les hommages de ses paroissiens et de lui laisser comme souvenir de sa royale visite un Valentimen en or trouvé non loin de là. L'année précédente S.
A. R. la princesse Amélie des Pays-Bas avait de même daigné accepter de ses mains une bague romaine, également en or j pendant un dîner que cette Princesse et le Prince son époux étaient venus prendre chez lui.
Son acte de dernière volonté fut un nouveau témoignage de sa modestie comme de sa bienfaisance et de son amour pour l'avancement des bonnes études. Nous en
donnons ici un extrait : « Ich ver-
« mâche aile meine Buecher dem Seminar «von Luxemburg , einen silbernen Kelch «derKlrchevonRodershausen.— Ich ver- « mâche meinen Weier und den sie um- «gebenden Garten der Kirche von Dal- (cheim, unter der Bedingnisz dasz sie u jaehrlich drei Jahrmessen fner mich und «meine Bnteder Heinrich und Peter « singen lasse. — Ailes was die Fabrik der «Kirche von Dalheim mir bei meinem « Tode schuldig sein soUte, ist derselben «geschenkt, sodasz keine Rechnung «braucht gemacht zu werden.^-Ich be- «fehle dasz ich nur durch den Hrn.
« Dechanten von Remich begraben werde, «und dasz kein Begaengnisz fuer mich « gehalten werde.—Die Armen der Pfarre « erhalten am Tage meines Begrœbnisses «100 Fr.— Ich bitte meine lieben Pfarr- « kinder 6 Sonntage nach meinem Tode « nach der Vesper einen Rosenkranz fuer «mich zu beten. Ich meinte es gut mit «ihnen.»
M. l'abbé MuUer, Directeur de l'athénée de Luxembourg a composé son épitaphe en forme de chronogramme:
prVDens paVIt oVes CLarus pIetatb sa-
[CerOos ; soLBRs IngenIo GjssarIs effIgIes , pbrVIgIL HlsTORliE VbtbrIs sCrVtator
[oCbLLIs LUstraVIt.
D*âprèt la notice nécrologique du Profetteor Esiglirg; dBM:Publicot de U Soc. archëol. de Laxembonrg, T. XIV, p. XIV, tqqq. — ProcètTerbal de la pose de la f* pierre da moaaneot de Dalheim; dantt Mémorial da Grand-Onché, année iSiSiS, !l« partie.
DOMMAL^ Jean-Paulj est né à Luxembourg. Ce personnage nous serait resté intièrement inconnu sans la mention que le manuscrit des Viri illustres fait de lui ; et encore cette mention est-elle peut-être trop laconique: ^(Joannes PaulusDommal « Luxemburgensis yice Tribnnus Legionis «militum germanorum inde Gommendans «Arluni eam urbeœ tenuissimo praesidio «défendit contra Vice-Gomitem Tournai- <h cum sat magno Exercitu eam invadentem, « Seminarii Luxemburgensis fautor. »
Gomme aucune date n'est ajoutée à Tarticle que nous venons de transcrire, on pourrait être très en peine pour découvrir répoque oii Dommal a vécu, et pour savoir de quel siège d'Arlon l'auteur a voulu parler. Mais une circonstance vient heureusement lever toute incertitude & cet égard :
Dommal, outre qu'il a vaillamment défendu Arlon, a favorisé le petit-séminaire des Jésuites à Luxembourg. Or, cet établissement a été solidement constitué entre les années 1636 et 1640 ou 1650; et vers cette époque la ville d'Arlon n'a subi d'attaque qu'en 1647, au mois de septembre, où le maréchal de Turenne est venu en former le siège qu'il n'a levé que lorsqu'il apprit que le duc de Lorraine s'avançait pour le combattre. Turenne se retira à Mont-médy après avoir pris et pillé Virton ainsi que Mont-Quintin. Nous pouvons ainsi restituer également le nom du général ennemi, que l'auteur des Viri illustres avait
trop horriblement estropié en Toumaicus, pour qu'il f&t reconnaissable.
Dommal devient donc une illustration luxembourgeoise de la première moitié du dix-septième siècle.
Vin illastret, II, N» 173. — Notes d'étades. — D. Calhbt , Uistoire de Lorraine , III , col, 435.
DORION, Nicolas, est né vers Tannée 1676. Après avoir fait d'excellentes études il prit le degré de Docteur en Tbiéologie, s^engagea dans les ordres sacrés et devint curé de Ruette, près de Virton. L'Histoire n'a conservé aucune particularité sur les faits et gestes de cet estimable ecclésiastique qui, relégué dans son village , aura passé sa longue vie dans l'exercice évangélique du Saint-Ministère, à prêclier la morale du Christ et à visiter les malades ; mais surtout à veiller soigneusement à rinslruction de la jeunesse. Et c'est particulièrement sous ce dernier rapport qu'il s'est rendu recommandable à la postérité : En effet, vivant à une époque où généralement on n'apprenait pas même à lire, moins encore à écrire, le généreux curé Dorion entreprit de changer la face des choses sous ce point de vue, pour sa paroisse au moins. Il fit construire de ses propres deniers de vastes salles d'école, séparées pour les garçons et pour les filles, car il appréciait les inconvénients attachés & la réunion des sexes , et laissa par son testament, de l'année 1768, les fonds nécessaires pour fournir à l'entretien de deux institutrices religieuses, chargées de l'enseignement des filles exclusivement. Par un autre acte du 28 avril 1760, il avait déjà, au moyen du legs de plusieurs immeubles et fonds de terre , pourvu au traitement d'un maître d'école qui doit être célibataire, pour l'instruction des garçons ; et aujourd'hui encore aucun fonds ne manque au village pour faire fleurir les écoles et les pourvoir du matériel nécessaire. Non content de cela, cet homme vénérable à tous égards, fit construire à neuf la belle maison curiale qu'on voit encore dans cet endroit, ainsi qu'une autre maison pour les vicaires-marguilliers.
Le généreux fondateur avait disposé que l'administration de sa fondation et la collation des fonctions de maître d'école doivent appartenir au curé temporaire de Ruette, au Bourgmestre et au plus ancien membre en rang du conseil de fabrique de la paroisse.
Les ressources pour réaliser tant de bienfaits, le curé Dorion se les avait créées lui-même par ses économies. Il fait la relation des moyens qu'il avait employés à cet effet, dans son testament de l'année 1768 dont nous reproduisons le passage suivant, parcequ'il constitue un véritable modèle de charité chrétienne et de philanthropie éclairée: «Ayant, dit-il , dece puis plus de quarante années mûrement «examiné l'extrême et inexplicable con- « séquence qui est , que la jeunesse d'une «paroisse soit bien dressée et instruite, «mais surtout en la religion qui est la « source de tous bieps , et le manquement «d'icelle aussi la source de tous maux, « et que selon Toracle divin , l'on tient «ordinairement la voie que l'on a prise « dès sa jeunesse , comme on le voit par « les expériences journalières , et depuis « 46 ans que je réside en cette paroisse, «n'ayant, nonobstant tontes mes peines « et attentions , pu avoir le contentement « de voir la jeunesse enseignée selon mes
«intentions
« C'est pour ces raisons
«et dans ces vues que, m' étant réservé « et retranché dans tout et qui regarde ma i< nourriture et habillement y par modéra- « tion extraordinaire , j'ai épargné et mis « en réserve ce qui était nécessaire pour « acquérir des biens-fonds et permanents, «requis pour cet établissement et pour « donner un entretien honnête et chrétien «au maître d'école, etc./)
Là se réduisent nos renseignements sur le vertueux Nicolas Dorion ; nous regrettons bien de n'avoir pas été à même de donner à cet égard des détails ultérieurs.
Nous ajouterons seulement, que ses paroissiens reconnaissants ont élevé à leur bon curé un monument modeste , mais qui ne témoigne pas moins de leur gratitude.
Ce monument consiste en ane inscription placée au haut du chœur de Féglise paroissiale, et conçue en ces termes:
A LA MBHOIRB
DE Sire Nicolas D'Orion, Docteur
EN Théologie 9 Curé de Ruette,
DÉCÉDÉ LE 21 Janvier 1769, âgé