DE 94 ANS
Par V économie des seuls revenus de sa Cure il édifia la maison curiale, jardins et dépendances, a bâti la maison des Vicaires et Marguilliers s ayant augmenté cette fondation pour Véducation gratuite des garçons.
A laissé des fonds pour bâtir une maison et pour l'entretien de deux maîtresses d^école chargées de l'éducation gratuite des filles.
Dirigé par des vues salutaires, il a employé son zèle pour améliorer Véducation et préparer V avantage des générations futures de cette paroisse.
Priez Dieu pour luy.
Notei particalièref. — Renseiçoemeots ÉdmlDÎstratilli. — Exposé de là gitaation administrative de la profÎDCe de Luzemboarg , par le GooTemear Taoaa, i8S4, HT, sq.; et 1837, 48. — JToarnal officiel belçe, i** semestre de 1833.
DORVO, Hyacinthe-Madelaine, né à Rennes, en Bretagne, le 10 novembre 1768, mërite une place dans notre ouvrage parcequ'il a longtemps habité le vilhige de Tintigny oii il est mort il y a peu d'années. Dans sa longue carrière Doryo ne s'est occupé que de littérature dans laquelle il a obtenu plusieurs beaux succès. On a de lui : f ^ Le patriote du 10 ao&t. — 2^ Figaro de retour. — 5** La manie de se plaindre. — 4^ La paix. — S* L'après-souper de misanthrope et repentir. — 6^ Vernon et Kergalek ; Toutes pièces de théâtre en trois actes et en vers.
— 7* Les trois héritiers. — 8^ Le faux député. — 9^ Les jeunes femmes. — f tf* Les querelles du ménage. — iP La cousine Albert. — iS"" Frédéric à Spandau; drame en prose. — f J® Les exilés en Sibérie , en prose. — i4^ Je cherche mon
père; en vers; Toutes pièces en cinq actes. — f5" Les parents. — i<î* Le père ambitieux ; en vers. — iZ"* La haine de famille ; en prose. — 18° La mort de Duguesclin ; en 3 actes. — 19' L'enrieux ; en 5 actes et en vers. Ces deux dernières pièces ont été jouées au théâtre français.
— Romans : ^^''Mon histoire ou la tienne ; 3 vol. — 31^ Ainsi va le monde , ou les dangers de la séduction^ 4 vol. — SJT Plusieurs épitres, insérées dans: Les quatre Saisons littéraires et dans d'autres recueils.
— 25^ La fausse orpheline; drame inédit. — 84^ Poème sur la révolution française de 1830; dédié à Louis-Philippe et imprimé à Paris, en 1831.
VAiiOBaH jtLisi , Dictionnaire des Lommes de lettres» des sarants et des artistes de la Belgicfue, tf9.
DUBOIS, Natalis ou Noël, Docteur et Professeur-régent de Théologie, Président du Grand-Collège attaché à F Université de Louvain, vivait pendant les deux moitiés du dix-huitième siècle. 11 était natif de Durbuy, et eut, en 1708, Thonneur d'être proclamé primus à l'Université de Louvain.
Nous ne connaissons absolument rien de sa vie si ce n'est son testament en date du 22 avril 1757.
Par ce document il établit que : à son décès il veut que tous ses biens généralement quelconques, meubles et immeubles, rentes, cens, etc, soient divisés en deux portions égales, dont l'une destinée à fonder au Grand-Collège de Louvain ou près de tel autre établissement du même genre qu'il, pourra ultérieurement désigner en l'université de cette ville, deux bourses entières à la deuxième table, tant pour la philosophie au collège du Porc que pour la Théologie dans celui où la fondation sera établie, moyennant que chacune de ces bourses n'excède pas la valeur de deux cents florins de Brabant, & payer hors des revenus des biens légués.
Seront préférés pour être admis à la jouissance les parents du fondateur descendants de ses grand-père et grand-mère, s'ils sont capables , et ce jusqu'au cîn-
quième degré incloBiyement ; et à lear défaut des jeunes gens du pays de Luxem* bourg , de celui de Stayelot on de celui de Liège, selon Tordre qu'il admet dans la désignation de ces contrées. Par les mots pays de Liège il entend le côté Outre- Meuse de ce payS) yers le Luxembourg et le pays de Statelot. Pour obtenir ces stipendes pour Tétude de la Théologie, les boursiers devroot être promus en philosophie , an collège du Porc : la jouissance pour la faculté de Théologie est fixée à cinq ans ; et à sept si le boursier désire prendre la licence dans cette branche des connaissances humaines.
Le fondateur dispose en. outre que, pour le cas ou les reyenus affectés à cette fondation viendraient à dépasser les dépenses, le surplus servira à donner des gratifications jusqu'à concurrence de cent florins à de bons élèves promus de la faculté des arts à Louvain, ante médium totius promotionisj s'ils étudient la Théologie au collège où la fondation sera établie.
KoLTS, Mâoael des fondatioiw débourses d'ëtades; 418, sqqq. — Messager des seieaees historiqaes de Gand; 1855; 56i: Liste des prinus de LottTÛB, de i4S8 à 1786.
Dubois Nicolas f v. SILVIUS, Nicolas.
DuFAiNG, Gilles, V. FÂING, Gilles du.
DUHAIVURLIN, Pierre-JosepK né à Langlir , ancien élève de Fècole polytech* nique et ancien Bourgmestre de Vieil-Salm, se fixa plus tard à Houffalize. Duhaiviirlin est auteur de : i^ Considérations sur la perspective et le choix du point de vue;
Paris , Antoine Bailleul. — 3^ Traité sur Tarchitecture du moyen -ftge; avec 50 planches. — 5^ Recherches sur Torigine de la dénomination de Coupers, donnée aux habitants d'une partie des Ardennes ; Paris, Bailleul. Ces trois ouvrages, publiés entre 1804 et 1807, n'ont été tirés chacun qu'à cinquante exemplaires.
VàMWÊaMMiMMf OictioBiittre des à«mmcs de lettres, des saTsats et des artistes de la Belfi^ne» 64.
DUHONT, Henri, né à Izel, se fit recevoir Docteur en théologie et devint curé de Virton ou il mourut en 1620, avec la réputation d'un ecclésiastique exemplaire et d'un profond théologien. Dumont n'a rien fait imprimer; cependant il a composé un très-grand nombre de sermons écrits avec onction. Tous ses moments étaient consacrés à sa paroisse , à l'étude et à la prière. Le recueil de ses sermons est conservé par un de ses parents; ils mériteraient encore ai^ourd'hui de voir le jour malgré la profusion qui existe dans ce genre de publications. Le manuscrit des Viri illustres nous apprend enfin que Henri Dumont a fondé une bourse d'études dans un des collèges de Louvain: cette fondation existe encore.
Voici du reste l'article que Fauteur de cet ouvrage a consacré à ce digne prêtre :
« 1620. Henricus Dumont ex Izel pastor « in Vertonio S. Theologiae D' fùndavit «unam bnrsam Lovanii in CoUegio.»
Viri illostres, I, N* 60. — Notes eommuniquécs. — Expose de la situation du Luxembourg belge; 1854; tf7.
Es
EcuTERNACH, Mathios d' ; v. MA- •THIAS, dix d'Echternach.
EcHTBRNACH, Théodofic ou Thierry d'; V. THÉODORIC, dit d'Echternach. *
Eckenstbin; Valderode^Jean ti Pierre,
dits d'; V. VALDERODE, Jean et Pierre, dits d'Eckenstein.
EGIL, Egile, Egilo eiEgilon, né de la maison des Wildgraves^ comités sylvestres , fut élu vers 845 cinquième abbé de Prum , après le décès de Marcuard.
Il a été de même, et conjointement disent quelques annalistes, chargé de la direction de l'abbaye des Ardennes , nommée depuis 817 de St.-Hubert.
La prélature d'Egil à Prum a été signalée par un événement remarquable , la prise de rhabit religieux par l'empereur Lotfaaire , le 22 septembre 855 , six jours ayant sa mort. On prétend que cet acte fit sur l'esprit de cet abbé une si forte impression quil résigna peu de temps après sa dignité préférant yiyre dans Fobéissance plutôt que de commander pour avoir plus tard à rendre compte de la manière dont il aurait gouverné ses religieux.
Rentré dans la vie commune , Egil pensait user le reste de ses jours dans la prière et dans Télude, occupations pour lesquelles il se sentait une propension bien plus grande que pour l'autorité et les grandeurs. Aussi sa réputation de savoir et de prudence , jointe à celle de son extrême humilité ne manquèrent-elles pas de s'accroître par cette retraite volontaire à un point tel que les rois et les princes se sont souvent empressés de venir le consulter dans leurs affaires les plus délicates.
Cependant l'assertion des continuateurs de Moreri , qui , s'appuyant sans doute sur le crédit qu'Egil s'était acquis , prétendent d'après Fleury et d'autres auteurs, qu'il assista en 860 à l'assemblée des prélats que le roi Lothaire avait convoquée à Aix-la-Chapelle pour donner un semblant-droit à son projet de divorce avec la reine Thietberge son épouse, n'est pas, pour cela , positivement établie. 11 n'est guère à croire en effet, qu'un religieux aussi sage et aussi attaché au Saint-Siège aurait consenti à être présent lorsqu'on se proposait de prendre des résolutions dont le scandale devait susciter un schisme déplorable dans l'Eglise. Elle n'est pas plus vraie que la première cette autre assertion qui dit que Egil fut chargé par Lothaire et Charles-le-chauve , après leur entrevue à Attigny , d'être leur Ambassadeur commun à Rome, toujours dans l'affaire du divorce de Lothaire ; car si ce
dernier fiiit pouvait être établi, le premier ne le serait certainement pas, puisque leur réunion dénoterait chez ce grand homme une versatilité de caractère ou même une duplicité qu'il nous paraît difficile d'admettre chez un personnage aussi instruit et aussi profondément religieux.
Quoi qu'il en soit, et cette circonstance de la vie d'Egil vient encore appuyer ce que nous venons de dire , le siège de Sens étant venu à vaquer en l'année 865, par le décès de l'archevêque Vénilon , le roi Charles-le-chanve l'y fit nommer. On dit que le Pape Nicolas ne voulut d'abord ni confirmer ce choix ni envoyer le pallium au nouvel élu, se fondant sur ce qu'Egil avait été tiré d'un monastère et qu'il était prêtre étranger au diocèse, deux circonstances contraires aux canons. Cependant à la fin , les vives représentations qui furent faites au Souverain-Pontife sur les mérites transcendants et la sainteté de la vie d'Egil finirent par le faire revenir de sa première détermination ; et la confirmation de l'élection fut donnée avec le pallium, à la condition expresse néanmoins, ajoutent quelques auteurs, que le nouvel archevêque conserverait pendant son épiscopat toutes les pratiques de la vie monastique qu'il avait embrassée.
Egile vécut encore seize ans environ.
Il les passa & édifier ses ouailles par l'onction de ses prédications, par la pratique la plus exemplaire de ses fonctions épiscopales et par les sages règlements d'administration qu'il introduisit dans son diocèse. 11 est mort en Tannée 869, et a, dit Bertbolet, été inscrit au catalogue des saints.
Il fut^ para!t-il, enterré à Prum, puisque une tombe placée à côté de celle de Marquard (v. ce mot) son ami et son prédécesseur, portait l'épitaphe suivante :
Htc PATER ET NATUS RECUBANT
Marquardcs et Egil.
istius abbates ambo fubre loci
AhBOS HOS VBNIBNS JUDBX HÎC SUSCIPB JbSU.
BlANDUS CUSI JUSTIS PRiEMlA PLEKA DABIS.
KiAOPr, Oefensio abbatic pramienib , 41. — Bra-
TBOLiT, n, P. J. , Xn , et 388; m, S5S. — Hoit»,
Snpplëment, II , 6S7. — Nctbn , Dissertation intitulée: Araberlonz, ou Tancieu cIiÂteau d*Ainbra ad lacum, in Ardainâ, placé sur le territoire de notre moderne Amberlonx, et le monastère y fondé par Pépin; dans: Annales de la Société archéol. d*Arlon; 1854, iâ9,sqqq. — D. Calhkt, Histoire de lorraine; et {généralement les auteurs qni parlent do règne du roi Lothaire, entre les années 855 et 866. — v. SraAHaKBO, Metropolis Ecclesiae Trerericae, 1, 464, sq«
EICHORN, GeangoUj dit de Ralingen, da lieu de sa naissance, Rahlingen, canton actuel de Trèyes, non de Raling, Rahling français dans le canton de Rorbach. Le manuscrit des Vin illustres nous donne sur ce personnage qui doit avoir été éminent par ses vastes connaissances surtout, les seuls renseignements qu'il nous a été possible de recueillir sur lui. Voici le passage concernant : « 1654. Gangolfus Ralingius, (< ex pago Ralingen ubi fontes aciduli oriun- «tur patruelis Pétri Fisch — v. ce mot. — <( Episcopus Davaliensis suffraganeus Episce copi spirensis , ter , id est s. Theol. et J. U. Doctor Goncionatorque eximius. »
Bertholet se trompe lorsqu'il dit qu'il est né à Raville. En copiant Pierret il aura lu Rolingen pour Ralingen, et traduit ce Rolingen par Raville, ce dernier nom étant Yéritablemcnt rendu par Rolingen dans Tidiôme allemand. Du reste, Pierret avait fait preuve d'un peu de précipitation en nommant ce personnage simplement Geangou de Ralingen ; et Bertholet a copié cette faute de son original.
Il existe encore dans le village de Rahlingen un grand bâtiment que l'on dit avoir été sa maison paternelle , reconstruite par lui , et qui porte le milésime de 1626 avec les lettres B. R. L'église possède également de lui quelques ornements et un calice sur lequel on lit ces mots :
A.-. • Gaiygolfcs 0. g. Episcopus dava-
LI£NSIS SS. THEGLOGIiE J. U. DOCTOR, SUFFBAGANEUS ET YICARIUS GENERALIS SPI- RENSIS... COLLEGIATiE ECCLESIiG SS. GeRMA- NI ET MaURITII LEGAVIT UUNC CALICEM CAPELLiE S'** GrUCIS APUD ARIDUBAS RaH- LINGEN.
Viri illnslres, I, N^ 91$. — Renseignements administratifs fournis par H. le euré Stseit «le RaLIinçcn.
— PBiatBT, I, fol. LXIV. — Beitbolet, VIII, 90.
— Ulvelimg, 58. — AdrcsE-Kalender fâr den Regierungs-Bezirk Trier; 1845, 355. — v. Stiabbeic, Moselstrom , 50.
EiDEL Thilman d\ v. EYDEL, Tkih man d\
EISCHEN, Pierre, fils de Pierre et de Marie Zahlen , est né à Beckerich, le 26 mars 1798. Après sa sortie de Fécole primaire de son endroit natal il alla étudier les principes, comme alors on avait coutume de dire , chez des prêtres ; puis il entra au collège de Luxembourg. En 1818 il se rendit à Trèyes pour faire sa philosophie et en 1820 il entra au séminaire dé Metz 011 il obtint la prêtrise en 1822.
Nommé d'abord vicaire à HoUerich il fut en 1826 désigné desservant à Bourscheid oii il est mort le 22 décembre 1858, à l'âge de 60 ans après en avoir séjourné trente à Bourscheid.
Eischen s'est particulièrement distingué par sa prodigieuse mémoire à retenir surtout les dates et les noms : Tout ce qu'il lisait il le conservait. Grâce à ce don exceptionnel il avait réuni dans sa tête un nombre immense de faits historiques, surtout touchant sa paroisse et les seigneuries environnantes. Aussi Mgr. l'évêque Laurent, alors vicaire apostolique pour le Grand- Duché de Luxembourg, ayant eu pendant un voyage fait en 1846 pour la confirmation et la Visitation des églises, l'occasion de faire sa connaissance personnelle et celle d'apprécier ses talents, l'avait-il chargé de mettre par écrit la vie des saints luxembourgeois, dans le dessein d'utiliser ce travail pour les leçons dans les offices des saints propres au vicariat apostolique.
Nous devons déplorer que cet ouvrage semble perdu pour le pays, parceqne son auteur Ta remis en original au prélat sans en retenir une copie. Il adressa au même un poëme sur l'érection du séminaire de Luxembourg ; rédigea pour la Société archéologique du Grand-Duché, dont il était membre correspondant depuis 1851, plusieurs opuscules intéressants et nommément rhistoire de la seigneurie de Bourscheid^
etc. Eischen était complaisant à communi* qaer le frait de ses recherches et de ses études ; et jamais il ne laissa sans réponse les lettres qui lui Tenaient de quelque part que ce fût et dans lesquelles on lui demandait des notions sur l'histoire des seigneuries féodales du Pays : nous avons entre autres obtenu de lui une dixaine de feuilles de données très-précieuses sur les différentes sections de sa commune.
Enfin, on possède encore les sermons qu'il a composés lorsqu'il était vicaire à HoUerich, de même que les observations qu'il a déposées dans un registre qui repose dans la loge du gardien des ruines du château de Bourscheid.
Notice du Professeur Eroliiio ; dons : PubUcations . de la Société archéologique; T. XIV, p. XI, sqq.— SouTCoirs persouueis — Notes commuuiqnécs.
ELCHARD ou Elchrod, Michel, né soit à Arlon, soit dans le hameau nommé £1scherod, est mentionné comme suit dans le manuscrit des Viri illustres : « 1654.
ccMichael Elschardt Arlunensis prior Car- « thusiae Trevirensis ac per Germaniam vite sitator. »
Viri iUastres, I, N« 106.
ELCHARD, ou d'Elchrod, Elseheraid, Nicolas y aussi nommé Elgardus , naquit à Nobressart, non à Arlon, vers Tannée 1647.
Après avoir achevé sa philosophie à Louvain, Elchard vint à Trêves ou il sut tellement plaire à l'archevêque que celui-ci l'envoya à ses frais continuer ses études au collège germanique à Rome : il y fut reçu docteur en théologie. Gaspard Gropper, nonce apostolique en Allemagne ayant fait la connaissance d'Elchard à Rome même, Tadmit dans son intimité, le nomma son théologien et se fit accompagner par lui dans sa légation en Saxe, dans la marche de Brandebourg, vers Téglise de Magdebourg et à Munster en Westphalie : partout Elchard se fit remarquer par sa profonde érudition, sa persuasive éloquence et sa grande prudence, tellement que Daniel, archevêque de Mayence le prit en affection, le sacra évêque de Sidonie ou
d'Ascalon suivant d'autres, et le nomma son suffragant à Erfort. Elchard se fit aimer et. estimer de tous par sa piété , son zèle apostolique et sa sage administration. Il remplit en outre et avec un plein succès plusieurs missions à Rome, en Suisse, à Trêves ainsi qu'en Thuringe, et mourut enfin & Erfort, le 11 août 1587, âgé à peine de quarante ans. 11 repose dans la chapelle de Saint Sangvin , sous une tombe portant Fépitaphe suivante qu'il a lui-même composée:
dum vixit, dfisidebabat et volebat Deum diligere et proximum ; verum dubolus, caro et munnus , atqub insignes hinc consegutie infirmitates retarda-
RUNT YOTUV, OPUSQUE DETURBARUNT. PrO- INDE YERITATEM INYOCANS, MISERICODIiE IN- NIXUS , AD TRANSITUV ANHBLAVIT NICO-
LAUS ELGARDUS Arlunensis, S. T. D.,
SUFFRAGANEUS ErFORDLE.
11 faut traduire ici Tacyectif Arlunensis par : de la prévôté ou bien du marquisat d'Arlon.
Entre autres ouvrages qui tous sont restés en manuscrit, ce savant prélat a composé un : <i Eloge de la virginili »^ qu'un autre a plus tard traduit du latin en allemand et publié sous son propre nom.
L'auteur du manuscrit des Viri illustres nous a laissé sur lui l'article que nous allons transcrire : c( Nicolaus Elchardus ex ce pago Elcherdt sti Joannis ad Arlunum, « Episcopus Sydoniorum Suffraganeus Ar- « chiepiscopi Moguntini Erfordiae, scripsit (c de laude virginitatis ; ipse vir sanctus et <« doctus. »
Viri iUastres, I, N* 48. — As HoMmiM, Histor. Trcvir. diplomat., II, tf48. — Bktkls , 181 , tq* —
PlBEftBT, I, fol. LXIV.-BCBTBOLBT, VIII, 190.—
IViuuLHus A "WiLTBBiHy Disquis. antiq. Hist. Inxemb., II, c. XI, § 8. — ▼. Stbabbkm, Metropol. eccles. treTer., 1, 882, sq.— NraHAim, Les aatcurslazembourgeois, 18
ELIGIUS, ou Eloy, Gérard, est né en 1599 & Dnrbuy et se fit chartreux. Il mourut à Bruxelles en 1641 , laissant:
i'* une vie de Ste. Gertrude , première abbesse de Nivelles ; — ^ la vie du bien-
heureux J. de Gouda ; — 5^ d'autres ouvrages ou traductions sur des matières ecclésiastiques.
Bîograplûc gënénile des Delçes» 8i.
ENGLEBERT, Georgfe^, né à Vianden, a composé quelques ouvrages , dit Tellot dans ses Mémoires. Nous n'avons rien appris d'ultérieur sur ce personnage ni sur ses œuvres.
Tbliot, Mémoires sur (l^Histoire de Luxembourg ; manuscrit de U Bibliotb. de M^ IVûrth-Paquet
ENSCH, François, Baron $ ^ fils de Frédéric Ensch, marchand cirier^ et de Jeanne Herff ou Hervé, issue par sa mère d'une des premières familles d'Italie , celle du célèbre cavaliero Battista Wang, ambaaisadeur de la République de Venise à la cour de l'empereur Ferdinand III , est né à Luxembourg, le 16 janvier 1773.
Le jeune Ensch , après avoir appris les premiers éléments dans les écoles primaires, entra au collège de sa ville natale oii il parvint jusqu'en quatrième ou peutêtre en troisième, mais sans se distinguer, parceque le repos et l'attention nécessaires pour pouvoir étudier n'allaient pas à son esprit turbulent et aggressif qui se traduisait dans les querelles presque continuelles qu'il avait avec ses condisciples auxquels il ne cherchait qu'à faire des espiègleries. Il avait au surplus toujours prêtes des niches à jouer aux passants. Un jour de marché entr'autres, c'était en 1793, il s'avisa de dételer les chevaux des paysans qui avaient amené du grain à vendre et de les attacher ensuite deux à deux pour enfin les pourchasser dans les rues et les faire cabrer, renversant les escabauds des détaillants. A son retour à la maison paternelle après cette poliçonnerie, comme il vit que son père voulait lui donner une correction à coups de canne, le jeune homme s'esquiva en sautant d'un bond pardessus la porte de boutique et courut droit chez le général Guillaume Schrœder auquel il offrit de prendre service à l'armée, en qualité de cadet.
Le général, frappé sans doute de son
extérieur éveillé qui promettait qu'U ferait son chemin dans la carrière militaire, mais ne voulant pas à cause de sa jeunesse l'accepter sans l'assentiment de sesparenU^ fit mander son père auquel il demanda s'il consentait à l'enrôlement de son fils.
Celui-ci, après avoir beaucoup déclamé contre la conduite du jeune homme, finit par consentir, parceque, dit-il, il n'était bon & rien d'autre qu'à manger du pain de munition. Ensch fut donc envoyé à la caserne oii il devint bientôt un modèle de discipline et d'exactitude pour le service.
Lorsqu'à l'approche des armées de laRépublique française le régiment du général Schrœder quitta Luxembourg pour se rendre en Italie , Ensch était Enseigne ou Cornet : il fit avec ce grade la campagne dite d'Italie oii il gagna le brevet de sooslieutenant et l'ordre de St. Léopold avec la plaque. Après la paix de Lunéville en 1801, il vint visiter sa famille à Luxembourg où l'on a eu lieu d'admirer la belle carrure et la haute taille du superbe officier que peu d'années auparavant on avait vu partir tout fluet encore f les officiers français eux-mêmes qui étaient en garnison dans la ville firent bien des tentatives pour lui persuader de prendre service dans leur corps 9 lui représentant que l'avancement chez eux était bien plus rapide et qu'il y avait plus de gloire à servir dans une armée toujours ou presque toujours victorieuse. Mais Ensch leur répondit résolument: J'ai servi mon empereur dans le bonheur je veux aussi le servir dans le malheur. Toutes les instances furent inutiles, il ne voulut jamais abandonner le drapeau qu'il avait juré de défendre et il retourna à son corps autrichien. Il revint encore en 1804 à Luxembourg après la bataille d'Austerlitz : il était alors premier lieutenant.
Ayant pendant ce voyage eu l'occasion de voir le migor baron de Weyder, celuici l'engagea à quitter l'in&mterie pour entrer dans les chasseurs de l'archiduc Charles. Ensch suivit ce conseil dès son retour en Autriche.
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Pendant la campagne de 1806 il se couvrit de gloire. Près d'Ulm, du 11 au 18 octobre, sa compagnie fut chargée découvrir sur un point difficile la retraite de Farmée autrichienne, avec ordre de combattre jusqu'au dernier homme , afin d'empêcher l'archiduc Ferdinand, serré de près par l'armée française, d'être fait prisonnier.
Dans cette position une balle lui ayant effleuré là cuisse gauche il prit aussitôt son mouchoir de poche et pansa lui-même la plaie aussi bien qu'il le put. Il avait à peine fini d'appliquer ce bandage improvisé qu'une autre balle vint l'atteindre au bras droit, ce qui le força de mettre le sabre à la main gauche ,\ laissant pendre le bras blessé qui continuait à saigner; parce que fidèle à la consigne donnée et voyant tons les chefo tyroliens morts ou mis absolument hors de combat il avait dû prendre lui-même le commandement du corps qu'il sut maintenir dans sa position, Qon-seulement jusqu'après le passage de l'archiduc qui lui donna un salut de satisfaction, mais jusqu'au moment oii, après le commandement de tourner une troisième iNille lui entra dans le flanc droit et le renversa évanoui bas de son cheval. Ses soldats s'empressèrent aussitôt de le charger sur leurs fusils pour le transporter à l'ambulance; mais l'archiduc Jean, qui avait à une petite distance vu cette scène émouvante d'héroïsme, se hâta d'envoyer sa propre voiture au-devant du blessé, avec ordre d'y placer le brave officier (textuel.)
La brillante conduite d'Ensch dans cette sanglante affaire le fit mettre à l'ordre du jour de l'armée. Ses plaies, qui n'étaient pas mortelles, ayant été guéries assez promptement il put reprendre le commandement de sa vaillante compagnie, avec le grade d'aide-de-camp: l'empereur l'avait en outre créé chevalier.
Une des croix de l'ordre de Marie- Thérèse était devenue vacante en 1808, et un grand nombre de postulants , parmi lesquels on comptait des généraux, s'étaient présentés pour l'obtenir. Mais l'archiduc Charles voulut la remettre à
son aide-de-camp des chasseurs tyroliens.
Comme le commissaire déclara que cela ne se pouvait d'après les statuts, parce que Ensch n'était pas noble, le prince lui répliqua aussitôt: « qu'à cela ne tienne, «je le crée Baron , et ses titres seront exce pédiés dans la meilleure forme possible. ï> Toute objection- ultérieure devenait pour lors inutile; et le 15 mars 1808, pendant une revue générale sur les glacis de Vienne l'archiduc généralissime attacha lui-même cette décoration sur la poitrine de François Ensch , en lui disant : « Re- «cevez de mes mains la croix militaire «la plus élevée, comme récompense de «la part glorieuse que vous avez prise «aux journées d'Ulm et de la noble con- «duite que vous y avez tenue; comme «une preuve de mon estime et de ma «faveur.» Il reçut en même temps le brevet de capitaine et les patentes de Baron , pour lui et ses descendants.
Peu de temps après Ensch passa lieutenant-colonel et fit les campagnes de 1813, 14 et 16, dont il obUnt hi médaille commémorative. 11 prit également part à celle contre Murât et les Carbonari, à la suite desquelles une quatrième décoration vint orner sa poitrine en récompense de sa vaillance ; et en effet, presque tous les jours les gazettes du temps avaient rapporté de lui un fait d'armes nouveao ou une prise de ville que son souverain lui devait.
Vers 1820 son bataillon fut envoyé en garnison à Capo-d'Istria oii il resta jusqu'en 1830. A son retour à Wiener- Neustadt Ensch fut nommé général-major.
En 1814 il avait obtenu l'ordre de Ste.
Elisabeth auquel est attaché un traitement dé sept cents florins: cette distinction n'est accordée qu'à de vieux militaires qui se sont fait une réputation dans les combats.
Quelque temps après son arrivée à Wiener-Neustadt , Ensch s'est retiré du service pour passer le reste de ses jours dans un repos que ses longues fatigues k l'armée lui avait mérité. Il avait été ma-
rié deux fois : la première alliance j avec la fille unique du baron de Hauer, ministre des finances de Tempire d'Autriche, contractée le 1*' février 1814 j ne lui donna qu'une demoiselle^ Mathilde, qui fut pendant longtemps les délices de la cour de Vienne oii elle fut élevée. Elle est aujourd'hui mariée à M' N. Beznar von Riedburg.
La seconde union du Baron d'Ensch (le 20 mai 1820), avec Claire de Lindenheim et Friensberg, l'a rendu père de deux fils et d'une demoiselle : l'aîné , qu'il avait fait nommer Dominique , en mémoire de son frère, décédé le 12 avril 1849 curé à Biersdorf , chef-lieu de commune dépendant du cercle prussien de Bittbourg , est mort jeune ; le puîné , François comme son père, est actuellement major au 3® régiment des lanciers autrichiens. Finalement la fille , Jeanne , est alliée à un membre de la famille Szegedy-von-Mezo-Szeged.
Le général-baron François d'Ensch est mort le 16 mars 1861 , à l'âge de 88 ans et deux mois , à Baden en Autriche. Le billet mortuaire lui donne les qualifications suivantes: Général-major royal impérial en retraite , chevalier de l'ordre militaire de Marie-Thérèse , de ceux de St. Ferdinand et de St. Georges de la réunion des deux Siciles; membre de l'institut militaire des Saintes Elisabeth et Thérèse, etc. , etc. Il avait également été propriétaire du deuxième bataillon des chasseurs tyroliens.
Gomme le décès de cette grande figure militaire est absolument trop récent encore, il nous a été impossible de recevoir, avant l'impression de cette notice, les renseignements plus détaillés que nous attendons tant de la chancellerie impériale autrichienne que de la famille même. Si nous en obtenons ultérieurement, nous les ajouterons à la fin de notre ouvrage.
Notes sur le général d'Enscli, par M. le curé Siprian, de IViltingen ; d'après les récits de famille et les correspondances même» du général. — Renseignements communiqnés,
ENSCH, Jean-Henri y frère de François Baron d'Ensch dont l'article précède, est
né le 25 décembre 1763. En 1785 il avait terminé ses humanités au collège de Lux-* embourg. Cependant il n'entra à l'université de Louvain que le 8 mai 1789, et y acheva le cours de droit le 29 avril 1792. Les événements de Tépoque l'ayant empêché de subir ses examens décisifs pour obtenir le doctorat dans cette ville , il fut obligé d'aller le demander à l'école de Nancy où il fut promu le 19 mai de la méihe année.
Le 11 juin suivant le conseil souverain de la province de Luxembourg l'admit au serment d'avocat.
En l'an IV de la République (1795- . 1796) il fut secrétaire de l'administration municipale de Clervaux. Le 24 germinal an V (13 avril 1797) il fut élu par l'assemblée électorale du Département juge au tribunal civil de Luxembourg. Le 6 thermidor an VI (23 juillet 1798) le Directoire exécutif le nomma préposé au triage des titres et archives du département. Le 23 fructidor an VIII (10 septembre 1800) il fut, par arrêté des Consuls envoyé présider le tribunal de première instance de Bittbourg ou il resta jusqu'à la nouvelle organisation judiciaire de 1811 qui transféra ce tribunal à Echternach: Ensch en conserva la présidence. Enfin, le 8 décembre 1814 le Gouvernement général des Bas- et- Moyen-Rhin le nomma à la vice-présidence du tribunal de Luxembourg, qualité dans laquelle il est mort le 15 juillet 1824, à l'âge de 61 ans.
Par arrêté du Conseil général de Paris, en date du 19 mai 1807, J.^H. Ensch avait été nommé correspondant de l'athénée de la langue française.
Renseignements fournis. — EUt citU. — Titres originaux communiqués.
Enschringen, Ludolphe cT; v. LU- DOLPHE, dit d\
ERNTZEN, Henri et Paul, frères, originaires d'Echternach, vivaient pendant le dix-huitième siècle. Ils entrèrent tous les deux dans l'ordre des Jésuites et devinrent des professeurs très-distingués l'un de philosophie , l'autre de mathématiques à l'U-
aiversité de Cologne où ils moururent l'un et l'autre , laissant une belle et riche bibliothèque, de même qu'une précieuse collection d'instruments de physique.
HoLLm, HUtoriich-Topograpliisclie Beitrœge xnr KeBatniss desSaner-Tliftlet, tftf.
ETIENNE 9 Stephanusy né dit-on à Salffl et issu du sang royal de France, fut élevé à l'école du palais de Charles-legros et étudia sous le célèbre philosophe Nannon.
De chanoine de Téglise de Metz il avait été fait abbé de St. Michel à Châtillon, lorsqu'il fut élu le trente-neuvième évéque de Tongres ou de Liège , en 903. Etienne était très-versé dans le chant ecclésiastique, la musique et les arts, et passait pour savant pendant son siècle. Il contribua de tout son pouvoir à soutenir la réputation des écoles de Liège.
Il a laissé une vie de St. Lambert et composé l'office de ce saint , celui de la Sainte-Trinité et de l'invention du corps de St. Etienne. Il est en outre auteur d'un Bréviaire et d'un livre des miracles de St. Martin qui se trouvent & la Bibliothèque de Ste. Géoéyiève, à Paris. Etienne est le premier évéque de Liège qui se soit honoré par des poésies sacrées. Il obtint un diplôme de l'empereur Louis confirmant toutes les donations faites à Saint- Servais de Mœstricht, et les transférant à St. Lambert à Liège.
L'évéque Etienne mourut le 16 mai 920, après un épiscopat d'environ seize ans , et fut enterré dans l'église de St. Lambert que les sans-culotte ont démolie.
FouiLON, Hittoria leodlensis, I, 161, sq— Fitni» Hisforia Ecclesiae Leodiensii, SOS ad S09.->Dbwbx, Histoire du Pays de Liëge, I, 18. — C* m B&c-m- LiAvac, Biographie liëgeoiae, I, Stt.— SwBaTiot, Atlienm Belgîcœ, 679.
EVERLANGE-WITR Y, Jean-Bernard- Auguste, baron cf, né au château de Witry, en 1749, fut colonel au service de l'Electeur palatin, chambellan du roi de Bavière et gentilhomme de la cour de Guillaume, prince de Bavière. Il est mort
en 1813, à Ghène-h-Han dans le Luxembourg aujourd'hui belge.
Biographie générale des Belges, 83.
EVERLANGE -WITRY, Louis-Hyacinthe d\ est né en 1719 au château de Witry , comme le personnage qui précède et comme les deux qui suivent. Il devint chanoine-noble de Tournay, aumônier d'honneur du Prince Charles de Lorraine à Bruxelles, surintendant du cabinet des raretés et membre de l'académie impériale et royale des sciences et belles-lettres de la même ville. Nous ne connaissons pas la date de son décès.
Biographie générale dea Belges, 83.
EVERLANGE -WITRY, Robert- Joseph d\ dit LE CHBVALIBR DE WlTRY,
fils cadet d'Ernest-Guillaume d'Everlange- Witry et de Marie- Anne -Aldegonde de Hamal de Brialmont, est né le 6 avril 1754 au château de Witry, Duché de Luxembourg, et fut reçu page en 1761 à la Cour du prince Charles-Alexandre de Lorraine, Gouverneur-général des Pays-Bas. Il entra ensuite au régiment Royal-Suédois au service de France, sous les ordres du comte de Steeding.
Le 21 septembre 1780 il fut reçu chevalier de Saint-Jean de Jérusalem et partit pour Malte oii il fit ses caravanes. Mais cette vie ne convenant pas à son caractère entreprenant il revint bientôt reprendre sa place d'officier au Royal-Suédois.
Le chevalier de Witry comptait à la cour de Versailles de nombreux amis qui l'entraînèrent dans les écarts de cette époque. Lié de parenté avec Mirabeau, s'il ne partageait pas ses opinions politiques trop souvent il partageait ses plaisirs : Il fut témoin de toutes les phases de la révolution qui détruisit la monarchie française. Les observations et même les supplications de sa famille pour Téloigner de Paris furent inutiles jusqu'en 1796.
Alors seulement, cédant aux sollicitations du chevalier d'Âugard, du baron de Grimm et du comte de Steeding qui était devenu ambassadeur de Suède à la cour de Russie.
il quitta la Fraoce , revint aux Pays-Bas et partit pour Saiot-Pétersbourg où il re* joignit ses amis les comtes de Steeding et de Litta, ce dernier ambassadeur de rOrdre de Halte auprès de FEmperenr Paul et de Timpëratrice Catherine : Le cheralier de Witry fut adjoint à l'ambassade en sa qualité de chcTalier de TOrdre.
L'empereur Paul, passionné pour les exploits des cbe^aliers de Malte, et Toulant prévenir la dissolution de cette institution militaire que les armes de la République française menaçaient, donna une plus grande extension au prieuré de Pologne dont il fit le grand-prieuré de Russie. Le même prince concéda ensuite à Tordre un palais à Saint-Pétersbourg, et le 22 juin 1798 le premier grand chapitre y fut tenu.
Dans sa correspondance du 6 juillet suivant le chevalier de Witry donne les détails les plus précis sur cette solennité :
«Tons les commandeurs et chevaliers du ((prieuré, dit-il, étaient réunis au Palais (( de Halte, en présence des Princes Kou- (( raken et Berberedsko, chevalier et vice- « chancelier de FEmpire, tons les deux (([grands-croix honoraires de Tordre, Nous « avons tenu le grand-chapitre sons la préce sidence du Bailly de Litta comme le plus ((ancien commandeur en Tabsence du (( grand-prieur le Prince de Condé , alors ((à Parmée. J'ai rempli les fonctions de (( chevalier-secrétaire.
(( Jeudi matin nous nous sommes ren- (( dus à la cérémonie solennelle au château (( impérial de Paulowitz oii habite la cour, «et nous avons assisté à la messe et au «Te Deum dans une chapelle catholique « 0(1 Monseigneur de Litta, frère du BaiUy « a officié pontificalement. Le cortège était « des plus pompeux pour se rendre du « Palais impérial à la chapelle catholique, « & un quart de lieue du Palais. Voici « Tordre de la marche :
« 1^ Un détachement des gardes nobles.
« 2*^ Le chevalier de Witry, faisant les
« fonctions de secrétaire de Tordre , seul
« dans un carosse à six chevaux, suivi de
« deux héraults des ordres de Russie.
«3^ Deux maîtres des cérémonies, en « voiture.
« 4^ Deux aumôniers de Tordre , en voi- « ture.
« 5^ Deux candidats, le Prince Michel « Lubonniski et le comte de Borch.
« 6*^ Le comte de Buchshœwen, cheva- « lier de St. Jean de Prusse^
« 7° L'amiral de Ribas et le baron de « Rechlin, ministre de Bavière, chevaliers « honoraires.
« 8* Le prince Joseph Poniatowski et le « duc Serra Capriolo, ministre de Naples, <( chevaliers.
« 9^ M' de la Houssage et le comte de « Choisenl, chevaliers du prieuré de Russie.
« 10^ Les comtes de Choiseol Gouffier « et de Creptovich, chevaliers de Justice.
« 11^ Le prieur de Czartorisky, com- « mandeur.
« 12^ Les comtes de Radzinsky et Wal- «konsky, commandeurs.
« 13" Les princes Besberedsko etKoui^ raken, Grands-Croix de TOrdre.
« 14^ Le bailly comte de Litta , Grand- « Commandeur, et le Grand -Aumônier, «son frère.
« 15"^ Les deux Grands-maréchaux de «la Cour.
« 16^ Le Grand-maréchal de la Cour.
« 17® Le Grand-maître des Cérémonies.
« 18® Le chevalier des Ordres.
« 19^ LL. A A* II. les Grands-Dncs de « Russie, Alexandre et Constantin.
«20'' S. M. TEmpereur Paul P, en « costume d.e Grand-Croix, avec Thermine.
«21^ Le corps des Gardes -nobles et « les antres dignitaires de la Cour.
« Après la cérémonie de la chapelle et « le retour au Palais impérial, S. M. TEm- «pereura, de sa propre main, armé che- «valiers et décoré des insignes que je «portais sur un coussin de velours les « deux candidats, le Prince de Lubonniski « et le Comte de Borch. J'ai rejoint en- «suite mon rang d'ancienneté pour rece- « voir Taccohide de TEmpereur et pour le « dîner. Le soir il y eut fête au Palais y «qui fut honorée de la présence de S. M.
fc rimpératrice Catherine et de ses deux « frères, les Princes de Wurtemberg. Elle « tenait par la main le jeune Grand*Diic « Nicolas qoi ayait alors deux ans. »
Le 27 octobre suivant le cheyalier de Witry fut nommé commandeur du chapitre et Fempereur lui confia la charge de trésorier du prieuré de Russie. Mais comme après la mort de Paul V en 1801 etlV Ténement de FEmpereur Alexandre, le comte de Litta et d'autres chevaliers de rOrdre de Malte se retirèrent des hautes fonctions qu'ils occupaient, la Ueutenance du Grand-Maftre fut donnée au Maréchal comte de Soltikof, tandis que Té- Téque de Mohilen devint grand-aumônier, le chevalier de Witry , fatigué des grandeurs de la cour la plus brillante de l'Europe et les pensées absorbées par les idées religieuses, résolut en février 1804 de se retirer de Saint-Pétersbourg et entra le 10 mars suivant dans Tordre des Jésuites, à Dunebourg, sous le nom de Père Ever- Ifngen.
Lorsque le Duc de Richelieu reçut de Temperenr Alexandre le Gouvernement de la Crimée et entreprit Fœuvre de civilisation qui devait immortaliser son nom dans cette contrée, il se souvint du chevalier de Witry qu'il avait connu à la cour de Versailles et à celle de Saint-Pétersbourg.
Voulant avoir le secours des Jésuites pour diriger Finstruction publique de son gouvernement il confia au Père Everlingen la direction des collèges qu'il venait d'établir à Odessa. Depuis lors le Père Everlingen ne quitta plus le duc de Richelieu et fit servir modestement sa longue expérience des choses du monde au succès de la noble entreprise à laquelle le gouverneur Favait associé. Pendant les terribles épreuves de lu peste de 1812 le Père Everlingen s'épuisa en dévouement et en courage pour soulager les malheureux et fit bénir son nom à Odessa.
Il survécut peu àe temps au départ du duc de Richelieu que la restauration de la maison de Bourbon et de plus belles destinées rappelaient en France ; il est mort
à Odessa, le 14 mai 1816, à l'âge de soixante-un ans.
La famille d'Everlange-Witry, originaire de Bohème, s'était établie au pays de Luxembourg vers le commencement du quatorzième siècle. Elle y posséda la seigneurie d'Arloncourt et celle d'Everlange dont elle avait pris le nom* Vers 1396 Robin ou Robert d'Everlange , qui s'était retiré à Ârlon , acheta la terre de Witry où il s'établit et dont il prit le surnom d'Everlange-de-Wîtry qu'il a transmis à ses descendants. Cette seigneurie, située dans le Luxembourg, ne sortit des mains de la famille d'Everlange qu'en 1783 oii elle fut vendue au duc de Loos , seigneur de Sainte-Marie.
Diognpkie dn Père d*ETerlange, de Tordre des Jcraitct. — Lettres iacditei dm Père ETcrUD^a, 1813— 1815.— Lettrée d« ■léme» loai le aom de ChevaUer de Witry, 1795 k 1797.- Généalogie avlbentiqoe de la Famille d'E?erlange-de- Witry.— Lettres Au duc de RiebeUev et du Comte de Sëgar.— Lettres postk«mcs d« eomte Joseph de Kaistre au Père Ererlingen — Alnanaehs de la Coar de Brazelles, 1761 —63. -Preuves de réception k l'ordre de Malle, St sept. 1780.— La France ckcTalereiqne ; Paris, 178G, p. 60. — BrcTet nûlitaire. — Nomination signée dn Prince Ckarles de Lorraine. — Biographie générale des Belges, 83, sq.
EVERLANGE -WITRY , TUodor^ Ignace d' , major an régiment de Paebla au service de la grande impératrice Marie- Thérèse, fit la guerre de sept ans et se distingua surtout à la bataille de Koline, en 17B7.
Biographie générale des Belges, 83*
EYDEL OU Eidel, Thilman S , est une de ces illustrations du Luxembourg que leur yaste érudition a élevées aux plus grands honneurs. Le lieu de la naissance de Thihnan d'Eydel ne nous est pas connu ; nous savons seulement qu'il sortait d'une famille noble: il a vécu pendant les deux moitiés du quatorzième siècle.
L'auteur du manuscrit des Viri illustres lui a consacré les lignes qui suivent:
(c 1398. Thilmannus ab Eydel abbas munsateriensis ad Luxemburgum, Episcopus «et suffraganeus Archiepiscopi Treviren-
«sis, Venceslaï Imperatoris perpétuas in «utraqae refectione ob doclos etjacnndos «de re quavis sermooes conym. »
. Religieux-profès de Tabbaye de Notre- Dame dite de Munster près de Luxembourg y Thilmau d*£ydel fut désigné quatorzième abbé de ce monastère après le décès de Jean de Vehberg ou Welzberg.
Ses manières avenaates et son usage du monde , joints à ses grandes connaissances le firent aimer et rechercher des grands^ puisque , comme nous venons de le yoir, Fempereur Fayait pour commensal ordinaire, chaque fois qu'il se trouvait à Luxembourg.
D'un autre côté, comme ce (H^élat n'était pas moins pieux et yertueux qu'il était homme du monde, Farcheyéque de Trêves le sacra éyéque du titre d'Azot et le uomma en 1398 son suffragant vicaire-général in pontificalibus , fonctions qu'il remplit avec zèle et dignité. Conune son ministère à la Cour de Trêves exigeait sa présence presque continuelle dans cette ville, il y acheta un hôtel qu'il laissa plus tard à son monastère de Munster, outre plusieurs autres acquisitions importantes dont il Fenrichit. Il fit plus : afin que cette maison ne perdit rien en régularité pendant ses fréquentes et souvent assez longues absences , il se désigna un coadjuteur qui devait y résider lorsqu'il était obligé de se trouver à Trêves.
Sur la fin de ses jours Thilman d'Eydel choisit la Chartreuse près de Trêves pour lieu de sa sépulture dans le cas oii il viendrait à mourir dans cette ville, comme cela a eu lieu en effet. Il fut en conséquence porté dans ce monastère oii on lui posa Fépitaphe qui suit:
ÂNNO MGGCCX. 26. Jumi OBirr Trevbris Rbvbrendus Dominus Tilmannus ab Etdel
ÂBBAS MUNSTBRIBNSIS APUD LuXBMBURGUlf ,
Et SUFFRAGANBtJS TrBYIRENSIS.
Hic SBPtJLTUS QUIESGIT.
C0JVS ANIMA REQUIESCAT IN SANCTA PACB.
LvcAf NiKtsoitif, Ref nranttcrienseï ;. micrt Bibt lAxemboarg. — Hiftoire de Tabbaje de N.-D. de
Mantteri oueri Uiîd.— BsanLi, I58« ê^. — Bom»- UT, III, p. J. T.^ Ab Hohtbub, HbtorU Tre^irentif diplomAUes, II, 11. — PincsT, I, f. LXIV. — Paqost, 94. — TiixoT, Mémoiret I miert. BIbl. de W Wartb.P«qaet~T. SnAiuMs, Ketr^polU EcelciisB Trerericc, I, 947. ~ Viri UlMtret , I, N^ M.
EYSGHEN, Charles-G&ard, est né à Baschleiden, commune moderne de Boulaide, le 13 prairial an VIII, répondant au 2 juin 1800. Il était fils de Pierre Eyschen, riche propriétaire-cultivateur , et de Catherine Kellen.
Nous croyons devoir conserver à ce personnage les prénoms de Charles-G&ard que lui-même il prenait, bien que son acte de naissance qui répose aux archives de la commune moderne de Mecher à laquelle le village de Baschleiden ressorlissait alors ,ne porte que Gérard tout court, tandis que celui de son baptême , qui se trouve aux archives de Boulaide lui donne celui de Charles seulemenL
Le jeune Eyschen reçut son éducation élémentaire ainsi que les principes humanitaires chez un de ses oncles, alors curédesservant à Kœrich , et passa de chez ce dernier à FAthénée de Luxembourg oii il termina ses études gymnasiales. Il alla ensuite suivre les leçons de droit à Fuiiiversité de Liège et y obtint le bonnet de Doctor juris romani et hodiemi après avoir soutenu le 5 août 1826 une thèse:
De divhione rerum*
Déjà pendant ses études de collée Eyschen s'était particulièrement enthousiasmé pour la littérature allemande , surtout pour Klopstock hors de la Messiade duquel il déclamait souvent des tirades entières: cet amour pour la littérature et pour la philosophie spéculative lui est resté toute sa vie. Aussi, pendant son séjour à Funiversité s'occnpa-t-il de Fétude de ces branches des connaissances humaines à toutes les heures de loisir en dehors des cours juristiques ; et, parait-il^ il avait fait dans cette 'spécialité des progrès non moins distingués que dans la science que par vocation il avait choisie pour se former une carrière, puisque lorsqu'en 182S le roi Guillaume V pronon-
çait la fermetnire du collège des Jésuites établi à Âlost et réorganisait cet établissement municipal sur un pied nouveau , le Gouvernement ayant demandé aux uni* versités belges des sujets capables pour les attacher à cette institution en qualité de professeurs , Eyschen fut proposé par la faculté des lettres de Liège.
Par arrêté du ministre de Tlntérieur du royaume des Pays-Bas, en date du 30 janvier 1826, il obtint la chaire de Rhétorique et prononça déjà le surlendemain le discours d'installation du collège. Ce discours , qui fut imprimé à Alost, est suscrit: Discours sur Vinstrwtion publique , prononcé à l'ouverture du colÛge é^ Alost , le !•' février 1826, par Ch. G. Eyschbn, Docteur en droit et Régent de Rhétorique au même collège; 6 pages in 8^, non compris le titre.
D'un autre côté , dès qu'il eut obtenu son diplôme de Docteur en droit il alla prêter le serment d'avocat devant la Cour d'appel de Bruxelles et se fit inscrire le 12 août sur le tableau du barreau de la même ville , devant le tribunal de laquelle il plaida , dit-on , plusieurs fois.
On ajoute également que , ayant profité de l'occasion que ses cours au collège d'Âlost lui fournirent pour continuer à se perfectionner dans la philosophie et dans la littérature , il s'est trouvé à même de subir le 20 octobre 1829 devant la faculté des lettres de l'université de Liège l'examen de Philosophiœ theoreticœ magister, litterarumque humaniorum Doctor, et avait obtenu ce nouveau titre académique après avoir défendu une dissertation : De^ratione et via Rhetorici.
Afin de ne pas interrompre le fil des faits scolastiques que nous avions à relater, nous avons dû omettre en son lieu de rapporter un incident que cependant nous nous croyons en devoir de ne pas passer sous silence: Théodore Lenz (v.
son art.) , son condisciple et son ami intime était mort à Liège, le 16 octobre 1823, lorsque les élèves allemands de cette université voulant honorer les talents et la
vertu de leur condisciple , résolurent de lui faire élever un monument funéraire.
Eyschen fut cboisi pour soigner l'exécution du projet. A l'occasion de l'inauguration de ce monument il prononça entourré de tous les étudiants allemands un panégyrique touchant et profondément senti en l'honneur du camarade que les assistants avaient perdu si jeune encore et si plein d'espérances. Ce discours, <cle plus beau qu'Ey- (cschen ait jamais fait», nous écrivait naguère un connaisseur, a été imprimé quelque temps après sous le titre de :
Rede gehalten bei der Errichtung des Denhmahles fur Theodor Lenz, auf dem Leichenhofe Robermont zu Lûttich, am 17 July 1824-^ von Carl Etschbn, Student auf der dortigen Universitœt. — Gedruckt auf dos Begehren der Zuhœrer zum Besten eines dûrftigen SchiUers des Athenœum zu LusDembur g 'yLaxemhouT^y Lamort, 1824, in 8^; 16 pages dont quatre pour le titre et pour un exorde introductif à la cérémonie, prononcé par le professeur Warnkœnig.
Quelques années auparavant il doit de même avoir prononcé à rAthénée de Luxembourg l'éloge funèbre d'un autre condisciple , rélève Schumacher ; mais il ne parait pas que le morceau aît été imprimé.
D'autre part, puisque nous avons interverti l'ordre chronologique, nous avons jugé opportun de mentionner également ici un autre fait que nous n'aurions pu mieux placer parce que nous ignorons sa date : un de ses ancêtres , Georges d'Eyschen (v. son art.) avait fondé le 10 septembre 1650 près de l'ancienne université de Cologne des bourses d'études en faveur de descendants de son nom : nominis met.
Ces stipendes avaient été perdus pendant la révolution française comme le fonds sur les revenus duquel leur existence avait été assise par le fondateur avait été aliéné déjà le 12 août 1735. Charles Eyschen qui avait appris ces circonstances de son oncle le curé de Kœrich, se mit à l'œuvre pour récupérer cette fondation à sa famille.
Il fit tant et tant de démarches à Cologne
et à Berlin qu^enfin il réussit à obtenir le retour de la jouissance de ces débris sous les conditions posées par le bienfaiteur, avec le seul changement que, puisque rétablissement académique de Cologne est supprimé les boursiers ont la faculté de suivre les leçons d'une université prussienne quelconque. Ëyschen lui-même , comme Senior familiœ Eyschenianm, fut en même temps désigné coUateur , droit qu'il a exercé jusqu'à son décès.  Farticle Georges d'Ëyscben nous donnons de plus amples détails sur cette fondation ainsi que sur son importance actuelle.
Pendant qu'Eyschen était professeur de Rhétorique au collège d'Alost il eut Foccasion de prononcer, en hollandais et deux années consécutives, à la distribution des prix aux élèves des discours qui ont été imprimés mais dont il nous a été impossible de nous procurer un exemplaire.
Par décision ministérielle du 15 août 1 829 il obtint démission honorable de ses fonctions professorales ; et déjà le 20 juin suivant (1830) il fut, sur la recommandation du Gouverneur Willmar (v. son art.) et par un arrêté royal, nommé juge au tribunal de première instance à Diekirch. Eyschen était à peine installé dans cette dignité que, au banquet qui eut lieu pour célébrer Tanniversaire de la naissance du roi Guillaume I» , il trouva Foccasion d'exposer sa profession de foi politique en portant au Souverain un toast chaleureux dans lequel il fit Féloge de son gouvernement ainsi que des principes sur lesquels l'administration de ce prince était basée. Ce discours, qui pouvait passer pour hardi au moment même où la révolution belge éclatait à Bruxelles , dut faire prévoir le parti qu'Eyschen prendrait à l'égard des événements que cette révolution amènerait. Et en effet, le gouvernement provisoire de Bruxelles l'ayant , dès le 16 octobre de la même année 1830, nommé aux fonctions de juge d'instruction près le tribunal de Saint-Hubert, il s'y rendit parcequ'il ne considéra cette nomination
que comme une mesure purement administrative. Mais lorsqu'on Tertu de la loi belge du S mars 1831 on exigea de lui le serment de fidélité au nouvel ordre des choses il le refusa avec énergie , préférant quitter son siège magistral plutôt que de devenir infidèle au roi des Pays-Bas auquel il avait voué tout son amour politique. Il abandonna donc immédiatement Saint-Hubert pour se retirer à Luxembourg oii la révolution n'avait pas pénétré par un effet naturel de causes qu'il est inutile de développer ici.
Déjà en ayril 1831 il se fit inscrire sur le tableau des avocats de la capitale et y plaida jusqu'en 1833.
En 1831 aussi il fut choisi membre du Bureau de Bienfaisance et conserva cette charge jusqu'en 1837, alternativement avec la vice-présidence du même établissement.
Finalement, le 4 octobre, toujours de l'année 1831 , le roi Guillaume 1^ le nomma membre de la commission des comptes que ce souverain venait d'instituer pour la partie du Grand-Duché qui était restée sous son autorité , c'est-à-dire la capitale. Eyschen conserva ces fonctions jusqu'en
En outre, le 14 août 1832, il fut nommé juge de paix-suppléant à Luxembourg, et le 30 novembre suivant il obtint siège au tribunal de première instance en qualité de juge titulaire.
Le 19 février 1840, après la reprise de possession de la partie du Luxembourg demeurée à la Maison d'Orange par le traité de Londres, il fut nommé président du tribunal d'arrondissement à Diekirch et décoré le 11 juin 1842 'de la croix de Chevalier de Fordre de la Couronne de chêne.
Le 19 juillet suivant, 1842, il fiit promu à la présidence du tribunal de Luxembourg et déjà le 25 février 1843 élevé à la dignité de Conseiller à la Cour supérieure de Justice et de Cassation du Grand-Duché.
Le 17 février 1844 il entra comme membre de Fordre judiciaire dans la commission d'instruction primaire créée par
la loi da 26 juillet 1843 et dans le comité permanent de cette commission. Le 21 décembre de la même année il accepta Tinspection des écoles du canton de Ca* pellen qu'il conserva jusqu'au 19 avril 1849 oii le roi lui accorda sa démission honorable. Le 17 mars 1849 il fut nommé membre de la commission des Curateurs de rAtbénée, laquelle il ne quitta que le 4 juillet 1856 lorsqu'il entra au ministère, ainsi que nous le verrons en son lieu.
Enfin, il fut plusieurs fois désigné membre des jurys d'examen pour la collation des grades académiques du droit et des lettres ; et il les présida même à plusieurs reprises.
D'un autre côté, en 1846, à la première élection à laquelle au vœu de la constitution d'Etats du 12 octobre 1841 le peuple luxembourgeois fut appelé à concourir pour la nomination des membres de ces Etats, Eyschen fut désigné pour représenter le canton de Rédange. Aux élections de 1848, année de sérieuse mémoire, il ne fut pas nommé à la Constituante; mais après la sanction du nouveau pacte politique que le Luxembourg s'était donné du libre consentement de S. M. Guillaume II, d'éternelle et de vénérée mémoire, il fut député à la Chambre législative par le canton d^Echtemach; et en 1854 celui de Clervaux l'y envoya.
Du reste Eyschen, considéré comme législateur, s'est principalement et pour ainsi dire uniquement fait remarquer au sein des Etats et à la Chambre des Députés dans les discussions qui avaient trait aux relations de TEtat avec le clergé. Cependant à l'occasion de la question allemande, c'està-dire pendant la session de 1849 et les suivantes, il a prononcé de longs discours pour démontrer que le Luxembourg aurait un intérêt vital à être et à rester étroitement uni à la Confédération germanique comme à vivre sous la législation arrêtée par la Diète de Francfort. Dans la discussion de la loi sur l'instruction moyenne et supérieure il s'est vigoureusement prononcé pour les réclamations élevées par le vicaire apostolique touchant la surveillance à exer-
cer par l'Eglise sur l'enseignement, les élèves, et même sur les professeurs ; etc.
Le 21 mai 1856, Eyschen quitta la Chambre des députés pour accepter la dignité d' Administrateur-général de la Justice et d'une partie de l'Instruction publique , fonctions qu'il ne conserva que jusqu'au 28 novembre 1857, c'est-à-dire juste le temps qu'il a fallu pour introduire dans la Constitution libérale du Grand -Duché, votée en 1848 par les Etats du Pays réunis en nombre double pour cette mission spéciale , et librement sanctionnée par le Souverain, les changements qu'on a prétendus nécessaires afin d'en faire cadrer, disait-on , les dispositions avec les prescriptions des lois organiques de la Confédération germanique et des résolutions dites conférences ministérielles de 1820, bien que ces dernières n'aient jamais reçu aucune publication offidelle que nous sachions ; pour y faire inscrire ces changements par rescrit royal grand-ducal après que les Députés du pays eurent manifesté par leur abstention réitérée Fintentlon de n'y point vouloir coopérer ; pour aider enfin, par son contreseing donné en collège du Conseil des Administrateurs généraux, à publier les décisions de la Diète de Francfort que les Députés luxembourgeois n'avaient pas voulu accepter parcequ'ils les croyaient contraires aux droits acquis de la libre volonté d'un grand roi; et pour concourir à l'élaboration de toutes les Ordonnances interprétatives de ces décisions, qui furent décrétées pendant l'espèce d'interrègne de onze mois que le gouvernement s'est ménagé avant de convoquer, la représentation nationale.
Et qu'on ne vienne pas nous accuser d'être sévère ici, car nous ne faisons que de l'Histoire dans tout le calme d'âme à ce requis. Afin même de ne laisser aucun doute sur notre impartialité, nous ajouterons que nous avons entendu de la bouche d'Eyschen prononcer la déclaration qu'il n'avait consenti à entrer au ministère qu'avec l'intention bien arrêtée de coopérer de toutes ses forces à faire introduire dans
la GoDstitQtioD luxemboargeoise de 1848 les modifications que, suivant son opinion il croyait nécessaires ; attendu, a-t-il ajouté, que cette Constitution était trop libérale; qu'ayec elle le roi grand -duc était privé de plusieurs prérogatives réservées par le droit fédéral aux souverains allemands ; mais surtout parcequ^il pensait que la religion catholique recevait des entraves par certaines dispositions des lois civiles.
Il pensait aussi par ses efforts réussir à amener la signature d'un concordat pour la conclusion duquel les négociations sont depuis longtemps entamées avec la Cour de Rome.
Eyscben s^est retiré du Gouvernement pour reprendre son siège de Conseiller à la Cour supérieure de Justice, deux jours avant la première réunion des Etats convoqués en vertu des dispositions de la nouvelle loi fondamentale du 27 novembre
Le 30 janvier 1858 il fut élevé au rang de Commandeur de TOrdre de la Couronne de Chêne.
Charles-Gérard Eyscben , qui avait encore, le jour de sa sortie du ministère, le 28 novembre 1867, été nommé membre du Conseil d'Etat créé en vertu de la Constitution octroyée, est mort à Luxembourg, le 28 septembre 1859.
Joaraal : Laxembarirer Wort, N® 79, dn d oetobre I8i;9. — Mémorial du Grand-Doché, annëei 1840 à 1859. ^ Compte-rendu det leifioni des Etats et de la Chambre des députés du Grand -Dvehét années 1845 àI858.-*SoQTenirs,— Eut mû deBonlaîde»
Mecher et Luxembourg. ^ Annuaire de l'uni? ersité de Liège , 1830. — Notes fournies par HK. de la Fontaine et Engling»
EYSGHEN , Georges à' , a obtenu de Fauteur du manuscrit des Viri illustres Fartiele que nous allons trancrire : « 1654.
c( Georgius ab Eischen, Arlunensis a Perce dinando II Nobilitatus, a Francisco prince cipe Lotbaringiae Episcopo Virdunensi (c promotus in canonicum Ecclesias Metro- «politanae Coloniensis S. Tbeologiae Licence tiatus, Fundator trium Bursarum Coloniie ccapud Montanos, ac Sacelli SS. Rosarii
(csuft in patriâ Arluni, snb patribos So- «cietat. Jesu, induxit patres de Oratorio « Goloniam , œdificatque adbuc bodie ^ppi»«> Franciscanis Honasterium in (cZons, designavitque mente Fundationem «trium Scholarum Grammaticalium Arec luni. »
Gomme rien de ce qui concerne la vie d'un grand homme ne doit, à notre aviSy être omis dans une biographie nationale^ nous nous croyons en deYoir de consigner ici tout ce que nous avons pu recueillir sur cette illustration ecclésiasticpie, que M. La Garde a cru devoir omettre dans la Notice qu'il a publiée sur les célébrités du Luxemboui^ belge.
Georges d'Eyschen est né le 19 février 1592, à Arlon, comme nous venons de le voir. Son père, Pierre Eyscben, lui fit faire ses humanités à Louvain et sa philosophie à Trêves où il étudia ensuite le droit et la théologie, branches dans lesquelles il prit le degré de licencié; puis il demanda et obtint la prêtrise. Quelque temps après la paroisse de St. Jean in curid, a Cologne, lui fut offerte avec un canonkat dans la collégiale de Notre-Dame ad gror dus, lequel dernier avait été annexé à cette cure par Brevet du Pape Grégoire XIII, du 6 des Ides d'octobre 1580.
Georges d'Eyschen se fit bientôt remarquer par son zèle éclairé et sa science, au point cpie François , duc de Lorraine, qui était pour lors doyen du chapitre métropolitain, voulut l'avoir pour son chapelain , son aumônier et son conseiller intime. Le chanoine Gholinus étant venu à mourir sur ces entrefaites , le 24 février 1626, le même prince lui fit substituer le curé d'Eyschen qui, afin de marquer sa reconnaissance pour les faveurs dont il était l'objet , s'attacha intimement à son bienfaiteur. Celui-ci ayant été nommé évèque de Verdun, bien qu'il n'eût reçu aucun ordre, d'Eyschen voulut lui aider de tous ses moyens à conduire son diocèse, et lui rendit en effet d'éminents services qui furent généreusement recompensés par les honneurs et les dignités
ecclésiastiques dont le nouvel évéque-éla le combla : c'est ainsi qu'il lui obtint le 17 août 1635 une prébende de chanoine de St. Victor à Mayence, et en 1641 un autre canonicat à Selingenstadt , ayec un fief noble.
Dans son intérieur^ d'fiyschen se rendait recommandable par sa yie exemplaire, sa sobriété , sa TÎgilance à remplir ponctuellement les devoirs attachés à ses bénéfices, mais surtout par son amour du travail : il se levait tous les jours à quatre heures du matin et ne se couchait que fort tard. Il jeûnait régulièrement le samedi. Les grands revenus que lui donnaient ses prébendes il les distribuait aux églises et aux pauvres : c'est ainsi qu'il fit construire de ses propres deniers un couvent à Boppart, pour les frères mineurs-recollets ou Franciscains et qu'il ne discontinua pas de fournir aux besoins de ces religieux tant qu'il vécut. Il donna en outre aux religieux du même ordre, à Zons sous Cologne , le bois> les pierres et la chaux nécessaires à l'édification de leur monastère. C'est encore ainsi , qu'ayant amassé par des quêtes une somme de huit mille florins pour l'établissement des Oratoriens dans sa paroisse, il y ajouta mille écus de sa bourse afin de favoriser cette fondation. A Ârlon, son endroit natal, il fit construire la chapelle dite du Rosaire, près de l'église paroissiale dans laquelle il avait reçu le baptême , et y institua une dévotion journalière en l'honneur de la Ste Vierge, dite du Rosaire, en fondant une messe sur cet autel* Cette chapelle, sur la tour de laquelle on voit incrusté le milésime 1634, sert d'église paroissiale depuis l'incendie considérable qai a ruiné l'ancienne en 1660. Il fit faire un mattre-autel pour l'église des Carmes de la même ville et fonda en outre chez ces religieux des anniversaires pour lui et ses parents du nom d'Eyschen, à chanter aux qnatre-temps de l'année.
Nous venons de parler de l'incendie qui a dévoré la ville d'Arlon en 1660. Le chanoine d'Eyschen qui déplorait ce dé-
sastre, voulut contribuer de tous ses moyens à en amoindrir les suites funestes dans la branche d'administration civile la plus importante et qui à cette époque était peut-être la plus négligée , l'instruction de la jeunesse du sexe. Dans ce dessein il projetta d'y fonder de ses propres deniers un couvent de religieuses carmélites qui auraient été chargées d'instruire gratuitement les jeunes filles à lire, à écrire, dans la religion et finalement dans les ouvrages des mains. A cet effet il avait adressé en 1662 au gouvernement une requête dans laquelle il exposait : « que passé «longues années il y avoit un couvent de « pauvres religieuses en la dite ville d'Arc< Ion , qui daps les pénultièmes guerres €( fut ruiné et réduit en cendre avec la plus «grande partie de la ville, et les Stes ft Religieuses ayant été obligées de quitter ce pour n'avoir les moyens de rebâtir^ «leurs rentes furent jointes et annexées à « l'hôpital qui en jouit encore aujourd'hui , « la principale institution des susdites re- « ligieuses ayant été de servir les malades, «instruire la jeunesse dans les fondements « de notre sainte Religion, à lire et écrire ; « et comme le Remontrant est adverti qu'à «raison des dernières guerres et de l'in- « cendie arrivé depuis quelques années en «la dite ville d'Arlon les inhabitants sont «réduits à ce point que de n'avoir les <( moyens de rebâtir leur Eglise paroissiale, « l'hospital, maison du Roy , celle de ville, «école et autres lieux publics qui sont « tous estez brûlez , et que les filles sont « obligées d'aller en la même école que «les garçons ont un même maître ou elles «apprennent plustôt la malice qu'autre «bonne nourriture, il a été touché de «ces malheurs comme bon patriote, et « partant aurait résolu de fonder audit Ar- «lon un couvent de Religieuses Carme- <[ lites et les placer au même lieu oh les «autres religieuses susdites ont cydevant «demeuré, savoir dans une grande mai- « son franche , que passez environ trente- « cinq ans le dit remontrant a acquis des «S" de Nothum, à condition expresse
«d'enseigner les filles à lire et escrire «comme et antres convenables à leur
«sexe »
Cette requête ayant été renvoyée à Tavis du magistrat d'Ârlon, celui-ci a répondu:
« que sa Ma*' pourrait être servie d'accor- « der la demande , à condition de fondep « les dites religieuses suffisamment, les bft- « tir au lieu annoncé , sans se pouvoir ex- « tendre ^ plus avant dans la ville , et « qu'icelles religieuses seront obligées d'en- « seigner gratuitement les filles pauvres et «riches indifféremment et sans qu'elles «soient aucunement à la charge de la «ville, qui sans cela se trouve chargée « des pauvres carmes et capucins. »
A cette apostille le généreux Georges d'Eyschen répondit qu'il consentait à affecter à l'entretien de sa fondation projettée , sa maison à Arlon , primitivement offerte , avec ap et dépendances , un capital de deux mille patacons , quatre censés franches , situées à Eyschen , à Messancy , à Tontelange et à Clémency, plus enfin une dîme à Weiler et les terres , pré^ et jardins provenant de son patrimoine à Arlon j s'obligeant même à augmenter encore la somme de ces libéralités si cela ne devait pas suffire à l'affermissement durable de la fondation. Ces offres furent favorablement appointées par les justicier et échevins d' Arlon ; mais nous ne savons pas si Georges d'Eyschen a pu mettre son projet h exécution, v& qu'il est mort pendant l'instruction de cette affaire par le gouvernement de Bruxelles.
En 1639 le chanoine Georges d'Eyschen avait fait construire dans une des chapelles latérales de la cathédrale de Cologne un superbe autel en l'honneur de St. Etienne le premier martyr de la Chrétienté, et y avait attaché de riches ornements.
Cet autel, qui subsiste encore à son ancienne place, portait une bonne toile représentant la lapidation du proto-martyr , avec la signature de Jean Hulsemann, aô 1639. Audessus on en voyait une autre du même artiste et figurant l'adoration des mages; et finalement, sur le
devant-d'autel se trouvait l'épitaphe du pieux fondateur ; nous la rapporterons en son lieu. Ces tableaux, qu'on a enlevés en 1842, se trouvent actuellement relégués dans la sacristie ; ils seront , il faut du moins l'espérer, replacés lorsqu'on s'occupera de la restauration intérieure du monument.
D'Eyschen aimait à célébrer Tofflce divin sur cet autel auquel il a annexé une fondation de soixante écus, assise sur sa maison enseignée à la pierre bleue, pour une messe journalière.
Il ne fut, du reste, pas moins libéral envers sa famille : il fournit une dot à deux de ses nièces lorsqu'elles entrèrent chez les Carmélites-déchaussées, dans la Kupferstroise, à Cologne; et il donna en outre à ce monastère un fonds de quatre mille écus en reconnaissance de ce que ces nièces s'y étaient vouées à Dieu. De plus encore, il affecta dix-huit écus de rente, assis sur le trésor de la ville de Cologne, pour un anniversaire à célébrer dans l'église de Sainte-Cécile, en mémoire de son frère Jacques (v. son art) qui y avait été chanoine.
Finalement , afin d'engager ses neveux et leurs descendants à l'étude des sciences et des lettres , il constitua pour eux , par acte autographe du 1*' mars 1639, deux bourses qu'il annexa au collège dit Ifontanum. A leur défaut il a établi qu'elles peuvent être défructuées par deux jeunes gens peu moyennes , natiCB d' Arlon on du Pays de Luxembourg. Ces bourses, qui subsistent encore mais dont les revenus sont considérablement réduits par suite de la vente en date du 12 août 1735, au prix de mille Dalers, du bien-fonds destiné à les servir, et ce contre la volonté expresse du fondateur qui avait déclaré la censé de Widdig au pays de Cologne inalliénablement attachée à sa fondation, et ensuite des événements politiques de la fin du dixhuitième siècle, rapportent actuellement soixante- quatorze écus de Prusse. Dans l'acte de fondation, qui est scellé des armes du fondateur, l'ainé de la famille, portant
nom d'Eyschen, est établi collatenr de droit^ sous la réserve toute-fols de la confirmation définitiTe de la part de Tadministration des stipendes à Cologne. Ces bonrses ont été transférées aux universités prussiennes depuis la suppression de celle de Cologne.
La fondation dont nous parlons ici , renferme un passage marquant que nous nous ▼oyons engagé à transcrire, parcequ'il tend à dépeindre le caractère du fondateur qui voulait que ses bénéficiers fussent pieux^ mais aussi et également instruits ; c'est-àdire qu'il exigeait que ceux qui jouiraient de ses bienfaits possédassent la véritable piété, celle qui est raisonnée et en même temps basée sur la conscience comme sur la conviction, non cette bigotterie de bouche qui n'est souvent que de la véritable hypocrisie. Voici ce passage : a Intérim volo et ft ordino , ut qnicumque hujus meœ funda- « tionis fruentur, tempus inutiliter ne perce dant, sed pielatem cum litleris eonjun" «gant, leges et statuta gymnasii sollicité «custodiant, preces a Régente praescripcctas religiosè dicant, meum et parentum «imeroum salntem apud Deum promove- « ant. »
Finalement, ces bourses 'peuvent être utilisées sans limitation de temps pour l'usufruit, à l'étude de la philosophie, de la théologie, du droit ou de la médecine, et ce jusqu'à l'obtention du grade de Docteur dans l'une ou l'autre de ces branches des connaissances humaines.
La suœession des événements aurait exigé que nous rappellassions plus haut une circonstance de la vie de ce grand homme, circonstance qui ne fut pas moins honorable pour lui que ses titres ecclésiastiques ; nous voulons parler de son anoblissement en 1627, par l'empereur Ferdinand II :
Georges d'Eyschen accompagnait son Mécène, le prince François de Lorraine, évêque-élu de Verdun, lorsque celui-ci alla faire la reprise de la principauté de ce nom des mains de l'empereur dont la terre de Verdun ressortissait ainsi que Metz, etc., avant la conquête qui en fut faite par l'insatiable et astucieuse ambition des mo-
narques français. Â l'entrevue qu'il eut à cette occasion avec Ferdinand II, il sut si bien plaire à ce prince que celui-ci lui fit expédier des Lettres de noblesse pour lui et ses collatéraux ainsi que les descendants de ces derniers, avec octroi des armes suivantes : Un champ d'azur à la croix alézée d'argent, cantonnée de quatre étoiles à six raies du même. Heaume sommé d'une couronne de comte. Cimier :
une aigle simple, éployée, d'argent.
Cette libéralité impériale s'étendait également sur son père qui fut nommément compris dans les Patentes anoblissantes, parce que ayant suivi son fils à la cour, et cela par attachement à la personne de l'empereur , il aura été jugé digne de la même faveur. Et en eCTet, si nous en croyons les documents authentiques que nous avons sous les yeux, il demeurera certain que la famille Ëyschen, qui d'ailleurs était déjà alors très-favorisée de la fortune et qui en même temps avait une grande influence et possédait plusieurs biens nobles, tels que Eyschen et Niederpallen, s'était depuis des siècles distinguée par sa fidélité aux souverains légitimes du Pays.
Le chanoine Georges d'Eyschen, fidèle à Tamitié qu'il avait vouée au duc-évêque François de Lorraine, partagea résolument toutes les tribulations que ce prince eut à endurer à cause de ses protestations contre l'envahissement de ses états et de ses droits par la France. Dans l'épitre dédicatoire d'un de ses ouvrages que Georges d'Eyschen a adressée à François de Lorraine, il remercie ce prince pour lui avoir procuré la noblesse de la part de l'empereur.
Il se peut, en efi*et, qu'il Tait due en partie à l'élu de Verdun, mais nous avons lieu de croire , et avec raison pensons-nous, que ses mérites personnels y ont été pour la plus grande part.
Georges d'Eyschen mourut pieusement, comme il avait vécu , le jour même oii il entrait dans sa soixante-douzième année, c'est-à-dire le 19 février 1664. Il fut inhumé devant les marches de l'autel de St. Etienne qu'il avait fondé et doté dans
la (Cathédrale de Cologne où on loi plaça répitaphe suivante, gravée sur le devant même de Taatel, mais qu'on a enlevée dans les derniers temps :
ÂB Dbi Optimi Maximi Majorem Gloriam, DBiPÂBiE Sanctoruhque ânnje, Stephani,
[SS. Regum,
SlLYESTRI, CUNIBERTI, GeRBONIS , SeBAS-
[tiani , RoGHi , Barbarie, Georgii honorem posuit hoc monumen-
[tum vivens
adm. Rdus. Nobilis et Exihius Dns.
GEORGIUS AB EYSCHEN, Arlunensis,
SS. Theol. Licbnt. Metrop. Golou. Ec-
[cLEsiiE Presbttbr Camonicus Capitula-
[ris, ad s. joannem evangelistah in curia
[Pastor,
Serenissimi et Reyerendissihi Ducis
[Francisci a Lotharingia Episcopi
ET GOMITIS ViRDUNEN. DeGANI HUJUS Mb-
[trop. EccLBsiiE Elebmostnarius, Anno Domini Millbsimo sbxcentbsimo
[tricesimo nono IN festo oium SS. Obiit ybro die 19 Fbbruarii Anno 1664,
iETATIS SUiE 72.
Gui ANIMA Deo semper ytvat.
Nous venons de voir les bienfaits que Georges d'Eyschen a laissés à FEglise et k sa famille, ainsi que les honneurs dont il a été comblé lui-même ; nous ajouterons les titres de ceux de ses ouvrages que nous sommes parvenu à découvrir : 1° Leben der H, Ley-Schwester Mariœ von der Menschv^erdung, Stiffterin des Carmeliter-Ord. in Frankreich; auss frantzoesischem verteust durch H, Georg. von Eyschen. Cologne; Bernard Gualthen, 1630. — 20 passio D. N. Jesu-ChrisU secundum quatuor Evangelistas descripta, et Commentario quadruplici in quatuor Aulis illustrata per mille ac centum discursus, intellectus ac totidem cordis afFectus, auctore A. R. D. Géorgie ab Eyschen,
Arlunensi, SS. Theol. licentiato, quondam ad S. Joannis de vinculis Pastore, ddqc Ecclesiae Metropolitan» Coloniensis Canonico, presbytère Capitulari ac Seniore.
Coloniœ, apud Joannem Busœum, 1656;
in r.
Ces deux ouvrages ont été dédiés par leur auteur à son bienfaiteur, le Prince François de Lorraine, évéque-élu de Verdun.
Vin martres, I» N« 9i.-PinftBT, I, fohLXIV.— ULVBLua , S8. — Jof. EUaTsana , Bibliot&eca col*nîeniif 9 92.— Fa. Joi. v. Biahco, Die eLemUige Un*- Tertitsel nnd Gymnasien za Cœln, so wie die an diesc Leliranstalt angelsiiapfke StndieDi tiflangen, tod ibren Unprange bit auf nnsere Zeit — D*Havb, Historîsclic Beschreibang der berûhmteii Domlûrcbe *n Cœla am Rhein. — DocomenU aalbentiqneSt commaniqaëa par M. le Conseiller Eyschen, ancien administrateur générai de la Jastice et eoUateor deê bourses de son nom. — IVcuharn, Les antears iaiemboargeoîs , 30. — D. GALsar, HisL de Lorraine. — t. Etscbbs» dargestellt Ton N.-J. Baaisaoapp $ dans : Publie, de la Soc archéol. de Lnxembg. 1858, T. XIT, 144, sqf.
EYSCHEN , Jacques d'j était frère de Georges qui précède et aussi pieux que ce dernier, si nous en croyons Fauteur du manuscrit des Viri illustres qui le mentionne en ces termes : a 1653. Jacobus ab «Eischen Ârlunensis, Frater Georgii et « quondam pastor in Metzig , moriens Co- <( loniae Âo 1653, Monasterio Sanctœ Cœ- «ciliae in quo habitabat et est sepultus « legavit 2000 Impériales Daleros et Vir- ((ginibus Carmelitanis Treviris 4000 Im- « perialium Dalerorum in augmentum Funa dationis. »
Nous n'avons qu'un court commentaire à ajouter à cet attide : le nom du yiUage oit Jacques d'Eyschen a été d'abord curé s'écrit bien Metzig , Messancy , non Mertzig comme quelques personnes le croient.
Plus tard , vers 1643 , il obtint un cànonicat au chapitre de Ste. Cécile , à Cologne où il a été résider depuis lors, oii il est mort et a été inhumé. On sait que cette collégiale est la plus mémorable comme la plus ancienne Eglise de Cologne , fondée dit-on par St. Materne lui-même. L'église souterraine primitive ou la crypte subsiste encore ; mais le monastère sert aujourd'hui d'hôpital.
Il paraît enfin que, comme son frère, Jacques d'Eyscben a vécu pendant plus ou moins longtemps dans Fintimité de François de Lorraine, ëTéque-ëlu de Verdun. M. le conseiller Gb .-G .Eyscben (y. son art.) parent du personnage qui nous occupe, a eu ÏV bligeance de nous communiquer un acte du 10 septembre 1650 par lequel Jacques d'Eyscben a fondé six messes pour cbaque semaine de Tannée , plus un anniversaire pour le repos de son âme, le tout à dire ou à chanter au monastère des Carmélites déchaussées in der Kupfergasse à Cologne:
Pour le service de cette fondation il a affecté une créance de 2,500 écus sur la Tille de Cologne. Hors de ce capital il disposa néanmoins qu'une certaine somme serait annuellement distribuée aux pauvres,
plus vingt écus qui resteraient audit monastère en guise d'aumône, afin d'engager les religieuses et les pauvres à assister à ces services. II devient dès lors vraisemblable que Tauteur du manuscrit des Viri illustres aura confondu le monastère des Carmélites de Trêves avec celui de Cologne. Le même personnage avait également fondé le 24 juin 1627 un anniversaire dans Téglise de Metzig , Messancy , oii il était alors *cnré; ce service à chanter le samedi après la fête de Tassomption.
Viri UlostKt» I, N» ISfi. — HAtTZBiia, BiblioUieca coloniensis. — MBnmcrils Clohbs. — Nbchavii , Les anteun loxemboiirgeois, 50; note I. — Actei aatlieiitiqnet comnraniqQés par M. le C^naeiller Eyachen de Luxembourg.
FABER, Georges, né à Hosingen, le 11 février 1771 , était fils de CbréUen Faber justicier et officier de la seigneurie de Clervaux et de Marie - Catherine Genin.
Georges Faber fit ses humanités au collège thérésien de Luxembourg où il se distingua par ses progrès et sa conduite exemplaire : nous avons eu entre les mains son certificat de philosophie qui le dit «juve^ « nis eximius virtute ac doctrine. » Il était jeune encofe , ayant à peine vingt-cinq ans , lorsque les armées de la république française vinrent envahir le pays et y introduire ce qu'on nommait alors le r^ime nouveau. Faber fut remarqué par le commissaire du pouvoir-exécutif comme un jeune-homme intelligent et rempli de connaissances ; il fut chargé de faire Tinventaire des meubles et des propriétés du couvent supprimé de Hosingen ainsi que des églises et chapelles séquestrées dans le canton. Il sut exécuter cette commission avec le tact le plus délicat ; et maints édi-
fices consacrés au culte furent par ses soins préservés de la vente k laquelle les lois de la République une et indivisible les avaient voués.
Peu de temps après un de ses frères ayant acquis le château de Willz qui avait été saisi sur le comte de Custine , émigré, Georges Faber obtint la cession d'une part dans ce bâtiment , la chapelle et la brasserie, qu'il convertit en habitation pour lui et sa famille.
Sous l'Empire il fut membre du Conseil d'arrondissement. Nommé juge de paix du canton de Wiltz, en 1818, il remplit ces fonctions délicates jusqu'en 1852, c'est-à-dire pendant trente-quatre ans et aussi longtemps que ses forces le lui permirent: Pendant cette longue magistrature il sut par son influence sur ses concitoyens et par son canictère aimable et conciliant , prévenir beaucoup de contestations et rendre de grands services.
Choisi en 1821 membre des Etats provinciaux pour l'ordre des villes, il mon-
tra en plusieurs circonstances cette indépendance qui Ta si bien à un mandataire du peuple. Il siégea dans cette assemblée jusqu'en 1830.
Après la révolution belge Georges Faber fut encore chargé d'être un des représentants du canton de Wiltz au Conseil proyincial d'Ârlon; et là comme à Luxembourg il ne faillit en aucune occa* sion importante de se ranger du côté de ceux qui ayaient à cœur les intérêts de leurs commettants : Il faisait encore partie de ce corps lorsque par le traité de Londres le Pays se trouva menacé d'être séparé en deux , et il ne fut ni le dernier ni le moins énergique à protester contre ce morcellement entrepris par la politique.
Ses efforts dans cette circonstance ne touchaient pas le Souverain qui devait désormais gouverner le Luxembourg ; ils étaient uniquement dirigés contre la lacération d'une province qui depuis tant de siècles et malgré tant de vicissitudes était restée une; en un mot il aurait voulu voir le Grand-Duché un et unique, soit sous la domination de la maison de Nassau-Orange soit sous le sceptre du Roi des Belges ; et en cela, a-t-il dit souvent, il croyait avoir combattu à bon droit, parceque la population entière le demandait ainsi. Les vœux de Faber n'ayant pas été couronnés du succès désiré il se résigna , comme ce philosophe qui n'ayant pas réussi à convaincre son auditoire que Thomme est né libre et perfectible, et prit le parti de ne plus prêcher à des sourds.
Lorsque le bon roi Guillaume II octroya au Grand-Duché la Constitution d'Etats du 12 octobre 1841 , Georges Faber ne put être oublié dans la première nomination des membres de ces Etats que le Prince s'était réservée ; et il y siégea jusqu'aux événements de 1848 oii son grand âge ne lui permit plus d'accepter un nouveau mandat pour la Constituante» Cependant encore alors, c'est-à-dire pendant les sessions de 1842 à 1847, il se trouva constamment rangé parmi les membres qui sans faire opposition au gouvernement.
combattaient dans l'intérêt des administrés:
c'est ainsi qu'on le vit entr'autres voter contre le chiffre exorbitant d'une liste-civile hors de toute proportion avec les ressources réelles du Pays; c'est ainsi encore qu'il a fait partie de la minorité lorsque la vente du dernier domaine du Luxembourg a été décidée dans la séance du 12 juin 1847 ; et avec ses collègues il a demandé formellement à ce que son vote négatif fût consigné et inséré dans le compte-rendu officiel.
Cette opposition qui n'avait rien de systématique , ne lui aliéna pas la haute estime de son Souverain , puisque le 4 septembre 1845 le Roi Guillaume II lui conféra la décoration de son Ordre luxembourgeois de la couronne de chêne.
Pour dessiner enfin en quelques traits le caractère de Georges Faber^ nous dirons que ses vues étaient justes et éclairées.
Franchement dévoué à son Pays on ne le vit jamais faillir sur la brèche lorsqu'il combattait pour ses concitoyens ; et en plus d'une circonstance il a su élever une voix énergique pour défendre leurs droits ainsi que pour sauvegarder leurs intérêts.
Ce que Faber a été pour son Pays il le fut aussi pour sa commune adoptive. Siégeant pendant un grand nombre d'années an Conseil municipal de Wiltz il mit tout ce qu'il y avait de dévouement dans son bon cœur au service de ses concitoyens. Et jamais, dans les circonstances difficiles , dans les calamités publiques, il ne trouva de sacrifice au-delà de ses forces , comme jamais , on peut le dire sans crainte , il ne dépendit de lui que toutes les misères ne fussent soulagées; toujours aussi il s'est associé de cœur aux véritables mesures d'utilité publique.
Placé pendant la plus grande partie de sa vie à la tête d'importants établissements industriels de tannerie et de fabrication de colle-forte, il sut toujours allier les exigeances du commandement aux égards les plus paternels dus à la dasse ouvrière.
Pendant ses dernières années et malgré son grand âge, toute la gaîlé et toute
la franchise d'an noble cœur brillaient encore sur sa yénërable figure , une des plus belles que Fidëal puisse s'imaginer.
Après plus de trois -quarts de siècle d'une existence utile, Georges Faber s'est éteint le 26 mars 1856, avec le calme souriant d'un homme qui a bien rempli la tâche que le créateur lui avait assignée :
Son ftme, toute imprégnée de cette douce charité qui fut une de ses belles vertus^ s'est envolée au milieu d'un concert unanime de regrets arrachés à toutes les classes de la société ; car on peut dire de lui : Cet homme n'eut pas d'ennemis.
Georges Faber avait épousé le 24 novembre 1797, Ânne-Marie Servais, morte longtemps avant lui et qui lui avait donné une nombreuse et très-honorable famille.
-JourBaux du tenpf. — SouTenin contemporaint. — Iteafcignenenti fosniif • — ArchiTei au gou? ernevemt du Gniad-Duché. — ArchiTcs de U commune et dm Bureau de rearegiftremeat ~ Comptes- reudui deo scaneet des Etats dm Graad-Daché, années 1849 à
Faber, Gérard; v. SCHMID^ Gérard, dit Faber.
FAING, la famille du, connue dès le douzième siècle, tire son origine des Comtes de Duras et son nom de l'ancien manoir de Faing près de Jamoigne.
Cette famille, de nom et d'armes , est une de ces rares maisons patriciennes du Pays-Duché de Luxembourg et Comté de Chiny qui se soit continuée jusqu'à nos jours, «alliée par mariages à plusieurs « nobles anciennes maisons tant des dits (( pays et de Lorraine que d'ailleurs. »
Nous avons fait imprimer dans le volume de l'année 1854 des Publications de la Société pour la recherche et la conservation des monuments historiques dans le Pays de Luxembourg une Notice entière et complète pensons-nous, sur la Généalogie historique de cette famille distinguée qui porte : d'or , à l'aigle de sable , au vol élevé, becquée , languée et membrée de gueules. Cimier : un bras droit de carnation, vêtu de gueules, au rembras d'ar* gent. Supports: deux sauvages couverts
de feuilles de lierre de sinople, tenant chacun une banderoUe;' celle de dextre :
aux armes de l'écu ; celle de senestre :
de gueules, au sautoir ou chevron d'or.
Cri : Phaél, Phaël !
Elle a compté quatorze générations ou degrés, depuis son origine positivement établie jusqu'à son extinction dans les mâles en l'année 1855, dans la personne deHenri- Ântoine-Joseph-EIoy du Faing, Conseiller à la Chambre des Comptes du Grand-Duché, décédé le 17 mars 1855. Il n'existe plus aujourd'hui de ce nom que Dame Anne- Elisabeth-Henriette-Désirée du Faing, supérieure de Tassociation de St. François à Luxembourg , oii elle porte le nom de Sœur Francisca.
NiTBii, Histoire de la Daronie de Jamoigne eC de set Seignenrsi avec la généalogie complète de lemrs maisons $ dans : l*uLlications de la Société archéologique de Luxembourg, T. X, 81 à 108.
FAING , Gilles du, fils atné de Jean du Faing, dit de Tassigny, seigneur du Faing, Linay, la Crouée et Griffomont, Gouverneur- Capitaine- et- Prévôt du Comté de Chiny, et de Françoise de Cugnon*St.- Erpigny, dame foncière d'Ethe-Belmont, naquit au château de son nom, à Jamoigne, vers Tannée 1560.
Le manuscrit des Viri illustres a consacré à ce personnage les lignes suivantes :
« 1627. Âegidius du Faing Civis et Domi- (c nus Consiliarius Equestris in Consilio c( Luxemburgensi ob legationem ad regem ce Daniae et bonam Rem publicam navatam « operam creatus Baro a Jamoing. »
Comme cela était de coutume à cette époque chez la noblesse, Gilles du Faing commença sa carrière publique par les armes en entrant, après avoir fait ses études, en qualité de volontaire avec quatre chevaux dans un régiment haut-allemand.
Quelque temps après il passa capitaine d'une compagnie et assista, entre les années 1685 et 1689, aux sièges d'Anvers, de Grave, de Venloo, de Zutphen, de Berg-op-Zoom , de Rhinbuchel, de L'Ecluse et de nie de Bommel.
En 1690 le duc de Parme appréciant
son mérite renvoya à la Cour de Philippe II oii il résida cinq ans et fut employé aux affaires diplomatiques concernant les Pays- Bas et la Ligue. A son départ d'Espagne le roi, Toulant lui témoigner sa satisfaction pour ses loyaux services, le fit armer Cheyalier par le prince son fils, le 26 septembre 1595, et lui remit comme souvenir une chaîne d'or de la valeur de quatre cents écus, outre une gratification de cent ducats.
De retour dans les Pays-Bas, Gilles du Faing fut d'abord attaché à la Maison de FArchiduc Albert, et Tannée suivante, 1696, il entra au Conseil provincial de Luxembourg en qualité de Conseiller noble ou de courte-robe. En 1600 il sucèda au colonel de la Bourlotte dans les fonctions de Capitaine-Prévot et Gruyer du comté de Ghiny et d'Etalle ainsi que dans celles de Gouverneur de Florenville, emplois auxquels fut. Tannée suivante, 1601 , ajouté celui de Juge-Député-ordinaire des assises ou hauts-jours de Marville et des Terres-Communes.
En 1612 le roi Philippe III Tenvoya en Danemarc pour présenter à Christian IV et aux princes ses fils les condoléances de son souverain sur la mort de la reine ; et Tannée suivante il fut nommé du Conseil de guerre. En 1617 il fut encore pourvu de la charge de Souverain-Bailly de Flandre et six ans plus tard, c'est-à-dire en 1623, le roi Philippe IV, en récompense de quarante ans de loyaux services rendus à sa Maison dans les différentes fonctions et missions qui lui avaient été confiées, le créa Baron de Jamoigne, du nom de la terre dans laquelle était enclavé le manoir de ses ancêtres et que TArchiduc lui avait cédée en 1619 avec la haute-justice, en échange des ban et seigneurie de Griffomont. Finalement il obtint en 1630 son entrée dans la salle des Cardinaux pendant les audiences solennelles, honneur le plus insigne qui pût être accordé à quiconque n'était pas prince, puisqu'il lui conférait en même temps le droit d'être assis dans
les voitures de la Cour à côté des têtes couronnées.
Outre Tanibassade dont Gilles du Faing fut chargé en Danemarc il semble qu'il doit avoir été presque constamment en mission pendant la longue période d'années qu'il a été voué au service de ses princes, puisque comme il le dit luimême dans une note ou état de services qui nous est resté de lui , il a été envoyé à vingt-six négociations diplomatiques , tantôt en France , tantôt en Lorraine , à Juliers , à Liège , en Allemagne et ailleurs y sans compter les diètes impériales, les conférences , les députations , les traités y envois, voyages, etc., auxquels il a pris part et dont le nombre monte à soixante-huit.
Cet habile diplomate qui a servi sod Pays sous trois rois , Philippe II, III et IV, ainsi que les archiducs Albert et Isabelle- Claire-Eugénie , a laissé à la postérité la réputation d'un homme doué d'une extrême prudence, de beaucoup de fermeté de caractère, mais surtout d'une sagacité très grande à éclaircir et à applanir maintes difficultés qui au premier coup-d'œil semblaient ne pouvoir être résolues que par le sort des armes. Aussi les archives publiques de son époque renferment-elles une infinité de documents importants qui furent son ouvrage et qui tous démontrent combien était justifiée l'immense considération dont il jouissait à la cour de Madrid , mais surtout à celle de Bruxelles.
Gilles du Faing est mort le 2 décembre 1633 3 à l'âge d'environ soixante-treize ans, et fut déposé dans le caveau qu'il avait lui-même fait ériger pour sa famille dans la chapelle de S'^ Marguerite annexée à la cathédrale de S^ Bavon de Gand. Une grande pierre bleue , attachée à la muraille de cette chapelle , portait ses armes : d'or , à Taigle de gueules ; timbré d'un bras vêtu de gueules, à la main droite ouverte , de carnation ; ses huit quartiers et son épitaphe , que nous transcrivons ici:
HtC SITUS EST PERILLUSTRIS NOBILIS ET GENEROSUS BONI-
[nus , D. iEGIDlUS DU FAING,
EQUESTRIS FAMILIiE ET ORDINIS BARO A JA^
[moigne y
TOPARCHA DU FAING , HASSELT , LINAY ,
[marckegem ,
HOTEN, VRYE, RYE , ET REGI CATHOLICO A CONSILIO BELLl ET
[AULiE j PALATINUS SERENISSIMORUH ARCHIDUCUM