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IVS IVC SECVNDIN 'SAVII II VVS
[ET SECYNDI NIV CCA RVS PAR NI IBVS 1 1 VN I IS
[ET I I VIAI RIN ERYNT.
Il ajoate quHl a été coodait à ce résultat par les motifs saiyaDts: si Foa examine avec soin les restes de cette inscription, dit-il, on remarquera qu'elle renferme trois espèces de caractères de différents ftges , mêlés aux lettres primitiyes , et placés les uns au-dessus les autres au-dessous, les autres enfin entre ces lettres. Que les unes sont réellement romaines et profondément gravées, tandis que les autres sont imitées avec peu de soin ; les dernières enfin très-mal formées , et plutôt grattées sur la pierre que gravées. Passant ensuite au recensement des lettres et de leur ftge présumé et relatif, il ajoute que, de la première espèce sont: D. T. VOCA'^ peut-être encore LGY de la première ligne ; NO à la fin de la seconde ; AIC.
EL PYBL. PA. de la troisième; CAIAE de la quatrième ; peut-être encore HACE- DON de la cinquième ; SECYND de la sixième , ce que cependant on ne saurait affirmer, parce qu'il s'y trouve des lettres qui sont plus gâtées que les autres.
Les lettres AT; à la fin de la première ligne ; I YC et ERYNT de la sixième , sont assurément de la dernière espèce , et tracées par une main peu habile.
Il est étonnant qu'entre les lignes, même entre les lettres et les mots on trouve des restes ou des traces d'autres lettres ; ce qui prouve évidemment que la première écriture doit avoir été effacée.
Le plus grand comme le principal changement que cette inscription a subi, se trouve dans la tettre M que quelqu'un a formée avec peu d'art hors de TA, parce qu'il ne savait pas expliquer le sens des lettres D. T. Par là la nature même de l'inscription a non seulement été changée
en D. H. (Dlis Hanibos) , mais encore celle du inonument même.
Les plus anciens auteurs qui nous ont transmis cette inscription, ne se sont pas hasardés d'en compléter les premières lignes: Cependant Brower a ajouté dans la première: T. SECYNDINO SECYRO; dans la seconde : Ei; SECYNDINO AYEN- TINO; et enfin da^s la troisième : FILIS SECYNDINI , etc. f^ Alexandre de Wiltheim y fit de nouvelles additions, plaçant dans la première ligne: ET YOCATLE; dans la seconde: CONIYGI EIYS. — Cependant YOCA'^ se trouve si près placé de IM qu'il est impossible d'intercaler entre eux la finale TliE.
De la manière dont ces auteurs s'y sont pris, il y a intercalation évidente des noms de trois personnages qui ne s'y trouvaient pas primitivement; et ce sort, Tinscription originaire l'a vraisemblablement subi plusieurs fois, comme cela parait résulter de la diversité des caractères qu'on y reconnaît. Pour convaincre davantage, l'auteur renvoie à la version donnée par Bertels comme terme de comparaison ultérieure. D'un autre côté, ajoute-t-il, Ortelius y a trouvé des lacunes qui n'existaient plus du temps de Brower ni d'Alex, de Wiltheim , qui, ce dernier les a trouvées remplies : Il faut dès lors conclure qu'on a fait de temps en temps des additions à cette inscription qui ne se composait primitiyement que d'abréviations: Les lettres LCY de la première ligne et SE- CYND à la fin de la sixième, de même que quelque tombeaux de Secundins que l'on a découverts dans les environs y auront donné lieu.
Personne n'a encore donné fidèlement la dernière ligne de cette inscription, puisque tous les auteurs indistinctement en ont, les uns omis des lettres , les autres des mots entiers pour la faire concorder avec leurs systèmes respectifs d'interprétation. Si cependant on voulait composer un sens avec les lettres : II YI YIAL RIN ERYNT, on pourrait compléter comme suit:
lui VIR viAL. T. behOVAVbrviit.
Par raddiUon IIII VIRI , Fanteur de rinacriptiott aira Toula faire passer les SecBBdios pour des honmes importanU.
En général, continue Lorent auquel noua avons emprunté tous ces raisonnements^ il n*y a ni goût ni style dans cette inscription ainsi complétée; on n'y trouve pas cette précision qui était propre aux Romains, lesquels n'omettaient jamais, surtout sur les tombeaux de personnages marquants de même que sur les monuments , d'ajouter Tétat et le caractère des défunts ainsi que Tépoque et les consuls sous lesquels ils ont été construits: Il dcYient par conséquent très yraisemblable que cette inscription a été placée après coup ; au moins il semble qu'elle n'existait pas du temps d'Ausone, sans cela ce poëte ou tout autre historien romain ou trérirois de cette époque en aurait fait mention.
A la fin de sa dissertation, Lorent a k son tour, complété cette inscription h sa manière, c'est-à-dire pour l'arranger k son système. Voici sa version qui diffère du tout au tout de celles des autres auteurs :
D. T. sECVritas. trbver. eeVOCATIU
CASS. GBRMANIC. DRVS. F. TIBBB. PBIVIGNO AVG. N« R. BXBR. IMP. rEI. PVBLIc. PA CATAE. CONsbry. galliar. dbfbnsor.
inyictiss. albxaifdr. macedon. iemvl.
ob. agrippin. pvbbp. hic. caium. secvd bkixab. bx. d. sbnat. alipl. c. p. q. trbv.
coss. c. gbrman. bt. c. font. capiton.
Et il la rend comme suit:
In honorem Domûs Divinœ.
Dicavit Tilulum Securitas Trecirorum revocaia Cœsari Germanico Drtui filto^ Jtherii privigno^ Augusti Nepoii, Romani exercUûs ImponUori, Reipublicm pacalœ Conservatori, Galltarum Defensori invietissimo, Aleœandri Macedonis œmulo; ob AgrippincB puerpertum hk Cajum seeundum enixœ, ex Dtereto Senatûs Amplisstmt, Curia Populusque Trevirorum; Consulibuê C. Germanico et C. F. Capitone.
Pour terminer , nous ajouterons que les figures des quatre faces, que notre auteur a ajoutées à son ouvrage, ne sont ni de la dernière fidélité ni d'une exécution achevée ; plusieurs même , lorsqu'on les considère sous ce dernier point de vue , ressemblent à des caricatures;, elles se trouvent d'ailleurs accomodées au systèone qu'il cherchait à faire prévaloir.
Si nous avons cru utile de donner ici une appréciation un peu détaillée de cette composition, c'est parce qu'elle ne se trouve plus dans le commerce , et que les auteurs les plus modernes de descriptions du monument d'Igel rappellent l'opinion émise par Lorent comme une des hypothèses en assez grand nombre qui ont été proposées pour déterminer le sens de ce monument, sans que jusqu'ici aucun d'eotre eux ne puisse se flatter d'y avoir réussi d'une manière absolue et sans crainte d'objections fondées sous l'un ou sous l'autre rapport.
Dr Nmibobi, AbbiMnng des rttaiitcbea WoavacBts m Igel, gcseicliBet une lîtiMgrapbirt t«b Cbmispk Marwîcli, mit eiaern crisntemileii Texte; Tffè?ci« 1826, paMÎm. — t. HAurr, PaseraBB tqm Trier umà •einen Umgeliaiigeii, 871. — HnitoBT, Naekrieliteii «cber die «Ites Trierer, 110, note 7. ^ t. SveASBUc, Oer Heselttrom vos Mets bis CobleBx» 0tf , aq^. — WTTTBMBAaip Eeebcrcbef sur les aatîqwlët romaiacs de la VBllëe de la MoseUe de Trêves, 951 à 119.- Gests Treviromm, III, 991. * Losbrt, Csjvs Ifola, ete., eité dsM le tette. — Notes eoBmnBÎqiiéM. ~ HoLLBB, BcsclircibfiBf des SaBèrtliBles, 54.
Louis de Luxembourg -Ligny; v. LUX- EMBOURG-LIGNY, Louis de, k l'Appendice.
LUDOLPHE, dit d'Enschringen, descendait de la famille noble de ce nom, originaire de l'Eiffel Luxembourgeoise, et qui possédait le castel de Rittersdorf dans Tancien district de Bittbourg.
Ludolphe, fils de Jean d'Enscbringen et d'Agnès de Bittbourg, lesquels époux vivaient en 1425, s'adonna à l'étude du droit et prit le bonnet de Docteur-ès-arts k Erfurt , celui de droit canon k Rome, et finalement celui de droit civil à Ferrare. Il devint de plus doyen de la collégiale
-^ 3ai —
de St. Paulin et prëyôt de celle de St.
SimëoD, Time et Fantre à Trêves ; fat poarva d'un canonicat k Liège et de la dignité de prévôt de Ste. Croix pria de Mayence.
Finalement, Temperear le créa comte du palais impérial et de celui de Latran. Il fut aussi et successivement professeur, recteur et vice-chancelier de TUniversité de Trêves , ainsi que recteur temporaire de la paroisse d'Echtemaoh , laquelle était attachée à la dite université.
Ce grand homme remplit ces diffârentes dignitâ avec la plus grande distinction et sut se foire estimer de tous, surtout de rArchevèque-Electeur de Trêves, Jean II, né marquis de Baden qui, disent quelques auteurs dignes de foi, le nomma également son chancelier : Et en effet ses vastes connaissances le rendaient digne de tant de distinctions.
Ludolphe d'Enschriogen fonda en liSG, et dota richement le monastère de la Ste Croix , au lieu dit L'Hôpital , près de Welschbillig. Il le plaça sous la Règle de St. Augustin et le voua à Sainte-Hélène, d'où lui vint le nom de Helenenbtrg , mont de Ste Hélène, que son emplacement a retenu jusqu'à nos jours. Ce monastère obtint en 1488 plusieurs beaux privilèges de Parchevéque Jean II de Trêves ; et en 1495 la fondation en fut confirmée par l'Empereur Maximilien I , à la prière du fondateur. Enfin en 1491 Tarchevéque voulant reconnaître les éminents services que son chancelier lui avait rendus lui conféra en fief perpétuel, pour lui et ses héritiers des deux sexes portant son nom, plusieurs grands biens à et près de Trêves.
Ludolphe d'Ensohringen mourut riche de mérites et d'honneurs, le 5 mai 150K, et fut inhumé dans le chœur de l'église du monastère de Helenenberg qu'il avait fondé comme nous savons, et oh l'on voyait encore sa pierre tumulaire en 1820.
I^ famille d'Enschringen portait : d'or, à quatre burelles de gueules , au lion naissant de sable, la queue fourchue, brochant sur le tout. Cimier: un buste de femme allé.
Al H««TUiM, Hûloria TreWr. dipUm. II, 396, 552, 467, 495 et ttSI. — Geita Treviroram,, II, Bot, G.; et Anootat, 98. — t. Steammag, Masinii Metropotia Eccies. TreTerics , I, S04 et 215.^ D. CaLitst , Gfttai« des antenn lorrains. — Babscv , Editiov de TEiaia iiliutrata, de Scfaannat, II, pars priar, i06, sq i III, pars altéra, g. S. 558.- Adress- Kalender de Trêves, 1844, 266. — PiaaagT, III , au mot EoschriBi^en.
LUPOVISI, Mathias, ou plutôt Jean- MathxaSf est né à Burg-Linster , sur la fin du dix-septième siècle. Ses mérites le firent créer chevalier du Saint-Empire, Patrice romain. Baron de Hongrie , Premier Conseiller actuel de la Chambre aulique des finances de l'Empereur et finalement secrétaire intime de l'Archiduchesse Marie-Elisabeth, Gouvernante générale des Pays-Bas.
Par Patentes du 23 octobre 1734, Jean- Malhias Ludovisi et son frère Pierre Ludovisi obtinrent confirmation de chevalerie de Tancienne noblesse du Royaume de Hongrie, et de Tadoption du nom et des armes delà Maison d'Orley, avec supports. On sait qu'Orley blasonnait : d'argent^ à deux pals de gueules, lesquels Ludovisi écartela : aux 2 et 3 : d'argent, à cinq burelles d'azur, au lion de gueules, couronné d'or, la queue simple. Cette adoption avait été consacrée par un acte direct du 4 novembre 1724. Depuis, les frères Ludovisi se sont écrits : Ludùnisi d'Orley et de Clarenz.
Mannscrits Glomis. — CJaciMBUca.— Jjaaias, Liste des titres de noblesse, cte., M. — Arehires dn Si^a des nobles de Luxembonr^
LUDWIGH, dit Sentz; deux frères de ce nom , natifs de Bindscheid au cercle administratif de Prum , se sont distingués en Autriche pendant le dix-huitième siècle, sous le Gouvernement de Marie-Thérèse :
Fun fut général , l'autre professeur k l'Université de Vienne. Un troisième frère a été plus tard professeur' à Olmutz.
Renseignements administratif.
LuDvrtN, St.; v. LUTWIN, St.
LVSCKES^ElisahetK baronne de, dite SMir Uarawritê, du Tiers-Ordre de St.
François , naquit aa château de Stockert dans le Duché de Wurtemberg, le 24 décembre 1592. Son père se nommait Wolfgang-François, Baron de Luschen et sa mère Polixène, Baronne de Wormbt.
Marguerite était encore jeune lorsqu'elle perdît ses père et mère qui professaient le culte de Luther. Elle fut alors mise sous la tutèle de sa grand'mère qui la fit élever dans la croyance de sa famille.
Mais par l'effet d'une disposition intérieure, une véritable vocation à laquelle la jeune fille aima de laisser un libre cours, elle conçut bientôt l'idée d'abjurer le Luthéranisme pour embrasser le Catholicisme.
Cependant, comme elle vivait dans un pays 011 la dissidence était le seul culte admis, elle résolut d'abandonner le toit paternel et de renoncer à ses grands biens pour se rendre dans une contrée oh elle pût exécuter son religieux projet. Elle prit des habits de pèlerin et partit un jour de bon matin , à l'inçu de tout le monde.
Son départ fut tellement secret que les personnes qu'on envoya à droite et à gauche pour s'enquérir de la route qu'elle avait prise et pour la ramener en cas qu'on la fencontrftt, ne purent rien apprendre sur la direction qu'elle avait suivie. Elle arriva ainsi incognito à Anvers, et de là au monastère des Bénédictins d'Einfeld, ou elle fit son abjuration.
Cette demeure ne lui ayant pas paru convenable, elle vint à Trêves ; puis, vers 1617, à Luxembourg, mendiant son pain de porte en porte. Elle y embrassa le Tiers-Ordre de St. François , menant une vie excessivement austère et dans une contemplation presque continuelle. Elle était à Luxembourg depuis six ans environ lorsque, pour accomplir un vœu qu'elle avait fait depuis longtemps, elle entreprit de faire à pied le voyage de Notre-Dame de Lorette. A son retour elle demanda et obtint , afin de pouvoir plus librement vaquer à ses exercices de dévotion, une place dans le portail de l'église des religieuses dites du Saint-Esprit, ordre de Ctteaux, où on lui établit une petite cellule
dans laquelle elle pouvait voir sur Tautel, entendre les offices religieux et assister k la messe.
Ce fut là qu'elle s'enferma vivante et qu'elle finit ses jours en véritable recluse, ne subsistant que des aumônes que lui apportait une confidente, et qui ne consistaient ordinairement qu'en un peu de pain et d'eau. Elle y mourut en odeur de. sainteté , le 21 août 16K1, et fut sniTant ses désirs, inhumée dans l'élise des Réeollets. Le gouverneur , la noblesse, le conseil provincial et le magistrat de la Yille suivirent son convoi. EUe a été enterrée devant l'autel de la Conception de la Ste Vierge , et on inscrivit sur sa tombe, qui était de marbre, l'épitaphe qui suit et qui retrace sa vie:
Ct GisT. LE Corps
De la TRàs-YBBTUBUSB DEMOISELLE
Dite SOEUR MARGUERITE
Qui étant née éCune illustre famille, mais
[héretiquel.
S'est sauvée de ta maison paternelle.
Et s'est retirée à Luxembourg, Pour pouvoir y professer la Religion Car
[tholique; Laquelle ayant pris Vhabit du Tiers-Ordre
\de notre
Père S. François ,
A vécu en Récluse pendant XXVIII. aiw,
Dans une extrême austérité.
Et y est morte en odeur de Sainteté
Le XXI. d'Août MDCLL
En comparant les dates, on trouvera qu'elle est morte à l'âge de 60 ans et quatre mois moins trois jours ; qu'elle s'est retirée h 32 ans chez les Urbanistes dites du St. Esprit; et que, ayant vécu un peu plus de six ans dans le monde avant sa réclusion , elle doit avoir quitté la maison de ses pères dans sa 26* année environ.
Bbetholkt , VI , 34S , tqq. — GonTenio , vîta e( •Bitut Venerabilis Sororif MargtriUe, reclnstae Lnxembargi, tab teitla régula S. P. N, Franeisci ; mscrt. in folio , à la Bibllotb. de la Société arebéoL de Laxbrg.,
N» 94 ^ «^HoBSAT Wun, Leben dcr gdHtelifen Scbwester Margaretha dei drittea Ordeu des hl. FniDxiskaf , KUnsBerin in dem bl. Gciit-Klotter. — MêcrîM. MujAi, 94.
LUTTANGE , Nicolas de, ainsi appelé soit parce qu'il appartenait à la famille noble de ce nom , soit parce qu'il était originaire du "village de Luttange qui ressortit de Tarrondissement moderne de Thionville.
La famille noble de ce nom portait:
d^argent^ à Taigle à une tète éployée, d'azur.
Nicolas de Luttange Tiyait à la fin du quatorzième siècle et au commencement du quinzième. Il ayait embrassé la vie religieuse à Metz et devint prieur de la maison des Célestins de cette ville oii il éUit entré le l*' octobre 1396. On lui doit une Chronique connue sous le nom de : La grande Chronique des Célestins qui paratt-il est perdue, mais dont les auteurs de la grande Histoire de Metz ont amplement profité. Ce manuscrit se composait de trois parties: 1^. Un traité des droits que l'Empereur avait à Metz^ et une liste des Maîtres-Echevins ; 2®. Un îonrnal depuis l'année 1393 jusqu'en 1439^ qui fut vraisemblablement celle de la mort de l'auteur ; 3^. Un recueil d'anecdotes, de différentes mains, continué jusqu'en 1S25.
Lit BamAmctuis, Hiftoire de Meti» I, Prëfaee, IX. — Bâ«iii, Biograpkie de la Moselle, H, tt80. — Ifiusâva, Les aateort laiemboaf!|^eob , iO. — PisamiT, III.
LUT WIN, ou Ludmn, Saint, né pendant le septième siècle , en Austrasie, dit la l^ende, sans désignation plus particulière du lieu, sortait d'une famille trèsconsidérable, puisque les auteurs rapportent qu'il avait été Duc et an service du roi Childebert. Il avait épousé une dame d'un rang élevé qui lui donna un fils nommé Milon. Lutwin était en outre neveu de St.- Basin, cinquante -cinquième évëque de Trêves d'après le catalogue du père Brower: Les prélats de ce diocèse ne portaient pas encore alors le titre d'archevêques*
Lorsqu'il fut devenu veuf il construisit un monastère sur ses propres terres près de la Sarre, et s'y retira avec les religieux de Damwillers qu'il y avait appelés parce qu'a Damvillers ils étaient continuellement exposés à être pillés et molestés par des seigneurs voisins qui se faisaient une guerre continuelle. Le monastère de Lutwin fut nommé Mediolacum , Metloch, au milieu du lac, à cause de sa situation. Le fondateur y vivait depuis un an dans les pratiques de la plus sincère dévotion lorsque St.-Basin, son oncle, abdiqua l'évêché de Trêves en 704, pour se retirer à l'abbaye de St. Maximin, afin d'y finir ses jours en paix.
Cette retraite ayant rendu le siège de Trêves vacant, Lutwin y fut appelé d'une voix unanime par le clergé et le peuple.
Il quitta en conséquence sa chère solitude de Metloch et se chargea, bien qu'à regret disent ses Biographes, de la conduite spirituelle et temporelle du troupeau trévirois. Les Gestes de Trêves ajoutent qu'il fut en même temps évêque de Rheims et de Laon, et qu'il oflScia pontiflcalement, un même jour, dans ces trois cathédrales ; mais cette assertion nous paraît au moins bazardée.
Quoiqu'il en soit, Lutwin mourut à Rheims, le 29 septembre 718, après un épiscopat de quatorze ans, et fut ramené à l'abbaye de Metloch par les soins de son fils qui l'y fit inhumer avec les honneurs dûs à son rang et à ces mérites. Du temps de Bertholet son épitaphe y existait encore; il nous l'a transmise, de même que Brower:
Hie pater insignis LUITWINUS, fonspie-
[tatis, Cujus in hâe tumbâ requiescunt pignora
[sacra, Quondam divitiis ciim polleret copiosis.
Est fœtus Monachus multis post forma fur
[turus, Virih%is hie totis frangens incendia eamis, Archimanditrœ post hmc pignus subeunte, Urbis Trevericœ gregis, et sortitus ovile, Pastor agens vitamplenis virtutibus ipsam.
Tandem cump^mâ felix migravit ad astra.
Omnibuê effêcium tribuem poicêniibus %jh
Unde precêê illi profundUe mente fideli.
Peêiis ui asiidui prooul absit, sospite cive.
(.es aQDaJes nous dépeignent Lutwin comme un homme excessivement vertueux et plein de piété, mais surtout d'activité à remplir tous les devoirs de Tépiscopat.
Sans entreprendre le narré des miracles que Ton rapporte de lui, nous dirons simplement qu'il était constamment occupé à faire tous ses efforts pour faire fleurir la religion, pour décorer et pour doter convenablement les églises, afin que le culte pût être célébré partout avec la majesté qu'il réclame. Lutwin a été inscrit au catalogue des saints.
Baowim Annal. Trevir. I, 559 ad 363, pasûm.
— mUfliH, Epâlome Annal. Tre^ir., I7tf« sqq. — Bn- TnoLiT, I, P. J. III; et II, 182. — Di Fblub, Dietionn. histor. litt. L.— Geita Trcvirornn, I, 70, fq.
— T. STSAnauG, Metropolis Eceletise TreTencse, I, tfOi , sq. •* TniTTnBiH , Dt Vlrit illnatribnf Ordlnis Baneti BencdicU; lil». II. e. 188; et IV, e. 72.
LUXEMBOURG , Uà HAMOS RBeM AMTB.
Des personnes très -respectables nous ayant engagé à donner dans cet ouvrage une Généalogie complète de la Maison régnante^ parce que cette généalogie n'a pas encore été convenablement écrite, nous nous sommes rendu à ce désir. Comme cependant nous avions résolu de ne pas répéter la Biographie des Princes régnants, parce qu'elle se trouve déjà dans THistoire générale du Pays; tandis que d'un autre côté , une série de noms placée là sèchement n'aurait offert de l'intérêt qu'à bien peu de lecteurs, nous avons jugé utile d'ajouter au moins sous la rubrique de chacun de nos dynastes quelques considérations sommaires sur l'état politique de la Patrie aux différentes époques historiques.
Sous un second paragraphe nous comprendrons la Biographie des cadets de notre Maison régnante qui se sont rendus recommandables ; et nous renverrons enfin à VÀppendice ceux des personnages de la
branche dite de Luxembourg-Ligny et de St. Pois dont le manuscrit des Viri illustres a bit mention.
LUXEMBOURG, LA MAISON comto/e^
puis ducale, royale et finalement impériale de, descendait de celle d'Ardenne. Tous les auteurs s'accordent en effet à admettre que Sigefroy, qui fut la souche des dynastes de Luxembourg, était fils de Ricnin , duc de Mosellane, prince. d'Ardepne et comte palatin : Quelques-uns ajoutent même que Sigefroy flit également comte palatin.
Cependant le pins grand nombre des historiens s'est borné là, négligeant de poursuivre l'ascendance de cette puissante race ; parce que, disent-ils, ces recherches ne pourraient mener à aucun résultat positivement établi : comme si l'origine de la plupart des maisons nobles, même entre les plus puissantes, n'était généralement assise sur des données non positivement prouvées, à cause du vague dans lequel nous ont laissés les premiers siècles qui suivirent la décadence de l'empire romain.
Quant à la généalogie de la Maison de Luxembourg entr'autres, le Jésuite Bertholet a même cherché à tourner en ridicule les tentatives laboureuses que le Père Bertels, son devancier comme historien du Pays avait faites pour arriver à une souche aussi reculée que possible. Mais personne n'ignore plus aujourd'hui que si ce Jésuite s'est arrêté court au père du premier Seigneur de Luxembourg, son ouvrage n'en est pas devenu plus estimable pour cela^ puisque, pour exprimer nettement la pensée de tous ^es connaisseurs, il ressemble aussi peu à une histoire particulière d'un petit pays , écrite avec la méthode rigoureusement exigée pour un travail de cette nature, qu'un carré ne ressemble à un cercle.
Bertels il est vrai , a péché assez souvent par bonhomie dans les déductions qu'il a voulu tirer de certains faits ou de la similitude plus on moins éloignée entre les noms de quelques localités avec ceux
de di?iBit<8 payennes qu'il Tonlaît voir partout; mais k part ees erreurs de pure appréciation , les faits qu'il a rapportés ont tous été puisés k des sources qu'il deyait regarder comme authentiques ou au moins comme très-respectables , puisqu'il les avait prises dans les anciens mémoires des archives de son abbaye d'Echternach et dans celles d'autres maisons religieuses, de même que dans les chroniques les plus contemporaines et que Ton commence seulement de nos jours à apprécier à leur juste valeur. Ainsi par exemple j pour ne parler que de la généalogie ascendante de Ricuin, il l'a extraite du Liber aureus d'Echternach, manuscrit précieux écrit par le moine Théodoric pendant le douzième siècle y et dont nous possédons une copie 9 écriture du XV* siècle sur parchemin, en un petit volume in folio.
Cette œuvre ^ rédigée pour prouver Findépendance de ce monastère et destinée à être présentée à l'Empereur Henri VI comme une preuve peremptoire de cette exemption, avait été composée sur les Chartres et les titres manuscrits originaux : les faits qui y sont consignés devaient donc être admis comme positifs; et il nous semble qu'ils le sont en effet bien que les circonstances sous lesquelles ils y sont représentés, diffèrent très-souvent de la manière de voir sous laquelle les historiens postérieurs les ont considérés.
Ain«, la généalogie donnée par Bertels et qui commence à Marcoraer-le-grand, est fidèlement extraite du Liber aureus qui la continue jusqu'à Pépin et Plutrude, fondateurs d'Echternach ou au moins de son monastère. Il n'y avait dès lors pas là matière pour Bertholet à tourner son devancier en ridicule et à dire que le contenu de l'œuvre de Bertels n'est qu'un tissu de fobles , et ce d'autant moins que tous les personnages dont cette descendance se compose sont exactement et personnellement connus par leurs qualités, leur extraction , leurs alliances et leur filiation ; il ne s'agissait donc que de les relier les uns aux autres.
Dans cette partie de son ouvrage , Bertels a trouvé l'occasion de rapporter l'origine des familles les phis puissantes du pays à la souche régnante commune , de Csçon que d'un coup d'œil on peut en poursuivre la succession entière ; et en ceci , d'après les preuves unanimes tant des archives de ces familles mêmes que le sentiment de tous les généalogistes, ses sources ont été de la dernière exactitude ; pourquoi donc celles qui lui ont appris la généalogie de la maison-souche ne l'anraient-elles pas été ou l'auraient-elles été moins ?
D'un autre côté, les générations princières depuis Pépin d'Hcrstal, où le Liber aureus termine ses données, jusqu'à Ricuin, ne sont ni si nombreuses ni si obscurément conservées pour que les archives qu'il avait à sa disposition eussent nécessairement dû IMndnire en erreur.
Arrivé à Ricuin , les mêmes Chroniques ainsi que les Chartres devaient le guider ; et il les a mises soigneusement à profit :
mais il était le premier qui se fût occupé à réunir en une seule suite ou série généalogique les personnages dont il rencontrait la mention dans ces monuments historiques ; et il n'a pas pu consulter tous les actes ; de sorte qu'il a laissé des lacunes; et de ces lacunes mêmes il a dû résulter parfois de fausses appréciations, des erreurs, nous le confessons franchement : mais pour les plus anciens comtes seulement. C'est là le seul reproche qu'on puisse lui faire , reproche qui cependant ne doit pas lui être imputé à péché ; car s'il n'avait pas écrit , ses successeurs n'auraient pas pu Caire mieux que lui en complétant ses omissions : d'ailleurs comme lui , ses successeurs , même entre les plus graves, n'ont pas tous réussi à établir ces Kgnées généalogiques sans erreur aucune.
Après ce préambule que nous avons jugé nécessaire , nous entamerons directement la matière que nous nous sommes proposé de traiter dans cet article , à savoir : nous établirons la généalogie entière de la Maison régnante de Luxembourg ,
qu^avec Bertels nous irons prendre à son pins ancien berceau connu, à Harcomirle-grand, pour la continuer dans la Maison impériale d'Autriche jusqu'en 1795.
Cette continuation indiquera incidemment le motif le plus apparent pour lequel le peuple luxembourgeois , qui fut toujours très-attaché à ses souverains légitimes , a si sincèrement aimé ses princes autrichiens.
Dans ce trayail qui ne sera pas déplacé dans la Biographie luxembourgeoise, nous établirons la généalogie de notre maison régnante , non en copiant aveuglément l'un ou l'autre de nos historiens , mais en allant puiser aux sources mêmes pour chacun des personnages qui y seront dénommés. Nous n'adepterons en un mot ni le système de Bertholet, que la plupart de ses successeurs ont suivi aveuglément , ni les allégations quelquefois iion assez fondées de Bertels. Nous n'aurons aucun système à nous , parceque nous ne nous laisserons guider que par les titres et les preuves les plus irréfragables.
D'un autre côté et tout d'abord, sans nous occuper de l'époque de l'origine des
AEMOIRIES ou ARMES DE FAMILLE , qnc ICS
Maisons princières comme les simples nobles adoptèrent comme signes distinctiCs ou pour marques d'honneur , nous dirons que Walram le jeune , duc de Limbourg et second époux de la grande Ermesindb DE Luxembourg, dota vers 1214 le Pays de l'écusson qu'il a conservé jusqu'à nos jours. Ces armes sont celles de l'ancien Duché de Limbourg avec addition d'une brisure , pour marquer que Wahram était fils puîné.
Le Limbourg franc ou aîné porte : {Targent, au lion de gueules, couronné, armé et lampassé d*or, la queue fourchue, passée en sautoir.
En introduisant cet écu dans le Luxembourg, Walram y a ajouté une brisure, avons-nous dit; et cette brisure consiste en cinq burelles ou barres horizontales d'azur, en laissant le lion brocher sur le tout.
Ainsi , la partie supérieure de même
QUE LA POINTE DE l'ÉCUSSON D'ARGBNT SON
CONSERVÉES NUES OU d' ARGENT. Eu effet, d'après une règle constante de l'art héraldique, la brisure ou l'addition d'un meuble quelconque doit conserver à l'éco son émail primitif entier ; c'est-à-dire que, après cette ajoute comme avant , tout le monde doit absolument reconnaître la couleur originaire de cet écusson.
Ceci posé, en adoptant les cinq burelles d'azur pour les ajouter à l'éca d'argent, Walram a du comme nous l'avons dit, disposer ces barres horizontales de manière à conserver V espace supérieur ET la pointe libres ou d'argent, et constituer ainsi sur cet écu en tout onze bandes alternant , en commençant en haut par une bande d'argent , puis une d'azur, puis une d'argent ; et ainsi de suite, pour avoir au bas, à la
pointe ET POUR la DERNlàRS UNE BANDE
ou une espèce de triangle irrégulièrement formé, D'ARGENT comme la bande supérieure ou LA PREMIERE.
Nous avons été engagé à consigner ici cette remarque extrêmement imparianie, parce que dans la confection des cachets dont les différentes branches â'administror tion du Pays se servent actuellement pour sceaux et pour timbres, cette règle de
NÉCESSITÉ ABSOLUE n'a PAS ÉTÉ OBSERVEE
sur tous, LES UNS étant régulièrement gravés,
en PRÉSENTANT LA POINTE BLANCHE, LES
AUTRES AYANT la cinquième burelle d'azur ou blew placée tout à la pointe, qui, cette dernière est dès lors bleue, non blanche.
En un mot, il n'y a pas d'uniformité dans cette gravure, comme si l'art était encore à sa naissance.
Les armoiries formant un vrai langage, doivent nécessairement être tracées avec la dernière exactitude, comme les mots doivent l'être d'après les règles de l'orthographe si récrivain ne vent se rendre ridicule ou passer pour un ignare. Les armoiries sont en un mot en peinture les noms des familles qui les portent; et à cause du grand nombre de bmilles de ce genre on ne peut pas prendre trop de précautions pour tracer ces noms en caractères
chevaleresques avec la dernière exacti* tude; le moindre trait dévié, ajouté ou omis pouvant occasionner un méprise, mais an moins un ridicule.
Ces préliminaires posés, nous commencerons notre travail généalogique.
A. Haisoii d'Ardsnne.
Gi«ÉAM«n ÉTâBUl »Aa L*AltÉ BlftTUJ, SOa us MAVUt* GAITI ARCnn M ton MONAfTiEI.
Marcohir le grand eut pour fils Pha- RAMOND duc de la Franconie orientale et premier roi des Francs en 420. Il avait épousé Argotte fille du roi des Gimbres et mourut en 427.
Il laissa trois fils : Clodion le chevelu, Francion et Mareomir IL Les actes de ces deux derniers nous sont restés inconnus.
Clodion , surnommé le chevelu à cause de sa longue chevelure, devint à son tour roi des Francs et épousa Basine fille de Widelphe, duc de Thuringe; d'oii naquirent :
Phriso, mort jeune d'un coup de flèche; Albéron qui suit ; Reginald et Ranchère.
Nous n*avons aucune notion sur ces deux derniers.
Clodion le chevelu eut aussi Mérovée qui naquit d'une concubine. Ce prince qui, parait-il , était plus âgé que les fils légitimes , fut nommé tuteur de ces derniers dès la mort du père ; mais il réussit ensuite à les supplanter et à s'emparer du trône en se faisant déclarer roi des Francs.
Il avait épousé la fille d'un roi de Bourgogne et mourut en 468. Son fils Chxlderic et son petit-fils Clovii furent successivement proclamés rois des Francs. Clovis épousa une nièce de Gundebold , roi de Bourgogne, laquelle le rendit père de Cladamir qui fut roi d'Arles ; de Clotaire, roi de Soissons et de Chxldebert, roi de l'île de France. L'aîné et le plus jeune de ces trois princes moururent sans hoirs. Clovis eut aussi un fils naturel qu'on nomma Thierry et qui devint roi d'Austrasie ou de Metz, due de la Lorraine-inférieure et
marquis du Saint- Empire. Nous ne connaissons pas le nom de son épouse qui lui donna Théodéberi, mort sans hoirs, et Clotilde qui fut mariée à Charles, duc de la Hesbaie ou de Tongres. Quant à Clotaire, roi de Soissons dont il a été question, il eut un fils, Dcigobert qui devint roi de France , et Blitilde épouse d'Ansbert lequel de sénateur romain était devenu marquis du Saint-Empire sur l'Escaut. Du chef de sa femme, Ansbert fut reconnu duc ou prince de Mesellane. Nous reviendrons à ce prince qui était petit-fils d'Albéron qui va nous occuper.
Nous retournons à la lignée légitime en la reprenant là oii nous l'avions abandonnée :
Albéron ou Auberon, fils de Clodion le chevelu, devint seigneur d'Ardenne. Il épousa Argotte fille de Théodoric roi des Goths, dont il eut Wavbbrt et quatre autres fils. Ces derniers moururent jeunes.
Waubbrt épousa Lucille, fille de l'Empereur Zenon et mourut en K28, père d' Ansbert et de Waubbrt II qui furent Tun et l'autre créés sénateurs romains.
Waubert II, le cadet, fut duc d'Ardenne et du Hainaut en K20. Il épousa Clotilde fille d'Amalric , roi d'Italie qui lui donna Waubert III et Brunulphe. Ce dernier devint comte du Cambresis et eut un fils nommé Brunulphe II. Celui-ci, sur lequel nous n'avons aucune particularité, fut à son tour père de Rodulphe qui mourut sans postérité après avoir hérité de sa cousine Wandru la principauté d'Ardenne, et de sa femme, nommée Agye, celle du Hainaut.
Waubert III, l'aîné des fils de Waubert II, fut duc d'Ardenne et du Hainaut après son frère. Le nom de son épouse nous est resté inconnu. Il en eut deux fils, Waubert IV et Brunulphe, ce dernier mort sans postérité, peut-être même sans alliance. Waubert IV au contraire devint père de Waubert V qui épousa une fille du roi de Thuringe qui lui donna Ste.-AldegondCf fondatrice du monastère de Molbod en Hainaut, oii elle entra en religion; et Waudru, princesse d'Ardenne et comtesse du Hainaut, qui fut mariée à Maldegarde roi de
Hollande, d'oiideia fils et autant de fillea, qui tous quatre entrèrent en religion.
Nous revenons à Ansbvrt , Taîné des deux fils de Waubert I. Nous ayons vu qu'il fut créé sénateur romain avec son frère Waubert ÏL Plus tard il obUnt le marquisat du Saint-Empire sur l'Escaut et enfin le duché ou la principauté de Mosellane y pays qui comprenait tout le territoire qui s'étend depuis Metz jusqu'à Cologne, ainsi égalenierkt le Luxembourg.
Il épousa comme nous l'avons vu , Blitilde fille de Clotaire roi de Soissons, qui lui donna Anchisb ou Arkoul , qui va suivre, Fériolde, qui fut évèque de Maastricht; Mederic, évéque d'Auxerre; Clodulphê, mort sans postérité ; et Tarsite^ religieux béaUfié.
Anchisb ou Arnoul , surnommé Boo- GiSB, Taîné des enfants d'Ansbert, succéda à son père au marquisat du Saint- Empire sur l'Escaut. Il épousa Oda fille de Guizon duc de Souabe, d'où naquirent :
Arnoul ; Modoalde qui fut archevêque de Trêves; Wandelin, moine sanctifié; 5te.
Affr$*y Sévère, abbesse h Trêves; Ode sur laquelle nous n'avons aucune particularité et finalement Guize > qui fut unie à Gerwin, duc de Lotharingie.
Arnoul , l'aîné , succéda à son père et épousa Doda, fille de Wiber comte de Boulogne, qui le rendit père de trois fils, Clodulphb ; Anchise II; et Walchise. Plus tard Arnoul se fit Ermite , puis devint évéque de Metz et enfin redevint ermite après avoir abdiqué son évêché. Il mourut en 604 et fut inscrit au catalogue des Saints: sa femme s'était volontairement séparée de lui lorsqu'il embrassa la vie érémitique et était entrée en religion à Trêves.
. Quant à ses fils, Walchise, le plus jeune fut sénéchal et comte de Verdun.
Il devînt père de Ste. Vaudru.
Anchise II, le puîné, devint marquis du St. Empire, duc de Tongres et de Brabant après l'abdication de son frère aîné, comme nous le verrons. Il avait épousé Be^ge, fille de Pépin I ou le Gros,
d'oii naquit Pépin y dit de Herstal, duc de Brabant, marquis du Saint-Empire, comte de Namur et majordome. Celni-ci épousa à son tour Plectrude qui lui donna Drogon, et Grimoalde mort avant son père, après avoir été marié à une fille de Badbode duc de Frise. — Outre ces deux fils légitimes Pépin d'Herstal en eut deux autres d'une concubine nommée Alpaide :
Carloman le puiné, qui se fit religieux, et Charles, surnommé Martel qui fut administrateur du royaume d'Austrasie , ensuite salué roi. Il épousa Galtrude , d'où Carloman roi d'Austrasie et de Suabe, ainsi que Pépin, roi de Bourgogne et d'une partie de la France.
Quant à Drogon, le fils aîné de Pépin d'Herstal et de Plectrude , il fut comte de Champagne et majordome du roi de France ; il mourut aussi avant son père.
Son épouse, nommée Thiébaulde lui avait donné un fils , Thibaut qui devint duc de Brabant et comte de Champagne.
Bevenons à Clodulphb , fils atné d' Arnoul et de Doda, comtesse de Boulogne.
Clodulphb devint duc de Mosellane, 1** duc des Allemands et comte palatin.
Il fut tué par Ebroïn maire du palais de Neustrie, et avait épousé Amalberte, fille de Carloman duc de Brabant. De cette union sortirent: Martin, l'atné; Basin qui devint archevêque de Trêves et fut inhumé à St. Maximin ou il s'était retiré après avoir abdiqué son évêché; Arnoul comte de Toulouse; et Agnaralde comte du Chaumontois.
Martin qui vient d'être nommé hérita des terres de son père. Il s'était marié à Béatrix fille unique et héritière de Hidulphe duc d'Ardenne , lequel était fils à son tour de Brunulphe III qui avait hérité de ce duché de Rodulphe dont il a ëté parlé et qui avait épousé Ste. Agye (v. plus haut). Martin laissa de son alliance : Elbuthèrb et Lahbbrt.
Elbuthàrb , l'aîné, succéda au père en qualité de duc de Mosellane et d'Ardenne, ainsi qu'en celle de comte palatin. II avatt épousé Béatrix fille de Sigisbert comte
de Habsbotrg et héritière de la Hesbaye, laquelle dernière entra par là dans les domaines de la maison d'Ardenne. Elenthère moornt sans enfants et sa veuve se fit religieuse-ermite k St.-Vendelin. LnuBaT^ fils putnë de Clodnlphe et de Béatrix succéda au patrimoine de sa fomille après le décès de son frère aîné. Il fut ainsi duc de MoseUane, prince d'Ardenne ainsi que comte palatin et de Hesbaye. Il épousa Marie fille du comte de Boulogne, et, sur la fin de ses jours il se fil moine à Hetloch* Quatre fils étaient nés de son mariage :
LoTHAiRB, rainé; Adelrede le putné, qui fut duc de Boulogne et devint père d'£ritengolde; Valeand, le 3^ ou selon d^autres, le 4* évèque de liége depuis que ce si^e avait été transféré dans cette ville; et Widot gouverneur de la Gueldre.
LoTHAiRB, le fils atné de Lambert et de Marie comtesse de Boulogne , hérita 'des biens de son père, fut duc de Mosellane et prince d'Ardenne. Il mourut en 778 et fut inhumé à Hetloch. Il avait épousé Térence fille d^Astolphe roi des Lombards, qui Tavait rendu père de Frbdéric et jà'Hêrmengardey laquelle fut mariée à Henri comte de Salm.
FRÉDJsaïc devint duc de Mosellane, prince d'Ardenne et comte palatin. Il épousa 1* Félicité fille de Henri, comte de Salm, sa nièce, laquelle mourut sans enfants; 2^ Anne fille du roi de Bretagne qui lui donna: SADiUBa; Ethico archidiacre de Trêves ; et Elisabeth mariée à un comte de Zehringen.
Sabigbr succéda au patrimoine de ses pères et épousa Hathilde, fille d'Ethlco comte de Hainaut, dont naquit : Régnibr qui fut après son père duc de Mosellane, prince d'Ardenne et comte palatin. Erxnengarde, fille de Lothaire I lui donna :
GisUhert, premier gouverneur de la Lotharingie et seigneur de Japille, en 916, lequel avait épousé Gerberge fille de Tempereur Henri surnommé TOiseleur ; Ricuin, qui suivra; Otton comte du Chaumontois ; Théodoric duc d'Alsace; Vigebert moine; et Lothaire ardiidiacre de Liège.
RicuiN, fils pufné de Régnier et d'Ermengarde fut la souche commune de la maison de Luxembourg qui^ dans la personne d^un des fils de ce seigneur se constitua en lignée propre et indépendante; de celle de Chiny que forma une fille; enfin de celles de Bouillon , de Bar , d^Ar- Ion, etc*, Ricuin était duc de Mosellane, comte d'Ardenne, de Verdan, de Bouillon et de Hesbaye, ainsi que seigneur d'un fief dit Guerrium que les auteurs inter^ prêtent par Kœrich. Il avait épousé MatUlde fille d'Evrard duc de Franconie et de Worms et mourut en 945, père de Godefroid, surnommé le Barbu comte d'Ardenne, de Bouillon et de Verdon, d'oii la branche dite des ducs de Bouillon ; Otton, duc de Mosellane qui épousa Hélène fille de Herman comte deBamberget de Souabe, d'oii sortit plus tard la maison de Bar ; Si- GBFROT, première souche des seigneurs, ensuite comtes, puis ducs de Luxembourg, vers lesquels nous reviendrons; Falco, marquis du Saint-Empire sur l'Escaut ; Bonne, ou Gutte épouse de Charles fils du roi de France; enfin Mathilde, la plus jeune, de laquelle les comtes de Chiny tirèrent leur origine. Cette dernière princesse fut unie à Arnoux de Granson (v. l'art. Chiny, Arnoux de Granson, C** de), et obtint en dot la terre de Chiny dont ces époux et leur postérité adoptèrent et retinrent le nom.
Nous ne continuerons ici que la généor logie directe de la maison de Luxembourg à laqtAelle cet article est consacré.
B. MiiisoN DE Luxembourg proprement dite.
I. SiGBFROY, troisième fils de Ricuin d'Ardenne et de Mathilde de Franconie est rappelé comme suit dans le manuscrit desViri illustres: «Sigefridusprimus cornes « Lucelburgensis orsus suum comitatum a « pia advocatia seu patriocinio abbatiarum «et monasteriorum sancti Maximini ad « Treviros et Sancti Willibrordi Epternaci (( quorum fundationes auxit pater inclytus «Sanctas Gunegundis Imperatricis sepultus
« Treviros io Sancto Maximino. » (III^ N*» 176.)
Sigefroy obtint pour patrimoine les domaines dont s'est pins tard composé le noyau du Pays de Luxembourg. Il se disait seigneur de Guerrium, qu'on a dans la suite voulu retrouver dans le vocable moderne de Kœricb, et prenait titre de comte, qui semble avoir, vers ce temps, commencé à être porté de père en fils dans sa race, sans toutefois quilfût applicable à un domaine quelconque, puisque les grands fiefs n'étaient pas encore absolument héréditaires pendant le dixième siècle.
Il se disait en efi'et : Cornes Sigefridus, de nobili génère natus.
Sigefroy échangea en 963 avec Wiker, abbé de St.-Maximin, la terre de Viulna ou Feulen contre les ruines du castel gallo-romain de Lucilinbnrhut qu'il fit réparer et dans lequel il fixa sa résidence.
Bientôt après des habitations furent élevées autour du manoir et ce fut là Torigine de la ville actuelle de Luxembourg. Il avait épousé Hedwige fille d'Eustache de St.
Pol et de Gaines et mourut vers 998.
Sa femme le suivit environ deux ans après dans la tombe. Ils ont été inhumés dans l'église du monastère de St. Maximin près de Trêves dont Sigefroy avait été l'avoué ou protecteur.
Une nombreuse famille naquit de son mariage :
a) Henri, dit le vieux (I" dans la généalogie), pour le distinguer de son neveu qui portait le même nom, parait avoir été l'aîné. Dans le partage de la succession paternelle il obtint le comté d'Arlon avec l'advocatie de St.-Maximin et d'Echternach.
Plus tard il fut nommé duc de Bavière par l'empereur Henri IV. Ce seigneur avait épousé Adélaïde, sœur d'Albert qui constitua la maison de Lorraine. Il mourut en 1027 et fut inhumé k Osterhoven. Son fils, nommé Henri comme lui, est décédé en 1032 et repose à Trêves.
b) Sigefroy II, que quelques auteurs ont confondu avec son père tandis que d'autres en ont fait un second seigneur de
Luxembourg, est mort célibataire, en 993 et avant son père.
c) Adalbéron I , qui obtint les ordres et devint prévôt de la collégiale de St.
Paulin, à Trêves (v. son article : Luxembourg, Adalbéron de, Prév. de St. P.). Il est mort en 1037.
d) Théodoric I, fut évêque de Metz (v.
son article : Luxembourg, Thierry de, év.
de M.). Il mourut en 1046.
e) FRÉDiRic (P' dans la généalogie), qui suivra.
Q Giselberi fut comte de la Mosellane et mourut en 1005, d'une blessure qu'il reçut pendant une révolte h Pavie. Nous n'avons pas découvert le nom de son épouse qui lui avait donné Conrad, comte d'Arlon après son oncle Henri I qui précède, et mort vers 1040. Ce seigneur constitua à proprement parler la lignée directe des comtes d'Arlon, puisque son fils, Walram I qui avait épousé Adélaïde fille de Théodoric duc de Lorraine , hérita ce comté et le transmit d'abord à sa postérité, à Fulcon son fils aîné, qui mourut sans hoirs, puis à Walram II, qui de Jutte ou Judith de Luxembourg, fille de Frédéric II,»
puiné de ce nom, n'eut qu'une fille, AdèU^ laquelle le transporta à son époux Henri II duc de Limbourg. Après ceux-ci, IKo/ram leur fils puiné en fut gratifié par son père, avec le titre de marquisat, à l'occasion de son mariage avec la grande Ermesinde, comtesse de Luxembourg dont il devint le second mari , comme nous le verrons en son lieu.
.g) Cunégonde, la sainte, qui fut, en l'année 1002, l'épouse du Saint Empereur Henri IV (v. l'article: Luxembourg^ Canégonde de).
h) Ludgarde, qui vivait encore en 1040 et fut la femme d'Arnoul comte de Hollande.
i) Eve, morte vers 1040, épouse de Gérard comte d'Alsace, auquel elle donna un fils, Sigefroy, qui fut tué en 1017 à la bataille que son père livra à Godefroid duc de la Basse-Lorraine.
j) Abenze qui figure sous la même an-
née 1040 dans une chartre de Tabbaye de Gorze et fut la première abbesse de CaaffoDgen , monastère fondé par sa sœur rimpératrice Cunégonde.
IL Nous avons dit qne Frédéric, quatrième fils du comte Sigefroy succéda à son père dans la possession de la terre de Luxembourg dont il fut le deuxième seigneur. Il mourut en 1019. Il avait épousé la fille d^une princesse appelée Ermentrude y que presque tous les historiens, depuis Bertholet, nomment Berthe de Gueldre.
Leur postérité se composait de cinq fils et' de quatre filles:
a) Henri, diî le jeune (II dans la généalogie), pour le distinguer de son oncle, obtint radvocatie de St. Maximin et d'Ëchternach. Il devint paiement duc de Bavière en 1042 et mourut le 14 octobre 1047. Il a été inhumé à Trêves.
b) Frédéric (II dans la généalogie) était duc de Lotharingie en 1046 et mourut en 106S. Il a été marié deux fois: en premières noces à Gerbei^e fille d'Eustache comte de Bouillon et de Mathilde de Louvain; en secondes à Raclindis ou Reginlinde. Jutte ou Ermesinde , née de Tune de ces deux épouses, mais très-vraisemblablement de la première , fut mariée à Walram II , comte d*Arlon, comme nous Favons déjà dit ; Sigefroy et Gisebert moururent jeunes, et Henri, son fils aîné devint archevêque de Liège (v. son art.).
c) GissLBERT ou GiLBBRT , qui suivra.
d) Adalbéron II fut évêque de Metz (v. Luxembourg, Adalbéron de, év. de
e) Théodarie, qui florissait en 1035, mais sur le compte duquel THistoire se tait.
f) Ogine au Ogive, aussi nommée Cunégonde, mourut en 1030. Elle avait plus de cinquante ans d'âge lorsqu'elle donna à son mari, Baudouin-le-bel ou le barbu, quatrième comte de Flandre de ce nom, un fils qui fut Baudouin V.
g) JiUte, Judith ou Irmentrude, devint par son mariage avec Guelfe, comte de
Souabe, Taïeule de cette maison illustre dont le nom , uni à celui des Gibelins, domine THistoire de rAUemagne et de ritalie au moyen-âge.
h) Giselle mourut dans le célibat, en
i) Oda fut abbesse de St. Rémy , à Lunéville et mourut en 1072.
j) Sigéberî, cité par Kremer, fut suivant cet auteur la souche de la maison de Sarbrucken.
III. GisBLBBRT ou GiLBERT , troisième fils du comte Frédéric, seigneur de Luxembourg , hérita de cette terre et mourut le 15 août 1057. Nous ne savons pas le nom de son épouse qui lui donna :
a) Conrad I, qui suivra.
b) Herman, dit de Luxembourg (v.
Salm , Henri , comte de) , fut la souche des comtes de Salm en Ardenne de la maison de Luxembourg, et par sa petitefille, Sophie , de celle des comtes de Hollande. Elu roi des Romains en 1081 il abdiqua cette dignité sept ans après et mourut en 1088. Il avait épousé Adèle ou Adélaïde fille d'Otton d'Orlamnnde, Marquis de Hisnie; d'oii naquirent les dynastes de Salm que nous ne suivrons pas dans leur descendance.
c) Henri (III dans la généalogie), est cité sous Tannée 1066 dans une chartre de Théoduin évéque de Liège.
d) Une fille sur le sort de laquelle nous n'avons aucune particularité.
IV. Conrad I fils aîné de Giselbert succéda à celui-ci dans la possession de la terre de Luxembourg. Le manuscrit des Viri illustres fait de lui la mention suivante : (( 1057. Gonradus Comes Luxem- « burgensis fundavitHonasterium B. Marias « Virginis Lucelburgi in loco inquit in quo «nulli antè nos patres adoraverunt, mor- «tuus in reditu de terra sanctâ ac de « Sepulchro Domini sepultus in cripta Sti.
« Pétri ab se inchoata. » (III, N"" 177). — La chartre de fondation même, dit: in monte hoc, ubi nullus Patrum meorum prius adoravit.
Ce prince fut le premier de nos dynastes
qui prit la qtêolifiaUion de Comtb de LuxKHBOUEG, 60 appliquant ce titre à cette terre, apparemment parce que sooa son goaTernement les fiefo étaient dcTenns héréditaires dans les familles qui les détenaient: De cette époque en effet date généralement la coutume d'adopter pour sien le nom des terres qui n'avaient primitÎTcment été possédées qu'à tiire précaire, comme récompense personnelle pour services rendus, ou bien par l'effet d'une faveur individuelle.
Conrad I, comte de Luxembourg, fonda en 1083, comme nous savons, Tabbaye de Notre-Dame dite Munster et mourut le 8 ou le 27 août 1086. Il a été enterré dans la crypte de l'église de cette abbaye. Clémence ou Ermesinde, comtesse de Longwy, qui lui survécut, lui avait donné cinq fils et deux filles:
a) Guillaume , qui suit.
b) Henri, IV* du nom dans la généalogie. En sa qualité d'avoué de l'abbaye d'Echternach il a fait expédier en l'année 109K une cbartre par laquelle il réglait les droits de cette avouerie. Cette cbartre est devenue célèbre en quelque façon par la déduction qu'on a voulu en tirer que ce Henri aurait été comte régnant de Luxembourg. Mais nous pensons avoir démontré dans un mémoire dont le titre est cité parmi nos sources au bas du présent article, que le document en question ne peut en aucune façon être regardé comme un acte d'autorité souveraine ; que partant, Henri dont il est ici question, ne doit pas, pour ce seul motif, qui cependant est la preuve unique qu'on a rapportée pour appuyer le fait avancé, que ce Henri, disons-nous, ne doit pas être rangé parmi les dynastes luxembourgeois. Répétons subsidiairement que nous avons jugé nécessaire d'administrer les preuves que nous avons produites à cet égard , parce que même les graves auteurs de «l'Art de vérifier les dates >x s'étaient laissés circonvenir sur cette question. — Ce Henri n'a été qu'un personnage à existence éphémère, non marqué dans l'Histoire.
c) Conrad, (II dans la suite généAlogique) n'est mentionné que sur Finscription trouvée pendant le seizième siècle dans le tombeau de son père.
d) Adalbéron, (III dans la généalogie) archidiacre de Téglise de Mets , et qui fat tué au siège d'Ântioche , en 1119 (▼. Fartide: Luxembourg, Âdalbéron de, archid.
de M.)
e) Ermesinde^ V* dans la généalogie, vivait encore en 1167. Elle est morte le 28 juin , nous ne savons en quelle année.
Cette dame qui avait été mariée en premières noces à Albert comte de Dasbonrg mort vers 1101 et en secondes à Godefroid comte de Namur , devint mère de deux fils et de trois filles. L'aîné des fils, Hbnri doit être rappelé ici, parce quMl constitua la seconde branche de la maison régnante de Luxembourg après le décès sans postérité de son cousin Conrad II, comme comte de Luxembourg, et III dans la généalogie générale de sa famille. Nous reviendrons à ce Henri.
f) Mathilde, (11^ du nom dans la généalogie) obtint en partage le eastel de Longwy lorsqu'elle fut unie à un seigneur de Hombourg et de Castres.
V. Guillaume, l'aîné des enfants de Conrad I , comte de Luxembourg^ snccé* da à son père en l'année 1086. L'auteur du manuscrit des Viri illustres fait mention de ce seigneur dans les termes suivants :
« 1086. Guilhelmus Comes Lucelburgen- «sis devicit Reinaldum Comitem Barren- « sem et ab eo recuperavit comitatum ver- « dunensem suo episcopo, sibi post ab eo « concessum supremus Dux etercitus Hen- « rici IV. Cœsaris in ItaUâ ». (I , N^ 127).
Et plus loin, dans la section des Claripace^ le même auteur ajoute : « Wilhelmus Co- « mes Lucelburgensis Conradi filius , lan- «datus inter claros bello, criptœ isti a « paire œdificatae — vid. Conrad, qui prc^ « cedit — superaedificavit Basilicam Mariait nam ipse juxta patrem in cripta sepul- «tus». (HI, N*178).
Le comte Guillaume avait épousé , d'après Bertels et Vignier , Mathilde fille de
Frédéric TaTeugle dac de Souabe. Il mourat en 1128 laîMant un fils unique qui suit et qui lui succéda dans le comté de Luxembourg y SOUS le nom de :
VI • CoiinAD) II dans la série des dynastes^ et III* dans la suite généalogique.
Il prit les rênes du gouTernement en 1 136.
Il avait épousé Giselle de Lorraine qui Técut jusqu^en IIKS. Comme ces époux ne laissèrent aucune postérité la couronne comtale du Luxembourg échut à leur plus proche héritier , Henri, qui fut dans la suite surnommé V aveugle et qui était fils de la tante du dernier comte , Ermesinde, épouse de Godefroid comte de Namur, dont il a été parlé plus haut. Le Luxembourg fut donc régi depuis cette époque par
c) La Maison db LuxsHiBounG^AMUR.
Un point historique qui n'est pas encore débrouillé , consisterait à savoir si le décès de la comtesse Ermesinde I , dont on ne connaît pas la date , a précédé celui de son neveu Conrad II , comte de Luxembourg y et partant si cette dame a ou n*a pas pu prendre en main le gouvernement de ce dernier pays ; ou bien , si son mari, le comte Godefroid de Namur qui a survécu de trois ans environ à ce neveu, n'y a pas r^né avant son fils Henri ?
De Marne dit bien qu'Ermesinde mourut après son mari décédé en 1139, après avoir Fun et l'autre abdiqué en 1 138 leur autorité pour se retirer dans des monastères: d'où il résulterait positivement que Godefroid et Ermesinde ont vécu encore et régné dans le monde après la mort de Conrad II, comte de Luxembourg. Mais ont-ils pris part au gouvernement du Luxembourg conjointement avec leur fils Henri, ou bien Font-ils exercé seuls pendant les deux ans qui s'écoulèrent depuis Touverture de la succession de Conrad II jusqu'à leur retraite? C'est ce qu'il ne nous est pas donné d'établir d'une manière positive. Toujours est-il vrai que pendant ces deux ans nous n'a- Tons trouvé à consigner aucun fait parti-
culier à notre Pays et auquel Godefroid ou Ermesinde aurait pris une part directe ; comme aussi Henri leur fils ne parait lui-même pas dans nos annales pendant ce laps de temps. En présence de cette absence de preuves la négative devient possible aussi bien que l'affirmative , à moins qu^on ne veuille appliquer à la circonstance la loi de l'exclusion la plus absolue des femmes dans le gouvernement du Luxembourg. Mais encore alors on pourrait objecter que cet héritage en tombant entre les mains d'Ermesinde ne passait pas directement à la branche féminine , puisque Godefroid son mari en serait devenu possesseur comme chef de son mariage avec cette dame.
II se pourrait finalement que le Comte Conrad II voyant qu'il n'aurait pas d'héritiers , aurait disposé directement de ses domaines , par testament , en faveur de son cousin Henri de Namur. Mais Thistoire ne nous a conservé aucune donnée à cet égard.
Quoiqu'il en soit nous enivrons le sen* timent généralement adopté et nous admettrons :
VU. Henri, V* prince de ce nom dans la série généalogique et I^ dans la succession dynastique, fils de Godefroid comte de Namur et d'Ermesinde I, née des comtes de Luxembourg cùmme 9uecê$êeur tmme'dtaldeson cousin, Conrad II, sixième «eigneur et troisième comte de Luxembourg depuis que cette terre était devenue héréditaire dans sa maison.
Peu de seigneurs du moyen-flge ont eu une carrière- plus active , remplie de plus de vicissitudes, mais surtout plus longue que Heori , surnommé l'aveugle à cause de la faiblesse de sa vue.
Né vers 11 12, Henri I ou l'aveugle mourut en l'aunée 1196. Il fut marié d'abord à Laurette, fille de Théodoric comte de Flandre , laquelle avait déjà eu deux époux; ensuite à Agnès, fille de Henri duc de Gueldre et de Zutphen. Cette seconde union lui procura une fille unique, Ermbsindb , II dans la succession géuéa-
logique, née vers 1190 alors que son père avait près de quatre-vingt ans d'ftge,
VIIL Ermesindb succéda à son père dans le comté de Luxembourg et dans quelques faibles lambeaux de celui de Namur. Fiancée d'abord, lorsqu'encore elle était au berceau, à Henri II comte de Champagne, elle fut mariée à TAge de six ans environ h Thibaut comte de Bar, lequel étant mort le 12 février 1214 elle convola en secondes noces, pendant la même année encore, avec Walram le jeune, fils puiné du duc de Limbourg.
Walram mourut à son tour en 1226 et Ermesinde lui survécut de vingt ans puisqu'elle n'est décédée que le sept avant les ides de Mai , c'est-à-dire le 9 mai 1246.
Elle fut inhumée à l'abbaye de Clairefontaine qu'elle avait fondée.
Nous avons dit dès l'ingrès de cet article que ce fut Walram , V' de ce nom dans la série généalogique de la maison de Luxembourg qui donna à ce pays les armes ou armoiries que celui-ci a conservées jusqu'aujourd'hui: ce sont, avonsnous ajouté , celles du Limbourg, d'argent au lion de gueules, couronné, armé et lampassé d^or, la queue fourchue, passée en sautoir; avec addition à l'écu de cinq borelles d'azur, le lion brochant sur le tout.
La comtesse Ermesinde s'est surtout rendue recommandable en suivant l'impulsion donnée à cette époque par quelques princes libéraux et bienfoisants envers leurs sujets qui jusque-là avaient croupi dans une dépendance absolue, corps et biens et à la merci des seigneurs. Ces dynasteSy en accordant à leurs serfs quelques privilèges, souvent très insignifiants que ceux-ci par reconnaissance ont décorés du nom de libertés ou franchises , avaient fait bénir leur domination. Ermesinde crut devoir suivre ces errements favorables, à l'égard des deux principales villes de ses Etats , en concédant, en son nom personnel, à Echternach en 1236, et à Luxembourg en 1243 , des Lettres d'affranchissement.
En 1239 , un octroi du même genre, dit Teissier, fut donné aux habitants de la ville de Tbionville, mais au nom du jeune Henri II, fils aîné d'Ermesinde; d'oii l'on doit conclure que ce prince avait obtenu de sa mère la ville et seigneurie de Thionville pour son appanage, en attendant qu'il succédât au gouvernement du Pays entier.
Le souvenir des bienfaits de cette grande et vertueuse princesse est encore aujourd'hui en vénération dans le Pays, à cause surtout du soin qu'elle eut d'étendre les libertés de son peuple , loin de les restreindre sous de frivoles prétextes.
De son mariage avec Thibaut, comte de Bar , il ne lui naquit qu'une fille :
a) Elisabeth s dite de Bar et de Luxembourg, à laquelle elle céda les domaines de Marville et d'Arancy, en la mariant avec Walram le jeune ou le long^ Seigneur de Fauquemont et Montjoie, et fils d'un premier lit de son second mari.
Son union avec Walram du Limbourg lui donna :
b) Hbnri, VI dans la suite généalogique , et II* dans la série des comtes régnants de la maison de Luxembourg.
Nous reviendrons à ce seigneur.
c) Gérard, dit de Luxembourg, qui fut seigneur de Durbuy , de Dafalem , Filsdorf , Roussy et de partie de YiUance et Nassogne. Ce seigneur , tout aussi libéral envers ses sujets que sa mère et son frère aîné l'avaient été, graUfia en 1274 la ville de Nassogne du droit de franchise ou de l'affranchissement. Il épousa Mahaut de Clèves qui le rendit père d'Irmengarde, laquelle fut mariée à Gérard comte de Blanckenheim; et d'une autre fille qui fut mariée à un seigneur de Grandpré et de Houffalize.
d) Catherine, qui fut alliée au mois de septembre 1225, à Mathieu duc de Lorraine.
La descendance de la comtesse Ermesinde avec Walram du Limbourg constitue ainsi une troisième branche de notre maison régnante :
D. La Maison de Luxembourg-Limboueg.
IX. Henri II comme comte régnant de Luxembourg y et VII dans la série généalogique de sa maison^ fut surnommé le blond et le grand. II se titrait de comte de Luxembourg et de Laroche ^ Marquis d'Arlon j cette dernière terre ayant été annexée au pays de Luxembourg depuis le mariage de Walram du Limbourg auquel elle appartenait y aTec la Comtesse Ermesinde.
Comme fils aîné il succéda à sa mère et mourut en 1270* Outre raffranchisse* ment qu'il accorda en 1239 à la ?ille de ThionTille^ encore du vivant de sa mère comme nous Favons dit plus haut, ce prince bienfaisant octroya dix ans après, en 1249 aux bourgeois de Grevenmacher, et en 1262 à ceux de Bittbourg des actes de liberté, suivant en cela les louables errements de sa mère.
Le manuscrit des Viri illustres a consacré à ce comte la mention qui suit :
« 1226. Henricus Ermesindae Comitissœ « Lucelburgensis ex Walramo Limburgico «filins Comes Lucelburgensis, œdificavit (c monasterium Franciscanorum Luxembur- «gi» (III, rr 181) •
Henri II avait épousé Marguerite de Bar qui lui donna:
a) Henri qui suit. Il fut le huitième de son nom dans la lignée de sa maison et le IIP en rang d'ordre des comtes de Luxembourg.
b) Walram, II* de ce nom dans la suite généalogique , fut seigneur de Ligny et constitua par son mariage avec Jeanne de Beaurevoir les branches dites de Luxembourg-Ligny , St. Pol , Brienne , Conwersan , Tiennes , Montmorency , Richebourg , etc. , dont plusieurs sont encore aujourd'hui florissantes en France, mais qui ne concernent pas directement Fhistoire du Luxembourg.
Walram périt avec son frère aîné h la Ix^taille de Wœrringen , le 5 juin 1288.
c) Baudouin , I*' dans la généalogie; et
d) Jean , aussi T' de son nom , per-
dirent la vie à Wœrringen avec leurs frères Henri et Walram. Nous ne savons pas s'ils ont été mariés.
e) Philippine , mariée à Jean II , dit d'Avesne , comte de Hainaut et de Hollande.
f) Elisabeth ou Isabelle , morte le 25 septembre 1296. Elle fut unie à Gui de Dampierre comte de Flandre et marquis de Namur.
g) Marguerite ne fut pas mariée et vivait en 1293. Il est à croire qu'elle a été soit pensionnaire soit religieuse au monastère des dames Dominicaines de Marienthal, parce que les Ephémérides de ce prieuré font mention de cette princesse comme d'une interne.
h) Félicité j religieuse à Tabbaye de Beaumont à Valenciennes.
i) Jeanne; et j) Catherine, religieuses à Clairefontaine.
k) Yolande^ citée sans plus de détails dans les Ephémérides de Marienthal , de façon qu'il ne nous a pas été donné de préciser si cette dame a été fiUe du comte Henri II ou de Henri IIL
X. Hbnri III, en rang de nos comtes régnants, Comte de Luxembourg et de Laroche , Marquis d'Arlon , fut tué à la bataille de Wœringen avec ses trois frères, le 5 juin 1288. Il avait épousé Béatrix fille de Baudouin comte d'Âvesne et de Félicité de Coucy, qui lui survécut jusqu'en 1308 et qui lui avait donné :
a) Hbnei, qui suit et qui fut le neuvième de son nom dans la suite généalogique de sa maison.
b) Walram III, tué en 1311 au camp devant Brescia. Il a été inhumé k Vérone.
c) Baudouin II , né en 1285 , après avoir fait d'excellentes études devint un des plus grands archevêques de Trêves. Voir l'article : Luxembourg , Baudouin de.
d) Marguerite , prieure du monastère de Marienthal et de celui de Beaumont à Valenciennes.
e) Félicité, d'abord mariée à Jean de Louvain, seigneur de Gsesbek et de Her-
sUl ; ensuite religieuse et prieure de Beaumont à Valencteiines.
XL Henri, IV* de ce nom , en rang des comtes de Luxembourg, CIs aine de Henri HI et de Bëatrix d'ATesne, succéda è son père en 1288. Le manuscrit des Yiri illustres mentionne ce prince dans les termes suivants : « 1302. Henricus IV.
«Comes Lucelburgensis ejus nomine VIL ccimperator, exercitn ducto in Italiam (cdomnit Florentines.» (II, N"* 130.)
Il se titrait de Comte de Luxembourg et de Laroche, marquis d^Ârlon. Le crédit de son frère Baudouin (y. son article) le fit élire Empereur d'Allemagne, le 27 no- Tembre 1308. Il fut en cette qualité le VIP de son nom. Henri se fit couronner roi des Romains k Aix-la-chapelle , le 6 juin 1309, roi de Lombardie à Milan, le 6 juin 1311 et finalement Empereur à Rome, le 29 juin de Tannée suivante. Il est mort à Buonconvent, le 24 août 1313, non sans de très-graves soupçons d'avoir été empoisonné. Cette question de Tempoisonnement, beaucoup controversée jusqu'à nos jours, n'a pas encore reçu une solution positive et absolue, parce qu'elle n'a pas été discutée avec un esprit calme et non prévenu. Elle a eu ses adhérents comme ses détracteurs ; mais malheureusement les uns et les autres n'étaient guidés que par un sentiment exclusif de parti : on n'a pas pensé à séparer la personne de l'auteur du crime, aflBrmé par les uns, dénié par les autres, de son caractère de prêtre; et on a eu l'immense tort de vouloir croire que, si le forfait était établi, la religion on "plutôt ce qu'elle a de plus saint pourrait en être déclaré responsable, tandis que le juge affranchi de toute prévention comme de toute prédilection ne doit apprécier que le fait matériel, laissant là l'instrument au moyen duquel il a été perpétré, cet instrument ne devant être pris en considération que pour faire apprécier le degré de dépravation du coupable; et dans le cas présent, le faire déclarer le plus infâme de tous puisqu'il aurait fait servir Dieu même à son abominable régicide ! Nous
avons colligé une infinité de sources, à commencer par les plus anciennes, les plus graves et les plus authentiques sur cet événement , tant pour soutenir le crime que pour le nier ; et nous nous proposons de les discuter un jour dans un opuscule, du mérite duquel nous rendrons le public juge.
L'Emperenr-comte Henri de Luxembourg avait épousé en 1392, Marguerite fille de Jean I , duc de Brabant et de Marguerite comtesse de Flandre, née en 1374. Cette dame mourut à Gènes, le 13 décembre 1312. Devenu veuf, Henri s'était, dit-on, fiancé à Catherine fille de l'Empereur Albert I et d'Elisabeth de Carinthie; mais la mort le prévint avant que ce mariage fût célébré.
De l'union du comte Henri IV avec Marguerite de Brabant advinrent:
a) Jean , II* dans la suite généalogique, lequel fut surnommé VaveugU, et dont nous parlerons plus bas.
b) Marie j née en 1304, épouse le 24 août 1322 de Charles IV , dit le bel, roi de France, et morte le 25 mars 1324.
c) Béatrix j née en 1308, mariée le 24 juillet 1319 à Charies roi de Hongrie et morte le jour de St. Martin de la même année.
d) Agnès , mariée à Rodolphe duc de Bavière et Palatin du Rhin.
e) Catherine, épouse d'Albert, duc d'Autriche et comte d'Alsace.
XII. Jean, dit Vaveugley comte de Luxembourg et de Laroche, marquis d'Arlon, est né en 1298.
Le manuscrit des Viri illustres contient sur ce prince célèbre l'artide qui suit:
« 1330. Joannes Comes Lucelburgensis c filius Henrici VII. Imperatoris Rex Bo- « hemiœ , vicarius Imperii pâtre in Italia « absente , domuit vi armorum et subegit (c Silesiam , acquisivit Lusitaniam y opitu- « latus est Teutonici ordinis Militibus Equi- « tibus in Prussia contra Regem Poloniae^ (( devicit Lithuanos et dictus rex Poloniœ, « pacavit Italiam ideoque nominatus a Pa- « pa Italias protector et liberator a diasi- « dentibus civilibus ^ occubuit in pugna
t< Cressiaca pro rege Francias contra Ânglos, « relatam ejas corpus et sepultom Luem- « bargi in Basilica Munsteriana a majori- <c bas condita fiudavit carmelitas Ârlaoi et c< Carthusiaaoa Pragœ». (11^ N"* 132.)
Le comte Jean de Luxembourg devint roi de Bohême en 1309 ou 1310 , par son mariage avec Elisabeth héritière de ce royaume. Ayant perdu cette princesse le 28 septembre 1331 il se fiança en 1333 aTec une autre Elisabeth, fille de Frédéricle*Bel duc d'Autriche et d'Isabelle d'Arragon, et se maria enfin en décembre 1334, aTec Béatrix de Bourbon, fille de Louis comte de Clermont et de Marie comtesse de Hainaut.
Ce prince , après aToir mené h vie la plus chcTaleresque et la plus remplie d'événements de haute portée dans les affaires de son époque , périt à la bataille de Crécy, le 26 août 1346, méritant d'être pleuré même par l'ennemi-vainqueur, lequel fit embaumer son corps et le renvoya dans le Luxembourg avec tous les honneurs dûs au héros qui avait voulu, bien qu'aveugle, montrer qu'il savait rester fidèle à ses engagements et à son amitié pour le roi de France son allié.
Jean Taveugle a su par un gouvernement des plus paternels se rendre cher à ses fidèles luxembourgeois qu'il aimait autant que prince ait jamais su aimer des sujets ; et cet amour fut même traduit d'une manière des plus explicites dans l'expression qu'il ayait couchée dans son testament dans lequel il avait ordonné, six ans avant sa mort, que, en quelque lieu de la Terre qu'il vint à mourir son corps fui ramené et inhumé dans le Luxembourg: «Primo c<videlicet, dt(-t7 en effet dans cet acte, (csepulturam corporis nostrt eligimus in «Monasterio MoniaUum de Claro-Fonte, «Ordinis Cisterciènsis , Trevirensis Diœ- « cesis prope Arlunum , ad quod Monasc( terium Corpus ubicumque mori Nos con- « tingeret ordinamus et volumus apportari, « ibidemque sepeliri. »
Les villes de Marche, Laroche et Dudeldorf lui durent leurs Chartres d'affran-
chissement, qui furent expédiées respec- Uvement en 1327, 1331 et 134S.
D'un autre côté, il était sans doute écrit dans le livre des destinées que ce prince ne trouverait nulle part un repos durable après sa mort, pas plus qu'il n'en avait eu pendant sa vie ; puisque sa momie occupe aujourd'hui, et depuis 1388 , son neuvième tombeau et encore sur terre étrangère, contrairement à son acte formel de dernière volonté, sans qu'on puisse même assurer que celui4à soit le dernier qui la recevra.
Le comte Jean, roi de Bohême, laissa descendance de chacune de ses deux épouses.
Elisabeth de Bohême lui avait donné :
a) Charlbs , qui fut roi de Bohême et dont nous parlerons après le plus jeune de ses frères, jparce que la maison des princes de Luxembourg a été continuée par lui.
b) Marguerite de Bohême et de Luxembourg, née en 1313, mariée au mois de juillet 1322 à Henri l'ancien, duc de la Bavière inférieure et morte le 10 juillet 1341.
c) Gutte 6n Bonne, née en 1315, mariée le 6 avril 1332 à Jean de Valois, duc de Normandie, puis et depuis 1350 roi de France sous le nom de Jean II; et morte le 11 septembre 1349. Bonne de Bohême fut mère de : i^. Louis qui fonda la maison cadette d'Angers dont sont sortis les rois de Naples ; 2^. Philippele-hardi , souche de la dernière race des dues de Bourgogne, sur lesquels nous aurons Voccasion de revenir pour montrer la double alliance qui unissait Philippe, que l'adulation avait surnommé le bon duc à la maison régnante de Luxembourg, lorsque la trop fameuse Elisabeth de Gœrlitz lui remit le gouvernement de notre pays.
d) Odoacre, mort enfant, le 20 avril
e) Anne, mariée en 1329 à Otton duc d'Autriche, et morte le 3 septembre 1338«
f) Elisabeth, sœur jumelle avec Anne qui précède, morte au mois d'août 1324.
g) Jean-Henri, né le 12 février 1322, créé marquis de Moravie en 1349 et mort le 12 novembre 1375. Ce prince avait été marié quatre fois : 1^, en 1327 avec Marguerite , fille de Henri duc de Carinthie et comte du Tyrol, de laquelle il fut divorcé en 1341 ; 2^, en 1350 avec Marguerite fille de Nicolas II duc de Pavie ; 3% après 1363 avec Marguerite fille d'Albert II, duc d'Autriche; 4% enfin avec une dame de la maison de Waldeck. Jean- Henri n'eut de postérité que du second et du troisième de ces différents mariages; savoir, du second advinrent: a. Jodoc, ou JossE, né en 1351, qui succéda à son père en qualité de marquis de Moravie et obtint en 1388 la marche de Brandenbourg. Le 19 septembre 1410 il fut proclamé empereur et mourut le 8 janvier de Tannée suivante. Josse (qui ne laissa qu'une fille , Elisabeth , 'épouse de Guillaume-le-borgne, marquis de Misnie et morte le 20 novembre 1400), fu^ pendant quelque temps, mats de nom seulement parait'il, duc-engagiste du Luxembourg, de la part de Wenceslas II, ainsi que nous le verrons. Deux actes d'autorité dans ce pays rendirent son nom recom-mandable aux localités qtie ces Chartres concernaient: Il accorda des lettres d'affranchissement à la ville de Diekirch en 1390 et à celle de Montmédy en 1392. — fi. Procope, second fils du second lit de Jean-Henri de Bohême et de Luxemboui^, fut salué prince de Moravie et mourut le 24 septembre 1405. — * /• JeanrSobieslas, le troisième, fut évéque de Lithuanie, passa en 1387 au siège d'Olmutz et devint enfin patriarche d'Aquilée (v. Farticle: Luxembourg, Jean-Sobieslas de) . —De sa troisième alliance sortirent: Catherine et Elisabeth, qui ne nous sont connues que de nom.
Béatrix de Bourbon, seconde épouse de Jean Taveugle donna à ce prince un fils unique :
h) Wenceslas P', qui succéda à son père en qualité de Prince -Souverain du Pays de Luxembourg.
i) Le roi-comte Jean Taveugle avait
aussi eu un fils naturel qui reçut nom de Nicolas, devint patriarche d'Aquilée en 1364 et mourut en 1362.
XIII. Wenceslas I succéda au Luxembourg en vertu de conventions de famille conclues par Jean Taveugle avec ses fils du premier lit. Il fut ainsi le treizième dynaste et en même temps le dixième comte de ce nom , depuis que les fieb étaient devenus héréditaires.
Wenceslas , qui fut le premier prince régnant de son nom dans le Luxemboui^, pouvait avoir neuf à dix ans d'âge à la mort de son père : il était par conséquent inhabile à gouverner un pays aussi étendu que le Luxembourg dealers. Ce Ait pour ce motif sans doute que son frère aîné se chargea de la régence ; et cette régence il la marqua par plusieurs actes d'autorité tels qu'on aurait pu croire qu'il était le propre souverain du Pays. En effet , à la mort de Jean l'aveugle Charles de Bohème avait des dettes personnelles considérables qu'il avait contractées, dit-on, pour se faire élire Empereur, parce que c'était la mode alors d'acheter en quelque façon les votes des électeurs : Il amortit ces dettes , en partie au moins, en engageant ou plutôt en vendant à son oncle Baudouin, archevêque-électeur de Trêves plusieurs villes du Pays, situées sur les confins de l'Electorat. Une chartre que nous avons sous les yeux nous apprend cependant que quelque temps après cette vente l'archevêque consentit k ne la considérer que comme conditionnellement conclue, c'est-à-dire avec grftce de rachat. Le jeune Wenceslas profita de cette déclaration en remboursant plus tard à son oncle les sommes prêtées, et les villes vendues rentrèrent sous la domination de leur seigneur primitif et naturel. Il serait trop long d'entrer ici dans d'ultérieurs détails au sujet des actes de Charles de Bohême et de Luxemboai^ pendant sa régence qu'il a décorée du nom de tutelle. Ce qui paraît démontré cependant c'est qu'il ne l'abandonna qu'à contre-coeur ; et que s'il éleva le titre du prince régnant au rang de Duc, 13 mars
1354, ce ne fat réellement que pour faire taire au moyen de cet accroissement d'hon* neurs les justes répétitions que son frère aurait pu faire valoir pour dilapidation de ses trésors et pour aliénation de portions considérables de ses domaines héréditaires.
Dès qu'il eut obtenu de son frère la restitution de ses biens , c'est-à-dire qu'il fut sorti de la mambournie comme on di* sait alors, Wenceslas se maria le 5 décembre 1382 à Jeanne, duchesse héritière de Brabant et de Limbourg, terres dont il prit le titre avec celui de duc de Luxembourg.
Il mourut le 7 décembre 1384 et fut inhumé à Fabbaye d'Orval. 11 ne laissa pas de postérité légitime ; mais il avait un fils naturel, nommé Jean ou peut-être Jean- Wenceslas (v. Fart. Luxbrg., Jean-W. de,) qui devint évéque de Strasbourg, ensuite archevêque de Mayence.
La duchesse Jeanne survécut à Wenceslas jusqu'au I*' décembre 1406.
Le fait le plus saillant qui marque le règne de ce prince est sans contredit l'acquisition du comté de Ghiny qu'il fit en 1364 et dont il ajouta le titre à ceux qu'il portait déjà. — Wenceslas I avait disposé qu'après lui les Pays Duché de Luxembourg et Comté de Chiny adviendralent à son neveu, Wenceslas II, fils de son frère Charles. Wenceslas II commence ainsi pour le pays
E . La Maison de Luxembourg de Bohême.
XIV. Comme l'Empereur Charles lY de Bohême, frère du duc Wenceslas I voyait celui-ci sans enfants, il eut soin de si bien faire que par acte du I** février 1578 (St. de Trêves, on 1379), approuvé par les Etats du Pays , il établit son neveu Wenceslas, qui est pour nous le II* de son nom, pour son successeur. Wetir ce$la$ //était bien. un prince luxembourgeois, puisqu'il était petitrfils de notre bienaimé comte Jean l'aveugle; mais il était né loin de nous et avait été élevé en Bohème dont il était d'ailleurs déjà l'héritier présomptif; le Luxembourg ne devait donc être pour lui qu'un accessoire d'autant plus minime en valeur et en importance qu'il
se trouvait très éloigné de ses domaines principaux. Les luxembourgeois ne devaient d'ailleurs et ne pouvaient espérer que, comme son aïeul, il viendrait les visiter souvent pour étudier leurs besoins sur les lieux et apprécier de ses propres yeux leur position. Mais à cette époque les peuples n'étaient consultés pour rien dans le gouvernement qui se faisait suivant le bon plaisir des souverains ; les sujets n'étaient considérés généralement que comme un troupeau à faire pattre par des délégués, sans responsabilité autre pour ces derniers que l'obligation de veiller à la ponctuelle rentrée des redevances féodales et des aides, charge nouvelle encore alors pour nos ancêtres puisqu'elle n'avait été créée que sous Wenceslas I. En un mot les populations du pays devaient appréhender le moment oii Wenceslas I serait salué duc de Luxembourg. Il est vrai de dire qu'elles avaient déjà commencé sous le gouvernement de Wenceslas I à voir la Cour de leurs princes s'éloigner de la province; mais si Wenceslas I résidait souvent en Brabant ou dans le Limboui^, il était cependant né dans le Luxembourg oii il avait paiement passé une partie do sa jeunesse; il connaissait conséqnemment les mœurs et les besoins du peuple ; tandis qu'il n'en était pas de même de son neveu, du duc qu'ils devaient obtenir : Le Brabant n^était d'ailleurs pas aussi éloigné que la Bohême.
Du reste , les événements de ce règne déplorable à tous égards ne nous montreront que trop la vérité de ces réflexions.
Nous retournons à la généalogie.
Nous avons vu plus haut que Chables était fils atné du premier lit de Jean l'aveugle , Comte de Luxembourg et de Laroche, marquis d'Arlon et roi de Bohême.
Nous avons dit aussi que Wenceslas I , dont nous venons de parler , fut le rejeton unique du second lit de ce prince et que la couronne comtale puis ducale de Luxembourg lui était advenue en vertu de conventions de famille dont les actes sont connus.
Charles de Bohême et de Luxembourg
ayait été nommé Wenceslas au baptême ; mais Charle9-le-bel roi de France et son oncle par la reine Marie ^ qoi fut sœur de son père, youiut être son parrain de confirmation en 1323, et changea à cette occasion ce nom en y substituant le sien propre. Ce prince, né le 14 mai 1316, aTait en 1330 obtenu le marquisat de Misnie en attendant qu'il succédât à son père sur le trône de Bohème (1346). Elu empereur par Teffet de beaucoup d'intrigues , le 16 juillet 1346 , il prit le nom de Charles IV , fut couronné roi des Romains k Aix-la-chapelle , le 9 février 1349, roi de I^mbardie à Milan, le 6 janvier 1355 et finalement Empereur à Rome , le 5 avril suivant.
Hors les huit ans que pendant la minorité de son frère Wenceslas I il exerça la régence dans le comté de Luxembourg, ce prince ne figurerait pas d'une manière directe dans cette généalogie, si par lui n'avait été continuée la suite de nos dynastes.
L'empereur Charles IV, roi de Bohême après avoir été fiancé en 1324 , fut marié en 1333 avec Marguerite ou Blanche de Valois , morte le 1""' août 1348 ; ensuite en 1349 avec Anne, fille de l'électeur Rodolphe H comte palatin du Rhin et d'Anne de Carinthie , laquelle mourut le r' février 1352; en troisième lieu, en 1353, avec Anne, fille et héritière de Henri II duc de Schweidnitz et d'Anne d'Autriche, décédée le 11 juUlet 1364; en quatrième lieu enfin , en 1365 , avec Elisabeth , fille de Bogislas V duc de la Poméranie ultérieure et d'Elisabeth de ' Pologne , laquelle mourut en 1393 , ainsi quinze ans après l'empereur son époux qui est décédé le 29 novembre 1378 (v. du reste l'article spécial que nous lui avons consacré sous la rubrique de: Luxembourg, Charles de Bohème et de).
Chacune de ces quatre alliances lui donna des enfants. Nous allons en faire l'énamération.
Du 1" lit:
a) Marguerite^ née en 1335 et morte
en 1359 , laissant veuf Louis roi de Hongrie et de Pologne qui lui-même est décédé le 11 septembre 1382.
b) Catherine, mariée en 1353 à Rodolphe (II IV), duc d^Autriche, mourut en 1365.
c) Jean, (III dans la suite généalogique) qui quoique chétif porta le titre de marquis de Moravie. Il mourut enfant.
Du second lit:
d) IT^c^Wa^^ (II dans la suite généalogique) mort le 28 juillet 1353, n^ayant pas dépassé sa troisième année.
Du troisième lit :
e) Wenceslas (III dans la suite généalogique) , dont il est ici question , II* du nom et en même temps second due de Luxembourg , par disposition testamentaire de son oncle Wenceslas I , comme nous l'avons vu. Ce prince est né le 17 mars 1361 à Nûrenberg, fut élu roi des Romains encore du vivant et par l'influence de son père, le 20 janvier 1376, succéda à ce dernier en qualité de roi de Bohême en 1378, dut être déposé de l'Empire le 20 août 1400 , à cause de ses excès et de son indolence à soigner les intérêts de l'Allemagne ; et mourut enfin d'apoplexie foudroyante, le 16 août 1419.
Wenceslas II fut marié: 1^, en 1370, avec Jeanne, fille d'Albert duc de Bavière, morte le 1®' janvier. 1387; 2®, le 15 mars 1400 , avec Sophie fille de Jean, duc de Bavière , morte fin de septembre
Comme Wenceslas II ne se souciait guerre du Luxemboui^, soit à cause de l'éloignement de ce pays , soit par l'effet de son indolence naturelle pour les peuples qu'il était appelé à gouverner, soit peutêtre pour d'autres motife accessoires, il abandonna en 1388 ce Duché avec le Comté de Chiny en engagère , d'abord à Josse de Moravie, son cousin (v. plus haut), non son frère comme M. La Garde l'a avancé; lequel Josse rétrocéda en 1402 cette engagère à Louis duc d'Orléans qui remboursa en échange la somme versée à
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Wenceslas et s'installa dans le pays en qualité de Hambonr.
Le dnc d'Orléans fut tué en 1407 , à Paris , par Jean-sans-peur duc de Bourgogne; et Wenceslas II, pas plus que Josse et plus tard Elisabeth de Gœrlits , que nous apprendrons k connaître , ne songèrent y que nous sachions , à amortir la créance de Tengagëre que ce prince avait à faire valoir et dont Fimpôt ftit cependant souTent et chaudement réclamé par sa veuve. On motiva sans doute le refus sur un acte de Wenceslas II , daté de Prague le premier mardi après la Sainte- Marguerite de Tannée 1411 , et par lequel toutes les folles engagères qui avaient été consenties tant par lui Wenceslas II que par Josse de Moravie étaient déclarées révoquées, vraisemblablement sans indemnité aucune; comme si de la part d'un prince, plus que du plus simple citoyen, un déni de paiement pouvait éteindre une dette légitime.
Nonobstant l'abandon de son premier domaine patrimonial de famille, Wenceslas II j dont la délicatesse aussi bien que la bonne foi semblent avoir laissé immensément k désirer en même temps que ses excès le mettaient constamment dans un manque absolu d'argent, Wenceslas II dison»-nous, hypothéqua en 1409, en seconde main, le même duché de Luxembourg à sa nièce Elisabeth, dite de Gœrlitz, pour une somme de cent-vingt mille florins du Rhin que, en réalité ou prétendument il lui destinait pour dot; le tout avec la réserve, il est vrai, qu'il serait loisible à cette dernière de dégager la première engagère en restituant au duc d'Orléans ou à ses ayants-droit la somme qu'il lui devait de ce chef; et qu'après ce remboursement Elisabeth réunirait la valeur totale tant de la première engagère que de la seconde hypothèque.
C'est ainsi qu'on trafiquait alors avec les peuples ! ! car il faut bien reconnaître qu'il s'agissait réellement ici tant du domaine utile que de la propriété absolue sur les habitants, ainsi que des services féodaux dûs par les nobles vassaux.
Dans ces transactions, Wenceslas II ne s'était réservé que le titre honorifique de duc de Luxembourg et les revenus de la terre de Laroche, revenus qui encore semblent ne lui avoir jamais été Versés, ou bien qui se réduisaient à fort peu de chose. Malgré cela il ne faut pas admettre cependant que dès le moment oii ces engagères furent faites il ne se soit plus occupé de ce pays, car l'Histoire a conservé un assez grand nombre de documents qui démontrent le contraire ; . et son règne même, s'il fallait en juger par ces actes seuls, pourrait passer pour avoir été assez paternel dans le Luxembourg.
Nous reviendrons à Elisabeth de Gœrlitz à la suite des enfants de Charles iV dont nous allons épuiser la série.
Du quatrième lit de l'Empereur Charles IV, c'est-à-dire avec Elisabeth de Poméranie, sont issus:
i) Charles, né le 13 mars 1372 et mort à l'âge de deux ans.
g) SiGiSMONB , JCP dynaste légitime du Luxembourg. Il est né en 1368, fut créé marquis de Brandenbourg et électeur à l'âge de cinq ans et devint finalement roi de Hongrie en 1386, du chef de sa femme.
Il fut désigné empereur le 20 septembre 1410, couronné à Aix-la-Chapelle le 8 novembre 1414 et à Rome en 1434. Il avait enfin été salué roi de Bohème en 1420 et mourut le 8 décembre 1337. ~ L'empereur Sigismond fut marié deux fois :
d'abord à Marie, fille et héritière de Louis roi de Hongrie et de Pologne, morte en 1392; ensuite à Barbe , fille de Herman comte de Cilié , décédée le H juillet 1451 , c'est-k-dire quatorze ans après l'empereur son mari. Une fille unique , Elisabeth qui lui était née , sans doute de sa première alliance , fut mariée en 1412 à Albert V duc d'Autriche , auquel Sigismond donna en 1483 et pour ce motif le marquisat de Misnie. La princesse Elisabeth fut notre XVP souveraine légitime , bien que ni elle ni ses enfants , qui formèrent naturellement la XVIP descendance de nos princes, n'aient jamais réellement exercé des actes d'autorité chez
nous. Albert Y sa€cëda le 20 mars 1438 à son beau-père Tempereur Sigismond, en qualité de roi de Hongrie et de Bohème et enfin comme empereur sous le nom d'Albert IL II est mort le 27 octobre 1439 et son épouse le 20 décembre 1442. De ce mariage sont nés quatre enfants dont les trois derniers ont joué un certain rôle dans Thistoire du Pays pendant la guerre pour la possession et la propriété du Luxembourg qui ensanglanta la pairie vers le milieu du quinzième sièclCé Ces enfants doivent pour ce motif être cités ici. Ce furent: a) Georges ^ mort aTant son père, le 16 février 1436; fi) ÂNNB, mariée en 1446 k Guillaume duc de Saxe, marquis de Moravie et Landgrave de Thuringe, mort le 17 février 1482; y) Elisabeth, née le 10 février 14S4 , morte le 1** septembre 1505 veuve de Casimir III roi de Pologne, lequel éUit décédé en 1492; finalement â) Ladislas , surnommé le posthume j roi de Hongrie et de Bohême , duc d'Autriche, né le 22 février 1440 et mort le 23 novembre 1457.
Ces princes et princesses étaient par droit de naissance en leur qualité de plus proches parents de Weneeslas II j les héritiers nor turels du Luxembourg , du chef de leur aïeul Sigismond qui lui-même était frère de ce prince : en effet, la couronne de Bo* héme après avoir à la mort de Weneeslas passé sur la tête de Sigismond qui y réunit celle de Hongrie^ avaient l'une et Vautre été transmises de celui-ci à Albert d'Autriche^ leur père. Ils avaient ainsi acquis le droit de retrait sur ce duché, droit que Weneeslas II s'était réservé à lui et à ses héritiers. Nous reviendrons sur cette circonstance importante qui, croyonsnous, n'a pas encore été présentée sous son vrai jour par les historiens.
h) Anne, troisième enfant du quatrième mariage de l'Empereur Charles IV, fut mariée à Otton , duc de Bavière et marquis de Brandenbourg , mort en 1379.
i) Jean, (3* de son nom dans la série généalogique) le dernier des enfants de
l'Empereur Charles lY et le plus jeune des frères de l'Empereur Wencelas II due de Luxembourg , est né le 22 juin 1370. A l'âge de six ans il fut salué Marquis de Brandenbourg et de Lusace ainsi que duc de Gœrlitz. Ce prince, qui mourut en 1395 avait été marié d'abord à Richarde, fille d'Albert II duc deMecklembourg^ dont il n'eut aucune postérité; ensuite à Marguerite , fille de Léopold II duc d'Autriche. Cette seconde union produisit une fille unique, Eusabbth, qui se titrait de Duchesse de Gœrlitz et prit deux alliances : En premier lieu , le 6 juillet 1409 avec Antoine de Bourgogne duc de Brabant, auquel elle donna un fils, Guillaume, qui mourut à sa naissance, le 10 juillet 1410: Antoine, qui avait été marié auparavant, le 21 février 1402 à Jeanne comtesse de St. Pol, fille unique de Walram III comte de ce nom , périt à la bataille d'Azincourt, le 25 octobre 1415.
Elisabeth se remaria ensuite à Jean due de Bavière et comte de Hollande, qui avait été élu Prince-Evêqne de Liège et avait obtenu dispense pour l'ordre du diaconat, en faveur de ce mariage projeté. Jean de Bavière étant mort à son tour le 16 janvier 1424 , Elisabeth resU veuve et sans enfants.
Ce fut à cette dame que l'Empereur Weneeslas II avait donné pouvoir pour reprendre Vengagère de ce duché, faite d'ahord à Josse de Moravie; reprise qui ne fut jamais effectuée -à ce qu'il parait, bien qu'Elisabeth s'en soit toujours prévalue. Le même empereur lui avait en outre donné hypothèque sur le même pays pour une somme de cent-vingt mille florins du Rhin, à titre de dot, comme nous l'avons vu; et il lui avait enfin abandonné la jouissance des revenus du domaine utile, jusqu'au remboursement ou payement de ces deux créances, soit par lui-même soit par ses héritiers légitimes.
'De ce moment (1409) Elisabeth de Gœrlitz se mit en possession du Duché de Luxembourg, non toujours comme simple usufruitière , mais y exerçant tous
ou presque tous les actes d'autorité incombant au Souverain ^ à tel point que Wenceslas lui-même fut^ malgré son indolence, forcé de révoquer plusieurs des mesures qu'elle avait décrétées soit par elle-même soit par ses maris : Et en plus d'une de ces ordonnances elle avait été jusqu'à prendre le titre de Duchesse de Luxembourg.
Elisabeth qui connaissait parfaitement la précarité de sa possession, voulut en profiter le mieux et le plus possible, dans la crainte oii elle devait être de voir opérer le retrait de ce domaine, non par Wenceslas lui-même qui semble ne pas s'en être soucié, mais par Tun ou Tautre de ses héritiers. Et dans cette appréhension qu'elle avait sans doute foit goûter à son mari Jean de Bavière^ elle était parvenue à engager celui-ci à offrir en 1420 à Sigismond qui venait de succéder aux droits légitimes de son frère Wenceslas, de nouvelles sommes d'argent pour augmenter l'hypothèque. Soit qu'il ne soupçonnât pas le piège , soit peut-être aussi qu'il fût réellement dans une gêne d'argent, Sigismond accepta et fit expédier le premier mardi après la Ste. Agnès un acte en due forme, dans lequel il déclarait avoir reçu en prêt de^on neveu, Jean de Bavière et de sa nièce Elisabeth duchesse de Gœrlitx différents capitaux, pour garantie du remboursement desquels il augmentait d'autant le chiffre de l'hypothèque que déjà Elisabeth et Jean avaient sur le Luxembourg : C'était se rendre agréable au vieillard Sigismond et en même temps augmenter pour ses successeurs les difficulté du retrait.
Pendant ce temps Elisabeth, devenue veuve pour la seconde fois , continuait à pressurer les Luxembourgeois en les accablant d'impôts qui augmentaient ses trésors, et d'ordonnances vexatoires qui attentaient souvent aux privilèges que ceux-ci avaient su mériter et avaient obtenus de leurs souverains légitimes par leur fidélité et leur attachement. Cet état des choses fit d'abord naître des murmures ; puis on en vint à une opposition ouverte
de la part des plus influents d'entre les seigneurs du Pays, pour finir par un refus absolu d'obéissance, une révolution complète ; fin ordinaire qu'ont à attendre les gouvernants qui oublient qu'ils ne sont appelés à l'autorité que pour diriger la société , non pour la flaire servir uniquement à assouvir leur soif pour l'or, ou bien à la réduire à la férule d'une volonté le plus souvent arbitraire, mais toujours abominable, ne serait-ce que parce qu'elle est en opposition avec les mœurs du peuple ainsi que les serments prêtés par le dynaste et ses devanciers, de maintenir les libertés politiques et sociales acquises.
Cette position déplorable qu'Elisabeth s'était créée elle-même, devenait de jour en jour plus terrible, pour une femme surtout qui devait être d^à assez avancée en flge. Elle voulut d'abord maîtriser les luxembourgeois rebelles en envoyant contre eux , pour les dompter, quelques suppôts originaires du Pays même, lesquels sous le spécieux prétexte de leur fidélité à la gouvernante que le souverain légitime avait établie auraient sacrifié leur patrie entière pour satisfaire leur ambition personnelle:
Mais ces tentatives loin de diminuer le mal ne pouvaient que l'augmenter.
Cependant tant que Sigismond, le propriétaire ou souverain légitime du Luxemboui^ vécut, Elisabeth avait par politique sans doute, cherché de son mieux à se maintenir, quelque pénible que pût être sa position au milieu d'une population qui l'avait prise en exécration. Dès que le décès de l'Empereur lui fut connu, cette position dut lui apparaître plus effrayante encore parce que ses craintes de voir le retrait si appréhendé de ses engagères opéré venait s'y surajouter. Aussi finit-elle par se voir forcée à se réfugier sur terre étrangère pour aller mendier des secours au dehors contre un peuple qui n'avait de crime que son amour pour les franchises qu'il s'était acquises par son dévouement à ses souverains et par un effet spontané de leur libre volonté. Par cette démarche elle voulut sans doute prendre les devants et se créer
— su —
un moyeQ d'augmenter encore le chiffre de son engagère en y ajoutant les soi-disanta frais de la guerre d'oppression qu'elle allait fidre entreprendre ; car Tempereur Wenceslas Favait autorisée k fiiire cette addition en cas que^ pour l'avantage du propriétaire légitime ou pour repousser une aggression étrangère elle serait mise dans la nécessité de fleure des dépenses d'armées : Mais bien certainement cette clause n'étail; en aucune façon applicable au cas présent :
Elisabeth sortit donc furtivement de Lu3iembourg et alla exposer au duc de Bourgogne, qui était devenu son neveu par son premier mari, que le peuple luxembourgeois se refusait è sa domination \ et implorant son assistance contre les rebelles. Le prince Bourguignon qui voyait sans doute dans cette prière une occasion pour étendre ses conquêtes, et en même temps pour se rendre agréable à sa tante dont il convoitait la succession, acquiesça avec empressement à la supplique d'Elisabeth et se mit en campagne pour venir ravager le pays et pour en dompter, disait -on peut-être alors, les habitants ou plutôt les seigneurs félons.
Entretemps, Albert d'Autriche, sucéesseur légitime de Sigismond, mourut k son tour; et ses deux filles, Anne et Elisabeth, avec leurs époux, Guillaume duc de Saxe, et Casimir roi de Pologne, avaient hérité la propriété du duché de Luxembourg. Ces princes et princesses s'étaient hâtés de signifier à la duchesse de Gœriitz leur in* tention d'opérer le retrait si redouté, comme leur père Albert l'avait d^k fût faire en 1438. La reine-mère, veuve d'Albert, qui était enceinte du roi Ladislas surnommé le posthume, s'était jointe k ses filles et k ses gendres, avec réserve de revendiquer pour son enfant k naître ht propriété entière de ce pays en cas qu'elle accoucherait d'un fils.
Il parait cependant en fin de compte que ces offres de faire le retrait n'étaient pas sérieuses ; et que ces princes ne prétendaient réellement que de prendre pos-
session du titre honorifique de ducs et de duchesses de Luxembourg en même temps qu'ils avaient l'intention d'exiger de la duchesse de Gœriitz de nouvelles sommes pour augmenter encore le chiffre de ses différentes hypothèques, comme ils avaient vu que Sigismond leur aïeul l'avait (ait en 1420.
Quelqu'eût été toutefois leur intention réelle, Guillaume duc de Saxe, comme le prétendant le plus rapproché sans doute, on bien en sa qualité d'époux de l'aînée des deux sœurs héritières, se fit représenter k Luxemboui^ par un comte de Gleichen qui se mit k la tête des partisans des souverains légitimes.
Le duc de Bourgogne envahit sur ces entrefaites le Luxemboui^ au nom de sa tante, la duchesse Elisabeth de Gœriitz, et finit par le conquérir en entier, malgré une héroïque défense. La capitale fat prise le 22 novembre 1443, pillée les jours suivants et finalement privée de tous ses privilèges par le conquérant, que quelques-uns ont si ridiculement osé surnommer le bon duc. La duchesse engagiste, vieille et abîmée par une maladie douloureuse fut de nouveau installée dans le chftteau du bouc, sous la protection des armes de son neveu qui reçut d'elle (1444), en récompense du service qu'il venait de lui rendre, l'abandon de ses différentes engagères moyennant une pension annuelle et viagère de huit mille florins, plus une somme de onze mille florins une fois payée,
Elisabeth , parvenue au suprême degré d'exécration chez les luxembourgeois d'alors comme elle l'est restée aux yeux des siècles suivants, alla mourir en 1451, méprisée et pauvre, dit-on, sur une terre étrangère, k Trêves, parce que la Providence n'avait sans doute pas voulu lui réserver un coin pour y reposer dans un pays dont elle avait sinon commencé, du moins consommé l'anéantissement politique.
La biographie très sommaire de cette princesse, que nous avons été obligé d'esquisser afin d'aider k l'intelligence des faits
bistorîqaes qui ODt si souveraioemeat influé sur les destinées de la Patrie, parce que jusqu'ici ces faits n'avaient pas été présentés sous leur vrai jour et dégagés de tous leurs accessoires ; cette biographie disonsnous, démontre une fois de plus aux souverains , même les plus égoïstes , que leur bonheur personnel ne consiste point dans un pouvoir absolu qui toujours est abhorré par les peuples , mais bien dans Famour de leurs sujets ; et cet amour ils ne peuvent le conquérir qu'en accordant à leurs peuples toute la somme de libertés et de garanties politiques contre Tarbitraire dont leur degré de civilisation les rend habiles à jouir , non en leur arrachant pour des motifs frivoles, ces libertés , ces garanties que des princes plus sages leur avaient librement octroyées auparavant.
Philippe de Bourgogne, qui était bien devenu engagiste du Luxembourg par l'effet de la rétrocession qu'Elisabeth de Gœrlitz lui avait fiiite de ses différentes créances, convoitait la possession paisible et sans conteste de ce pays en qualité de propriétaire; tandis que d'autre part^ outre Anne et Elisabeth d'Autriche , souyerains légitimes, Elisabeth , mère de ces deux princesses et qui avait , le 22 février 1440, mis au monde LADisLAS-/e-po«^ humej y avaient les premiers droits; Ladislas surtout comme descendant mâle de la maison des souverains légitimes.
Le prince Bourguignon, placé en face d'antagonistes aussi puissants , et croyant prudent de ne pas entreprendre la réalisation de ses projets par la force des armes , résolut de temporiser , attendant un succès favorable du temps et des circonstances qui pourraient surgir.
Sur ces entrefaites, Ladislas se fit prêter en 1452, foi et hommage en qualité de duc souverain de Luxembourg et confirma k cette occasion les privilèges et immunités des habitants ; tandis que Anne et son mari Guillaume duc de Saxe, vendirent leurs prétentions à Louis XI roi de France.
Ladislas étant venu à mourir en 1457 , les mêmes princes nouèrent de nouveau
des négociations avec Philippe, duc de Bourgogne , pour la part de ce Pays leur échue dans la succession de ce frère ; et Philippe parvint à obtenir d'eux la cession de tous leurs droits sur le Luxembourg (1462). Louis XI lui rétrocéda en même temps le bénéfice de l'acquisition qu'il avait faite de la part des prétentions des ayantsdroit à la souveraineté légitime ; de manière que les droits souverains comme ceux résultant des engagères finirent par se trouver réunis en 1462 entre les mains de Philippe db Bourgogne qui commença ainsi une nouvelle lignée des ducs de Luxembourg.
F. La Maison de Bourgogne.
XVIII. Philippe de Bourgogne , dont il Ta être question ici , appartient par le sang à la Maison de Luxembourg par sa bis-aïeule j Bonne de Ltwembourg et de Bohême^ fille de Jean l* aveugle roi de Bohême et comte de Luxembourg et d^ Elisabeth sa première épouse. En effet, nous avons Yu que Bonne fut mariée à Jeanle-bon, d'abord duc de Normandie ensuite roi de France. Elle rendit ce prince père de V Philippe-le-Hardi y duc de Bourgogne, marié à son tour k Marguerite comtesse de Flandre et d'Artois, et père de Jean-sanspeur; 2" de Louis ; 3" d'Antoine, qui fut le premier époux d'Elisabeth duchesse de Gœrlitz qui nous a si péniblement occupé plus haut; 4"" dé Philippe et de cinq duchesses : Marguerite , Marie , Anne , Catherine et Bonne.
Jean-sans-peur y fils aîné de Philippele-Hardi , duc de Bourgogne , était né en 1371 et mort en 1419, après avoir épousé Marguerite duchesse de Bayière qui lui avait donné Philippe dont ici question j et six filles: Mai^uerite, Catherine, Ma rie , Isabelle , Anne et Agnès.
Phiuppe , DUC DE BOURGOGNE , généralement surnommé le Bon , est né à Dijon, le 30 juin 1396. Il fut salué duc de Bourgogne en 1419 à la mort de son père; comte de Namur en 1421 ; duc de Brabant, de Limbourg et d'Anvers , en 1430;
comte de Hainaut , de Hollande et de Zëlaude , ainsi que seigneur de Frise ^ en 1436 ; m 1441 mambour, en 1443 dueengagiste et enfin en 1462 propriétaire et souverain du dtiché de Luxembourg. Ce prince institua Tordre de la Toison-d'or, le 10 janvier 1430 , à Toccasion de son troisième mariage, et mourut le 15 juin, d'autres disent le 16 juillet 1467.
De ses trois alliances, contractées; r , en juin 1409, avec Michelle de France fille puînée du roi Charles VI et d'Isabelle de Bavière, née le 11 janvier 1394 et morte le 8 juillet 1422 ; r le 30 novembre 1424, avec Bonne d'Artois fille de Philippe duc d'Artois et de Marie de Berry^ veuve de Philippe comte de Nevers et de Rettel et morte en 1425 ; et S^ enfin, le 10 janvier 1529, avec Isabelle de Portugal fille de Jean I roi de Portugal et de Philippe d'Angleterre-Lancastre , sœur atnée du roi Henri lY d'Angleterre, laquelle mourut le 17 décembre 1471 , quatre ans après son époux, Philippe duc de Bourgogne ne laissa postérité que de cette dernière :
a) Antoine^ né le 30 septembre 1430 et mort à l'âge de quatre mois.
b) Josse, né le 4 avril 1432 et mort jeune.
c) Charles, qui suit:
XIX. Charles , duc de Bourgogne , succéda aux états de son père et fut sur^ nommé le Téméraire à cause de son ambitieuse témérité. II était le plus jeune fils de Philippe duc de Bourgogne et d'Isabelle de Portugal. Il est né à Dijon , le 10 novembre 1433, et mourut au siège de Nancy, le 5 janvier 1477. Gharles-le- Téméraire fut marié trois fois: d'abord en 1439, à Catherine de France, fille du roi Charles VII et de Marie d'Anjou, née en 1429 et morte sans postérité, en 1446 ; ensuite , le 30 octobre 1484 à Isabelle de Bourbon , fille de Charles I^ duc de Bourbon et d'Agnès de Bourgogne , laquelle mourut à Anvers le 13 septenibre 1465 ; enfin le 9 juillet 1468 à Margue-
rite fille de Richard d'Yorck et d'Elisabeth de Neuil , sœur d'Edouard IV roi d'Angleterre. Cette dame est morte sans postérité, en 1503, vingt-six ans après son mari.
Isabelle de Bourbon, sa seconde épouse, lui avait donné une fille unique , Marie , dite de Bourgogne j qui va suivre.
XX. Marie de Bourgogne^ seule héritière de son père, succéda à celui-ci dans toutes ses possessions et dans tous ses titres. Née à Bruxelles le 13 février 14S7 , elle mourut d'une chute de cheval, le 25 mars 1483 et fut enterrée à Bruges oii son père fut aussi transporté en 1553.
Marie de Bourgogne fut unie le 18 août 1477à Haximilien P, archiduc d'Autriche, fils de Frédéric V , empereur d'Allemagne et d'Eléonore de Portugal , né le 12 mars 1459 et mort à Lens, le 12 janvier 1519.
L'archiduc Maximilien était veuf de Marie de Bourgogne lorsqu'il fut proclamé roi des Romains, le 16 février 1486 et élu empereur le 19 août 1493.
Nous ajouterons comme donnée ultérieure et complétive touchant Maximilien, qu'en 1489 il s'était fiancé à Anne , héritière de Bretagne , fille de François II dernier duc de ce nom et de Marguerite de Foix, née le 26 janvier 1476, laquelle fut épousée ensuite , 1", en 1491, par Charles VII , roi de France , après que ce prince eut renvoyé à l'Empereur Maximilien, devenu son compétiteur à l'Empire, sa fille Marguerite à laquelle il était également fiancé ; 2^ par le roi Louis XII. Maximilien se maria ensuite le 16 mars 1494 à Blanche-Marie, fille de Galéas-Marie duc de Milan et de Bonne de Savoie , veuve de Philibert duc de Savoie, morte en 1511 .sans laisser postérité.
D'an antre c6té, il ponm paraître iolérressant à plusieurs de Toir établir la généalogie de la Maîso» d'An triche rattachée à eelle de Luxembourg et à celle de Bourgogne par MaiinUien, afin de ae rendre raison des connexions que ce rapprochement d«Mic entre les différentes lignées qui ont possédé le Lnznmibourg depuis la famille à laquelle ce pays avait donne son nom, jusqu'au souTcrain qui se Test tu nrncher
par Ict tfMpci frASçtisM lonqa'eUet y sont temet •Mir U IMalité, em 1794-86.
Po«r ee M^tif amu ••«• ••■»«• en en defoir de 4wiier ici celle deeeemdeace iatermédiur^ depnit Redolplie de H«lMW«ug jat^a'à Huiaûlie* I d tes lfèTCe(lSIB-lill8).
Le Heitea d*Aateicke conunieMe m géaéalegie à rEaperenr Bodolpkê, dit de Helitboiijrg, mi en 1819 et mort en IS9I. Il était fils d*Albert-le-sage» comte de Hebebewf et de Hedwife comtetie de BLibomrg. Elu empeiev le 50 teptembre 1875, il lai couronaë à Aiz-U-vliapelle • la 90 octobre sniTsnt Ce prince fut nMrië denx foie : i® en 1945 à Anne de Hobenberi^ moite le 99 mnrf 1981 après loi avoir donné cinq princes et sept princesses. Parmi ces ftls« Alhwi seul Técnt 9» en 1984 à A^ès de Bonrgo|pie fille du dnc Aoberl II, cl morte sans postérité.
Le 97 décembre 1989, U avait investi son fils Albert dn ducbé d*Antricbe et pays en dépendants qn*îl avait enlevés au roi de Bobème: De là la maison de Habsbonry a pris le nom do ce dncbé qu'elle a continné à porter depnîs.
Aihêrt A dnc d'Anlricbe, est né en 1948 el lîil tué en 1506. Il avait épousé Blisabetb, fiUe de M énord duc de Garintbie el comte de Goricie, décédée en 1515* De ce mariage sont nés : i^ Frédéric qui suivrai S9 Rodolpbe surnommé le débonnaire, qui fut roi de Bobème el qui mourut en 1508, laissant deux filles, Anne, a EliêoJUik qui fui wUê à J§au i'avtusU, comté dé Lusewtiaurg, auquel allé apporta iaeouroumê do Bohême doui âlia était devonuo Vkériaéra apréo la dépoHtiou de Heuri de Carinikie mari de sa sœur aiuée; J* Léopold, surnommé le glorieux, mort en 1597; ^ Otton, surnommé le bardi ou le joyeux, mort en 1556 ou 1540, après avoir épousé 1» Elisabetb de Bavière, et 9^ Aune de Lusembourg, fille de Jeam l'aueuqle, comU de Lumembourg et roi de Bohème. Dn premier lit advint Frédéric, mort en 1544 âgé de onne ans, et Elisabetb morte en 1546, fiancée à Edouard roi d'Angleterre i du second, Léopold mort en 154tf $ S* Henri, surnommé le paisible, d'abord cbanoine, ensuite coadjuteur de Msyeoce, puis marié i^ à Elisabetb, fille de Rodolphe palatin du Bbii, ^ à Elisabetb, fiUe du Comte de Wirtsbourg, mort enfin sans postérité, en 1579 ; 6» Albert II, dont il seraparlé après sou frère Frédéric, Le duc Albert I eut ausri cinq filles, savoir: 7» Agnès, épouse d'André m roi de Hongrie, surnommé le vénitien, morte religieuse en 1565; 8« Elisabetb, mariée à Frédéric m, dnc de Lorraine, décédée en 1559; 8^ Anne, alliée a. à Herman II, Harquis de Braadenbourg, b. à Henri VI duc de WraUslaw; iO^ Catherine, fiatuée à l'Empereur Henri VU, comte de LuMsmbourg, puis après la mort de ce prince mariée A Charles duc de Calabre; morte en 1595 ; ii^ Gntte ou Bonne, épouse de Louis comte d^Oettingen, décédée en 1599.
Frédéfic, due d'Autriche, surnommé le beau, succéda à son père Albert 1. Il fut élu empereur par quelques électeurs, en 1514, et mourut en 1550. Il avait épousé 1® Isabelle, fille de Jacques roi d'Arragon; 9« Cunégonde de Bavière, fille de l'Empe» reur Louis. Cette dame perdit la vue à force de
pleurer son époux. De sa première union naquirent i l« Elisabetb, promise à l'Empereur Charles IF de LuMembourg, ou selon d'autres, au père de ee prince, Jean l'aveugle, mais morte en 1554, avant son mariage; 9« Aune, qui épousa a. Louis dit le RoBMin, fils de Tempereur Louis de Bavière; b. Jean on Henri, comte de Goricie. Du second Ut Frédéric eut : 5^ Frédéric et 4® Léopold, morts au berceau; finalement IP Elisabeth, femme de Gonthier comte de Schwartsenbonrg.
Comme l'empereur Frédéric ne laissa pas d'enfiinte miles, ses étete héréditaires ^'Autriche échurent à son frère, Albert II, né en 1988, rt mort le 18 |nin 1558. Il avait reçu les surnoms de le sage et le contrefait, rt avait épousé Elisabetb ou Jeanne, fille et héritière d'CJlric II, comte de Ferretle, qui mourut en 1555 après avoir donné à son époux quatre fils et trois filles : l» Rodolphe II, qui suivra; 9» Albert III que nous retrouverons après son frère qui précède; J* Léopold, né en 1549 et mort le juillet 1586; il avait épousé Viridis, fille de Bemabon comte de Hilan; d'où: a. GnillanoM, mort en 1406 sans postérité, ni de Hedwige, fille de Louis de Pologne roi de Hongrie, ni de Jeanne, fille de Charles dit le petit, roi de Hongrie el de Sicile s b, Frédéric, mort en 1450. Ce prince avait épousé d'abord Elisabeth, fille de l'Empereur Bobert et d'Elisabedi de Nûrenberg, décédée en 1409 sans enliints; ensuite Anne, fille de Frédéric duc de Bmnswich qui lui donna Sigismond dont nous parlerons après Ladislas ; c. Léopold, né en 1571 et mort en 1411 sans avoir eu d'enfants de Catherine, fille de Philippe-lo-hardi due de Bourgogne; d, Ernest, qui suivra après Sigismond, son neveu; s. Agnès, qui fut auiriée à Boleslas, dnc de Silène; /*. Elisabetb, morte fiancée à Henri comte de Goricie; g. Catherine enfin, qui épousa Conrad comte de Hardcck, Burgrave de Magdebourg.
Rodolphe, fils aîné d'Albert II duc d'Autriche, est né en 1558. U auecéda à son père el mourut le 95 jniUel 1565 ayani en deux épouses : Catherine, fiUe de l'Empereur Charles IV, roi de Bohème, né des comtes ds Lumembourg, et d'Elisabeth de Poméranie, mcrte en 1360; el Maiguerite, comtesse du Tyrol, décédée en 1575. Gonnno aucune de ses alliances ne lui avait donné postérité il cul pour successeur dans SCS Etete son frère puîné, Albert III.
Albert m, second fils. d'Albert II, suirit son frère Bodolpbe dans la possession du ducbé d'Autriche et mourut le 15 aofil 1595. Albert m fut marié deux fois : 1<> avec Elisabeth, fille de l'Empereur Charles If, né des comtes de LuMombourg, et d'Elisabeth de Poméranie, décédée en 1373; 9» aTcc Béatrix, fille de Frédéric m, Burgrave deNûrcnberg. Celte dernière dame lui donna un fils unique qui fut nonuné Albert, comme son père, cl devint le IV« duc homonyme parmi 1er régente d'Autriche.
Albert ir, né en 1577, fils unique d'Albert UI duc d'Autriche et de Béatrix sa seconde épouse, mourut le 95 aofil 1404- Il avait été marié deux fois; d'abord avec Jeanne, fille d'Albert de Bavière,
comte de HoUaDde; easnite avec Matlulde, fllle de Louis duc de Bayière, dont il D*eot pat d*eiifants, tandii que Jeanne de Bayière lui a^ait donné: 1^ Ai^ hêri, V* de ton nom, qni iniTra; S* Marguerite on Jeanne» qni fut Téponie de Henri dit le riche, dnc de Bavière.
Alheri V, né en 1594, mceéda à ion père Albert IV en qualité de dnc d'Autriche. (2e prince fut lalué duc de Morarie en 1425; roi de Hongrie le i" jauTier et de Bohême le 6 mai 1458. Il fut élu Empereur vous le nom d*AIhert II, le 20 mart 1458 et mourut le 27 octobre de l'année sniTante. En 1422 a UTait épousé Elisabeth de Bchêmê et de Luxembourg, fille de l'Empereur Sigûmond et de Marie de Hongrie j cette dame mourut le 20 décembre 1461. (y. ci-detant la généalogie de la Maison de Luxembourg de Bohême.) iVoiw avons dit plus haut qu'à la mort de l'Empereur Sigismond, père de l'impératrice' reine Elisabeth de Luxembourg et de Bohème dont il est question ici, cette princesse avait naturellement hérité de la Souveraineté sur le Duché de Luxembourg pendant que la trop fameuse Elisabeth de GosrlitM en avait la Jouissance à titre d'engogère. Et ce droit de sou^ veraiueté elle l'avait fait valoir, d'abord par l'empe» reur son mari, ensuite par elle-même et ses enfante dont nous allons parler, A son décès l'Empereur Albert II, ou Albert V comme due d'Autriche, avait laissé en ?ie deux filles et sa femme enceinte ; 1* un fils, l'aitté de ses enfants, nommé Georges, était mort an berceau ; V Elisabeth, l'atuée des filles, fut mariée % Guillaume duc de 8axe et Landgrave de Thuringe; S"" Anne la cadette le ta% à Casimir IV roi de Pologne. Elisabeth mourut en 1482 et Guillaume vingt ans plus tard, en 1482, ne laissant que deux filles; 4® enfin, Ladisl'as qni va suivre.
Ladislas surnommé le posthume, parce qu'il est né quatre mois après le décès de son père, le 22 février 1440, succéda à celui-ci dans ses états héréditaires. Comme son père, sa mère et ses stBurs avec leure maris, il fit mine de revendiquer la Souveraineté sur le Luxembourg qui était détenu par Philippe de Bourgogne, au nom d'Elisabeth de Gœrlitx; et il semble même qu'il avait la sérieuse intention d'en opérer le retrait puisqu'il convoqua, le mercredi avant la St Thomas Î46t, c'est-à-dire cinq mois environ après la mort de la duchesst'Sngagiste, les Trois-Eiats du Pays à Yvois et se fit prêter par eux foi et hommage en qualité de seigneur suzerain et propriétaire. Mais quelque bonnes qu'eussent pu être les intentions de ce prince qui n'avait alors que douxe ans d^dge, U était trop jeune pour inspirer des craintes sérieuses à Philippe, le puissant duc de Bourgogne qui se trouvait en possession de la retrooesiion de l'hypothèque 'sur le Luxembourg, De façon que les choses en restèrent-là pour le moment et jusqu'au décès de Ladislas qui eut lieu cinq aju plus tard, le 23 novembre 1457. iVotw avons déjà dit let événements qui se passèrent alors relativement au Duché,
Comme Ladislas n'avait pas été marié, ses pays héréditaires échurent par droit 4c succession à SigiS" mond d'Autriche dont il a été fait mention plut haut.
Sigismond d'Autriche éUit fils unique de Frédéric et d'Anne de Bruntwich; ce Frédéric était lui-même le filt atné alon exUUnt de Léopold d'Autriche, lequel fut frère puîné du due Albert III, nleul de Laditlat. Cet deux princet étaient eontéqùenunent connut au huitième degré coUutéral, l'un te trouvant à la cinquième, Tautre à la quatrième deteendnnce de la touche commune, celle-ci cooiprite, dont la pctoonne du due Albert II.
8igitmond né en 1427 tuccéda en 1457 aux Etals béréditairet de Laditlat le potthume. Il fbt d'abord fiancé avec Radegonde fiUe de Charlet VII mi de France et de Marie d'Anjou; mait cette princesse mourut avant let nocet, le 19 mart 1444. Il épousa ensuite: 1® Eléonore, fille de Jacquet I, roi d'Ecotte, morte en 1480, ayant eu un filt mort an berceau; 20 en 1484, Catherine fille d'Albert dnc de Saxe, qui ne lui donna aucune detcendance.
8igitmond mourut à ton tour en 1496, nbandonnant les états d'Autriche et pays en dépendants à ton oncle Emett d'Autriche.
Ernest était le plut jeune det quatre filt de Léopold d'Autriche que nout avont patsét en revue, et de Viridit comtette de MiUn. Au décèt de 8|gitmond ton neveu, il était le teul mâle vivant de ta maîtoa. Emett avait d'abord été duc de Styric et de Cnrinthie, et tvait embrassé l'état ecclériattique. Mait la raiton d'Etat U força plut tard à demander ditpente pour le vœu du célibat avec la permitdon de eontmcter mariage. L'une et l'autre lui ayant été accordéet en contidération det raotift capitaux qu'il avait à alléguer, il épouta 1® en 1424, Marguerite, fille de Baudouin III dnc de Poméranie et de Stetin , morte saut enfants; 2f* Zimburge, fille de Ziemovite due de Massovie, laquelle est décédée en 1429 aprèt avoir donné le jour à: i^ Anne, 9^ Alexandrine, J* Léopold, 4* Rodolphe, tf® Emett, tout murtt au berceau ; 6« Frédéric IT, qui suivra ; 7^ Albert, né en 1418 et mort en 1485 sans avoir eu d'enfnntt de Mathilde, fille de Louit duc de Wurtemberg; 8® Marguerite, morte en 1486 éponte de Frédéric II électeur de Saxe; 9*Cadierine, morte en 1480 unie à Charlet marquis de Baden; fO* Elitabeth qui fut l'époute de Hnguet comte de Werdenbeig,
Ernest, duc d'Autriche, de Styric et de Garinthie, etc., etc. , mourat en 1442 et ton filt atné vivant lui tuccéda.
Frédéric, II* dant la lignée de la maiton d'Autriche, est né en 1415 et fat élu empereur d'Allemagne sous le nom de Frédéric IV, à la mi-earême 1440. Il est mort le 7 septembre 1495. L'empereur Frédéric IV avait épousé le 17 mars 1452 Eléonore, fille d'Edouard roi de Portugal et d'Eléonore d'Arragon, morte en 1487. De ce mariage sortirent: i^ Christophe, né en 1456 et mort Agé de quelques mois seulement; ^ Maxihilikh, pour lequel nous avons établi cette descendance intermédiaire, au moyen de laquelle nous avons rattaché la branche masculine et la féminine à la légitimité, bien que très-éhignée, pour constater le droiP à la Souveraineté sur le Duché
de Lusembùwr^ dan» la pmrsonnê dé Marie dttchuee de Bourgogne, par droit d'hèridiii et d'achat, et dans celle de son ipouM, Masimilien d'Autriche^ far lee iimu du eang qui unissaient encore ce princê à la Maison de Luxembourg dans des desesndancês ainsi gue des alliances multipliées. Les antres enfants de rcnperear Fréàént forent i S^ Jean, mort en 1467» âgé de fis mois; 4* Hélène, née en 1460 et morte la tnivante; tf* enfin Gnnégonde, née en iAM et décédée en i6W. Cette prineeste ayait été mariée à Albert dne de Bafière, après le décès dn^el elle se fit religîense.
Noos reprendrons maintenant la généalogie directe des Souverains régnants du Luxembourg.
Marie bb Bourgognb et Maximiuen D^AuTRiCHB aTàient eu de leur mariage trois fils et une fille:
a) Phiuppb,!!^ dans la succession généalogique de nos souverains, qui suivra.
b) Marguerite née à Bruxelles , le 10 janvier 1480, fut déclarée gouvernante des Pays-Bas pendant la minorité de Charles II (Cbarles-Quint) son neveu, en 1507 et mourut à Halines le 1*' décembre 1530.
Fiancée d'abord en 1483 à Charles VIII, roi de France, fils de Louis XI et de Charlotte de Savoie, né le 30 juin 1470 et mort le 7 avril 1497, cette princesse fut renvoyée à son père parce que ce dernier Tavait emporté sur Charles VIII son compétiteur à l'Empire d'Allemagne.
Elle fut mariée ensuite, au mois d'avril 1496 à Jean, Infant d'Espagne, fils de Ferdinand-le-Catholique et d'Isabelle de Castille, né le 26 juin H78 et mort le 4 octobre 1497; puis le 26 septembre 1501 à Philibert duc de Savoie, ûh de Philippe duc de Savoie et de Marguerite de Bourbon, né le 10 avril 1480 et qui la laissa veuve sans postérité, le 10 septembre 1504.
c) François, né le 10 septembre 1481 ; et d) Georges, né en 1483; morts l'un et l'autre au berceau.
A la mort de Marguerite de Bourgogne toutes ses possessions échurent à son fils aîné qui par son mariage avec une princesse d'Espagne, héritière de cette monarchie, constitua pour le Luxembourg une nouvelle branche Souveraine, ou
G. La Maison AcsTao-BSPAGNOÏLB.
Philippb, surnommé le bel, fils aine de Marie de Bourgogne et de l'archiduc Maximilien, est né le 23 juin 1478. Il succéda aux états de sa mère en 1483, sous la tutelle de son père qui lui abandonna les rênes du gouvernement en 1495, à Tflge de dix-sept ans. Ce prince est mort le 25 septembre 1506. Il avait été marié le 21 octobre 1496, à Lierre en Brabant, avec Jeanne de Castille, héritière du royaume d'Espagne, fille de Ferdinand V dit le catholique, roi d'Arragon et d'Isabelle reine de Castille , née le 6 novembre 1479 et morte le 11 avril 1555 au château de Fordesillas , ayant ainsi survécu pendant quarante-neuf ans à son mari.
Ces époux eurent de leur mariage :
a) Charlbs, Il dans notre généalogie, qui suit.
b) Eléonare, née le 24 novembre 1498 et morte en 1558, fut mariée en 1519 à Emmanuel de Portugal, duc de Visco, fils de Ferdinand duc de Visco et de Béatrix de Portugal, né le 31 mai 1469 et mort à Lisbonne le 13 décembre 1558.
Avant d'obtenir la main de l'Infante Eléonore, Emmanuel avait déjà été marié deux fois : en 1497 avec Isabelle d'Arragon, dite de Castille, veuve d'Alphonse prince de Portugal et fille de Ferdinand V, roi d'Arragon et d'Isabelle de Castille, née le 2 octobre 1470 et morte en couches le 24 ou le 25 août 1498; ensuite, le 30 octobre 1509 avec Marie , sœur de la précédente, née le 29 juin 1482 et morte de même en couches en 1517. Après le décès de ce premier mari, Eléônore d'Espagne épousa en 1530 François I*', roi de France, fils de Charles d'Orléans, comte d'Angottléme et de Louise de Savoie , né le 12 septembre 1494 et mort à Rambouillet le 31 mars 1546.
c) Isabelle, née le 23 juillet 1501 et morte à Gand le 19 janvier 1525. Elle avait été mariée en 1515 à Christierne II, dit le tyran ou le cruel, fils de Jean, roi de Danemark et de Christine de Saxe, né
le 2 juillet 1481 , roi de Danemark en 1513| chassé pour ses craaatés en 1523 et mort finalement en prison le 25 janvier 1559.
d) Ferdinand j né à Madrid le 12 mars 1503. Ela roi des romains le 11 janvier 1531 et empereur après Tabdication de son frère aine, Charles-Quint, le 14 mars 1558; ce prince mourut à Vienne le 25 juillet 1564. Le 22 juillet 1521 il avait été marié à Anne , fille de Ladislas VI roi de Hongrie et de Bohême et d'Anne de FoiX| née en 1503 et morte en 1547, Ces époux laissèrent une nombreuse postérité que nous omettrons de mentionner ici, parce qu^elle n'aura que plus tard une influence directe sur le Pays de Luxembourg.
Du reste les princes et princesses de cette branche, dite d'Allemagne , nous restèrent absolumiAit étrangers jusqu'après la guerre pour la succession au trône d'Espagne oii Charles VI est devenu notre souverain légitime. Nous la reprendrons alors en sous-ordre.
e) Marie, née le 13 septembre 1505, déclarée gouvernante des Pays-Bas en 1556 et morte le 17 octobre 1568. Elle avait été mariée en 1521 à Louis II, dit le jeune, roi de Hongrie et de Pologne, fils de Ladislas VI et d'Anne de Foix, né en 1504 et mort au mois d'octobre 1524.
f) Catherine enfin, née posthume le 14 janvier 1507 et morte à l'âge de 70 ans en 1577. Promise d'abord à Frédéric II électeur de Saxe, fils de l'électeur Ernest et d'Elisabeth de Bavière, né le 17 janvier 1463 et mort le 5 mai 1525, l'infante Catherine fut mariée, encore pendant la même année 1525 à Jean III roi de Portugal , fils d'Emmanuel, également roi de Portugal et de Marie de Castille, né le 6 juin 1502 et mort le 2 août 1557. Ce prince la répudia pour ijles motifs , vrais ou fictifs, qu'il est inutile de dire ici.
XXII. Charles, surnommé Quint ou le cinquième comme empereur d'Allemagne, fut un des plus grands princes qui aient jamais régné. // reçut au baptême le titre
de due de Luxembourg, qu'il honora dans la suite autant par sa sollicitude pour ce duché qui ne formait cependant plus qu*uM province dans ses vastes états, que cepaigs dut s'en trouver glorifié en récompense d$ la fidélité et de la franchise qu'il avait su conserver à ses souverains, de même que de Vamour de ces derniers qu'il s'était acquis par les services que ses nombreux enfants avaient rendus jusqu'alors à ceuxci et qu'ils n'ont pas cessé de leur rendre toutes les fois que la dignité de thamme ne s'y opposait pas: car, si le luxembourgeois est fidèle à ses princes, s'il est franc et ouvert dans ses relations avec les rois comme avec ses concitoyens, il a aussi le sentiment de sa dignité d'homme et de citoyen; et ces quciités sublimes que le pétille a nourries depuis les temps historiques Us plus lointains ne se sont pas altérées chez lui jusqu'à nos jours.
Né à Gand le 24 février 1500, û fut salué duc de Bourgogne et roi d'Espagne en 1517; élu emipereur le 28 juin 1519 et couronné par le Pape le 24 février 1530, il abdiqua à Bruxelles le 25 octobre 1555, cédant ses états héréditaires à son fils et l'empire à son frère Ferdinand. Charles d'Espagne se retira ensuite dans le couvent de St. Just en Estramadure, oii il mourut avec l'habit religieux, le 22 septembre 1558.
L'auteur du manuscrit des Vin illustres consacre à ce prince les lignes suivantes :
« 1556. Carolus V Imperator etsi est Gan- «davi natus, renatus tamen fonte baptis- «matis Dox Luxemburgensis appellatus «hoc agnomen aliquamdiu tulit. » (II, N^ 142.)
Ce prince, après avoir été successivement fiancé avec Claude ou Claudine de France, avec Marie d'Angleterre ^ avec Renée de France, avec Louise de France et finalement avec une seconde Marie d'Angleterre, épousa le 10 janvier 1526 Isabelle, fille d'Emmanuel roi de Portugal et de Marie de Castille, née en 1503 et morte le 1*' mai 1539. De ce mariage naquirent :
— 3Bt —
a) Philippe, troisième du nom dans la suite de nos souyeraiDS luxembourgeois, II« dans celle des rois d'Espagne. Nous reyiendrons à ce prince.
b) Maries mariée en 154-8 à Maximilien, fils de Tempereur Ferdinand I et d'Anne de Hongrie, né en 1827, roi de Hongrie et de Bohême ; puis le 24 novembre 1562, élu roi des Romains sous le nom de Haximilien II , salué empereur le 25 juillet 1565 après la mort de son père et finalement mort à Ratisbonne, le 12 octobre 1 576, Marie d'Espagne son épouse se fit religieuse après lé décès de son mari et mourut en 1603, vingt -sept ans après celui-ci.
c) Jeanne, morte en 1578 après avoir été mariée en 1553 à Jean, Infant de Portugal, fils de Jean III, roi de Portugal et de Catherine d'Autriche, sœur de Charles- Quint. Jean de Portugal était né le 3 juin 1537 et mourut avant son père, le 2 janvier 1554.
d) Ferdinand, né le premier mai 1539, ne vécut que quelques jours.
e) Don Juan, mort en 1571.
f) Jacques^ désigné roi des Pays-Bas par son père, mais .qui ne le fut jamais.
XXIII. Philippe II en rang des rois d'Espagne, 3* parmi les princes souverains du Luxembourg, succéda à son père TEmpereur Charles-Quint.
Ce prince abominable, qui se rendit odieux par son stupide et en même temps farouche fanatisme ainsi que ses froides eruatUés, fut rendu impuissant pour faire le malheur du Luxembourg, tant par son éloignement de cette province que par la fermeté du Comte plus tard Prince Pierre- Ernest de Mansfelt (v. son article) qui en avait été nommé gouverneur déjà par CharleS'Quint, père de Philippe II. Aussi les massacres, les tortures, l'inquisition même dont on ne cessait de menacer les Provinces Belgiques, de mime que les guerres civile et religieuse qui ensanglantèrent ces belles provinces et en décimèrent la population, tous ces fléaux publics ne trouvèrent
aucun accès dans le Luxembourg dont les limites semblaient infranchissables à toutes ces horreurs, grâce aux soins vigilants et patriotiques du sage Gouverneur. To%U ce que nos atetuc ressentirent de ces misères publiques, pour ne pas nous servir éCun terme plus sévère, se réduisit à quelques pillages isolés, exercés par des corps francs, lesquels furent chaque fois repoussés dès leur apparition. En un mot, pendant que les Pays-Bas fumaient du sang des victimes innocentes et en grand nombre que le fanatisme le plus tyrannique y immolait, p^iidant que les plus cruelles et les plus haineuses discordes déchiraient ces provinces, le Luxembourg a pu consacrer à son gouverneur des inscriptions en lettres d^or gror vées sur le marbre, pour attester la parfaite tranquillité dont jouissaient ses paisibles populations.
Philippe II est né à Valadolid le 21 mai 1527. II succéda à son père dans ses états héréditaires, céda en 1598 les Provinces belgiques à sa fille Isabbllb-Clairb- EuGBNiB, après que, à cause de ses cruautés il s'était vu arracher les Provinces septentrionales ou néerlandaises et mourut à l'Escurial le 13 septembre 1598/ Il fut marié quatre fois : d^abord en 1 543 à Marie, fille de Jean III, roi de Portugal et de Catherine d'Autriche ou d'Espagne, sœur de Charles-Quint son père. Cette princesse, née le 25 oct(ri)re 1527, mourut d'une suite de couches le 27 août 1545.
Philippe II épousa ensuite , le 25 juillet 1 554 Marie, héritière d'Angleterre et d'Irlande, fille de Henri VIII roi d'Angleterre et de Catherine, Infante d'Espagne , née le 8 février 1516, couronnée reine d'Angleterre le 30 novembre 1553 et morte finalement sans postérité le 17 novembre 1558. Sa troisième femme, qu'il prit le 22 juin 1559, était Elisabeth, fille atnée de Henri II, roi de France et de Catherine de Médicis, née le 13 avril 1545 et morte le 14 octobre 1568, en couches, disent les un^, et d'autres avec bien plus de vraisemblance, empoisonnée par ordre du roi son mari. Enfin Philippe II se maria
en quatrièmes noces en 1570 avec Anne d'Autricbe, fille de TEmperenr Maximilien II et de Marie d^Espagne , née à Cigale le 11 novembre 1649 et dëcédée le 25 octobre 1580.
Du premier lit il ne naquit qu'un fils :
a) Charles, dit Don Carlos, né à Valadolid le 23 août 1545 et mort empoisonné, ditron, par ordre de son père, le 24 juillet 1668, sans avoir été marié. Ce jeune prince ayait été promis à Elisabeth de France ayant que son père en fit sa troisième femme, laquelle fut de même empoisonnée, assuret-on, par ses ordres: Ce double crime était motivé sur de simples soupçons de jalousie de la part du père contre son
propre fils et contre son épouse ! ! !
Du troisième lit vinrent deux princesses:
b) IsABBiXB-CLAiBB-EuGéiiu, qui Suivra.
c) Catherine, née le 10 octobre 1S67 et morte le 6 novembre 1597. Cette princesse avait été mariée le 11 mars 1585 à Charles -Emmanuel, duc de Savoie, fils d'Emmanuel-Philibert duc de Savoie et de Mai^erite de France, né le 12 janvier 1562 et mort le 26 juillet 1630.
Enfin, le quatrième mariage de Philippe II donna à ce prince :
d) Femand ou Ferdinand, né le 24 décembre 1571. Il fat archevêque de Tolède, obtint le chapeau de cardinal et fut envoyé par le Pape en qualité de légat en Portugal. Ce prince mourut le 26 octobre 1641*
e) Diego, né en 1574 mourut en 1582»
{) Charles-Laureni, mort au berceau.
g) Philippe, qui devint roi d'Espagne
après son père Philippe IL II est né le 14 avril 1578 et mourut en 1621 après avoir épousé en 1599 Mai^uerite d'Autriche, fille de Charles, archiduc de Gratz et de Marie de Bavière , née en 1584 et morte en 1611 • De ce mariage naquirent quatre princes et autant de princesses :
a. Anne-Marie-Mauriee, née le 22 septembre 1601, morte le 20 janvier 1666 après avoir été mariée le 25 novembre 1616 à Louis XIII roi de France, filadu
roi Henri IV et de Marie de Médicis, né le 27 septembre 1601 et mort le 14 mai 1643; p. Marie, née le 1^' février 1603, morte h Tâge d'un mois ; y^ Phiuppb-Do- MiNiQUE-ViCTOR , qui nous occupera après sa tante IsaheHe-Claire-Eugénie , de laquelle il a hérité la souveraineté sur le Duché de Luxembourg; â. Marie-Anne, née le 18 août I6O69 morte le 13 mai 1646. Cette princesse fut mariée en 1631 à Ferdinand, fils de Tempereur Ferdinand II et de Marie-Anne de Bavière , né le 13 juiUet 1608, roi de Hongrie en 1625, de Bohême en 1627 et Empereur sous le nom de Ferdinand III, le 15 février 1637, mort finalement le 2 avril 1657.
e. Charles, né le 25 septembre 1607, mort le 30 juillet 1632; t. Ferdinand, né le 16 mai 1609, devint cardinal-diacre en 1619, de la neuvième promotion du Pape Paul V, puis , quand il eut atteint l'âge canonique, sacré archevêque de Tolède ; enfin envoyé dans les Pays-Bas en qualité de Gouverneur de ces Provinces pour son frère, rj. Marguerite, née le 24 mai 1610, morte enfant; et finalement i>. Alphonse, né le 22 septembre 1611, mort l'année suivante.