‹ Biographie luxembourgeoise: histoire des hommes distingues ..., Volume 1Chapitre 22 sur 33 · XXIV. ISABBLLE-CUJRB-EUGillIB , Bée · texte numérisé non relu

XXIV. ISABBLLE-CUJRB-EUGillIB , Bée

le 22 août 1566, fui, par acte de son père , daté de Vannée de sa mort , iS96, déclarée Princesse-Souveraine des Provinces belgiqueSy conséquemment aussi du Duché de Luxembourg, qui depuis Philippe, duc de Bourgogne, était compris au nombre de ces provinces bien qu'il eiU conservé son gouvernement, ses lois et son administration distincts comme il les avait toujours eus depuis son origine historique, et tels qu*il les a conservés jusqu'à son incorporation à la République française^ par décret de la Convention nationale en date du premier octobre 1795.

L'infante Isabelle-Claire-Eugénie mourut le 1'' décembre 1633.

Pendant les trente-cinq ans que dura le gouvernement de cette princesse les provinces belgiques jouirent d'une véritable

période d'âge dW qui leur permit de se remettre des terreurs et des anxiétés qui les avaient remplies pendant le règne précédent: Bien des plaies cruelles eurent le temps de se cicatriser. Telles tortueuses, telles cruelles et sanguinaires qu'avaient été l'administration et la politique du tyran Philippe It^ aussi paternelle, aussi douce et aussi juste fut celle de sa fille qui n'a jamais en rien de plus k cœur que de conserver aux populations la plus sage liberté , de leur distribuer la plus exacte justice , de les exonérer autant que cela était possible de toute charge publique inutile, de faire enfin fleurir partout les arts , les sciences et les lettres , ces puissants auxiliaires pour favoriser les progrès de la civilisation sous un gouvernement franchement libéral, comme ils sont les premiers et les plus dangereux instruments de l'opposition contre la tyrannie et contre l'abus de toute compression destinée à abaisser l'homme pour le plier aux lubies d'une volonté qu'on prétendrait imposer pour servir de force motrice: les arts, les lettres et les sciences préparent en effet de longue main l'homme h apprécier sa véritable dignité en lui inspirant pour la liberté un besoin irrésistible, et le courage de lutter avec calme mais aussi avec une imperturbable persévérance contre les attentats, n'importe d'oii ils viennent, et qui seraient essayés pour rogner ses libertés publiques l^itimement acquises, ou ses droits individuels lorsqu'ils sont basés sur l'équité.

L'Infante Isabelle-Claire-Eugénie avait trente-trois ans lorsqu'elle fut mariée, le 2S avril 1599, à Albert archiduc d'Autriche, fils de l'empereur Maximilien II et de Marie d'Autriche. Il était né à Neustadt en Antriche, le 13 novembre 1559 et était conséquemment plus flgé de sept ans que la princesse son épouse.

Avant son mariage, Farchiduc Albert avait été cardinal-diacre puis prêtre , du titre de Ste. Croix de Jérusalem, de la quatrième promotion (1577) du pape Grégoire XIII; ensuite archevêque de

Tolède ; puis en 1583 gouverneur du Portugal et depuis 1586 des Provinces des Pays-Bas belges. Il est mort le 13 juillet 1621 , sans laisser postérité.

Après son décès et celui de sa veuve, qui lui survécut de douze ans comme nous savons, la souveraineté sur les Provinces Belgiques retourna à la couronne d'Esrpagne dans la personne de Philippe- Dominique- Victor (Philippe V dans notre généalogie), en sa qualité de plus proche héritier naturel et direct de sa tante Isabelle-Claire-Eugénie.

XXV. Nous venons de dire que Philippe- DoMiNiQUE-ViCTOR , Tainé des fils du roi Philippe III succéda à sa tante Isabelle- Claire-Eugénie dans la souveraineté sur les provinces belgiques. Dans la série des rois d'Espagne il fut le quatrième prince de son nom; et c'est sous ce rang qu'il est connu dans l'Histoire.

Ce fui souê le régne de ce prince ^ trop éloigné de nous pour pouvoir nous protéger efficacement, que fut opéré en 1659 le violent morcellement du Pays de Luxem-bourg par suite du traité des Pyrénées, où la portion dite depuis et encore de nos jours le Luxembourg français en a été détachée pour rassasier la soif de conquêtes de Vambitieu^s Louis XIV ^ avant encore que le roi Philippe IV ne lui accordât sa fille en mariage.

En effet, par V article 38 de ce traité, qui fut conclu le 7 novembre 1669 dans Vile des faisans sur la rivière de Bidassoa dans les Pyrénées, le roi d'Espagne abandonna au monarque français , a dans la province net duché de Luxembourg, les places de a Thionville , Montmédy et Dampvillers , a leurs appartenances , dépendances et anannexes; la prévàté d'Yvois, Chautaney-le- 4i château et sa prévôté; la ville et prévàté « de Maroille. )>

Le roi Philippe IV était fils de Philippe III, roi d'Espagne, qui n'entre pas dans la série des princes souverains du Luxembourg, et de Marguerite d'Autriche. Il est né le 8 avril 1605, devint roi d'Es-

pagne en 1621, futsalaé Prince-Sonverain des provinces belgiques en 1633 et mourut le 15 ou le 17 septembre 1665. Il avait été marié deux fois : le 18 octobre 1615 à Elisabeth de France, fille du roi Henri IV et de Marie de Hédicis, née le 22 novembre 1622 et morte le 6 oetobre 1644 ; ensuite en 1649 à Marie-Anne d'Autriche, fille de Tempereur Ferdinand III et de Marie- Anne d'Autriche, née en 1634, morte le 16 mai 1696, trente-un ans après le roi son époux.

Du premier lit sont nés :

a) Marguerite-Marie, née en 1621, morte la même année.

b) Marguerite-Marie-Caiherine j née en 1623, morte également pendant Tannée de sa naissance.

c) Marie, née et morte en 1625.

d) Balthasar-Charles-Dotninique-Phi" lippe-Viclor-Luc, né en 1630 et mort en 1646, à l'âge de seize ans, fiancé à Marie- Anne d'Autriche, laquelle devint trois ans plus tard la seconde épouse du père de ce prince.

ejMarie-AntoineUej née en 1635, morte Tanme suivante.

f) Marie-Thérèse, née le 20 septembre 1638 et morte en 1683. Cest la seule enfant du premier mariage qui vécut: Elle fut mariée le 19 juin 1660 à Louis XIV roi de France, fils du roi Louis XIII et de Marguerite d'Autriche , né à St. Germain-en-Laie le 5 septembre 1638 et mort à Versailles le premier septembre 1715.

Du second mariage du roi Philippe IV, avec l'ancienne fiancée de son fils, l'archiduchesse Marie-Anne d'Autriche, advinrent :

g) Marie-Marguerité-Thérèse, née le 12 juillet 1651, morte le 11 mars 1673, pas encore âgée de 22 ans accomplis. Cette princesse avait été mariée en 1666, c'està-dire à quinze ans, à Léopold archiduc de Gratz, nommé au baptême : Léopold- Ignace-Balthasar-Joseph-Félicien. Il était fils de l'empereur Ferdinand III et de Marie d'Autriche, et était né le 9 juin 1640; il devint roi de Bohême en 1654

et de Hongrie la suivante. Elu empereur te 18 juillet 1658, le premier de son nom, il mourut le 5 mai 1705.

Gomme la postérité de l'empereur Léopold I obtînt dans la suite b souveraineté sur les provinces betgiqoes et sur le Duché de Luxembourg, il sera nécessaire de consigner ici les autres alliances de ce prince, parce que ce fut de sa troisième femme qu'est née la branche dynastique qui nous occupera.

Nous dirons ainsi, qu'après le décès de l'inCante Marie-Marguerite-Thérèse d'Espagne, l'empereur Léopold avait épousé en secondes noees et encore pendant la même année 1673, CUude-Félicité d'Autriche, fille de Ferdinand-Charles, archiduc de Gratx et d'Anne de Médieis, née en 1653 et qui mourut le 8 avril 1676.

II fut enfin uni en troisième lien, le 14 décembre 1676 à Eléonore-Madelaine- Thérèse, fille de Philippe^uillanme de Bavière, duc de Nenchâtel ou Neubourg, lequel devint plus tard électeur-palatin^ et d'Elisabeth-Améiie de Hesse-Darmstadt, née le 6 janvier 1655 et morte le 19 janvier 1720, quittie ans après l'empereur.

Du premier lit étaient iss^s : «. Ferdinand- Wenceslafr^Joseph , né le 28 septembre 1667, mort en janvier 1668; /?. Marie- Antoinette -Josèphe, née le 18 janvier 1669, morte le 24 décembre 1692, après avoir été mariée le 15 juillet 1685 à Maximiliea-Marie- Emmanuel-Cajetan- Louis François-Ignace-Antoine-Joseph-Félix- Nicolas-Pie II, duc et électeur de Bavière, fils de Ferdinand-Marie-François-Ignace- Wolfgang, duc et électeur de Bavière et de Henriette-Adélaïde de Savoie, né le 10 juillet 1662. — (Ce prince se maria en secondes noces, le 15 août 16d4 uTec Thérèse-Cunégonde Sobieski, fille de Jean

III roi de Pologne et de Marie^asioiire de La Grange , née le 3 mars 1676-) — y. Un archiduc, né en 1670 et mort la même année ; â. Marie-Anne-Josèphe, née et morte en février 1672. Du second lit:

«. Anne-Marie^osèphe, née le 11 septembre 1674, morte le 21 décembre de

la même annexe; ^. Marie -Josèphe- Clémence, née le 11 octobre 1675, morie le 11 juillet 1676* La troisième union enfin produisit: <7. Josepli-Jacob-Ignace-Jean- Antoine-Eustache^ né le 26 juUlet 1678, déclaré roi Mrédilaire de Hongrie le 9 décembre 1687, élu roi des Romains le 84 février 1680, salué empereur sous le nom de Joseph î"* le 5 mai 1705, mort à Vienne le JT avril 1711. Ce prince fiit marié le 24 CéTrier 1689 à Wilbelmine- Amélie, fille de Jean -Frédéric duc de Brunsivick-Lnnebottrg et de Bénédictine- Philippine- Henriette comtesse palatine, née le 11 en le 26 avril 1673, morte le

10 mai 1742. ^. Harie-EUsabeth-Lucie- Thérèse, née le 13 décembre 1680, Couvemante dn Tyrol, puis le 9 octobre 1725% dês Prw>inee$ èelgiques et morte le 27 août 1741. *• Léopold-ioseph-GniUanme, né le 12 juin 1682, mort le 3 aoAt 1684 ; X. Harie-Anae-Josèphe, née le 7 septembre

1683, mariée le 9 juillet 1708 à Jean V (J ean- François- A ntoine - Joseph -Bernard- Benoît) roi de Portugal, fils de Pierre H, rot de Portugal et de Harie-Sophie-Elisabeth de Bavière, né le 22 octobre 1689.

A. Marie-Tiiérèse*J«sèphe, née le 22 août

1684, morte le 18 septembre 1696.

/u. CHAntBs-FBANGOis-JosBPH, que IHis-toire a dAigné tom h nom d'EMPsancn Chaules VI, et qui devini Prince Souverain des Provinces belgiques après Charles

11 et Philippe V, rois êUspagne^ comme now le verrons sous le n^ XXVHI de notre géne'alogie, v. Marie-Jcttèphe-Colette, née le 6 mars 1687^ morte Je 14 avril 1703.

0. Marie-Hadetaioe-Josèphe, née le 26 mars 1689, morte le 1 mai 1743* n. Marie-Marguerite enfin , née le 22 juillet 1693 et morte déjà la même année.

h) Marie-Ambroitfine , deuxième enfant de Philippe IV roi d'Espagne et de Marie- Anne d'Antridie^ est né en 16&4 et mourut Tannée soivaiite.

i) PhUippe-Prosper s né en 1659 ou 1660 , mort à Tâge de seize ans.

j) Charles II comme roi d^Eapagne, fut le dernier m&le de la branche d'Au-

triche qui r^na en Espagne et sur les Provinces Belgiques , y compris le Luxembourg.

XXVI. Charles II , né le 16 novembre 1661, le plus jeune des enfants de Philippe IV , succéda à son père tant sur le trdne d'Espagne qu'en qualité de Prince souverain des provinces belgiques.

Il fut inauguré à Bruxelles , le 24 février 1666 , €ft mourut à Madrid le 1^' novembre 1700 sans laisser postérité de: l"" Marie-Louise d'Orléans, fille de Philippe de France duc d'Orléans frère de Louis XIV et de Henriette-Anne d'Angleterre, née le 27 mars 1662, morte le 12 février 1689 et qu'il avait épousée le 31 août 1679 ; 2* Marie-Anne de Neubourg, fille de Philippe-Guinaome, duc de Bavière, Neubourg, Juliers et Berg, puis électeur palatin, et d'Elisabeth-Amélie de Hesse- Darmstadt, née le 28 octobre 1667, à laquelle il avait été marié le 28 août 1691.

Charles II avait institué pour son successeur dans tous ses états héréditaires Philippe DE Frai«ce, son petit-neveu ; qui suit:

XXVII. Phiuppb de France, doc d'Aqjoc, qui 'fut le cinquième roi d'Es^ pagne de son nom, était fils puîné de Loufts, Dauphin de France et de Marie- Anne-Christine-Victoire de Bavière etpetitfils de Louis XIV roi de Erance et de Marie- Thérèse d'Autriche ou d'Espngoe , demiessenr atnée du roi Charles 11^ comme nous l'avons vu.

Ce prince , né le 19 décembre 1683 , était bien réellement le plus proche héritier direct de ces couronnes par sa descendance de la sœur ainéedu roi défunt; mais la politique qui sait toigours chercher des biais , surtout lorsqu'il s'agit d'un partage de succession , est venue arracher des mains de Philippe V tous les lambeaux qu'elle put saisir, ainsi que nous allons le voir.

Pour une plus parEaiite intelligence des &its , nous rappellerons que le roi Philippe IV , avec ses qnatorabe enfants des deux lits , n'en avait conservé en vie que

trois , deux princesses et an prince qui était le plus jeune. Ce dernier mourut sans enfants ; et pour éviter toute discussion au sujet de la succession à ses états, qu'il avait désiré voir rester indivisés , il transmit cette succession à la descen* dance de sa sœur aînée qui était morte depuis dix-sept ans, et ce à Texclusion de son beau-frère Tempereur Léopold , parce que la 1^ femme de ce dernier, qui avait été sa sœur cadette, était également morte depuis vingt-sept ans et que sa descendance était de même éteinte depuis huit ans: L'hérédité ne pouvait donc revenir plus légitimement qu'à la lignée de cette sœur aînée. Mais dans cette lignée on avait pour aîné le Dauphin de France, déjà héritier présomptif de cette dernière couronne. En lui donnant encore celle d'Espagne et des Provinces belgiques on le rendait absolument trop puissant et on suscitait peut-être une conflagration générale en Europe : il fallut ainsi transmettre cette succession à ses descendants immédiats, et au second de ces fils, toujours pour le même motif qui avait exclus le Dauphin lui-même, puisqu'encore l'aîné était naturellement héritier présomptif de France.

Ce fils puîné du Dauphin fut donc adopté :

il prit le nom de Philippe V comme roi d'Espagne et Souverain des Provinces belgiques.

Il partit de Versailles le 4 décembre 1700,— ' son grand oncle le roi Charles II était mort le 1*' novembre précédent, — et arriva en Espagne au mois de février 1701 .

Il épousa le 11 septembre de la même année Marie-Louise-Gabrielle , princesse de Savoie , fille de Victor-Amédée II duc de Savoie et d'Anne-Marie d'Orléans , née le 17 septembre 1688. Cette dame étant décédée le 14 février 1714, le roi Philippe V convola en secondes noces , le 16 septembre suivant avec Elisabeth Famèse, fille d'Edouard II duc de Parme et de Dorothée-Sophie de la Bavière-palatine , née en 1692.

Nous ne poursuivrons pas la descendance de ce prince , puisque nous allons

voir qu'il ne transmit pas la souveraineté sur notre pays à sa postérité.

Philippe V fut inauguré le 21 février 1702 , à Bruxelles oii les États de toutes les provinces belges ^ y compris le Luxembourg , le reconnurent pour leur souverain légitime. Cependant , la possession de la couronne d^ Espagne, aussi bien que de celle de la Belgique ne tarda pas à lui itre contestée et disputée par V Empereur Léopold, beau-frère du défunt roi Charles II, comme now savons. Ce prince soutenait en effet que ces couronnes ayant appartenu à la maison d'Autriche depuis Philippele-bei fils de l'empereur Maximilien I , elles ne pouvaient être aliénées au préjudice de cette maison et au profit d'une branche cadette de celle des rois de France. Il ajouta peut-être aussi, que Marie-Thérèse d'Autriche , infante d'Espagne , en épousant le roi Louis XIV avait renoncé pour elle et pour ses descendants à tonte prétention quelconque sur la succession aux dominations espagnoles , moyennant la dot de 600,000 écus d'or qui avait été payée à cette princesse ; que dès lors son petitfils ne pouvait, pas plus qu'elle, élever des réclamations touchant cette succession qui partant devait retourner à la maison d'Autriche dont lui Léopold était le représentant. Louis XIV au contraire soutenait les droits de son petit-fils ; il s'appuyait tant sur la volonté expresse de Charles II , son grand-onde, que sor la plus proche parenté directe du jeune prétendant , circonstance entièrement différente de ce qu'aurait été une prétention élevée à titre d'une part d'hérédité. Et en effet , le jeune Philippe V était l'unique parent direct qui pût être immis dans cette succession sans blesser les droits du sang.

Ces pourparlers n'ayant pas abouti, on en vint de part et d*^utre à une guerre ouverte : cette guerre est connue dans l'Histoire sous le nom. de guerre pour la succession au trdne d'Espagne. Elle dura douze ans, avec des succès et des revers pour les deux partis contendants, surtout

dans les provinces belgiques qui en furent le théâtre principal, jusqu'à ce qu'enfin on finit des deux côtés par s'entendre et conclure le traité d'Utrecht, en date du ii avril 1713. // y fut stipulé par forme d'accommodement, que Philippe V reste^ rait roi d'Espagne et que l'Empereur Charles VI, fils de Léopold et d'Eléonore- Madelaine-Thérise de Bavière, comme représentant la maison é^ Autriche obtiendrait les Pays-Bas espagnols qui dès lors entrèrent sous la d^imUion aitstro-allemande avec la dénomination de Pays-Bas autrichiens.

Philippe V fut forcé de souscrire à cet abandon et inoorot en 1746. // avait régné pendant douze ans, de 1701 à 1713, sur notre pays qui passa alors à l'archiduc et Empereur Charles VI , nommé au baptême Charles-François-Joseph , et dont il va être parlé. •

Ce prince fut pour nous la souche d'une nouvelle branche de la maison régnante en souYcraineté l^itime:

H. La Maison austro-allemaiîdb.

L'empereur Charles VI, dont nous avons à nous occuper ici, appartenait toujours à la souche de la maison d'Autriche qui dans la personne de Philippe-le-Bel, fils de Farchiduc puis empereur Maximilien t" avait occupé le trdne d'Espagne et exercé la souveraineté légitime sur les Provinces belgiques jusqu'à Charles II, dans la personne duquel sa branche s'était éteinte.

En effet, pour relier ce prince au tronc commun, nous dirons en peu de mots, que Charles-Quint et son frère Ferdinand, fils de Philippe-le-bel, ont constitué chacun une branche de la maison d'Autriche. Celle de Charles fut nommée austro-espagnole et celle de Ferdinand austro-allemande.

Cette dernière est devenue souveraine sur le Luxembourg et les provinces belgiques après l'extinction de son aînée, et en vertu du traité d'Utrecht qui a mis fin k la guerre pour la succession de cette branche ainée.

Afin de donner la filiation du Souverain

qui nous fut donné par ce traité du 11 avril 1713, rattachée à la souche de sa maison, il nous faudra remonter à Ferdinand, second fils et en même temps quatrième enfant de Philippe-le-bel et de Jeanne de Castille (voir plus haut, section G : La Maison austro-espagnole) :

Ferdinand d'Autriche, de la branche espagnole, constitua avons-nous dit la souche de la maison austro-allemande: 11 était le 2^ fils de Philippe-le-bel et de Jeanne de Castille. Ce prince est né en 1502 et obtint en 1550 de Charles-Quint, son frère, l'abandon de tous ses biens en Allemagne. Le même frère l'avait fait élire Roi des Romains en 1531 et lui céda l'empire en 1556. L'empereur Ferdinand P' du nom est mort en 1564* Il avait épousé en 1521 Anne, fille de Ladislas, Roi de Hongrie et de Bohême et d'Anne de Foix, née en 1503 et morte en 1547. De ce mariage sont nés : 1^ Maximilien II , qui suivra; S^ Ferdinand, Comte de Tyrol, marquis de Bui^au, né en 1529 et mort en 1595, lequel avait épousé d'abord Philippine, fille de François Welser d'Augsbourg, morte en 1570; ensuite en 15i30 Anne^Catherine, fille de Guillaume duc de Mantoue, morte en 1620* Du premier lit il eut un fils et une fille, morts jeunes ; André, Cardinal-Evéque de Constance et de Brixen ; Gouverneur des Pays^ Bas, mort en 1600, âgé de quarante-deux ans ; Charles , Marquis de Burgau , né en 1560, mort en 1618, sans enfants de Sybille fille de Guillaume duc de C lèves, qu'il avait épousée en 1601 et qui mourut en 1628* Du second lit, Ferdinand Comte de Tyrol eut: Anne d'Autriche, mariée en 1611 à l'Empereur Mathias et morte en 1618; et une autre Anne-Marie qui se fit religieuse. Le J"" enfant de l'empereur Ferdinand I^' fut Jean, mort jeune ; le 4* Charles , archiduc de Gratz ; le S"" Elisabeth, née en 1525, mariée en 1543 à Sigismond-Augttste , roi de Pologne et morte en 1545 ; le 6^ Anne, née en 1528, mariée en 1546, à Albert , duc de Bavière et morte en 1580 ; le 7* Marie , née en

1530) mariée en 1546 ii Guillaume ^ dac de Juliers et morte en 1584; le 8* Madelaine, née en 1532, religieuse à Vienne ; le ^ Catberioe, née en 1533, mariée y d'abord a François de Gontagne, due de liantoue ; ensoite à Sigismond- Aagaste, roi de Pologne et i^euf de aa a«enr Elisabeth; elle monmt en 1572.

Le 1^ Eléonore , née en 1534 , mariée en 1561 à Goillaume de Gonzague, due de Manlede, morte en 1594^ le IV Marguerite, née en 1536, morte en 1567; le l£« Barbe , née en 1539 , mariée en 1569 à Alphonse d'Est, Il do nom^ due de Ferrare et morte en 1572. Le 13^ Ursule, morte jeone; le W H^ène, qui se lit religieuse et mourut en 1574, à Tége de 31 ans; le iS^ Jeanne, née en 154/, mariée en 1565 à François de Médicis, grand*duc de Toscane et morte en 156S* A renpopeur Ferdinand I suceède dans la généalogie, son fils aîné, MaximUten IP du nom, né en 1527, élu roi des Romains en 1562 et empereur af^ le décès de son père. Ce prince, qui est mort le 12 octobre 1576 avait épousé sa counne Marte d'Autriche, fille de rempereor Charles- Quint, dont il eut : l^ Ferdinand^ mort jeune ; 8^. Rêdolpke II qui suivra ; 5*. £rnesi, qui fut gowoemeur des Pajf$-Bn$, mé en 1553 et mort le 20 février 1595; 4\ Mathieu, qui sera mentiimni après son frire Rodolphe; 5". Maxlmilien, Grand- Maître de Tordre Teutonique, élu roi de Pologne en 1587 et mort en 1618; 6^. Albert que notes ucons déjà vu. Cardinal et archevêque de ToUde, puis go^ verneur du Portugal et enfin des Pays-ias.

Il renonça à la déricature pour se marier à la grande Infante Isahelle-Claùre-Eugénie d'Espagne, fille de Philippe II et d^Elisor beth de France, et mourut sans postérité le 13 juillet 1621 (v. son administration sous la section qui précède) ; 7*. Wenceslas, né en 1561, mort en 1578; S^. Frédéric ; et 9"*. Charles, morts au bercean ; f ^. Anne, née en 1549, mariée en tô70 à Philippe II, roi d'Espagne, morte en 1580; H^ Elisabeth, née en 1554, ma-

riée en 1570, à Charles IX^ roi de France, morte en 1502 ; W. et ij\ deux Marie, mortes au berceau; 14*. Marguerite, née en ld67, morte religieuse en 1633; et enfin W. Eléonore, née en 1568, morte en 1581.

Rodolphe II, resté fils aîné par le décès de son frère Ferdinand snocéda à son père en qualké de chef de sa branche de la Maison d'Autriche. Né an 1552 il fat élu empereur après son père et monmt le 10 janvier 1612 sans avoir été marié.

Après lui, son frère Mathias, né en 1557, Ait roi de Hongrie et de Bohême, puis Empereur. Il avait été marié avec Anne d'Autriche , fitte de rarchiduc Ferdinand, comme nous Tavons vu plus haut, et mourut sans enfants en 1619, abandonnant ses états héréditaires et ses dignités à la branche de sa maison dite des archiducs de Gratz.

Cette branche avait commencé dans la personne de Charles, II du nom, dernier des fils de l'Empereur Ferdinand 1 (v.

plus hant). Ce prince, qui étmt né en 1540, obtint pour apanage la Styrie, la Carinthie et la Camiole, fit sa r^idence k Gratz et mourut le 3 août 1590. Il avait épousé en 1570 Marie, fille d'Albert II duc de Bavière, morte en 1608, et qui lui donna : V. Ferdinand , mort an berceau; T. Ferdinand II qui suit; 5^ Charles, mort jeune ; 4^. Maximilien-Ernest, grand commandeur de lX)rdre Teutonique, né en 1 583, mort 1616 ; 5^. Léopold, qui cons/tîtua le rameau de sa maison dit. des archiducs dlnsbruck: Né en 1586 il eut le comté de Tyrol pour son partage et fut le premier qui porta le titre d'archiduc dlnsbruck. Après avoir été évéque de Passau et de Strasbourg il fut général des armées de Tempire dans les guerres de Juliers et de Passau et mourut le 3 septembre 1632. Il avait épousé en 1626 Claude de Médicis, fille de Ferdinand I** grand-duc de Toscane, morte le 25 décembre 1648 , dont il eut : Ferdinand- Charles, né en 1628 et mort le 30 décembre 1662 après avoir épousé en 1646

Anne de Médicis, fille de Côme II grandduc de Toscane 9 morte le 12 septembre I6769 dont un fils, mort en naissant, en 1654; Glande-Félicité, née en 1653, mariée en 1673 à TEmperenr LéopoM, morte le 8 avril 1676; et Marie-Madelaine, née le 17 août 1656) morte de la petite-vérole le 20 janvier 1669. 6\ Charles, fils posthume, né en 1590, lequel fut Grand- Maître de l'Ordre Teutoûiqoe, évéque de Breslau et mourut le 28 décembre 1624 ; 7% Anne, née en 1573, mariée en 1592 à Sigismond III roi de Pologne, morte en 1598; ^* Uarie-Christine, née en 1574, mariée en 1595 à Sigismond Rar tbori Prince de Transylvanie dont elle fiit séparée. Elle se fit ensuite religieuse et monrut en 1621 ; 9^> Gatherine-Rénée, née eu 1576 mourut en 1595; 10^. Elisabeth, née en 1577, morte en 1586 ; li^. Grégoire-Maximilienne, née en 1581, morte en 1597 étant promise à PhiUppe III roi d'Espagne; Ijf. Eléonore, née en 1582, morte religieuse en 1620 ; 15"". Marguerite, née en 1584, mariée en 1599, à Philippe III roi d'Espagne, morte en 1611 ; W. Constance, née en 1588> mariée en 1605 à Sigismond III Roi de Po-.

logne, décédée en 1631 ; W. Marie-Madelaine, née en 1589, aUiée en 1608 à Côme de Médicis III grand-dnc de Toscane, morte en 1631.

Ferdinand II, fils aîné de Charles II et né en 1578, fut adopté par V empereur Mathias qui le.fit élire roi de Bohème en 1617 et de Hongrie Tannée suivante. Il fut fait empereur en 1619 et mourut le 8 février 1637. Ce prince avait épousé :

a. en 1600 Marie-Anne fille de Guillaume, duc de Bavière, morte en 1616. h. Eléonore de Gonzague, fille de Vincent I duc de Mantoue, dont il n'eut point d'enfants et qui mourut le 17 juin 1655. Du premier lit il avait eu : P. Jean-Charles, né en 1605, mort en 1619; i?'. Ferdinand III, qui suivra; 5"^. Léopold-Guillaumej né en 1614, fut évéque de Passau, de Strasbourg, d'Halberstadt, d'Olmutz et de Breslau, Maître de l'Ordre Teu-

tonique et abbé de Murbacfa, Gouver^ neur des Pays -Bas de 1647 à 1656, et mort le 19 novembre 1662 ; 4^ Christine , née en 1601 , morte peu après ; S" Marie-Anne , née en 1610 , mariée en 1635 à Maumilien Electeur de Bavière, son oncle , morte le 25 septembre 1665; ff Cécile-Rénée , née en 1611, mariée en 1637 àLadislas roi de Pologne , morte le 13 mars 1614.

Ferdinand III , dit Ernest. Né en 1608 il fut salué Empereur aprèit le décès de son père et mourut en 1657. Ce prince avait épousé : a. en 1631 , Marie-Anne d'Autriche, fille de Philippe HI roi d'Espagne, morte le 13 mai 1646; b. en 1648, Marie-Léopoldine, fille de l'archiduc Léopold, morte le 9 avril 1649; c. Eléonore de Gonzague, fitte de Charles II duc de Mantoue, morte le 6 décembre 1686. Du premier lit U eut: 1^ Ferdinand- François, né le 3 septembre 1633 et mort le 9 juillet 1654; i^. Philippe-Auguste, né en 1637, mort en 1639; 5^ Maximilien-Thomas , né en 1638 9 mort en 1639; 4'\ Léopoldrlgnace y qui suit; S^. Marie-Anne, née en 1634, fiancée en 1648 à Philippe-Balthasar, infant d'Espagne, lequel mourut avant la consommation du mariage. Cette princesse épousa en 1649 Philippe IV roi d'Espagne , père de celui avec lequel elle avait été fiancée et mourut le 16 mai 1696 ; 0^ Marie, née et morte en 1646. L'empereur Ferdinand III eut de son second lit : 7^. Ferdinand-Charles-Joseph , né en 1649, évéque de Passau et de Breslau, puis Grand-Mattre de l'Ordre Teutonique et mort le 27 janvier 1664. Les enfants du troisième lit furent: 8^. Thérèse-Marie- Josèphe-, née en 1652, morte en 1653; y. Eléonore-Marie, née eh 1655, mariée d'abord en 1670 à Michel Wiesnowski roi de Pologne ; ensuite en 1678 à Charles- Léopold duc de Lorraine ; elle est morte le 17 décembre 1697 ; Iff^. Marie-Anne- Josèphe , née en 1654, mariée en 1678 à Jean-Guillaume de Bavière prince de Neuchâtel, puis électeur-palatin, morte

le 14 avril 1689; ii^ Ferdinand-Loais- Joseph, Dé et mort en 1657.

Léopold I^ était resté Tainé vivant des fils de Femperear Ferdinand III et de sa première femme Tinfante Marie-Anne d'Autriche fille de Philippe III roi d'Espagne. Au baptême ce prince avait été nommé Léopold-Ignace-François-Balthasar-Joseph-Félicien. Il est né le 9 juin 1640, fut élu roi de Hongrie et de Bohême en 1655 et empereur en 1658^ Il est mort le 5 mai 1705 ayant épousé:

a. en 1666 Marguerite-Thérèse d'Autriche , fille de Philippe IV roi d'Espagne, morte le 12 mars 1673; 6. la même année Claude-Félicité d'Autriche, fille de Ferdinand-Charles archiduc d'Autriche de Gratz et d'Insbruck et d'Anne de Médicis , morte le 8 avril 1676 ; c. le 14 décembre de la même année 1676 , Eléonore-Madelaine-Thérèse , fille de Philippe- Guillaume de Bavière duc de Nenchfltel , ensuite électeur-palatin , morte le 19 janvier 1720 dans la 66' année de son âge.

Ce fut ce prince qui contesta à Philippe V le droit de succéder aux pays héréditaires de la branche espagnole de sa Maison , laquelle venait de s* éteindre dans la personne de Charles II devenu son beaur frère par son mariage avec sa première femme, laquelle était morte longtemps avant le roi son frère et sans laisser postérité vivante au momepit de V ouverture de la succession d'Espagne» NotAS avons vu que Philippe V était petit-fils puîné de la sœur ainée du roi Charles II de même que de feue Vimpératrice, femme de Léopold I, et que ce prince avait été désigné héritier des couronnes éCEspagne et des Pays-Bas dits alors espagnols, par un testament en due forme émané de la libre volonté de Charles IL Et nous savons finalement que de ces contestations est née la guerre dite pour la succession au trône d'Espagne et des Pays de par-deçà. Cette guerre qui dura 12 ans, n'était pas terminée à la mort de Tempereur Léopold I qui en était Vun des auteurs; elle ne le fut que sept ans environ plus tard après que le fils aîné de

celui-ci, et qui lui avait succédé, fut également décédé, abandonnant ses couronnes héréditaires à son frère puiné lequel obtint en vertu du traité d'Utrecht, en date du a avril 1713j la cession des provinces belgiques et du Luxembourg pour sa paft du pâté en contestation.

L'empereur Léopold I laissa de ses différents mariages savoir, du premier lit : 1®. Ferdinand- Wenceslas-Josepb , né le 28 septembre 1667, mort à l'âge de quatre mois ; ^^.Marie-Antoinetle^osèphe, née le 18 janvier 1669, mariée en 1685 à Maximilien-Emmannel électeur de Bavière, morte le 24 décembre 1692; 5''.

Un archiduc, né et mort en 1670; 4^ Marie-Anne-Josèphe, née et morte en février 1672. Du second Iit5''. Anne-Marie- Josèphe, née le 11 septembre 1674, morte le 21 décembre suivant; 0^. Marie-Josèphe- Clémence, née le H octobre 1675, morte le 11 juillet 1676. Du troisième lit: 7o.

Joseph- Jacob- Ignace -Jean- Antoine -Eustache, qui suivra; S^. Léopold-Joseph- Guillaume, né le 12 juin 1682, mort le 3 août 1684; 9^. Charles -François- Joseph, QUI VIENDRA APRES SON FRERE

Joseph: C'est le prince qui devint NOTRE XXVI Il« DTNASTE. W. Marie-Elisabeth-Lucie-Thérèse, née le 1 3 décembre 1680> Gouvernante du Tyrol ; iP. Marie- Anne-Josèphe, née ïe 7 septembre 1683, mariée le 9 juillet 1708 à Jean V roi de Portugal ; If*. Marie-Thérèse-Josèphe, née le 22 août 1684, morte le«18 septembre 1696; yJ^ Marie-JosèpherCollette, née le 6 mars 1687 , morte le 14 avril 1703; 14^. Marie-Madelaine-Josèphe, née le 26 mars 1689; IS"". Marie-Marguerite, née le 22 juillet 1690 , morte en 1693.

Joseph-Jacob-Ignace-Jean-Antoine-Eustache, connu généralement sous le nom de Joseph tout court, est né le 26 juillet 1678, fut déclaré roi de Hongrie en 1687, élu roi des Bomains le 24 janvier 1690, succéda k TEmpire en 1705 et mourut le 17 avril 1711. Il avait épousé le 15janvier 1699 Wilhelmine-Amélie , fille de Jean- Frédéric de Brunswick, duc de Hanovre

et de BénédicUne-Philippe-Henriette comtesse paratine dont il a eu : 1^. Lëopold- Joseph né le 28 octobre 1700, mort le 4 août 1701 ; ^- Marie-Josëphç, née le 8 décembre 1699, alliée le 20 août 1719 à Frédéric -Auguste, Prince électoral de Saxe ; 5\ Marie-Amélie, née le 22 octobre 1701, mariée le 5 octobre 1722à Charics- Albert - Cajetan - Jean - Joseph - Georges , prince électoral de Bavière.

Comme par le décès de V empereur Joseph I sam laisser d^ enfants mâles vivants, la succession de ce prince était naturelle- ^ment échue à son frère puîné, l'archiduc Gharlbs-François-Josbph d'Autriche qui était par là devenu le chef de sa maison, ce prince continua la guerre entamée pour la succession aux possessions austro-Hfspagnôles et la termina, comme nous savons, par la paix d'Utrecht, Dans ce traité, nous le savons encore, les Provinces belgiques ainsi que les Pats-Duché de Luxembourg ET coiiTÉ BE Gainy furent abandonnés à rAutrichê dont les dynastes devinrent ainsi nos princes^souverainS'légitimes en commençant par Farchiduc Charles-François^ Joseph, connu dans la série impériale sous le nom de Charles VI, dont il avait déjà été question plus haut , et qui rappela à nos populations le souvenir de sa première Maison souveraine qui s'était en 1309 fondue dans celle de Bohême qu'elle avait continuée et dont était issu par suite d'un grand nombre d'alliances masculines et féminines, le prince qui reprenait les rênes du Gouvernement.

XXVIIL Charles -François -Joseph^ archiduc d'Autriche était, comme nous venons de te voir, fils puiné de l'empereur Léopold l"* et de sa troisième femme Eléonore-Madelaine-Tbérèse, princesse de Bavière-Neachâtel. Il naquit le premier octobre 1685 et fut pendant les contestations au sujet de la succession à la couronne austro - espagnole proclamé prétendant à cette couronne, en opposition à Philippe V. Il fut même salué roi d'Espagne le 12 septembre 1703. Cependant à la paiiL d'Ut-

recht il renonça à ce titre etobtint en échange la Souveraineté sur les Pays-Bas dits espagnols, surnommés depuis autrichiens.

Le 3 janvier 1717 les Trois-Etats du Pays de Luxembourg lui prêtèrent le ser^ ment de fidélité en qiialité de Due légitime.

Il avait été élu empereur le 12 octobre 1711 sous le nom de Charles VI, et inauguré roi de Hongrie le 22 mai 1712. II devint roi de Bohème le 5 septembre 1 723 et mourut enfin le 20 octobre 1740.

L'empereur Charles VI avait épousé le 23 avril 1708 Elisabeth -Christine de Brunswick-WolGTenbuttel , fille de Louis- Rodolphe de Brunswick-WoUTenbuttel et de Christine-Louise d'Oettingen, née le 28 août 1691 et morte le 21 décembre 1750, dix ans après l'empereur. De ce mariage :

a) Léopold-Jean- Joseph- Antoine-Fran-çois de Paule-Ermingelde-Rodolphe-Ignace- Balthasar, archiduc d'Autriche, né le 13 avril 1716 et mort le 4 novembre de la même année.

b) Marie-Théresb-Walburge-Améue- Christinb, qui suivra.

c) Marie - Anne - Eléonore- Wilh^lmine- Josèphe , archiduchesse , née le 14 septembre 1718, morte le 16 décembre 1745.

Elle avait été mariée le 7 janvier 1744 à Charles-Alexandre de Lorraine, fils de Léopold Joseph -Charles-Dominique'-Agapet-Hyacinthe, duc de Lorraine et de Bar etc. et d'Elisabeth-Charlotte-Aglaé d'Orléans, né le 12 décembre 1712; Gouverneur des Provinces belgiques dites les Pays-Bas autrichiens, 'le 26 mars 1744, grand-maître de l'Ordre teutonique en 1761 et mort le 4 juillet 1780.

d) Marie-Amélie-Caroline-Louise-Ludomelle-Anne, archiduchesse, née le 5 avril 1724 et morte le 18 avril 1730.

XXIX. Marie - Thérèsb- Walburge - Amélie -Christine, ou la Grande Mabie- ThérÈse, archiduchesse d^Autriche, est née à Vienne, le 13 mai 1717. Elle succéda à son père dans ses états héréditaires en vertu de la Pragmatique^sanction publiée par ce prince le 19 avril 1713 et

ACCEPTÉE PAR LES TrOIS-EtATS DU LUX- EMBOURG , LE 9 tfOYEMBRE 1723*

Cette priacesse, mariée le 12 février 1736 h François-Etienne, duc de Lorraine et de Bar, associa le 21 novembre 1740 ce prince à la régence de ses royaumes en lui conférant le titre et les pouvoirs de co-régent. Elle fut couronnée reine de Hongrie le 25 juin 1741^ reine de Bohême le 11 mai 1743 et mourut le 29 novembre

François-Etienne de Lorraine, né le 8 décembre 1708, était fils de Léopold- Joseph -Charles-Dominique- Agapét- Hyacinthe, duc de Lorraine et de Bar, marquis de Pont-à-Mousson et de Nomeny, comte de Blamont et de Vaudémont etc. , et d'Elisabeth-Charlotte-Aglaé d'Orléans. 11 était frère-aîné de l'époux de Tarchiduchesse Eléonore , sœur puînée de Marie- Thérèse-

Ce prince avait été salué duc de Lorraine et dQ Bar le 27 mars 1729 et proclamé Grand-Duc de Toscane en 1737. Le 13 septembre 1745 il fut élu empereur sous le nom de François P' et couronné le 4 octobre de la même année. Il est mort le 18 août 1765.

De sou mariage avec Tarchiduchessereine de Hongrie et de Bohême sont

issus :

a) Marie-Elisaheth'Amélie'Josèphe-Gabrielle-J eanne- Agathe i archiduchesse, née le 5 février 1737, morte le 7 juin 1740*

b) Marie - Josèphe - Antoinette - Jeanne , Archiduchesse, née le 6 octobre 1738, abbesse des chanoinesses de Prague et de Klagenfurt, morte le 19 novembre

c) Marie-Carolinê-Ernestine-Jeanne-Joséphine, archiduchesse, née le 12 janvier 1740; mariée à Ferdinand IV, roi de Naples et des Deux-Siciles.

d) Joseph- Benoît-Auguste- Jban-ântoinb-Michel-Adam , qui suivra.

e) Marie 'Christine- Josèphe- Jeanne- Antoinette^ née le 13 mai 1742, fut unie le 8 avril 1766 à Albert-Casimir de Saxe- Tescben, fils de Frédéric-Auguste III,

électeur de Saxe, et de Marie-Amélie- Augnste de Deux-Ponts, né le il juillet 1738. — Ces époux, qui furent Gouverneurs des Province i belgiques, rendirent leur gouvernement agréable par leur sagesse et leur consciencieuse exactitude à maintenir les libertés que ces provinces avaient obtenues de leurs souverains.

f) Marie- Elisabeth - Joséphine- Jeanne- Antoinette, archiduchesse , née le 13 août 1743 , abbesse à Insbruck.

g) Charles-Joseph-Emmanueln Jean- fiépomucène-Antoine-Procope , archiduc , né le 1*' février 1745, mort le 18 janvier

h) Ji^iBRRB- LÉOPOLD- Joseph-Jean- Antoine- JoAGHiM-PiE-GoDARD , archiduc, né le 5 mai 1747, qui suivra après son frère auquel il a succédé sous le nom d'Empereur Léopold 11.

i) archiduc, né le 19 septembre 1748, mort quelques heures après sa naissance.

j) Marie -Jeanne- Gabrielle- Josq^he-Antoinelte, archiduchesse, née le 4 février 1750, morte le 23 décembre 1762.

k) Marie-Josèphe-Gabrielle-Jeannf Antoinette-Anne , archiduchesse, née le 19 mars 1751 ; fiancée le 9 septembre 1767 à Ferdinand IV roi de Naples et des Denx- Siciles, et morte le 15 octobre de la même année.

1) Marie - Caroline - Louise - Joséphine - Jeanne-Antoinette, archiduchesse, née le 13 août 1752, fut mariée le 12 mai 1768 à Ferdinand IV, infant d'Espagne, roi de Naples et des Deux-Siciles , lequel avait déjà été fiancé à sa sœur immédiatement plus âgée.

m) Marie - A ntoinette - Jeanne - Josèphe , archiduchesse, née le 2 novembre 1753, épousa le 10 mai 1770 Louis-Joseph-Stanislas-Xavier, Dauphin de France, puis roi sous le nom de Louis XVI.

Ces époux infortunés moururent Tun et Tautre sur Téchaffaud révolutionnaire , le roi le 21 janvier et la reine le 16 octobre

n) F erdinand-Charles- Antoiner Joseph-

Jean-Stanislas y archiduc, né le If juin 1754, marié le 15 octobre 1771 à Marie- Ricbarde-Béatrix d'Est, fille de Hercule- Renaud, duc de Modène, née le 7 avril

o) Maximiliên-François^Xavier-Josephr Jean-Antoine-Wenceslas j archiduc, né le 8 décembre 1756, arcbcTêque-électeur de Cologne et évéque de Munster le 15 avril 1784; grand-maltre de TOrdre teutonique.

XXX. Joseph- BEifoiT -Auguste- Jban- Antoinb-Micubl-Adam, fils-aîné de Tlmpératrice Marie-Thérèse et de TEmpereur François de Lorraine, naquit le 13 mars 1741. Le 27 mars 1764 il fut proclamé roi des Romains et couronné en cette qualité le 3 avril de la même année. Il fut salué empereur d'Allemagne au décès de son père, le 18 août 1765 et succéda dans les Etats héréditaires de sa mère , le 29 novembre 1780. Il est mort le 20 février

Ce prince, qui a eu le malheur de vivre pendant un siècle qui ne comprenait pas ses bonnes intentions, avait entrepris, mais d'une manière trop brusque et sans transition suffisante, d'extirper les abus qui, disait-il, s'étaient pendant le cours des siècles glissés dans les diiférentes institutions administratives et religieuses.

D'un autre côté, la Justice aussi était rendue d'une manière déplorable, tant sous le rapport des formes de la procédure que sous celui des lois de répression des crimes et délits ; car ces formes se réduisaient à des tortures afin dWracher par la douleur des mensonges aux accusés qui, pour se dégager de ce martyr inhumain, se déclaraient en définitive coupables de tout ce dont on les chargeait. Quant aux peines, il n'y en avait que trois : l'amende, le bannissement avec ou sans fustigation, et le gibet avec ou sans addition d'ultérieures barbaries. Et l'application de ces lois arbitrairement élastiques était abandonnée à la discrétion de juges dont quatre-vingts sur cent ne savaient souvent même pas

lire! L'empereur Joseph II avait aussi entrepris de porter remède à ce mal déplorable, si avilissant pour l'humanité; mais encore il fut arrêté dans ses projets humanitaires.

Un grand nombre de maisons religieuses, cette institution si belle et si sainte dans son origine, ces maisons, disons-nous, avaient à leur tour, complètement faussé les intentions bienfaisantes et si éminemment philosophiques des fondateurs des différents ordres. Dans le principe, elles n'avaient été établies que pour la prière et pour l'étude ; le défrichement et la culture des terres en étaient devenus un accessoire nécessaire pour procurer leur subsistance aux cénobites qui habitaient ces solitudes, sanctuaires de la science, du travail et de la piété , chargés de la conservation du dépôt sacré des connaissances humaines acquises pendant les siècles précédents , pour les restituer plus tard au monde, lorsque celui-ci sorti de la barbarie, aurait été mûr pour les utiliser à son profit ; car la science est pour l'homme, et elle n'est que pour lui. Tel fut dans le principe le motif créateur des monastères, et ce motif était saint, il était véritablement religieux. Mais il n'est, ce semble, pas d'institution humaine qui puisse subsister pure à travers tous les siècles et tous les âges : les religieux devenus riches par les donations considérables qui leur affluaient de toute part, avaient fini par se relâcher et s'habituer à l'oisiveté lorsque les canons de leurs métairies en grand nombre, cultivées par des fermiers, espèce de serfs ou de colons, produisirent de quoi suffire en abondance à leur entretien sans plus les astreindre au travail des mains. Ajoutons à cela que plus tard encore , le plus grand nombre des religieux et des religieuses qui peuplaient les couvents ne s'y étaient pas retirés pour pouvoir mieux se livrer à la prière et à la contemplation; loin de là : par l'effet de la barbare loi du droit d'aînesse tons les cadets étaient déshérités ; il fallait cependant ne pas les laisser mourir de faim. Les monastères alors recurent

ces jeanes gens de toutes les classes de la société qui n'avaient aucun moyen pour vivre dans le monde suivant le rang de leurs pères, et cela pour le seul motif qu'ils étaient nés après leurs aînés: La vocation religieuse , cette sublime inspiration de la divinité n'avait dès lors pas motivé leur entrée en clôture , mais bien une certaine nécessité matérielle , résultat d'un vice radical dans l'organisation de la société humaine ! Et les choses en étaient venues à un tel point d'abus que l'on pourrait nommer plus d'une abbaye qui à sa suppression conditionnelle ordonnée par Joseph II , n'était peuplée que de cadets de maisons comtales et princières, qui n'avaient de religieux que l'habit. En on mot, l'organisation monastique était arrivée au plus haut degré de décrépitude.

Cet état des choses était connu de tons, de l'Empereur aussi. Il voulut y porter un remède efficace en déclarant supprimés dans ses pays héréditaires les couvents d'hommes et de femmes dont les habitants ne consentiraient pas, dans un délai donné, à se rendre d'une manière directe utiles à l'humanité , en soignant par exemple les malades indigents ou bien en ouvrant des écoles pour instruire le peuple qui avait tant besoin d'être tiré de la crasse ignorance dans laquelle il avait croupi jusqu'alors.

Par la suppression partielle des couvents Joseph II avait sans doute préludé à l'abolition du droit d'aînesse , parce que cette suppression rendait la seconde mesure nécessaire pour arriver enfin à relever l'homme à ses propres yeux à sa dignité native en faisant triompher ce principe d'une justice éternelle , que tous les enfants, fils et filles d'un même père et d'une même mère ont droit à une légitime égale*

Nous dépasserions les bornes d'une généalogie politique si nous essayions de nous étendre à commenter une à une tontes les réformes tentées par Tempereor Joseph IL Qu'il nous suffise d'avoir esquissé ce travail à grands traits. Quoiqu'il en soit, nous le répétons , Joseph II

a eu le grand tort d'avoir voulu trop brusquer en essayant de déchirer en une seule fois le voile épais qui maintenait encore ses peuples dans l'ignorance. Son désir^ non de philosopher ses sujets, comme ses contradicteurs l'ont dit tant de fois , mais de les rendre plus heureux, ce désir était sincère. Cependant malgré ses bonnes intentions il a rencontré partout, hors le Duché de Luxembourg, cette opposition tenace qui s'obstine à ne pas vouloir voir clair en plein jour. L'éducation publique, il est vrai, n'avait pas encore préparé les hommes pour les rendre habiles à sortir d'une or^ nière usée , suivie depuis des siècles. A notre avis , il eut fallu continuer la marche accoutumée jusqu'alors, prendre les choses de plus loin et avancer plus lentement, n'accordant les réformes ou améliorations projetées que une à une, successivement et par intervalles sagement mesurés :

à force de vouloir trop éclairer d'un coup de lumière, on offusque ou bien on éblouit.

Il eut même suffi , ce semble , de généraliser «Sabord les bienfaits de l'instruction primaire en ordonnant l'établissement d'écoles dans tous les villages et les villes; exiger ensuite des maîtres une instruction de plus en plus étendue ; puis renforcer les études gymnasiales à un point tel qu'on n'aurait pu fréquenter les universités et même les séminaires qu'après des examens approfondis sur d'autres branches que le latin et les quatre premières règles de l'arithmétique comme cela avait été généralement de mode jusqu'alors; exiger dans les établissements d'instruction supérieure l'annexion de chaires de* haute philosophie, de droit naturel et public , etc. ; abolir l'abrutissante loi du droit d'aînesse, sans rétroaction cependant pour le présent accompli ; créer de bons cours de droit criminel et civil, etc.; changer toute la procédure répressive et n'accorder les honneurs de la magistrature qu'à des hommes qui en auraient obtenu la licence universitaire et après une pratique assez longue

du barreau , etc. , etc. ; Ces mesures préparcUoires auraient suffi pour remplir un règne entier et l'immortaliser. Et si on avait voulu rédiger, aussi loin qu'on l'aurait dési-ré, le plan général des améliorations jugées nécessaires ou même seulement utiles, un cahier on mémorandum secret aurait pu être transmis aux successeurs, à la prudence desquels on aurait abandonné le soin de progresser dans cette marche ; d'avancer vite on de rester stationnaire pendant quelque temps pour faire mûrir Us conquêtes intellectuelles faites et pour préparer le peuple à en obtenir de nouvelles.

Car, nous avons la conviction la plus intime que les réformes de Joseph II, si elles avaient été opérées dans la mesure de prudence qu'elles eussent bonnement exigée, auraient demandé un siècle et plus pour s'accomplir sans secousse défavorable : entreprises de cette manière elles auraient été accueillies avec bénédiction, tandis que décrétées ensemble et coup sur coup, elles ont été non-seulement repoussées par les populations , mais elles ont suscité une révolte ouverte dont les suites nécessaires furent le retour vers l'ancien régime, en collant même davantage les hommes à leurs préjugés.

Le choc de cette opposition inattendue fut terrible pour l'âme sensible et aimante de l'Empereur. Il ne s'était pas attendu à ce que ses sujets belges , car, nous le répétons, les luxembourgeois restèrent étrangers à la révolution dite brabançonne à ce que ses sujets belges, disons-nous, fussent si fort attachés à leurs anciennes coutumes. Né naturellement doux et bon, l'Empereur avait cru augmenter le bonheur physique et moral de ses peuples, et il vit avec amertume que ceux-ci ne voulaient pas de ce qu'il avait pensé être^des bienfaits : cette déception , cruelle s'il en fut jamais, le frappa au cœur et lui occasionna la maladie de languenr à laquelle il succomba à l'ftge de 49 ans moins 21 jours.

Joseph II avait contracté deux mariages successifs; le premier le 6 octobre 1760 avec Marie-Isabelle-Lottise-Antoinette de

Bourbon, princesse de Parme et infante d'Espagne , fille de Don Philippe , infant d'Espagne , duc de Parme , de Plaisance et de Guastella et de Louise-Elisabeth de France, née le 31 décembre 1741 et morte le 27 novembre 1763. Après le décès de sa première épouse ce prince s'unit le 28 janvier 1765 à Marie-Joséphine- Antoinette , princesse de Bavière , fille de Charles- Albert-Cajetan- Joseph-Georges- Adam , électeur de Bavière, lequel fut plus tard empereur sous le nom de Charles VII, et de Marie-Amélie-Joséphine-Thérèse- Cordule, archiduchesse d'Autriche, née le 30 mars 1730 et morte le 28 mai 1767.

Le premier mariage seul produisit deux archiduchesses qui moururent avant leur père:

a) Thérèsé-Elisabelh-Pkilippine-Louise- Josèphe- Jeanne; née le 20 mars 1762, décédée le 23 janvier 1770.

b) née avant-terme , le 22

novembre 1763 et morte quelques heures après.

En l'absence de toute descendance directe de l'Empereur Joseph II les couronnes de Bohême et de Hongrie, ainsi que la souveraineté sur les Provinces belgiques, y compris le Duché de Luxembourg, et finalement sur toutes les terres héréditaires de la Maison de Habsbourg passèrent & son frère qui suit.

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