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Carolus Mansfeldius F. paterno tumulo hanc memoriam inscripsit.
Pour ne pas interrompre le fil de la narration nous continuerons ici le récit du sort de ce monument qui coûta soixante mille livres et qui aurait dû rester à toujours cher au peuple luxembourgeois comme à ses gouvernants, tant à cause des bienfaits qu^il était destiné à rappeler sans cesse à notre souvenir que des grandes leçons de bravoure et de fidélité à son souverain de même qu'à sa religion que ce personnage éminent entre tous a livrées pendant sa longue et glorieuse carrière.
Lorsqu'on 1684 Loois XÏV vint à Luxembourg après la prise de cette ville, ce monarque fit d'abord enlever du tombeaa de Mansfelt les quatre pleureuses qui se trouvaient aux coins du mausolée, de même que lesbas-reliefs en bronze qui en ornaient les faces : ce vol national, ajoute-t-on, aurait été poussé plus loin, puisque le conquérant avait Tintention de faire transporter le monument entier à Paris, si le maréchal de Créquy ne Tavait pas détourné de cette profanation sacrilège ea Ini représentant les éminents services que Mansfelt avait rendus à la France.
Le monument resta en cet état jusqu'à rentrée des troupes de la République française à Luxembourg , le 7 juin 1795 et la suppression des monastères qui en fut la suite. Il subit alors le sort de tant d'autres sépultures remarquables de la capitale : la chapelle qui le renfermait, aussi bien que Téglise des récollets elle-même furent d'abord fermées. Cette chapelle fut démolie en 1806 et l'église changée, pai^ tie en magasin militaire et partie en entrepôt public. Le caveau qui servait d'asile aux cinq momies dont nous avons parlé, fut profané et les corps dispersés, détruits! ! ! Un bourgeois de la ville, nommé Herman, doit avoir enlevé le segment supérieur du crâne du comte-prince Pierre-Ernest de Hansfelt et l'avoir conservé. De ses mains cette relique nationale du grand homme entra en la possession de M. le pharmacien Heldenstein, Bourgmestre actuel de la ville de Luxembourg et ce derniçr en a fait cadeau au Prince-Landgrave Louis de Hesse-Hombourg, pour lors gouverneur militaire de la forteresse fédérative : Depuis cette époque on a perdu la trace de ce dernier reste du héros.
D'un autre côté les statues de Hansfelt et de ces deux femmes avaient déjà été arrachées du sanctuaire oii elles avaient été consacrées par la religion, et reléguées d'abord dans le couvent même des récollets d'oii elles ont été transportées plus tard dans un corridor du monastère de la congrégation lorsque la bibliothèque dépar-
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lementale y fut établie. C'est là que les commissaires français délégués pour envoyer aux musées de Paris les monuments des départements conquis les ont vues.
Ces Messieurs, effrayés peut-âtre par leur poids énorme, ou plutôt mus par un je ne sais qnoi de respect religieux ont négligé de les faire enlever, déclarant pour justifier leur conduite, que ce travail n'é^ galant peut-être pas en mérite les chefsd'œuvre qui étaient réunis dans ces collections, ce monument pouvait rester à Luxembourg. C'est ainsi qu'alors elles ont été conservées au Pays pour lequel aussi elles devaient avoir le plus grand prix par les beaux souvenirs qu'elles rappelaient.
Cet état des choses dura jusqu'en 1804 où la gendarmerie ayant été casernée dans les bâtiments de la congr^ation, le préfet Lacoste qui vraisemblablement ne se souciait guère de l'histoire ni des grands hommes des temps passés, demanda au ministre de l'intérieur à Paris, l'autorisation d'en faire faire l'adjudication en présence du directeur des domaines, pour en attribuer le produit à des réparations à l'hôtel de la préfecture. Dans son rapport, le préfet s'exprime ainsi : « Trois statues « informes de fonte , qui représentent un <( comte de Mansfeld et ses deux femmes,
« masses qui n'ont d'autre va-
« leur que celle de la matière J'ai
<(eu occasion de voir par moi-même et «avec quelques amateurs des arts, ces « monuments grossiers » etc.
Dans sa réponse en date du S floréal an XII (25 avril 1804), le ministre Chaptal a montré que , si même ces bronzes n'avaient peut-être pas de valeur artis* tique, comme le préfet désireux d*en employer le produit à embellir son habitation , voulait l'insinuer , ils pouvaient cependant en avoir une d'un autre genre.
Voici cette réponse : a II est possible, ainsi «que vous le prétendez, que ces statues « soient sans mérite ; mais il est du moins «très probable qu'elles présentent quel- « qu'intérêt sous le rapport historique.
« Dans tous les cas , je vous prie, citoyen «préfet, de veiller à leur conservation, « de me donner sur ce monument tous les «renseignements qu'il vous sera possible «de vous procurer, et même de m'en « adresser un dessin exact. Je déciderai d V «près ces éclaircissements si ces statues « doivent être expédiées pour Paris , ou « rester à Luxembourg. »
Des commissaires furent nommés, leur rapport fut fait, et les statues furent, non pas envoyées à Paris, mais déposées dans la cour de l'hôtel de la préfecture, comme monument départemental.
Elles y étaient encore en 1810 lorsque le conseil de fabrique de l'église de St.
Pierre, aujourd'hui Notre-Dame, écrivit au Préfet Jourdan la lettre que nous nous faisons un devoir de transcrire :
«Monsieur le Préfet,
« Les soussignés curé et marguillers de « la paroisse de St. Pierre , entièrement «convaincus des sentiments magnanimes « de justice et de loyauté qui vous carac- «térisent, ont l'honneur de vous repré- « senter que les trois statues de bronze «représentant l'ancien gouverneur de ce «pays le comte de Mansfelt avec ses «deux femmes, déposées à la cour de « votre préfecture par ordre de votre pré- « décesseur M' Lacoste , y figurent d'une «manière peu convenable, ayant été ja- « dis placées dans une chapelle , qui n'a- « vait rien de commun avec l'église et le « couvent des Récollets supprimés , sinon « une entrée à la dite église , pour que « les P.P. Récollets ayant plus facilement «pu dire la messe sur ces tombeaux.
«Après que M' Lacoste a fait raser «cette chapelle, ces statues, qui rap- «pellent des souvenirs de religion et de « piété envers les morts , devaient avoir « la destination qui est naturelle k de pa- « reils monuments , étant selon le décret « impérial une propriété de notre église « paroissiale subsistante.
« Nous venons donc , Monsieur le Pré- « fet , sous votre bon plaisir réclamer les
a dites statues , et vous supplier de nous « les laisser suivre , afiu que uotamment «celle du comte de Mansfelt puisse être « placée plus décemment , et selou Tinten- « UoQ qu'il a manifestée , en faisant faire «ce mausolée.
«Nous avons Thonneor Monsieur le « Préfet^ de vous saluer avec un très pro- « fond respect.
«Luxembourg 7 juillet 1810.»
Sont signés: «S. C. Bourgeois. —> G. J.
Dtttreux. — Fr. Rœser. »>
Celte lettre fut suivie de Farrété que nous transcrivons également:
< Administration générale.
.NM8S9«rAn 1810, ^ PréfeUuDé- partement des Fo-
Objet: ^**>
c Statues de MansfeUL
«Vu la pétition des fabriciens de l'é- «glise paroissiale de Téglise de St.
« Pierre de Luxembourg en date du 7 «de ce mois;
« Vu l'inventaire du mobilier de la Pré- « fecture ;
« Considérant que les trois statues en « bronze , dites de Mansfeld , mentionnées « dans la pétition des fabriciens font par- « tie du mobilier de la Préfecture ;
« que néanmoins soit comme objet d'art^ « soit comme monument public , elles ont «été autrefois placées sous les yeux des « citoyens ;
«considérant que le dépôt actuel des « dites statues leur fait perdre l'avantage «d'une publicité honorable et tend à ef- « facer d'antiques souvenirs ,
«Nous Préfet du Département des Fo- « rets , Baron de l'Empire , «arrêtons: «art. 1.
«Les pétitionnaires sont autorisés à en- « lever les statues dont s'agit, et à les « exposer publiquement dans l'église de « St. Pierre de la ville de Luxemboui^ , « oii elles demeureront à la disposition du « gouvernement.
«art. 2.
« Le présent arrêté sera soumis à Tap- « probation de S. Ex. le Ministre de rintt térieur.
« Fait à Luxembourg , à rHdtel de la «Préfecture, le 12 juillet 1810. »
Signé, «Jonrdan.»
En conséquence de cet arrêté les statues furent enlevées de l'Hôtel de la Préfecture et , non pas exposées aux yeux du public mais reléguées dans un lieu de dé^ charge, dans le but sous-enteada sans doute, de s'en servir à une autre fin, fin qu'on ne voulait pas hautement avouer et pour cause; mais pour laquelle on faisait paratt-il des pr^aratifo. En effet , six mois à peine étaient Àîoulés depuis la translation dans la logette placée alors à la droite de la porte d'entrée de la paroisse et qui a été démolie il y a peu d'années pour rendre à Tacoès de ce temple sa beauté architectonique primitive, que sur des ordres venus de Paris, le directeur de l'enregistrement et des domaines écrivit au préfet la lettre suivante :
a Adminiitration de V enregistrement et <ides domaines.
a Département « Luxembourg , le 28 jao- € des Forêts, yfier 1811.
— « Le Directeur de l'Enre- Préfecture. gistrement et des Domaines,
— « à Monsieur le Préfet du N« S54. Département des ForêU.
«Monsieur le Préfet,
« Monsieur le Conseiller d'Etat Direc- « teur Général de mon administration me « prescrit de lui adresser sans délai un « rapport sur l'existence de trois figures «en bronze, trouvées dans la chapelle «de Mansfelt, érigée dans l'église des ci- « devant récoUets de cette ville et que l'on «annonce devoir être conservées comme « objet d'art. Il m'en demande la descrip- « tion , le poids et le trait historique au- «quel elles peuvent avoir rapport.
«Ces trois figures destinées à couvrir
(cdes tombeaux existaient naguère dans (( la cour de la Préfecture. Je tous prie « Monsieur le Préfet , de donner Tordre «au dépositaire actuel de m^en faire la «représentation et de vouloir lui prescrire ad'empéeher totUe mutilation j jmqn^k ce « que le gouvernement ait prononcé sur « le sort de ces antiquités.
« Agréez ) Monsieur le Préfet, Tassu- « rance de mes sentiments respectueux. »
Signé: «Pruneau.»
Il parait que le préfet ne répondit pas à cette lettre , puisqu'elle fut suiTie le 23 avril de la même année d^une antre conçue dans les termes suivants:
«Monsieur le Préfet,
«Permettez que je vous rappelle la «lettre que j'ai eu Thonneur de vous « écrire le 28 janvier dernier , N° 254 , « relativement aux trois statues, en bronze, « représentant un prince de Mansfeld et «ses deux épouses.
«Mon administration, par sa lettre du « 13 du courant^ n* 233 , me marque qu'il « parait que ces trois bronzes avaient été, «par ordre du ministre de l'Intérieur, «conservés comme objet d'art, et qu'a- « lors ils ne peuvent appartenir à l'église; « que dans le cas contraire , c'est un bien «national susceptible d'être vendu; enfin « elle me charge de lui adresser un rap- « port détaillé sur l'existence de ces bronzes « et les ordres qui ont pu être donnés , « soit pour leur conservation comme ob- «jet d'art, soit sur leur disposition en « faveur de l'une des paroisses de cette « ville.
« J'ignore Monsieur le Préfet , tout ce « qui a été fait au sujet de ces bronzes , « et pour me mettre à même de répondre « à mon administration ayez la complai- « sance de donner l'ordre , dans vos bu* « reaux, de me communiquer les pièces « qui y ont trait , puisqu'il tous répugne « d'entrer en correspondance à ce sujet. « Agréez etc. Signé : « Pruneau. »
Ce rappel motiva la dépêche suivante ,
que le Préfet adressa directement au mi* nistre, le 12 juin suivant:
€ Domaines. « A Son Excellence le
— « Ministre de l'Intérieur,
«N* 1839 >>". 4810. « Comte de l'Empire ,
« Le Préfet etc.
«Monsieur le Ministre,
« La ville de Luxembourg possède de* «puis des siècles les statues en bronze « d'un comte de Mansfeld , ancien gouver- « neur du pays , et de deux femmes qu'il « avait successivement épousées.
« Ces statues , mutilées peu après l'en- «trée des Français, déposées dans la «salle de la Bibliothèque publique, ont «été, par des artistes à cet effet délé^ « guées , examinées alors et jugées sans « importance et sans mérite sous le rap* « port de l'art et de l'antiquité.
« J'ignore en vertu de quel droit elles « ont été transférées à l'hôtel de la Pré- « fectnre par le premier des préfets qui «m'ont précédés. Je les ai trouvées ins* « crites dans le rôle du mobilier et éta- «blies sans honneur dans la cour de la «maison.
«Ce Mansfeld, car c'est ainsi qu'on les « nomme , sans être un sujet de fanatisme, « fait plaisir aux citoyens du Pays.
« J'ai été plusieurs fois sollicité de les « rendre à la ville et j'avais même à la « suite de ces mêmes sollicitations formé le « projet de les faire transporter au centre « d'une place publique dont on avait «conçu le projet, mais ce projet a échoué.
«J'ai cédé à une autre prière et je les ai « fait placer dans un vestibule de l'église « paroissiale.
« Je joins l'arrêté pris à ce sujet. C'est «par un oubli dont j'ai à m'accuser, que « cet arrêté exécuté de suite , ne vous a « point été adressé.
« Le dossier relatif à la formation de « l'inventaire du mobilier de la Préfecture «me fait apercevoir de cette erreur. Je « ne puis en effet rien aliéner de ce mo- « bilier sans votre autorisation. Cette au-
« torisation je vous la demande aujonr- « d'hui , pour la satisfaction du public , et « j'ose dire pour l'honneur de ma résoluce tion déjà exécutée. J'ajoute que ces sta- « tues sont creuses et sans valeur matéarieile.
«Agréez etc. Signé: «Jourdau.»
En suite de ce rapport, riche en faits, arriva sous la date du 13 juin 1811, TapprobatioD du ministre Montalivet, où il est dit que ces statues, déposées dans Véglise de St. Pierre, demeureront à la disposition du Gouvernement.
Il n'y avait donc plus moyen de songer, pour le moment du moins, à la destruction du monument pour en utiliser, comme on le méditait, les débris à un autre usage.
Il resta relégué dans son lieu de décharge jusqu'en 1819 ou, ignoré de tous, peu de personnes ont eu le privilège de le voir.
Cependant ceux qui avaient conçu le projet iconoclaste, espérant toujours pouvoir un jour arriver à leur but, attendirent des circonstances plus favorables pour le remettre sur le tapis : le changement de gouvernement qui arriva en 1814 — 16 et le revirement qu'il entraîna nécessairement à sa suite avaient fait oublier la clause principale attachée à la concession du dépôt confié à l'église de St. Pierre ; et la nouvelle administration devait ignorer ces circonstances , lorsque surtout des hommes très estimables d'ailleurs mais qui étaient dominés par l'idée fixe que hors le bronze à prendre des statues de Mansfelt et de ses femmes il n'y en aurait plus pour procurer à la paroisse de St. Pierre des cloches nouvelles pour remplacer celles que les français avaient enlevées, lorsque ces hommes vinrent gravement dire que la cession avait été faite avec la clause de la destruction du monument. M. Willmar, qui était pour lors gouverneur du Grand-Duché de Luxembourg, les crut trop facilement, car il aurait dû se faire représenter le dossier concernant qui se trouve aux archives de l'Etat et hors du-
quel nous avons tiré les pièces que nous publions ici pour établir une bonne fois la vérité. Il eut un autre tort encore : dans le désir de satisfaire ses solliciteurs il défigura l'Histoire. En effet, et pour prouver ce reproche que nous lui adressons, nous transcrivons son rapport au ministre :
c 3* Division.
— ((A son Excellence «Finances* «le Ministre de Fln-
«Obïet- «struction publique,
€ Sutu^ de Mansfeld. « de l'Industrie natio-
— c< nale et des Colonies.
€NH558. Ani8l9.
« Luxembourg , le 28 avril 1819.
«La famille des comtes de Mansfeld «possédait autrefois à Luxembourg une « chapelle dans laquelle se trouvaient plaie cées, sous des mausolées, trois statues « en bronze ; l'une représente un des chefs « de cette maison , les deux autres ses <(denx femmes.
« La chapelle a été détruite , les biens « et rentes du domaine de Mansfeld furent «vendus sous l'administration française; «il n'en est resté que les trois statues, «qui, depuis l'invasion des français en « 179S, ont été transportées dans divers « édifices publics , sans pouvoir être con- «servées dans aucun ^ soit à défaut de « convenance des localités , soit parce que « ces statues , de grandeur naturelle , au- « raient exigé une dépense en piédestaux «que la pose de ces personnages eftt «rendu plus considérable que la valeur « même des objets qu'ils auraient été des- «tinés à supporter.
« Les figures des deux femmes ont été « mal conservées ; elles ont souffert quel- « ques mutilations ; celle du comte de Mans- «felt n'a pas été à l'abri des injures du « temps.
« Le gouvernement français avait chargé « dans le temps, des membres de la com- « mission des monuments , à Paris , de «choisir, dans les divers départements, «ceux qui seraient dignes d'être conser- « vés. L'inspection de ceux dont j'ai l'hon-
«nenr d'entretenir Votre Excellence fit « connaître qa'ils n'en valaient pas la peine, « et ils furent, dès lors, laisses à la dispo- <(sitiott du Préfet.
« Ce tnajistrat les avait concédés à la « fabrique de V Eglise de St. Pierre pour
i< SERVIR À FONDRE DES CLOCHES. Hais 11
« fut sursis à l'exécution de ce projet , « parcequ'il existait à l'administration une «circnlaire du Ministre de l'Intérieur de (( France, qui recommandait de ne laisser «détruire aucune espèce de monument «quelconque des arts.
«Depuis cette époque, les trois statues « en question attendent une destination.
a Leur valeur^ comme 'objet d'art ^ est <i nulle; comme monument historique, elle « est encore nulle, car aucun souvenir ne 4i s'attache au nom des comtes de Hansa FELD ; d'un autre côté, aiLCun édifice ne ^peut les recevoir, et quand même il se a présenterait un lieu capable de les conte- « nir, comment espérer de les placer eonve- « nablement, et de pourvoir à des dépenses a dont l'objet n'en serait pas digne !
« Je viens en conséquence, prier Votre «Excellence de bien vouloir prononcer « sur remploi ultérieur de ces statues qui, <i sous tous les rapports paraîtraient ne pou- « voir être consacrées à un meilleur usage, « qu'au service de l'Eglise, en les conver- 4( tissant en cloches.
« Je prie » etc. « Le Gouverneur »
Signé : « Willmar. »
Ce rapport foudroyant pour les pauvres statues , et qui en réalité était immensément éloigné de la vérité ne pouvait être suivi que de l'autorisation si ardemment poursuivie. L'arrêt de destruction fut prononcée à Bruxelles, le 6 mai 1819, et porte en termes textuels : « Il a été résolu « d'autoriser par le présent Monsieur le «Gouverneur du Grand-Duché de Luxem- « bourg, à faire donner aux statues dont « il s'agit, V emploi pour lequel elles ont <( été concédées à la fabrique de l'Eglise a de St. Pierre. » Et cet emploi consistaitil à les détruire , ou bien à les exposer
aux regards du public auquel elles faisaient plaisir?
Ce fut sans doute un jour de fête pour ceux qui avaient tramé le complot lorsque cette décision arriva à Luxembourg.
Le 14 mai, c'est-à-dire huit jours après que la résolution avait été prise à Bruxelles, le Gouverneur Willmar écrivit au vicairegénéral de Neunheuser pour la lui annoncer. Voici la lettre:
c 3* Division c Finances.
Luxembourg, le 14 mai 1819.
«Objet:
< Statues de Mansfeid
« A Monsieur le Vicaire - Général du Grand-Duché de Lu- «N« 4358. An 1819. xembourg.
c( Monsieur le Vicaire-général ,
4iVous m'avez^ dans le temps, fait « Vhonneur de m^informer que les statues <ken bronze du comte de Mansfeid et de « ses deux épouses avaient été mises à votre a disposition, pour servir a la fonte de «NOUVELLES CLOCHES, msis quc divers «obstacles s'étaient opposés k l'exécution «de ce projet; que, néanmoins, ces sta- <itues n'étant d'aucune valeur ni comme «monument des arts ni comme monument <( historique, il serait d'autant plus urgent « de leur donner la destination précitée, «que déjà elles ont été dégradées dans «plusieurs de leurs parties.
«J'ai soumis à Son Excellence le «Ministre de l'Instruction publique, de « l'Industrie nationale et des Colonies, un « rapport sur cet objet, et Son Excellence «accueillant mes propositions, vient de « décider par arrêté dont vous trouverez « ci-joint expédition , que ces trois statues «seraient concédées à la fabrique de (« l'Eglise de St. Pierre pour l'emploi pré- « cité.
« En conséquence. Monsieur le Vicaire- « Général, je les mets à votre disposition, <(vous laissant le soin d'exécuter les in- « tentions de Son Excellence le ministre.
a Agréez etc. a Le Gouverneur : »
Signé : « Willmar. »
Les dispositions pour la destraction forent prises immédiatement, et le joarpour rexécntion fat fixé au 22 du même mois de mai : elle fut consommée en trois fois Tingt-qnatre heures.
Noos croyons pouvoir nous taire ici sur les épisodes qui accompagnèrent cette exécution et qui la suivirent, d'abord parce que nous ne rapportons que Thistorique du sort des statues mêmes ; ensuite, parce que pour couvrir la turpitude de cet acte du plus ignare vandalisme ses auteurs ont cru devoir tout employer, déclarations sous serment, actes notariés, délibérations du conseil de fabrique, etc., qu'ils ont envoyés à Bruxelles, et sur la production desquels le gouvernement général a d(i les croire parce qu'il ne devait pas soupçonner seulement qu'ils ne fussent pas l'expression de la vérité. Et cependant!!! •••• Le ministre de l'Instruction publique s'est bien déclaré satisfait de ces preuves, fournies en réponse aux réclamations qui lui avaient été adressées de Luxembourg par des personnages très notables et très dignes de foi, au sujet de cette destruction qui avait été négociée dans l'ombre puisque les démarches préliminaires de même que la décision qui les a suivie ne furent connues du public que quand ont retenti les coups des marteaux inconoclastes. Mais le Directeur général des affaires du culte catholique ne s'en est pas tenu pour content, puisque sur de nouvelles réclamations, venues de bonne source^ dit-il, il a demandé un nouveau rapport au Gouverneur, lequel rapport à rédiger alors seulement qu'il aurait eu, par lui-même entendu les dépositions des témoins que le directeur dénommait. Il demandait en outre une copie de V arrêté dupréf et français qui devait avoir abandonné ce monument pour le briser et
EN FAIRE FONDRE DES CLOCHES, parCC qUC
sans doute ce haut dignitaire commençait à douter de cette assertion qui en effet n'avait été qu'un mensonge. Sa lettre du 28 juillet 1819 resta sans réponse comme vraisemblablement aussi son rappel du 4 novembre suivant, N"* 3927, 1'"^ division ;
du moins nous n'avons trouvé aux archives du gouvernement aucune trace de la minute d'une réponse. Et en effet, quelle réponse y donner ? on n'aurait pu fournir qu'un arrêté qui autorisait le dépôt du monument dans l'intérieur de l'église de St. Pierre afin de l'exposer aux yeux des citoyens et avec la réserve expresse qu^il demeurerait à la disposition du gouvernement; parce que, comme disait le préfet Jourdan dans sa dépêche du 24 mai 181 1 au ministre de Tlntérieur de France :
ce Mansfeldy sans êire un objet de fanatisme j faisait plaisir atix citoyens du Pays .... Il avait pris cette résolution, pour la seUis faction du public, non afin de le faire briser pour en fondre des cloches. Et du reste, à quoi aurait pu servir une réponse^ le monument historique tant aimé des Luxembourgeois était brisé, il était irréparablement perdu pour le Pays ! Le parti le plus prudent a donc été de traîner la chose jusqu'à ce qu'elle fût oubliée au Gouvernement de Bruxelles ; car on savait bien qu'à Luxembourg le prestige qui entourait l'autorité civile et ecclésiastique ferait taire les réclamations qui devaient d'ailleurs paraître désormais inutiles. Et aujourd'hui, comme l'a dit avec infiniment de tact, H. le Directeur Huiler dans le Programme de l'Athénée de Luxemboui^ pour l'année 1837-38, aujourd'hui les cloches de Notre-Dame sonnent totu les jours le glas funèbre d'un des derniers de nos pliu vénérables monuments nationaux, qui fut mutilé, brisé et détruit à l'instigation d'un homme vertueux, tout le monde aime à en convenir, mais qui avait pour un moment oublié les beaux souvenirs historiques qui se rattachent au vaillant gouverneur.
Après avoir péniblement esquissé la profanation des restes mortels d'une des premières de nos illustrations nationales, ainsi que le sort de son monument funéraire qui retraçait si bien sa grandeur et rappelait ses vertus avec ses bienfaits, nous revenons à sa personne.
Le Comte-Prince Pierre-Ernest de Hans-
felt avait la taille haute et majestueuse, le visage long, le teiut fleuri, Tœil vif et hardi mais sévère, le menton un peu retroussé , la barbe en pointe , les cheveux noirs ne lui descendant que jusqu'aux oreilles, selon la mode de son époque.
Outre ses grands talents comme guerrier Mansfeit doit être cité comme savant, mais surtout comme un des plus grands amateurs des arts qu'il protégeait d'une manière éclairée , et des antiquités , témoin les dépenses énormes qu'il a dû faire pour réunir dans son ^ palais et ses jardins tous les monuments romains qu'il lui a été possible de recueillir dans, le pays. Mais par contre nous devons lui adresser à cet égard un reproche que nous croyons fondé : en transplantant ainsi les débris des âges anciens il leur ôtait une partie de leur valeur. C'est ainsi que dans sa manie de colliger il avait entr'autres fait faire des essais pour enlever Tobélisque d'Igel : Ses manœuvres téméraires pour exécuter ce projet ont même été une des grandes causes , dit-on , de la détérioration de ce chef-d'œuvre de Tart des plus beaux siècles; et nous sommes heureux encore qu'Alexandre et Guillaume les frères de Wiltheim aient vécu à l'époque oii ces antiques étaient encore entiers , pour pouvoir nous en laisser la description dans leurs savants ouvrages.
Mansfeit avait eu deux épouses légitimes successives , non à la fois comme le vulgaire l'a cru parce que ses deux femmes se trouvaient placées à ses côtés sur son mausolée. Cette circonstance avait même fait naître le conte populaire qui se débitait et se débite peut-être encore, qu'il était marié lorsqu'il accompagna l'Empereur Charles-Quint à l'expédition de Tunis oii il aurait été fait prisonnier, puis délivré par une puncesse tunisienne qui aurait mis pour condition à cette délivrance, que le prisonnier Tépouserait. On ajoutait que , fidèle à s,a parole donnée , il aurait à son retour et avec la dispense du Pape, pris cette seconde femme en légitime mariage après qu'elle se, serait fait baptiser,
et que les deux comtesses auraient constamment vécu en parfaite intelligence. Cette fable , qui ressemble de loin à une légende analogue qui est racontée sur le compte de Gilles de Trazegnies, n'a pas besoin d'être réfutée quand on possède les faits que nous allons rapporter.
Marguerite , fille de Renard III Baron de Brederode et de Philippine de La Marck, première femme de Pierre-Ernest de Mansfeit , fut unie à ce comte en 1546. Cette dame mourut en 1556 pendant la captivité de son mari en France. Elle lui avait donné deux fils et une fille : a. Philippe, comte de Mansfeit qui fut vicomte de Gand , puis de Riszbourg , et malheureusement tué à Bruxelles en 1576 dans une querelle à la suite d'un banquet.
6. Philippe-Octavien , plus particulièrement connu sous le dernier de ces deux noms et auquel nous consacrerons un article à part. c. Marguerite, mariée à René de Chftlons et morte peu de temps après. — Ce mariage avait été conclu contre le gré de Mansfeit. — Nous différons ici beaucoup du sentiment de plusieurs auteurs qui font naître du premier mariage légitime du comte Pierre-Ernest de Mansfeit le prince Charles auquel nous avons consacré un article. Les mêmes auteurs prétendent aussi que Marguerite de Mansfeit a été réponse de Palame ou Palamède de Châlons, fils naturel de René que nous reconnaissons pour le mari de cette dame :
Nous avons été conduit à ces résultats , que nous donnons pour positivement établis, par les recherches minutieuses que nous avons faites aux différentes sources que nous citerons k la fin de cette notice.
Mansfeit avait épousé en secondes noces en 1 562, Marie de Montmorency, fille de Joseph de Montmorency, comte de Nevele, et sœur du célèbre comte de Homes.
Cette dame , qui était veuve de Charles II comte de Lalaing, mourut à Luxembourg le 5 août, non février 1670. De ce mariage sont nés plusieurs enfants : d. Frédéric , mort à Boulogne , avant son père.
e. Renaud , f. Christierne , g. Philippe ,
h. Polixèoe et t. Octave-Sigismond-Aaguste y sar lesquels nous n'ayoDs déconyert aucune particularité si ce n'est qu'ils moururent tous avant leur père. Et finalement : y. Une fille du nom de Dorothée , qui fut mariée à François de Verdugo (t. son art.).
Outre ces enfants légitimes Mansfelt a eu plusieurs bâtards , dont trois , Ernest, Anne, (dont le sort nous est resté inconnu,) et Charles ont été procréés d'Anne Benzeradt, alors qu'encore leur père était très jeune , ayant à peine dépassé les vingt et quelques années , puisqde le 3* est né tléjà en 1643. Nous parlons dans des notices séparées d'Ernest de Mansfelt , qui , tout grand capitaine qu'il a été, s'est acquis une triste célébrité par les embarras qu'il a suscités à ses souverains légitimes ; ainsi que de Charles de Mansfelt , le héros de Strigonîe. Outre ces trois enfants naturels dont nous sommes parvenu à dénommer la mère unique , le Prince- Comte de Mansfelt a laissé un autre fils illégitime, nommé Charles, comme son frère plus âgé, et qui a également son article. Finalement les registres de baptême de la ville de Luxembourg rapportent un acte curieux sous plus d'un rapport et que nous nous croyons en devoir de transcrire ici à cause de sa singularité : « 1 3 septembre. 1603. Baptisatus fuit Philippus , « ut dicebatur , nec tamen ab omnibus cre- '(( debatur , filius illegitimus illustris prin- «cipis etcomitis Pétri Mansfeldii Guberc< natoris Luxemburgensis et concubinae «ejus procacis Catharinae. Patrinus Jacob (( Schreiner bey den Knodeler , dicti scorti « hospes , matrina Anna filia Theodori Sit- « tart. Bonus princeps , iit dicebatur , occ( tuagesimum excesserat «tatis annum , « debilis valde erat in lumbis , attamen (( a scorto persuasus , patrem se putabat. n
Quoiqu'il en soit, et nous devons le dire pour rester dans la vérité , l'Histoire ni la chronique n'ont révélé aucun fait qui eût pu ternir la fidélité conjugale de Mansfelt pendant ses deux mariages.
ScBANHAT, Histoire dn Comte de Hansfcid. — Vir! illustres, II, K® 145. ~ Balletins de rAcadémie de
Braselles, VJII, N« 1, p. 98.-GAVBni, Heldra- Leiieon, 1018, fqqq.— Hunna, Gcnealogiaelie TabeUen, II, 545.— Iibovp, Notitia aaeri Eonaai lai. periî procemoB, lib V, c. XII, §. 8. p. 478. - M aajAi , aes manaserits , passim. — GAuasa, A4eb Lezicoo, II, 678, sqqq.-SraADA, de beUo Belçico. ^Maniucrits du earé IVaina.— Dx Fnua, Dietionnaire bistoriqae, litt. M. — Wilbblhvs a Wilt- ■cia, Disqaisît antiqnar. histor. Inxeosbarg.. II, e. IV, §. 5 et »; e. V. $. 1 ad 9. — Saloio Spa». ■ACBL, £quef aarci irellerii, ad iritani et res pneclarè gestas Pétri EroetU Prineipis et Comitis Maufeldias, 1605, io 4«. — BaaTHOLBT, IT, 448, étante teztam, XXVI; T. VIII, 88 sq., 166 et 179.-- O. Calikt Biblioth* Lonr. — Hoasai, V, 96. — Baa- TBLi, 75, ii6, ISisq, 194, sq. — Lbcut, Aonalet cif. et relig. d'Yfois-Carignan, 119, 181, 555, 559 iq — GoBTersatloBt-Lexicon, 1846, II, 1048.— Mé- . moire msert. attribué ao P. BoHAvswToaB, et iatitulé : Province et Tille de LBzemboarg.— Les Déliées des Pays-Bas, passian. — Mulibb, Programme dePAtàé- Dëe, 4858, 88, êq. - Netsm, Histoire de Vianden, 189, sq , et 195 sq.— Archifcs da GraDd-Dackë de Lozemboorg, dossier soserit : Ifaosolée et stataea du Comte Pierre-Ernest de lllansfeld, dans nne cbapelle joignant l'église des rccoUets à Luxembourg. — Coira- TiBf Encyclopédie moderne, XV, 195. — HABiBos, Annules ducum Brabantise, T. III, passim. — IVtt- TBBBAca. Les antiquités romaines de la Tallée de la Moselle, 98, note. — Publications de la 84>ciaé archéologique de Luxembourg, II, 80, IV* 4.
MANSFELT , Philippe-Ociavien , comte de, était fils de Pierre-Ernest (v. son art.) comte et prince de Mansfelt et de Marguerite de Brederode , sa première femme.
Le manuscrit des Viri illustres renferme sur ce personnage la notice suivante:
«1587. OctaTianus Cornes Mansfeidiae, <{ Petri-Ernesti filius alter , Luxemburgen- « sis , occubuit fortiter pugnaus aggrediea- <(do Creyecœur ad ^eomagum. Sepnitus « cum pâtre. »
Il devait être né lorsque son père fut assiégé dans Yvois, en 1552, puisque, eipmené prisonnier à la suite de la prise de cette ville, celui-ci trouva sa femme morte à son retour de la captivité, en
Octavien de Mansfelt suivit la carrière des armes comme son père et son frère aîné , et se distingua par son courage dans les rangs de Tarmée espagnole. Ayant suivi Alexandre Farnèse au siège de Knodsembourg vis-à-vis de Nimègue il y fit des actions d^une valeur héroïque et fut tué
aa mois de juillet 1591 , avec deux cents hooimes qu'il commandait k Tassaut qui fut donné à ce fort. Son père fit embai/ mer son corps qui fut ramené à Luxembourg et inhumé dans le caveau de sa lamille, aux Récollets.
Vîri illastres, II, N* 146. — Scbaruat, Hiftoire au comte de Hanffelt. — Mobrii, V, 86.
HANTERNACH^ Mathias, est né à Larochette , le treize thermidor an XIII (1^' aoftt 1805) y de parents peu favorisés de la fortune. Son père y petit drapier, se nommait Georges et sa mère Hadelaine Adehm. Déjà pendant sa première enfance on remarquait en lui des talents innés, joints à d'heureuses dispositions pour Tétude.
Le vénérable vicaire-général de Neunheuser (v. son art.) ayant appris à le connaître pendant une visite qu'il avait faite à sa sœur , Madame Heuardt qui résidait à Larochette , le prit bientôt en affection et voulut être son Mécène. Le jeune Manternach n'avait que treize ans lorsqu'il fut admis à l'Athénée de Luxembourg oii il fut constamment compté parroi les meilleurs élèves. Déjà alors il se distinguait entre tous par cette bonté de cœur et par cette douiceur de caractère qui le firent chérir par ceux qui ont eu des relations avec lui.
Après avoir achevé ses cours d'humanités il passa au séminaire épiscopal de Namur et fut ordonné prêtre le 21 mai 1828 à Munster en Westphalie, le siège de Namur étant pour lors vacant. Déjà au mois de juin de la même année le vicaire-général de Neunheuser , jaloux d'avoir son protégé auprès de lui, jaloux aussi de le guider de ses conseils dès les premiers pas qu'il faisait dans le saintministère ^ le fit nommer vicaire à la paroisse tle Saint Pierre à Luxembourg, dont il était curé titulaire : Manternach ne fut pas indigne de son protecteur. Le jeune ecclésiastique se fit bientôt remarquer par toutes les belles qualités qui peuvent orner le vrai ministre des autels et révéla
surtout son talent oratoite par plusieurs sermons qui furent très remarqués ; notamment le superbe panégyrique qu'il fit de son bienfaiteur que la mort vint enlever à lui et au pays , au mois de juillet
Déjà alors il s'était gagné tous les cœurs, non seulement dans sa paroisse mais aussi dans la ville entière. Il serait du reste difficile de dire par quoi ce digne prêtre a le plus captivé les hommes ; si c'était par cette onction toute évangélique avec laquelle il savait prêcher les vérités les plus austères de la religion , ou bien par cette candeur extrême , cette modestie si sincère qu'on remarquait dans tout son être ; si c'était par cette bienveillance au-delà de toute expression qu'il portait peinte sur sa figure , ou bien par celte retenue qui sied si bien au disciple du Christ; ou bien enfin par cette abnégation si entière de soi-même toutes les fois qu'il s'agissait de porter les secours et les consolations de la religion aux malades ou de soulager l'infortune ou l'indigence. On se rappellera pendant longtemps encore à Luxembourg , parce que les parents le rediront à leurs enfants lorsqu'ils voudront dépeindre un bon prêtre, on se rappellera encore longtemps disons-nous, le dévouement évangélique de Manternach pendant les ravages du choléra en 1832 , en visitant les hôpitaux et pénétrant dans les réduits les plus obscurs comme les plus misérables pour y répandre à pleines mains le baume de la consolation et de la confiance en Dieu , comme les secours les plus désintéressés de la charité.
Nommé la même année 1832 membre de la commission des écoles urbaines il en devint bientôt un des collaborateurs les plus actifs comme les plus intelligents et les plus indispensables , en même temps qu'il fut le véritable ami des instituteurs et des enfants auxquels il voua ses plus tendres soins comme son plus incessante sollicitude , à tel point que la gratitude publique le nomma Manternach Vami des enfants, surnom qui lui restera tant que
son souvenir subsistera. Les écoles des enfants pauvres fixèrent particulièrement son attention : II fut un des fondateurs et des plus fermes appuis de Fécole-ouvrière de S^" Sophie pour les filles indigentes; et ce fut encore lui qui conçut en 1839 la belle idée de célébrer la fête du Souverain par la formation d'une souscription dont le produit devait être destiné h constituer un semblable établissement pour les garçons pauvres.
En 1833 le gouvernement, jaloux d'encourager cet homme de mérite , lui proposa d'aller suivre les cours de théologie dans quelques universités allemandes et de se familiariser en même temps avec le système des écoles primaires de ce pays.
A cette fin il lui fut alloué pour le terme de deux ans une somme de douze cents florins des Pays-Bas. Manternach, toujours avide d'étendre le cercle de ses connaissances , accepta cette offre qui ne pouvait que J'honorer; il quitta le pays au mois de novembre. Après avoir successivement entendu les leçons aux Universités de Tubingen et de Munich il fit plusieurs voyages spéciaux dans le but d'étudier également l'organisation de l'enseignement primaire , et revint riche de science et d'une expérience dont son pays devait un jour profiter. Il fut accueilli avec un véritable enthousiasme ; et quoiqu'il pût prétendre à une place éminente, il ne dédaigna pas de rentrer dans l'humble poste de vicaire de l'église de Saint-Pierre qu'il s'était réservé avant son départ. Infatigable dans l3 saint ministère il ne le fut pas moins dans l'administration des écoles delà ville et dans celle du bureau de bienfaisance dont il venait d'être nommé membre.
Au mois de septembre 1839 il quitta la maison curiale pour entrer à l'Athénée en qualité d'aumônier et de professeur de la religion catholique romaine dans cet établissement. Jamais nomination fut plus favorablement accueillie , parce que Manternach avait su d'avance se gagner tous les esprits: s'es leçons furent écoutées avec plaisir et ses préceptes suivis avec
une consciencieuse exactitude dont du reste il donnait l'exemple. Enfin , par arrêté royal du 19 février 1840 il fut élevé au poste éminent de Conseiller supérieur des écoles , et resta en même temps chargé de son cours à l'Athénée. Personne ne convenait mieux pour ces fonctions ; mais malheureusement ces dernières ne convenaient pas pour lui : doué d'une organisation éminemment sensible il prenait trop à cœur les contrariétés que l'administration rencontre à chaque pas. Cependant il ne recula jamais devant aucune dilBculté pourvu qu'il eût conservé l'espoir de pouvoir la vaincre. Plein de zèle et de dévouement que Guillaume II , ce monarque si sage sut apprécier et voulut récompenser en lui conférant en 1842 les insignes de l'ordre luxembourgeois de la couronne de chêne , il passait souvent des semaines entières sans goûter une seule fois le repos du sommeil) parce que tout était à faire alors, tout à organiser dans sa branche de service , et qu'il avait hâte de faire jouir le plutôt possible sa patrie du bien qu'il se proposait de lui procurer. Ce travail excessif ne tarda pas à miner sa santé qui , quoique robuste , ne pouvait pas supporter une contention si longtemps prolongée et sans relâche aucun. Il finit même par développer dans cette âme impressionable le germe de l'affection qui enleva Manternach au Pays et à l'Eglise , à l'âge de 38 ans, le 24 février 1843.
Lorsqu'il se sentit malade il voulut, suivant le conseil de ses médecins , faire trêve à ses travaux excessifs. Dans ce dessein il se fit conduire chez un de ses amis, M. Wolfl", le digne curé de Contern , village à deux lieux de la ville , afin d'y être plus tranquille et loin de ses dossiers , comme il disait ; il y mourut peu de jours après à deux heures du matin, de la mort des justes, en prononçant la prière du sauveur expirant sur la croix : « In manus tuas Domine com- (( mendo spiritum meum. ^ Quelques jours avant sa mort il s'était fait administrer les derniers sacrements de l'Eglise qu'il
reçat avec un recaeillement et une dévotion qa'on ne saurait décrire. Il se trouvait pendant cette touchante cérémonie, comme ravi en extase et Tcrsait des larmes de joie. Lorsqu'elle fut terminée il se mit à genoux et dit aux ecclésiastiques présents et qui fondaient en larmes : «le «grand acte est accompli, mes chers frères, «rendons en grâces au Dieu de miséri- « corde en récitant le Te Deum»; et il pria avec eux , répétant trois fois le dernier verset de ce chant sublime : In te Domine speravi , non confundar in aeternum. Il ne s'occupa plus dès lors des choses de ce monde, employant le reste de ses moments à se préparer à Téternité.
La dépouille mortelle de Maûternach fut ramenée à Luxembourg pour reposer dans sa paroisse. Jamais convoi funèbre ne fut plus nombreux ni pluâ imposant ; toute la Tille voulut y assister parce que tons tenaient à donner à Thomme aimable et aimé ce dernier tribut de respect et d'attachement. La bourgeoisie entière vint jusqu'aux confins de la commune audevant du cortège qui arrivait de Contern : à son abord , de jeunes demoiselles de la Tille , habillées en pleureuses ouvraient la marche. Elles se jetèrent sur le cerceuil en Tarrosant de leurs larmes comme s'il renfermait les restes du meilleur des pères. L'évêque-vicaire-aposto* lique , qui était encore allé le Tisiter à Contern trois jours avant son décès, présidait à la cérémonie religieuse. Le corps fut d'abord porté dans Féglise primaire ou les matines funèbres furent chantées par un clergé très nombreux accouru de plusieurs lieues des alentours ; puis le cortège se dirigea Ters le cimetière. Le prélat Toulut aussi prononcer le panégyrique du défunt : Il aTait pris pour texte ces paroles des saintes écritures :
Brevt consummatiis explevù tempora multa.
Manternach fut inhumé au cimetière de la paroisse de N.-D. oii ses élèves lui ont fait ériger un monument funéraire.
Outre les nombreux et précieux rap-
ports que Manternach a faits au GouTcrnement sur Finstruction publique, il a laissé plusieurs sermons très bien écrits, qui se trouTent aujourd'hui déposés à la bibliothèque du séminaire clérical à Luxembourg. Un seul de ces sermons a été imprimé, et c'est en réalité une de ses meilleures compositions dans ce genre :
C'est l'éloge de Sainte-Cécile et de l'art chrétien. Nous aTons déjà rappelé son éloge funèbre de M' de Neunheuser , son bienfaiteur : Le jeune prédicateur réTélait déjà dans ce discours son talent transcendant d'orateur. Manternach a enfin et pendant plusieurs années consécutiTes , été chargé de prêcher le jour de la fête de St. Sébastien , patron de la Société si nationale des arquebusiers.
Journal de la yîUle et du Grand-DacLé de Laxemboarg, da ft*' mars 1843. — Renseignements fonrnis.— Etat civil. --Notes de H. le Professenr Ehglirc. ^Notes de M. U. YVourr, cnré à Contern.
Maquibr, Anne; t. WAGNER, l'épouse j née Anne Maquier.
MARCHAND, Louis, né à Luxembourg, le 14 féTrier 1807, fils de Jean Marchand qui fut nommé en 1815 rece- Teur- général puis agent du trésor à Diekirch, et de sa première femme, Antoinette Langers.
Louis Marchand fit des études gymnasiales très brillantes à l'athénée de Luxembourg, oii il entra en 1820 et remporta chaque année un grand nombre de prix :
En 1825 il terminait son cours de rhétorique. A d'heureuses dispositions il joignait beaucoup d'imagination pour la poésie , témoin entr'autres un grand nombre de pièces de Ters allemands bien tournés qu'il composa lorsqu'encore il était élèTC de Fathénée. Plusieurs de ces morceaux ont été publiés dans dÎTcrs recueils périodiques ; un plus grand nombre de ces essais sont cependant restés manuscrits. Il a en outre fait imprimer pendant sa jeunesse déjà, quelques cahiers de compositions lyriques et dramatiques qui se distinguent en général par le feu de leur
coloris , entr'aulres un fascicule intitulé : Knospen und Blwlhen.
En 1825 Louis Marchand se rendit à Paris pour étudier la médecine; mais il quitta cette ville dès la fin de la première année et alla en 1826 suivre les cours de Fécole vétérinaire d'Utrecht oii il passa, le 5 avril 1830 Fexamen le plus brillant et obtint le diplôme de médecin-vétérinaire de première classe.
Les événements politiques de cette même année ayant mis en présence les armées de la Néerlande et de la Belgique<i Marchand, suivant sans doute sa conviction politique , prit service dans celle de Hollande et fut attaché comme vétérinaire au quartier-général du généralissime , puis feldmaréchal Guillaume , Prince d'Orange, qui fut depuis Roi des Pays-Bas et Grand- Duc de Luxembourg, sous le nom de Guillaume IL En 1837 il quitta la Hollande , décoré de la croix de bronze , et vint s'établir en Belgique oii son frère était capitaine d'artillerie. Celui-ci l'engagea à entrer dans son corps et parvint à le convaincre. Il y fut nommé vétérinaire et alla tenir garnison à Liège oii il est mort en 1843.
Outre les connaissances les plus profondes qu'il possédait dans son art , Marchand en avait acquis beaucoup d'autres encore , et nommément en botanique , sous la première direction de l'abbé Mazuir, professeur de rhétorique et principal de l'athénée de Luxembourg à l'époque ou il suivait cet établissement :
dans l'étude de cette science une classe de végétaux, la cryptogamie de Linné faisait surtout l'objet de ses observations favorites ; et dans le plan qu'un moment Tinant (v. son art.) , Marchand et M.
Grombach père, pharmacien à Diekirch avaient arrêté de publier la flore luxembourgeoise , la description de cette classe intéressante avait été dévolue à Marchand.
Le projet dont nous venons de parler n'ayant pas été mis à exécution , Tinant édita à lui seul en 1836 les matériaux qui avaient été préparés par ces trois collaborateurs.
Sans pouvoir nous flatter d'avoir réuni
les titres de tous ses ouvrages, nous nous croyons en devoir de relater ici la série de ceux que nous avons réussi à apprendre à connaître : De 1825 à 1830, et successivement, il a fait paraître les pièces détachées de vers allemands, Bluethen und Knospen , que nous avons déjà mentionnées. Ces morceaux, il les a augmentés et retouchés pour une seconde édition qu'il a fait tirer en 1843 chez J. Laurent, à Ârlon.
2\ En 1830, Mémoire sur les propriétés nuisibles que les fourrages peuvent acquérir pour difl'érents animaux domestiques par des productions cryptogamiques. Cet ouvrage esi sans contredit celui qui fU le plus de gloire à son auteur, puisqu'il y rend compte d'une découverte importante qu'il a faite pour Vart vétérinaire en indiquant la véritable cause des m€Uadies charbonneuses qui peuvent attaquer le bétail. La gloire de cette découverte en effet, revient à lui seul, puisqu'en France M. Plasse de Niort, qui a écrit sur le même sujet, mais après Marchand, n'a fiiontré dans sa dissertation ni le talent ni la profondeur de notre compatriote. Entre t830 et 1840 : 5"" Verhandiing over de Standel Kruyden van het Groolhertogdom Luxemburg. 4^ De radicibus plantarum ; considérations anatomico - physiologiques sur les plantes, principalement sur les racines et leurs rameaux; Utrecht, 1830.
5^. Mémoire sur la pathologie des parties herbacées des végétaux, et de Tinfluence des difl'érentes maladies sur les fourrages, en donnant les principaux caractères roycroscopiques et de nouveaux détails, ô"" Conspectus Florœ cryptogamicœ magni ducatus Luxemburgensis.
Pendant les dernières années de sa vie il s'occupa également de poésie française ; et à en juger d'après quelques morceaux qui ont paru dans la Revue de Liège , de 1840 à 1843, ses essais dans cette langue ont obtenu quelque succès.
Enfin, 8"" ^ la Bibliothèque de Luxembourg possède de lui une brochure intitulée:
Poetische Versuche. Erstes Heft: Rudolph und Adelhaide, ein Rittergedicht ; vol. in S'', Luxembourg, 1826.
On a beaucoup admiré y même déjà pendant ses années de collège, la fécondité de son talent poétique qui se distinguait surtout par le naturel autant que par les pensées riches et correctement exprimées.
VAsoniAiBB, Dictionnaire des hommes de lettres, lies ssfAnts et des artistes de U Bel^^iqae, Ittl.^ NAHfia, Gatatogns de la Ilibliotb, de Luilirg, 4iS et 755. — TiRAST , Flore lazemboargeoise; préface, 6 —Renseignements fournis par MM. E^iCLinG, Caon- B%CH, père , Stbvbks et Warsa. — Sonvenirs. ~ Programmes de la distribution des prix à rAlhénée de Luiembourg, I881-S5.
MARCHANT , Jacques de , appartenait à la famille de son nom qui obtint dans la suite le titre de Baron puis celui de Comte d'Ansembourg etdu Saint-Empire. Jacques de Marchant était prêtre et curé-doyen de Cou vin. Il est mort en 1648, laissant les ouvrages dont nous copions ici les titres :
1^ Hortus pastorum. Ce livre , dit-on, est encore estimé de nos jours. — f*. Plusieurs commentaires et des dissertations , imprimées en un volume in folio ; Cologne, 1633.
D' N** NiLLBS , Maria , die mœcbtige Patronin sur Eicbc auf dem bl. Berge Moria's bey Ansembourg, 41 et note.
MARCHANT, Lambert-Joseph, né baron de Marchant et d^ Ansembourg , seigneur du dit Ansembourg, Septfontaines, Useldange , Rœrich , etc. créé comte par Lettres-patentes du premier octobre 1749, était fils aîné de Thomas de Marchant, seigneur d'Ansembourg,* £11, Septfontaines, Useldange, etc., fait baron le 10 décembre 1728 , et d'Anne-Marie de Neuforge. Il est né au château d'Ansembourg, en 1705.
Lambert-Joseph de Marchant avait acquis de vastes connaissances et possédait un goût passionné pour les collections archéologiques et scientifiques. C'est ainsi qu'il avait amassé plus de quinze mille médailles tant anciennes que modernes , en or , en argent et en bronzé : la bibliothèque de Luxembourg possède dix-huit volumes in folio qui composaient le catalogue de ce riche cabinet, et encore ce catalogue n'^st pas complet.
Pour former sa collection , Lambert-
Joseph de Marchant ne recula devant au* cune dépense, et il chercha à acquérir toutes les collections particulières qu'il trouvait à vendre. H y fit de cette manière couler enlr'autres la série entière ou au moins presque entière des Pères de Wiltlieim (v. leurs art.}, laquelle avait été achetée d'abord par le Conseiller de Balonfaux (v. son art.) , d'où elle avait finalement passé , pour le prix de six cents écus (2760 francs) à Christophe d'Arnoult, Baron de Meysembourg (v.
son art.).
Non content de recueillir des médailles , le Baron de Marchant avait aussi formé une bibliothèque très riche dont les ouvrages de géographie et de cosmographie catalogués formèrent seuls un gros registre.
Que l'on juge du reste!
Lambert-Joseph de Marchant , qui était passionné pour la science aimait aussi les savants. Ils les réunissait volontiers dans son château-neuf d'Ansembourg qu'il avait fait construire dans le fond , et près duquel il avait établi un jardin immense, orné de statues et de jets-d'eau , et dans lequel il faisait cultiver toutes sortes de plantes les plus rares et les plus belles.
On conçoit facilement que les dépenses énormes que durent coûter toutes ces constructions et ces acquisitions étaient faites pour engloutir une fortune même plus grande que celle que pouvait posséder le Baron de Marchant, qui pendant sa splendeur s'était fait délivrer des Lettres de Comte comme nous l'avons déjà dit.
Aussi finit-il par contracter des dettes qui amenèrent sa ruine ainsi que la vente de ses collections en hausse publique. Quelque temps avant cette vente par autorité de justice, la riche abbaye d'Orval lui offrait encore pour sa bibliothèque seule , la somme de dix mille écus ou 46,000 francs qui avaient été refusés :
Plus tard on ne réalisa plus de ce chef que quatre mille francs! Quant au cabinet de médailles , on n'a pas su ce qu'il est devenu : il aura peut-être passé au creuset de l'orfèvre. Ce qu'il y a de sûr c'est qu'il fut perdu pour le pays, comme tant
d'autres trésors archéologiques qui nous ont été successîTemeot enlevés parce que nous ne possédions pas d'institution nationale destinée à les réunir et à les conserver à toujours à la Patrie : car ce n'est que depuis la naissance de la Société pour la recherche et la conservation des monuments historiques dans le Pays de Luxembourg, à la création de. laquelle nous avons, en compagnie de quelques vrais amis de la patrie voué pendant plusieurs années nos plus constants efforts ; ce n'est disons-nous , que depuis la constitution de cette société nationale que l'on peut espérer sauver du naufrage les débris qui restent encore de notre splendeur historique des anciens âges.
Lambert-Joseph comte de Marchant avait épousé Anne-Catherine comtesse de Velbruck de Garotha ou peut-être de Caroth, sœur de l'illustre prince-évéque de Liège qui fonda la société d'émulation de cette dernière ville. Elle mourut en 1760 après avoir donné à sou époux six fils et autant de demoiselles. Son mari lui survécut de huit ans. Ils reposent l'un et l'autre dans le chœur de l'église paroissiale de Tuntingen , au canton de Mersch, du côté de l'Evangile , sous un monument a leurs armes et portant l'épitaphe suivante :
Hic jacet
IlLUSTRISSIMA AC NOBILISSIMA
Domina D. Anna-Catharina
Sacri Romami Imperii
CoMiTissA DE Marchant
ET d'AnSEMBOURG ,
TOPARCHA IN AnSEMBOURG ,
KoERICH , SiEBENBORN , USELDING , ElX y
[Râler, Berelding, Vancb, Olm, etc.;
EX ANTIQUISSIMA FaMILIA