‹ Biographie luxembourgeoise: histoire des hommes distingues ..., Volume 1Chapitre 4 sur 33 · PRIST PAR LES ARMES CE CHASTEAU DE · texte numérisé non relu

PRIST PAR LES ARMES CE CHASTEAU DE

[Luxembourg

au nom de très-hault et tres-puissant

[Prince et Seigneur

Maximilien Roy des Romains ,

SUR Jean de S' Domarien, Chevalier qui

[pour lors tenant le party du Rot de France et

[des Flamands, l'occupoit contre le susdict Rot des

[Romains.

Cette inscription a disparu comme tant

d'autres monuments historiques qu'un

aveugle et ignare vandalisme a sacrifiés

sans but comme sans motif.

L'empereur Maximilien non content d'avoir cherché à éterniser par une inscription lapidaire ce fait d'armes de Christophe de Baden , le gratifia quelque temps après du Gouvernement civil et militaire du Duché de Luxembourg et lui procura ainsi les moyens de réprimer les attaques incessantes des ennemis de la maison de Bourgogne dans ce Pays. Aussi pendant le grand nombre d'années qu'il occupa les fonctions de Gouverneur, sut-il tenir en respect les seigneurs turbulents après avoir

chfttié les plus rebelles d'une manière exemplaire : c'est ainsi entr'autres qu'il fit déclarer félon le puissant dynaste de Rodemâcher ainsi que ceux de Wiltz y de Pittange près Merscb et d'autres. Leurs biens furent confisqués et n'ont été restitués que plus tard et en partie seulement à leurs héritiers. Pour l'incorrigible seigneur de Rodemacher ses terres lui furent enlevées à toujours et cédées en 1492 à notre Gouverneur de Luxembourg par le« efforts duquel le remuant Gérard de Rodemacher et ses tenants avaient été mis à la raison. De cette époque date la possession par la maison de Baden des seigneuries de Rodemacher ) Richemont, Boulay y Hespérange y Neuerbonrg y Useldange, etc., dans Tancien Luxembourg.

Philippe-le-bel y fils de l'empereur Maximilien ajouta encore aux faveurs dont son père avait comblé Christophe marquis de Baden en lui conférant l'Ordre de la Toison d'or qui était la distinction la plus élevée qu'un souverain d'Espagne pût accorder.

Il parait que ce grand capitaine s'est retiré des affaires plusieurs années avant sa mort, puisque nous voyons en 1521 son fils Bernard (v. son article) lui succéder au gouvernement du Luxembourg , tandis qu'il ne mourut que le 19 avril 1 527. Il y a apparence qu'il fut inhumé dans le caveau de l'église de Rodemacher , puisque lorsqu'on a reconstruit cette église en 1782, on y a trouvé un cercueil de plomb qui renfermait un corps intact , avec ses yétements et ses bottes à l'écuyère et à manchettes : Il portait un pantalon en peau jaune, un gilet de velours sur soie, une espèce d'habit de chasse et un ruban de décoration.

Christophe marquis de Baden avait épousé Odile ou Ottilie, fille de Philippe comte de Catzenellenbogen , qui lui donna une nombreuse postérité : JacqueSy archevêque de Trêves (v. son art.); Bernard, Gouverneur du Luxembourg (v. son art.) ; CharleSy chanoine de Trêves et de Strasbourg ; Philippsy qui fut comte de Spanheim (v. son art.) ; Rodolphe, chanoine de Cologne et

de Strasbourg; Ernest^ tige des marquis de Baden-Dourlac ; Wolf gangue; Marie, abbesse de Lichtenbalt ; Odile^ religieuse; Sy bille, épouse de Philippe III ^ comte de Hanau ; Rosine, mariée à Frauçois-Wolfgaugue comte de Zollern; et fioalemeut Bëatrix, unie à Jean, comte palatin de Simmeren.

MotBa^ II, 16 i et IV, 731. <— Emgblbamt» Ge- ■cKicbte der Stadt a. Fet tnng Laiembnrg. 67« sq. — Catalogiu Gnbematomm Lacilibai^ensiaiii, à la fin du maniuerit des Vin Ulaitret; et le maonterit N^ 5079 de la BîbUothèque de Lnxembonrg — BsanoLiT, Vin, 6 et il, sq.; et IV, antè teztum, XXVI.^JuTiiie, reeeTenr des contribations à Bodc- Bacbert Mémoire statistique et bistoriqae manuscrit — Biograpbie uniTerseUe, III, 198, sq. — FnaasT, m. — JBsanLS, 191.

BADEN, Guillaume^ marquis de, fils d'Edouard marquis de Baden et de Marie baronne d'Alcke-de-lâ-Riyière. Il naquit en 1593 et entra au service d'Espagne comme ses ancêtres. Nous laisserons parler le manuscrit des Viri illustres : « Wil- «belmus Marcbio Badensis ob majores et 4( educationem Unseldingse se gerens pro « Luxemburgense duxit quingentos équités (csub Marchione Spinola in Palatinatum^ « et recuperato a se Marchionatu Badensi ccfundayit colligium societ. Jesu Badense fr et alterum inchoayit Crucinacl in suo ex «duabus quintis Comitatu Sponbeimensi.

a Judex imperialis Camerse Spirensis. »

Il ne sera pas inutile, pensons-nous, d'ajouter ici quelques mots de commentaire touchant la phrase : recuperato marchionor tu Badensi. La mésalliance du père de Guillaume avec une simple baronne , fille du gouverneur de Bréda, fit contester à ce dernier la succession paternelle en Allemagne par ses puissants agnats ; et cette contestation ne fut terminée par sentence impériale à l'avantage de Guillaume et de ses cohéritiers que vingt-deux ans après la mort d'Edouard, marquis de Baden (et père de Guillaume), décédé en 1600.

Philippe IV, roi d'Espagne, créa Guillaume marquis de Baden chevalier de la Toison d'or.

Il mourut à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, le 22 mai 1677 et fut ramené à Rodemacher pour être inhumé dans le caveau

de sa famille. Il a été marié deux fois :

a. en 16^4, à Catherine-Ursule, fille de Jean-Georges, prince de HohenzoUern et de la Rhingraefin Françoise. Cette dame étant morte en 1648, le marquis de Baden épousa : 6. Marie -Madelaine, fille d'Ernest, comte d'Oettingen-Wallerstein, qui mourut le 31 août 1688. Du premier mariage sont issus : Perdinand-Maximilien, qui succéda à son père ; LéopoldrChris*tophe, chanoine de Cologne et de Strasbourg ; Herman , chanoine de Cologne et de Paderborn, puis maréchal de camp, général des armées de l'Empire, Président du Conseil de guerre. Gouverneur de Javarin et principal commissaire de l'empereur à la Diète de Ratisbonne; Bernard; et finalement deux filles. La seconde alliance produisit: Charles^Bemard mort en brave à la défense du pont de Rhinfeltz^ et Marie-Anne-Guillelmine j épouse de Ferdinand-Auguste, prince de Lobkowitz.

Moaaai, U, i6. lY, 6S0. Et VI, 733. - Viri illustres, n, N® 138, — Jinrn«, Mémoire manuscrit. — PaaiR, III.

BADEN, Herman-Forlunë, marquis de, était troisième fils d'Edouard marquis de Baden et de Marie Baronne d'Aicke-de-la- Rivière, conséquemment frère de Guillaume qui précède. Il naquit en 1 596 et fut seigneur de Rodemacher : « Herman- « nus-Fortunatus Marchio Badensis, dit le « manuscrit des Viri illustres, istius Wil- (( helmi (v. son article) frater, Dominus in «Rodemacher et (Jnseldingen , scripsit c( suo aère Legionem Cataphractorum Equi- « tum pro Caesare , interfuitque gravi con- (c flictu ad Brisacum in Alsatia cum duce «de Feria et duce Lotharingias pro quo «etiam alteram scripsit legionem, istius- « que duels militiœ prsfuit aliquamdiu sum- « ma cum potestate. »

Ce prince mourut à Rodemacher en l'année 1665 et y a été enterré dans une tombe distincte, auprès du caveau de ses ancêtres. Son mausolée, en marbre brut assez grossièrement travaillé, représente le Christ ayant à ses côtés le défunt avec sa seconde épouse, agenouillés. On y lit l'inscription suivante :

SbBBNISSIMO PrINCIPI HBRMANlfO-FORTU-

[nato Harchioni Badbnsi btc, IN pRospBRis Mrn, IN adybrsis forti ;

IN SUPBROS PIO, in SUBDITOS BBNIGNOj

IN quoubbt sincbro bt candido; GONJUGI incohparabili,

PRIDIB N0NA8 JaNUARII ANNO ChRISTI

[MDCLXV.,

iETATIS 8UJS LX. y PIB DBFUNCTO BT RBGIONB HUJUS TITULI

[SBPULTO; SIBIQUB TIDUA SUPBRSTBS

D. Maru^-Sidonia, Comitissa Falkbn-

[STBINUNA NATA,

Harchionissa Badbnsis,

FbUX TRIUM FILIORUM bt UNIUS FILIiE

EX BODBM PRINCIPE HATBR^

PONI BT INSCRIBI MOBSTA CURAVIT ;

QUiE ANNO Christi MDGLXXV,

iETATIS SUA LXXV,

pariter pie dbfuncta bideh tithulo il-

[lata.

Pus Manibus Ghristiane lbctor fayb.

Herman-FortuDé marquis de Baden a été marié deux fois: En premières noces à Antoinette de Gréhange, d'où naquirent:

MarieSidonie qui fut Fépouse de Philippe- Fréderio-Ghristophe, prince de Hohcnzollern-Heckingen; et Charles -Guillaume' Eugène, chanoine à Cologne. En secondes noces à Marie-Sidonie^ comtesse de Falkenstein qui repose à côté de lui et qui lui donna : Philippe-Balthasar et Marie- Eléonore-Sophie, unie en 1665 k Jean- François-Désiré, prince de Nassau-Siegen, morte en couches trois ans après. Les noms d6s deux autres fils dont parle Tépitaphe transcrite ci-haut ne sont pas parvenus jusqu'à nous.

Moinu, n, ilS.'Viri iUastref loxembars^eBset, II» N^ iKO.— JmriBc, Mémoire maontcrit — PiBaftKr, m.

BADEN , Jacques^ marquis de, était fils de Christophe, Gouyerneur de Luxembourg (y. son art.) et d'Ottilie comtesse de Gatzenellenbogen. Bien qu'il semble que ce personnage ne soit pas né dans le Pays de

Luxembourg, nous nous croyons autorisé à le comprendre dans cet ouyrage parce qu'il a nécessairement passé une partie de sa yie soit à Luxembourg même , soit dans une des terres que Tempereur Maximilien ayait données à son père. Un autre motif a fini par nous conyaincre : Fauteur des Viri illustres l'a rangé parmi les illustrations luxembourgeoises. Voici le passage qu'il lui consacre : « 1490. Jacobus Mar- » chio Badensis filius Christophori Guber- » natoris et domini Hypothecarii Ducatus » Luxemburgensis , Ârchiepiscopus Treyl- » rensis S. R. L Elector ob eximiam Docx> trinam yitaeque probitatem a Summo Pon- » tifice ad hanc Cathedram promotus. » On raconte en efiet de lui que un jour , c'était en 1 505 , dans une assemblée tenue à Cologne et composée de très-hauts personnages il répondit en latin aux légats do Pape, en français aux ambassadeurs de France, en italien à ceux de Venise , en hollandais à ceux des Etats-Généraux et en allemand à ceux de l'Empire. Il était, ajoute-t-on, aussi habile k la guerre que prélat yersé dan» le Saint-Ministère et instruit dans les connaissances humaines.

Jacques de Baden ayait à peine yingtdenx à yingt-trois ans d'âge lorsque Jean II, né comme lui des marquis de Baden, Ârcheyèque de Trèyes et son oncle, qui se trouyait cassé de yieillesse, le nomma son coadjuteur, le 21 janyier 1493, ayec expectatiye de lui succéder. Jean II étant mort en 1503, le chapitre métropolitain s'assembla sniyant l'usage ; mais il y eut scission pour l'élection du nouyel ardieyéque , la majorité ayant désigné Jacques de Baden tandisque quelques yoix s'étaient prononcées pour Georges , comte palatin, préyôt de la cathédrale de Mayence. Mais le Pape trancha la difficulté en confirmant Jacques marquis de Baden ; Georges eut la générosité bien rare pour cette époque, de céder sans protestation.

Sans entrer ici dans des détails sur la sagesse de l'administration de notre prélat , sagesse dont tous ses biographes s'accordent à faire l'éloge, nous mentionnerons simplement que ce fut lui qui concéda en

1505 à la Tille de Coehem le marché hebdomadaire qui s'y tient encore de nos jours , et qui depuis a acquis tant d'importance.

L'archeféque Jacques de Baden était en voyage pour , par commission de l'empereur j se rendre à Cologne à l'effet de régler quelques différents qui s'étaient élevés dans cette ville lorsqu'il tomba malade , les uns disent déjà à Coblence , les autres à Cologne même , et mourut quelques jours après dans cette dernière ville, le 27 avril 1511, à l'flge de quarante ans.

Sa dépouiUe mortelle a été ramenée dans son diocèse et inhumée dans l'église de S^ Florin à Coblence.

La médisance qui s'attache de préférence il ternir les réputations les plus intactes , a répandu le bruit que ce grand homme aurait succombé aux coups d'un homme de la lie du peuple ^ dans des circonstances peu dignes de sa position: il se serait , dit la chronique de Hesse , introduit nuitamment dans la maison d'un cocher de Coblence dont la fille lui avait inspiré un violent amour , et que le père l'ayant surpris avec elle sans le reconnaître, l'aurait si rudement frappé qu'il en serait tombé dangereusement malade.

Que ne voulant pas rester dans cette ville il se serait fait embarquer de suite pour arriver à Cologne à l'effet de se faire soigner; mais qu'il serait mort en route.

Quoiqu'il en soit de ce conte que nous nous croyons autorisé à traiter de calomnie, il n'y a, que nous sachions > que le seul ouvrage que nous venons de citer et Moreri, qui en porte la relation, tandis que les auteurs les plus graves ne tarissent pas dans les éloges qu'ils donnent à son caractère, à ses mœurs et à sa science.

Vîri iUttttres, I, N^ S9.— MuLtu et Wtttbiibagb, édit. Getloram TreTireniiniii, II, Stfi, iqq. et Annota tionet , 34.— Hoftnit II, itf. — Ab Hohtbuh, Historia Trefirensii diplomatica. II, 49i ad tf84; idem 9 Prodromos Historié TreTirensis , II, 8iS7. — Masen, Epitome AnnaUam TreTireusium , 69i, sqq. — Baowaa, Annales et Antiqnitatea Trefirenset, II 3ii» tqq.— PuaaiT, I, foL LVIII, et III.~GLOntf,

Notes niannaentes.—SBii«BBiiBn6, Select jnr. et histor. (Gbronicon Hassiaeam, c 8i.) V, M8, sq. — Bbr>

TBLS, 19i.

BÂDEN, Philibert f marquis de, était fils de Bernard marquis de Baden, Gouverneur de Luxembourg (v. son artide), et de Françoise de Luxembourg-Ligny , comtesse de Brienne et dç Roucy. Ce personnage choisit la carrière des armes et s'attacha au roi de France contre les Huguenots, comme nous l'apprend l'auteur des Viri illustres: «1569. Philibertus « marchio Badensis Bernardi et Franciscœ « Luxemburgicae Gomitissae ex Ruttich fi- «lius adduxit 6,000 Equitum Germani- « corum Régi Galliae auxilio contra Hu- « guenotas , occubuit ad Monconturum in a prœlio. »

La célèbre bataille de Moncontour a été livrée comme tout le monde sait, le 3 octobre 1569. Philibert de Baden n'était flgé que de 33 ans. Il avait épousé Mathilde, duchesse de Bavière, fille de Guillaume IV de ce nom^ laquelle lui avait donné Philippe, qui fut dans la suite duc de Bavière ; Jaqueline^ mariée à Jean- Guillaume duc de Clèves et morte en 1597 ; Anne-Marie, épouse d'Albert baron de Rosenberg ; ef Marie-Salomé , femme de Georges-Louis , Landgraf de Leuchtenberg^ et morte en 1600. Mathilde de Bavière était morte le 2 novembre 1569, quatre ans avant son mari.

Viri illustres, II> N« i9.-.M[oAiai, U, itf.—

PlBBlBT, m. — BbITILS, 191.

BADEN, Philippe^ marquis de ^ était quatrième fils de Christophe , marquis de Baden (v. son art.) et d'Otilie ou Odile de Catzenellenbogen. Dans le partage de l'hérédité de sa famille il obtint une partie du comté de Spanheim dont il prit le titre qu'il ajouta à son nom patronymique.

L'auteur des Viri illustres verse dans une erreur manifeste quand il avance qu'il fut Gouverneur de Luxembourg après son père. Voici l'article consacré à ce personnage: «1480. Philippus Marchio a Badensis Gomes Sponheimensis Dominus

«in Rodenmacber et Unseldingen filius « Christophori Marcbionis Guberoatoris « Laxemburgensis post patrem ejusdem « ducatus gabernator quintacius Philip- «pi IV. Hispaniarum régis.» II faut lire Charles-Quiat au lieu de Philippe lY, car Cbarles-Quiot a régné entre 1516 et 1556 tandisqne Philipj)e IV ne fut assis sur le trône que de 1621 à 1665.

Nous sommes à nous demander les mo* tifs qui ont fait ranger ce personnage au nombre des hommes célèbres du Pays de Luxembourg, par le grave auteur que nous venons de citer, et que nous avons pris à tâche de suivre dans notre ouvrage, cet auteur qui omet dans sa liste tant d'autres illustrations qui réunissent plus de titres que Philippe de Baden pour revendiquer la qualité de Luxembourgeois? Du reste, pour compléter cet article, nous nous contenterons de transcrire la notice que la Biographie universelle a donnée sur lui :

«Philippe I, marquis de Baden prit part «aux conférences et aux querelles qu'occ( casionna en Allemagne la réformation de « Luther. Il assista en 1521 à la diète de 4(Worms, convoquée par Charles-Quint, «et, en 1526, à celle de Spire en qualité «de commissaire principal. Ce titre lui «donnait, en l'absence de FEmpereur, « l'administration des affaires de religion ; « et c'est sans doute ce qui a fait dire à « quelques auteurs qu'il gouvernait en l'ab- «sence de Charles- Quint. Philippe avait « conclu avec ses frères un pacte de suo- « cession mutuelle qui établissait entre eux «un ordre d'hérédité mâle, à l'exclusion «des filles: le 14 mai 1533, se voyant « sans héritier masculin, il fit à Muhlberg un «testament par lequel il partageait ses « états entre ses frères. »

Nous ajouterons finalement qu'il mourut le 17 septembre de la même année, et qu'il avait été marié à Elisabeth , fille de Philippe électeur Palatin et veuve de Guillaume le jeune , Landgraf de Hesse. De ce mariage naquit une fille qui fut nommée Jaqueline, devint l'épouse de Guillaume le jeune, duc de Bavière et mourut le 15 novembre 1580.

Vin UlostTCf , m, N* 19i. - Moimi, II, 15.— BuTBOuT, IV t Liste det Gonfernean de Laxemboar^r, antè teztnin, XXVI, sq. ^ Liste des GooTer» nenra de Lazemboni^; mannscrit d^Auix. ■■ IViltniuj Bibl. Laxbg., N« 5079. - L'art de Téiifier let dates : Gbarles-Qaiot Empereur et Roi de CastiUe, Arragon, etc., 45S et 88i, sq.— BiograpUe mÛTerselle, III, 196. — PismaiT, lU. — BBaTsu, 191.

BAILLET, famille originaire de la Lorraine et qui a succédé à la très -ancienne maison de Boncourt dont elle a pris les armes : d'azur, à la voile de navire d'or, placée en pal et attachée à une antenne posée en fasce, aussi d'or; au timbre treille de trois treilles; bourrelet et hachements d'or et d'azur; le tout sommé d'une biche au naturel. Et, depuis 1719, l'écu sommé d'une couronne de comte, moderne. Supports : deux aigles simples, au naturel. Par Lettres -Patentes du l"* septembre 1674, la noblesse des de Baillet fut confirmée dans la personne de Maximilien-Antoine, Conseiller et Receveur- Général des domaines aux Pays-Duché de Luxembourg et Comté de Chiny. Cette famille a produit plusieurs illustrations que nous allons successivement passer en revue.

BAILLET, Christophe-Ernest de, n'est pas mentionnée dans le manuscrit des Viri illustres, vraisemblablement parcequ'il florissait après la rédaction de cet ouvrage, on qu'au moins il lui a été contemporain.

Ce grand homme naquit à Luxembourg, le 1^"* septembre 1668, fils de Maximilien- Antoine^ dont il a été fait mention à Tar* ticle précédent, et qui, par Lettres-Patentes datées de Madrid avait vu confirmer sa noblesse.

Christophe-Ernest de Baillet choisit la carrière de la magistrature et fut nommé Conseiller-lettré au Conseil provincial de Luxembourg par Lettres de Charles II roi d'Espagne, en date du 23 mars 1699.

Quelques années après, le 26 janvier 1704^ ses mérites éminents le firent entrer aa Grand-Conseil de Malines oii il remplit successivement les fonctions de conseillermaître-aux-requétes, puis en 1706 celles de Procureur-général, enfin, celles de Président, par Lettres de l'Empereur Charles

VI en date du S août 1716. Lorsque en J718 ce monarque rétablit le Conseil d'Etat^ de Baillet fut un de ceux qu'il appela à en faire partie (10 avril 1718) et le 21 septembre 1725 il le nomma Chef et Président du Conseil privé.

Déjà en 1719, le 10 mars, Christophe- Ernest avait été élevé au rang de Comte de son nom , en récompense de ses services et spécialement de la belle conduite qu'il avait tenue pendant les troubles ar^ rivés à Halines le 13 juin 1718. Les Lettres-Patentes dépêchées à cet effet sont trop flatteuses pour que nous ayons pu omettre d'en transcrire ici un extrait:

ce dans tous lesquels Employs le-

a dit Messire Christophe-Ernest de Baiilet cca donné tontes les marques de zèle et ce d'attachement à notre service notamment c( dans la dernière émotion suscitée à Mate Unes le 13 de Juin 1718 où il montra <( et fit paroitre une constance et fermeté <i toute extraordinaire, et poussé d'un zèle «pour notre service et pour le maintien du « repos publicq et de Tauthorité de la Juste tice, il y exposa plusieurs fois sa vie à « la foreur de la populace, et en effet sa «conduitte en cette occasion nous ayant « esté si agréable et si conforme à notre «attente, et à ce que nous nous promet- «tions d'un bon serviteur et fidel sujet, « nous crûmes convenable et juste de Iny « en marquer , ainsi que nous fismes par «une lettre signée de notre main .Royale «en date du cinquième Octobre 1618 « notre gratitude et le contentement et la « satisfaction que nous avions du nouveau « témoignage qu'il venoit nous donner de «son zèle pour notre service. Pour ce « est il que les choses susdittes considérées, « et ayant particulier égard aux bons et « aggreables services susmentionnés et à la «noble et ancienne extraction, leauté, «expérience, prudence, et autres bonnes «parties qui concurrent en la personne « dudit Messire Christophe-Ernest de Bail- « let, désirant d'en faire quelque demon»- «tration, tant en sa personne qu'en ses «Enfans et postérité, et de l'élever, ac-

« croître et décorer de plus grand honneur, « droits , prérogatives , et prééminences ; «avons de nôtre propre mouvement par « grâce spéciale et de notre certaine sci- « ence, libéralité, pleine puissance et au- «thorité souveraine fait et créé, comme «nous faisons et créons le dit Messire 4( Christophe-Ernest de Baillet, Comte par (cces présentes, ensemble ses hoirs et suc-.

« cesseurs maies et femelles nés et à naître « en léal mariage Comtes et Comtesses se- « Ion le droit de la primogeniture et pour «plus ample grâce et afin de laisser un «plus durable et perpétuel souvenir de «nôtre bienveillance et gratitude vers la «personne dudit Messire Christophe -Er- « nest de Baillet, accordons et consentons « de plus par ces mêmes présentes, qu'au «défaut de sesdits hoirs et successeurs « maies et femelles nez et à naître en léal « mariage, ledit Titre de Comte tombe et « succède sur l'aisné et unique Jean-Bap- « tiste de Baillet, seigneur de la Terre et «Seigneurie de la Tour, scituée en nôtre « pays et Duché de Luxembourg, permet- « tons en même temps de pouvoir appli- « quer ledit Titre de Comte sur telles de « leurs terrés. Biens, Revenus, ou Seigneu- «ries que le dit Messire Christophe-Ernest «de Baillet ou sa postérité possèdent ou « pourront posséder , et cy-après acquérir « sous notre obéissance ; que nous érigeons «des maintenant pour lors en dignité, 4i Titre, nom, cry, et prééminence de Comté «avec leurs appartenances et dépendances « pour de la ditte Erection en Comté avec « le nom et Titre de Comte ensemble des « droits, honneurs , prérogatives y apparue tenants , jouir et user à jamais par ledit « Messire Christophe-Ernest de Baillet ses « hoirs et successeurs maies et femelles nez « et à naître en léal mariage et à ce défaut « d'iceux, par l'ainé et descendans en ligne « Masculine de feu Jean-Baptiste de Bail- « let, frère aisné et unique dudit Messire « Christophe-Ernest de Baillet , selon que

« dit est »

Christophe-Ernest de Baillet était seigneur de Reckange, Strassen et Munsbach,

et moanit à Bruxelles le 2 juin 1732. Noas n'ayons pas pu nous procurer le nom de son épouse ni la liste de ses enfants. Nous sayons seulement que sa fille Anne-Barbe a été alliée au Président Christophe d'Arnoult. Baron de Meysembourg (t. son article), et que sa branche était déjà éteinte dans les mâles en 1744, puisque ses descendants collatéraux ont à cette époque impétré de l'Empereur Charles VI des Lettres de déTolution du titre de Comte en leur CsTeur^ conformément à une des clauses des Patentes du 10 mars 1719.

Nous ajouterons finalement que Fauteur de la Biographie générale des Belges, de même que M. Marcellin La Garde sont dans Terreur quand ils ayancent que Christophe- Ernest, Comte de Baillet serait né au château de La Tour près de Virton , tandisqu'il est prouvé par des actes authentiques, que la viUe de Luxembourg est en droit de reyendiquer Thonneur de Tayoir yu naître dans ses murs.

BBinoi.BT,VIII, 188, et IV, antèteitam.XLVUI.

— Biographie générale de* Belges, 16. — HAftCKui» La Gabm, Notice sur les lazembonrgeoii célèbrct, 58« — Ultblmc, 3S.~Paqust, 80. — Gagbaa», DoeameBtfl inédits concernant let tronbles de 1717, etc.; 45. — Bunm, Trophées de Brabant, III, 45i, tq.; et IV, 514 et 516 « « «. - Eecneil ans Gommisûont, etc., BI~ iiOS, p. fiOi .... ii08, p« 814 ▼"* .... et iiOe, p. iO; anx arcbiTes dn Palait, à Lnzembonrg. — PuaaBT, I, fol. LVIII. — Clowu, Notes biographiques manascrites.

BAILLET, Charles- Antoine-Maximiliens Comte de BaillehLaTour, conseiller intime et chambellan de FEmpereur d'Allemagne, Grand- Croix de TOrdre militaire de Marie-Thérèse , Feldmaréchal des ar^ mées impériales, propriétaire d'un régiment de dragons, Président du Conseil aolique et du Département de la guerre.

Maréchal de la Diète des Etats du Pays de Luxembourg, etc., est né en 1737, au chftteau de LaTour, près de Virton. Il était fik de Jean-Baptiste-Alexandre-Antoine de Baillet, seigneur de La Tour, en fayeur duquel l'Impératrice Marie-Thérèse érigea le 6 mai 1744 la Terre et Seigneurie de LaTour en Comté en lui conférant

cette dignité par déyersion, conformément aux Lettres-Patentes du 10 mars 1719 ^ comme il a été dit à l'article précédent.

Charles-Antoine-Maximilien de BaiUet- La-Tour fit ses études au collège des Jésuites à Louvain et entra ensuite à l'âge de dix-huit ans dans hi carrière militaire avec le grade d'enseigne au régiment de Salm- Salm. Il fut nommé capitaine de grenadiers à lu suite de la bataille de Kolin en Bohême , épisode de la mémorable guerre de sept ans. Son mérite lui yalut un ayancement rapide: il était depuis cinq ans général major lorsqu'il fut enyoyé en 1787 dans les Pays-Bas où yenaient de se manifester les premiers symptômes de la réyolution brabançonne; mais ses efforts n'empêchèrent pas cette réyolution de triompher. Lorsqu'il yit qu'il ne paryiendrait pas à la comprimer il alla rallier dans le Luxembourg les troupes impériales que les patriotes belges repoussaient dn centre du Pays.

En 1790 LaTour, c'est sous ce nom qu'il est généralement connu dans l'histoire, LaTour disons-nous, fut nommé Feld-maréchal-lieutenant par l'Empereur Joseph II et obtint ce régiment de dragons qui deyait rendre son nom si populaire et auquel les archiduchesses remirent un drapeau brodé de leurs mains , portant cette déyise: «Qui s'y Pnom s'y pique ! » Il remporta dans la proyince de Namur une yictoire signalée sur Schœnfeld et Vandermersch , généraux des troupes brabançonnes , yictoire qui contribua puissamment à la soumission des proyinces insurgées.

Sur ces entrefaites l'Autriche déclara la guerre à la France ; ce fut là une nouyelle occasion pour le comte de LaTour de se distinguer : A la bataille de Jemmapes j en 1792 , il soutint pendant plusieurs jours les efforts de l'armée firançaise. Mais à la fin , forcé de céder il se retira sur le Rhin. L'année suiyante il rentra en Belgique ayec Tarmée du prince de Saxe-Cobou^ et contribua au succès de la bataille de Neerwinden. Deyant Maubeuge il ayait

le commandemeiit dePatle gauche deTarmée aatrichienne et se signala le 16 octobre 1793 à la bataille de Wattignies.

L'aonée suivante il se distingua à Landrecies ainsique dans plusieurs rencontres sur la Sambre et reçut Timportante mission de couvrir la retraite de Tarmëe coalisée : il passa la Meuse sans que les Français eussent pu Tentamer. Ils ne Tatteignirent que sur TOurthe^ le 18 septembre 1794) et à Duren le 2 octobre suivant; mais il parvint à ramener assez heureusement son corps d'armée sur la rive droite du Rhin. C'est dans le cours de cette campagne que, menacé par le général Jourdan de voir son château de LaTour détruit s'il bombardait Landrecies, il répondit: Le général autrichien fera son devoir y adviendra ce qui voudra des propriétés du comte de LaTour. L'ennemi exécuta sa menace et se vengea de la prise de Landrecies sur le castel du vainqueur :

le manoir de LaTour fut incendié , et ses mines calcinées sont encore là aujourd'hui qui montrent au voyageur les effets d'une basse rancune que même les lois de la guerre sont incapables de justifier !

En 1795 on retrouve le Comte de Baillet-LaTour avec ses grenadiers , d'abord à la tète du corps d'armée autrichien porté sur le Mein et le Neckar, et peu de temps après il vit réunir entre ses mains le commandement qu'il avait eu d'abord à celui des forces chargées de défendre le Haut- Rhin. Le 11 novembre il s'empara audacîeusement de Franckenthal qu'il sut défendre contre l'armée de Pichegru auquel il tua sept cents hommes et fit trois cents prisonniers. Cinq jours après il occupa Spire et après avoir par d'habiles manœuvres, forcé les français à la retraite il facilita la prise de l'importante ville de Mannheim qui fut obligée de capituler le 22 du même mois de septembre.

Pendant la trêve qui fut conclue en janvier 1796 et qui donna à de Baillet- LaTour quelques moments de repos ^ l'empereur l'éleva à la dignité de Feldzeugmeister. Au mois de mai le maréchal

Wurmser ayant reçu Tordre de se rendre en Italie avec une partie de l'armée ^ le comte de LaTour fut chargé de défendre avec de faibles forces toute la ligne qui s'étendait depuis le Danube jusqu'au TyroL La défection des Saxons et des Bavarois rendait sa position encore plus critique :

aussi ne put-il pas empêcher les Français de passer le Rhin sous le commandement du général Moreau ; et après avoir reçu quelques légers échecs il se retira audelà du Lech. Mais à la nouvelle des succès remportés à Bamberg et à Wurtzburg par l'archiduc Charles qui avait été nommé général en chef de l'armée autrichienne , le Feldzeugmeister de LaTour attaqua l'ennemi à Geisenfeld pour l'âioigner de l'Iser et le refouler jusqu'à Ulm. Le général Moreau se voyant exposé à perdre son artillerie et ses bagages dans le défilé de la Forét-neire prit alors le parti de se replier vers le Rhin ; puis il vint attaquer de LaTour à Biberach (2 octobre) et lui fit essuyer de grandes pertes. Malgré cet échec le général autrichien ne cessa de harceler l'ennemi qu'il poursuivit par la vallée de Kintzig jusqu'à Dillingen.

S'étant réuni le 17 octobre à la grande armée près d'Ettenheim , il commanda le troisième corps autrichien aux combats du 19 et du 20 où l'archiduc rejeta Moreau à l'autre rive de l'Eltz. Il enleva Malterdingers et Kildringen que l'ennemi avait vaillamment défendus et s'empara du pont sur l'Eltz ainsique du village de Demingen.

Moreau continuant toujours sa retraite par la tête du pont d'Hunningen l'archiduc établit son quartier-général à Offenbourg et ordonna à de LaTour d'entreprendre le siège de Kehl. La tranchée fut ouverte le 24 novembre, et le 9 janvier suivant Kehl se vit rédjEiit à capituler.

Ce siège terminé, l'archiduc partit pour Vienne et de LaTour resta chargé du commandement en chef de l'armée autrichienne du Rhin. Il établit son quartier-général à Mannheim et s'occupa activement à réorganiser ses forces affaiblies par le départ des troupes que le prince Charles avait

emmenées pour renforcer Tarmée d'Italie.

Tandisqu'il y travaillait il reçut la nouvelle des préliminaires de Campo-Formio et fut chargé de diriger à Rastadt, au nom de TEmpereur, les négociations avec le général en chef français Buonaparte. Il signa la convention militaire en vertu de laquelle les provinces vénitiennes furent cédées à TAutriche et prit les dispositions nécessaires pour Tévacuation de celles du Rhin.

L'empereur François lui confla en 1798 le commandement en chef de la Moravie et de la Silésie autrichienne^ et le nomma son conseiller intime actuel. Six ans plus tard il fut élevé au poste éminent de président du conseil aulique et du département de la guerre.

La guerre de 1805 donna à de LaTour une nouvelle occasion de montrer son dévouement et son activité. Mais de grandes fatigues auxquelles se joignit le chagrin que lui causèrent les désastres de cette campagne et la perte de son épouse, achevèrent de ruiner sa santé : Il mourut le 22 juillet 1806, à l'âge de 69 ans et fut suivant ses désirs, inhumé à Vienne.

Un de ses fils , le comte Théodore de Baillet'LaTour ^ né le 15 juin 1780, et qui avait été élevé à la dignité de chambellan de l'empereur d'Autriche, Feldmaréchal et ministre de la guerre, a été lâchement assassiné à Vienne pendant les troubles du 6 octobre 1848.

Bio£^rapbie générale des Belges, 16, sq. — Mas- CBLLin LaGaim, Notice sar les luiemboargeois célèbres, 59, 9qq^ — Chaslbs Soudai* m Nicdbswbbtb, Biographie du Comte de BaiUet-LaTour — Dbwbb, Histoire générale de là Belgique; et Histoire particulière des proTinees belgiqnes — Les Belges Ulustres, 1, 370, sqqq.. — GonTersations-Lezikon, édlt de 185 i.

BAILLET, Louis-Willibrorde-Antone, dit de Baillet 'LaTour , neveu du précédent, naquit au château de LaTour le 12 février 1753 et entra au service d'Autriche où il parvint jusqu'au grade de Lieutenant-Général (1796). En 1810 il donna sa démission à TAutriche pour entrer dans Tarmée française oii nous le voyons en 1811 inscrit sur le tableau des généraux de division. Il se retira définitivement en

1814 et s'établit en Belgique. Il est mort à Bruxelles en 1836. Il ne nous a pas été possible d'obtenir des renseignements plus circonstanciés sur la carrière de ce personnage.

Biographie géoénle des Belges, 17.

BALONFEAUX ou BALLONFEAUX,

Jean^eorges de, était seigneur de RoUingen, près de Bous, et conseiller au Conseil provincial de Luxembourg. Sa famille était d'origine française et sera venue habiter Luxembourg à la suite de la conquête de Louis XIV.

Jean-Georges de Balonfeaux naquit à Luxembourg. Il était un des antiquaires les plus distingués de son époque et bien digne de vivre dans la familiarité de Christophe Binsfeld qui devint son beau-père, ainsi que des frères deWiltheim qui furent ses oncles par son épouse Gertrude Binsfeld, laquelle était fille de Marie de WUtheim^ sœur de ces savants, et du dit Christophe Binsfeld.

Nos publications précédentes, de même que les ouvrages de l'évêque de Hontheim ont déjà dénoncé Tacte de vandalisme des Jésuites dé Luxembourg après la mort d'Alexandre de Wiltheim (v. son art.), lorsqu'ils ont jette dans les fondations de leur nouvelle maison les nombreuses pierres antiques que ce savant avait colligées : de Balonfeaux acquit d'eux le cabinet numismatique que les de Wiltheim avaient réuni , et il en enrichit ses collections qui déjà avaient été précieuses. Il avait en oulre^ dit D. Calmet, (écrit lui-même?) trois volumes in folio de Mémoires et pièces concernant r histoire de Luxembourg, de la maison de ce nom, ainsique des Pays voisins, dont Bertholet s* est beaucoup servi pour son ouvrage.

Ce savant a été longtemps en relation de lettres avec le Jésuite Hardouin. Ce dernier a publié leur correspondance dans ses Oeuvres choisies, p. 647, suiv. de l'édition d'Amsterdam de 1709. Cet échange de lettres a même donné lieu entr'autres à la rédaction d'un ouvrage spécial, devenu très-rare aujourd'hui et qui se trouve

k la Bibliothèque de Luxembourg. Il a pour titre : Réponse atujo observations de M. Galland sur les explications de quelques médailles de Tétricus, le- père, et d'autres, tirées du cabinet de M. de Balonr féaux. Luxembourg, André Chevalier;

Jean-Georges de Balonfeaux mourut en 1726 et a été enterré dans l'église d'Oetrange oii Ton voit encore sa tombe en forme de dalle, avec cette inscription :

Hic JACBT

P&fiif OBius ET Clarissimus Vir Jobs-Gsor- [gius de Balonfeaux

TOPARCHA IN RoiXINGEN, SaCR^S CiESAREiE

[Majbstatis m GoNsnjo Ducatûs Luxemburgensis Se-

[nator, Qui obiit 21 junh 1726.

La famille de Balonfeaux , qui ne s^est continuée dans le Luxembourg quant à la lignée masculine que dans la personne des deux fils de Jean-Georges , lesquels de- YÎnrent, Taîné Jean- François, Conseiller au Conseil provincial , le puîné , seigneur de Schrassig , portait : coupé d'argent et de sable, à deux hures de sanglier du second en chef et un pélican à deux têtes du premier en pointe. Supports : deux sangliers.

Ces armes se voient encore audessus d'une porte de jardin au château de Schrassig, qu'on dit avoir été construit par Jean- Georges de Balonfeaux, seigneur de cette terre.

Âpres la mort de sa première femme, née Binsfeld, Jean-Georges de Balonfeaux avait épousé Jeanne-Philippe de Scouville, elle aussi veuve de Jean de Wiltheim, substitut du Procureur-Général au Conseil provincial, puis Conseiller ordinaire au même Conseil. De chacune de ces deux unions naquit un des 2 fils que nous venons de mentionner.

Par son testament Jean-Georges de Balonfeaux légua aux pauvres son cabinet tout entier , avec ordre de vendre le tout

pour le prix en être mis en constitution de rente et les intérêts distribués aux indigents.

L'avocat Pierre Herny, nommé exécuteur testamentaire fit procéder publiquement en la chambre d'audience du Conseil et en présence du Conseiller Lejeune et du Conseiller Procureur-Général de Lanser , à la vente du cabinet , a tant livres (c qu'urnes, médailles, pierres et autres raff retés ». Le tout fut adjugé le 24 octobre 1727 à Messire Christophe Baron d'Arnoult et de Meysembourg , Conseiller d'Etat de S. M. L et C. et Président du Conseil provincial, pour le prix de six cents éctts ou 2760 francs monnaie d'aujourd'hui.

D. Galbbt, BibUothèque Lorraine ; et Hûtoire de Lorrttine, I. col. LlIIt Catalogne alpbabétiipie des écriTains de Lorraine. — Nbtbr, Notice snr la famille de 'Wiltheim ; passim. — Pnblicationt de la Société arehéologiqne de Luxembourg, VI, 63. — BBarBOLir, I; Préface, XXXIV.^NniHAmi; Les antenrt Inxembonrgeob; danti Programme de l'Athénée, i8M» 53; note i> IIP.

BANDE, Georges de^ est né à Luxembourg. Sa mère y Catherine Ferier , fille d'Englebert Ferier , écheyin et secrétaire de la ville et du Comté de Laroche, étant devenue veuve se remaria le 16 juin 1672 avec Gilles de Neuforge-des-Pouxhous, seigneur de ce lieu ; d'oii Englebert de Neuforge, autre illustration luxembourgeoise qui a son article dans cet ouvrage.

Il parait que la famille de Bande qui porte:

d'azur, à une force de tondeur renversée d'argent accompagnée de trois quinte-,, feuilles de même, deux en chef et une en pointe, était de noblesse assez ancienne, puisque par Lettres-Patentes du 10 décembre 1699, un petit-fils de Georges de Bande, nommé François-Eustache, fut créé chevalier : cependant elle est peu connue dans les annales du Pays et semble n'être pas originaire du Luxembourg.

Quant au personnage qui nous occupe ici, nous laisserons pif rler l'auteur des Viri illustres, qui donne sur lui des notions assez précises pour que nous n'ayons pas besoin d'y ajouter d'autres détails. ((1638.

« Georgius de Bande , Engelberti istius —

« a tit Engelberti de la Neuf orge -* uteri- « nos frater, et scriba Lax^mbtirgensis grâce phariae secretarias HUpaniarum régis , a muitis ac yariis legationibus Vieimae apad «Caesarem et in Polonia apad Regem, «( grapharius ordinis aurei Yelleris, iovexit (( in Hispaniam artem fundendi bellica torccmentA ex ferrica) in Torganis loco et «moncipio suarum ofiicinaram aedificayit « Templum sat nobile cojus frontispicii cote lumnœ Trabeato provectiore^ omnia fer^ « rea. Moriens leganC 40^000 pataconom « in fondationem hospitalis pauperam opi- (c ficam sub Directorio PP. Societatis Jesu.» G. de Bande mourut en 1618. Nous deyons croire dès lors que la date de 1638, placée en marge dn manuscrit des Viri illustres est une bute du copiste.

Viri Ulnttret, III, fifte,— Bunourr, Vin, iOO. -* Ultuma. 58. — Uii«BaGav€ft, Dîctiono. bénld. ^ IVobUiaire des Pays-Bas et de Baarfogne; seeaode partie, T. II, 6iS. - Piiaair, I, foL LXIU.

BARTHÉLÉMY, originaire de Weyler, commune moderne de Hachiville au canton de ClerTaux, a été dénommé Villarius de son endroit natal. Il naquit yers la seconde moitié du seizième siècle et entra dans la compagnie de Jésus où il se fit remarquer par ses grands mérites. Ses profondes connaissances le firent donner pour gouyemeur et pour confesseur à Ferdinand d'Autriche qui deyint empereur d'Allemagne sous le nom de Ferdinand II.

Barthélémy de Weyler mourut en 1619^ l'année même oii Ferdinand fut éleyé à l'empire. Voici la notice que lui a consacrée l'auteur des Viri illustres; elle ne nous apprend rien de nouyeau sur ce personnage, mais nous ayons cru utile de la transcrire parceque nous youlons donner l'ouyrage entier dans notre présente publication : ((1619. Bartholomaeus Villarius Ar- « duennas, ex priepositurft Bastoniensi So- «cietat. Jesu, Ferdinandi II Imperatoris « Confessarius et instructor a prima aetate « nsque ad electionem in Imperatorem. «>

Viri iUastres, I. lf« IS9.^ Bbbtrolit, VHI, 197.

BARTHÉLÉMY, Michel, fils unique

de Pierre^ assez riche cultivateur, et de Mai^uerite Agnes ou Agnessen , est né le 17 mai 1703, au yillage de Kaundorf, commune de If echer au canton de Wiltx.

Nous ne sayons absolument rien de la jeunesse de ce respectable ecclésiastique.

Après ayoir acheyé ses études il entra au séminaire de Liège oii il fut ordonné prêtre et deyint d'abord curé à Kaundorf , son endroit natal; il fut ensuite transféré à Berlé, commune de Winseler^ où il mourut le 12 ayril 1843 à l'âge de 80 in»

moins un mois.

Fils d'une bonne maison, il yendit à son départ de Kaundorf son bien patrimonial qui lui rapporta une somme assez ronde, mais qui ne lui fit pas quitter ses idées d'économie et de simplicité yraiment éyangélique. Tout aux soins de sa paroisse il ne s'occupa jamais que de ses ouailles qu'il chercha constamment à instruire dans les yoies du salut ayec cette onction qui sied si bien à un vrai ministre du Christ. Aussi à son décès, on peut le dire , fut-ii sincèrement pleuré de tous.

Nous yenons de dire que la fortune métallique qu'il acquit par la yente de ses biens de famille ne l'éblouit pas comme elle ne lui fit pas augmenter les dépenses de son ménage qui était fait ayec toute la frugalité possible ; il se contentait en efi*et d'un seul mets , épargnant , épargnant toujours, dans un but que personne n'a jamais su déyiner jusqu'à ce que lui-même le mit au jour, et ce fut en 1836, alors qu'il comptait soixante-treize années d'âge.

En cette année il commença à faire des donations en fayeur de l'instruction des indigents dans les écoles publiques ; et en trois ans de temps, c'est-i-dire de 1836 à 1839 ii a distribué dans ce but des capitaux très-considérables entre les yillages des Ardennes qu'il sayait ayoir le plus de pauyres.

C'est ainsi que successiyement il a yersé des sommes très-rondes à Brachtenbach, à Bayigne, à Dabi ^ à Dunckroth , à Eschyveiler, k Goesdorf, à Harlange, à Heider-

seheid, à Kaundorf, àKaatenbacb, à Knaphoscheid^ à Merckoltz, à WUtz, etc., etc., etc., pour servir à rinstmctioii des pauTres et à leur foiumir le matériel nécessaire , aiûsiqae pour soulager les ménages indigents: sa grande fortune, que l'on peut estimer à enyiron quarante ou cinquante mille francs , fut entièrement absorbée par ces libéralités.

Il avait aussi fait un testament dans lequel il demandait à ce que hors de sa succession on fondât plusieurs grands anniversaires; lorsque en 1843, trois mois avant sa mort, voyant les calamités que la cherté des vivres occasionnait pendant cette année peu prospère, il révoqua ce testament, réduisit à des proportions plus que modestes ses fondations pieuses pour le salut de son âme et ordonna que la différence dans les prix fût encore distribuée aux pauvres de sa paroisse, « parcecrqu^il était convaincu, disait-^l, que les «charités faites aux indigents sont tout « aussi méritoires aux yeux du Dieu de a miséricorde que d'autres bonnes œuvres, « et que ces charités produisent même un « double bien. »

Notes eommvniqiiéet. — Foaaatioiit JUraâëmy.— ArekiTet de dÎTenet e«i

Baudouin de Luxembourg; v. LUXEM- BOURG, Baudouin de.

BAUR, Jeaf^Mxchelj né à Auel, le 7 février 1707, s'adonna aux études dans le but de parvenir à la prêtrise pour laquelle il se sentait une vocation particulière. Son père étant venu à mourir sur ces entrefaites, laissant ses affaires dans un mauvais état^ le jeune Baur, forcé d'interrompre ses études faute de moyens pour les continuer, se rendit à Luxembourg et y prit service en qualité de volontaire dans l'armée autrichienne. Peu de temps après il fut nommé officier et accompagna comme adjudant le général comte de Spnri dans la guerre contre les Turcs ou il se distingua autant par son courage que par sa prudence. Spuri ayant été tué dans une escarmouche, Baur se chargea du commande-

ment de son régiment et contribua beau* coup au succès de l'action. La veuve du comte ayant eu l'occasion d'apprécier la valeur et les qualités distinguées du jeune adjudant qui venait de passer colonel, lui offrit sa main qu'il accepta. Ils se retirèrent à Temeswar et il refusa le grade de général avec l'annoblissement. Son épouse étant venue à mourir après six mois de mariage, laissant Baur héritier de ses grands biens, ce dernier vendit le tout et en plaça le Capital à intérêts entre les mains du duc d'Aremberg qui se trouvait en ce moment à Peterswardein, puis se rendit au séminaire de Cologne oii peu de temps après il obtint les ordres.

Il retourna ensuite dans son endroit natal dont il fit reconstruire et agrandir l'église, en partie hors de ses deniers, et y éleva de nouveaux autels. Il y fonda de même un bénéfice pour un ecclésiastique et y annexa une maison pour la demeure du titulaire. Sa maison paternelle fut rétablie à neuf, et le 8 novembre 1778 il constitua une bourse d'études au revenu annuel de soixante-dix écus, 262 fr. 60 centimes, en faveur de ses parents , les plus proches en descendance « issus en première ligne de la maison paternelle ; à leur défaut elle peut être donnée à un jeune homme d'Auel, et finalement à défaut de celui-ci , à un étranger : Le boursier est tenu de réciter tous les jours le petit-office de la conception de Notre-Dame. Il a établi pour collateurs le bénéficier d'Auel et le propriétaire de sa maison paternelle.

En cas de contestation entre ces deux, le gouvernement est appelé à décider. Ce respectable ecdésiasUque mourut dans son vilbge et fut inhumé dans le chœur de l'église sous une tombe sur laquelle on voit deux mains surmontant une rose. L'une de ces mains porte un drapeau sur lequel la rose est reproduite; l'autre une épée croisant le drapeau. Andessus se trouve un calice auquel sont attachées deux atles, et de chaque c6té un crâne funéraire. Tout en haut un cœur transpercé de trois clous. Autour

de ces figares emblématiques on lit l'inscription suivante :

1779. 9. MAY OBIIT A. R. D. MiCHiEL

[Baur hilbs. maritus.

Sacerdos. Fundator

ik auel. r. i. p.

BjnMM, Edition de IXiflia illoitrafo de Sekaa- Mt, in,n, 119, tq.

BAUR, Sébastien de, issu d'une famille noble habituée k Kitzingen^ Tille de Bavière et dont elle avait adopté le surnom, était fils d'un officier au service des empereurs Ferdinand I et Maximilien II, et fut seigneur d'Everlange , de Brandenbourg^ par achat de l'année 1628 des mains de François de Lorraine^ duc de Vaudémont, et d'Esch sur-la-Sûre. Né dans la religion luthérienne, ce personnage embrassa le culte catholique^ apparemment pour entrer au service de l'&rchiduc Albert qui lui confirma sa noblesse par diplôme expédié en 1609 et le nomma colonel d'un régiment de quatre mille hommes.

11 fut aussi gouverneur de la ville d'Oppenheim dans le Palatinat et commanda plusieurs fois à Luxembourg en l'absence du Gouverneur. Sébastien de Baur dit de Kitzingen, était très-brave militaire ; il se trouva à un grand nombre d'expéditions et nommément à la guerre de Bohême où il se distingua infiniment et sut s'acquérir une très-brillante réputation. L'archiduc Albert qui l'aimait beaucoup le nomma membre de son Conseil de guerre.

Les historiens contemporains s'accordent à dire que Jean Beck lui dut sa grande fortune d'honneurs et de titres ; et ce fut peut-être par reconnaissance que ce héros luxembourgeois épousa la nièce de son bienfaiteur, non sa fille comme le manuscrit Blanchard le porte par erreur, parceque cette dame était fille d'un frère de la femme de Sébastien de Baur (v. l'art.

Beck, Jean).

Il avait épousé Madelaine van der Capelle, nom francisé en: de Gapelle, morte

au mois de septembre 1636; d'où un fils nommé Séboitien comme son père et qui continua la lignée des seigneurs d'Everlange , ainsi qu'une fille qui fut dame de Brandenbourg. Sébastien de Baur mourut au château d'Everlange le 22 avril 1622, d'autres disent 1632, et a été inhumé dans le chœur de l'église des RécoUets à Luxembourg.

La famille de Baur, qui est éteinte aujourd'hui , portait: • • • • • a la fasce de ••••., avec 3 étoiles à 6 raies de • . • • . de face^ en chef, et 3 des mêmes, 2. 1. en pointe: Les couleurs ne sont pas indiquées sur la pièce que nous consultons.

Avant de terminer cet article nous devons relever une erreur de Pierrot qui avance que Sébastien de Baur serait né au village de Gœtzingen près de Kosrich, dans le Luxembourg. Cette erreur a été naguère partagée par M' de la Fontaine père. En efi*et, il n'a jamais existé , que nous sachions , un de Baur dans le village de Gœtzingen , tandis que nous possédons une généalogie authentique presque complète des de Baur de Kitzingen , lieu de leur origine. La consonnance relative de ces deux noms aura amené Pierrot à cette faute d'orthographe que nous ne relevons ici que pour empêcher d'autres personnes d'admettre celte erreur pour une vérité.

Les de Baur de Kitzingen sont du reste de proches agnats de la maison de Villers de Burgesch.

Banotn, Vm, 188. — Piniir, I, foLLVIII; et m, 105. — PubUcations de la Société archéologique de Lazeraboarg, IV, 44. N^ 95 et M ; VI, iM; VII, 45, 5111, note, et 8151, sq. — Maniucrit BLAVouLas. —Archives de la Société archéologique de Luxemboiirg.

Bauschletden , François; Gilles; Jérôme et N. de; v. BUSLEYDEN, F...

(j . • . / . • • et iV . • • de»

BEAUFORT, Charles de^ ou de Beffort , fils d'un seigneur de cette ancienne maison, située au canton d'Echternach dans le Grand-Duché de Luxembourg, a

Tëca pendant la seconde mèitié du treizième siècle et la première du siècle suivant. Les historiens ont beaucoup disputé sur le lieu de la naissance ou plutôt sur la famille de ce personnage ; les uns lui donnent la Tille de Trêves pour patrie , les autres les environs de Luxembourg, les autres enfin , et avec raison , le manoir de Beaufort, Belfurt en latin du moyenâge : Nous arrêterons-nous sur la parfaite identité qui existe entre les mots Beaufort^ BolTort , Beffort et Horreum , de Horreo, noms sons lesquels Charles de Beaufort est désigné par quelques chroniqueurs allemands? Il suffira sans doute d'avoir indiqué la chose pour n'être pas obligé d'entrer dans d'ultérieurs détails. Ainsi, c'est une chose absolument arrêtée , que le Carobiê de Horreo, Trevir^ des auteurs , est bien positivement notre Charles de Beaufort , alors du diocèse de Trêves, comme Petrus Aichspalter, Trevir, est Pierre^ né à Aspelt (v. l'article Pierre, dit d' Aspelt) , dans le Luxembourg , de la portion ressortissant dans ce temps au même diocèse de Trêves, non à Trêves même, ni dans une ferme problématiquement homonyme avec Aspelt ou Aichspalt située près de Welschbillig.

Ceci posé et admis , nous allons rapporter la notice que le manuscrit des Viri illustres consacre à Charles de Beaufort :

« 1343. Carolus de Boffort prope Trevia ros ait Munsterus , in Ducatu Luxembur- «gensi hodierno XIII Magnus Magister ttordinis Teutonici in Proniâ œdificavit « Ghrist-Memmel. x>

La date placée ici en marge, sans doute pour indiquer celle du décès de ce Grand- Maitre de l'Ordre Teutonique , est erronnée. En effet, il périt en 1323 , pendant une irruption qu'il venait de faire dans le pays de Medenike oii l'ennemi lui avait coupé le retour et le saccagea avec la plupart des siens. Baersch nous apprend qu'il doit avoir été inhumé à Trêves dans l'église de son ordre , où sa tombe aurait encore existé sous l'administration française. Il avait été élevé à la grande-maîtrise en

1312, et eut en entrant en fonctions de .grandes contestations avec les archevêques de Gnesnes et de Riga , contestations qui furent néanmoins décidées par le pape en faveur de son ordre.

La construction de Christ-Memel , sur la rivière de ce nom en Lithuanie , date de 1323, l'année de sa mort.

La maison de Beaufort , qui porte : d'or« au chef de gueules, comme Wiltz dont elle est issue, a ajouté à ses armes primitives un lambel d'argent à cinq pendants, pour indiquer qu'elle est en ligne cadette.

Son nom et son lustre subsistent encore aujourd'hui en Belgique.

MoMM, VI, 665. — Paouit, 84. — Bbithoir, YI, 48.*PinuT, I, foL UX; UI, 41, tq.-lUiiMcrltf CLOHBt. » Viri lUiutret 1, If® 18. — L'Art de Tcrifierles dates; édit de 1770, p. 908. — BiSiMi, Mn ëdition de VEiAim illustrtta. II. II, 3951*.

BEAUSSANT, N. de, natif du Luxembourg aujourd'hui belge, ne nous est connu que par la mention d'une fondation qu'il a faite en faveur de l'instruction publique.

Thom, Exposé de U situtioB d« LnzemlMMiri^ Kelge, 1834, p. JS7.

Becamus, Théodore-Otlon; v. BECK, Théodore-Otton.

BECK j Jean, Baron de, une des plus belles illustrations dont la ville et le Pays de Luxembourg puissent s'honorer, naquit comme Jean, comte d'AIdringen (v. son article) en l'année 1588, dans une des villes basses de Luxembourg, nommée Grund. Ces deux éminents personnages eurent de commun entre eux que, venus au monde pendant la même semaine et dans la même localité ils ont eu le même parain ; sortis tous les deux de la classe bourgeoise la moins aisée , ils se sont , l'un et l'autre élevés au plus haut rang d'honneurs et de position sociales auxquels il puisse être donné d'aspirer:

ils sont l'un et l'autre morts en braves.

Nous transcrirons d'abord l'article que le manuscrit des Viri illustres a consacré au personnage qui nous occupe:

«1647. Joannes Beck a Ferdinando II « Caesare creatus Baro a Beck civis Luxem-

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