BO
ffburgensis %m Grundt filias eâdem sep- « timaoa eodem in foote Baptismatis eodem «a patrino susceptus quibus Joannes co- « mes ab Aldringen uti ille aliqaaodo Cs»asari: primum ex Tabeliario Equestri et «deinde e Tribuno militari geoeralia a^icarias Militiae Cassare» cis- Rhénans «unde dox snpremus Hispaniae in Belgio «et ob Aream recuperatam sosemet pa- «tris gubernator. Lœsus in pugnâ ad « Lindium lethaliter et a Galiis qnia pedi- 4(t«tim deserere notait captus, mortuos 4( est ex Yolnere Atrebati et relatum corpus 4(Luxemburgum in sepuicrom ei curatum «a conjuge Catharina de Capella apad « Franciscanos in sacello eidem ab eadem « œdificato. Ipse vivus sedificayerat aliud «in Dominii sui Beffort. Hor-
4( tuum luxit totum Romanorum Imperinm « et Hispanias Regnnm. »
Les commencements du Général Baron de Beck sont diversement rapportés. Son père, dit-on, avait nom de Paul Beck et était messager à cheval ou courrier du Conseil de Luxembourg au Grand-Conseil de Malines. Il habitait une des basse-villes de Luxembourg. Quelques biographies avancent que Jean Beck fut d*abord pâtre, ce qui ne nous semble guère vraisemblable puisque déjë à Fâge de 13 ans il embrassa le parti des armes et quMl se trouva entre 1601 à 1604 au siège d'Ostende.
S'étant dégoûté de cette profession , il prit en 1610 celle de son père que la mort de celui-ci avait laissée vacante. Dans cette position, ajoutent quelques personnes, il se maria à une marchande de pommes dont4'humeur acariâtre Faurait forcé à la quitter pour aller s'enrôler dans un régiment d'infanterie allemande, abandonnant femme et enfants. Mais ces derniers récits sont absolument dénués de vraisemblance lorsqu'on les compare aux faits positifs que nous possédons. En effet, personne que nous sachions ne lui a jamais attribué deux mariages; or la seule femme qu'on lui connaisse se nommait Catherine van der Capelle , dont l'origine noble est
suffisamment prouvée par les alliances contemporaines de ses agnats — ^parmi lesquels nous citerons entr'autres Sébastien de Baur (v. son art.) , seigneur d'Everlange , Esch et Brandenbourg — pour que ridée ne puisse venir à personne de vou* loir Caire de cette dame une marchande de pommes. On pourrait cependant objecter que Catherine van der Capelle a pu être une seconde épouse , prise après le décès de la première , dont le nom ne serait pas parvenu à la postérité. Nous répondrions alors que les cinq enfants que nous con* naissons à Jean Beck ont eu cette dame pour mère et que aucune mention n'a jamais été faite d'autres enfants dont ce personnage aurait été le père. Ainsi disparaissent ces contes creux qu'on se plait tant à débiter sur les premières années de la vie de ce grand homme dans l'intention sans doute de rehausser sa gloire en brodant sur l'exiguité de ses prémices.
Quoiqu'il en soit il quitta bientôt l'emploi de messager pour reprendre du service militaire avec le grade de quartier-maître dans le régiment de Sébastien de Baur de Kitzingen où ses heureuses dispositions se développèrent rapidement et où sa bravoure ainsique son excellente conduite lui valurent le grade d'officier qu'il obtint en 1617 , alors qu'encore il n'était âgé que de vingt^neuf ans. Cette circonstance est une nouvelle preuve du peu de fondement que peut avoir le conte qui se débite d'un mariage qu'il aurait eu contracté avant de redevenir soldat. En effet, nous savons tous combien il devait être difficile à cette époque , pour un roturier sorti des rangs les plus infimes de la société, conséquemment sans grande instruction peutêtre, de parvenir au grade d'officier; il fallait pour cela un service d'un assez grand nombre d'années; et alors, à quel âge aurait-eu lieu ce premier mariage de Beck avant sa rentrée à l'armée ?
Beck assista avec le grade de capitaine au siège d'Anvers où il se distingua dans le régiment de Berlayroont. De là il fut envoyé en Bohême où en 1618 son in-
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telligeoce et sa perspicacité lui firent saisir les fils de la conspiration qoi se tramait à Prague contre l'Empereur et contre la Maison d'Autriche. Son dévouement lui fit dénoncer ce complot, et de ce moment date Tériiablement le commencement de sa fortune militaire comme des honneurs dont le combla la Cour d'Allemagne. Ces foyeurs furent encore redoublées lorsqu'on sut ayec quelle magnanimité il avait à cette occasion refusé les brillantes propositions de Wallenstein : Ce trait de fidélité fut du reste récompensé par des lettres de noblesse et le don de la belle seigneurie de Wydimb en Bohême.
En 1620 il passa dans le Palatinat avec le grade de lieutenant-colonel toujours dans le régiment commandé par Sébastien de Baur qui fut plus tard son oncle par les femmes: il est même à croire que le mariage de Jean Beck date de cette époque oii il aura fait la connaissance particulière de son chef.
Entré plus tard au régiment du comte de Sultz il fut, après la mort de celuici nommé colonel-propriétaire de ce corps à la tête duquel il se distingua à la bataille de Nuremberg contre Gustave roi de Suède ; ensuite il ne contribua pas peu à faire lever le siège d'Ingolstadt et défit une partie des troupes de l'armée suédoise au passage du Lech.
Monté rapidement de grade en grade , Beck fut en 1636 nommé maréchal de camp et en 1642 major-général de bataille ainsique gouverneur civil et militaire des Pays-Duché de Luxembourg et Comté de Chiny en remplacement de Philippe-Thierry, comte de Manderscheid-Blanckenheim et Keyll.
On raconte que pendant qu'il faisait son entrée solennelle à Luxembourg, sa femme qui était assise à ses côtés lui rappellant la bassesse de son extraction, aurait demandé ce que pouvait bien penser la populace en le voyant au milieu de ce brillant cortège, lui qu'on avait vu précédemment avec le chétif accoutrement de messager ? Beck aurait donné cette réponse
qui est devenue proverbiale dans le Luxembourg : quand la boue devient fumier elle veut ilre charriée.
L'administration de Beck à Luxembourg n'a laissé aucun souvenir odieux.
En 1640 Feuquières, général français était venu investir la ville de Thionville qui dans ce moment n'avait pas de gouverneur, ou plutôt dont le gouverneur Jean Baron de Wiltz était momentanément absent, presque point de garnison et se trouvait entièrement au dépourvu. Dans cet état elle eût pu être promptement enlevée ; mais Feuquières avec une lenteur que tous condamnent, laissa à Piccolomini général espagnol le temps d'accourir de Bastogne au secours de la place menacée :
Beck commandait l'avant-garde espagnole et sut si bien combattre qu'il mit l'armée française en déroute complète , le 7 juin, dès six heures du matin , après lui avoir tué six mille hommes et fait trois mille prisonniers. L'année suivante (1641) nous voyons Beck tenter, inutilement cependant, de secourir Ârras ; mais en revanche il reprit le 7 décembre la ville d'Aire que le maréchal de Meilleraye venait d'emporter le 19 mai précédent. Le 26 mai 1642 il combattit à Honnecourt et sut par ses habiles manœuvres mériter les honneurs de cette grande journée, bien que l'adulation eût tenté pendant quelque temps de l'attribuer au Gouverneur- Général des Provinces belges. Don Francisco de Melo.
Après cette bataille Beck resta dans l'Artois et dans le Hainaut pour veiller à la conservation de ces provinces qui étaient continuellement menacées. Depuis lors, disent les historiens militaires y ce général fut presque constamment malheureux dans ses entreprises , bien que pour les mener h bonne fin il s'exposât toujours généreusement lui-même aux dangers.
Enfin la conduite que le Baron de Beck tint à la célèbre bataille de Lens le 20 août 1648 ainsique les circonstances de sa mort surtout, ont rendu le nom de ce héros célèbre et justifient pleinement l'auteur des Viri illustres quand il dit que sa
perte fut pleurée par TEmpire d'Allemagne et par TEspagae entière : rarchiduc Léopold Gouyerneur des Pays-Bas commandait Tarmée d'Espagne et le Grand Condé Tarmée française. La Tille de Lens était tombée aux mains du général de Beck auquel Tarchidnc avait confié le commandement général de ses troupes pendant qu'il était allé à Bruxelles pour quelques jours.
Léopold venait de rentrer au camp et était à peine descendu de cheval lorsqu'il apprit que Condé s'avançait à grands pas vers Lens pour lui livrer bataille. Comme l'archiduc avait dix-sept mille hommes et que son adversaire n'en comptait guère autant, il l'attendit de pied ferme. De Beck voyant l'arrière-garde française éloignée du corps de bataille se mit en devoir de la charger brusquement et la mit en fuite : il faillit même faire Condé prisonnier. En présence de ce premier succès il conseilla à Léopold de quitter la position qu'il occupait pour engager une bataille générale. Condé de son côté , ordonna aux siens de recevoir le feu Espagnol avant de tirer; un grand nombre tomba; mais les autres ne donnèrent pas aux ennemis le temps de recharger leurs pièces : ils s'élancèrent sur eux avec tant d'impétuosité qu'ils détruisirent leurs lignes et leur firent essuyer la plus désastreuse défaite qu'ils eussent subie depuis Rocroy. Le général Beck fut blessé; et comme il ne voulut point fuir avec les autres il fut fait prisonnier. Lorsqu'il se vit au pouvoir de l'ennemi il manifesta le regret de ne s'être pas fait tuer dans la mêlée et déclara qu'il ne voulait pas survivre à la seule bataille rangée oii il eût été vaincu. En effet il refusa obstinément de se laisser panser ; et ses plaies, peu dangereuses d'abord, finirent par se gangrener faute de soins : il expira en vrai héros, dix jours après le désastre, le 30 août 1648, k Arras oh le vainqueur l'avait fait transporter.
Son corps fut ramené à Luxembourg ou sa veuve le fit inhumer avec tous les honneurs dus à son rang et à sa bravoure. Il fut placé dans le caveau qui se trouvait au-
devant de Tautel dédié à la S** Vierge, dite de la conception , dans la nef de gauche de l'église des Cordeliers de cette ville.
Le général baron de Beck avait fait ériger cet autel à 'ses frais : La statue de la S^ Vierge est en bois et d'un bon travail. Il a en outre un très-médiocre tableau représentant la Sainte-Famille , avec les armes du pieux fondateur. L'autel dont nous parlons ici, sert aujourd'hui de maitre-autel S l'église d'itzig, commune de Hespérange.
Le vandalisme des sans-culotte a détruit la tombe du général avec son épitaphe, avant même que d'autres vandales ne soient venus troubler et disperser sa cendre.
Le général baron de Beck qui, outre ses emplois militaires et son gouvernement de Luxembourg avait obtenu le titre de Chambellan de l'Empereur, avait poussé le patriotisme et l'amour pour son souverain si loin qu'il fit en 1647, une année avant sa mort, convertir en caserne le château-neuf qu'il avait fait construire à Beaufort et mettre en état de défense pour en faire une forteresse contre Tinvasion étrangère le vieux manoir à tourelles gothiques et à enceintes gigantesques , placé à côté.
Cette seigneurie de Beaufort, le baron de Beck l'avait acquise le 17 novembre 1639 de Gaspard du Bost-Moulin, pour la somme de cent dix-mille, huit cent soixante-quinze florins Carolus.
Nous avons dit plus haut que le général Beck avait été créé Baron de son nom. On raconte à ce sujet une anecdote que nous nous voyons engagés à consigner ici, bien qu'elle n'ait aucun fondement historique.
Un jour, dit-on, c'était en 1637 ou suivant d'autres en 1640 , un jour on parlait à la cour de Vienne des exploits de notre compatriote, mais surtout de sa courtoisie et de son imperturbable sangfroid pendant les combats, lorsqu'une dame de haute lignée, qui se targuait sans doute de ses nombreux quartiers , vint à dire devant l'empereur: «Quel dommage que ce gé- « néral ne soit pas au moins chevalier ! »
Ferdinand II ne répondit rien pour le moment; mais le lendemain il fit expédier
dans la meilleure forme des Lettres de Baron héréditaire du Saint- Empire Romain, pour Jean Beck et ses diBscendants légitimes, avec rétroaction des prérogatives attachées a cette dignité sur quatre degrés d'ascendance, afin de le faire comprendre d'emblée au rang de raocienne noblesse d'estoc et participer à tons ses priyilèges ; le tout avec octroi des armes suivantes : Ecartelé. Aux 1 et 4 d'or, à l'aigle simple, éployé de sable ; aux 2 et 3 échiqueté d'argent et de gueules, simulant une muraille de ville forte ; au chef de gueules, chargé de trois étoiles d'or, rangées en face. Sur le tout : un écu d'or, à l'aigle de sable, éployé et à deux têtes, couronné d'une couronue impériale d'or.
Cimier: à dextre l'aigle des 1 et 4, à sénestre une muraille surmontée d'uoe étoile d'or. L'écu posé sur un faisceau de drapeaux noir et jaune, rouge et blanc.
Nous avons dit que l'anecdote que nous venons de rapporter n'a aucun fond historique. En effet, il est constant que les Lettres-Patentes de Baron, en date du 18 avril 1637, ne furent délivrées à Jean de Beck qu'en récompense des avantages nombreux qu'il avait remportés sur les ennemis de Tempire et nommément pour la valeur qu'il avait déployée au siège de Ratisbonne.
Beck laissa cinq enfants ; deux fils :
Jean^Georges I, dit Gérard^ et Jean- Georges II; ainsique trois filles : Marie- Sidonie, Àppoline et Marie- Reine, qui éUit l'aînée.
Cette famille s'est éteinte dans les mftles après la quatrième génération.
Avant de terminer cette notice nous éprouvons le besoin de reproduire sommairement les preuves que Monsieur WQrth- Paqnet, Président de la Cour supérieure de Justice et ancien Président de la Société archéologique du Grand-Duché de Luxemboui^ a données dans le septième cahier des Publications annuelles de cette société savante, p. 207 à 211, pour rectifier une bonne fois l'erreur de certains biographes trop superficiels qui ont fait naître ce grand
homme à Bastogne , voir même quelquesuns en Lorraine.
A défaut de registres baptistaires, de cette époque même et qui renfermeraient l'acte de naissance de Jean Beck, dit à peu près ce savant infatigable — puisque les actes de cette nature pour la paroisse de Munster (Luxembourg) ne commencent qu'à l'année 1630, — nous citerons deux passages d'ouvrages très -sérieux et pour ainsi dire contemporains, c'est-à-dire écrits l'un en ou vers 1670, l'autre vers la même époque , peut-être encore avant cette année puisque la dernière date qu'il donne est de 1656. Ces deux manuscrits ont donc été rédigés du vivant même des enfants du général luxembourgeois , ils ne pouvaient renfermer une fausseté qui n'aurait certes pas manqué d'être relevée. Or, tous les deux s'accordent à affirmer positivement que Jean Beck est né au Grund, basseville de Luxembourg. L'un de ces ouvrages est le manuscrit des Viri illustres qui sert de base à notre présent travail et dont nous avons copié le passage concernant en tête de cet article. L'autre a pour titre : Res HUNSTERiENSEs; c'cst-à-dire Histoire de l'Abbaye de Notre-Dame de Luxembourg, dite Munster. Il s'exprime en ces termes :
«Henricus Suynen^ abbas munsteriensis
a consecratns est Adstiterunt Agri-
fttius Reckingen, D. Maximini, Laurentius « de la Roche, Aureae-Vallis abbatibus, et « Joannes a Beck, Luxemburgensium Proie pugnator, vir billi ac pacis artibus claris- « simus, patrias pater et incomparabile or- «namentum.» Puis la note 113: «Joân- « NES A Beck qvo pâroeciano suc Muns-
ttTERIENSES, NON MINUS QUAH PAROECIA
«D. Udalrici SUIS Aldringbris gloria- «TUR ET GLORiABiTUR, coquc amplius , « qnod horum virtus procul a patriâ eam «duntaxat ornaverit; illius non modo in ((patriâ illustrandâ sed etiam adjnvandâ, « demi felicis una desudet industria. »
Une autre preuve plus directe encore si cela était possible , vient d'être découverte par M. Weyer, secrétaire communal de la ville de Luxembourg. Elle a été
consignée par le savant M. de la Fontaine, père , dans le XIP Tolume des publications de la Société archéologique de Luxembourg. Elle consiste dans la rencontre d*un acte couché en un registre de mariages de la paroisse de St. Nicolas, à Luxembourg. Nous allons le transcrire textuellement : « i 684. — November 26.
« Contraxerunt Matrimonium in templo Re- « ligios. Congrégation, hîc in urbe 111""* « ac gen' D"*' D. Engenins Âlbertus Baro «de Beck astatis.... annorum, D""* in « Beaufort et filius legitimus lir^ ac Ge- « ner"" D"* Joh. Georgii Baronis de Beck « Equitis ordinis militaris S'* Jacobi , cott lonelli in serritio hispanico qui fuit filius (c magni illius generalis de Beck civis na- « Ti Hic LuxEMBURGi , ctc. ct D"* Auuae- (c Ânthonise de Daun conjugum et Nobilis «ac Iir* D'*^ Anna de Bœtzeler Consiliarii « regii curtœ togse et D"* Evœ d'Argen- « taux. Testes , etc. »
Or, comme Tacte même le dit, cette pièce a été rédigée du vivant d'un petit fils du grand gouyerneur , et en sa présence. Elle a même dû être lue par lui ; comment voudrait-on dès lors soutenir qu'il eût consenti à ce qu'elle portât une allégation fausse dans les qualifications.
Il devait cependant savoir parfaitement le lieu de naissance de son grandpère dont la biographie entière lui était naturellement connue ? Le curé lui-même qui a rédigé le document , pouvait encore avoir été un contemporain ou à peu près, de Jean de Beck qui n'était mort que depuis 36 ans. Si donc on veut encore récuser ces témoignages , rien n'empêchera de nier tous les faits historiques sans exception aucune.
Ajoutons enfin à ces actes qui sont probants pour nous, et outre ce que rapportent la plupart des chroniqueurs luxembourgeois, nous dirons même tous les contemporains, ajoutons qu'une tradition constante du fait s'est conservée dans le quartier 4e la ville-basse du Grund^ nommé le Rham, oii Pon tient que fut sa maison paternelle.
Viri illnuUes II, N* 157. — Lucai Nimaoou, Bes mansterientes ; à la BibUoth. de Laxemboarg , NO lS4«-P»EaBT, I, fol. LIX.-M0UE1, Snpplém«iitf I, 711. ~ BcMTBOunr, IV, aiitè teztiim, XXVII; et VIII, 188. — Makgblu* La Gakm, Notice sur les Ittzrinboargeoû cëlèbrei, 86, sqq-s et HUtoire du Dneliéde Lazemboorg, II, 155, note. — De la Bamb- MouTVAn, Itînéndre du Lazembotti|^ germauque, 973, sqq. — Biograpble gëBënle dee Belgee, 83. — Pablieationf de la 8oeiété arebëologiqtte de Laxeaiboarg, VI, 189, aqq.; VII, 807, sqq. et Xn, 146 aqq. — WiLHaLHVs a IVilthbih, Dûqaisitioaef antiqaariae Historin LuzembargeiiMa, lib. II, c« VI, § 8.
— Ui.TniMc, 37. --PAOoaT, 56. — NAav, Mëatoirct bûtoriques et politiques sur les Paya-Baa aatricbiens, I, 88. — TsiMisa, Hiatoire de TbionvUle, 116, sqq. — Gesta trerirorain, III, 8^. — Aa HoarKCM, Prodronns Historise Trerirensis, II, 880.»IIbwbs, Histoire générale de la Belgique, VII, 16. — Cbroniqne luxemboargeoise mannscrite, à la BibUotbèqne de la Société arcbéologiqne de Lnzembourg, p. 485.
— Les Délices des Pays-Bas, III, 178 et 105.— Hommes illnstres des Pays-Bas, I, 38. — Coostiii, Encyclopédie moderne, HI, 838. — Mannserits Cuo- ■as — Da LA FoaTAïaa, Notes sur J. Beck ; dans Pnblications de la Société arcbéologiqne de Lnxembonrg, T. XII et XIII.
BECK, Jean-Georges I, dit Gérard y Baron de, fut sans doute un de ces personnages auxquels le lustre du père donne nne auréole éphémère de gloire que l'histoire oublie bientôt. Et ce fut Traisemblablement sous Tinlluence de ce sentiment momentané de considération de &mille que Fauteur du manuscrit des Viri illustres, qui a écrit pendant les premières années de la seconde moitié du dixseptième siècle, lui a consacré la notice ce qui suit: 1640. Joannes-Gerardos Baro a a Beck Joannis Gubematoris filins Lnx- (c emburgensis Dominus in Beffbrt Tribuanus legionis Germanetum et aliquando «urbis Luxemburgensis patriœ suae pro « pâtre militise absente commendans , nxor «illi Odilia Huart, filia Caspari Huart^ «prœsidis Luxemburgensis, occubuit ia « oppugnatione arcis. »
Gérard de Beck était fils atné du célèbre Baron Jean de Beck dont nous ayons parlé à Tarticle précédent. Comme son père, il embrassa la carrière militaire et parvint jusqu'au grade de major ou de colonel d'un régiment Haut-allemand dans lequel il trouva la mort devant la ville d'Aire.
Jean-Georges I de Beck, dit Gérard^ a^ait été admis au Conseil proTincial de Luxembourg en qualité de Conseiller noble ou de courte-robe. 11 ne laissa aucune postérité de son épouse, Odile d'Huart, fille du Président Jean-Gaspard d'Huart (y. son art.) et de Hélène de Cymont. Son corps fut embaumé et ramené à Luxembourg pour être déposé dans le caveau de sa famille. Il était enfermé dans un cercueil de plomb, comme celui de son père ; une inscription qui y était attachée, portait ces mots :
Ici rbpose Messirb Jban-Gborges Baron de Beck et de Bbaufort Seigneur de Wiedimb, Heringen ET FosGAs Chevalier de l'Ordre militaire DE S^ Jacques Du Conseil de Guerre de Sa Majesté et Colonel d'un Régiment d'infanterie Haut- Allemand QUI MOURUT LE VIII NOVEM- BRE 1662. R. I. P.
Nous nous voyons engagé à entrer ici dans une digression généalogique qui nous parait intéressante au sujet d'une alliance d'un des membres de la famille de Beck, parceque jusqu'ici les descendances de cette famille ne sont pas encore positive^ ment établies. Dans la notice généalogique que Monsieur Wiirtb-Paquet a fait imprimer dans le T. VII , p. 21 1 des Publications de la Société archéologique de Luxembourg, il établit que Jean, Baron de Beck avait épousé Catherine van der Capelle ; que son fils aine, Jean-Georges, dit Jean- Gérard, auquel cet article est consacré, avait été marié à Odile d'Huart qui lui a survécu, et que son second fils, aussi nommé Jean- Georges l'avait été à Anne-Antoinette, comtesse de Daun, que également il a laissé veuve. Cependant Pierret, III, 196 de notre copie ^ et d'après celui-ci Bertholet, VII, 130, disent: «L'an 1608 « mourut Gérard d'Enschringen, fils de Lu- «dolphe d'Enschringen et de Marguerite «comtesse de Manderscheid, qui d'Ursule «de Braunsberg son épouse procréa Anne^ (iModelainê d'Enschringen, son héritière.
alaqwlle fui mariée Van 1621 à Jean a Baron de Beck et mourut l'an 1641.
« Cette Anne-Madelaine avait eu une grande « tante nommée Jeanne d'Enschringen, ma- «riée à Jacob de Loutzen, dit Roben.»
Cette mention est absolument trop positive pour qu'elle puisse n'être pas vraie.
Le fait du mariage d'un Jean , Baron de Beck avec Anne-Madelaine d'Enschringen semble donc établi. Mais quel fut ce Jean ?
Evidemment ce ne fut pas le général^ouverneur, puisque Catherine van der Capelle vivait encore au décès de celui-ci , le 30 août 1648. Les deux fils connus de ce Jean avaient bien chacun le nom de Jean au nombre de leurs prénoms; mais ils n'étaient pas appelés par ce nom, l'un étant connu sous celui de Gérard (Jean-Georges I) , l'antre sous celui de Georges (Jean- Georges II). On pourrait dès -lors être porté à croire que le général aurait eu un troisième fils, nommé simplement Jean et que celui-là aurait été l'époux de Anne- Madelaine d'Enschringen : Cependant la chose , pour, être vraisemblable n'est pas historiquement démontrée , puisqu'il ne nous reste aucune donnée sur ce Jean supposé^ ou soupçonné par induction.
Si d'un autre côté on voulait admettre que cette Anne-Madelaine d'Enschringen aurait été la première femme d'un des deux fils de Jean Baron de Beck, nous nous verrions forcé de refuser absolument la possibilité de la chose quant à Jean<- Georges I , dit Gérard , puisque déjà avant 1641 il était marié à Odile d'Huart, tandisque Anne-Madelaine d'Enschringen n'est morte qu'en cette année, au rapport de Pierret. Ce que nous venons de dire ici est principalement destiné à rectifier une erreur commise par nous dans la généalogie de la famille d'Huart; v. Publications de la Société archéologique de Luxembourg, T. X, p. 1 18 , et note de la même page.
Viri niastres II , Ti^ 170. — Pablicationi de la Soeiété archëologiqve de Luxembourg, VII, 811 ; et X: NiTiw, Généalogie de la famille d*Haart; fi^ 5 an 8< Degré, et notea; p. 118 et notes.— MiajAi, manntcrits, XXIV.
BECK, peut-être BECKX^ nom latinisé en Becanus, Théodore, ou Théodore Otton^ jésuite , né dans la province de Gueldre et profès de la maison de Groningue, fut chassé avec ses co-religieux par Tédit de proscription lancé par les Etats-Généraux des Provinces-Unies contre les catholiques.
Il vint à Luxembourg le 14 août 1594 avec son provincial et trois autres Pères de sa compagnie pour reprendre la mission commencée en 1586 par les Jésuites de Trêves , et fut assez heureux de réussir par ses prédications à persuader au Conseil provincial de donner les mains à plusieurs réformes dans la discipline ecclésiastique et à obtenir enfin la permission d'établir dans cette ville un collège tenu par les Jésuites. Ce personnage n'aurait-il pas été de la famille de Jean-Pierre Beckx, général actuel des Jésuites ? Nous n'oserions le nier comme nons ne voudrions pas l'affirmer.
L'éloquence du P. Théodore Beck était si entraînante, disent les historiens contemporains , que l'église paroissiale de St. Nicolas n'était pas assez grande pour contenir tous les auditeurs qui accourraient pour l'entendre ; aussi finit-il bientôt par se créer un ascendant immense tant sur les populations en général que sur le Conseil provincial ainsique le magistrat de la ville qui voulut que la mission y devint permanente. Deux ans après (1 596) , les PP.
Jésuites obtinrent la cession provisoire, pour les services de leur Ordre, de la chapelle dite de St. Clément ou de St. André, contigue à la paroisse et ils achetèrent en même temps, une maison dans la rue de l'eau pour s'y retirer en attendant qu'ils eussent acquis les moyens de eonstruire un édifice spécial pour leur collège et pour leur habitation.
Le manuscrit des Viri illustres nous fournit des données précieuses sur l'amour que tous portaient à ce personnage, par le narré du grand deuil que son décès excita à Luxembourg. Nous transcrivons l'article :
« 1607. Theodorus-Otto a Patria Becanus (tGelder, S. Jesu primus Missionis ejus-
a dem Luxemburgi et ejusdem post Col- (degii rector per annos XIL usque ad « mortem quam S. P. R. Luxembur^ensis c( tanquam patris patris publico funere et « luctu sunt prosecuti, triduanascilicetcom- (cpulsatione omnium campanarum totius (c urbis , veste prilla : Conclavi senatus atris (c tapetiis vestito, exequiis publicis etsumpatu Reipublicas et adhnc aliis privatis.
« Prœses Joannes Penninck — lege Benr « ninck — , sepultus in asde Sancti Nicolai <(anno 1607. »
Viri iUuitret I, H* lie. — Hiitoria Académie LaciliknrgeBsif, manoseril de la Bibliothèque de Lazembourg. — MoLua, Programme de l' Atbéoée de Lazemboarg» 1838, 7, sqq.
BEGKER, Jean-Bernard, de Michelbuch ; voir GREYN , Jean-Baptiste.
BECKERICH , Mathias, est un de ces noms ignorés aujourd'hui, qui ont sans doute à leur époque procuré de grands biens à leurs ouailles sous le modeste habit de la religion, sans cela le savant auteur du manuscrit des Viri illustres, qui semble avoir été son contemporain ne l'aurait pas compris dans le catalogue des célébrités ecclésiastiques du Luxembourg:
« 1652. Mathias Bœkerich, dit-il en effet ^ «vicarius perpetuus Unseldingensis ^ pas- «tor in Seul hujus devotionis singularis a Promotor et hinc Casparo adjutor. »
Ce passage serait inintelligible si on ne passait à la notice sur Gaspard Blanchard (v. ce mot) qui précède immédiatement dans le manuscrit^ et oii l'on voit que la dévotion particulière dont il s'agit , était bien la grande procession que Gaspard Blanchard avait fondée dans le prieuré dTseldange et qui se faisait en Thonneur de la Vierge Marie, le 2 juillet, jour de la Visitation. Cette solennité, qui ne subsiste plus depuis la suppression de cet établissement qui périt avec la compagnie de Jésus elle-même, attirait jadis un grand concours de fidèles dans Téglise d'Useldange. Il ne faut pas confondre du reste cette fête avec la procession qui a encore lieu aujourd'hui dans l'église paroissiale d'Useldange, le 2* dimanche de juillet,
car cette dernière se fiiit en l'honneur de St. Donat. La paroisse actaelle occupe rancienoe chapelle castrale^ tandisque Féglise des Jésuites avec le noviciat même sont devenus propriété particulière et changés en bâtiments d'exploitation rurale.
La date placée en marge des Viri illustres indique vraisemblablement Tannée du décès de ce respectable ecclésiastique qui était sans doute originaire du petit village de son nom dans le canton moderne de Rédange.
Vin mattref, I, N^ Stf.^BenieiffiieiiieBte foaroit fur M' HnaAii*, eiiré *ct«cl d'UseldAnire.
Beckx, Théodore -Ouon; v. BECK, Théodore -Otton.
Bbffort, Charles de; v. BEAUFORT, Charles de.
Bellacostb^ la maison de, et les personnages connus; v. SGHOENECK.
BELMIQUE , le Père Àmoris ou d^Àmour, ou encore Helmie d'Amour, naquit pendant la seconde moitié du quatorzième siècle à Zutphen, dans la Gueldre hollandaise et prit rhabit de chanoine régulier de Tordre de Sainte-Croix à Venloo. En 1415 il fut élu supérieur -général de son Ordre oii la réforme avait commencé à s'introduire. Par une bulle du 19 avril le pape Martin V le chargea de continuer cette œuvre et de procurer la réforme à tous ceux des monastères de Tordre qui ne Tavaient pas encore acceptée. L'empereur Sigismond voulant joindre son autorité à celle du Souverain-Pontife donna au Père Amoris des Lettres-Patentes par lesquelles il le prenait, lui et tout son Ordre, sous sa protection spéciale. Muni de ces pouvoirs et plein de zèle pour son entreprise le supérieur-général se fit accompagner par plusieurs religieux de Tabbaye de Clair-lieu de Huy qui était la maison Chef-d'Ordre, et se mit à parcourir T Allemagne, la France, l'Angleterre, Tlrlande, etc., et rétablit partout la discipline primitive, laissant même de ses religieux, qu'il chargeait de maintenir ponctuellement la régularité, dans les monastères oii il en voyait ou soupçonnait
le besoin. Enfin après dix-huit ans d'un gouvernement pénible^ constamment semé de contradictions, cet homme apostolique résigna son généralat en 1433 et vint s'enfermer dans le prieuré de Sainte-Gertrude d'ivoix que son successeur, Henri de Nimègue lui avait donné pour retraite. Il y finit ses jours dans les exercices de la piété, le 28 juillet 1441, et fut enterré dans la chapelle de ce monastère. Amoris a laissé un ouvrage manuscrit : Anatome seu medullata explieaiio parabolarum seu proverbiorum sapienlissimi Salomonis, juxta quadruplicem Sacrœ Scripturœ sensum. Ce livre, qui est sans doute perdu aujourd'hui, avait été conservé chez les Groisiers de Cologne.
Paqvot, Mémmrtê littëraîret, V. 00 à 65l.~L*£ci7r, Abu. civ. et relig.d*YToû-Garigiian, 400 et 470.— Chroai^e dei Gralûen d*lToisi Mamnscrit
BENNINCK, Jean de. Chevalier, naquit pendant la seconde moitié du seizième siècle. Nous n'avons découvert ni les noms de ses parents ni celui du lieu dont sa famille était originaire. 11 est à croire cependant qu'il vit le jour à Luxembourg, puisque après avoir terminé avec distinction ses études et reçu le bonnet de Docteur en droits civil et canon à TUniversité de Louvain il se fit admettre avocat postulant au Conseil-provincial de cette ville : Cependant Swertius le dit natif d'Amersfort. Le 24 juillet 1593 il fut nommé Procureurgénéral en remplacement de Gérard van der Aa : ces fonctions il les desservit en même temps que celles de Conseiller-lettré.
En 1596 il fut attaché au Grand Conseil de Malines en qualité de Conseiller et Maître-aux-Requêtes, et cinq ans plus tard, le 20 janvier 1601 il revint à Luxembourg occuper le fauteuil de Président du Conseil de cette province, laissé vacant par la mort de Jean de Hattstein (v. ce mot). Enfin, le 5 mars 1614 il fut encore chargé de la garde des Chartres et archives du même Conseil. Jean de Benninck mourut le 20 janvier 1632. Nous ne savons pas le nom de son épouse ; mais il est constant qu'il a été marié , puisque sa fille fut unie à
Eustache de Wiltbeim qui aassi fut une des célébrités du Pays (y. son art.).
Ce digne magistrat s'est rendu particulièrement remarquable par son active coopération à la rédaction des Coutumes générales des PayS'Duché de Luxembourg et Comté de Chiny ^ trayail immense puisqu'il a fallu pour le composer, compulser et comparer entre eux les anciens usages de toutes les seigneuries, grandes et petites dont le Pays était parsemé, afin de les réduire en un tout concordant et homogène. Cet ouvrage, dû en très -grande partie à la plume du Président de Benninck, a été publié dans les deux langues en 1623 et imprimé chez Pierre Reulandt, format in quarto, édition devenue très-rare aujourd'hui. Nous avons eu en main un savant commentaire manuscrit sur ces Coutumes, écrit par Jean de Benninck : c'est un volumineux in folio, autographe.
De Benninck avait aussi composé a.
Traité sur les Comtes et les Ducs de Luxembourg; 6. Histoire du Pays de Luxembourg ; c. Chronique de l'Abbaye de S^ Maxlmin ; d. Dissertation sur les droits et les jurisdictions diverses de l'Abbaye de S' Maximin; en deux livres. Guillaume de Wiltheim qui a vu ces ouvrages, avait manifesté le désir de les voir imprimés un jour ; mais ce vœu n'a pas été réalisé et aujourd'hui ces compositions sont perdues, à moins qu'elles ne se trouvent^ ignorées peut-être, à la Bibliothèque de Bourgogne à Bruxelles : Cependant le Traité sur les Comtes et les Ducs de Luxembourg a été récemment mentionné dans les Bulletins de la Commission royale d'Histoire, de Belgique.
SwESTius, Athenae Bdgicse, 595. — Birtm, 118. — WiLBBLHOS A WiLTUK, Dîsqiiisit «ntîfiaar. Dist. Lmxemb., 1. n, c YI. § 5. — Botuhs, Tropk. Brab., IV. «517. — Ab Hontbiiv, Hist Tre^ir. diplom. III, 189, a. : Liber officîalit et titolam CaneeUariae Trerirensis sub Lothario Archiep. — Nbtcsi , Notice histor. sur la famille de lYimieiin, 14 et note 1.— pAouBT, 65. — Archives da Cons. Provineial : Enreg. et Bec. aax CommisBions. — Goobtiii, Encyclopédie moderne, III, 5168. — Biograpbie nniTenellc, IV,
BENTZ , Nicolas, fils de Nicolas Benlz
et de Catherine Feschen, cultivateurs à Gœsdorf, est né le 28 octobre 1758.
Il embrassa l'ordre des capucins à Luxembourg oii la révolution française exigea de lui le serment de haine à la royauté : « Nous «ne jurons pas» s'écria-t-il à sa manière; et il alla se cacher pour se dérober à la poursuite des gendarmes qui ne cessaient de le rechercher pour l'arrêter et le déporter ; et il fut assez heureux pour leur échapper. Après la restauration du culte , le Père Bentz, qui avait en religion pris le nom de F. François, fut nommé vicaire, successivement dans plusieurs localités, et remplit même pendant quelque temps les fonctions de curé à Udange. Ce digne prêtre s'est surtout rendu recommandable par la construction à ses frais, d'une salle d'écote dans le misérable hameau dit Grevels-Brésil, qui doit son origine à de malheureuses familles égarées qui, déçues dans leur espoir de trouver monde et merveille de fortune en émigrant pour le Brésil (1824 — 1828) , ont été obligées de se bfttir des huttes sur le plateau stérile et exposé à tous les vents entre Eschdorf , Wahl et Rambrouch, après s'être vues arrêtées au port d'Anvers oii on les empêcha de s'embarquer.
Nicolas Bentz est mort chapelain à Levelange, à Tâge de 82 ans, le 12 mai 1841. Par son testament il mit le complément à sa première fondation en laissant le capital nécessaire pour l'entretien d'un maître d'école pour les enfants pauvres de Grevels-Brésil. Il fonda en outre 21 messes annuelles, à célébrer dans plusieurs des endroits oii il avait résidé.
Enfiuac, Dielnxembarger Glankenabekeniier, IM.
BENZERATH , Charles de, naquit en 1635 ou 1636, à Echternach, d'une famille noble et ancienne que nous croyons éteinte et qui portait: d'argent, à la croix engrelée de sable. Cimier : un vol adossé par les pennes, au blason de l'écu. Charles de Benzerath était fils de Guillaume et de Madelaine de Ville-sur-Iron.
A vingt ans il fit profession de religion à l'abbaye d'Orval. Dix ans plus tard il fiit
nommé coadjuteur et deux ans après élu quarante-cinquième abbé de ce monastère^ en remplacement de Henri de Meugen (y.
son art.) Dès son ayènement à cette dignité il entreprit d'introduire la réforme dans sa maison et d'y rétablir Tobseryance primitive de Tordre de Gitaux. Ce dessein rencontra d^abord une formidable opposition de la part des moines; mais de Bentzeratb sut par sa patience et sa constance finir par parvenir à vaincre cette opposition et à réaliser son vœu le plus ardent.
Cet abbé envoya en 1694 quelques-uns de ses religieux à Conques, à Teffet d'y établir et fonder un prieuré relevant de la maison-mère. En 1701 une autre colonie fut dirigée dans le même but vers Lurige, petite île sur le Rhin, a huit lieues de Cologne. Cette dernière fut plus tard transférée à Dussenthal, près de Dusseldorf.
Charles de Benzerath mourut chargé d^années et de mérites, le 12 juin 1707 et Tabbé Etienne Henrion, son successeur fit graver sur sa tombe TinsGription suivante:
Carolo db Bbnzbradt Eptbrnacbnsi
Hujus Ecclbsi^ Abbas XLV.
Qui SAïf ctorum Ordinis Cistbrsibnsis fun-
[datoeum sbctator perpbtuus, Pbimigbniam BJUSDBM instituti discipli-
[nam
CONSTAMTI XXXIII. AHNORUM LABOEB ET
[viGILAlfTIA In HAC nOMO INSTAtUAVIT.
F. Stephamus Successor, Conventusqub
[AURBiE VaLLIS PaTRI PIISSIMO COM LUCT0 POSUBRUNT, OfinT ANNO iETATIS LXXIII.
Profbssionis Monastic^ lu.
Abbatialis dignitatis XL.
Abrjs Christian^ MDCCVII . XII . junii.
Disctplinam in pace conservate Filii.
Eccl. 41-
Bnnotn, m, P. J. fVj et Vm, 79 s<|.-Uii- 6UCBUCK, Dietionn. hënld. — Jeaitin, Les chromées de TAbbaye d'Orral, 871, 410 s^q. — ArcbiTCf du Conseil proTÎncûil. ^ As HonviiM , Hîst. Trerir*
dtplom. II, aS79, not a.; III, 181. - D. Calbit, Hist de Lorr., III» eol. CLXX. ^- Manuscrits dn euré Wnria. — Bicasca , édit. Eiflia iUustrata, II, pars altéra, 41.— Hommes illnstres des Pays-Bas, 1, 40.
BEONRXJ) y Bernerad j Beonradus ou Beraldus, troisième abbé de S^ Willibrorde à Echternach , vivait pendant la seconde moitié du huitième siècle. Les Annales ne nous ont pas appris le lieu de sa naissance.
Beonrad jouissait de beaucoup de considération à la cour de Charlemagne et était intimement lié avec Alcuin qui écrivit même la vie de S -Willibrorde (v. ce mot) à la prière de cet abbé auquel il la dédia.
L'abbé Beonrad donna pendant deux ans une généreuse hospitalité à Willehad (v.
ce mot), premier évéque de Brème qui avait été forcé de fuir son diocèse pour échapper aux persécutions^ de Wittikind :
Willehad profita de ce temps pour composer quelques commentaires sur TEvangile et laissa par reconnaissance son manuscrit à Tabbaye qui l'avait soigneusement conservé jusqu'à sa suppression.
Plusieurs auteurs ont avancé que Beonrad aurait, sur la fin de sa vie été évéque de Sens , auquel évéché il aurait été appelé après avoir été abbé d'Echternach pendant vingt-deux ans ; et que , ajoutent-ils, il aurait conservé cette abbaye avec son évéché. Hais nous croyons pouvoir révoquer ce bit en doute , ou au moins l'anteposer en admettant qu'il aurait résigné son titre d'évêque pour aller passer ses jours en paix à l'abbaye d'Echternach dont il aurait été créé abbé. Nous fondons notre opinion sur une chartre du Liber aureus d'Echternach, où il est dit: dono a praesente die ad Ecdesiam sancti Pétri quœ est constructa in pago Bedensi super fluvio Sura ubi ipse preciosus dominus Willibrordus pontifex corpore requiescit vel venerabilis vir Beonradus archiepiscopus et rector Ecclesiarum praeesse videtur.
Il mourut en 796.
BeaTELS, 161. — BBaTBOiBT, II, P. J. VIII.— D. Calhbt, Hist de Lorr. III, eoL XCIX — Michel, Programme du Progymnase dTehlemack , 1845, 5. — T. SraiHaBac, Metropolis Eeclesise Tre- Tericse, I, IS8S. ^ Liber a«re«s, mamucrit, fol. 85, i^.
Bbialbus ; y. BEONRAD.
BÉRÉGISE9 Saint, abbé du rnonantère des Ârdennes , était né dans Je Condroz et n'appartiendrait dès lors pas à la biographie luxembourgeoise s'il n'ayait passé une partie de sa vie dans notre pays^ occupé h défricher les vastes bruyères de cette contrée et à y prêcher l'éyangile.
Le lieu de la naissance de Bérégise n'est pas dénommé par les auteurs ; il vit le jour vers le milieu du septième siècle , c'est-à-dire en 647. Ses parents Toffrirent dès son enfance au monastère de Sarchina qui devint plus tard St. Trond où il fut élevé sons l'habit religieux. Son goût pour l'étude lui fit bientôt acquérir des connaissances très-étendues pour le siècle de ténèbres oii il a vécu. Aussi la réputation de sa science, jointe à celle de sa conduite exemplaire et de ses mœurs austères se répandit-elle bientôt au loin et parvint jusqu'aux oreilles de Pépin de Herstal, le puissant majordome des rois d'Austrasie qui l'attira à sa cour pour profiter de ses conseils et lui confier l'éducation religieuse de ses enfants avec la direction spirituelle de sa famille.
Bérégise , qui était habitué aux austérités et à la tranquilité de la vie monastique ne pouvait se faire au bruit et aux distractions continuelles du palais. Il méditait sans cesse sur les moyens de retourner dans la solitude afin de se livrer sans partage au culte de Dieu et à l'étude , lorsqu'une occasion s'offrit pour remplir ce désir si cher à son esprit : un prodige , disent les légendaires , une piense supercherie suivant d'autres auteurs, se présenta qui fit réaliser ses vœux. Pendant un voyage qu'elle faisait dans son domaine d'Ambra-près-du-lac , Ambra- ad -lacum en Ardenne, un billet miraculeux était tombé du ciel aux pieds de Plectrnde^ la vertueuse épouse de Pépin , lui ordonnant de consacrer ce lieu à la religion en y élevant un monastère. Pépin et Plectrude consultèrent sur ce leur confesseur qui sut leur insinuer d'exécuter sans retard cette invitation venue d'en-haut et de lui
confier la conduite de la maison à fonder; ce qui lui fut octroyé en 687 , avec concession en toute propriété pour lui, sa communauté et leurs successeurs, d'un vaste territoire à défricher.
Le saint homme se hâta de mettre la main à l'œuvre en élevant à côté des ruines de l'antique castel d'Ambra quelques modestes cellules avec un oratoire qu'il dédia, ou plutôt qu'il fit dédier par l'évéque St.-Lambert en Thonneur du prince des apôtres. Ces premiers travaux achevés il partagea le temps de la communauté de clercs ou de moines qui était confiée à sa conduite , entre la prière et les travaux des champs. Nous disons communauté de clercs ou de moines, car rien n'est décidé touchant Tinstitut qu'ils avaient adopté.
Trente-sept ans de sa vie furent passés dans ces occupations salutaires , après lesquelles Bérégise rendit pieusement l'âme à son créateur, le six des noms d'octobre 724 , chargé de bonnes œuvres, aa point que son nom a mérité d'être inscrit au catalogue des saints.
Saint Bérégise avait été inhumé dans l'oratoire de son monastère; mais lorsque Walcand, évêque de Liège transféra en 817 cette institution religieuse au lieu actuel de Saint-Hubert, les religieux emportèrent son corps pour le déposer dans leur nouvelle église oii , croyons-nous , il est resté ignoré jusqu'à nos jours.
FiSBN, Hutoria Eeclesiae Leoaiouû, 1. IV, If« XXXVI, p. 155, sq.— Db BoftAVi.z, Tradvctionds Cantatoriam, 8, 86, 88, 51. - Bb«thout, U, 147, f«|. — Nkybv, Distertation iatitnlée t Amberlonx, Ambra-ad-lacmn ; dau t Annalef de la Société pour la eoDf eiration des moaniiieiits historiquct et dea œiiTrcs d*aH, d'Arlon, T. lU, 1854, p. 158 à 890.— AaoLrac HArpAaT, Vita saneli Bcregisi; danftfliatoria Abbatiae Sancti Huberti in ArdaennA; maniiaerit de la BibUotkèqiie de llInÎTenité de Lié|re, N* 18. — Antiqoîtas Ecclesiae andagiaentis taneti Pétri; manuserit da XVIP siècle, publié par M. le Baron de Beiffenbcrg, dans t Monuments pour ser- Tir à THisloire des Provinces de Namnr, de Hainnut et de Luxembourg. — Fondatio Monasteru Andaini, sÎTe 8*^ Huberti in ArduennA; manuscrit appaitenant à la fabrique de l'Eglise de Saint-Unbert — BoHUALM Hakgab, Histoirc du monastère de 8< Hubert en Ardennes manuscrit, propriété de M. Lambin, juge de paix A 8*-Hubert; et extraits de ce
manuscrit daatt Annales delà soc. histor. d*Arlon, lU, I8K4, p. 979 à 1181.— Acta Sanctoram Grain. 8«i-Beneaieti, ême. IV, pars I, fol. 894 — Yita S^Bercgisi; 4*après nn nannscrit àt l'an 987, cent par nn religieux àe S^Hnbert — MAatiiic et DuaAMay Amplissima collectio, IV, 917. — Fism, Flores EcclcsisB Lcodicnsis» 457. — Bloh , Bitscrlation dans i Proi^nimederéeolcinanstricUe 4'Echtemaeli, 1888» 6 sq.
BERG 9 Claude, était né dans Tun des deux TîUages nommés Colpach qui sont distingués par les prépositions Ober et Nieder. Ce personnage florissait Ters le milieu du dix-septième siècle , si nous en croyons Tauteur de Viri illustres qui lui a consacré la phrase suivante: « 1664. Clau- « dius Bergh a Colpach D"" ibidem Deçà- « nus Ecclesiœ Collegiatae Badensis et Mar- <i chionum istorum Consiliarius. Pastor Baser toniensis.» Ces particularités sont les seules qu'il nous a été donné de découvrir sur Claude Berg , peut-être de Berg, en ajoutant à son nom la particule nobiliaire puisque notre source, qui est contemporaine , le dit seigneur de Colpach.
Nous n'avons trouvé ce nom inscrit sur aucun document ni dans aucun ouvrage y partant nous aurions pu nous croire autorisés à l'omettre dans cette Biographie, foute de renseignements le concernant, si nous n'avions pas tenu à donner le manuscrit des Viri illustres absolument dans son entier. Il en est peut-être de Claude Berg comme de tant d'autres hommes bien méritants dont les noms sont oubliés aujourd'hui et qui n'ont eu de tort envers la postérité que de n'avoir pa^ assez fait mousser leurs faits et gestes , comme le public s'exprime de nos jours.
Viri iUnstres, I, N« 108.
BERNARD , dit de Strassen, erronnément dénommé par quelques auteurs et même dans plusieurs de ses propres ouvrages,£^mar(2 de Luxembourg, naquitpendant la seconde moitié du quinzième siècle dans le village de Strassen près de Luxembourg , non dans la capitale même.
Voici ce que le manuscrit des Viri illustres dit de cet homme aussi religieux que savant: «153S. Bernardus de Luxembur-
c( go , strassensis , sic agnomlnatus ab urbe «patrie, ordinis prsedicatorum S. Théo- ^ c( logias Doctor et haereticœ pravitatis in- <i quisitor, LutLeri antagonista, non minus <c vîtae sanctitate quam doctrina conspicuus, « Ducibus juliacensibus a confessionibus , «mortuus etsepultns Coloniae anno 1535.
c< Scripsit plurima Theologica , Horalia , « Historica. »
Bernard de Strassen entra dans l'ordre des Dominicains , dit aussi des frères prêcheurs. Ses heureuses dispositions pour l'étude se développèrent rapidement dans Iç monastère de Luxembourg qu'il avait choisi pour proponcer ses vœux; aussi passa-t-il Bachelier en 1600. En 1507, d'autres disent 1616, il prit le bonnet de Docteur en Théologie à la faculté de Paris. Il alla ensuite à Louvain et enseigna pendant quelque temps dans la célèbre université de cette ville. De là il se rendit auprès de Guillaume duc de Juliers ^ dont il devint le confesseur et le prédicateur ordinaire. Il fut en même temps nommé inquisiteur général dans le diocèse de Cologne , charge qu'il remplit avec le dévoûment le plus ardent, puisqu'il passa une bonne partie de sa vie à combattre contre les novateurs et à défendre l'église catholique romaine contre leurs attaques et leur doctrine , à tel point qu'on lui donna le surnom de fléau des hérétiques. Plus tard il quitta la cour de Juliers pour s*enfermer dans la maison professe de son ordre à Cologne dont il fut deux fois de suite désigné prieur et dans laquelle il mourut en odeur de sainteté, le 6 octobre
Le père Bernard a laissé un grand nombre d'ouvrages. Nous allons donner la liste de ceux que nous sommes parvenus à découvrir. Ces œuvres respirent en général une science profonde et un grand amour pour Dieu et la religion ; mais parfois la passion y domine ce sentiment d'onction et de persuation qu'on aime tant h trouver toujours chez celui qui veut convaincre son lecteur ou son auditeur par la raison et la vérité ; ce sont : V Quod-
libettun de Jubilaso anno saeculari sacro MD. în Universitate LovanieDsi déterminatam^ occasioae jubilaei ab Alexandro VL concessi, et AotTerpiae summà pietate celebrati, Anvers, 1501, in 4^ — i*. Une édition des Postiies d'Albert-le-grand sur l'Apocalypse. Basle, 1506, in 4^ — 5\ Compilatio in commendationem B. Joseplii, sponsi Christiferse Virginis et Nutricii D.- N. Jesn-Christi. Subjicitur Missa in honorera dicti sancti , et Coronae duodecim in bonorem ejusdem. Cologne, 1510. — 4*.
Sermones de diabolicâ colluctatione septem Titiorum capitalinm et Yirtutum spiritualium, proclamati in Quadragesimà anni 1516. Cologne. — 6^ Catalogus omnium baereticorum , qui ad bœc usque tempera passim litterarum monumentis proditi sunt.
Paris, 1 522 : Cet ouvrage, qui a otenu plusieurs éditions, a été réimprimé à Cologne et ailleurs. — (T. Opusculum de Jubilœo, sive peregrinatorium ad urbem Bomam, in XXX dietas redacturo. Cologne, 1525, in V. — 7^. De Ordinibus militaribus et armorum militarium mysteriis. Cologne, 1527. —^''. Tractatus de Purgatorio. Cologne> 1527. — P*. Liber de superstitionibus. iif^. Compendium de laudibus aquae benedictae, ejusqne primariâ institutione, contra LuUieranos. — H^. Sermones de Rosario. — 42^. Tractatus de suft legaUone et peregrinatione et laboribus pro quorumdam Cœnobiorum reformatione. -»f 5^ Chronica de Viris illustribus Sacri Ordinis Praedicatorum ; inter viginU prières annos sœculi decimi-seiti exarata : Cet ouvrage est resté manuscrit. — 14^. Expositio in symbolum Alhanasii , in 4^. Incunnable à la Bibliothèque de Luxembourg. — ilT.
Planctus super afflictione Ecclesiae, ad factionem rnsticanam, editus a Fratre Bernardo de Lutzenburgo, Ordinis Praedicatorum : Brochure in 8'. 1525. — i6\ Quelques auteurs lui attribuent enfin un Catalogue général des écrivains de TOrdre de S'.- Dominique. Serais - ce peut - être Vour vrage que nous avons annoté sous len^ iS?
Viri Ulatiret,!, N^ 37.-.Ab Hortibim , Historia Trcrir. dlplom. II. 5tf8.— D. Cai.mkt« BibL Lorr.} et
Catalogne ilea aoteort lorraînt.^Maiiaterita CLOHca. — -BcaTKLi, 76 et iSO. ~ Ulvbuhq» 37. — WiLisLaot A WiLTBciH, Diiquifit. aatiquar. BUst Luxemb.» lib. II, c IV. S 4. et e VI, $ 3 -Moaiai, II, 811.— Fr. Swertiut, Athenc Belgicc, 139.— Pikbast, I fol. LIX— Bbetiout, VIII, 188.— Nahoe, Sapplémenl du CfUlogae de la Biblioth. de Luxbjr. 706 et 711. — Haetibbiii , BibUotheca colomeaiis » 3S , sq.— AeU Sauctoram, III , 181. IVacMAaa, Les aatcun luxembourgeoû; daiu: Programme de rAtbénëe, 1836, 10, E«i.
Bernbrad ; Y. BEONRÂD.
BERTËLS, Jean, successiyement abbé de Munster à Luxembourg, et de St.-Willibrordeà Ecbternach, est né en 1544, à Lpuyain, fils de Pierre et de Marie Bollaerts. Après qu'il eut^ à Tàge de dix-sept ans y achevé ses études en philosophie au collège du Lys attaché à rUniyersité de sa yille natale et passé bachelier dans cette faculté, Pierre Cœlen (v. son article) l'amena à Luxembourg lorsqu'il Tint prendre possession de Tabbaye de Notre-Dame, dite de Munster, en qualité de yingl-septième abbé. Il y fit son cours de théologie, fut ordonné prêtre, prit l'habit religieux et fit sa profession.
Bertels remplissait à l'abbaye de Munster l'office de cellerier lorsque son protecteur Tint à mourir, le 30 décembre 1573.
Les religieux s'étant assemblés en chapitre pour dénommer un successeur à l'abbé défunt, toutes les voix se réunirent pour appeler le Père Bertels à cette dignité.
Après qu'on eut en 1574, reçu la confirmation de ce choix tant de Philippe II que des Sérénissimes Gouyerneurs des Provinces Belgiques et de l'Ordinaire, ce Prélat fut solennellement consacré le 6 août 1576, par Georges de Virnenbourg, abbé de S^-Mathias, qui était en même temps évêque d'Azot et suffragant de l'archevêché de Trêves.
Les historiens de Tabbaye s'accordent à faire Téloge de cet abbé pour les soins qu'il mit à pourvoir au temporel de sa maison en relevant de ses ruines la censé du Felschenhof (1585) que les guerres avaient détruites, en étendant les murs de clôture du jardin de l'abbaye et en rendant les dortoirs plus spacieux et plus sains.
Non content d'avoir * procuré à ses religieux ces biens matériels il voulut aussi pourvoir à ravancement de leur instruction dans rOrdre qu'ils avaient embrassé et il composa spécialement pour leur usage vingt'sept dialogues sur la règle de 5*.- BinoU, auxquels il ajouta le Catalogue des abbés de Munster. Ces deux ouvrages ont été imprimés à Cologne, en 1581.
Un autre acte de Fabbé Bertels doit être rapporté ici parcequ'il Tbonore et montre que, tout étranger qu'il était au pays par sa naissance, il n'en savait pas moins bien vénérer ses souverains dont la glorieuse mémoire fait encore aujourd'hui palpiter le cœur des vrais Luxembourgeois : Depuis la destruction du premier monastère de Munster, —qui comme on sait était placé sur le plateau rocailleux en avant de la porte du château, vers FOrient, lequel a retenu le nom de Vieux -Munster, Alt- Munster, et qui porte de nos jours ce fort de construction récente, destiné à une défense sans doute inutile de la forteresse, — la Momie du Prince-héros Jean de Luxembourg^ roi de Bohême, gisait négligée chez les Cordeliers dans une vieille caisse de bois pourri, presque sans couvercle, placée derrière le maître-autel et sur laquelle on n'avait pas eu honte d'attacher cette inscription :
Dum Luxemburgi mea mœnia Rex capit
[armis Franciseus GMus, pellor ego tutnulo Qui seeptris eessi Casimiro sponte Polonis, Regno ut Rex prœsens esset uterque suo.
Qui très Âtigustos genui, qui lumine quam-
[vis Orbatus, pugnâ Cressicâ cecidi, Fortiter affini pro Gallo rege Britannis Incurrens; tribus kis non merui tumulum?
Un curieux sacrilège avait même été assez osé , un jour, pour couper la tête au vaillant roi et se l'approprier, tandisque les cordeliers demandaient l'aumône pour montrer aux passants son cadavre détronqué.
L'abbé Bertels, indigné de ce scandale, se crut en devoir de réclamer ces cendres
vénérables, parcequ'elles appartenaient à son abbaye et qu'il ne pouvait souffrir une plus longue profanation : On savait encore apparemment le nom du possesseur du chef. On en réclama la restitution ; et cette réclamation, quelque fondée qu'elle fût, amena d'abord un assez long procès qui fut néanmoins terminé suivant les principes de la justice. Les cordeliers furent condamnés à laisser suivre la bière et le voleur du crâne du bon roi à restituer son larcin. Pourquoi la rigueur des lois sur les crimes de lèse-Majesté ne lui fut-elle pas appliquée ?
Le vénérable prélat muni de cette sentence se mit aussitôt en devoir de procéder à la translation solennelle qui eut lieu avec une pompe digne de la dépouille mortelle qui en était l'objet. Ceci se passa en 1592.
Trois années plus tard Tabbaye d'Echtemach étant venue à vaquer par la mort de Jean Gladt, natif de Luxembourg, décédé en 1594, et les religieux ne pouvant pas tomber d'accord sur le choix de son successeur, Philippe II roi d'Espagne dont le Luxembourg relevait alors, adressa en 1595 à Jean Bertels des Lettres de provision d'Abbé de ce monastère. Celui-ci résigna en conséquence celle de Munster et vint entreprendre la direction de celle de S^-Willibrode, au Catalogue de laquelle il figura depuis en qualité de soixanteneuvième abbé. L'archevêque Lothaire de Trêves lui en donna l'investiture au nom de l'Empereur.
Il n'y avait pas un an révolu qu'i^ était installé dans cette nouvelle dignité lorsqu'une troupe de cavaliers hollandais avec quelques fantassins sous la conduite d'un chef nommé Corneille von der Hardt, vint tout-à-coup le 28 mai 1596 , par une nuit obscure faire irruption dans la ville d'Echternach qui fut piise avant que les bourgeois eussent eu le temps de se reconnattre. Après ce coup de main ils forcèrent les portes de l'abbaye des Bénédictins et la pillèrent entièrement, ne faisant aucune distinction entre le sacré et
le profane. L'abbë Bertels pour échapper à la fareur de ces forcenés s'était réfugié dans la toar de Féglise où il fut enfin découYert et pris avec ses religieux. Avant de l'emmener les vainqueurs se firent comp* ter quatre mille écus du pays pour racheter la ville de Fincendie auquel ils menaçaient de la livrer en cas de refus. Us traînèrent ensuite Tabbé et les siens ainsique quelques bourgeois notables jusqu'à Nimègue avec le riche butin qu'ils venaient de faire, et les tinrent enfermés dans une infecte prison pendant quatre mois entiers , au bout desquels ils ne furent rendus à la liberté qu'après avoir encore payé douze mille Dalers pour leur rançon, plus deux mille ducats pour frais de leur entretien.
Rendu à la tranquilité après cette rude épreuve, Jean Bertels ne s'occupa plus apparemment qu'à des travaux littéraires. Il mourut le 19 juin 1607 et a été inhumé dans une chapelle contigue à l'église de son abbaye. Son épitaphe, qu'il avait composée lui-même et qui a échappé au vandalisme des temps modernes avec la pierre tumulaire qui la porte, est conçue comme suit:
SiSTE VlATOR, ISTA LE6AS :
JOANNBS BeRTBLS, HUJUS MoNASTERU OLIM
[abbas,
AbIIT non OBIIT, DISCBSSIT NON DBCBSSIT,
AbIIT ut VrVAT IN iETBRNUM.