‹ Biographie luxembourgeoise: histoire des hommes distingues ..., Volume 2Chapitre 1 sur 61 · HT · texte numérisé non relu

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NAMUR, Barthélémy , est né à Luxembourg le 13 septembre 1728, fils de Henri Namur et de Catherine Krips. Il s'appliqua très jeune encore à la sculpture , art dans lequel il fit des progrès très marqués, ainsi que cela résulte du certificat très flatteur que lui remit le 1er avril 1748 son maître, Martin Jacquet, sculpteur distingué résidant à Lougwy, chez lequel il avait fait son apprentissage pendant six ans.

Barthélémy Namur a livré beaucoup d'ouvrages en pierre et en bois; et de nos jours on en voit encore plusieurs dans les châteaux d'Ansembourg et d'Ottange, dans les églises d'Attert, de Chàtillon, de Clémency, de Fentange, de Hostert, d'Itzig, de Sandweiler , de Schuttrange , de St.

Michel et des Jésuites à Luxembourg, etc. 11 avait aussi travaillé pour l'ancienne église de St. Nicolas ainsi que pour celle du monastère de la Congrégation de la même ville; et naguère on voyait encore dans celle de Notre-Dame, autrefois des Jésuites, placées des deux côtés du maître-autel et contre le mur les statues plus que de grandeur naturelle de St. François-Xavier et de St. Ignace qui étaient sorties de son ciseau (1771) , et pour lesquelles le P. Recteur lui avait payé seize Louis d'or y compris le banc de communion qui subsiste encore de nos jours dans cette église.

Les œuvres du sculpteur Namur, sans égaler celles des grands maîtres , offrent Tome II.

dans leurs proportions, leur attitude et leur expression bien des caractères de talent, mais surtout un dessin de formes irréprochable, que Merjai n'a pas voulu apprécier, apparemment parce que luimême il ne possédait pas assez de coupd'œil, ou que, ayant eu l'occasion de voir des ouvrages meilleurs il aura jugé ceux du sculpteur luxembourgeois d'après ceux-ci.

Barthélémy Namur est mort à l'âge de cinquante-un ans, d'un accident dont il devint la victime.

Publication* de la Société archéologique dt Luxembourg, XI, 37. — Notes communiquée* par uu de ses petta-fib •

NAUERT , Jean-Nicolas, fils de Jean Nauert et d'Elisabeth Gœdert, est né à Eschdorf, commune moderne de Heiderscheid, le 29 pluviôse an VI (17 février 1798) et montra dès sa plus tendre jeunesse un goût irrésistible pour l'étude. Ses parents, cultivateurs aisés, n'ayant pas tardé à remarquer ces heureuses dispositions s'empressèrent dès que le jeune homme eut appris les premiers éléments de lecture et d'écriture, de'le confier aux soins de M. Wings, curé de leur endroit, pour Jui enseigner les principes des langues anciennes. Quelques années plus tard , en 1815 , ils le mirent au collège de Luxembourg , et partout il fit des progrès étonnants au point qu'il a été constamment compté au nombre des premiers élèves.

Lorsque Nauert eut achevé ses humanités il se sentit uue vocation décidée pour entrer dans les ordres sacrés et alla en 1819 au séminaire de Trêves, d'où il passa Tannée suivante à celui de Metz. Il reçut la prêtrise en 1822.

Nommé d'abord vicaire à Berlé il fut une année après désigné desservant à Marnach ; puis le 10 octobre 1825 il obtint l'importante paroisse de Lintgen où il resta jusqu'au 1er mai 1844. A cette date il passa dans la même qualité à Grosbous , et y mourut le 3 août 1856.

Prêtre et pasteur d'âmes dans toute la force du terme, Nauert mit tous ses soins à bien diriger les églises qui lui ont été successivement confiées; c'est-à-dire que nulle peine ne lui a jamais coûté pour l'instruction religieuse et morale dé ses ouailles afin de les guider dans le chemin de la vertu, des bonnes mœurs et de la probité civile. Comme il était lui-même très instruit il sut toujours dans ses conversations et ses sermons relever l'instruction et la rendre agréable, tant aux écoliers qu'il visitait souvent dans leurs classes qu'aux parents pour les engager à donner ce bienfait à leurs enfants. Nauert était un de ces prêtres indulgents pour Terreur involontaire mais également sévère pour réprimer les abus quelqu'invétérés qu'ils fussent. En un mot il fut un modèle comme curé-recteur de sa paroisse dont il connaissait parfaitement toutes les familles parce qu'il cherchait constamment par cette connaissance à distinguer les vrais pauvres auxquels il aimait à faire l'aumône des fainéants qu'il repoussait sans miséricorde. Les soins paternels qu'il donnait à sa paroisse le portaient toujours à proposer les améliorations nécessaires qu'il découvrait dans sa sphère d'action qui s'étendait naturellement sur l'église et sur Técole: à Lintgen il eut assez d'ascendant pour provoquer la reconstruction de Tune et de l'autre ; à Grosbous il les trouva toutes les deux en parfait état de construction et d'entretien.

Cependant toutes ces occupations lui

laissaient encore de temps çn temps quelques moments de loisir ; et ces moments il les consacra à la culture des arbres fruitiers dans les différentes communes qu'il a successivement habitées, ainsi qu'à l'étude , à laquelle dernière il donnait souvent une partie de la nuit. On s'imaginerait difficilement les peines qu'il s'est données pour inculquer à ses paroissiens l'amour de la promiculture : il allait dans leurs jardins et y plantait des pieds sauvages qu'il greffait ensuite de ses propres mains avec les meilleures espèces. Les cultivateurs convaincus enfin des avantages que leur curé leur procurait finirent par le laisser faire; et c'est ainsi qu'il parvint à introduire à Lintgen surtout ces fruits nombreux et savoureux qui font aujourd'hui pour ce village entr'autres une branche de commerce assez considérable, puisqu'elle rapporte, même dans les années les moins favorisées, un revenu au-delà de mille francs. D'un autre côté, lorsqu'il prit possession de la paroisse de Grosbous les affaires de la fabrique de cette église se trouvaient dans un état déplorable; les biens-fonds qui lui appartenaient étaient passés en des mains étrangères qui se les étaient appropriées sans titre, etc., etc. Par son zèle infatigable il a su les récupérer et régler définitivement toutes les difficultés très embrouillées qu'il avait trouvées dans cette branche de son administration.

Nauert a composé plusieurs épitaphes bien écrites, et la statistique historique de l'église de Grosbous, imprimée dans le XIe volume des Publications annuelles de la Société archéologique du Grand-Duché dont il était membre correspondant (4 7* pages in-4°).

Finalement, par son testament olographe du 1er octobre 1855 et trois codicilles postérieurs il a destiné: 1°. Une somme de quatre mille francs {tour fonder près de l'Athénée de Luxembourg une ou plusieurs bourses en faveur de sa famille, pour l'étude des belles-lettres, de la théologie , du droit, de la médecine, etc. etc.,

et des arts libéraux. La jouissance pour le ou les titulaires une fois admis durera chaque fois jusqu'à la fin des études, ainsi les années d'université comprises. Colla-' teurs : le directeur temporaire de l'Athénée, l'administrateur des bourses attachées à cet établissement et le professeur de religion. Les prétendants doivent être munis d'un certificat de bonne conduite morale et religieuse à délivrer par le Bourgmestre, le Curé et le Président du conseil de fabrique du domicile du postulant. — 2°. Une autre somme de deux mille francs pour l'instruction primaire des enfants, petits enfants et descendants de son frère et de ses deux sœurs, habitant les paroisses d'Eschdorf et de Walferdange. — 3°. Une somme de mille francs pour, les intérêts à en provenir, servir au soulagement des indigents malades, la moitié à ceux de sa famille et le reste à ceux de la paroisse d'Eschdorf , son endroit natal. — 4°. Enfin , sa bibliothèque, composée d'ouvrages de choix doit être déposée chez sa nièce à Lintgen et servir à toujours à l'usage des étudiants de sa famille.

Dans ces %ctes nous nous voyons engagé à relever cette phrase significative qui peint si bien le caractère du testateur : ce Ich habe Jahre lang gespart und mir ab- «sichtlich manches Vergnuegen versagt, «um nach meinem Tode als Wohlthœter « meiner Familie und der Leidenden « Menschheit werden zu kœnnen » etc.

Notes communiquées.— Luxembnrger Wort, M0 106, du 10 septembre 1886. — Publications de la Société archéologique du Grand-Duché, XI, S# partie, 97, sqq.; XII, p. VI.— Testament et codicilles Nauert, en l'étude du notaire Angelsberg, de Feulen.

NAVES, famille ancienne , ' originaire parait-il de Belgique et qui a habité le Luxembourg pendant quelques générations.

Elle a possédé les terres de Fischbach, de Humain et de Champion, et a eu l'honneur de compter parmi ses membres le premier président qui fut nommé au Conseil provincial de Luxembourg, à sa création.

De Naves ancien, ou du Luxembourg,

portait : de sable à la fasce d'or de trois pièces, au pal de sable, bordé à chaque côté d'un filet d'or, brochant sur le tout. Cimier : une tête de taureau de sable, accornée d'or, les marines percées d'un annelet du même. Cependant nous voyons encore que trois fils de Mathias de Naves, seigneur de Constantin-les-Tournay et d'Isabelle de Souchier, savoir Jean-Michel, Mathias et François furent anoblis par lettres du roi Philippe IV, du 15 janvier 1647, au port d'armes : d'azur, à une fasce ondée d'argent. Ces personnages appartenaient-ils à la même famille? nous hésitons à le croire à moins d'admettre également que les de Naves du Luxembourg ne fusseut reconnus provenir des environs de Tournay.

La branche luxembourgeoise de cette belle famille a produit plusieurs illustrations que nous allons passer en revue.

Unctscnuca. — Nobiliaire des Pays-Bas et de Bourgogne, I, 289; Mélanges de généalogie pour servis de corrections et d'additions an Nobiliaire des Pays- Bas et de Bourgogne; 94.

NAVES, Jean I de, que nous nommerons l'ainé ou le premier, pour le distinguer du suivant, vint habiter le Luxembourg avec son frère Nicolas 1er, qui aura son article : Il était seigneur de Messancy. D'abard greffier du Conseil provincial de Luxembourg en 1530, seséminents talents le firent plus tard nommer vice-chancelier de l'empereur Charles-Quint qui l'honora de toute son estime et lui confia en outre plusieurs missions importantes et délicates. Il mourut à Ulm le 20 février 1547, à l'âge de 47 ans et son corps ramené à Luxembourg, fut inhumé dans l'église du vieux St.-Esprit. Merjai a conservé son épitaphe que nous transcrivons ici :

D. 0. M. Thino et Uno.

Clarissimo et Eqcestris Ordinis VlRO

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