MONUMENTUM
Illustrissimi Domini CHRISTOPHORÏ-
[ERNESTI Comitis DE BAILLET
TOPARCHJE IN ReCRINGEN, STRASSEN, Mc-
[nisbach, etc.
qui primum luxemburgi , dein sljpremi
[Concilii Mechliki Senator
IBIDEM PrOCVRATOR GeNBRALIS
AC CaBOLI VI IWSftATOBIS P&JCSES , ET
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Anico 1732 , bib 3 Jumi.
Corpus ejus hoc loco deposttumjam nihil est
nisi Terra, Cinis, Fumus et Umbra, quatuor hi$ emblematibus in mormon inr
[eieis expressa.
Pkkabb Viator mr immortalis bjus abîma Rbquixscat m Pacb.
Cette épitapbe est surmontée des armes du comte, le tout en marbre blanc. Quant aux quatre emblèmes dont il y est fait mention , le monument en est dépourvu et ils n'ont même jamais pu se trouver dans l'angle où ce marbre est relégué : il est dès lors à supposer qu'il aura été déplacé dans le temps»
On remarquera enfin que dans cette inscription on a fixé le 3 juin pour le jour du décès de Christophe-Ernest de BailleL Nous maintenons notre assertion du texte qui indique le 2, parce que nous avons devant nous une copie de son acte de décès ; l'inhumation peut avoir eu lieu le 3.
D'après une commaaicatfoa que non* devons à reft&ceaaee de M. Pft. Tau m B*mn* BibUotte cairc de Monsgr. le Une d'Areakerg .
BARODT, Jean, dit Gaucher, seigneur de Marcbault. — Plusieurs historiens ont écrit Gauthier de Borgonjon et même Gaucher de Bourgogne.
Tout ce1 que bous savons de lui c'est qutfl quitta en 1611 le Luxembourg, sa pairie, pour aller prendre du service en Italie comme capitaine. Lorsque la guerre eut éclaté en Bohême il obtint le commandement de cuirassiers impériaux et rendit des services signalés jusqu'à l'époque de l'entière pacification de ce pays (Archives de Belgique, fardes de l'audience, 11*8}.
€■. RAiumea, La sellette belge a«x gveme d'Alleangae, 1618-1048; dus: BdUetia èm kt bUophlU belge. S* série, VIII, 377.
BECK, Jean- Georges I, dit Gérard, T. I, pages 54 et 55 de la Biographie. — Toute la discussion finale de cet article, à commencer de la ligne 8 en remontant de la première colonne de la page 55, jusqu'à la fin de la colonne suivante, est à supprimer comme reposant sur une erreur évidente qui provient d'une bute de copie commise par Pierret et Bertkolet : nos doutes avaient du reste déjà fait pressentir la chose. En effet, d'après des renseignements positifs et très exacts que nous devons à l'obligeance de la Direction du dépôt d'archives de Coblence , il est constaté que Madelaine tfEnschringen, dont il est question dans le passage cité par Pierret et Bertholet, n'a pas été mariée à un Jean de Beck mais bien à Jean de Reck, ou mieux von der Reck, président de la Cour impériale. La famille de Reck, qui est originaire de Westphalie, subsiste encore.
BENDER, Biaise- Columban, Baron de, FeHmaréchal , Commandant-général de h Bohême, propriétaire du 41° régiment d'infanterie autrichienne, n'appartient pas à la Biographie luxembourgeoise* Cependant si l'on a égard à la circonstance qu'il commandait la forteresse de la capitale pendant le blocus français de 1794 — 95 ; qu'il a laissé dans le pays un souvenir agréable qui n'est pas encore effacé chez le peuple ; enfin que la veille de la capitulation il a demandé et obtenu le droit de bourgeoisie luxembourgeoise, genre de naturalisation alors en usage, on sera peutêtre bien aise de trouver ici la relation sommaire de ses faits et gestes.
Né en 1713 dans la ci-devant ville libre et impériale de Gengenbach qui appartient aujourd'hui au pays de Bade, il entra en 1733 comme cadet au service autrichien et fit avec le grade d'enseigne la guerre de Turquie sous le prince Eugène. Pendant cette guerre il aida à débloquer Banjaluka et fut blessé à la bataille qui fut livrée
près de, cette forteresse. Pendant la guerre de succession , mais surtout à la malheureuse bataille de Molwitz il se distingua de nouveau par son courage imperturbable, jusqu'au moment où il reçut une seconde blessure grave. Cet accident ne le détourna pas de s'exposer ultérieurement aux périls. Au siège de Prague il fut atteint au col d'un coup de baïonnette; pendant les batailles de Striegau et de Trautenau il reçut des balles au travers du corps. Il lui eût été très facile après tant de blessures de s'exempter de tout service ultérieur; mais son patriotisme comme son héroïsme de soldat dans toute la force du terme le poussèrent, malgré son état valétudinaire , suite des souffrances qu'il avait endurées , à prendre une part très active aux combats nombreux qui se livraient a cette époque, surtout à ceux des Pays- Bas contre les armées françaises , oii ses actions d'éclat le firent parvenir au grade de lieutenant-colonel, avec lequel il donna de nouvelles preuves de courage et de prudence pendant les batailles de Prague, au Meysberg en Silésie et près de Breslau.
En 1758 il fut nommé Colonel du régiment Colloredo infanterie N° 20, et combattit vaillamment comme toujours à la surprise de Berlin sous le général Hadik, ainsi qu'à la bataille de Torgau.
En 1769 il était général -major commandant de Philippsbourg , et en 1775 lieutenant-feldmaréchal commandant de la forteresse d'Olmutz. L'empereur Joseph II qui appréciait les services de Bender, réleva en 1782 à la baronnie et le nomma en 1785 feldzeugmeister , commandant de Luxembourg. En 1789 et 1790 il donna des preuves éclatantes de son zèle et de son énergie à l'occasion des troubles dans, les Pays-Bas, en s'opposant vigoureusement aux entreprises des insurgés devant Luxembourg, leur occasionnant de grandes pertes et les chassant du pays. Le 2 décembre 1790 il fit son entrée solennelle à Bruxelles et était parvenu déjà dès le 15 du même mois à dompter les belges révolutionnés. En récompense pour ces bril-
lants faits d'armes l'empereur Léopold II, dès son avènement, lui conféra la grandcroix de l'Ordre de Marie-Thérèse.
Pendant les années 1791 et 1792 Bender commandait l'armée autrichienne en Brabant ; et lorsque dans les guerres contre les révolutionnaires de France en 1794 les. armes de ces derniers obtinrent la victoire et que la Belgique entière -se trouvait subjuguée par elles, Bender défendit la forteresse de Luxembourg avec la plus grande énergie , et ne la remit aux assiégeants qu'après un blocus de huit mois et lorsqu'il se vit les vivres entièrement coupées par l'ennemi. La capitulation est datée du 5 juin 1795.
A sa sortie de Luxembourg Bender alla à Vienne où l'empereur François II, en récompense pour ses loyaux services le nomma commandant-général du royaume de Bohême.
Le feldmaréchal Baron de Bender est mort le 20 novembre 1798 , à l'âge de 85 ans dont 65 passées au service militaire. Il avait successivement appartenu à quatre régiments , fait 29 campagnes , et pris part à 12 batailles rangées ainsi qu'à 9 sièges de places-fortes.
HiKTBRFELD, Der Kiliter-Maria-Tlieresien Ordea ; I, 290, sq.
BENNINGK, Jean de. — Addition à cet article, page 57 du T. I de la Biographie.
D'après la généalogie de la maison de Straten ou van der Straten, éditée* par L. V. Gœthals, p. 41, note 1, Jean de Benninck était fils de Gérard , seigneur de Ryswyk près de La Haye, résidant à Amersfort, au diocèse d'Utrecht, et de Wilhelmine Vunck d'Amerongen , fille » de Guillaume Vunck d'Amerongen tué à la bataille de Ravensweeg , et d'Agnès d'Egmont , dame de Maerstrade.
Jean de Benninck- ayant perdu son père et sa mère pendant les guerres de re- * ligion fut soustrait aux persécutions des protestants, n'étant encore tgé que de quatre ans , et confié aux soins du car-
dinal de Grœsbeck, son parent , princeévêque de Liège , et à ceux du comte de Bticquoi, par son oncle maternel Jean Vunck d'Amerongen , chanoine du chapitre de Liège , membre du Conseil d'État du roi Philippe II , chevalier de Tordre de la Toison-d'or , garde des sceaux au Conseil suprême de Flandre, près de la personne du roi à Madrid , mort et enterré à Valadolid.
D'après le même ouvrage la femme de Jean de Benninck se nommait Marie- Anne Penninck, fille unique de Henri Penninck et de Françoise Cons table.
Henri Penninck était en grande estime à la cour de Marie d'Angleterre, fnt envoyé à Rome en qualité d'ambassadeur par son parent le cardinal Pol ; mais après la mort dn cardinal et de la reine Marie , il émigra en Espagne à la suite du dnc de Feria ambassadeur de Philippe II à Londres.
Philippe II nomma Henri Penninck gentilhomme de sa cour et lui assigna- une pension sur les domaines des Pays-Bas.
Outre la fille de Jean de Benninck , qui devint l'épotase d'Eustache de Wiltheim, l'ouvrage que nous avons cité en tête de cet article mentionne encore un fils et une fille du Président du conseil provincial: Jean-Guillaume de Benninck, qui fut capitaine d'une compagnie allemande au régiment du prince Alexandre de Chimay, tué au siège de Bréda, et Antoinette de Benninck, mariée 1° à Nico- , las de Boileau, seigneur de Pouhon, Bihain , Malempré et Villegiau ; 2° avec N. de Manteville.
Gobthals, Généalogie de lamabon deStreten, 41, note.
BERNARD, Jean-Pierre-Charles, est né à Wiltz, le 2 juillet 1782, fils de Charles-Théodore Bernard , notaire , et de Marie-Catherine Simon. Après avoir reçu une première instruction à l'école de son endroit natal il fut envoyé à St. Hubert oh il était parvenu jusqu'en poésie lorsque ayant atteint l'âge de vingt ans il se vit inscrire sur le contrôle de la milice. Con-
scrit de l'an onze (1802) il paraît que, pour échapper au service militaire français , à cause de l'antipathie que les luxembourgeois nourrissaient contre leurs conquérants , il émigra : Cependant cette opposition aux lois n'ayant pas exempté son père de l'obligation de fournir un homme à l'armée afin de ne pas encourir les peines comminées contre les parents des réfractaires , celui-ci loua un remplaçant qui a été incorporé le onze pluviôse an XII (31 janvier 1803) dans le 108e de ligne.
Arrivé à Vienne , J.-P.-C. Bernard fréquenta pendant quelques mois l'école normale , puis ouvrit lui-même une école privée de langue française. Il donna également , paraît-il , des cours de la même langue danà un pensionnat attaché à l'institut Cajatan-Jannastasio dans la capitale de l'Autriche.
Vers 1813, c'est-à-dire dès que le»
événements politiques lui permirent de rentrer dans sa patrie , il revint à Wiltz où il commença également à se livrer à l'enseignement primaire , d'abord comme instituteur privé dans quelques familles aisées , ensuite et quelques années plustard en qualité de maître de l'école de la commune, après qu'en 1818 il eut obtenu un brevet du second rang.
Tout le monde sait combien était précaire à cette époque la carrière de l'instituteur, alors que l'État ne se mêlait pour ainsi dire pas de cette branche si intéressante de l'économie politique ; où les parents étaient libres d'envoyer ou de ne pas envoyer leurs enfants à l'école ; où les bienfaits de l'instruction étaient généralement méconnus du public et où le maître, faisant de ce respectable état nne véritable entreprise particulière , n'était tenu à aucune norme , à aucune méthode. Wiltz n'avait eu, à vrai dire, et jusqu'à cette époque qu'une école faite par un vicaire qui apprenait aux enfants à lire sur de vieux actes , et le catéchisme. Dès l'arrivée de Bernard cet ancien état des choses changea de face , à cause des
connaissances du nouveau maître et de f amour-propre qu'il mettait à faire progresser ses écoliers: il fit en effet de louables efforts pour faire sortir sa tille natale de l'ancienne ornière dans laquelle elle avait végété jusque-là, tellement qu'alors encore celui qui savait signer son nom était réputé savant. Et, on doit l'avouer à la louange de l'instituteur , il a formé un assez grand nombre de sujets qui, n'ayant fréquenté que ses leçons, sont parvenus à se créer d'honorables carrières. Mais nous ajouterons toujours que, malgré toute cette bonne volonté on était très loin encore d'avoir dans la populeuse et importante commune de Wiltz tout fait pour l'enseignement primaire qui resta facultatif jusqu'à l'organisation de l'école-modèle à Luxembourg et l'émanation des. lois protectrices de l'éducation.
Après l'inspection générale des écoles du Grand-Duché par Van den Ende , en 1818—1819, et dès la naissance delà société pour la propagation de l'instruction primaire dans le pays , les mérites de Bernard et sa longue expérience dans la carrière se trouvèrent parfaitement reconnus par la remise d'un brevet de premier rang. Le Roi , de son côté , attacha en 1822 à l'école de Wiltz un traitement personnel de 200 florins pour l'instituteur en chef» Outre cette somme Bernard percevait encore les rétributions des élèves solvables ; les indigents étaient instruits gratuitement.
D'un autre côté, alors encore et jusqu'en 1844 les sexes étaient mêlés et Wiltz ne comptait que deux écoles , l'une dite supérieure , sous la conduite de Bernard, l'autre, dite inférieure, dirigée par un sous-maître. Que ne fallait-il dès lors pas de surveillance , de travail et d'efforts pour enseigner à une centaine d'enfants, et souvent plus encore, les branches absolument nécessaires? Et cependant, nous l'avons déjà dit, Bernard a formé plusieurs bons élèves : sa méthode en effet était bonne et facile, son zèle infa-
tigable et ses moyens pour exciter Vé lation efficaces.
Le 11 mars 1842, c'est-à-dire encore avant la promulgation de la loi du 26 juillet 1843 sur l'organisation de l'instruction primaire, Bernard fut nommé par le Gouvernement inspecteur honoraire pour visiter les écoles des communes de Boulaide, Ekrlange, Mecher et Neunhausen ; et il s'acquitta de cette commission en honneur et conscience.
Dans son rapport annuel de 1843—44 l'inspecteur cantonnai d'écoles crut devoir donner à l'instituteur Bernard une mention des plus flatteuses que nous nom voyons engagé à transcrire ici: « Enfin, «y est-il dit, je ne puis terminer ce rap- «port sans faire la mention honorable «suivante de Mr J.-P.-Bernard , instituteur à Wiltz. Cet instituteur distingué «a donné depuis plus de trente années «et avec le plus grand succès l'éducation «et l'instruction aux enfants de la classe « aisée et de la classe indigente , et a «acquis les titres les plus nombreux et « les plus incontestables à la reconnais «sance et à l'estime des parents. Ce « digne maître a formé , indépendamment «d'une foule de candidats qui se sont « voués à la carrière de l'instruction , une «masse de jeunes gens remplissant digne» « ment différents emplois dans le Grand- « Duché et en Belgique. Pendant cet « hiver encore il a consacré les jeudis à «familiariser les instituteurs du canton « avec l'excellente méthode de Dupont et « a offert de donner gratuitement un cou» «d^ grammaire à ceux qui veulent se « rendre les jeudis à Wiltz pour y prendre « palrt. De pareils services et de tels sa- « crifices méritent d'être connus et publiquement. L'inspecteur d'écoles ne fait «donc que s'acquitter d'un devoir que «l'équité lui impose en rendant aumé»
«rite la justice que lui est due, et en «signalant à la commission d'instrue- «tion l'instituteur Bernard, comme trèe «digne de la mention la plus honorable.»
En effet, le N9 5 , 2* année du Cour-
rier des écoles renferme en tête sept lignes d'impression qui résument le passage qui précède (9 avril 1844).
Bernard prenait également en pension chez lui des jeunes gens externes qui tairaient son école dn jour et recevaient M outre le soir des leçons particulières. Pour lai d'ailleurs ce n'était pas assez de savoir Kre , écrire et calculer ; il voulait également enseigner à ses élèves les plus avancés Fart déclamatoire pour leur apprendre à débiter avec intelligence et aplomb les sujets qu'ils pourraient avoir à traiter oralement. Dansée dessein il avait bat arranger chez lui un petit théâtre sur lequel ses écoliers représentaient des pièces choisies et graduées d'après leur intelligence.
En septembre 1848 , se sentant cassé autant par les fatigues de renseignement donné pendant près d'un demi-siècle, que par le poids des années, Bernard donna sa démission comme instituteur en chef de la commune de Wiltz ; et cette démission ne fut acceptée qu'à regret par le conseil communal.
Enfin, par arrêté du 9 juin 1849, S. M. le Roi Grand-Duc « voulant récompenser «de longs et loyaux services rendus à « l'instruction primaire, et donner en même « temps un témoignage du haut intérêt que «Nous portons k l'enseignement et aux « instituteurs primaires dans Notre Grand- «Duché de Luxembourg» nomma J.-P.- C. Bernard, ancien instituteur en chef à Wiltz, Chevalier de l'Ordre royal grandducal de la Couronne de Chêne.
J.-P.-C. Bernard s'est éteint à Wilta, le 18 novembre 1849, à l'âge de 67 ans.
Bernard avait la réputation d'être un bon rédacteur, en français surtout; et il existe un assez grand nombre de compositions écrites de sa main. C'est lui entr'autres qui avait fait le texte de la requête que pendant les événements politiques de 1848 les habitants de la commune de Wiltz avaient adressée à S. M. Guillaume II, leur bien-aimé Roi Grand-Duc : cette pièce se distingue particulièrement par son style
élégant et sa phraséologie aussi coulante que correcte.
Eut cîril. — Notes communiçaées. — Mémorial dn Grand-Duc**, 1849, Cit. — Arckivet de la oommitiioa d'Instruction. — Arcaires dn Gouvernement — litres personnels. — ftohnlfcote, 9* année* N? tf* et *• année, 1849, £17, se;** — Arenfos communales de WUtn,
BERNARD, Pierre, fils de Jacques Bernard et de Catherine Hintgen, propriétaires très-aisés , est né à Guirseh daus le Luxembourg belge, au canton d'Àrlon, le 19 janTier 1782.
Le jeune Bernard n'était âgé que de trois ans lorsque ses parents allèrent s'établir à rentrée de la Tille d'Arlon, à l'endroit même où la Semoy prend sa source. Ils y bâtirent une tannerie et l'exploitèrent.
Dès son enfance Bernard manifesta les dispositions les plus décidées pour la rie religieuse. Doué d'une intelligence précoce et ayant reçu déjà vers l'âge de sept ans, comme cela se pratiquait à cette époque, le sacrement de confirmation des mains del'évêqued'Ascalon, suffragant de Trêves, on le vit dès lors se distinguer parmi tous les enfants de son âge , à l'école par son application et ses progrès, à l'église par son assiduité et sa tendre dévotion. Son plus grand plaisir était de servir la messe et d'aider à orner les autels; aussi remarquait-on déjà en lui un ardent désir de se consacrer un jour à Dieu dans le sacerdoce.
Malheureusement les temps n'étaient nullement favorables aux études qui mènent à Fétat ecclésiastique : d'un côté la révolution française avait pénétré dans le pays et tari les sources de ces études par la suppression des couvents et la persécution du clergé; de l'autre, les parents du jeune homme réclamaient sa coopération aux travaux de la tannerie qui les faisaient vivre ainsi que leur nombreuse famille.
Peu à peu la persécution se ralentit et Pierre Bernard put recevoir quelque instruction en se rendant tous les soirs après le travail chez un ancien père carme réduit
à tenir école. Croissant, dit son biographe, en âge et en sagesse comme son divin modèle , il se montrait partout fervent chrétien, et se prononçait ouvertement en tonte occasion contre le blasphème et les désordres moraux.
Un incident vint momentanément changer sa situation. Un jour le commissaire du gouvernement français résidant à Axlon demanda au père carme de lui procurer deux jeunes gens de bonne conduite et ayant une belle écriture, pour être employés comme copistes ou commis dans ses bureaux. Le choix tomba sur Bernard et sur un de ses amis ; mais au bout de quelque temps ce compagnon s'étant laissé attirer par l'appât des biens ecclésiastiques , dits biens noirs qui se vendaient alors à vil prix, Pierre Bernard se sépara de lui à jamais, et bientôt après il quitta les bureaux du commissaire , croyant que sa conscience ne lui permettait pas même de se faire le copiste des actes de spoliation qui se commettaient dans ces tristes temps.
Il reprit donc ses occupations à la tannerie paternelle ; mais poursuivi sans cesse par l'idée d'embrasser l'état ecclésiastique, pour lequel il se sentait une vocation irrésistible, il cessa tout-à-coup de travailler ; et, comme sorti d'une profonde méditation, il s'écria d'un ton décidé : « Mes amis « c'est fini, je m'en vais étudier pour me « faire prêtre. » Ses parents approuvèrent sa résolution que du reste ils avaient depuis longtemps prévue , et le même jour il fit ses adieux à la maison paternelle et partit.
Il ne nous a pas été donné d'apprendre où il a fait ses humanités ; toujours est-il établi que le 13 novembre 1801 il était à Liège, d'où il se rendit vers cette date à Louvain pour s'affilier à l'ordre des Jésuites, dans une congrégation nouvellement formée sous le nom de la foi de Jésus, congrégation destinée à être le noyau de la Compagnie d'Ignace de Loyola dans les pays catholiques lorsque celle-ci pourrait être rétablie.
Toutefois et malgré cette affiliation il paraît que Bernard acheva d'abord ses études dans son pays; car un peu plus d'un an plus tard il était élève en théologie au séminaire de Metz. Devenu prêtre il ne lui fut plus, possible de suivre sa tendance pour être admis Jésuite : Paccanari, qui avait établi la congrégation religieuse dont nous avons parlé, avait disparu, et son association n'avait plus qu'une existence précaire. Quelques-uns de ses membres étaient entrés dans la compagnie de Jésus rétablie seulement pour la Russie par Pie VII en 1802; les autres attendaient des temps meilleurs et les virent enfin arriver lorsque le même pontife, par sa huile solennelle du 7 août 1814 rétablit l'ordre des Jésuites dans tout l'univers. Pour Bernard , son désir de faire partie du corps ne fut accompli que quatorze ans plus tard.
Nous avons dit qu'en 1804 il se trouvait au séminaire de Metz où il reçut le 24 mai la tonsure et les ordres mineurs, et le lendemain le sous-diaconat , des mains de l'évêque P.-F. Bienaymé dont il était diocésain. L'année suivante il fut promu au diaconat et le 22 mars 1806 à la prêtrise : il avait alors à peine accompli sa vingt-quatrième année, âge requis pour être élevé au sacerdoce.
L'empire français était alors à l'apogée de sa gloire, et rien ne donnait lieu d'espérer le rétablissement prochain des ordres religieux. D'ailleurs le jeune prêtre comprenait combien il était convenable qu'il rendît avant tout dans son diocèse les services que son évêque pouvait réclamer de lui, surtout dans un temps où, par suite de la fermeture des séminaires et de la longue persécution du clergé, la pénurie des ministres des autels se faisait vivement sentir. Il fut donc immédiatement envoyé comme vicaire à Thionville, et y exerça le saint ministère avec autant de prudence que de zèle. Au bout de trois ans, en 1809, son évêque ayant reconnu tout le bien qu'il y faisait, jugea qu'il en ferait encore davantage dans son
pays natal, on Ton parlait les deux langues, française et allemande, et qu'en particulier, en sus de l'accomplissement de ses devoirs sacerdotaux il y trouverait le moyen et le temps de former quelques nouveaux élèves pour le sanctuaire qui en manquait toujours.
En effet, à peine fut-il installé à Arlon en qualité de vicaire, qu'il annonça son dessein de donner des leçons aux jeunes gens qui se sentaient disposés a embrasser l'état ecclésiastique : il en réunit un certain nombre et les forma si bien à la science et à la vertu que la plupart devinrent ensuite des prêtres aussi instruits qu'édifiants et zélés.
Ces anciens disciples ont conservé pour leur maître une grande vénération : ils le regardaient comme un saint; ils mettaient un soin extrême à proGter de ses leçons et suivaient ses avis avec la plus grande docilité. Les habitants d' Arlon nourrissaient pour lui les mêmes sentiments. « Quand « il prêchait , dit son biographe* on aurait ce entendu voler une mouche dans l'église, ((tellement on se tenait tranquille pour <( l'écouter. » Le soir il allait visiter ses malades , et souvent il priait dès heures entières- auprès dû lit d'un moribond. Il circulait fort tard dans les rues pour 'faire rentrer chez eux les jeunes gens et les filles : tous avaient conçu de lui une crainte religieuse qui leur commandait l'obéissance; enfin tous ceux qui l'ont connu ne tarissent pas en faisant son éloge.
Cependant des événements inattendus avaient changé la face de l'Europe , et le Luxembourg ayant cessé de faire partie de la France, Éernard, après neuf ans de services diocésains se crut plus que jamais libre de suivre son inclination qui rappelait à la Compagnie des Jésuites.
Un noviciat existait depuis peu au Château de Destelbergen près de Gand sous la direction du P. Fonteyne: il s'y rendit et y fat admis le 27 octobre 1815. Il s'y montra tel qu'il avait été dans le monde, assidu à toutes les observances de la règle, détaché de lui-même et intimement uni à
Dieu par la prière , et surtout pratiquant en toute occasion cette sainte conformité à la volonté divine qui dès lors fut toujours sa vertu caractéristique. Comme Dieu U veut, était sa maxime favorite , et il s'habitua tellement h se la répéter qu'elle paraissait le rendre insensible à tout ce qui aurait pu le contrarier, comme plus tard elle le fit supporter avec une inaltérable patience les douleurs et les infirmités qui achevèrent de le placer en réputation de sanctification.
Le 7 juin 1816 la force armée vint, par ordre du gouvernement , - sommer, les jésuites de quitter à l'instant le château de Destelbergen et de se disperser. Dans la prévision de cette mesure administrative, l'évêque de Broglie était venu lui-même peu auparavant les inviter à se réunir, le cas échéant, dans son palais épiscopal dont il mettait tout un étage à leur disposition : ils s'y réfugièrent. Mais comme il n'y avait pas assez de place pour les loger tous, plusieurs furent envoyés dans les villes de la Hollande où les catholiques avaient des prêtres missionnaires. Le P. Bernard, quoiqu'encore novice de la première année, fut jugé si ferme dans sa vocation et si solide dans la pratique des vertus religieuses que ses supérieurs l'envoyèrent seul à LaHaye auprès d'un prêtre séculier français, l'abbé Flament, jadis bibliothécaire du roi Louis Bonaparte, pour l'aider dans la desserte de la chapelle catholique de l'ambassade d'Espagne. Il y demeura plusieurs années, partageant entre la prière et l'étude le temps que lui laissait l'exercice du saint ministère. Plus tard d'autres pères s'y établirent, et ce fut ainsi que se forma et se consolida la mission des Jésuites à LaHaye ou l'on voit actuellement l'une des plus belles églises catholiques de la Hollande, bâtie sur les plans de l'architecte Suys père , de Bru* xelles.
En 1818, les Jésuites belges, chassés de leur dernier refuge avee ordre de se retirer dans leurs familles, prirent une mesure extrême pour rester fidèles à leur
vocation: ils t'expatrièrent, à l'exception de deux on trois pères qui restèrent isolés dans le pays. La plupart se rendirent en Suisse où la Compagnie était admise. Ne pouvant obtenir des passeports ib franchirent à pied la frontière de Franee et arrivèrent au collège de Brig dans le canton dn Valais. Quelque temps après , les Jésuites dispersés dans les Pays-Bas et dans l'Allemagne septentrionale ayant été soumis à la juridiction du supérieur-général des missions suisses avec lesquelles ils for* mèrent plus tard une province de l'Ordre, le père Bernard fut appelé à Brig vers l'an 1832. Cette même année le P. Roetr haan, qui fut depuis général de l'Ordre, fut chargé de prêcher la mission en allemand dans les bourgades du Haut-Valais, et le P. Bernard fut Pan do ceux qu'on lui donna pour compagnons. Quoique son organe fit faible , il ne laissa pas de tour cher vivement son auditoire aussi bien par le feu de ses paroles que par le maintien modeste et religieux de sa personne , et contribua pour sa part au suocès tout h fait extraordinaire qu'eurent ces différentes
Le P. Bernard continua à exercer le ministère évangélique à Brig ; mais sa santé n'étant notablement détériorée par suite de l'âpreté du climat, on l'envoya au collège de Sion oh l'air est beaucoup plus doux.
Pendant rété de 1824 le provincial ayant résolu d'entreprendre un long voyage en Allemagne, en Hollande et en Belgique, pour visiter ses subordonnés, le P. Bernard Art désigné pour être tout h la foin son compagnon, son secrétaire et son économe. À son retour ses supérieurs ayant remarqué m grande aptitude h l'économat, loi confièrent immédiatement l'emploi de procureur du pensionnat qu'en venait d'ouvrir à Ifcig: il fexerea deux ans de suite. Dans cet intervalle , on l'admit aux derntsi* vœux prescrits par les règles de rOrdre, le 15 août 1826.
Oa l'envoya ensuite ouvrir un collège de commençants h Estavayer, petite ville
du canton de Fribourg. Il y fut d'abord simultanément supérieur et professeur; mais dès l'année suivante on établit dans cette maison un noviciat; bientôt oa y bâtit une église, et le P. Bernard fi* chargé en même temps des fonctions de procureur, de préfet des classes , de père spirituel et de confesseur pour le publie. Sa procure, bien que plus compliquée que celle de Brig, était tenue avec le mène soin ; comme préfet il ne manquait pas un seul jour d'être présent à l'entrée et à la sortie des élèves, et les visitait souvent dans leurs demeures; enfin, par suite de la vénération et de la confiance qu'il inspirait il avait un confessionnal très fréquenté et y passait chaque jour un temps considérable; en un mot il s'uequitta à Estavayer de ses différents emplois avec son zèle accoutumé pendant environ sept ans, c'est-à-dire tout le temps qu'il demeura encore en Suisse.
Enfin, le 13 septembre 1833, le P.
Bernard quitta Estavayer, et après s'être arrêté quelque testpe à Fribourg il arriva au collège d'Alost oh U devait passer les vingt-sept dernières années de sa vie h remplir les offices de procureur, de confesseur du peuple et de père spirituel de Ses confrères.
Ici plus d'événements variés, mais une vie constamment uniforme, retirée en Bien et dévouée au prochain. A peine avaifril mis dans sa procure l'ordre auquel il s'était habitué de longue main, qu'il se fit un règlement de vie tel qu'il ne perdit pas une minute du temps qu'il pourrait consacrer successivement à la prière, h l'étnde et au saint ministère. U suivait aveu la phm grande régularité les exercices de la communauté; mais peur gagner dm temps, tout en se lèvent avant les antree h quatre heures du matin, il obtint de sen supérieurs In permission de dîner après la table avec les frères qui la servent, et de retarder son souper jusqu'après dit heures du soir: il prenait aie» avee un verre d'eau quelques restes de posées de terre que le cuisinier laissait *» tar
quand on allait se coucher, et ne se mettait guère au lit que vers minuit. Il donnait pour motif de ce régime, qu'ayant habituellement l'estomac faible , les pieds malades et la marche pénible , il était obligé de mener une vie sédentaire et frugale ; qu'il prenait en cas de besoin quelques instants de repos pendant le Jour, et que par la sobriété il se conservait et prolongeait la vie.
Chaque année il se composait un calendrier de douze pages, contenant sur chaque page, en huit colonnes verticales, les jours du mois, ceux de la semaine, l'intention à laquelle il célébrait la messe, le nombre des confessions qu'il entendait chaque jour, celui des confessions générales, celui des visites à ses malades, etc., enfin une large colonne d'observations ou il annotait entre autres les noms de ses malades au jour qu'il les faisait administrer et au jour de leur décès, les noms de ses supérieurs à leur entrée en fonctions, les noms des confrères dont on lui annonçait le décès et de ceux qui Tenaient le visiter en passant par Alost.
Il ne sortait que pour la visite journalière à ses malades. Au collège il se tenait constamment à sa chambre pour travailler, on à l'église pour prier ou confesser. Son confessionnal devint en peu de temps très fréquenté, surtout par les pauvres, les campagnards et les pécheurs qui désiraient se convertir. « Il savait si bien , dit son «bioqraphe, ramener à Dieu les Ames « égarées, il les écoutait et les interrogeait « avec une si aimable patience , les lais- « sant revenir aussi souvent qu'ils le dé- « «iraient, enfin 11 les exhortait si vivement « au repentir, qu'on disait partout , qu'aie près avoir fait une confession générale « auprès du P. Bernard, il n'y avait plus « à s'inquiéter des péchés passés. » Aussi accourait-on à lui , non seulement de la ville et des environs, mais de plusieurs lieues à la ronde. Tous les jours de la semaine il passait plusieurs heures au confessionnal; les veilles des jours fériés il y restait jusqu'à dix heures du soir, et
les dimanches et fêtes jusqu'à l'heure de midi ; de sorte qu'après le diner on donnait encore la communion à des gens qui avaient attendu leur tour de confession depuis le grand matin.
Vers 1849 les forces du P. Bernard commencèrent à baisser, au point que ses supérieurs jugèrent à propos de le décharger des soins de la procure. Cette même année il eut pour la première fois les pieds endoloris au point de ne pour voir se rendre au confessionnal. Pour ne point perdre ce temps il l'employa à faire sa retraite annuelle de huit jours; mais soit la fatigue de ces exercices, soit toute autre cause, à peine l'eut-il achevée qu'il fit une maladie qui le retint au lit pendant trois semaines.
Deux ans plus tard il eut longtemps à souffrir d'ulcères atoniques aux jambes et qui le mettaient souvent à l'impossibilité de faire un pas : son estomac déjà bien faible ne digérait presque plus; enfin il était dans un tel état de marasme qu'il se croyait arrivé à la fin dé ses jours. Il se rétablit cependant peu à peu mais sans recouvrer ses anciennes forces ; il resta plus ou moins languissant et hors d'état de se livrer à ses travaux ordinaires. Comme il s'affaiblissait insensiblement, il crut ne devoir cesser de s'occuper de la manière qu'il croyait la plus utile pour sa sanctification. Il avait dû cesser ses visites ordinaires aux malades, surtout depuis que la difficulté qu'il avait de marcher l'eut fait tomber différentes fois au milieu des rues ; bientôt il fut pris d'une surdité qui l'obligea de renoncer même au confessionnal.
11 demanda alors à ses supérieurs et obtint la permission d'employer les heures de son loisir à restaurer et à recueillir les brochures de la bibliothèque de la maison, et d'aller assister tous les jours au salut du Saint-Sacrement à l'église paroissiale. Une bonne partie de son temps était consacrée à la prière, une autre à la lecture qu'il faisait parfois en se promenant à pas lents dans la cour des élèves. 11 arriva ainsi le 29 janvier 1859, jour au-
quel en tombant à terre tout de son long il se fractura la jambe et se fit désormais complètement privé de tout usage de cette partie du corps. Il demeura dans cet état pendant vingt mois, gardant presque constamment le lit , et faisant d'inutiles efforts pour se tenir un instant debout lorsqu'on le relevait pour le mettre dans son fauteuil ; du reste il était sain de corps et d'esprit, et passait son temps à prier , à lire ou à recevoir les visites des pères et des élèves que conduisait auprès de lui le désir de s'édifier, tout autant que la charité fraternelle.
Au commencement de septembre 1860 il fut atteint d'une attaque d'apoplexie qui lui paralysa tout le côté gauche. Le 16 du même mois son état s'aggrava et le 29 suivant à 5 heures du matin, un dernier souffle respiratoire, presqu'imperceptible, mit fin à sa vie de 78 ans, huit mois et dix jours , dont 45 avaient été passés dans l'ordre des Jésuites.
Toutes les personnes qui ont connu le le R. P. Pierre Bernard attestent que pendant toute sa vie il a été un sujet d'édification, ne cherchant en toutes choses que la gloire de Dieu et le salut du prochain.
Il avait une tendre dévotion envers le Sauveur dans l'Eucharistie, et passait des heures entières à prier dans l'église lorsque ses occupations le permettaient. Tant qu'il le put il ne laissa pas un seul jour de dire la messe. Les dernières années de sa vie il devait souvent attendre fort tard avant de pouvoir remuer ses jambes ; et malgré cela il restait à jeune jusqu'à ce qu'il se sentit la force de marcher jusqu'à l'autel et de s'y tenir debout. Quand ses infirmités le retenaient dans sa chambre il avait soin de se faire administrera communion, et pendant tout le temps qui se passa depuis sa chute il ne manqua presque pas un seul jour de communier. Il regrettait alors vivement de n'avoir plus le bonheur d'offrir lui-même le saint sacrifice, toutefois en se disant toujours : « Gomme Dieu le « veut. »
11 avait, en outre une vénération singulière envers la vierge Marie. Tous les jours, il récitait le rosaire en son honneur et se préparait à ses fêtes avec un soin tout particulier.
Autant il aimait Dieu et le prochain pour Dieu, autant il avait de mépris de luimême. II se croyait un ouvrier inutile et indigne des soins qu'on prenait de lui. II cherchait avec une certaine avidité à se nourrir des restes de la table. Des cuisiniers ont attesté que , soupant fort tard à la cuisine, au lieu de prendre ce qui lui était destiné , il se nourrissait souvent de ce que les pauvres n'auraient pas voulu. Ua jour quelqu'un lui demanda ce qu'on ferait de lui si des émeutiers, à l'occasion des discussions si orageuses sur la loi de la bienfaisance publique, envahissaient la maison : « Qu'on me jette dans la Dendre », fut sa réponse. Il balayait lui-même sa chambre, faisait son lit, nettoyait sa lampe, préparait son feu et ne souffrait pas qu'ut autre vînt lui rendre aucun de ces services que la règle des Jésuites permet de rendre aux religieux avancés en âge ou livrés à des occupations plus importantes. Dans la maladie, tout était bien pour lui,, il prenait les potions les plus désagréables sans la moindre répugnance et ne se plaignait jamais de rien. Il fut toujours un modèle d'obéissance.
Lorsqu'il eut rendu le dernier soupir on exposa son corps revêtu des habits sacerdotaux dans une vaste salle à l'entrée du collège. C'était un samedi, jour de marché. Aussitôt la salle fut encombrée de visiteurs qui venaient lui faire une dernière visite et touchaient encore, par vénération, des chapelets, des bijoux et même quelques militaires leurs décorations à ses restes inanimés, tant l'opinion publique était convaincue de la sainteté de ce vertueux vieillard.
 son inhumation au cimetière d'Erembodegem , des milliers de personnes de tout rang assistèrent au cortège, autant pour obtenir l'intercession du défunt que pour honorer sa dépouille mortelle.
- *li —
t «ml te Gril**. - A. V« bttai», Tfotioe *ar le Aéfémnd Pè«e Pitme Berflar*» 4e fe €•»]*• nie de Jétwii Alott, 1861 * io-8», 39 piges. — Rotee eoamttniqiiéet.
BERTRANG, Franco**, fits de Jacques Bertrang, instituteur priaurire, *el de Barbe Jtediag, est né à fngektarf, commune moderne d'ErpeMaoge au canton de DSekiacb, Je 25 juin 1*S3.
Entré pour aitisi dire dès le berceau «dans la carrière de Hntftruction publique, le $eût de l'étude et l'amour de la science Réveillèrent de benne heure dans l'esprit •du jenne Bertrang qui se distinguait toujours panai ses «camarades par son applî- <cation et par ses étonnants progrès. Son père, un des meilleurs instituteurs de cette époque, «eurrissait soigneusement cette rare intelligence et aimait à se bercer 4e l'idée de faire de ce fils chéri un instituteur distingué. Et en effiet, les capacités eatxaordinaires de ce dernier , jointes à son appliottioa sans exemple, ne pouvaient pas le tromper : François Bertrang profitait tellement des leçons de son père qu'à peine âgé de douse ans il savait déjà parfaWemant la grammaire élémentaire française et attamande, aînsi que l'arithmétique proprement dite, de manière à poutofr oentenaMement remplacer son père dans ses Jeeeas privées. Hais «es connaissances élémentaires ne suffisaient pas à son désir 4e savoir ; il voulut aller plus loin , très loin dans le vaate 4hamp de l'instruction. Comme il était doué d'une aptitude très grande pour les sciences exactes, son père lui procura des manuels d'algèbre , de géométrie, de physique et de chimie que le jeune homme étudia avec tant de Moataoee et deaèle que, sans guide comme aeas professeur il savait h l'âge de 20 ans oes sciences aussi loin qu'efles sont en* aefgaées h l'a&éaée de Luxembourg dont il avait même dépassé le programme. Il cultivait en outre et avec non moins d'application et de succès les sciences naturelles , les langues savantes , l'histoire et la géographie, au point que M. Coune, prélat des études h l'Athénée d'Anvers a
pu dire de lui avec vérité dans son éloge funèbre: «Mathématicien profond, Berce trang n'était pas un savant exclusif; il €< aimait la littérature , la philosophie et «f histoire, et en parlait très pertinem- « ment. » Bertrang se distinguait également par ses connaissances linguistiques , et savait aussi bien manier la plume que faire jouer les lettres algébriques et les figures géométriques : Son plan d'études pour ses loisirs portait tantôt une leçon de mathématiques suivie d'une leçon de latin ; tantôt une leçon de physique ou de chimie suivie d'une de grec; les leçons d'allemand et de français occupaient les dernières heures de la journée, II ne mettait pas d'interruption dans les études qui formaient son occupation continuelle. Son délassement journalier après la tenue de son école, c'était encore l'étude comme ses récréations du jeudi et du dimanche ainsi que ses excursions pendant les vacances. Barement en effet il prenait part aux distractions ou aux amusements et aux plaisirs de la jeunesse. De là aussi ce sérieux imposant qui Ta toujours caractérisé.
Le père Bertrang regrettait depuis longtemps que ses moyens ne lui permettaient pas d'envoyer son studieux fils dans un établissement d'instruction d'humanités, lorsqu'une occasion favorable pour satisfaire les désirs du fils de même que ceux du père se présenta: En 1838 une section normale fut annexée au collège de Diekirch. Elle était destinée à former des instituteurs primaires pour la partie allemande du Luxembourg. Afin d'y appeler des élèves, la commission directrice accordait des subsides , qui provenaient de collectes particulières. Informé de cette circonstance, le père Bertrang se hâta d'y faire admettre son fils qui, pendant les trois ou quatre semestres qu'il suivit les cours ne cessa <k se distinguer par sa bonne conduite et ses progrès rapides. Rentré sous le toit paternel il fut immédiatement nommé instituteur h Sampont , commune de Hachy dans le canton d'Etalte. Il y resta deux ans, après lesquels, poussé par son avidité d'appren-
dre , il pria son père de l'envoyer encore pour quelque temps à la section normale attachée au collège de Virton, parce qu'il désirait se perfectionner davantage dans la langue française qu'il affectionnait beaucoup. L'année suivante il se fit nommer instituteur à Sterpenich, où, agité du plus ardent désir de s'instruire , il voulut encore, malgré les observations de son père, fréquenter pendant un semestre d'été, les cours de l'Athénée d'Arlon , fixant les
leçons de son école aux heures matinales
et au soir, afin de pouvoir faire la course Se quelques kilomètres pour se rendre à Arlon. C'est là qu'il arrêta la direction définitive de ses études mathématiques comme il parvint à vaincre toutes les difficultés qui s'étaient jusque-là opposées à son avancement.
Ce furent là toutes les études gymuasiales de Bertrang, si l'on peut donner ce nom à de courtes, quelquefois très superficielles présences aux écoles normales : ce n'a dès lors pu être que son application privée et particulière qui a pu le mûrir pour le préparer à comprendre les leçons universitaires. Se croyant assez avancé pour pouvoir se perfectionner de lui-même à l'aide de bons manuels , il rejoignit sa famille; et, après une année d'interruption dans les fonctions d'instituteur, comme après s'être encore livré à d'assidus travaux en mathématiques et en littérature, il obtint en 1840 la place d'instituteur à Gontern. Un peu plus tard fut érigé le contingent fédéral luxembourgeois, et le jeune Bertrang, fort en mathématiques , se décida , à l'instigation de quelques camarades, à y prendre service, se berçant de l'idée que dans peu de temps il obtiendrait les épaulettes de Lieutenant. Mais quelques jours de séjour à la caserne d'Echternach suffirent pour le dégoûter d'une carrière pour laquelle il semble qu'il n'avait jamais eu de véritable vocation. Il revint donc chez son père, qui pour lors était instituteur à Sandweiler, et occupa en attendant auprès de lui le poste de sous-maître jusqu'en 1845 ou il obtint
l'école de Dudelange. Il y continua comme il l'avait fait jusque-là , à se livrer constamment à ses études. Marié Tannée suivante, la vie de famille loin de mettre fin à son application, voir même de la ralentir seulement, ne faisait que lui inspirer de jour en jour plus de goût pour les études; et plusieurs fois on l'a entendu dire qu'il fallait qu'il devînt professeur. La même année il remporta le premier prix , à la presque totalité des points, au concours tenu à Luxembourg en octobre entre les instituteurs du troisième rang. L'année suivante il obtint un brevet du deuxième degré après avoir subi son examen avec la plus grande distinction. Vint 1848 , année fatale aux écoles comme aux instituteurs. Bertrang, indigné de voir les maîtres d'école en butte aux vexations et aux tracasseries des communes, combattit noblement les adversaires de l'enseignement primaire , moins pour lui que pour ses collègues , car ses connaissances étendues lui disaient hautement que quelques années plus tard il occuperait la chaire professorale que depuis. longtemps il ambitionnait. Aussi, dégoûté des fonctions d'instituteur primaire qui enchaînaient trop son esprit libéral, il prit le parti de sortir aussitôt que possible d'une carrière qui ne pouvait plus convenir ni à son caractère ni à ses connaissances étendues. Dans ce dessein il redoubla d'ardeur dans ses études , et se rendit capable de subir en 1849 l'examen de maturité avec les élèves de la première classe de l'athénée de Luxembourg, obtint son diplôme, donna sa démission et se fit, quelques mois plus tard, inscrire sur le tableau des élèves de l'université de Liège: Une circonstance est surtout remarquable dans sa réussite à l'examen de maturité , c'est que jamais il n'avait suivi un cours de langues anciennes. Il avait dès lors appris de luimême les langues grecque et latine!
Plein de confiance en lui-même, il remit sa femme et son fils entre les mains de ses beaux-parents et se rendit à Liège, avec la ferme résolution de par des efforts
suprêmes , terminer en peu de temps ses étodes universitaires et obtenir les honneurs du doctorat; et en effet, il sut si bien diriger ses travaux que le 16 avril 1851 il subissait l'épreuve préparatoire de philosophie; le 6 août de la même année la candidature en sciences; enfin le 30 mars 1853, il était proclamé Docteur en sciences mathématiques et physiques, avec une grande distinction. «Ainsi, dit «M. Coune, dans son discours funèbre tique nous avons déjà mentionné, trois «ans et demi lui avaient suffi pour se « préparer au plus difficile de nos examens * universitaires. » ,
Arrivé au terme des espérances de sa noble ambition , Bertrang se hâta de rejoindre sa famille et ses vieux parents, sûr de trouver bientôt la place de professeur tant désirée par lui. Comme à cette époque le traitement du corps enseignant ne répondait point, dans le Grand-Duché, à la dignité de ces fonctions, Bertrang, qui était connu partout et admiré pour «es connaissances , prit le parti de demander la naturalisation belge. Il l'obtint et fut immédiatement après nommé professeur au collège de Virton (Janvier 1854) . En 1857 il était désigné professeur de mathématiques à l'athénée de Hasseit et quelques mois plus tard il obtint la même chaire k celui d'Anvers (1858).
Bertrang, au comble du bonheur dont il était Tunique artisan, devait espérer pouvoir courir encore une longue carrière. Mais il comptait sans la Providence ! A peine arrivé à Anvers il ressentit les premières atteintes sérieuses d'une maladie qui devait le consumer. Depuis longtemps -peut-être il avait porté le germe de cette •affection de langueur , mais il en ignorait l'existence; il ne savait même pas qu'il était sérieusement atteint ; car quelques mois seulement avant sa mort il n'avait conçu que de légères appréhensions contre tune maladie , disait-il , qui pourrait durer longtemps. «Cependant quelque poi- «gnantes que fussent ses souffrances, « continue Jf. Coune, jamais l'énergie de
«son caractère n'en parut affaiblie, ja- « mais son zèle ne se ralentit. Que de « fois n'ai-je pas dû lui reprocher son im- « prudence et le forcer k rester chez lui ! «Que de fois sur son lit de douleur, « n'ai-je pas dû lui imposer silence , quand « je le voyais consumer ce qui lui restait « de force , à me parler de la science , à . « m'entretenir de ses classes et de ses « chers élèves?» Pendant sa longue maladie Bertrang continuait ses cours, tant que ses forces épuisées le lui permirent. Vers la fin de novembre 1860 il dut y renoncer parce qu'affaibli et presque consumé il ne traînait plus qu'une vie pénible, qui s'éteignit le 10 mars 1861 , à l'âge de près de 38 ans seulement.
Les succès éclatants que Bertrang avait obtenus k l'université et les connaissances pratiques qu'il avait acquises comme instituteur primaire, faisaient de lui un sur jet d'admiration générale. Ses supérieurs, ses collègues , ses amis , ses élèves , tout le monde enfin savait apprécier ses talents et ses mérites. « Professeur conscience cieux et zélé, dit M. Coune, nous IV « vons vu constamment dévoué k ses de- «voirs, pendant les trop courtes années «qu'il a passées parmi nous, toujours «calme et maître de lui malgré la souf- « france , doux et affable pour ses élèves, «bon et affectueux pour ses collègues.
« Son cœur renfermait des trésors de rigide « loyauté , de franchise , de dévouement^ «d'honneur et surtout d'amour pour sa fa- « mille. »
Revue de l'instruction publique en Belgique; 9* série, T. TV. âTril 1861, p. 145 sqj. - Discours prononcé* sur lu tombé, pur M. Coma, préfet dé* études.-Etut cMl de lu tUI* de Diekirch et 4*A»~ t ers.— Notes et renseignements fournis pur lu famille. — Courrier du Grund-Ducné. — Les journaux de lu Tille d*Anyers.
BLAISEL, Camille f marquis du, est né k Luxembourg > un 1771, d'une firmille patricienne portant: écartelé; aux 1 et 4 d'hermines à six fusées de gueules", rangées en fasce; aux 2 et 3 d'or, à trois bandes d'azur* Si nous conférons les dates,
nous m serons pas éloignés d'admettre ee personnage oomme fils de Antoine-Joueph-Aoguste-Louis , comte du Biaise! , seigaear de la Neuville , de Preaoourt , «te, , chevalier de Saint-Louis , maréchal des camps et armées du rei de France, colonel de ses gardes du eerps , eompagaie éeossaise , etc , et de Marie-Barbe- Josèphe , baronne d*Huart , dame de Rédange, laquelle , mariée le 10 septembre 1769 , est morte le 27 juillet 1772 , et repose sous une tombe en marbre , dans l'église d*Ober-Korn , commune de Dtfferdange.
Quoiqnftl en scflt , Camille du Blaisel entra k l'âge de 18 ans en qualité de lieutenant dans le oorps-franc-veiti dit de London autrichien* Sa 1791 H fut nommé prenûer- lieutenant des volontaires O'Doneil et la suivante transféré dans les ehasseurs Le Loup. Au esoarmouehes entre les avant-postes pris de la Croix- «a-bois , le 1* septenAre 1T92, ou du Blaisel obtint eomme on dit le baptême du feu et montra le plus courageux sang- Ikroid, on biseayen lui fracassa le bras gauche. Dis que sa blessure fat guérie H se hâta de rejoindre sa compagnie et trouva à l'assaut do Vateocieanes , le 25 juillet 1793 , ^occasion de gagner la croix de Marie-Thérèse qui lai fut décernée le 7 jufflet 1794 : Il avait été détaché arec 25 chasseurs vers le général anglais Aberoromby , et s'avaneaat h la tête de sa eolonne il fat un des premiers à sauter pardessus les palissades, à pénétrer dans le fossé, à s'emparer de l'ouvrage près de Je parte de Mous avec les trois cajsdbs q*i s'y trouvaient braqués et enfin à ae retirer de nouveau dans le fessé , *ur des ordres supérieurs et à garder son poste jusqu'à ce qu'il en fut relevé. Au mois d'août de la même année il fut nommé capitaine et assista avec ce grade à la canqpagae du Rhin de ITfS. Au mois d'octobre 1796 il fet transféré dans le bataillon des artilleurs-fesiliers. Pendant la seconde guerre contre la France , en septembre 179», du Blaisel obtint son
eongé avec le rang de major et m tfflfoa h Prague oh il mourut le S4 juillet IMS.
HimNMt», Der militer Hftria-Tkeraua-Orte, I» 451 ; II, i7OT.— n*mt Hbtaiie de la tctfMrie-baronic 4e Jamoiçat et de m teignons. «-Ettt tïmù de U ville de Lasemkeaig.
BLANCHART, IHuncfort ou Blanquard, la famille de. — Biographie, T. I, p. 74. — Il résulte de renseignements positifs 91e nous avons reçus depuis l'impression de eet article, que nous avons versé dans une erreur lorsque nous avons admis d'après le nobiliaire de Robens, cité parmi nos sources, que les Blanchart de France, de Lorraine et du Luxembourg auraient une source commune avee ceux dits d'Abr* weiler ou d'Odenhausen*
Ces deux races ne sont aucnnémaat parentes et elles portent même des arums tout )i fait différentes ; Tune ayant, eomme nous l'avons dit daas le texte : d'aunr ait maillet, marteau guerrier ou masse d'argent , posé en bande ; tandis que l'autre blasonne: d'or, écartelé; aux 1 et A à l'aigle simple de sable ; aux S et 3 h quatre pals, également de sable.
Le passage concernant est dès lors à rectifier daas ce sens.
SUES, iftoeios de, né a BUer, oaat»
mune d' Amenâmes au canton de Marche, pendant la seconde moitié du seizième siècle. On voit enoore au petit village de 80 tsses environ, ou il a vu le jour al qui lui a donné son nom, le château Manqué de tourelles antiques, dans lequel il Msait sa réndenee et que vraisemblablement il a fut construire.
Nicolas de BMer fat la souche d'une famille anoblie dans sa personne, peur services militaires. Les patentes en date M juillet 1618, donnent sur sus kits d'à tous les renseignements que nous son parvenu à eoHiger. Nous allons en ner l'extrait concernant: Nicolas de BBer, seigneur du dit lieu, capitaine et préfet de la terre de Durbuy, avait servi pendant vingt-dnq ans dans la cavalerie espagnole sur Parlas, d'abord comme simple
soldat, pois et successivement comme cornette, lieutenant et enfin capitaine d'ar> quebusiess à cheval pendant sept au* et jusqu'à ce que peur aea mérite* il a été nommé capitaine de cuirassiers* Il s'est on toutes circonstances distingaé par son Mngfreid , son courage et sa prudence, même dans les plus grands périls, te* {guerres, les expéditions ete. Plusieurs foi* aussi il réussit à amener heureusement des renforts aux garnisons dans des villes as* aiégées ; dans d'autres occasions il se distingua ea maatant parmi les premiers à l'assaut, par exemple devant Cambray et à Anvers où il forma la tète de file et parvint à se maintenir jusqu'à ce qu'il eut reçu l'ordre formel de se retirer pour marcher contre le château de Saiot-Riquy dont il s'empara au péril de sa vie et fit le gouverneur prisonnier après avoir taillé en pièces la cavalerie et l'infanterie ennemies* Il fut aussi à l'expédition da l'île de Bommel où, après que. l'armée se fut retirée à Groot-lyt, il empêcha , seul avec sa compagnie ,. l'ennemi de le surprendre* Il assista aux deux sièges de Bei*-Ie-Duc— pendant le premier desquels il entra dans la ville porteur de lettres* de . créance, à travers le camp ennemi — h, celui d'Ostende, an secours de l'Ecluse. A Jeampelhouek il maintint seul un poste pendant deux heures malgré que la plupart des hommes de sa compagnie eussent péri et que lui-même eût- reçu une blessure grave. Il aida également à la prise de Wachteadonek , à Groltrakau, Sœhum, Qldpnzeel, Rymbergh ainsi qu'en plusieurs antres aetioas, et montra toujours la plus constante fidélité pour son drapeau comme la valeur la plus intrépide»
En récompense pour tous ces éminents services , l'infante Isabelle-Glaire-Eugénie l'anoblit t lui et ses descendants en légal mariage , au port d'armes: «d'argent, a à trois fasces d'azur ; au premier canton « d'or à une rose de gueules soutenue de «sinople et boutonnée d'or. Heaume:
«une toque; hachements d'argent et d'a- «zur. »
Nicolas de Blier, dont trois frères— l'un avec le grade de capitaine de cuirassier» «—avaient également péri au champ d'boi»* uear, avait précédemment , c'est-à-dire»
le ft juin 1612, obtenu en sa faveur Térection des villages de Blier et HaseiUeen seigneurie foncière*
Par Lettres du 28 janvier 1625, le même personnage fut nommé Lieutenant* général de cuirassiers , pour la présente guerre et sous les ordres du prince de Barbançon, Il y est titré de « Capitaine «des chevaux cuirassiers entretenus eu « cette armée de S. M. , aussi capitaine- « prévôt,, gruyer et receveur du château,. « terre et seigneurie de Durbuy. »
Nous n'avons pas trouvé la date du décès de ce vaillant capitaine*
Lett*e»»pftttentei d'aniMiféeiaeiit; aitk d« mé& dm noblei, à Luxembourg. — Nobiliaire dee Peyi- Bas el de Bonrgogae, I, 153.— Uigmcbûc*.— VammËMMMLMM, Dictions, gébgr. du Luxembourg» 3.
BQEVER, Roger-Gérard, né à Weiswampach, le 19 juin 1772, était fils de- Dominique Bœver et de Marie-Marguerite Karier. Il était dans la fleur de l'âge lorsque l'échaffourée qui a reçu et retenu le nom de Klœppel-Krieg ou guerre des paysans, fut suscitée contre les conquérants français en 1796. Plein d'enthousiasme pour ce que lui et ses adhérents nommaient la bonne cause, la cause de la foi et de la religion , il se mit eu devoir de prêcher la résistance et fut assez heureux pour réunir à ses vues un grand nombre de. partisans. Un jour,, pendant qu'il pérorait, une femme lui* ayant fait observer l'irréflexion qui le dominait r en disant qne si deux cents Français seulement marchaient contre eux ils auraient bientôt fini d'eux, il répondit : Gela n'y ferait rien, nous mourrions : pour la foi ! — Avec de tels sentiments il ne put manquer d'obtenir un grade élevé dans cette armée improvisée , sans tactique comme sans expérience , et iÙ fut nommé commissaire ou capitaine de l'escouade des Weiswampachois. Mais son commandement fut de courte durée : peu-
dant la marche avec tes hommes vers Hosingen il abandonna cheval et fusil à Marnach , et partit pour Cologne où il alla terminer son cours de philosophie au collège dit de Saint-Laurent, comme nous le prouve un certificat daté du 10 décembre de la même année 1796. Il faut admettre dès lors qu'il avait fait ses humanités chez un curé des environs, vraisemblablement chez Lamberts (v. son art.)*
Quoiqu'il en soit, le 30 août 1797, il obtenait le degré de candidat en philosophie au même établissement et le 2 septembre , toujours de la même année un certificat très flatteur pour la théologie ; cependant il ne fut ordiné qu'en 1801, également à Cologne. Revenu dans sa patrie où le calme était rétabli, il fut successivement nommé vicaire à Hoffeld et à Binsfeld. Transféré le 7 juin 1811 à la paroisse de Stras-Hoscheid il y fonctionna en qualité de desservant jusqu'en 1845, c'est-à-dire pendant 34 ans. Parvenu i Fâge de 73 ans et cassé par les infirmités, il prit sa retraite , mais il continua à résider dans sa paroisse jusqu'à son décès arrivé le 14 mai 1850.
Le curé Bœver s'est rendu recommandable non seulement par son zèle pour le bien moral de son troupeau mais aussi par les soins particuliers qu'il donnait aux pauvres. A son arrivée à Hoscheid, il n'y avait encore à l'endroit dit Dickt qu'une seule baraque; le nombre des habitations s'étant accru assez considérablement depuis, il voulut que leurs habitants pussent profiter pour leurs enfants des bienfaits de l'instruction publique et il acquit de sa bourse une maison avec une pièce de terre, pour en faire une maison d'école avec habitation de l'instituteur et un jardin. D'un autre côté, l'église de Hoscheid était devenue trop petite à cause de l'augmentation de la population, il parvint par ses exhortations à la foire rebâtir, contribuant pour une bonne part aux frais de cette reconstruction en 1834, de même qu'à celle du presbytère. La
grande cloche, les autels et la chaire ont été acquis par lui.
Enfin, par testament olographe du 8 février 1849, le vénérable curé Bœver a déclaré son église et les pauvres de son ancienne paroisse héritiers universels de tout ce qu'il délaisserait à sa mort: cet acte porte que, ayant pendant sa vie donné à sa famille tout ce qu'il pensait lui devoir en conscience , il voulait se ménager un bon souvenir de la part de ses ouailles en leur abandonnant le surplus. Ce legs, que lui-même il estima, article par article , monte à une somme de trois mille trois cent et soixante-quinze francs, le tout outre le produit de la vente de ses meubles et effets, obligations, etc.; avec laquelle somme il ordonna la fondation d'une première messe pour tous les dimanches et fêtes de l'année ; l'excédant est destiné à l'acquisition de livres et d'objets d'habillement pour les enfants pauvres. En terminant il déclare foire abandon à ses débiteurs des sommes qu'ils peuvent lui devoir pour honoraires pastoraux , à la condition qu'ils confessent ne pouvoir s'acquitter sans foire tort à leurs affaires.
L'acceptation de ces donations a été autorisée en faveur de la fabrique et du bureau de bienfaisance, par arrêté royal grand-ducal du 4 avril 1851.
Le curé Bœver , comme du reste son testament le prouve suffisamment, fut toujours économe, travaillant même aux champs, non par avarice comme on s'est souvent plu à le dire, mais pour sa santé et afin de se donner une occupation activé pendant les heures oit l'étude et la prière ne demandaient pas son attention. Hospitalier, franc , gai et affable envers tous, on lui a quelque fois reproché des saillie» assez mordantes ; mais ces propos ne visaient jamais à blesser ses interlocuteurs ; elles ne venaient que de son caractère ouvert qui n'a jamais su feindre , ni taire les travers qu'il observait. Aimé de ses ouailles autant qu'un véritable pasteur peut
l*éff e , sa mémoire est restée vivante dans le cœar de ceux qui Pont eonnu ; et ceci est si vrai que nous-méme , dix ans après sa mort , nous avons vu couler des larmes des yen* de plusieurs de ses paroissiens jpendant que nous les questionnions sur lui afin de vérifier la véracité des renseignements qui nous avaient été livrés.
fteafleigaettotU fotrni*. — Acte* «t titre» èm «art BceTer.— Son testament en l'étude du notaire DiôUerflollenfelts, de Diekircb, année 1880, N* 66.— Archires communales, du bureau de bienfaisance et de la fabrique de Btrac-HosclteM. — Excuse , der Kloepp«lkr»eg, 41 et tf 5. - Directoire! del années concernantes.— Etat civil de Weiswâmpacb.
. BOLAND , MaximiUen, Baron de , fils de François-Albert , Baron de Boland de Kulseg , seigneur de Suite , Mont-St.-Jean ou Dudelange, etc., et de sa première femme Caroline -Marie- Anne, baronne Beyssel de Gymnich, est né à Luxembourg, le 16 juin 1751.
Maximilien Baron de Boland avait un frère, Jean-Guillaume, qui fut chanoine de N.-D. à Touruay, et deux sœurs, Madelaine , d'abord chanoinesse h Boucholtz, ensuite mariée successivement au comte cf Albados puis au baron de Klein. Nous n'avons aucune notion sur Maximilien de Boland jusqu'au 8 avril 1792 , où l'empereur François II le nomma conseiller de Courte-Robe au Conseil-Souverain de Luxembourg; 11 a en cette qualité prêté serment le 22 juillet suivant.
Le Baron de Boland , comme afné de fca famille, était depuis le décès de son pèrô, le 24 février 1779, seigneur de Mont-St.-Jean ou Dudelange, conjointement avec la dame de Chanclos , lorsqu'à Fépoque de la guerre contre fa République française il appela et engagea les habitants de sa seigneurie de Dudelange à s'opposer fnême par l'es armes, aux pillages journalier que le* militaires français campés à quelques cents métrés de la frontière ne cessaieàt de commettre dans les villages de Dudelange, Burange et Budersberg:
H sollicita même dans cette tue et obtint en 1793 du commandant de Luxembourg
les armes nécessaires et il organisa ses hommes en compagnies. «En historien «fidèle, dit M. le Professeur Wolff, je a dois constater que c'est la seigneurie de «Mont-St.-Jean qui, la première , a donné «l'exemple d'une résistance et d'un dé- « vouement dont la première aussi elle a « été la victime, » Mais il n'entre pas dans notre cadre de raconter ici le drame dont Dudelange fut le théâtre le 17 mai 1794. Quoiqu'il en soit, nous, devons noter cependant, comme se rattachant à la biographie du baron de Boland, que c'est lui qui a donné cette idée de l'armement des villageois de la frontière, lequel fut ordonné Tannée suivante et rendu général par les Etats du Duché.
D'un autre côté, il semble que, non content d'avoir par ce moyen assuré autant que possible la sûreté et la fortune de ses sujets contre les maraudeurs d'outre-frontière , il s'occupa activement dans d'autres directions encore à se rendre utile à l'armée autrichienne. Cela résulte en effet de la lettre suivante que le général Beaulieu lui adressa sept jours avant le massacre de Dudelange :
Arlon, le 8 mai 1794.
Monsieur le Baron de Boland et à son corps de volontaires luxembourgeois,
J'ai tardé à remercier votre brave et beau corps de volontaires luxembourgeois qui se sont empressés à soulager nos soldats pour leur amener des vivres en abondance dans un moment où tout manquoit. Si je n'avois point été occupé à assurer ma troupe contre une nouvelle attaque je n'aurois point tardé à témoigner à vous Monsieur, ainsi qu'à tous ceux de votre corps de volontaires combien j'ai été sensible aux soins qu'ils ont eu de ma troupe, je vous prie Monsieur de leur dire de ma part que je les remercie du plus profond de mon cœur pour mes bons .soldats; j'espère que si l'occasion se présente , ils se montreront toujours dignes de vos soins et de ceux de vos volontaires ; mais il serait à désirer que vous voulussiez tous, Messieurs , unanimement coopérer & une
levée de troupes dans le pays de Luxembourg pour par là nous mettre dans le cas de renvoyer en tout temps ces meurtriers , ces incendiaires dans leur pays de scélérats , ou les horreurs et tous les crimes des enfers ont établi leur siège.
Réunissons nos efforts pour faire disparaître le germe de ces scélérats de la surface de la terre , ne donnons point de repos jusqu'à ce qu'ils soient exterminés. J'ai l'honneur d'être avec la considération la plus parfaite Monsieur et Messieurs, yotre très-humble et très-obéissant serviteur.— Signé: BEAtJLiEU, Lient. Général.
Cette lettre, qui s'adressait au baron de Boland et à ses compagnons, n'était pas destinée au corps franc de chasseurs volontaires de la ville de Luxembourg qui aida la garnison dans le service de défense de la forteresse, pendant le blocus de 1794 — 95 , puisque ce corps ne fut organisé que le 21 novembre, 6 mois après sa rédaction. Du reste, les chasseurs volontaires de la ville n'eurent jamais l'occasion d'aller approvisionner la division Beaulieu qui , pendant que Luxembourg était cerné, se trouvait ailleurs.
Enfin, lorsque le corps de chasseurs dont nous venons de parler , fut constitué et divisé en deux compagnies, le Baron de Boland obtint le commandement de l'une tandis que Jean Léonardy , receveur des contributions et qui fut mortellement blessé pendant le siège, le 7 janvier 1795, dirigea l'autre ; toutes deux étaient sous les ordres suprêmes du sieur de Gerden ' (v. son art.). Après la perte de Léonardy, le Baron de Boland réunit les deux commandements.
Les services que ce corps bourgeois, dont les officiers avaient mérité d'obtenir rang égal avec les officiers de la garnison, a rendus à la défense de la capitale , les périls auxquels tous ceux qui te composaient, leur brave capitaine en tète, se sont exposés tous les jours , les fatigues que par patriotisme et par amour pour leur souverain ils ont endurées, ont été solennellement reconnus par le général-
commandant , trois jours avant la capitulation et lorsque cette capitulation était devenue absolument nécessaire. Nous transcrivons sa lettre:
A Monsieur le Baron de Boland, capitaine commandant le corps des chasseurs volontaires de Luxembourg.
La circonstance actuelle étant le moment où les devoirs que se sont si généreusement imposés à eux-mêmes les individus du corps des chasseurs que vous commandez, Tiennent à cesser, il ne me reste qu'à en témoigner à vous Monsieur le Baron, ainsi qu'à Messieurs les officiers et à tous ceux qui composent ce digne corps, la vive reconnaissance dont je suis pénétré et qui ne me fera jamais oublier les services qu'ils ont rendus et vouloient encore rendre pour la défense de cette forteresse.
Veuillez donc Monsieur le Baron , en remerciant de ma part ce bon corps , qui dans toutes les occasions a montré tant d'ardeur , rassurer en outre que je rechercherai avec empressement tous les moyens de pouvoir lui être utile, et que je m'empresserai de faire connoître à Sa Majesté notre Auguste Souverain le dévouement désintéressé, le zèle, la bravoure et la persévérance avec lesquels ces dignes habitants ont coopéré et persisté jusqu'à présent avec ma garnison pour lui conserver cette ville. — Luxembourg le 2 juin 1795. — Signé: B. Baron de Berner , Maréchal et Gouverneur de la Province de Luxembourg.
Le surlendemain , 4 , les chasseurs déposèrent leurs uniformes, et le 5 ib remirent leurs armes à leur capitaine, le baron de Boland qui les déposa à l'hôtel du gouverneur. Par l'article 18 de la capitulation, il était demandé que les chasseurs et volontaires qui s'étaient armés pour la défense de la ville fussent compris dans les dispositions de l'article précédent, ou le vainqueur s'obligeait à respecter les personnes et les propriétés, sans pouvoir rechercher ni inquiéter les bourgeois pour leurs opinions ou leurs actes politiques antérieurs à la remise. La réponse fut la
suivante : ils suivront le sort de la garnison , excepté les bourgeois et habitants de la ville et pays de Luxembourg qui rentreront chez eux après avoir remis leurs armes.
Plusieurs bourgeois, on le sait, accompagnèrent on suivirent la garnison parce qu'ils ne voulaient pas vivre sous le régime français ; d'autres furent enlevés et incarcérés à Metz oii ils languirent longtemps, et ce contrairement aux articles de la capitulation. Quant au Baron de Boland, il se réfugia également tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, évitant ainsi de tomber entre les mains du vainqueur qui le recherchait. Un jour entre autres, H échappa comme par miracle : En effet, ayant eu vent qu'il devait être arrêté pendant la nuit il se déguisa à la hâte et sortit inapperçu de la Tille. Quelques heures après, pendant la nuit, l'adjudant de place Maquin , accompagné d'une cinquantaine de fusiliers, vint faire une visite domiciliaire très minutieuse dans son hôtel, mais il ne l'y trouva plus. Ces circonstances engagèrent le baron de Boland à se rendre ; avec sa famille à Weinau, chez sa sœur, la baronne de Klein ou il eut la douleur de perdre sa première femme, le 6 janvier 1798.
Rentré dans le pays lorsque le calme politique fut revenu, il convola en secondes, noces, le 6 fructidor an XI (23 août 1803) etvécutentièrementrefiréàsa campagne de Dudelange, oh il est mort le 27 avril 1807.
Nous l'avons déjà dit, le Baron M. de Boland avait contracté deux alliances; d'abord avec une demoiselle Marie-Anne Querieux de Hilleret, qui lui donna un fils et une fiHe ; ensuite avec Marie-Wil- Hbrordine-Elisabeth-Joséphine Ransonnet, fiDe d'un conseiller au conseil provincial, puis souverain à Luxembourg.
Le fils Charles-Philippe, d'abord receveur des domaines à Arlon, après 1816, sortit de cette administration et alla mourir en mer pendant la traversée pour se rendre h Batavia.
La fille Marguerite-Caroline, Baronne de Boland née le 29 janvier 1785 fut mariée
le 29 septembre 1801, à Joseph- Antoine Pruneau, directeur de l'enregistrement et des domaines à Luxembourg, mort à Hettange grande, le 26 avril 1839, âgé de 81 ans. Dernière de son nom, cette dame, aujourd'hui veuve et sans enfants , habite Paris. Par lettre du 13 janvier 1859, elle a fait don à la Société pour la recherche et la conservation des monuments historiques dans le Grand -Duché de Luxembourg, des archives et titres originaux de sa famille; et elle a en même temps promis à cette association nationale de lui léguer quinze portraits originaux de famille : Bel exemple à suivre par les personnes qui voient éteindre leur nom; au moins elles procureraient l'avantage d'assurer au Pays et à l'Histoire la conservation de bien des documents précieux.
Pour ce qui concerne la famille des Barons de Boland, qui n'a rien de commun ni avec les Pallant ni avec les Boland du Rheingau , féaux des comtes de Luxembourg, elle n'a pas vécu longtemps dans le Pays. Cette famille descend d'un Bourgmestre de Cologne, Jean de Boland, originaire de Westphalie et diplomate distingué qui obtint de l'empereur Ferdinand II, à Prague, le 8 juin 1628, des lettres patentes d'anoblissement pour lui et ses descendants mâles et femelles, au port d'armes: de gueules, à trois clefs antiques d'argent, 2.1.; heaume treille d'or , à liserets d'argent. Cimier la clef antique de l'ëcu entre un double vol, d'argent et de gueules. Ce personnage est mort le 11 octobre* 1645, à rage de 83 ans et repose dans l'église des Minorités à Cologne oh il a une tombe armoriée. Il était titré de seigneur deKuelseck, Dodenbourg, Millburg, Scharbillig.
Un fils de ce Bourgmestre de Cologne avait nom de Hillebrand. Il se titrait déjà de Baron de Boland de Kulseck et avait épousé Anne de Stein de Heffingen. — Son fils, Jean comme l'aïeul , était marié à Jeanne-Catherine de Beywegh de Wichtrieh, laquelle lui donna un fils, François- Guillaume Honimet de Boland , général,
qui signa le 18 mars 1673 au contrat de mariage de sa sœur Susanne-Marïe avec Guillaume-Otton, Baron de Gusmar.
Le 27 avril 1690 l'empereur Léopold Ier nomma François-Guillaume, Baron de Boland , propriétaire d'un régiment de dragons: il était auparavant lieutenant-colonel au régiment de Holstein et commandant de la Transylvanie. Il avait épousé Anne- Agnès Baronne de Hyllen de Sultzen; d'où quatre fils : Arnoul-Joseph, l'aîné, qui avait été nommé le 15 avril 1702 chambellan par Léopold duc de Lorraine et qui au partage de la succession de sa famille, le 19 septembre suivant, obtint la seigneurie-souche de Kuelseggen; Woifgang-Guillaume ; François-Otton et François-Frédéric. Ces trois derniers eurent par indivis la maison seigneuriale de Sultz et la seigneurie-gagère de Mont-St.-Jean ou Dudelange dans le Luxembourg. François- Otton , baron de Boland, continua la lignée indigène. 11 avait épousé Marie-Anne, baronne Despretz ; d'où François-Albert qui pendant un moment a occupé la Cour et les Etats de sa personne. Par lettres-patentes du 16 janvier 1755 , il fut nommé conseiller de courte-robe an conseil provincial de Luxembourg et le 8 février suivant capitaine et prévôt de la ville et prévôté de même nom : Cependant dès Tannée suivante il donna volontairement sa dé* mission de cette dernière charge. D'un autre côté comment exerça-t-il les fonctions de conseiller noble ? Les archives n'en disent rien. Cependant sa nomination ne tarda pas à donner lieu à des plaintes que ses collègues portèrent même jusqu'au Gouvernement; on prétendait en effet qu'il avait obtenu d'une manière subreptice cette qualité de conseiller noble parce que entr'autres , né dans le duché de Berg il n'avait obtenu sa naturalisation luxembourgeoise que depuis le 10 octobre 1753, On avait d'abord fermé les yeux à la cour, paraît-il, et le conseiller de Boland occupait encore son siège lorsqu'un incident, une véritable scène aux Etats, fournit une occasion favorable soit pour se venger
de lui, soit pour rappeler la protestation qaj avait été dirigée contre sa nomination. Quoi qu'il en soit, un décret de l'empereur, en date du 11 décembre 1771, fit cesser chez lui la qualité de conseiller noble, laquelle fut remplacée par celle de conseiller lettré* Piqué de cet affront fait à son blason, de Boland donna sa démission et fut remplacé le 25 janvier 1772 par Gaspard-Florent de Breiderbaob.
Nous venoat de mentionner un incident qui a fait à son époque une grande sensation; il s'est passé en 1770: Les Trob États du Luxembourg s'étaient longtemps opposés à ce que leurs comptes fussent coulés par des commissaires da Gouvernement. Dans une assemblée de la députation permanente, dont le baron François* Albert de Boland faisait partie et o& assistait un de ces commissaires, comme ce dernier avait rayé quelques articles portés en compte, de Boland s'écria:
cela étant, Messieurs, il faut fermer là boutique, faire une représentation et tenir ferme. Il touchait «ne pension sur le trésor royal et une antre sur la cassette particulière du Prince Charles de Lorraine.
Ce prince , informé du propos qu'il avait tenu, les lui retira toutes deux; et «r* donna de pins que des informations fussent prises à sa charge comme coupable d'avoir proféré des paroles séditieuses. Le baron de Boland M depuis réintégré mat la liste civile; mais, «goûte M, Gâchant, il n'obtint cette faveur qu'en se soumettent à des conditions peu honorables, telles que celle de faire l'aveu de aa fiante dans une requête, de se démettre de se charge de conseiller et de s'engager de quitter la province. Nous pensons que aa démission du Conseil n'a été occasionnée que par le motif déduit plus haut.
Nous avons également parlé de la naturalisation que le Baron François-Albert de Boland avait obtenue le 10 octobre 1753. Nous allons copier les considérante de ces lettres-patentes. Il y est dit qne : « le grand-père de François-Albert a été «lieutenant-général des armées de l'em-
«pereur Léopold, Gouverneur de Tran- « sylvanie , colonel d'un régiment de dra- «gons et chambellan de l'Empereur. Que «finalement il a été tué au service de ce «dernier.— Un de ses ondes a été fait «prisonnier par les Turcs et obligé do «payer quinze miHe florins d'Allemagne «de ses propres biens ponr sa rançon. — «L'aîné de ses oncles a été chambellan «dn doc Léopold de Lorraine. — François- « Albert a été lui-même six ans page de « FarchMuchesse Marie-Elisabeth, ensuite «an service de l'empereur père de Marie- « Thérèse pendant six autres années en « qualité de lieutenant et eapitafoe-lieute- «nant dans le Tégfment de Harraeh, « infanterie , pendant la pénultième guerre € d'Italie et celle de Hongrie ; à l'affaire « de GuastaHa il reçut une blessure grave; « enfin il a quitté le service en 1738.
François-Albert , baron de Bolaad avait épousé 1° le 10 juillet 1743 , Caroline- Marie-Anne, baronne Beyssel de Gymnieh, veuve d'un sieur de Stem ; 2° le 1" février 1764, Marie-Françoise comtesse de Meftinpré-Villefond-de-Miibert. Son premier mariage seul lui donna postérité, deux fils et une fille. Il est mort le 92 janvier 1779.
ArcMTe» de famille, aux çftUect ioe« «rcKeol. — KUt civil de Luxembourg. —Journal inédit du Mocna de Luxembourg en i 794—05. — M^wa.— HAacati.iM L*oa»»«, Biat d« daabé de Luxomfcg.-rCuattnMu, Exécis iiator. et chronalog. du Paya de Luxbrg. — «Joacuih, Précis curonolog. de lliiat. de Luxbg.— pAQim et Scoaack, Die Gescfciente dea Luxembur* ger Landef.— Wolff, Mémoire bixtoriçue anr lea fraiaemmf de Duàoûagt en iTM; Juni* Public aee. ercli. Luxbg., II, *i-94.-AreV dea EUU, — Arcn. Cous, nror. et sou?.— Gacbabd, Documenta etc., I, 79.
fiOTTIN, /#an.— A ajouter heetarliole, page 94 dn T. Ier de la Biographie, les renseignements suivants que nous venons de puiser dans m article du Bulletin du Bibliophile belge, T. XVII, (2e série, T. VIII) , 6* cahier, page 372:
Jean Bottin passa de Borne k Vienne Ters 1622, comme secrétaire privé de l'ambassadeur d'Espagne. II résulte de
lettres de ce personnage, reposant ans archives de l'État, à Bruxelles, qu'il jugeait très sainement de Tétai des choses en Allemagne et des erreurs ée la politique autrichienne. Il fut anobli , ce qdl était de son temps le soit commun des hommes de mérite , et mourut à Ma* drid, poettivement en 1639 , étant secrétaire de cabinet du roi Philippe III •
Ch. Rablbhbkck , La noblesse belge aux guerres d'Allemagne, 1016 — 1648; Recueil cité dans le
COLLARD ou Collart, dit d$ Belloy et de Grandvoir, PUrre- Joseph, est né à Neufchâteau, le 7 avril 1752. Après avoir terminé à l'université de Louvaiu ses études en droit et obtenu le degré de licencié , il prêta le iu juillet 1775 le serment d'avocat devant le Conseil provincial de Luxembourg. Cette qualité il la conserva devant le Conseil souverain et jusqu'à la conquête française en 1795.
Encore pendant cette dernière année et la suivante il remplissait les fonctions de Juge au tribunal de paix , créées par la nouvelle administration. En 1797 il fut nommé représentant du peuple au Conseil des cinq cents, puis en 1803 président du tribunal civil de Neufchâteau, fauteuil qu'il conserva jusqu'en 1816 où le roi Guillaume Ier le nomma membre des Etats-Provinciaux du Grand-Duché, et de la Dëputation permanente de ces Etats. La suivante il entra à la seconde chambre des Etats-Généraux en remplacement de Monsieur d'OIimart. Il assista aux sessions législatives et y prit une part active jusqu'au renouvellement de 1821.
Il remplit également , pendant qu'il faisait partie de la Députation à Luxembourg , les fonctions de président de la commission d'agriculture et les continua jusqu'en 1830. Depuis les événements politiques de Bruxelles, Collard s'était retiré du monde, vivant paisiblement au château de Grandvoir sa propriété, et dans une retraite embellie par Fétude comme par le souvenir du bien que con-
— aoa —
stamment il s'était efforcé de répandre, dans la société.
Guillaume I" l'avait décoré de son ordre du Lion belgique dit aujourd'hui néerlandais. , .
Pierre-Joseph Collard est mort à l'âge de 91 ans le 24 Juillet 1843, au château de Grandvoir, près de Neufchàteao. Le prince Pierre-Napoléon Bonaparte a prononcé sur sa tombe le discours suivant :
« Qu'il me soit permis , sur la tombe « d'un collègue de mon père , de déposer « rhommage de mes profonds regrets , de « ma vénération et de ma sympathie. Je ne a puis retracer tous les faits qui honorent « la belle existence qui vient de s'éteindre; « mais il y en a tant qui , dans ce temps « d'opinions si divergentes , les résument «tous: c'est que dans sa carrière représentative, à des époques et sous des « gouvernements différents , l'honorable «Pierre-Jos. Collard avait toujours su « rester indépendant et fidèle à ses con- «victions.
«Dans la vie privée, ceux qui l'ont « approché savent quelle était l'aménité de « ses manières et l'amabilité de son carac- « tère. Un trait suffit pour le dépeindre : « c'est qu'arrivé à un fige oh Ton est or- « dinairement morose et exigeant , lui au ce contraire, s'occupait incessamment , avec « la plus obligeante sollicitude , de prouoc ver sa bienveillance en général , et la «cordialité de son accueil. Jusqu'à ses «derniers moments cette bonté ,' si tou- « chante chez un illustre vieillard , ne s'est «pas démentie.
« Mes sentiments , j'en suis sûr , trou- « veront un écho dans le cœur des luxem- « bourgeois, car M. Collard était un bon «luxembourgeois , l'honneur de cette pro- «vince dont les intérêts l'avaient constamment préoccupé et comme homme « public et dans la retraite même.
« Disons-lui donc un tendre adieu ; qu'il «reçoive cet hommage dû à sa belle vie, « à son noble caractère ; qu'il repose en « paix avec la gloire de son siècle. »
Archives du Coaieil provincial.—
fournis par MM. de U Fontaine père el W&rta* Paquet— Journal de le Tille et du Grand-Duché de Luxembourg; année 1845, lf° 61, du mercredi S août
CYGNE, Martin du, Jésuite qui a habité la maison de cet ordre à Luxembourg , sans qu'il nous ait été donné de nous assurer s'il était originaire de notre pays, ne nous est connu que par les trois ouvrages dont nous donnons ici les titres : i°. Explanatio rhetoricae , studiosae juventutiaccommodata; Leodii, 1689, vol. in 12. — 2°. Analysis rhetorica omnium Ciceronis orationum ; Duaci, 1661; 3 tomes en un volume in 12: Cette œuvre, qui est dédiée au jeune Ernest- Alexandre-Dominique, Comte de Beaumont, fils du Prince de Chimay, nom a indiqué le séjour de V auteur à Luxembourg, parée que Vépitre dédicatoire est datée de cette ville, de la fête de V apôtre des Lapons, 1660. — 3°. Comœdiae XII phrasi tum Plautina tum Terentiana cou* cinnate; Leodii, 1679; vol. in 12.— Le supplément du Catalogue de la Bibliothèque de Luxembourg porte en outre le titre d'un quatrième ouvrage du Père du Cygne, mais qui semble ne former qu'une abréviation revue et retravaillée de celui que nous avons inscrit sous le numéro 2 , ou bien une autre édition da celui-ci. Voici ce titre: Fons eloquentia* slve M. T. Ciceronis orationes XVIII selectissimae post Pauli Hanutii , aliorumque doctissimorum virorum correctiones , etiam cum probatissimis exemplari.bus diligenter collate et emendabe. Analyai ht»
super rhetorica et choliis artiflcium indicantibus distincte et illustrate una cum lectionum varietate ad marginem opposita et locupletissimo indice dupliei ad calcem adjecto. Cologne, volume in 12.
Classu, Catal. Blbl. Luxbg. 69, 4M et 439.— IfAMUfc , Catal. Bibl. Luxbg., 591.
DAUN, Léopold-JosephrMarie, comté de et à Daun*— Cet article est destiné à remplacer celui qui se trouve T. I , page 147 de la Biographie: Il est plus couh plet.
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Dana, Léopold- Joseph -Marie, comte de et à Daun, prince de Thiano, seigneur de Callenborn, Sassenheim, etc., feMmaréchal, président du conseil aulique, directeur-général de 1* Académie militaire, commandant-général en Autriche et à Vienne, conseiller intime, chevalier dé la Toison d'or, propriétaire du 59* régiment de ligne, naquit à Vienne, le 24 septembre 1705, fils du comte Wiric- Philippe-Lanrent (y. son art.) et de la comtesse Marie-Barbe de Herberstein.
Son père forma ses talents militaires, et la guerre de Sicile (1718—1720) lui fournit la première occasion pour montrer son activité. Les entreprises en Italie et sur le Rhin (1734 à 1735) oh il avait déjà acquis le grade de colonel dans le régiment N° 56 qui appartenait à son père, achevèrent de le rendre soldat accompli, puisque déjà pendant la guerre contre les Tares (1737—1738) il se montra comme on homme rempli de capacités. Si à la bataille de Krotzka il fut du nombre des blessés , il compta aussi parmi les généraux les pins distingués: Il obtint en novembre 1740 le 59° régiment de ligne pour récompense de ses services signalés, sprès que déjà il eut été nommé généralmajor le 22 avril 1737 et lieutenant~feldmaréchal en mars 1739. Après la bataille de Molwitz (1741) Daun conserva sa position en Silésie, Il suivit ensuite la célèbre expédition pendant laquelle le prince Charles de Lorraine chassa le maréchal de Broglie par Pisek et Tein jusque sous le canon de Prague.. Il fut également au siège de cette Capitale de la Bohème et prit une part active aux entreprises de 1742 et 1743 par lesquelles la réunion 4e MaiUebois avec la garnison qui se trouvait bloquée fut empêchée, tandis que la Bavière rentra sous le pouvoir de l'Autriche. À cette occasion il fut chargé de déloger les Français de Dingelfingen qui était très fortifié', et il y parvint malgré leur vive résistance: le 16 mai ils furent forcés de se retirer au-delà de l'Isar, avec une perte de mille hommes. Il con-
quit de la même manière la ville de Lan* dau. De là Daun suivit sur le Rhin le feldmaréchal Klevenhueller qui depuis Fhonora de plusieurs commissions comme d'importantes recommandations, et à sa mort lui légua tous ses manuscrits'. Aussi le successeur du maréchal ne put-il méconnaître Un génie si distingué: Traun, c'était son nom, remploya aux plus importantes entreprises de la campagne de 1744 , et les Grenadiers demandèrent au prince Charles de leur accorder Daun pour chef lorsqu'ils occupèrent l'île du Rhin près de Stockstadt, et de là chassèrent par leur feu l'ennemi de l'autre rive de ce fleuve.
La prévoyance de ce grand capitaine rendit de plus grands services encore pendant la retraite qu'il couvrit , et à la tentative d'attaque de la part de l'ennemi près de Ludwigsburg. Il la repoussa avec force, sans perte dn côté de son arrière* garde et rejoignit l'armée qui se dirigeait en hâte vers la Bohême.
Pendant la seconde guerre de Silésie il se trouva aux batailles de Hohenfriedberg et de Soor où il commandait l'aile gauche*
Pendant ces guerres contre la Prusse et peu de temps après pendant celle contre la France dans les Pays-Bas jusqu'à la paix d'Aix-la-chapelle, il rendit de si notables services en toute occasion qu'il fut élevé au grade de feldzeugmeister et s'acquit la plus grande estime aux yeux do son prince comme de toute l'armée.
Pendant les nombreuses campagnes contre la Prusse le comte de Daun avait parfaitement observé que Frédéric II ne devait les avantages qu'il avait remportés sur les Autrichiens qu'à la meilleure organisation de ses troupes, à leur célérité dans la charge, à leur adresse dans les mouvements accélérés, à leur exactitude dans le maniement des armes et à la force de leur artillerie. Aussi utilisa-t-il avec empressement le repos que lui donna i* paix générale ainsi que la confiance de l'impératrice à introduire des amélioration* dans l'organisation de l'armée autrichienne.:
De sou côté Fartilterte fat augmenter k proportioa et amenée sons h direction du prince Weaceslas de Liechtenstein à nn degré de perfectionnement qoi força bientôt les Psassiens eux-mêmes à l'admi* ration. Les fusils de l'infanterie forent mieux disposés et pourvus de baguettes en fer tandis qu'elles n'avaient été jttsque~lh qu'en bois ; il fat encore ordonné d'établir périodiquement des campe d'exercice, afin de mieux habituer le soldat aux évolutions et au maniement des armes. On donna à Y armée un règlement général et uniforme pour le service, tandis qu'auparavant plusieurs corps s'étaient serti des prescriptions de Khevenhueller , pendant que d'autres avaient les leurs propres, à la volonté des différents chefs du régiment, ee qui avait amené de notables variétés dans les fois disciplinaires. Ce règlement, qui a reçu le nom de son auteur et qui parut en 1789, constitua une époque mé* nwrrable dans l'armée autrichienne.
Cependant de Daun était couvai neu que cette habileté matérielle ne devait pas suffire» Il voulait encore introduire h l'armée l'obéissance, l'ordre et la morale, afin de lui donner un véritable esprit' miKtirire ; utiliser les talents déjà acquis et ouvrir à lu génération future un chemin pour e* développer le germe ainsi que pour aoqaréitir une éducation scientifique. Tel fat le bat sur lequel il avait fixé ses regards ; ef c'est dans cette intention que cet haïbile guerrier proposa k l'impératrice, cette grande princesse qui accueillait avec empressement toutes les idées avantageuses, d'ériger une maison dite de cadets h Wieuer-Neastadt , aujourd'hui l'académie militaire, laquelle fat constituée en 1752 : Il eafut nommé le premier directeur.
Les nombreux témoignages d'estime que le comte de Daun obtint de la cour, sa ■omibation au» fonctions de Commandant de la ville de Vienne (décembre 1751) aÉisa que celle de conseiller iutim*, l*frb~ tefatiou de l'ordre de la Toison d'or ftiœ- Tesaère 1753>, sa promotion au rang de fèldmarécfaal Quia 17S4), (tarent pour ce
noble caractère entant dé motifs peur exciter de plus en plus son zèle pour le bien du servke. La troisième guerre confire la Prusse , dite la guerre de sept ans eu fournit des preuves éclatantes.
Eu effet, la bataille de Kollin, 19 juin 1757 , a immortalisé son nom. Ea rain le roi de Prusse chercha-t-il à le forcer à la retraite afin de «faire la paix « sous les murs de Tienne même » comme ee prince s'était exprimé dans sou ordre du jour qui est devenu célèbre; 11 Ait lui-même forcé par la glorieuse victoire de Daun de quitter en toute hâte la Bohême. Le général autrichien n'aurait pu mieux pendant cette journée à jamais mé* morable , gagner la grand-croix de Marie* Thérèse qu'en se faisant tuer deux chevaux sous lui , en recevant une balle-morte au bras et une contusion à la colonne vertébrale. Aussi la grande impératrice se montra-t-elle on ne peut plus reconnaissante pour ses exploits ; elle M adressa en effet un billet authographe conçu dans les termes suivants :
«Le 18,/our de la naissance de ta « monarchie.
. « Cher comte Daun, H me serait itopos- « sible de laisser passer (se jour sans roua « présenter mes souhaits de bonheur aussi (c cordiaux que remplis de Teconnnaissance. « La monarchie vous doit sa conservation « et moi je vous dois mon existence, mu a belle et chère armée ainsi que mon unique « et très aimé beau-frère * toutes cireons~ «tances qui certainement ne s'effaceront «ni de mon coeur ai de ma mémoire tant a que je vivrai. Au contraire il me semble « que d'année en année elles s'y rajeu&isseaC «et deviennent plus sensibles, au point « que jamais je ne pourrai les reconnaître «asset dans votre personne et dans celle « des vôtres. Ge jour aussi est l'auftive** «saire de celui oh mon nom dotait être «immortalisé dans l'armée, et ok au prix « dé retire sang tous ave* ihérité de dé- « venir Ifc premier chevalier de mon ordre. «Que' Dieu vous conserve encore petH «dant de longues annébs pour frttilitô
«du règlement militaire et l'avantage de « ma personne comme mon meilleur et mon « pins véritable ami. De mon côté je serai « assurément pour la vie, votre très affecte tionnée souveraine Marie-Th^rbse.
L'original de cette lettre, écrite plusieurs années après la bataille, est conserré jusqu'à nos jours aux archives du département 4e la guerre à Vienne.
De leur côté, les Etats d'Autriche , voulant reconnaître l'héroïsme de Daun lui adressèrent les compliments les plus flatteurs et lui firent des cadeaux de grand prix, entr'autres d'un bocal en argent doré, dans lequel ils avaient fait graver une vue de la bataille de Kollin.
Après la bataille de Leuthen Daun obtint le commandement en chef de l'armée et le conserva jusqu'à la paix de 1763. L'histoire de cette guerre démontre combien le maréchal méritait la confiance qu'on avait placée en lui. Quelques-uns cependant critiquèrent plusieurs de ses entreprises et lui reprochèrent surtout d'avoir manqué de* occasions pour nuire à Fennemi et de n'avoir pas retiré de ses victoires tout l'avantage qu'elles auraient pu lui procurer. Mais ces contradicteurs avaient oublié qu'il devait disposer ses entreprises d'après celles des trois armées des forces coalisées, celles des Russes, des Français et de l'Empire ; qu'il ne pouvait rien faire de décisif sans préalable approbation , et qu'il était obligé de rendre un compte ftévère de toutes ses démarches, pendant que son royal antagoniste pouvait agir spontanément d'après ses propres inspirations. Ces circonstances, sans compter d'autres difficultés accidentelles, devaient naturellement rendre très prudent un général qui prévoyait de loin les suites désavantageuses qu'une seule démarche non assez mûrie pouvait entraîner pour sa souveraine. Du reste Daun lui-même expliqua les motifs de sa grande réserve , en répétant souvent deux idées principales qu'il cherchait absolument à réaliser: La première consistait ea ce que par aucun de ses mouvements il7 ne voulait entraîner son impératrice dans
la nécessité de conclure une paix précipitée qui aurait pu lui être désavantageuse. La seconde celle de pouvoir à la fin de la guerre ramener l'armée aussi belle et aussi bonne qu'il l'avait reçue ; car jusquelà la maison d'Autriche n'avait été forcée à faire la paix que parce qu'elle finissait généralement par ne plus avoir de troupes pour le combat : Et dans ces vues il a non seulement atteint son but mais il l'a dépassé au-delà de toute prévision.
Si le bonheur sembla vouloir quitter de Daun près de Leuthen et de Torgau, il prit bientôt sa revanche d'une manière brillante dans la surprise qu'il exécuta pendant la nuit du 14 octobre 1758, près de Hochkirchen , où il aurait anéanti l'armée prussienne si une colonne des siens n'était arrivée trop tard pour prendre part à ce glorieux fait d'armes. Le 21 novembre 1759 il fit prisonnier le corps d'armée du général Fink, près de Maxen.
D'un autre côté, pour mieux dépeindre le personnage auquel cet article est consacré , nous rapporterons ici une anecdote qui doit servir d'épisode dans la biographie de ce grand homme: Pendant que Frédéric II assiégeait Dresde et que Daun se trouvait campé sur la rive opposée de l'Elbe , un général français ayant fortement conseillé de passer le fleuve et d'attaquer les Prussiens , le feldmaréchal , qui avait déjà pesé les immenses difficultés de cette entreprise, lui demanda très froidement après l'avoir longtemps écouté : Mais si nous étions battus, qu'en résulterait-il? Qu'en résulterait-il ? répondit le français, alors vous vous hâteriez de faire la paix. Dans ce cas il n'en sera rien de l'attaque , répliqua Daun , car je me donnerai bien de garde de tenter une entreprise qui pourrait forcer mon impératrice à faire la paix. Et en effet les suites démontrèrent qu'il a été fidèle à sa parole.
Tel prévoyant et tel réfléchi que de Daun a pu être dans toute sa conduite, tel résolu , tel actif et tel infatigable fut-il aussi dans tous les grands revers. Le ralliement de Farmée après la bataille de
Prague , les dispositions qu'il prit après celle de Leuthen pendant les quatre mois d'hiver pour remonter ses cadres, témoignent de ses grands talents dans cette importante branche de la stratégie , autant que de son activité.
Encore pendant la dernière campagne qu'il fit, le comte de Daun avait obtenu la présidence du conseil aulique. Dans cette nouvelle sphère d'action il ne cessa de s'efforcer à appliquer ses expériences et ses observations des sept campagnes précédentes aux améliorations qu'il avait précédemment introduites dans l'armée.
Le comte Léopold- Joseph -Marie de Daun est mort le 5 février 1766 , avec la réputation d'avoir été un des généraux les plus distingués de son époque. Frédériole-grand lui-même , dont par de prudentes lenteurs il avait si souvent déjoué les plans hardis ne refusa pas sa juste admiration aux talents guerriers de son adversaire; il déclara en effet qu'aucun général autrichien ne possédait des connaissances techniques aussi étendues, comme aucun n'avait mis autant de sagesse ni autant de prudence dans ses entreprises.
Marie-Thérèse a fait élever à son feldmaréchal dans l'église des Augustins à Vienne un monument funéraire superbe et portant une inscription très honorable.
Hiktutfblb , Der Militer Maria-Tlieretieii*Ordeii , I, 35$ II, 1787. — Bjiigh, Eiflia illustrât*, I, parti, 437, et Tabl. génial. XVII , v0.— Coubt», Encyclopédie moderne, VIII, 118, sq. — Biographie universelle, X, 377, iqq.
ENSÇH, François, baron d\ — L'article suivant est destiné à remplacer comme complété d'après les renseignements ultérieurs obtenus de Vienne, celui qui se trouve dans la Biographie, T. I, p. 162 à 164.
Ensch, François, baron d', fils de Frédéric Ensch, marchand cirier, et de Jeanne Herff ou Hervé, issue par sa mère d'une des premières familles d'Italie, celle du célèbre cavaliero Battista Wang, ambassadeur de la République de Venise à la cour
de l'empereur Ferdinand III, est né à Luxembourg, le 16 janvier 1773.
Le jeune Ensch , après avoir appris les premiers éléments dans les écoles primaires, entra au collège de sa ville natale ou il parvint jusqu'en quatrième ou peutêtre en troisième, mais sans se distinguer, parce que le repos et l'attention nécessaires pour pouvoir étudier n'allaient pas à son esprit turbulent et aggressif qui se traduisait dans les querelles presque continuelles qu'il avait avec ses condisciples auxquels il ne cherchait qu'à faire des espiègleries. Il avait au surplus toujours prêtes des niches à jouer aux passants. Un jour de marché entr'autres , c'était le 17 novembre 1792, il s'avisa de dételer les chevaux des paysans qui avaient amené du grain à vendre et de les attacher ensuite deux à deux pour enfin les pourchasser dans les rues et les faire cabrer, renversant les escabauds des détaillants. A son retour à la maison paternelle après cette poliçonnerie, comme il vit que son père voulait lui donner une correction à coups de canne, le jeune homme s'esquiva en sautant d'un bond par dessus la porte de boutique et courut droit chex le général Guillaume Schrœder auquel il offrit de prendre service dans son régiment (infanterie, N° 26) en qualité de cadet. Il avait alors 19 ans d'âge.
Le général , frappé sans doute de son extérieur éveillé qui promettait qu'il ferait son chemin dans la carrière militaire, mais ne voulant pas à cause de sa jeunesse l'accepter sans l'assentiment de ses parents, fit mander son père auquel il demanda s'U consentait à l'enrôlement de son fils. Celuici., après avoir beaucoup déclamé contre la conduite du jeune homme, finit par consentir, parce que, dit-il, il n'était bon à rien d'autre qu'à manger du pain de munition. Ensch fut donc envoyé à la caserne où il devint bientôt un modèle de discipline et d'exactitude pour le service.
Lorsqu'à l'approche des armées de la République française le 26* régiment quitta Luxembourg pour se rendre d'abord sur
le Rhih , ensuite en Italie, Eosch était enseigne depuis le 11 mars 1795 : il fit avec ce grade ces campagnes et passa souslieutenant le 27 mars 1799. Le 14 juillet 1800 il gagna l'épaulette de premierlieutenant.
Après la paix de Lunéville en 1801, il Tint visiter sa famille à Luxembourg où Ton a eu lieu d'admirer la belle carrure et la haute taille du superbe officier que peu d'années auparavant on avait vu partir tout fluet encore : les officiers français eux-mêmes qui étaient en garnison dans la ville firent bien des tentatives pour lui persuader de prendre service dans leur corps, lui représentant que l'avancement chez eux était bien plus rapide et qu'il y avait plus de gloire à servir dans une armée toujours ou presque toujours victorieuse. Mais Ensch leur répondit résolument : J'ai servi mon empereur dans le bonheur je veux aussi le servir dans le malheur. Toutes les instances furent inutiles , il ne voulut jamais abandonner le drapeau qu'il avait juré de défendre et il retourna en Autriche. Il revint encore en 1804 à Luxembourg après la bataille d'Auslerlitz.
Ayant pendant son voyage de 1801 eu l'occasion de voir le major baron François- Charles de Veyder-Malberg (v. son art.), celui-ci l'engagea à quitter l'infanterie pour entrer dans les chasseurs de l'archiduc Charles. Ensch suivit ce conseil et fut admis avec son grade de premier lieutenant dans le 64e régiment des chasseurs dits tyroliens, le 16 juillet 1803.
Le îs" octobre 1805 les Français, plus forts en nombre, avaient attaqué les avantpostes du colonel comte Civalart sur le Michelsberg près d'Ulm, lorsqu'Ensch demanda à être détaché avec une compagnie de chasseurs vers Haslach, afin de couvrir le flanc et de défendre ce poste jusqu'à l'extrémité. Depuis longtemps déjà il était occupé à exécuter glorieusement cet ordre lorsqu'une balle ennemie vint se loger dans les chairs de sa cuisse gauche* Il prit aussitôt son mouchoir de poche et pansa lui-même la plaie aussi bien qu'il
le put. Il avait à peine fini d'appliquer ce bandage improvisé, lorsque, voyant sa compagnie plier, et ne se souvenant pas de l'énorme quantité de sang qui coulait de sa plaie, il s'élança comme en désespéré dans la mêlée , exhortant les siens à reprendre courage. La vue de leur commandant tout couvert de sang et faisant tous ses efforts pour les ramener au combat acheva de les électriser : Comme des lions ils assaillirent les Français qui , agresseurs .d'abord finirent par se voir obligés de se défendre et de sonner la retraite après une lutte d'une heure et demie qui donna à l'armée autrichienne le temps d'accourir d'Ulm et de se ranger en ordre de bataille. Ensch leur aurait même fait essuyer un plus grand échec si , au moment ou après le commandement de tourner, une seconde balle qui le blessa à la hanche droite ne l'avait renversé évanoui bas de son cheval. Ses soldats s'empressèrent aussitôt de le charger sur leurs fusils en forme de brancard,, pour le transporter à l'ambulance ; mais l'archiduc , qui avait à une petite distance vu cette scène émouvante d'héroïsme, se hâta d'envoyer sa propre voiture au devant du blessé, avec ordre d'y placer le brave officier (textuel). Au moment du passage de ce triste cortège devant le prince, celui-ci donna à Ensch un salut de satisfaction.
La brillante conduite de François Ensch dans cette sanglante affaire le fit mettre à l'ordre du jour général de l'armée. Ses plaies, qui n'étaient pas mortelles , ayant été guéries assez promptement, il put reprendre le commandement de sa vaillante compagnie avec le grade d'aide-decamp et l'expectative d'obtenir la croix de l'ordre de Marie-Thérèse à la première vacance. Cette occasion ne se présenta qu'en 1808: Comme un grand nombre de postulants, parmi lesquels on comptait même des généraux , se présentèrent pour avoir cette brillante distinction , l'archiduc Charles voulut qu'elle ne fût accordée qu'au plus digne, et comme tel il désigna le premier-lieutenant Fran-
çois Ensch. Mais comme le chancelier objectait que , n'étant pas noble , Ensch ne pouvait pas obtenir le pas sur ses concurrents à blason : « Qu'a cela ne tienne , «répliqua vivement h Prince, il obtiendra «des titres nobiliaires expédiés dans la « meilleure forme possible.» Toute opposition ultérieure devenait pour lors inutile ; et le 15 mars, pendant une revue générale sur les glacis de Vienne, l'archiducgénéralissime attacha lui-même la décoration sur la poitrine du brave premier-, lieutenant-adjudant en lui disant: «Re- «cevez de mes mains la croix militaire « de Tordre le plus élevé de la monar- «chie, comme récompense de la glo~ «rieuse part que vous avez prise aux «journées d'Ulm et de la noble conduite «que vous y avez tenue. Recevez-la «comme une preuve de mon estime et « de ma faveur. » II obtint en même temps des lettres de chevalerie pour lui et ses descendants ; et finalement le 31 août le brevet de capitaine-lieutenant dans le 3* bataillon de chasseurs parce que les chasseurs tyroliens n° 64 venaient d'être licenciés.
Pendant la campagne de 1809, Ensch qui avait été promu le 15 février de la même année au grade de capitaine chef de compagnie est cité avec éloge dans la relation du feldzeugmeister prince Reuss, sur le combat du 11 juillet pendant la retraite de I'arrière-garde depuis Hollabrunn jusque Znaym près de Schoengrabern: cinq compagnies de son bataillon avaient pris part à ce fait d'armes. Il prit également une part honorable aux batailles d'Aspern et de Wagram.
Les lettres du 22 mai 1813, Ensch fut créé baron de son nom , pour lui et ses descendants mâles et femelles. Nous nous voyons engagé à donner ici une longue analyse, do ces patentes:
« Nous François , etc. etc. , avons à * l'exemple des souverains autrichiens, «Nos augustes prédécesseurs, toujours «considéré comme une de Nos princi- « pales obligations et comme une des plus
«belles prérogatives de Notre puissance «souveraine, d'accorder des marques pu- « bliques de Notre faveur à ceux qui se « sont distingués par leur fidélité et leur «dévouement envers l'Etat, le Trône, «Notre personne et Notre Maison, et « qui donnent l'exemple de bonnes mœurs «dans le service militaire, dans les em- «plois d'administration civile, dans les «sciences, ou qui par d'autres moyens «contribuent au bien public en général; « et surtout de les récompenser en les éle- «vant à la noblesse, afin d'en exciter «d'autres à une louable émulation pour « travailler au bien public , mais surtout « les descendants qui par l'héritage de la «glorieuse récompense accordée aux mé- « rites de leurs ancêtres sont sans cesse « rappelés au devoir de , en imitant ces « mérites , se rendre dignes de leur ori- «gine noble.
«Nous avons en conséquence dirigé « Notre constante attention à n'oublier ao- «cun service, en quelque lieu qu'il soit «rendu, et Nous avons imposé comme « un devoir à nos employés ainsi qu'à «Nos fonctionnaires de Nous faire cou* «naître toutes les personnes et les objets «qui méritent Notre sollicitude; et Nous « ne Nous trouvons pas moins porté à « accueillir les représentations de ceux qui «demandent cette honorable distinction «lorsqu'ils les appuyent sur des preuves «suffisantes pour établir leurs services.
« Il est venu à Notre connaissance que « François d'Ensch (sic) , eu égard à ses « mérites , Nous a très-humblement sup- « plié de daigner l'élever au rang de baron.
«En effet, entré depuis 1792 dans «Notre armée il est parvenu jusqu'au «grade de capitaine effectif dans notre «3« division de chasseurs; et il s'est en «particulier très-bien distingué le 11 00- «tobre 1805 oh, avec le grade de 1* « lieutenant , se trouvant détaché avec une «compagnie de chasseurs lorsque l'ennemi « attaqua avec toutes ses forces la chaîne « des avant-postes sur le Hichelsberg près « d'Ulm , il se défendit non seulement avec
te le plus grand courage, mais, après avoir €c reçu une balle dans la cuisse gauche il «s'empressa de recourir an combat, « n'ayant muni sa blessure que d'un lé- « ger bandage j dès qu'il vit ses hommes «r repoussés et l'ennemi s'avancer vers le «(flanc, de réunir au plus vite ses « hommes et après les avoir animés d'un « nouveau courage les ramener au cornet bat et attaquer l'ennemi avec tant de « résolution que non seulement il le for* «ça à la retraite, mais fit plusieurs pri- « sonniers , défendit sa position et donna « ainsi à notre armée à (Jim le temps d'ace vancer et de se disposer en bataille , « au moment oh une seconde balle qu'il «reçut dans le flanc droit, l'empêcha de « faire essuyer une plus grande perte à
* l'ennemi , et qu'il dut être enlevé du « champ de bataille et transporté à Ulm ; « pour laquelle conduite aussi vaillante «que courageuse le même a obtenu en « 1808 la décoration de l'ordre militaire «de Marie-Thérèse, fondé par notre « aïeule , de glorieuse mémoire.
« Pour ces motifs et afin de récompense ser ces services signalés, nous avons «élevé le dit François d'Ensch, ainsi que «sa descendance légitime des deux sexes «pour tous les temps k venir à Fétat « de Baron de l'empire d'Autriche ; vou- « Ions en conséquence et ordonnons que «François Baron d'Ensch et sa descen- «dance légitime des deux sexes soient «dès maintenant et à toujours tenus et « réputés par tous dans tous leurs actes «judiciaires et nobiliaires ou particuliers «pour barons, honorés comme tels et «participent à tous les droits et préroga- «tives dus à la noblesse.
« En témoignage durable de cette Notre « faveur et élévation ou rang de baron- « nie Nous avons au dit François baron
* d'Ensch accordé les armoiries suivantes « ici dépeintes avec leurs véritables cou- « leurs et émaux , à savoir : Un écusson ((droit, oblong, se terminant inférieurece ment en pointe, divisé de droite à «gauche par une bande d'argent, à une
« étoile d'azur à six raies. Dans le champ «de gauche ou supérieur, sur la bande « un lion d'or montant , les griffes éten- «dues, la queue fourchue et relevée t «dans celui de droite ou inférieur, un « pélican avec sa piété (3 jeunes) ; l'écu «sommé d'une couronne de baron; «heaume ouvert à une chaîne en or en « forme de collier ; manteau à droite d*ar- «gent et d'azur, à gauche d'or et de « gueules ; cimier : Le lion de l'écu»
«En conséquence Nous autorisons le « dit François baron d'Ensch et sa des- « cendance légitime des 2 sexes à porter «les armoiries ci-décrites dès maintenant «à toujours, sans préjudice cependant «pour les droits d'autres qui pourraient «en porter de semblables, et de s'en «servir dans tous leurs actes judiciaires « et nobiliaires et là oh leurs affaires sem- «bleront le rendre nécessaire.
«Ordonnons enfin à tous et un chacun « de nos sujets tant ecclésiastiques que « civils de Notre empire de considérer le «dit François baron d'Ensch ainsi que «ses descendants légitimes comme ba- « rons , de les honorer comme tels , de « les laisser paisiblement et tranquillement « prendre ce titre , et de ne point les en « empêcher par eux-mêmes ni permettre « qu'ils le soient par d'autres directement « ou indirectement , attendu que ceux qui «iraient à rencontre encourraient notre «disgrâce et que Nous leur ferions ap- «pliquer les peines édictées pour ce fait.
«En témoignage de tout quoi Nous «avons confirmé le présent Notre diplôme «par Notre signature manuelle et l'appen- « sion de Notre grand sceau impérial secret, « dont Nous Nous servons comme Empereur «d'Autriche, et avons ordonné de le «transmettre à François baron d'Ensch.
« Donné par l'entremise de Notre cher « et féal , Âlois Comte de et à Ugarte, «Notre chambellan effectif, Notre con- « seiller intime, Notre colonel en Bohême « et Notre premier chancelier d'Autriche, « Grand-Croix de l'ordre de St. Etienne «de Hongrie; dans Notre ville capitale
« et résidence de Vienne , le vingt deux ce mai de Tan après la naissance de Jésusce Christ mil huit cent et treize ; de Nos « règnes etc. »
Peu de mois après , c'est-à-dire le 1" septembre de la même année 1813 Ensch entra avec le grade de major commandant dans le ir bataillon de chasseurs à l'organisation duquel il rendit de grands services. Il ne quitta plus ce corps dans lequel il acquit tous ses grades suivants : celui de lieutenant-colonel le 27 janv. 1821 ; celui de colonel le 20 janvier 1831 ; enfin celui de général-major honoraire le jour de sa mise à la retraite , le 16 mars 1836, ayant pu compter 43 ans, trois mois et 29 jours de service militaire actif.
Pendant la guerre de 1814 et 1815 il combattit vaillamment, ayant entr'autres pris une part honorable au combat qui fut livré le 22/25 avril 1815 pour se frayer le passage de la rivière nommée Ronco, dans l'Italie centrale. Trois jours après il reçut l'ordre de , avec quelques compagnies de son bataillon, une division d'infanterie Wied-Runkel N° 34 et une section de cavalerie soutenir la poursuite de l'ennemi, entreprise et conduite par le capitaine comte Tharn, quartier-maître-général de l'état-roajor, laquelle eut le plus brillant succès, tellement que dès 2 heures du matin la ville de Pesaro ouvrit ses portes aux autrichiens.
Le lieutenant-feld maréchal comte Neipperg ordonna, de Guneo, le 10 août 1815, au major Ensch de se rendre avec son bataillon en France, en traversant la vallée de Stura; et un autre ordre du jour général, daté de Cimone, le 12 août (1815), annonça que Ferdinand IV , roi des Deux- Siciles venait de lui conférer la croix de chevalier de l'ordre militaire de St. Ferdinand.
Nommé lieutenant-colonel en 1821 , comme nous l'avons dit , François d'Ensch accompagna l'armée d'Autriche lorsqu'elle alla combattre les Napolitains insurgés. Le 7 mars , après la bataille de Rieti ou par sa conduite aussi courageuse que résolue
il s'était gagné toute l'estime do généra) Baron Frimont,. chef de l'expédition, il fut chargé d'avancer avec une division forte de 5000 hommes sur les Abruzzes et plus tard, en août, en Calabre, et d'y faire des courses. Le corps qu'il avait sous ses ordres se composait du 11° bataillon de chasseurs , d'un bataillon infanterie prince Wied-Runkel N° 31 , d'un autre du comte Albert Gyulay N° 21, d'un demi-escadron de hussards de l'archiduc Ferdinand et finalement d'une demie compagnie de pionniers.
Encore pendant la même année le roi de Naples lui conféra son ordre de St. Georges de la Réunion.
Lorsqu'en 1831 il fut promu au grade de colonel, Ensch se trouvait dans les provinces maritimes d'Italie, et eut la satisfaction de recevoir de l'empereur François I , pendant son voyage dans ce pays, l'expression de sa satisfaction sur le bon état et l'instruction du corps placé sous ses ordres.
En 1836, ses longues fatigues pendant près de quarante-quatre ans passés à l'armée et en grande partie dans les camps, ainsi que cinq blessures graves, dont quatre d'armes à feu et une de pointe, le forcèrent à désirer le repos. II sollicita en conséquence sa retraite qui lui fut accordée sous la date du 15 mars, avec un supplément personnel de 300 ils. par an à la pension militaire et le titre de général-major honoraire.
Dix ans plus tard , l'empereur voulant récompenser plus dignement encore la fidélité inébranlable et les mérites tout personnels du baron d'Ensch , le nomma en outre membre de la 1" classe de la fondation militaire Elisabeth-Thérésienne à laquelle, nous dit-on, est attaché un revenu de 700 fis. (1750 frs.) , distinction qui n'est accordée qu'à de vieux militaires qui se sont fait une réputation dans les combats.
Le général François Ensch avait contracté deux alliances. La première le 1* février .1814, lorsqu'il était major, avec
la fille unique du baron de Hauer, ministre des finances de l'empire d'Autriche, ne lui donna qu'une fille, Mathilde, qui fit pendant longtemps les délices de la cour de Vienne où elle avait été élevée. Elle est aujourd'hui mariée à N. Beznar von Riedburg. La seconde union du baron d'Ensch, 20 mai 1820, avec Glaire de Lindenheim et Friensberg , l'a rendu père de deux fils et d'une fille : l'aîné , qu'il avait nommé Dominique , en mémoire de son frère, décédé le 12 avril 1849 curé à Biersdorf, chef-lieu de commune dépendant du cercle prussien de Bittbourg , est mort jeune ; le puîné , François comme •son père, est actuellement major au 39 régiment des lanciers autrichiens. Finalement là fille, Jeanne est alliée à N. Szegedy- Ton-Mezo-Szeged .
4 Le général baron François d'Ensch est mort le 15 mars 1861 , à l'âge de 88 ans et deux mois , à Baden en Autriche. Le billet mortuaire lui donne les qualifications suivantes : Général-major impérial et royal en retraite; Chev. de Tordre militaire de Marie-Thérèse ainsi que de ceux de St. Ferdinand pour le mérite et de St. Georgesde-la-Réunion des Deux-Siciles ; Membre de la 1" classe de l'institution militaire Elisabeth-Thérésienne. Il portait également la médaille militaire de l'armée , et avait enfin été propriétaire du deuxième bataillon des chasseurs.
Notes tnr le général baron d'Ensch, par M. le curé Ssrrtft», de Willingen; d'après les récit* de fa. mille et les correspondances mêmes dn général. — Renseignements fournis. — Himum.» , Der Militer Karia-Tlieresien-Orden, I, 816; H, 1 74t.~Oester- . rdchische militaerische Zeitschrilt; année 1840, S* cahier; 1847, tf'cah.* 1861, 8« cahier: ce dernier renfermant le nécrologe dn général, rédigé par son fils. — Etat ciril de la Tille de Luxembourg.
EYSCHEN, Pierre-Nicolas, fils de Pierre Eyschen , riche propriétaire-cultivateur, et de Catherine Kellen, est né à Baschleiden, le 20 mars 1796, frère de Charles-Gérard qui a son article.
Après avoir, comme on disait alors, fait ses principes de latin chez son oncle,
Guillaume Eyschen, curé de Kœrich, il entra au collège de Luxembourg ou il acheva l'étude des humanités avec beaucoup de distinction. La philosophie lui fut enseignée par le Directeur Munchen (v.
son art.). De là il se rendit au séminaire clérical de Trêves , afin disait-il , de se perfectionner davantage dans l'usage de la langue allemande. Entré au séminaire de Metz il ne tarda pas à s'y distinguer par son application, la régularité de sa conduite et ses progrès , tellement qu'après la première année il fut désigné conférencier. L'évéque Jauffret lui conféra les ordres et le nomma immédiatement après aumônier de l'hôpital de St.-Nicolas, à Metz. Quelques mois plus tard il obtint la desservite de la paroisse de Mondorf (1822).
Lorsqu'en 1827 le roi Guillaume I", des Pays-Bas, trouva parmi le clergé une opposition absolue pour admettre dans les séminaires des provinces belges les élèves qui sortaient du collège philosophique qu'il avait créé à Louvain dans l'intention d'y former de jeunes lévites très instruits dans les matières transcendantes, ce prince se vit amené à envoyer ces jeunes gens dans un séminaire étranger , dont les chefs seraient moins susceptibles. Il choisit à cet effet celui de Trêves et donna à cette colonie le curé Pierre-Nicolas Eyschen en qualité de Directeur spécial , avec la qualification de Recteur des élèves du collège philosophique au séminaire de Trêves.
Eyschen avait bien, avant d'accepter cette mission délicate, pris le consentement de l'évéque de Namur, son chef diocésain ; et l'on ne devait pas croire qu'à leur retour, après l'ordination , ces jeunes clercs qui n'avaient qu'obéi à la loi, seraient refusés dans leur patrie par l'épiscopat national. La révolution de Bruxelles ayant éclaté sur ces entrefaites en août et septembre 1830 , l'institution de Trêves fut supprimée; mais le Gouvernement des Pays-Bas se souvint du Directeur qui pour se rendre au vœu du souverain avait abandonné une bonne paroisse : Le roi Guil-
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laume 1* lui accorda sur sa cassette particulière une forte pension viagère.
D'un autre côté, le cours des événements politiques ayant opéré un complet revirement dans la manière de voir du clergé luxembourgeois, Eyschen ne tarda pas à se trouver en butte à des tracasseries qu'il était convaincu de n'avoir point méritées. Son Ame sensible en même temps que noble et au-dessus des préjugés vulgaires se sentit touchée de cette injustice. Il demanda et obtint la permission d'aller résider k Paris , afin de rétablir sa santé, ruinée par l'étude autant peut-être que par le chagrin de voir combien on affectait de méconnaître les généreuses intentions du roi des Pays-Bas , qui, soit dit en toute sincérité , n'avait en fondant le collège philosophique de Louvain, eu que le tort d'avoir donné à cet institut une direction trop mondaine, peut-être en même temps trop abstraite et spéculative.
Le séjour que l'abbé Eyschen fit à Paris, loin d'apporter l'amélioration si désirée à ses douleurs physiques et morales , ne fit que les augmenter. Il est mort dans cette ville, le -1* ou le 2 juin 1831, n'ayant pas encore atteint l'Age de trente-cinq ans.
Eyschen, en bonne estime auprès de ses supérieurs, était un homme aussi instruit qu'indépendant de caractère. Comme prêtre il doit être particulièrement mentionné pour sa vie vertueuse et ses constants efforts à bien diriger ses paroissiens dans les voies du salut ainsi qu'à maintenir parmi eux la paix , l'amour du prochain et la charité chrétienne. • Il a laissé une bibliothèque nombreuse et choisie, composée d'ouvrages embrassant la plupart des connaissances humaines ; mais sa fortune privée avait coulé dans les aumônes nombreuses et souvent considérables qu'il se plaisait à faire aux vrais nécessiteux.
Notes fournies. — Reiueigiitaevts de ânaille.— JUrebires de Bruxelles et de Lille je. — Etat civil.— Correspondances dn cnré Eyschen arec ses assis.— Directoires.
EYSCHEN, Nicolas, fils de Pierre
Eyschen et de Anne-Marie Sobaaek. e«t né le 3 octobre 1758, à Baschleideo , dans la commune moderne de Boulaide.
11 fit ses humanités au collège des Jésuites à Luxembourg et sa philosophie ainsi que sa théologie à Louvain où il passa Prt~ mus et obtint le titre de Docteur data la science divine. Peu de temps après il fut, sur la proposition de cette université, nommé professeur de théologie au séminaire filial de Luxembourg créé par l'empereur Joseph II. Dans cette qualité il exerça une heureuse influence sur l'établissement et eut en même temps l'occasion d'assister plusieurs prêtres de ses conseils à l'éruption de la révolution française. A la conquête il se réfugia dans son endroit natal oii il vécut retiré avec son frère Guillaume , qui était prêtre comme lui et curé de Guerlingen. Comme il avait repoussé avec fermeté le serment républicain de haine à la royauté il fut décrété d'arrestation et était traqué par la gendarmerie qui avait ordre de se saisir de lai : mais , malgré les avertissements qu'il reçut de plusieurs côtés, il refusa de se cacher. Arrêté le i* frimaire an VII, 21 novembre 1798, à Guerlingen alors qu'il avait atteint l'âge de 43 ans, il fut transporté à Luxembourg , puis à Rochefort ou on l'embarqua pour l'fle de Ré: en route, a-tril repété souvent, il eut infiniment i souffrir de la faim , de la vermine , du froid et de la dureté du traitement de la part de ses conducteurs.
Dans les premiers jours de janvier 179» il aborda sur celte fle oit peu de temps après H devait > avec plusieurs de ses compagnons d'infortune > devenir victime d'une de ces noyades rép*»
blicaines que l'histoire a enregistrées avec dégoût. Il était déjà monté sur le vaisseau fatal sur lequel devait être accompli ce monstrueux sacrifice au milieu de là nmt suivante , et dans lequel on Pavait lui et les siens fait entrer sous prétexte qu'on voulait les transporter plus loin, lorsqa'heureusement arriva encore à temps Farrêté
des consuls qui ordonnait de rendre les déportés à la liberté , leur permettant de regagner leurs foyers. Eyschen revint donc dans sa famille. À la restauration du culte il fut envoyé en qualité de curé à Martelange. Mais sa santé entièrement abîmée par les souffrances physiques et morales qu'il avait endurées pendant son exil, ne se rétablit plus. Il n'était pas encore installé depuis un an qu'il mourut au milieu de ses nouveaux paroissiens , en 1802, lais» sant dans l'âme de tous ceux qui Font connu, le souvenir des bienfaits qu'il avait répandus sur les pauvres auxquels il avait distribué tout ce qu'il possédait, se privant même très souvent du nécessaire.
£sglim, Die Imembarger Glaabentbekenner , 49» »q.- Renseignements de famille fournit par tes ne* ▼eux.
FABER, Jean-Jacques, demi-frère de Georges Faber (v. son art.) , était fils de Chrétien Faber , officier et justicier de la seigneurie de Clervaux , et de Catherine Dairemont, sa première femme. Il est né à Hosingen , le 16 août 1751. Après avoir fait ses études humanitaires à Luxembourg, il alla suivre les leçons de droit à l'université de Louvain où il obtint le 17 août 1775 le degré de licencié dans le strict Collège de cette université, après y avoir achevé les années d'études prescrites par les ordonnances de Sa Majesté.
Le 20 octobre de la même année 1775, J.-J*1" Faber prêta le serment d'avocat au Conseil provincial à Luxembourg et fut inscrit sur le tableau du barreau où il se distingua par ses lumières, à tel point que déjà en 1787, au vœu de l'ordonnance Impériale et Royale du 20 avril, créant les tribunaux de justice civile et criminelle de première instance dans le Duché de Luxembourg, il fut désigné premier candidat par le collège électoral pour avoir siège dans le tribunal de la capitale. Cependant comme cette ordonnance paraît n'avoir reçu qu'une suite momentanée par l'effet de sa révocation sous la date des 20 juin et 1 1 septembre de la même année, Faber fut nommé le 3 juillet 1788 con-
seiller au Conseil souverain, où la conquête française le trouva.
En 1796 il figure comme juge au tribunal civil de Luxembourg.
A l'organisation, en l'an VIII (1799 — 1 800) ,'des tribunaux d'appel , J.-J^* Faber fut nommé Conseiller à la Cour de Metz, à laquelle ressortissait pendant le régime français le pays de Luxembourg qui avait reçu le nom de Département des forêts.
Après la chute du premier empire français, Faber, devenu français de fait, conserva cette qualité avec son siège de Conseiller. Il est mort à Wiltz , pendant une visite qu'il faisait à ses deux frères, le sept novembre 1825, à l'âge de soixantequatorze ans.
En récompense de ses mérites comme jurisconsulte profond et comme magistrat éclairé, l'Empereur Napoléon Ier l'avait nommé chevalier de l'ordre de la Légion d'honneur.
Pour terminer cet article , que nous devions à la vertu et à l'intégrité du personnage qui nous occupe , nous nous croyons en devoir de reproduire quelques extraits d'un discours que M. Dommange, bâtonnier de l'Ordre des avocats à la cour de Metz a prononcé à l'audience du 16 novembre 1825:
« MM. Je prends la parole dans de bien «tristes circonstances, au moment où la « Cour est douloureusement affectée de la «perte récente de l'un de ses membres « les plus distingués.
« Permettez, MM. , que le barreau mêle « ses regrets à ceux de tous les collègues «de M. Faber. Ses "vertus privées, son « excellent esprit ont contribué , dès l'ori- « gine de l'institution de la Cour, à fonder, «à cimenter entre les magistrats cette « union admirable qui rend plus facile et « plus doux l'accomplissement des devoirs, « en même temps qu'elle ajoute à la dignité « de la Compagnie.
«Je ne pourrais rien dire à ce sujet, « que chacun de vous , Messieurs , n'eût «senti mieux que moi et avant moi.
«Hais je dois, et Tordre entier des «avocats doit un hommage public à la «vaste érudition de M. Faber. Quelle p science ! et pourtant quelle rare modestie ! « Quelle prodigieuse mémoire ! Quelle « pureté de principes , et aussi quelle sa- « gacité ! Quelle rectitude dans les idées ! « Quelle force de tête ! Les chagrins qui, « plus encore que les années, l'ont préci- « pité dans la tombe, n'avaient pas altéré «la puissance de ses facultés morales.
«Vous le savez, MM., jusqu'à son dernier «jour, même présence d'esprit, même « pénétration , même aptitude aux importantes fonctions de la justice. Je ne puis « songer au trésor de science que possédait M. Faber, sans porter des regards
« inquiets sur l'avenir Qui rem-
«placera ces hommes que de longues et « pénibles études ont enrichis d'un immense «savoir?
«Il faut en convenir, nos codes, quel- « ques ouvrages nouveaux et surtout les «dictionnaires de jurisprudence ont rendu « de nos jours l'étude du droit plus simple, «plus facile, plus prompte, mais aussi «plus superficielle. Désormais nous aurons « donc de passables légistes ; mais, parce « que nos lois sont plus complètes , plus «uniformes et mieux ordonnées, nous « sommes menacés de ne plus rencontrer « de profonds jurisconsultes. Etrange con- « dition des choses humaines : le mal est « toujours à côté du bien !
Les chagrins dont parlait l'orateur , ne provenaient que de la tendance des fils du conseiller Faber à se vouer à l'état militaire malgré son désir de les voir suivre la carrière du droit. Une de ses deux filles aussi, entraînée par la gloire de l'armée sous l'empire , avait été unie au général Thomas , auquel elle donna deux fils qui quoique jeunes encore sont déjà parvenus à de hauts grades militaires ; ils sont l'un et l'autre capitaines de cavalerie ; et l'un d'eux a même gagné l'étoile de la Légion d'honneur en Grimée.
Eut civil de Hotingen et de Wilts.— Enregistratarée dn Conseil provincial et souremin. — Aensei* gnements fournis. — Titres originaux. — Journal dn Département de In Moselle, dn 94 novembre 1885, N° 87.
FABER , Jean- Joseph, frère cadet du précédent et comme celui-ci, demi-frère de Georges Faber qui a aussi son article, était fils de Chrétien Faber , Justicier et officier de la seigneurie de Clervaux , et de Catherine Dairemont sa lra femme. Il est né à Hosingen , le 30 mars 1767.
À l'époque de la vente des biens nationaux par la République française , J.-Jos. Faber se rendit adjudicataire , le 1 1 germinal an VII (31 mars 1799) du château des Comtes de Wiltz, pour la somme fabuleuse de sept cent quarante mille francs, qui fut payée en assignats dont la valeur était tellement minime alors que le prix de cette acquisition vraiment princière ne lui revint pas à plus de cent louis d'or (2,400 frs.), en numéraire métallique. Deux ans auparavant il avait épousé une demoiselle Hobscheid de Wiltz. Dans l'acte de ce mariage , conclu le 22 thermidor an Y (9 août 1797) , devant l'agent municipal, il est qualifié de Juge de paix du canton de Wiltz , lequel avait été créé par arrêté du comité de salut public en date du 14 fructidor an III (31 août 1794). Il paraît cependant qu'il n'a pas longtemps exercé ces fonctions puisque déjà en 1799 il est qualifié tanneur. Pendant tout le régime français, c'est-à-dire jusqu'en 1815 il fit partie du conseil municipal de Wiltz : En 1815 et 16 il y paraît même comme l'un des deux Grands-Bourgmestres-présidents.
Nommé membre des Etats-provinciaux, pour l'ordre des villes, et ce dès la ln organisation de ce corps en 1816 — 17, il y siégea pendant la session de cette dernière année où il fut désigné pour la seconde Chambre des Etats-Généraux du Royaume des Pays-Bas , mandat qui lui a été continué sans interruption jusqu'aux événements politiques de Belgique en 1830. Pendant cette série de treize ans, Faber
eut le courage de rester toujours d'accord avec sa conscience pour défendre les Trais intérêts de son Pays ; aussi n'y a-t-il pas lieu de s'étonner que , sans prétendre faire une opposition systématique au Gouvernement , ses votes aient toujours été donnés dans le sens le plus libéral. Le Roi Guillaume 1er a beaucoup estimé le député Faber auquel il avait même remis l'ordre du Lion néerlandais ; parce que, toujours franc dans l'expression de sa conviction il ne se laissa jamais fléchir pour plaire au ministère auquel plus d'une fois il a ouvertement reproché de chercher à sacrifier les belles provinces belges aux intérêts de la Hollande.
11 parait utile de rapporter ici une circonstance qui a souvent été interprétée dans plus d'un sens : Le bourg de Wiltz, par son affranchissement plusieurs fois séculaire , avait naturellement pris rang de ville, dans le sens des lois sur la matière, comme plusieurs autres localités du Pays qui se trouvaient dans le même cas et qui, par l'effet de méticuleuses craintes d'intérêt matériel ont négligé en temps opportun de faire valoir leurs titres pour, à l'organisation administrative du Royaume des Pays- Bas auquel le Luxembourg avait été annexé, obtenir la confirmation de cette reconnaissance. J.-Jos. Faber faisait alors partie du conseil de Régence. Il sut si bien plaider la cause de la revendication de ce privilège ancien, qu'il convainquait ses collègues et que la demande en fut formulée. En l'octroyant , le gouvernement qui , paraîtil , était très peu versé dans l'histoire de nos seigneuries féodales, demanda le dessin des armoiries que Wiltz désirait obtenir pour en orner son sceau communal. Cette question parut neuve également aux édiles Wiltzois qui avaient apparemment oublié le noble et glorieux écusson du temps des Croisades que leurs anciens dynastes portaient. Ils forgèrent alors cet amalgame disparate , et ridicule en blason , qui leur fut concédé le 26 février 1823, peut-être non saus sourciller de la part de la Chambre héraldique , et qui consiste en un écusson
écartelé, au 1er de sinople, chargé d'une ruche à abeilles volantes , le tout d'or ; au second d'or, au caducée de sable, placé en barre; au 3e également d'or, à l'ancre de sable mis en bande ; au 4* enfin fascé d'argent et d'azur, de huit pièces , au lion montant au naturel, brochant et couronné d'or. L'écusson sommé d'une couronne ouverte d'or.
J.-Jos. Faber, qui possédait en outre, en compagnie avec le frère de sa première femme, une tannerie considérable, est mort à Wiltz, le 19 mars 1846 , a l'âge de 79 ans. Après le décès de Marguerite Hobscheid il avait épousé Marie-Madelaine Lamborel, de Bastogne. Ni Tune ni l'autre de ces dames ne lui donna postérité qui Técût.
Nous ajouterons, pour terminer, que, devenu propriétaire du château de Wiltz il vendit quatre cinquièmes de ce vaste édifice , ne s'en réservant que la portion du centre , qui, comme chacune des autres parts , forme une habitation vaste et parfaitement distribuée.
Archives dn Grand-Duché. — Almanack de la Conr des Pays-Bas. —Almanach du Grand-Duché.— Journaux politiques de ft8Ï6~à"|l 030. — Etatfcivil de Oosingen et de Wiltfe.— -Renseignements communiqués.—Archives du Bureau de l'enregistrement de Wiltz.
FRANCQ, Jean-Louis-Othon, plus particulièrement désigné sous le nom de Francq l'aîné, est né en 1747 à Orchimont , chef-lieu de la prévôté de ce nom au Duché de Luxembourg. Il était fils de Jean-Baptiste Francq , vivant notaire , décédé juge de paix du canton de Gedinne , aujourd'hui province de Namur.
Après avoir fait ses humanités au collège des Jésuites à Luxembourg il alla suivre les leçons de droit à l'université de Louvain où il prit la licence. Il fut promu avocat au Conseil provincial de Luxembourg le 9 novembre 1768 , et devança , comme aîné de la famille, l'entrée au même barreau de ses deux frères, Jacques et Jean- Joseph.
Dès 1787 la réputation acquise par
J.-L.-O. Francq, an homme aussi distingué par la sagacité de son esprit que par la profondeur de ses connaissances et la rectitude de son jugement , lui avait tain l'unanimité des suffrages du corps électoral de la ville de Luxembourg institué par l'Empereur Joseph II , et auquel ce souverain aussi éclairé que libéral avait , par une mesure jusque 1k sans antécédants, remis le choix des Conseillers destinés à composer le tribunal royal de première instance siégeant à Luxembourg (17 avril 1787). Il prêta serment le premier mai suivant.
Ce tribunal ayant été supprimé peu de temps après sa création , les juges qui le composaient entrèrent au Conseil souverain dont ils constituèrent une nouvelle Chambre : seul , Francq ne partagea pas l'honneur de cette promotion , comme déjà dès 1783 il n'avait pas pu y être admis , même sur la présentation de la magistrature , attendu qu'ayant épousé Catherine- Dorothée-Thérèse Pastoret, fille du Conseiller en exercice de ce nom (v.son art.), son admission au Conseil était par suite de cette alliance devenue impossible.
Le même motif encore fut cause qu'en 1788 sa nomination aux fonctions de Procureur-général , proposée par le ministre Comte Trautmansdorff ne put être accueillie. Un document de 1792 porte en outre que le ministre Comte de Metternich l'avait à cette époque présenté pour entrer au Conseil-privé à Bruxelles. Mais il est à croire qu'il n'aura pas été donné suite à la proposition à cause des troubles qui alors régnaient dans les provinces de la Belgique. Finalement , et toujours pendant la même année 1792, les députés des Etats du Luxembourg lui offrirent la place de Conseiller-pensionnaire attaché à leur corps; nous ignorons si Francq l'avait acceptée.
En l'an III (1795), à l'entrée des troupes françaises dans la forteresse de Luxembourg, Francq fut nommé chef d'un tribunal provisoirement créé à Luxembourg , et composé des sept membres les
plus distingués du barreau. Immédiatement après la réunion du Pays de Luxembourg à la France et la constitution du département des forêts , il entra dans l'administration centrale dans laquelle il eut peu de temps après à remplir les fonctions de Commissaire du pouvoir exécutif. Dans cet emploi il écrivit lui-même ou dicta les douze ou quinze arrêtés qui furent pris sur le champ pour pourvoir de tout chef à la défense de la place qu'on croyait menacée par suite de la bagarre de Trêves , lors de la déroute près de Mayence lorsque les Français furent battus par Clairfays.
Au commencement de l'an IV il fut chargé par ses collègues de mettre à exécution dans le quartier wallon de la province la réquisition de deux mille chariots , chacun a quatre colliers , pour le service de l'armée du Rhin. Et, bien que la situation des administrés , déjà excédés par ces sortes de contributions ne promît pas de bien grands succès; que même l'administration n'y comptât guère, il sut persuader ses concitoyens de manière que partout les chariots partirent le lendemain de son arrivée dans chacun des cantons que sa mission lui fit parcourir.
En l'an V les élections populaires l'appelèrent à siéger dans la même administration dont il devint le chef et qu'A présida sans interruption jusqu'à l'an VII. En cette dernière année les mêmes électeurs populaires le désignèrent (le 22 germinal, fl avril 1799) pour siéger à Paris au Conseil des Anciens de la République, où il demeura jusqu'au Consulat , et oii il mérita l'estime de ses collègues. Sous ce dernier régime, de nouvelles élections le firent entrer le 4 nivôse an VIII (25 décembre 1799) au Corps législatif dont il fit partie jusqu'en
J.-L.-O. Francq , dit Vaine, est mort à Luxembourg, le 23 décembre de la même année , laissant une nombreuse postérité en partie encore existante.
Titres «t brevets originaux.— Archives du Grand- Duché et du Palais à Luxembourg.— Notes fournies par la famille.
GERDEN, François-Chrétien-Sidoine, de, est né à Luxembourg, le il décembre 1711, d'une famille originaire de Hachy , village de la seigneurie de Thiaumont, prévôté d'Arlon. Son père, Jean-François Gerden , et sa mère Marie- Sidonie Hack, paraissent avoir habité Dudelange. Le père était bailly de la seigneurie de Mont S t.- Jean.
Après avoir obtenu à Louvain le grade de licencié en droit, F.-C.-S. Gerden fut reçu avocat au Conseil de Luxembourg, le 12 août 1735 : un mérite peu ordinaire ne tarda pas de lui attirer l'attention du public et l'estime de la haute magistrature du pays qui le plaça en tête de ses candidats pour une place vacante au Conseil oh il entra le 17 juin 1748. Ce fut dans cette position que Gerden trouva de nombreuses occasions de déployer une supériorité de talent dans l'administration que dans la judicature. Cette supériorité incontestée fixa sur lui les yeux de la Souveraine, la grande Marie-Thérèse, qui fit choix du plus jeune des membres du Conseil pour loi confier la présidence de ce corps, poste le plus élevé de la province après celui de Gouverneur.
La nomination de Gerden à ces hautes fonctions date du 14 mai 1755.
On sut à Luxembourg que le choix de l'Impératrice avait été recommandé par le comte de Neipperg auquel un long séjour à Luxembourg en qualité de gouverneur du Duehé avait laissé l'occasion de discerner la valeur de divers personnages; on y sut que la candidature de Gerden n'avait pas eu l'adhésion du gouvernement de Bruxelles par l'unique motif que celui-ci était sans fortune , et que la Souveraine avait sans hésiter fait disparaître ce genre de difficulté en augmentant par des avantages spéciaux et viagers les rétributions attachées à la présidence , et assuré de cette manière au
titulaire une position en harmonie avec ses hautes fonctions.
Gerden conserva son fauteuil de président du Conseil , avec la charge de Trésorier et de Garde des Chartres jusqu'à son décès, survenu le 29 mars 1787.
Durant sa longue vie il conserva inaltérés l'estime et le respect de ses concitoyens , et demeura jusqu'à la fin de ses jours une colonne inébranlable de justice, et d'intelligente fermeté sur laquelle les souverains pouvaient avec sécurité reposer leur bras. Aussi leur reconnaissance ne lui fit jamais défaut. Par diplôme délivré à Vienne, le 16 mai 1775, la trentecinquième année de son règne, Marie- Thérèse avait élevé le président Gerden aux fonctions de Conseiller d'Etat, avec les honneurs, prérogatives, libertés et franchises attachés à cette charge. Parmi ces prérogatives et honneurs se trouvaient ceux de la noblesse héréditaire. Ce fut aussi à partir de cette date de 1775 que l'on trouve la signature du président Gerden écrite de Gerden.
En 1751 F.-C.-S. de Gerden avait épousé Ludowine Scheer , fille d'un avocat de ce nom. De ce mariage étaient issus deux enfants décédés l'un et l'autre sans laisser postérité.
Titres originaux de la famille.— Archives dn Conseil de Luxembourg.— Notices communiqués par M. de la Fontaine, père, ancien Gouverneur du Grand- Duché.» Etat civil de Luxembourg.
HATTSTEIN , Philippe de, fils de Jean, président du Conseil provincial de Luxembourg, cônséquerament frère de Guillaume qui précède (v. son art), succéda à son père comme plénipotentiaire des archiducs à Spire, de 1601 à 1603. Plus tard , sous les empereurs Mathias et Ferdinand , il fut chargé d'autres missions touchant les intérêts de la Belgique germanique. Il est mort en 1636.
Ch. Raelmbici, La noblesse belge aux affaires d'Allemagne, 1018-1648; dans: Bulletin du Bibliophile belge; T. VIII, 2« série; 1861; 379.
HENN , Alexandre.— A jyouter à l'ar-
iicle concernant ce personnage , T. I, p. 242.
L'abbé Alexandre Henn a été pour son époque l'écrivain le plus important de son abbaye, comme il fut un des plus vigilants directeurs de cette maison religieuse. En effet, il a composé trois ouvrages qui sont restés manuscrits , traitant de l'Histoire de Trêves en général, et formant pour son monastère comme pour la collégiale de St. Paulin une des sources principales pendant le dix-septième siècle. Ces œuvres ont pour titre: 1° Memoriale verum et brève potissimorum quae contigerunt huic monasterio (S. Maxim.) ab anno 1645 mense nov.
— 2° Ephemeris obsidionis Trevericas per Gallos anno 1673.-3° Excidium S. Pau- Uni anuo 1674.
D'un autre côté , après avoir en trois ans de temps fait reconstruire l'église, le cloître et tous les accessoires de l'abbaye de St. Maximin, tels que ces édifices subsistent encore en partie de nos jours, ses religieux purent y rentrer en 1683 après avoir forcément séjourné pendant près de neuf ans à Fetzenreich. Il orna richement la nouvelle église , fit placer de belles statues sur les tombeaux des Saints Maximin , Agrèce et Nicet , éleva vingt autels dans le temple, posa dans le chœur de bons tableaux représentant les grands hommes et les principaux faits de l'ordre de Saint Benoît. Il fit de même rebâtir l'église de Saint Michel ainsi que l'hospice de Sainte Elisabeth près de son monastère.
Enfin , après avoir achevé tous ces édifices il voulut également pourvoir à la conservation des propriétés de l'abbaye ainsi qu'à celle de ses droits. Dans cette intention il classa par ordre chronologique une masse d'anciennes Chartres et les inventoria. Il fit copier par ordre alphabétique , en quinze volumes in folio , tous les titres, actes, donations, relaissements , records , etc. , des biens de sa maison dans laquelle il ranima le goût des études monastiques: Il eut
la joie de voir en un seul jour six de ses religieux conventuels obtenir le degré de Docteur. Il a acquis pour la bibliothèque un grand nombre d'ouvrages précieux parmi lesquels ceux qui ont été sauvés du naufrage révolutionnaire portent encore son nom inscrit sur le couvercle. Alexandre Henn était, lui cinquième frère profès religieux de Tordre St. Benoît; et troisième qui fut abbé, Guillaume à St. Mathias et Benoît à St. Martin de Trêves. Une sœur avait également pris le voile à la Congrégation dans la même ville.
Mabx, Gcachichtc des Erutiftes Trier, III, JJS2, •9«; et 154, sqq.
HEUARDT, Jean-Henri, fils de Henri Heuardt et de Anne-Marie Beving , est né à Rollingen , commune de Mersch , le 27 germinal an IX (17 avril 1801).
Après avoir achevé ses études préliminaires aux athénées de Luxembourg, d'Ath et de Trêves , J.-H. Heuardt se rendit à l'université de Liège où il suivit successivement les cours de philosophie et de droit. Il y obtint le 25 juin 1828 le grade de Docteur dans l'un et l'autre Droits, après avoir soutenu une thèse : De instrumente privato. Le 8 août de la même année il se fit inscrire sur le tableau du barreau attaché au tribunal de première instance de Luxembourg.
Lorsque dès la naissance de la révolution de Bruxelles et l'avènement du Gouvernement provisoire de Belgique ce dernier eut démissionné le père de J.-H. Heuardt des fonctions de juge de paix du canton de Mersch que celui-ci avait depuis un grand nombre d'années occupées avec zèle, et ce pour le motif qu'on le soupçonnait de n'être pas assez attaché à cette révolution , le jeune avocat fut appelé le 16 octobre 1830 a sa succession. Mais , soit délicatesse, soit que sa conviction politique fût acquise à la Maison de Nassau-Orange, J.-H. Heuardt refusa d'accepter ce siège et envoya dès le lendemain sa démission à Bruxelles : Cependant il parait que cette
démission ne fut pas acceptée. Toujours «st-il établi qu'il ne prêta pas le serment exigé à cet effet, et qu'il n'a pas été installé. Nommé le 30 novembre suivant, par le même gouvernement provisoire, juge au tribunal de Diekirch , il s'y rendit et occupa cette magistrature jusqu'au 16 mars 1831, date de l'acceptation de sa nouvelle démission, laquelle était, comme la première , motivée sur son refus réitéré de prêter serment au nouvel ordre des «choses , parce qu'une foi sincère et par cela même honorable lui défendait de jurer fidélité à un revirement politique qu'il condamnait comme opéré contre la dynastie légitime.
Le 19 avril 1831 , le roi des Pays-Bas nomma J.-H. Heuardt juge au tribunal de Luxembourg et le lendemain juge d'instruction, dignités qu'il occupa avec dévouement et conscience pendant près de dix ans, à une époque où il existait tant d'influences contraires qui s'entrechoquaient si elles ne se combattaient pas ouvertement les unes les autres , tant de la part de la garnison fédérale de la forteresse que de celle de la bourgeoisie. Le 4 décembre
1838 le gouvernement y ajouta même les fonctions d'auditeur militaire qu'il conserva jusqu'au 31 mars 1841. A la nouvelle organisation de la magistrature après la reprise de possession du territoire dit cédé en vertu du traité de Londres du 19 avril
1839 , J.-H. Heuardt fut de nouveau, en vertu de l'ordonnance du 4 janvier 1840, désigné juge au tribunal de Luxembourg, -et, le 10 novembre 1841, promu à la dignité de Procureur d'Etat près le tribunal d'arrondissement de Diekirch. Déjà un antre arrêté royal grand-ducal, du 19 juillet 1842, réleva à la présidence du même tribunal. Enfin , par un autre arrêté pris le 25 février 1843 , il fut admis à la Cour supérieure de Justice et de cassation du Grand-Duché , avec le titre de Conseiller.
Le conseiller Heuardt , qui était décoré de l'ordre de la Couronne de chêne , a -en outre et successivement rempli de nombreuses fonctions honorifiques et de bien-
faisance , telles que entr'autres celles de membre de la Commission administrative des hospices civils de Luxembourg depuis le 14 décembre 1849, de Président d'un comité de charité du Bureau de bienfaisance (depuis 1852). A compter de 1849, il a également occupé sans interruption le fauteuil de Président du Conseil de révision en matière de milice ; enfin , il a été à plusieurs reprises membre de la Commission de législation qui avait été instituée par la Constitution de 1848.
J.-H. Heuardt est décédé à Luxembourg, le 14 juin 1861 , à l'âge de soixante ans , après avoir avec honneur rempli pendant trente ans la délicate carrière de la magistrature dans laquelle il s'est concilié , dans la véritable acception des mots, la confiance, l'estime et l'affection de tous. Animé d'un grand esprit de justice , il a constamment cherché à distinguer le véritable droit de la chicane; en un mot, si nous pouvons nous servir des expressions de M. le Procureur-Général Jurion lorsque dans son discours de rentrée de la Cour il fit sur le Conseiller Heuardt un panégyrique aussi délicat que profondément vrai , nous dirons qu'il fut un bon , un excellent juge. Dans la vie privée, personne non plus n'a porté plus loin que lui l'aménité et l'égalité de caractère et de la bienveillance : en un mot , à sa mort il a laissé d'unanimes regrets et pas un ennemi.
Eut cWU.— -Notes et dates communiquées.— Sout*nirs personnels.— Annuaire de l'Université de Liège, 1830, p. 70.— Jvbiox, Diseonrs de rentrée de In Cour, 1861, p. 45, sq. — Mémorial du Grand- Duché, années correspondantes. — Almaaachs de Luxembourg, 1838 à 1861. — Archives dn Palais.
HEYDEN, François-Edouard- Antoine von der, nommé aussi quelquefois par les français de Heyden , seigneur de Stolzembourg et Niederweis , né le premier novembre 1693 , était onzième enfant et en même temps fils unique de Jean-Herman ▼on der Heyden et de Marie-Ursule Baronne Cob de Nuedingen.
Ayant perdu son père en 1700 et sa mère vers la même époque, c'est-à-dre Alors qu'il n'était encore âgé que de six à sept ans, F.-E.-A. von der Heyden fat mis d'abord sous la tutelle et curatelle de Lothaire de Zievel, seigneur de Bettembonrg , mort quelques années plus tard, ensuite sous celle de Henri de Schauvenbourg, seigneur de Bernard, son beaufrère par son mariage avec Marie-Julienne, une de ses sœurs.
Par lettres d'émancipation et de bénéfice d'âge, en date du 14 février 1716, l'empereur Charles VI déclara F.-E.-A. von der Heyden majeur, ce attendu, y est-il dit, « qu'ayant atteint l'âge de 23 ans et étudié «deux ans en droit il serait capable de « gouverner lui-même sa personne et ses «biens.»
Il était conseiller de courte -robe au Conseil provincial de Luxembourg et député de l'état noble de la même province lorsqu'il fut élevé à la chevalerie par lettres du 18 avril 1731. Le 13 octobre 1742, comme il était le plus ancien Conseiller en rang de nomination et en même temps Justicier des nobles, il obtint d'être nommé Président du Conseil en adjonction à Christophe Baron d'ArnouIt et en survivance du même : il prêta serment en cette qualité le 11 mars 1743. Enfin le 14 mars 1746 il fut également désigné garde des Chartres.
F.-E.-A. von der Heyden avait épousé Marie-Guillemine Baronne d'EItz-Bodendorf, qui lui donna un fils, Philippe- Charles , et une fille Ferdinaude.
Depuis son mariage il ajouta à ses titres de dyuaste de Stolzembourg et de Niederweis celui de seigneur de Prum-zur- Ley.
Par lettres -patentes du 2 novembre 1743, l'impératrice Marie-Thérèse lui conféra le titre de Baron de son nom , avec addition d'une couronne de comte h ses armes de famille qui sont : d'argent, & la fasce de sabte, accompagnée de trots lions de gueule, 2 en chef et 1 en pointe. On lit dans ce document : « Que la famille
« de Heyden, en allemand von der Hey- « den , serait originaire de l'Empire. Que c< le nouveau baron possédait encore alors « par succession de ses ancêtres , de son « nom et armes, des biens nobles, libres, « immédiats, ressortissant du corps de la « noblesse du cercle du Bas-Rhin , depuis « un temps immémorial et y jouissait des « franchises, privilèges et exemptions dont <( usent ceux de la noblesse libre immé- « diate ; que ses ancêtres s'étant établis « en la province et duché de Luxembourg « depuis environ deux siècles y avaient « possédé plusieurs fiefs et seigneuries et «auraient toujours été fidèles vassaux des « prédécesseurs de l'impératrice - reine ; « qu'ils se seraient constamment alliés a « des familles d'ancienne noblesse ; et «qu'après avoir fait preuve de leur exce traction d'ancienne chevalerie tant du « côté paternel que maternel , suivant qu'il « est de coutume au siège des nobles de «l'ancienne chevalerie luxembourgeoise, « ils y auraient été reçus successivement «depuis Tan 1563 jusqu'à la date des «présentes; que l'impétrant est actuelle- «ment justicier des nobles et chef du «dit siège; que son nom et les armes «de Heyden sont de plus reçus et re- « connus pour chapitraux en plusieurs cha- « pitres et collégiales nobles par la réception « de ses proches parents et alliés ; que « la famille Cob de Nuedingen dont l'im- «pétrant descend du côté maternel, est « aussi une de celles de l'ancienne cbeva- «lerie de la même province, reconnue « et reçue pour telle au siège des nobles
« et en plusieurs collèges nobles ;
«que l'impétrant a été pourvu d'une des «charges de conseiller de Courte-robe «au Conseil provincial de Luxembourg «en 1721 et qu'en 1731, après son élec- « tion à la charge de Justicier des nobles « par ceux de la noblesse , ayant été par « sa Majesté honoré de lettres de Cheva- «lerie, expédiées le 18 avril 1731 et «ensuite pourvu de lettres-patentes en « vertu desquelles il aurait été admis à la « desservite de la dite charge ; qu'il aurait
«fait les fonctions de député de l'état « noble de Luxembourg pendant quinze « ans ; puis gratifié de la charge de préce sident- adjoint du Conseil provincial « avec future succession etc. »
Le Président von der Heyden est mort à Tâge de près de 62 ans, le 21 janvier 1755 , frappé d'un coup d'apoplexie.
Il parait que sa nomination à la Présidence du Conseil provincial ne fut pas accueillie avec faveur , parce qu'on prétendait y voir une violation des prérogatives de ce corps magistral. En effet, nous lisons dans un registre de l'ancien couvent des capucins à Luxembourg , l'éloge suivant de ce grand homme; cet éloge renferme quelques mots sur la particularité que nous venons de mentionner:
o Le 22 janvier 1755 , entre les 9 et « 10 heures du soir mourut à Luxembourg « à Tâge de 62 ans , après quelques jours « d'indisposition , le très noble seigneur « François - Edouard- Antoine Baron de « Heyden , Chevalier, Justicier des nobles « des duché de Luxembourg et comté de « Chiny , Président du Conseil provincial « de Luxembourg et Garde des Chartres, « seigneur haut-justicier de Niederweis «et autres lieux. Ses belles qualités, ce sa prudence, sa modération , sa douceur, «son affabilité, sa vigilance, son zèle «pour le service de l'Etat le rendaient « digne d'une plus longue vie et le firent «sincèrement regretter de tous ceux qui «connaissaient ses vrais mérites. Il avait « été nommé par la Cour de Vienne à la « survivance du Président d'Arnoult. Cette « charge , qui était en quelque manière «incompatible avec celle de Justicier ou «Président du siège des nobles de la «province, lui attira de la jalousie et «des occasions de chagrins; mais il sa- « vait les surmonter par une force d'esprit «supérieur h la prospérité ou à l'adversité.
Archives dn Cons. Prov.; Req. Gomm. N° IlOtf, p. Stf*« etfli*il08, p. 17i. -Nobiliaire des Pays- Bas et de Bourgogne, 1680-1768. 1779. p. 974; îd. Seconde partie, II, 751; id. Suite do Supplément; VIII, 834.— UnciscaiJCK, Dictionn. herald, usent.— Liste des titres de Noblesse» ete. 1709—
1733, 83.— BiBftsen, Eiflia illustrât* , II, i, 173— 476.— Registre des archives des capucins de Luxembourg, 73.
IGNON, Henri-Antoine-Joseph, Comte de Saint , est né à Grand-Failly , dans le Luxembourg dit français , le 12 octobre 1716. A Tâge de 17 ans il entra à l'armée autrichienne dans laquelle il avait obtenu le grade de major des cuirassiers nommés Serbelloni lorsque commença la guerre dite pour la succession. Peu de temps avant la fin de cette guerre il fut nommé lieutenant-colonel et adjudant-général; et finalement en janvier 1757 il passa oolonel du régiment des dragons de Wurtemberg , aujourd'hui N° 3.
A la bataille de Kollin , le régiment que de Saint-Ignon commandait, et qui ne se trouvait posté qu'à quatre cents pas de l'ennemi , avait pendant sept quarts d'heure été exposé à un feu très vif qui lui avait fait immensément souffrir, lorsque le commandant parvint à lui faire prendre une position tellement avantageuse qu'il put nonseulement protéger les derrières de l'infanterie autrichienne mais encore menacer le flanc de ses adversaires.
Lorsqu'ensuite les deux compagnies des grenadiers de ce régiment eurent attaqué l'ennemi , de Saint-Ignon les secourut puissamment , s'avança contre l'aile droite des Prussiens et sabra avec tant de force deux de leurs bataillons qu'il les culbuta. Blessé pendant cette héroïque action , il obtint la croix de l'ordre de Marie-Thérèse et fut promu au mois d'avril de l'annné suivante au rang de général-major. Il fut en outre nommé propriétaire du régiment de dragons qui porte de nos jours le N° 7.
Les vaillants services ultérieurs qu'il rendit pendant les campagnes suivantes de la même guerre comme pendant la paix, décidèrent sa promotion au grade de Lieutenant-Feldmaréchal.
Le comte H.-A.-J. de Saint-Ignon est mort le 9 mai 1779, au Mesnil-sur-Semois, commune de Chassepierre dans le Luxembourg belge.
Le 2 février 174*6, il avait épousé à Signeulx , commune de Bieid, dame Marie- Josèphe-Louise du Faing , fille de MaxiifUiliefi du Faiog, écuyer, seigneur de partie du Mesnil 9 Signeulx et St. Remy , féodal d'Etalle , et de Aune-Marie Neujpetzler, dite de Mameren, d'Esch-sur- Ja-Sûre. De ce mariage naquit un fils, Alexandre-Xavier-Charies-Joseph de Saint- Jgnon, dit de Wolfsfeld sur la Nims, qui continua son nom.
La Canaille de Saint-Ignoa porte; de gueules , à trois tours d'or.
Hiitinfel» , Der Militaer Maria-Theretien-Orden «ad Mine Mîtglieder , I, 46, aq. — Nrr«r, Histoire de la Baronnie de Jamoigne et de tes aeignean ; avec la généalogie complète de lenn maisons, 30 et 31. — Archives de la Famille nu Fajrg d'Aickemoht.
JUTTEL, Nicolas, fils de Nicolas Juttel, échevin, et de Joséphine Pondrom , est né à Diekircb , le 6 décembre
Il était âgé de onze ans lorsque ses parents le mirent au collège de Cologne ou il a étudié pendant sept ans. Après avoir achevé ses humanités il alla fréquenter l'étude du notaire Huberty, à Luxembourg pour faire son stage. Admis ensuite dans celle du procureur de Neunheuser, dans la même ville, il y resta plusieurs années et y était encore à la mort du patron auquel il rendit même bien des services pendant sa maladie.
Nommé immédiatement après huissier près le Conseil de Luxembourg, de résidence à Vianden , alors qu'encore il n'avait que 23 ans d'âge (17S9) , il obtint le 27 juin 1793 , une étude de notaire à Diekircb, cumulant ces deux fonctions jusqu'à l'entrée des Français en 1795.
Comme sous le régime nouveau ces deux emplois avaient été déclarés incompatibles , Nicolas Juttel opta pour le premier (17 vendémiaire an IX , ou le 9 octobre 1800) , parce que sous l'administration autrichienne la place d'huissier avait été plus lucrative et même plus relevée aux yeux du public : Il fut également et pendant quelque temps assesseur du juge
de paix de Diekircb eu même temps qu'il resta huissier. Par décret impérial daté du camp de Schœnbrun, le 7 octobre 1809 , il fut nommé juge de paix du même canton, en remplacement du aieur Blau décédé , et prêta serment en cette qualité le 29 du même mois. Il conserva cette magistrature jusqu'au 18 août 1842 et l'exerça avec zèle et dévouement. Parvenu de cette manière jusqu'à l'âge de soixante-seize ans il fut forcé de demander sa démission par suite des infirmités inhérantes à la vieillesse : il avait en effet presqu'entièrement perdu l'usage de la vue. Le 14 février 1843 il obtint sa pension de retraite , après avoir été huissier pendant 20 ans en même temps que notaire pendant 7 , et finalement magistrat de conciliation pendant 33 ans, en tout 53 ans de service judiciaire.
Nicolas Juttel a en outre, en 1816, 1817 et 1818, à l'organisation des Etats provinciaux , fait partie de ce corps pour l'ordre des villes (arrêté royal du 26 avril 1816). Il a également et jusqu'en 1830 été membre du Conseil communal e|L pendant quelques années Bourgmestre de la ville de Diekircb.
Sa vie laborieuse , sans tache et sobre lui avait gagné l'estime de tous en même temps qu'une santé telle qu'il est parvenu jusqu'à l'âge de quatre-vingt-quinze ans , ayant conservé jusqu'à son dernier jour sa mémoire ainsi que toutes ses facultés intellectuelles. Libéral modéré et ne désirant que le bonheur de son pays, bonheur auquel il a constamment travaillé dans son cercle d'action, il a pu en qualité de fonctionnaire prêter serment à tous les gouvernements qui se sont succédés pendant sa longue carrière, l'autrichien , le français , celui des Pays-Bas, le belge et le grand-ducal , parce que , se disait-il, il voulait rester toujours et pour toutes ses actions, son propre juge. Comme nos ancêtres l'ont fait tant de fois après la conquête française , Juttel se plaisait souvent à parler des grandes libertés dont le Luxembourg avait joui
mus le gouvernement autrichien qn?il- n'a fumais p» oublier.
11 est décédé à Diekirch , le 2 décenafcce 1861 «. tranquille et sans sonf» ftnmce, comme il avait vécu. Toutefois pendant ses dernières années il avait complètement perdu la vae.
Comme fonctionnaire, il fat no modèle de probité , de bonté de cœur et éf exactitude dans les affaires , le type des boas juges de pais , le magistrat conciliateur par excellence, l'ennemi infatigable de» procès et des dissertions* Il aimait à raconter que, du temps autrichien, lorsqu'il était huissier, il n'a jamais fait une exécution forcée contre des débiteurs, tout en satisfaisant l'intérêt des créanciers ; il a toujours sa arranger les affaires h l'amiable en cherchant des ressources pour l'un , des garanties pour Fantre , et se partant an besoin caution hii-méme*
EUt civil.— Renseignement» fournis. — Journal le Courrier, du 7 décembre 1861.— Brevets et nomfeoumumiques.
LA FONTAINE , Pierre-François- Xor vier-Léopold de, est né à Saint- Vith, en 1766 ou 1767 , fils de Jean-Paul de la Fontaine, notaire et officier de la seigneurie de Tommen, et de Catherine-Françoise Coutelier, fille de François Coutelier, échevin à Bastogne.
Gradué à l'université de Louvain, il fut, le 30 janvier 1787, reçu conjointement avec son frère aîné, Théodore-Ignace, avocat an Conseil de Luxembourg. Distingué par la vivacité de son esprit autant que par son caractère énergique, de la Fontaine cadet, c'est sons cette désignation qu'il était connfr alors ,, fut de très bonne heure appelé dans ]&• carrière des emplois publics*. Déjà dans Tannée même de son entrée au barreau on le trouve remplissant Ida fonctions* de secrétaire du Conseil de première instance appelé à siéger à Lus» embourç,. un tribunal dont le personnel, pais suite d'une concession du Souverain jnsque-li. inouïe f avait été choisi directes
ment par la bourgeoisie de la capitale (v. Fart. d'Oftatart) . Après la sappréssitm de ce corps dont l'existence n'avait été que très éphémère, H fut par les' treize maîtres de la ville de Luxembourg élu pour leur syndic : Ce corps des treize maîtres avait dans les derniers temps de son existence acquis une véritable importance politique. Il représentait avec son esprit démocratique la bourgeoisie proprement dite, balançant dans des eas nombreux les tendances oligarchiques de la corporation judiciaire à la fois et administrative, nommée le magistrat.
Ce fut de ta Fontaine qui', en sa qualité de Syndic de la Bourgeoisie, se trouvait durant le blocus de 1794 — 1795 constamment en relation avec les autorités chargées de la défense de la place. Ce fut k lui également que le maréchal Baron de Bender (v. son art.) adressa après la capitulation de la forteresse la dépêche dans laquelle il- exprimait au nom du Souverain et dé la garnison la plus vive reconnaissance pour les services éclatants d'abnégation et de dévouement , manifestés par la population luxembourgeoise durant le long investissement de cette place.
Uni de cœur et de sentiment à cette bourgeoisie , de la Fontaine n'avait patf tardé de s'attirer Fanimadversion répnbli-> caine dont la trame éclata en 1799. A cette époque il fut compris parmi les huit luxembourgeois, dont son oncle , le conseiller de la Fontaine (v. son art.) faisait également partie, qui étaient destinés à la déportation, un sort qu'ils ont attendu dans les prisons dé Paris, et auquel ils paraissent n'avoir échappé que parce que la République né possédait plus de vaisseaux à commettre snr l'Océan pour transmettre des victimes nouvelles aux déserts marécageux dé ta Guyane.
P.-F.-X.-L. dé la Fontaine est mort célibataire, à Luxembourg, le 6 floréal an XII (86 avril 1S04).
Renseignements de famille.— État civil.— Archives de rhAtel' de rlHê de Eniettbobrg. — Archives dà Palais. -*N*te» fournie*.
LA FONTAINE , Théodore-Ignace de, fils de Jean-Gaspard de la Fontaine, mayenr de Recht, et de Régine Kauffman, de Biillingen, est né à St.-Vith, le 17 août 1746,
Licencié en droit de l'université de Louvain, il fut reçu avocat près du Conseil provincial de Luxembourg, le 16 octobre 1767, et promu Conseiller lettré le 5 août
Grand partisan, comme tous les hommes véritablement éclairés de son époque , de la réforme radicale introduite dans Tordre judiciaire par l'Empereur Joseph II tendant à substituer aux Justices seigneuriales des tribunaux composés de juges instruits et inamovibles , ce fut le Conseiller de la Fontaine qui fixa le choix du Gouvernement pour l'exécution de cette grande mesure dans les quartiers allemands de la Province. Ce fut aussi lui qui fut chargé de composer et de présenter directement an Gouvernement de Bruxelles le plan de la circonscription des nouveaux tribunaux dont le ressort n'excédait pas celui des modernes justices de paix; ce fut enfin lui qui présenta la liste du personnel à attacher à ces divers corps judiciaires , et qui reçut la mission de convoquer et de présider le corps électoral de la ville de Luxembourg , investi d'un droit sans précédent, du droit de nomination des magistrats appelés à composer le conseil de première instance pour la capitale et sa banlieue (t>. l'article tfOlimart).
Le gouvernement récompensa le conseiller de la Fontaine pour le zèle et la prudence qui avaient caractérisé son intervention dans une longue série d'affaires délicates, en l'élevant le 17 avril 1787 aux fonctions de Conseiller au Conseil suprême de Justice, établi à Bruxelles et que l'on nomma Conseil aulx que.
On sait que la création nouvelle de l'Empereur Joseph II ne survécut pas à son règne: aussi à la suppression du Conseil aulique de la Fontaine revint à Luxembourg reprendre son fauteuil au Conseil-Souverain. Mais vers cette époque de nouvelles
et importantes occupations vinrent encore l'enlever aux travaux de la judicature et l'appliquer à l'administration du pays.
Voici à quelle occasion : Jusqu'en l'année 1789 les limites ardennaises entre le Duché de Luxembourg et celui de Juliers avaient laissé un grand nombre de points incertains ou mal définis , état de choses qui donnait naissance à des difficultés sans cesse renaissantes. Ce fut le conseiller de la Fontaine que le Gouvernement des Pays-Bas choisit pour vider ces vieux différends. Sa négociation, ouverte et close sur les terrains litigieux même obtint le succès désiré, et son résultat se trouva couché dans un traité que l'empereur ratifia le 27 décembre 1789.
Pendant les troubles de la Belgique, lesquels s'étaient propagés dans la plupart des provinces et qui étaient passés à l'état de révolte ouverte, l'Archiduchesse-Gouvernante et son époux le prince Albert de Saxe-Teschen s'étaient vus contraints de .quitter leur résidence de Bruxelles et de se réfugier à Bonn. Durant les hostilités qui ne tardèrent pas d'éclater, une Commission administrative fut organisée à Luxembourg en remplacement du Gouvernement de Bruxelles complètement dissous.
Le Conseiller de la Fontaine fut attaché à cette administration connue sons le nom de Junte royale , Ten qualité de Conseiller rapporteur.
Après la capitulation de la ville de Luxembourg et la suppression des anciennes dicasteries par les Commissaires républicains de la France, l'ex-conseiller de la Fontaine fut nommé Président du Tribunal criminel. Mais les agents des conquérants ayant dès les premiers Jours de cette institution nouvelle ordonné des poursuites à charge d'un assez grand nombre de citoyens luxembourgeois réfutes émigrés , et ayant rencontré de la part d'une magistrature de vieille roche une répugnance invincible de se prêter à prononcer des peines capitales à charge d'individus qui n'étant pas nés français n'avaient pu forfaire aux lois de la République, cette résistance leur
-avait promptement appris qu'ils s'étaient trompés dans leur choix, ils s'empressèrent de réparer Terreur commise en donnant un successeur au Président premier nommé.
A partir de cette époque, de la Fontaine «rut devoir s'abstenir de coopérer à l'administration d'un pays conquis mais non encore cédé à la France par ses anciens souverains qui continuaient la guerre contre cette dernière. Les préliminaires de la paix signés à Léoben , le 29 germinal an V (18 avril 1797) , par lesquels la Maison d'Autriche abandonnait à la France la Belgique toute entière, en laissant entrevoir le sort définitivement réservé à ces provinces, auraient eu très probablement pour effet de rallier tous ses enfants au sort de la patrie ; mais incessamment après survint dans les hautes régions du gouvernement républicain français le Coup-d'Etat du 18 fructidor (4 septembre 1797) qui remit la direction des affaires publiques dans les mains du parti dit des Jacobins, de nouveau Gouvernement se signala immédiatement par l'abandon de la circonspection et de la prudence que les agents de la République française avaient jusque là pratiquées dans les pays conquis; et sous prétexte de dompter des factions réactionnaires, il réorganisa en grande partie la terreur de 1793 , diminuée cette fois du massacre des prisonniers , des noyades et de la guillotine, procédés devenus trop odieux à la nation pour pouvoir être impunément repris. En sus, le nouveau gouvernement exigea non seulement des fonctionnaires de l'Etat mais indistinctement de tous les ecclésiastiques, envisagés comme fonctionnaires, le serment devenu célèbre de haine à la royauté.
Le plus grand nombre des prêtres luxembourgeois refusèrent de prêter ce serment, envisagé par eux comme impie. Sur $e simple refus, ils furent en masse qualifiés de réfractaires et encoururent la peine de la déportation : un grand nombre d'entre eux subirent cette peine. Ceux qui ne purent être arrêtés ne conservèrent leur liberté qu'en se dérobant à la vue et en
se livrant à l'exercice du saint-ministère dans les arcanes des maisons des particuliers. Cette persécution de leur clergé renforça inévitablement parmi les luxembourgeois religieux l'antipathie qu'avaient provoquée parmi eux diverses mesures du gouvernement républicain: dans les Ardennes éclata une révolte qui procura à une fraction de l'ancienne terreur l'occasion désirée d'assouvir ses instincts sanguinaires : vingt-sept ardennais , gens pour la plupart simples et ingénus , enrôlés et armés de gourdins par d'ineptes chefs, durent rougir de leur sang les glacis de Luxembourg pour servir d'épouvantail au reste de la population.
L'absence dans le Gouvernement des principes qui, avaient jusque là servi de norme dans la vie morale et civile de la population luxembourgeoise avaient fait naître dans celle-ci la plus étrange confusion. Des esprits distingués, unanimes dans la répulsion de toute espèce de violence , étaient néanmoins sous d'autres points de vue emportés dans des directions opposées : mais , invincible dans ses convictions religieuses et politiques , Th.- Ign. de la Fontaine, semblable à ces sénateurs romains qui impassiblement assis sur leurs chaises curules attendaient le fer gaulois qui devait trancher leurs jours, lui aussi continuant d'offrir à ses concitoyens un modèle à la fois de fermeté et de dignité magistrale , n'avait pas hésité de rompre toute communion religieuse avec les prêtres assermentés, ne s'était pas assis au festin où se consommaient les dépouilles des corps ecclésiastiques et des émigrés, etc. etc. Cette absence de civisme devenait de la part d'un homme de son rang et de son influence d'un exemple trop scandaleux pour pouvoir être toléré : Le salut public exigeait qu'il disparût. A diverses reprises des visites domiciliaires , exécutées en dehors de l'intervention judiciaire avaient eu lieu chez lui , ses papiers de famille , sa correspondance surtout avaient été minutieusement scrutés ; mais ces perquisitions réitérées
n'ayant pas produit une seule ligne d'é*erlture compromettante, les clubs se ment séduit* à décréter un des eoops-d'état autorisés par leur code. Pendant le mois de novembre 1799, à deux reprises différente» , de la Fontaine vit son domicile envahi par une escouade d'hommes armés, \ une heure après minuit. Entraîné de son MO et des bras de sa famille , il fat déposé dans la prison militaire, laquelle il trouva chaque fois encombrée de prisonniers tant de la ville que des campagnes. Une première arrestation n'avait eu que quelques jours de durée; mais peu de jours après avoir été remis en liberté il fut arrêté une seconde fois avec le même appareil que la première et transporté à la citadelle de Metz. Après un séjour de quelques vingt-quatre heures dans eette forteresse , Th.-Ign. de la Fontaine, lui huitième, dans une colonne de luxembourgeois destinée h porter ses os à Synamary, fut expédié pour Paris.
Conduit vers ce point par la gendarmerie , de brigade en brigade , jeté le soir sur de la paille dans une prison de passage, par un froid de quinze degrés Réaumur, il fut h son arrivée à Paris installé dans la prison de Ste. Pélagie, ayant pour compagnons de détention des repris de justice de toutes les catégories. Mais après quelques mois de séjour h Ste.
Pélagie le gouvernement du Directoire, par suite d'un revirement partiel dans sa composition, s'étant relâché dans l'emploi d'acerbes mesures, lui ouvrit la prison et lui assigna , sous h surveillance de la police la ville de Paris pour résidence. Enfin, après l'avoir tenu séquestré de sa famille pendant six mois on lui permit de retourner chez lui en lui recommandant de devenir bon citoyeru
L'année 1799 ne s'était pas écoulée quand survint la célèbre journée du f 8 brumaire (9 novembre) qui renversa le gouvernement directorial et mit le pouvoir dans les mains de trois consuls bientôt remplacés par l'un d'eux proclamé Empereur. Th.-Ign. de h Fontaine, dont la santé se trouvait profondément atteinte
par les traitements quftl avait éprouvés et les inquiétudes qu'il avait subie* r de retour dans sa famille sentit le besoin du repos et manifesta la résolution d'abandonner la carrière dans laquelle s'étaient passées les meilleures années de sa vie, en quittant Luxembourg et as retirant au château de Stadfbredhnua , propriété qu'il avait acquise dans te dessein.
Ce fut ici que le sort atteignit et at» teignit d'une manière effroyable ce vieillard, respectable à tant de titres r et déjà éprouvé dans ses affections comme dans sa fortune par des malheurs de toute espèce.
Il avait épousé en 1775 demoiselle Marguerite Wettensteia, d'Ehnen, qui l'avait rendu père d'une nombreuse postérité. Six enfants issus d'une heureuse union lui restaient en vie , lorsque le V février 1804, veille de la Purification de N.-D., sa femme et ses trois filles aînées traversaient la Moselle dans l'intention de se rendre à l'église de Paliem pour y vaquer à des pratiques religieuses. La fausse manœuvre de l'un des bateliers fit ehavirtr la barque du passage, et les six persom» nages qui ta montaient, éloignées de toute espèce de secours, trouvèrent la mort dans les flots. Ce déplorable événement répandit la consternation dans les environs et procura dans le pays une espèce de deuil public. Sans deux rapports transmis par le Préfet du Département Lacoste au Ministre de l'Intérieur et an Grand* Juge Ministre de la Justice, ee haut fonctionnaire détaille minutieusement toutes les circonstances qui avaient amené cette terrible catastrophe, et voici les termes qu'il emploie en mentionnant la personne sur laquelle le malheur encouru pesait de son plus grand poids:
« M. Lafontaâne est un des plu» éclair « rés et plus anciens jurisconsultes de ce <f département^ avant la réunion il étant c« Conseiller au ci^devantConseii-Souverain^ o Conseiller antique et membre db Conseil « de législation k Btancelles. a
Par dépêche du 17 pluviôse an XII
(7 février 1804), le Préfet transmît à Th.- Ign. de la Fontaine la copie des rapports ««'il avait envoyés à) son gouvernement anr un événement aussi extraordinaire ; et à cette oeeasion ce premier magistrat se rendit l'interprète des sentiments qu'éprouvaient le très-grand nombre des personnes du pays , en traçant les lignes suivantes :
a J'achève de remplir le devoir le plus «précieux de l'homme public en vous « adressant copie des lettres que j'ai écrites «à ces deux Ministres.
« Maintenant, Citoyen, c'est comme parce tieulier rénni de cœur à tous les hommes «honnêtes et sensibles du Département «que je m'empresse de vous faire conte naître combien je partage vos peines et «vos regrets. Je désire ardemment de «contribuer à leur adoucissement et je «saisirai avec une satisfaction que je ne « puis vous exprimer, les moyens que vous «pourrez m'offrir de vous prouver mes « sentiments de considération. »
Les pertes qu'il venait d'éprouver, incomparablement plus amères que les brèches faites par des événements de nature diverse à sa fortune privée ébranlèrent complètement la santé de Th.-Ign.
de la Fontaine. Les jours qu'il vécut encore furent ceux d'une longue souffrance morale et physique, des jours de douleurs tempérées par la résignation que lui inspirait une solide et profonde piété et la distraction que lui procurait la lecture des poètes latins dont son excellente mémoire aurait pu au besoin restituer le texte, tant ils lui étaient devenus familiers.
Th.-Ign. de la Fontaine est décédé à Stadtbredimus , le 26 novembre 1809, à Tâge de 63 ans. Trois ans avant sa mort, et sans doute dans la prévision de sa fin prochaine, il avait dicté à son fils qui le quittait pour aller achever ses études uniyersitaires, l'épitaphe qu'il destinait à son tombeau, et qui dans sa modeste expression révélait son désir de reposer dans le sépulcre qui avait reçu les ossements de sa bien-aimée et regrettée compagne. Le désir a été religieusement accompli, et
aj^ourd'htri encore on distingue sur le ci* metière de l'Eglise de Stadtbredimus un monument peu fastueux sur lequel est gravée l'inscription suivante :
Quos thalamus quondam tumulus nunc
\jungit eosdem.
Jungat in Aethereo fax sine fine roro.
Arehiroi dm Palais. — Chronique manuscrite 4a Fftaiasier Lançait.— Titres et papiers de famUle.— Notes communiquées. — Publications de la Société archcol. VII, 2* part 85, note.
LUXEMBOURG , là maison régnante de. — Additions et rectifications à la généalogie politique , Tome I , p. 324 à 369 de la Biographie.
Page 362, colonne 1™, litt. a: Marie -Elisabeth -Amélie - Josèphe - Gabrielle- Jeanne- Agathe, archiduchesse, née le 5 février 1737, est morte le 18 /titn 1804. Elle avait épousé Ferdinand, duc de Parme, lequel est décédé le 9 octobre 1802.
Page 362, col. l,e, litt. c: Marie- Caroline-Ernestine-Jeanne-Joséphine , archiduchesse , née le 12 janvier 1740. Ce fut sa sœur, Marie- Caroline- Louise ~Joséphine-J eanne- Antoinette , qui fut mariée à Ferdinand IV, roi des Deux-Sicile*.
Page 362, col. lw, litt. e: Marie- Christine-Josèphe-Jeanne-Antoinette , archiduchesse. A ajouter à la fin de l'article : Cette princesse est morte le 24 juillet 1798, et le duc de Saxe-Teschen , son époux, le 10 février 1822.
Pagre 362, col. 2*, litt. I: Marie-Caroline- Loaise- Joséphine- Jeanne- An toi nette , archiduchesse, née le 13 août 1752 et morte le 8 septembre 1814, fut mariée le 12 mai 1768 à Ferdinand IV, infant d'Espagne , roi de Naples et des Deux- Siciles , lequel avait déjà été fiancé à sa sœur immédiatement plus ftgée, et mourut le 4 janvier 1825,
Page 363, col. 1", litt.o: Maximilien- François - Xavier - Joseph - Jean - Antoine- Wenceslas. A ajouter: est mort le 27 juillet 1801.
Page 366, col. 1", litt. a: Marie- Thérèse-Josèpbe-Charlotte-Jeanne , arcbi~
duchesse , née le 14 janvier 1767. Ajoutez: et morte le 7 novembre 1827. Cette princesse etc.
^0*366, col. lw, litu e: Charles- Louis-Jean- Joseph-Laurent, connu plus tard sous le nom d' Archiduc Charles , né le B septembre 1771 , fut nommé Grand-Maître de V Ordre Teutonique, dignité dont il se démit le 30 juin 1804. Ce prince épousa le 17 septembre 1815 Henriette - Frédérique - Wilhelmine , fille de Frédéric-Guillaume, prince de Nassau- Weilbourg, née le 30 octobre 1797 et morte le 29 décembre 1829.
Page 366 , col. 1"; à intercaller entre litt. f. et g: ALBERT, né le 19 décembre 1773, mort le 22 juillet 1774.
Page 366 , col. 2 litt. h. A ajouter après: Alexandrine-Paulowna, Grande- Duchesse de Russie, fille de l'empereur Paul 1", née le 9 août 1783.
Même article. A ajouter à la suite de : la princesse Herminie, fille de Victor- Charles-Frédéric , prince d'Anhalt-Bernbourg-Schaumbourg, née le 2 décembre 1797, et.
Même article. A ajouter après : Marie- Dorothée- Wilhelmine -Caroline, fille de Louis-Frédéric-Alexandre, duc de Wurtemberg, née le 1er novembre 1797 et décédée le 19 mars 1855.
Page 366 , col. 2. litt. j : Antoine- Victor-Amédée-Joseph-Jean-Raimond , né le 51 août 1779, Feldzeugmeister , élu Grand-Maître de l'Ordre Teutonique en Autriche, le 20 juin 1804; mort le 2 avril 1835.
Page 367, col. in, litt. I: A ajouter après : Jean - Baptiste - Joseph - Fabien-Sébastien, né le 20 janvier 1782, général de cavalerie, directeur-général du génie et des fortifications.
Page 367 , col. V9, litt. n: Louis- Joseph-Antoine-Jean , né le 24 décembre 1784, GénéralrFeldzeugmeister et Directeur-général de Vartillerie.
Page 367, col. V9, litt. q: Rodolphe- Jean- Joseph-Rainier, né le 8 janvier 1787 ; créé Grand-Maître de l'Ordre Teutonique
en 1818, après la résignation de l'archiduc Antoine; Cardinal-prétre du litre Sancti Pétri in monte aureo, élu le 4/ue» 1819 archevêque d'Olmutz, comte de ta chapelle royale en Bohême, et mort le 24 juillet 1831.
Page 367, col. V9, N° XXXII; François-Joseph-Charles, archiduc, né comme nous l'avons dit, à Florence, le 2 février 1768, et mort le 2 mars 1835, succéda le 1er mars 1792 dans les pays héréditaires de son père. Il fut couronné roi de Hongrie le 6 juin, élu empereur romain le 7 et couronné le 11 juillet 1792; couronné roi de Bohême le 5 août 1792. Ce prince se déclara empereur héréditaire <T Autriche, le 11 août 1804 et se démit de la dignité <f empereur romain le 6 août 1806. Il avait épousé en premières noces, le 6 janvier 1788, Elisabeth-Withelmine- Louise , fille de Frédéric-Eugène , prince de Wurtemberg, née le 9 mai 1761, morte le 18 février 1790; en secondes noces, le 19 septembre de la même année, Marie-Thérèse-Caroline-Joséphine, fille de Ferdinand IV , roi des Deux-Siciles , née le 6 juin 1772 , morte le 13 avril 1807; en troisièmes noces, le 6 janvier 1808, Marie - Louise - Antoinette - Béatrix - Joséphine-Jeanne, fille de Ferdinand, archiduc d'Autriche, duc de Modène, Brisgau, etc., oncle de V empereur, née le il décembre 1788 , morte le 7 avril 1816; en quatrièmes enfin, le ,*^SL 1816 , Caroline-Auguste, fille de Maximilien-Joseph, roi de Bavière, née le 8 février 1792, couronnée reine de Hongrie, le 28 septembre 1825.
MERCK, Henri, fils de François Merck , riche cultivateur , et de sa seconde femme , Elisabeth Bissener , est né au village de Harlange, chef-lieu de commune au canton de Wiltz, le 16 décembre 1772. Dès sa jeunesse le jeune Merck se sentit une vocation absolue pour le sacerdoce ; et dans l'intention de l'atteindre il alla faire ses humanités chez, les Jésuites à Cologne, puis sa théologie à l'université de la même ville. Il fut
consacré prêtre le 6 octobre 1797, à l'époque ou la Constituante prescrivait au ecclésiastiques de sa patrie luxembourgeoise de prêter le serment de haine à la royauté que sa conscience réprouvait. Gomme il se refusa à cette impiété, ce sùnt ses propres expressions, il fut obligé de s'expatrier afin de se soustraire aux persécutions incessantes auxquelles les prêtres récalcitrants , comme on les nommait alors , étaient exposés, et se réfugia en Allemagne où il obtint peu de temps après la charge de chapelain-administrateur de l'église de Lœvenich au cercle d'Eoskirchen. Il remplit ce ministère avec zèle et dévouement en même temps qu'il était gouverneur des enfants d'une famille respectable des environs. Le 1 1 décembre 1800 il obtint la cure de Fliesdorf , dépendant du cercle de Scbleiden. Comme par décret des consuls en date du 9 juin 1802 tous les ordres monastiques, les établissements ecclésiastiques et les cures forent supprimés dans les quatre départements de la Sarre , de la Rœr , du Rhin et de la Moselle , conséquemment aussi la paroisse de Fliesdorf dont il était recteur, il obtint en vertu de l'article 12 de cette résolution administrative, des droits légaux à l'obtention d'une pension viagère de six cents francs snr la caisse de l'état. L'église de Fliesdorf ayant été érigée en succursale, à charge de la communauté civile , par disposition du décret impérial du 31 mai 1804 portant l'organisation et la circonscription des nouvelles paroisses, il obtint sa nomination à cette cure qu'il administra jusqu'au 15 juillet 1819. Il fut envoyé de là et successivement , toujours en qualité de curé, à Glessen, cercle de Bergheim, puis le 16 avril 1831 à Otienrath, cercle de Grevenbroich, enfin le 16 avril 1836 à Friesdorf , cercle de Bonn. Par délégation du vicariat-général de l'archevêché de Cologne, en date du 11 septembre 1839, il fut désigné commissaire spécial ecclésiastique, chargé de contrôler et régulariser l'administration et la comptabilité des pa-
roisses du décanat de Bonn. En cette qualité il mit en ordre parfait les affaires des églises qui ressortissaient à son cercle d'action ; et , afin d'assurer à son travail sur cet objet toute la publicité et toute la certitude désirables il le publia à ses propres frais.
Le curé Henri Merck est décédé plein de jours et de bonnes œuvres , au milieu de ses paroissiens à Fliesdorf, le 18 novembre 1855 , à l'âge de quatre-vingt trois ans.
Après avoir donné sur ce vénérable curé les renseignements biographiques qui précèdent, renseignements qui prouvent qu'il fut un prêtre zélé et en bonne réputation de science ecclésiastique, il nous reste à montrer combien , sous le rapport humanitaire il fut désireux de procurer à sa famille le bienfait de l'éducation scientifique.
Par acte reçu par le notaire Guill»
Henri Schumacher, résidant à Juechen, cercle de Grevenbroich , le 4 septembre 1833, il constitua pour fondation de bourses d'études un capital de quinze cent cinquante écus de Prusse (5812 frs» 50 centimes) en différentes obligations hypothécaires , lesquelles ont été remises au conseil d'administration des bourses d'études à Cologne , après l'approbation de cette fondation par l'autorité supérieure.
Elle a été faite aux conditions suivantes :
Le descendant légitime le plus proche d'entre les cinq frères et sœurs germain» du fondateur , savoir : Pierre , Elisabeth , Marguerite , Marie et Nicolas, les Merck, de même que celui de sa demie-sœur Marie Merck, issue d'un premier mariage de son père, jouira des revenus annuels du dit capital, s'il professe la religion catholique romaine , s'il fait ses études dans un établissement public à son choix , s'il est diligent et s'il a une conduite vertueuse et honorable. Cette jouissance est limitée à onze années consécutives, c'est-à-dire huit ans dans un
collège d'humanités et les trois suivantes à une université.
Pour le cas ou deux ou plusieurs membres de sa famille s'annonceraient à la fois pour obtenir cette jouissance , et afin d'éviter tout arbitraire , l'agnat le plus proche , né des père et mère du fondateur , d'après l'âge respectif de ses frères et sœurs et dans le rang d'ordre oii ils ont été cités plus haut , obtiendra la préférence sur ceux de sa demie-sœur. Cependant, afin d'éviter que de cette manière les descendants de ses frères et sœurs les plus jeunes ne soient pas exclus de la jouissance de ce stipende de famille , le fondateur détermine que : en cas de concurrence aura la préférence celui d'entre ses neveux , nés de ses frères ou sœurs germains dont la lignée n'a pas encore ou a moins joui de la fondation que celle qui lui fait actuellement concurrence. Si un descendant de sa demiesœur se présentait en même temps qu'un de ceux de ses frères et sœurs germains, le dernier obtiendra toujours la préférence.
Pour le cas ou personne de la famille ne se présenterait pour obtenir la jouissance de la bourse , ses revenus annuels sont à placer à intérêts, dans le but d'augmenter l'importance du bénéfice. Lorsque de cette manière les intérêts cumulés auront atteint le double du revenu actuel, il en sera constitué deux bourses pour la parenté du fondateur , d'après les règles qui précèdent.
Afin que la fondation ne reste jamais sans titulaire , il est disposé que pour le cas où pendant un laps de vingt ans aucun descendant de ses frères et sœurs , professant la religion catholique, ne se présentait pour l'obtention de la jouissance de ses revenus, un étudiant pauvre, de la même religion catholique , originaire de la paroisse d'Otzenrath , dont le fondateur est actuellement l'administrateur spirituel, ou bien de celle de Flosdorf, cercle de Schleiden, ou enfin de celle de Glessen , cercle de Bergheim , dont il
a été successivement curé , en commençant par Otzenrath et suivant dans l'ordre ciindiqué, sera alternativement admis à cette jouissance, à la condition qu'il fasse ses études comme il est dit ci-dessus. L'usufruit lui en sera de même conservé pendant onze ans comme aux membres de la parenté du fondateur. Il s'entend toutefois de soi-même que si un descendant de la famille s'annonce après qu'un de ces étudiants pauvres aura terminé ses études, comme il est dit ci-dessus , il doit toujours l'obtenir*
Les boursiers admis sont tenus pendant toute la durée de la jouissance d'assister toutes les semaines k une messe pendant laquelle ils auront k prier pour le repos des âmes des père et mère du fondateur ainsi que' de celles de leurs enfants , et de faire lire tous les ans , pendant leurs études , une messe a la même intention.
Afin de faire veiller à toujours k l'exécution de ces dispositions de même qu'à la conservation du capital affecté à la fondation, le donateur charge l'administration des bourses d'études à Cologne d'en administrer les fonds et de donner ses soins au ponctuel accomplissement des conditions ci-dessus établies : k cet effet il lui abandonne les capitaux énumérés.
Aussitôt après l'agréation légale de la donation , la fondation entrera en vie , tant sous le rapport de l'usufruit que sous celui de la propriété des capitaux, d'après les intentions du fondateur , avec la seule réserve que tant qu'aucun membre de sa famille n'en postulera la jouissance pendant la vie du fondateur, les intérêts provenant des dits capitaux seront versés entre les mains de ce dernier.
Non content de ce premier bienfait posé en faveur de sa famille , le curé H. Merck fit, le 19 novembre 1834, devant le notaire Charles de Honschaw, résidant au même Juechen et successeur du notaire qui avait reçu l'acte dont l'analyse précède , une seconde donation de capitaux hypothéqués, montant à la somme de
sept cent quatre-vingts écus de Prusse (2921 frs.) , afin d'augmenter le fonds précédent, dans la vue que le total des revenus de ces deux donations puisse former plus tôt deux bourses à constituer sous les clauses et conditions arrêtées dans Pacte prérappelé , lequel premier avait été approuvé et déclaré exécutoire par ordre du cabinet en date du 8 juin 1834. Dans cette intention il ordonne que ce second capital de sept cent quatre-vingts écus et ses revenus annuels seront placés à intérêts jusqu'à ce que cette somme avec les intérêts cumulés pour autant que possible , ait atteint le chiffre de quinze* cent cinquante écus, portant ainsi le capital réel des deux fondations réunies à la somme de trois mille et cent écus, lesquels devant donner pour chacune de ces deux bourses un revenu annuel de 77 écus et demi (290 frs. 62 centimes) montant auquel il voulait les voir fixées. Cette nouvelle donation fut homologuée par rescrit de cabinet, en date du 19 août de la même année.
Par un troisième acte en date du neuf mai 1835 , devant le même notaire instrumentaire le fondateur transmit les capitaux repris dans les deux premiers documents au conseil d'administration des bourses d'études à Cologne , lequel en fit l'acceptation par acte du notaire Joseph Stoppenbach, du dit Cologne, en date du 3 octobre 1835. Finalement, signification de cette acceptation a été faite au curé H. Merck, par exploit d'huissier, le 10 décembre suivant.
Afin que sa famille puisse à toujours obtenir avec le moins de frais et de démarches possible la jouissance de ces revenus dont les capitaux se trouvent placés aussi loin de la résidence de la plupart de ses membres , et administrés par une autorité étrangère , le curé Merck a cru devoir faire imprimer et distribuer à tous ses parents une petite brochure de 24 pages in 12; C. Bochum, a Redburg-Reifferscbeidt , 1836, portant la copie de tous les actes publics dont nous
venons de parler. Il y a de même joint un arbre généalogique qui donne les noms , prénoms , âge et domicile de ses frères et sœurs, leurs alliances et leur descendance jusqu'en 1839, date de l'impression de ce tableau , au bas duquel il a ajouté les renseignements biographiques que nous avons rapportés dans cet article. Après s'être constitué le bienfaiteur de sa famille sous le rapport moral et scientifique , le curé Henri Merck a voulu aussi faire profiter différentes églises d'une partie de ses économies: il fit dans dix églises différentes dix-neuf fondations pour cent dix-huit messes annuelles , plusieurs anniversaires et d'autres services divins pour soi-même, ses parents, ses frères et sœurs ainsi que leurs descendants.
RenecigneinenU obtenus par la faniUe Herelc , de Harlange. — Familien-Studienftiftueg crricbtet un in der Merck'schen Familie eine nnetzlicbe Rfachelferang sur wise enscbaftlicbcn Dildungsu erwecken; ▼. H. Matca, Pfarrer su Otienratb.
MERNIER, Gilles, se disant de Grapfontaine ou suivant la mode de son époque, Gbaffontanus , de son endroit natal, aujourd'hui dépendance de la commune de Straimont et avant 1828 de celle de Hamipré dans le Luxembourg belge , ne nous est connu que par une fondation de bourse d'étude.
Gilles Graffontanus , comme il se nommait, vivait pendant la première moitié du dix-septième siècle. Il était chanoine de Neusz et curé du mont Ste. Walburge lorsqu'il fonda par acte du 6 juin 1634 la bourse dont il est ici question et qu'il attacha au collège des trois couronnés à Cologne. Ce bénéfice est établi en faveur de la famille du fondateur et à défaut de postulants de celle-ci , pour des étudiants originaires de Grapfontaine , de Longlier ou de Neufchâteau, endroits aujourd'hui dans le Luxembourg belge. Les boursiers sont tenus de faire leurs études préliminaires soit à Neusz soit à Cologne; les classes supérieures sont à suivre exclusivement & Cologne. La durée de la jouissance est limitée à dix ans et le rapport
annuel de la bourse est de trente écus de Prusse ou 103 frs. 50 cts.
Nos renseignements ne vont pas plus loin. Cependant il paraît que la famille de La Mock de Laherie , en la commune de Longlier, y a les premiers droits; après elle viennent les Chaavancy , puis les Breynert, puis les Fay, ensuite les Heijai , enfin les Remy de la paroisse de Chevigny.
Le peu d'importance de ce stipende a sans doute été cause qu'il n'a plus été recherché depuis très longtemps par la parenté du fondateur.
Archives de l'administration des bonnes d'études, à Cologne. — Communication officielle, en date dn 15 janvier 1860. N* 87.
MERTEN, Alphonse, né h Neufch&teau, le 18 février 1834, fit à l'athénée de lions d'excellentes études humanitaires couronnées par un brillant succès au concours général de 185 1 ou il eut la troisième nomination dans la classe de rhétorique, matières réunies. Trois années d'études universitaires lui suffirent pour obtenir le diplôme de docteur en philosophie et lettres: le 4 septembre 18S4 il subit avec grande distinction cet examen hérissé de difficultés, et le 3 janvier 1855 il fut appelé à donner les cours de quatrième et de troisième au collège de Tirlemont.
Le conseil communal de Tirlemont n'eut pas à se repentir d'avoir confié une mission aussi importante à ce jeune professeur qui n'avait que vingt ans d'âge. Herten apporta dans son enseignement l'entrain chaleureux d'un caractère enthousiaste ; il ne se laissa pas aller toutefois à ces ardeurs intempestives familières aux jeunes débutants et qui leur font parfois dépasser le but. Il sut s'inspirer des conseils de ses collègues, ses aînés , auxquels il alla souvent demander les utiles leçons d'une longue expérience. Il y avait d'ailleurs en lui je ne sais quel rare mélange de fougue ardente, et de bon sens qui donnait à son enseignement de la vie et de l'éclat et l'empêchait en même temps d'oublier le ne quid nimis
de la saine philosophie. A peine plus âgé que ses élèves , il les aimait comme des frères ; il leur inspira bien vite cette noble sympathie et cette confiance touchante qui font le plus bel éloge du professeur et qui, en lui assurant le respect inébranlable des jeunes gens et leur attention soutenue , sont un sûr garant des succès de sa classe.
En récompense de son zèle il fut promu à la chaire de rhétorique en octobre 1858 ; mais il ne l'occupa que très peu de temps. Sa famille habitait Louvain ; son frère était professeur au collège communal de cette ville. La classe de poésie y étant devenue vacante , Merten saisit cette occasion tant cherchée déjà d'aller vivre de cette vie de famille qui fait la joie de tous les cœurs aimants et dans laquelle le professeur surtout puise chaque jour de nouveaux encouragements et de nouvelles forces.
Il obtint la chaire de poésie le 11 décembre, et retrouva à Louvain les sympathies qu'il avait su conquérir à Tirlemont; nous n'en voulons pour preuve que l'unanimité des regrets qui ont accueilli dans cette ville la nouvelle de sa fin prématurée.
Les rapports des inspecteurs de renseignement moyen l'avaient déjà signalé au gouvernement comme l'un des plus méritants parmi les professeurs des collèges communaux. Le résultat du concours ouvert pour la publication d'un cours de thèmes latins à l'usage de la quatrième, vint confirmer cette bonne opinion à l'égard du jeune professeur. Le travail que Merten avait envoyé au concours fut jugé digne par le jury d'une mention honorable. Dès ce moment l'attention bienveillante du gouvernement fut fixée sur lui : au commencement des vacances de 1861 , le ministre de l'Intérieur le désigna pour la quatrième latine de l'athénée de Namur, et le bureau administratif de cet athénée allait être appelé à donner sur la proposition ministérielle un avis qui ne pouvait être douteux, lorsque la mort a soudain frappé le malheureux jeune homme encore au début
d'une carrière qui ne pouvait devenir que très brillante. Le 20 août, tout entier à l'espoir et rayonnant de santé, il accourait à Blankenberge annoncer la bonne nouvelle à uu ami , lorsque le 22 , à huit heures du matin , victime d'une fatale imprudence (et peut-être du manque de surveillance) , il disparaissait englouti dans un de ces gouffres que la mer creuse à l'extrémité des jetées !
La vie de Merten a été courte , mais bien remplie. Il avait la passion du trayait. Il a consacré des veilles nombreuses Il son cours de thèmes, sans se laisser jamais décourager par les difficultés d'un si pénible labeur.
Cet ouvrage n'a pas occupé seul l'activité de son esprit. Les questions les plus élevées de la littérature et de l'histoire ont été l'objet de ses études. Il avait essayé d'examiner l'influence de la poésie sur la civilisation et d'étudier la curieuse physionomie de Philippe de Conmines; les fragments qu'il a laissés sur ces questions attestent un goût sûr et une plume déjà exercée. Il s'occupait avec un égal amour de sujets moins relevés ; il a publié dans : La Belgique contemporaine quelques pages d'un roman plein d'humeur et il envoyait souvent à ses amis de piquantes petites pièces de vers badins ou il semble se jouer avec les difficultés de la rime : La poésie avait d'ailleurs toutes ses prédilections et il l'avait cultivée de bonne heure. La pièce qu'il avait envoyée au concours de 1856, vingt-cinquième anniversaire de l'inauguration de S. H. le Roi des Belges , contenait des pensées élevées exprimées souvent avec bonheur. En 1860 La Revue de l'instruction publique en Belgique , p. 89, publiait une charmante boutade écrite par lui et qu'il avait dédiée k ses collègues. Dans ce morceau on doit surtout admirer la tirade suivante :
Oui , des humains la course passagère Ne laisse ici qu'une trace éphémère.
Tel un beau Jour voit pâlir son soleil. Pourquoi gémir! 11 aura son réveil;
De l'homme aussi la grandeur qui succombe N'a pas pour fin le néant de la tombe. Nous élevant vers le Dieu créateur , Nous renaîtrons dans un monde meilleur ; Tout me le dit: notre âme est immor-
[telle •
Revue de rînstruetiou publique en Belgique; IX* année. Nout. série, T. IV. Sept et Oct i86i.. N°*. 9 et iO, p. 368, sqqq.
MOLITOR, François -Constantin, né vers 1766, fut ordiné en 1791 et devint peu de temps après curé de Wallendorf.
Après l'invasion française il fut obligé de se tenir caché parce qu'il refusait de prêter le serment républicain de haine à la royauté. Au retour de la tranquillité il fut nommé curé de Medernach , puis en 1811 promu doyen du canton de Vianden, oh il ne demeura cependant que jusqu'en 181 S h cause de quelques différents qu'il eut avec plusieurs notables de sa paroisse.
Transféré à Betzdorf il publia en 1835 un ouvrage qu'il intitula : Vertraute Reden eines Landgeistlichen an seine Pfarrkinder. En 1843 il prit sa retraite et se retira à Echternach où il est mort le 22 août 1846, à l'âge de soixante-dix-huit ans.
Emuu, Die luxemburger Glaubeasbekenuer, 90
MULLER, Michel-François-Joseph.— A ajouter à son article , T. I , p. 472 — 475 de la Biographie , les titres suivants d'ouvrages publiés par ce personnage :
40°. Summarisch geschichtliche Darstellung der Kollegiat-Stifter uoserer Vaterstadt und ihrer Umgebutig ; Trêves, 1826, in- 12; 94 pages. — 41°. Darstellung der klœsterlichen Institute unserer Vaterstadt und ihrer Umgebung ; 2 parties ; Trêves, 1824 ; 69 et 84 pages in-12. — 4f».
Die in der Stadt Trier und Umgebung, theils noch bestehende, theîls zerstoerte Bauten , Denkmaeler , Insohriften , etc. ; Trêves ; 42 pages.
NICOLAS, dit de Luxembourg, très vraisemblablement ainsi nommé de son endroit natal , florissait pendant les deux
moitiés du quinzième siècle. Nous ne savons absolument rien sur son extraction ni sur le lieu où il a fait ses études*
Quoiqu'il en soit , il était prêtre , licencié en droit romain et professeur ordinaire èTécoIe" impériale (Hofschule) de Vienne oh il s'était acquis une grande réputation 4e science , lorsqu'en .1454 l'importante cure de Krems , sur le Danube dans la Basse-Autriche, étant devenue vacante par le décès de son titulaire , le roi Ladislasle-Posthume ordonna qu'elle lui fût conférée.
Au début de la guerre que Mathieu Corvinus , élu pour leur roi par les Hongrois rebelles entreprit contre l'Empereur Frédéric III, lorsque ce dernier fut obligé de demander à ses sujets de l'argent et des troupes, cette demande lui fut accordée avec empressement, grâce aux efforts du curé Nicolas de Luxembourg. Il fit plus encore , il engagea l'Empereur à mander les députés de Krems à Vienne même pour leur recommander de défendre courageusement leur ville contre les entreprises de l'ennemi qui était en marche pour venir s'en emparer. Le curé Nicolas, qui était l'âme de tout le système de résistance, se joignit même aux Bohémiens pour défendre avec intrépidité leur drapeau et délivrer la personne de l'empereur qui avait été fait prisonnier par les Hongrois (14S8). Il exerça également une grande et salutaire influence sur les Etats qui, restés fidèles au souverain s'étaient assemblés à Krems, et parvint en effet à leur faire faire des démarches pour tenter une réconciliation entre l'Empereur et son frère Albert VI qui élevait des prétentions à l'archiduché d'Autriche ; ce que du reste l'Empereur reconnut plus tard avec des paroles de reconnaissance.
A la clôture de la session des Etats en 1463, le monarque leur accorda, en reconnaissance pour leurs bons offices ainsi que pour leur attachement et leur fidélité , des privilèges très importants.
D'un autre côté , sur la proposition du curé Nicolas dé Luxembourg , la ville de
Krems obtint également de ce prince les distinctions suivantes : 1° Le droit de commercer avec Venise et vice versa ; 2° celui d'avoir un dépôt de toutes marchandises, à l'instar de Vienne même; 3° celui de porter dans ses armes le double aigle de l'Empire: on voit en effet encore aujourd'hui sur la porte de la ville de Krems l'écusson à double aigle avec cette dévise : Isthoc signo honoris a Cœsare Frederico III ob bene gesta decorata fuit ; 4° Pour ses bourgeois le titre de : honorables, sages, féaux et fidèles ; 4° Le pouvoir de battre des pfennings et des demi-pfennings ; 6° La libération de toute contribution pendant douze ans ; 7° La construction d'un pont sur le Danube, à l'endroit où cela conviendrait aux bourgeois, et un droit de péage destiné à l'entretien de ce pont.
Telles sont les prérogatives que la ville de Krems dut à l'entremise de son curé Nicolas de Luxembourg: rien d'étonnant dès lors si ses paroissiens l'estimaient à un haut degré et ne l'aimaient pas moins.
Il est mort peu de temps après.
Ingedenkbucfc de* Pfarrei der Stadt Krems; bi misent des arch. de la dite paroisse; extr. commmmqui par le Dr. Nulles, Préfets, à l'aniv. dlasbrack.
NOBLET , Anne, fille de Henri Noblet, cordonnier , et de Jeanne Seuil , est née à Luxembourg, le 30 novembre 1695.
Nous n'avons appris aucune particularité biographique sur cette personne qui, restée célibataire avait commencé un commerce d'où lui provinrent des bénéfices assez considérables, paraît-il, puisque son décès elle se trouvait dans une position de fortune très satisfaisante , comme son testament qui renferme des legs considérables pour cette époque , semble le prouver.
Elle est décédée dans sa ville natale, après une longue maladie, le 15 février 1746 , à l'âge de 50 ans. Son acte mortuaire la dit morte en odeur de sainteté, preuve que par sa conduite et ses procédés elle s'était gagnée l'estime générale.
Par testament reçu par le notaire Pierre
Spyr, de Luxembourg , le 8 mai 1742, cette fille vertueuse avait disposé que sa nièce , Marie-Rose Dumont , épouse de Nicolas Loutz serait son héritière universelle, à charge de 1° verser à l'église de St.-Michel , dans le cloître de laquelle (le couvent des Dominicains) elle avait demandé à être inhumée, une somme de cent écus du Pays pour un service anniversaire perpétuel, plus douze messes basses pour sa parenté défunte; 2° remettre cinquante des mêmes écus à l'église de St.-Nicolas , sa paroisse , pour y faire sonner la cloche pendant un espace de temps notable pour les agonissants de cette paroisse; 3° donner à ses neveux et nièces, savoir: à Marie-Catherine et à Marguerite les Dumont , à chacune d'elles quatre cents écus, aux enfants de son frère Jean- Henri Noblet , douze cents écus , à ceux de sa sœur Catherine mille écus , à Catherine Servais , sa nièce et filleule^ à sa majorité, quatre cents écus; à son frère le R. P. Walther Noblet, une rente annuelle et viagère de vingt écus. 4° Elle ordonnait de fonder, dix ans après sa mort , et moyennant une somme de mille écus, un bénéfice ecclésiastique en faveur de sa parenté ; et avec une autre somme de mille écus un lit à l'hospice de St.-Jean au Grand, basse-ville de Luxembourg, en faveur de sa même parenté. 5° Chacune de ses sœurs devait en outre recevoir après son décès une somme de dix écus , et son frère Jean-Henri quinze
Enfin elle recommande la paix et l'union à tous ses parents et veut que celui ou celle qui la critiquerait ou serait mécontent de ses dispositions de dernière volonté soit absolument privé du legs lui fait.
Par disposition dérogatoire k ce testament, reçue par le même notaire, le 21 mai 1745, Anne Noblet déclara et ordonna que : les mille écus légués par elle à Thospice de Saint-Jean pour un lit soient remis par son héritière universelle aux préposés du séminaire des écoliers à Luxembourg , ou en cas de refus de leur part, à un autre pensionnat du même genre,
pour, avec les revenus du dit capital de mille écus, loger, nourrir et instruire au dit établissement un enfatlt de sa parenté, idoine à V étude, à V instar des autres écoliers étudiants sur pareille bourse. En cas de concurrence entre deux ou plusieurs jeunes gens pour obtenir la jouissance de ce stipende, le plus proche en degré de lignée sera préféré. Si enfin la parenté de la testatrice venait à s'éteindre de manière qu'elle ne compterait plus de garçon, un jeune homme de la maison des orphelins y sera admis: Pour le choix à faire entre ces derniers on préférera celui qui sera désigné par V aumônier de rétablissement comme présentant tes dispositions les plus heureuses pour T étude. La fondatrice ajouta en outre à cette bourse les revenus de cent autres écus pour habillement et menus 6esoins du boursier.
Parmi la parenté contemporaine d'Anne Noblet nous avons trouvé, outre les noms ci-dessus indiqués: François Lutgen (lu par quelques-uns Leitgen) maître-tailleur et Marie-Jeanne Noblet son épouse ; Frédéric Schwartz bourgeois et maréchal-ferrant, ainsi que son épouse Susanne Noblet, neveux et nièces de la testatrice.
Nous avons cru utile de donner tous ces renseignements de parenté pour la bourse en question, qui est de nos jours au capital de 5070 francs, donnant annuellement un revenu de 253 frs. 50 centimes, parce qu'elle n'est entrée dans le domaine public que depuis l'arrêté royal du 9 août 1860, ayant été jusqu'alors regardée par la famille comme une fondation absolument privée, les frères Joseph et Théodore Pescatore en ayant administré les fonds et en ayant été collateurs.
Etat civil de Luxembourg. -- Analyse du testament d'Anne Noblet, communiquée par Mr le Professeur Namnr. — Mémorial du Grand-Duché, 1860, II* part- p. 38S.
OTTLER, Servais, né en 1617, à Vianden, entra avec son frère Marc à l'abbaye de Prum où ils prirent l'habit religieux et prononcèrent leurs vœux. En 1623 il composa la chronique de son monastère , de-
puis son origine jusqu'à l'époque contemporaine. Cet ouvrage qui se trouve à la Bibliothèque de Trêves (mscrt, n° GGXIX) , a pour titre : Chronicœ relationes rerum gestamm Prumiensium conscriptœ per F.
Servatium Ottlerum, imperialis monasterii S. Salvatoris professum.
Haix, Getchichte des Erzstifta Trier; III, 516.
PESCATORE, Joseph-Antoine , fils de Joseph-Antoine Pescatore, marchand, et d'Angélique Naveau, est né à Luxembourg, le 29 thermidor an VIII (17 août 1800).
Gradué Docteur en droits civil et romain à l'université de Liège, en 1822, après avoir soutenu une thèse : de pœnar rum remissions, il se fit inscrire sur le tableau du barreau de sa ville natale.
Lorsqu'aprèsla révolution belge de 1830 le gouvernement des Pays-Bas se vit dans la nécessité de créer à Luxembourg même une cour supérieure de Justice et de cassation, à laquelle furent admis en très grande partie les juges qui jusqu'alors avaient siégé en première instance, Jos.- Ant. Pescatore fut nommé juge suppléant du 1er degré; puis Tannée suivante (1831), juge effectif. A l'organisation nouvelle de l'ordre judiciaire après la reprise de possession du territoire luxembourgeois {Grand-Duché dit cédé) , il entra à la Cour supérieure avec le titre d'Assesseur (1840) lequel fut changé dès 1841 en celui de conseiller. En 1843, à l'installation de la haute cour militaire on le chargea de la présidence de ce nouveau corps, qualité honoraire qu'il cumula avec la première, et qu'il conserva jusqu'à son décès. En 1853 il devint vice-président de la Cour supérieure de Justice.
Ces indications sommaires suffiront pour montrer que la magistrature de Jos.-Ant* Pescatore a été bien et consciencieusement remplie par des travaux sérieux et multipliés; elles prouveront en outre qu'il a cherché k se rendre utile à son pays dans la plus noble des carrières.
Mais ce ne sont pas là tous les titres qu'il s'est acquis à la reconnaissance de
ses concitoyens ; une autre branche d'utilité publique obtint également ses soins; nous parlons de l'agriculture à laquelle il consacra tous les loisirs que lui hi*saient ses hautes fonctions judiciaires , du grand nombre de missions honorifiques qu'il accomplit, de la fondation ou de la direction d'associations utiles, particulièrement sous le rapport de l'objet fa* vori de ses occupations , de l'agriculture , pour laquelle, nous l'avons dit, il avait une prédilection tout à fait décidée.
«Fidèle aux traditions de sa famille, « disent les Annales de la société agricole « et horticole du Grand-Duché, Jos.-Ant. « Pescatore était avec Antoine Pescatore , «son cousin (v. son art.) et un petit «nombre d'autres, un de ces agriculr «teurs distingués qui, exploitant eux- « mêmes leurs domaines, leur consa- «craient leurs capitaux, leur esprit spé- «culatif et surtout ne reculaient devant « aucun sacrifice raisonnable pour propa- « ger les saines pratiques par l'exemple. «Différents voyages faits pour étudier IV «griculture à l'étranger, notamment la «visite du Congrès des agronomes aile* «mands, son séjour à l'Académie de « Hohenheim d'où il rapporta un choix « d'instruments et une collection de graines, « fortifièrent surtout son amour pour la vie « des champs et donnèrent une tendance « plus précise, plus nette à ses travaux.
« Nommé membre et président de la «Commission d'agriculture du Grand»
«Duché, par le bon roi Guillaume II, «il fnt attaché à ce collège dans les diffé- « rentes transformations qu'il a subies jus- « qu'à son décès. Les services qu'il a été « appelé à rendre en cette qualité Payant « mis en rapport avec un bon nombre de « cultivateurs du Grand-Duché, c'est k ces « circonstances qu'il y a lieu de ramener « l'influence qu'il a acquise et en suite de « laquelle il n'y eut pas lieu de s'étonner « de les voir en grand nombre accourir à « sa voix , lorsque pour des motifs qui ne «peuvent trouver place ici, appuyé de «quelques amis, il les appela à concourir
« à la fondation du Cercle agricole et hor- « ticole do Grand-Duché. Ce qu'il voulait « alors, c'était une association agricole ce vraiment nationale , indépendante , se «plaçant au-dessus de toutes les intrigues «et des ambitions personnelles, ne con- « naissant aucun autre drapeau que le « progrès agricole, et stimulant la saine « pratique plus spécialement che» le petit « cultivateur. Depuis le 20 août 1853 que « cette société existe , elle s'est efforcée ce de suivre ce programme et Jos.-Ànt. « Pescatore , qui est depuis lors aussi « resté président et membre de son comitéce directeur , chaque fois que le règlement ce ne s'y opposait pas , a eu la satisfaction c< de voir son œuvre grandir , se fortifier c< et s'efforcer à suivre la voie que le bon « sens .de son premier président lui avait ce tracée. Hais le succès qu'il obtint alors « ne suffisant pas à son désir d'être utile ce à son pays, il voulait encore le doter ce d'un établissement non moins nécessaire ce an progrès agricole , en créant un musée ce d'agriculture. Quelques extraits des notes ce y relatives qu'il avait rédigées à cet effet, ce donnent une idée suffisante de ce projet: ce J'ai toujours, dit-il, nourri l'espoir ee qu'au moyen des ressources du Cercle et ce de la protection gouvernementale qui lui a est acquise, nous parviendrons à nous « procurer annuellement quelques instru* « ments nouveaux <F agriculture , et par là « à former une collection intéressante comme a il en existe dans les pays qui nous en- «tourent, accessible à tous les agronomes ee qui y prendraient chacun selon ses idées « ou ses besoins ce qui lui semblerait le «plus utile à copier, et répandraient par « là Vusage des machines perfectionnées et
« des méthodes nouvelles
a Je me suis rappelé qu'à V école d'agro- «nomie de Hohenheim près de Stuttgart, « que foi visitée dans le temps , il y a « une collection d'instruments aratoires des «plus complètes et des plus remarquables. «Ils sont fabriqués sur les lieux mimes «et cédés à prix réduit aux cultivateurs « umrtembergeois. Ce souvenir nCa fait
«penser depuis longtemps quil serait proie fitable au pays de posséder de telles colr « lections
« Ces collections formeraient le commen- « cernent d'un musée agricole, auquel vien- «draient se joindre successivement des «acquisitions ou des dons futurs; elles ce seraient à placer à Luxembourg et pour- « raient devenir avec le temps la propriété « de l'Etat ou de la ville de Luxembourg, « selon ce qu'il plairait au Cercle de dé- « cider à cet égard ....
« Ce projet , qui recevait un commencement d'exécution lorsque son auteur «,est venu à mourir , était un dernier effort ce qu'il tentait dans l'intérêt de ses occu- « pations favorites.
Jos.-Ànt. Pescatore avait épousé le 25 septembre 1828 demoiselle Thérèse-Eugénie Dutreux , fille de Jean-Pierre-BonaventureDutreux, Administrateur du Trésor, échevin de la capitale , major-commandant de la garde communale active , chevalier des ordres du Lion belgique , de la légion d'honneur et de Charles III d'Espagne (v. son art.) , et de Marie-Françoise-Ferdinande Boch, fille à son tour du fondateur de la faïencerie de Septfontaînes (v. l'art. Boch frères). — Il était Grand-officier de Tordre royal grand-ducal de la Couronne de chêne , et mourut à sa propriété de Bofferdange, le 21 juin 1860.
Annuaire de l'université de Liège, 1850, p. 80. —Etat civil de Luxembourg.— Naiiur, Catal. Biblioth. Luxembourg , 259.— Almanaehf du Grand-Duché.— Annalen des Acker- und Gartenbau-Vereios des. Gffosihenogthums Luxemburg; 1860; 7 juin; N°6; 80—84. — 8ouTenirs personnels. — Notes communiquées.
SGHWARTZ, Jean-Bernard, fils de Nicolas Scbwartz et de Barbe Christoffel, est né à Clémency pendant la seconde moitié du dix-septième siècle. Nous ne connaissons sur ce personnage aucune particularité biographique, si ce n'est qu'il a été prêtre et pendant un assez grand nombre d'années chapelain de la chapelle dite de Notre-Dame de Consolation, située hors de la porte-neuve à Lu-
xembourg, près du cimetière actuel et qui a été démolie quelque temps après la conquête française de 1795.
L'abbé Schwartz , qui est mort paraîtil en 1745 , avait fondé par acte testamentaire du 29 janvier de la même année, au capital de onze cents écus à 56 sols , ou 5069 frs. 94 centimes , un bénéfice simple , avec charge de lire à son intention deux messes par semaine, en faveur des descendants de sa sœur, à leur défaut de parents et finalement, ces derniers manquant également, en faveur d'enfants nés à Clémency , son endroit natal. Ce bénéfice une fois donné, profitait depuis le commencement des études jusqu'à ce que le titulaire obtenait un emploi ecclésiastique plus lucratif ou une cure. Avons-nous besoin d'ajouter qu'il n'avait été institué que pour un jeune homme se destinant à la carrière cléricale ?
Cette fondation , qui fut érigée can uniquement le 20 février 1761 par l'archevêque de Trêves et agréée le 25 avril suivant par le conseil provincial , avait été depuis la loi du 4 ventôse an IX , réunie aux revenus du bureau de bienfaisance de Luxembourg , lorsque des contestations étant surgies entre l'Etat et la ville au sujet de la propriété du capital, un arrêté de la cour supérieure de Justice , en date du 16 juin 1836 , l'adjugea définitivement au domaine du Grand-Duché.
Le gouvernement , prenant en considération que l'intention du fondateur avait été surtout de favoriser l'instruction de ses parents et des jeunes gens de Clémency son endroit natal, et qu'il n'avait vu dans la création de sa fondation que le moyen le plus sûr d'atteindre ce résultat, fit au souverain des propositions pour que la jouissance des revenus du capital légué pût être abandonnée aux étudiants qui , d'après les dispositions du testament du 29 janvier 1745 justifieraient d'y avoir droit.
Sur ce rapport, le roi grand-duc statua que les revenus du bénéfice Schwartz pouvaient être abandonnés à un descendant
de la sœur du fondateur, en se réservant de décider dans chaque cas si un secours serait accordé, à qui et quel en serait le montant ? Depuis cette époque les revenus de ce bénéfice formèrent une bourse conditionnelle. Plus tard , à la demande du comité consultatif pour les affaires des fondations d'instruction , le gouvernement, à l'effet de régler définitivement le sort de la fondation Schwartz , présenta à la législature un projet de loi ayant pour objet d'ériger le capital de ce bénéfice en une bourse d'étude à conférer conformément aux intentions du fondateur, et a administrer comme les autres bourses de l'Athénée. Cette loi fut publiée le 22 décembre 1854, et un arrêté du 16 mars de l'année suivante fixa à frs. 242 le revenu annuel de la dite bourse qui est à conférer, 1° à un descendant de la sœur du fondateur, laquelle était mariée à Luxembourg; 2* à leur défaut au plus proche parent du même fondateur; 3°, à défaut d'un tel parent à un étudiant du village de Clémency. Elle est destinée aux études à faire à l'Athénée de Luxembourg ou au séminaire clérical de la même ville. L'aspirant doit se destiner à l'état ecclésiastique et y être capable. Le curé de N.-D. en est déclaré collateur.
Koltz , Manuel des fondations de bonnes d*étude, 282, sqqq.
VEYDER db Màlbeeg, François Charles, baron de. — A ajouter à la fin de cet article, T. II, p. 202, 203, de la Biographie.
La famille Yeyder dite de Malberg porte écartelé : aux 1 et 4 d'or , à l'ours de sable ayant au col une chaîne du marne passant en arc par-dessus le corps et de»* cendant jusqu'à terre. Aux 2 et 3 d'argent, à l'écusson de gueules placé au centre. L'écu sommé d'une couronne de comte antique.
DUTREUX, Jean-Pierre-Bonaventure, fils de Claude-Ignace Dutreux , négociant, conseiller municipal et juge au tribunal de commerce, et de Marie-Jeanne Baclewe, est né à Luxembourg, le 14 juillet 1775.
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Il fit avec distinction ses humanités au collège de sa ville natale et suivit plus tard les cours de mathématiques à l'école centrale qui succéda à cette institution.
La franchise et l'amabilité du caractère de Dutreux lui concilièrent de bonne heure l'affection et la confiance de ses concitoyens. Il fut choisi pour commander la garde <F honneur lors de l'entrée de l'empereur Napoléon Ier à Luxembourg , le 9 octobre 1804, et deux mois après, le 2 décembre , il fut un des représentants du département des forêts au couronnement de l'empereur.
En 1809 il fut nommé adjudant-major de la garde nationale mobile qui, dans les dernières années de l'occupation française aidait la garnison, faible alors, à faire le service de la forteresse. En 1815 on lui confia le commandement de la milice urbaine et plus tard celui de la garde communale, à l'organisation de cette garde.
Mais c'est surtout comme magistrat municipal que J.-P.-B. Dutreux montra son zèle et sa sollicitude pour le bien-être de sa ville natale. II fut nommé adjoint au maire par décret impérial du 5 avril 1811, et fit partie de l'administration urbaine pendant dix-huit années et dans des temps difficiles.
Après la bataille de Leipsic des masses de troupes françaises, dans leur retraite, passèrent par Luxembourg et y apportèrent le typhus qui faisait de cruels ravages parmi les débris de la grande armée. L'hospice civil et l'hôpital Vauban ne pouvant plus contenir tous les militaires blessés et malades , on se vit obligé de déposer ces malheureux dans les églises, converties ainsi momentanément en lazareths. Un comité de secours fiit aussitôt organisé pour recueillir et distribuer les dons et les secours offerts de toute part. Membre de ce comité, Dutreux se consacra entièrement au soulagement des malades : Il pourvoyait à leurs besoins, il les visitait et les encourageait partout , dans les hôpitaux et dans les maisons de la ville où la contagion s'était répandue et faisait de nombreuses victimes , surtout parmi la classe pauvre.
Prodigue de sa personne et de son bien, il faillit succomber à son courageux dé* vouement. Atteint du terrible fléau, il resta vingt-un jours dans un état désespéré* Enfin, sa forte constitution triompha de la violence du mal; mais il s'en ressentit jusqu'à la fin de ses jours. En récompense des soins donnés aux militaires français, Louis XVIII, par ordonnance du 18 août 1814, décora Dutreux de l'étoile de la légion d'honneur.
A quelques mois de là , par brevet du 25 décembre 1814 , Ferdinand VII le créa chevalier de l'ordre de Charles III, en témoignage de l'estime et de la considération que méritent les actes de protection et de charité qu'il a exercés envers les espagnols des régiments de Guadalaxara et des Asturies pendant qu'ils étaient prisonr niers de guerre à Luxembourg.
Le 29 juin 1814 il fut appelé aux fonctions de Bourguemaître de Luxembourg, en remplacement du baron Charles de Tornaco. Au mois de mai de l'année suivante il fit partie de la députation qui se rendit à Bruxelles pour porter au nouveau souverain des Pays-Bas l'hommage de dévouement des luxembourgeois ; et dans cette circonstance encore il trouva moyen de se rendre utile en réclamant en haut-lieu contre les charges excessives de l'emprunt de guerre et des réquisitions militaires.
Vers la fin de 1815 il fut nommé receveur-général du Grand-Duché et de* vint ensuite administrateur du trésor lors de la réorganisation de l'administration de finances en 1823. Ces fonctions l'obligèrent à renoncer à son mandat de Bourguemaître, mais il resta attaché à l'administration urbaine comme conseiller de régence et ensuite comme échevin. Il fut également, et jusqu'à son décès membre de l'administration des hospices.
A la réorganisation de l'administration provinciale il fit partie de la commission chargée de délibérer sur la composition des Etats provinciaux et coopéra à la rédaction du projet de règlement pour les régences des villes.
Lorsqu'en 1816 et 17 une disette ex-
traordinaire désola nos contrés déjà épuisées par les guerres , la dépntation des Etats provinciaux organisa un comité central de secours et subsistances. D'après une conyention intervenue le 14 novembre 1816 entre les membres de cette députation et vingt-un propriétaires du Grand-Duché, ce comité eut la mission de lever par voie d'emprunt une somme de quatre cent mille francs destinée à former, avec celle de cent mille autres francs avancée par le trésor, un fonds de secours et d'assurer au moyen de greniers d'abondance l'approvisionnement des classes indigentes: Cette œuvre philanthropique fut pour les pauvres un bienfait inappréciable. Par les soins de ce comité des quantités suffisantes de céréales furent envoyées dans les différentes parties du pays. Quatre manutentions furent établies, à Luxembourg , à Neufchftteau , à Bastogne et à Bouillon. Des ventes et des distributions furent régulièrement faites dans tons les cantons et l'on parvint ainsi, sinon à faire disparaître, du moins à alléger jusqu'à la récolte suivante les conséquences désastreuses de la disette. Dutreux contribua activement à cette grande œuvre de charité en qualité de trésorier du comité et d'actionnaire de l'emprunt.
En récompense de ses nombreux services il fut nommé chevalier de l'ordre du Lion belgique par arrêté royal du 24 novembre 1816.
Généreux et amateur des arts et des sciences, il sut faire un noble usage de sa fortune. Il aimait à recueillir tout ce qui se rattachait à l'histoire de la patrie; et c'est de sa bibliothèque que nous avons obtenu le manuscrit du Luxemburgum romanum du Père Alexandre de Wiltheim que nous avons publié en 1842. Bon musicien , il réussit à organiser à Luxembourg des réunions musicales qui firent renaître dans cette ville le goût de cet art civilisateur.
J.-P.-B. Dutreux est mort le 1 1 janvier 1829. Dans son numéro du 14 du même mois le Journal de Luxembourg, se constituant l'organe des sentiments de ses concitoyens, consacra à sa mémoire un article dont nous extrayons les lignes suivantes: « Un de nos concitoyens les plus honorables « et les plus distingués vient de terminer «sa carrière. Mr J.-P.-B. Duireux-Boch « a rendu le dernier soupir le 1 1 de ce « mois , à l'âge de 53 ans , après une «maladie longue et douloureuse. Sa dé- «pouille mortelle a été portée en terre «hier au milieu d'un concours nombreux « de citoyens empressés de rendre un der- « nier hommage à celui qui , toute sa vie « avait joui dans la plénitude de l'exprès- «sion du respect, de la considération et « de l'affection publiques. Il a été conduit «au champ du repos par les magistrats « et les fonctionnaires publics de tout ordre «et de tout rang. En tête du convoi mar- «chait un bataillon de la garnison. Son «Altesse le Prince de Hesse-Hombourg, « le Général-Commandant la province , le « Commandant de la forteresse , le Bourg- «mestre et le corps municipal suivaient « immédiatement. » etc.
En 1807 Dutreux avait épousé M*0* Marie-Françoise-Ferdinande Boch , fille de Pierre-Joseph Boch (v. l'art. Boch frères) et de Marîe-Antoinette-Louise Nothomb.
Madame Dutreux , qui est décédée le 12 mai 1856, a écrit pour sa famille des mémoires qui ont été imprimés après sa mort, à un très petit nombre d'exemplaires, sous* le titre de Souvenirs de la bonne maman Dutreux, et dans lesquels se reflètent toutes les éminentes qualités de cette femme distinguée.
Notice biographique sur M* Dutreux-Bocn, par H. le Prof. Nmjmakb.— SouTeniri de la bonne maman Dutbbox; Luxbg., 1856.— Mémorial adm*" dn Grand-Duché. — Amsterdamsclie Courant, 1899, N* du 20 avril. — Journal de Luxembourg» 14 janvier
APPIBIDIMI