‹ Biographie luxembourgeoise: histoire des hommes distingues ..., Volume 2Chapitre 8 sur 61 · M1T-FRAUWE ZU FENTZ , DEN 23 SEPTEMBER AO 1584 IN GOT VER · texte numérisé non relu

M1T-FRAUWE ZU FENTZ , DEN 23 SEPTEMBER AO 1584 IN GOT VER

[SCHEIDEN.

Cette inscription, qui n'offre d'ambiguité aucune , se rapporte à la veuve de Jean II de Naves (v. son art.).

Viri illustres, II, N° 140. — Tkissie», Histoire de Thion Tille, 440, êq.; et 103. — Notes d'études. — Archives du château de Schutbourg, propriété* de la fanilie Poiidrom, de Hosingen.

SCHAUWENBOURG, Christophe de, était frère de Bernard qui* précède, comme nous le voyons dans le passage suivant du manuscrit des Viri illustres : « Christopho- «rus de Schaumbourg, vice-gubernator « Ducatus Luxemburgensis , Judex Nobi- « lium , Fratres (id est Christophorus et « Bernardus). » L'un et l'autre de ces deux personnages ont été fils de Jean de Schauwenbourg, qui était prévôt de Luxembourg en 1510 et les années suivantes:

Viri illustres, II, N° 141. ~ Notes d'études.

der bdel UND grstreng BERN- SCHAUWENBOURG, Jean-Bourchard

H ART VON SCHAUWENBURGH, herr de, vivait vers le milieu du dix-septième

siècle. Le manuscrit des Viri illustres le mentionne comme suit: «1647. J. Bur- « chardos de Scbaumburg Luxemburgensis, « ordinis Sti Joannis et eques Melitensis, «commendator Basiliensïs, Magnus Prior « Hungariae. »

Viri illustres, I, H° 80.-Bi*tbol»t, VIÏÏ, 19».

SCHEFFER, François, né à Luxembourg, le 1" juillet 1766, était fils de François Scheffer, marchand-bourgeois et d' Anne-Catherine Bastien.

François Scheffer a été un de ces personnages dont la longue 'vie fût presqu'exclusivement employée à des fonctions en très-grand nombre, la plupart gratuites, et qu'il remplit avec zèle et intégrité, bien que dans maintes circonstances il eût dû trouver dans l'accomplissement de ses devoirs des difficultés bien grandes à cause des circonstances des temps et des susceptibilités des personnes. Pour donner une idée de ces fonctions multipliées dont nous venons de parler , nous croyons devoir transcrire ici, par ordre chronologique, la liste de ses nominations diverses :

1789, le 20 mai, il entra comme élève à l'école de droit, à Bruxelles.

M 1791, le 1er septembre, il épousa Anne- Barbe-Marguerite Seyler (v. son art.), et prit pour son compte le fonds de commerce de son beau-père , commerce qu'il continua pendant quarante ans environ et avec lequel il sut réunir une belle fortune comme se faire une grande réputation de bonne-foi.

1794. Il était un des treize maîtres de la bourgeoisie ou des Confréries, et le dernier maître de celle des arquebusiers ou de St. Sébastien. — Le 23 septembre de la même année il fut nommé, par les Justicier et échevins de la ville au grade de lieutenant d'une des compagnies bourgeoises chargées de soutenir la garnison dans la défense de la place contre l'armée de la république française.

1795, le 7 juillet, ou le 19 messidor an III, il fut nommé membre de la com-

mission chargée de la vérification du travail de la répartition de la contribution* de guerre de quinze cent mille livres. — Le 28 décembre suivant, 7 nivôse an IV,, il fut nommé membre de la municipalité de la ville de Luxembourg.

1796, le 16 juillet, 28 messidor an IV, il fut nommé conservateur des hypothèques à Luxembourg; et par intérim aussi au. bureau de Diekirch ; fonctions dont il se démit le 13 floréal an VU, 2 mai 1799.

1797, le 5 novembre, 13 brumaire an VI, il fut nommé par le Directoire exécutif membre de l'administration centrale du Département des forêts.

1798, le 10 avril, 21 germinal an VI, l'assemblée électorale le désigna administrateur du Département. — Le 5 juillet de la même année, XVII messidor an VI, il devint membre du bureau des hospices* civils de Luxembourg.

1800, le 6 avril , 16 germinal an VIII,. le premier Conseil le nomma maire de la ville. Il exerça ces fonctions jusqu'au 8 mars 1802.

1803, le 26 mai, 6 prairial an XI, il fut désigné juge au tribunal de commerce où il continua de siéger jusqu'au 3 avril 1817, époque oii l'organisation de celte jurisdiction fut changée. — Le 4 novembre de la même année, 12 brumaire an XII , il entra au collège électoral du Département.

1809, le 16 novembre, il fut nommé par le préfet membre de la commission chargée d'examiner la liste des cent citoyens les plus imposés dans le département.

1811 , le 14 juin, l'évéque de Metz le désigna membre du conseil de fabrique de l'église de St. Pierre. — Le 16 août de la même année, l'empereur le nomma membre du Conseil municipal.

1814, le 26 janvier, il entra au conseil d'administration des finances et de liquidation de la ville. — Le 20 mai de la même année le commissaire-général du Département le nomma membre de la

commission chargée de vérifier les plaiotes portées contre les ci-devant Maires, les receveurs des contributions et les employés forestiers.

1815, le 19 janvier, le gouverneurgénéral du Bas- et Moyen-Rhin le désigna chef de bataillon de la milice bourgeoise. — Et la môme année il fut porté sur la liste des notables que le roi des Pays- Bas avait appelés à émettre leur vœu sur le projet de loi fondamentale pour le nouveau royaume des Pays-Bas.

1816, le 12 juillet, il fut nommé membre de la commission chargée d'élaborer un projet de règlement pour les administrations municipales du Grand-Duché de Luxembourg. — En 1816 et 1817, il fut membre du comité central de. secours créé pendant ces années désastreuses où il y a eu tant de misères a soulager.

1817, le 20 octobre, le roi des Pays- Bas le nomma Bourguemaitre-Président de la ville.

1819, le 23 février, il fut continué dans la même dignité.

1820, le 2 septembre, il obtint la signature par intérim du Sous-Intendant en congé.

1824 , le 13 mars, le roi le nomma échevin de la ville.

1825 j le 9 septembre, le Gouverneur Willmar le désigna pour remplir par intérim les fonctions du commissaire de district en congé.

1826, il s'associa aux membres de la société d'encouragement pour la propagation et le perfectionnement de l'instruction élémentaire dans le Grand-Duché.

1827, le 22 avril, il fut nommé par le Roi Bourgmestre de la ville de Luxembourg et continué dans ces fonctions, sans interruption jusqu'en 1844.

1841, le 3 octobre, le Roi Guillaume II, de si chère mémoire à tous les luxembourgeois, le nomma membre des Etats du Grand-Duché.

1844, le 9 janvier, le Roi le nomma Bourgmestre honoraire de la ville ; parce que, souffrant d'une surdité qui augmentait

tous les jours par l'effet de son grand âge, il lui était devenu impossible de continuer ses fonctions de Bourgmestre effectif.

Ce nombre de commissions, toutes très honorables et qui forment en quelque façon l'historique d'un demi-siècle, prouve à l'évidence combien la vie de François Scheffer fut active; il montra aussi combien furent appréciées ses lumières et ses talents administratifs: il parait dès lors inutile d'entrer à cet égard dans d'ultérieurs développements.

Scheffer est mort le 9 septembre 1844, à l'âge de 78 ans, sans laisser postérité vivante. Sa veuve, qui a aussi son article dans cet ouvrage (v. Seyler , Anne-Barbe- Marguerite), inspirée sans doute par les généreuses intentions de son mari avec lequel elle avait passé 53 ans de sa vie dans la concorde la plus parfaite, a fait un noble emploi d'une partie de la belle fortune que ces époux avaient su réunir à force d'ordre et d'une sage économie, malgré les secours nombreux et considérables qu'à chaque occasion qui se présentait ils répandaient parmi les nécessiteux.

Les services que pendant sa longue carrière Scheffer a rendus à sa ville, à l'Etat et à la garnison fédérale de Luxembourg, furent honorablement récompensés; le 18 janvier 1838 le roi de Prusse le créa chevalier de son ordre de l'aigle rouge de la 36 classe, et le 25 du même mois le Roi Guillaume Ier lui conféra la décoration du Lion néerlandais. Finalement, le bon Roi Guillaume II le nomma commandeur de celui de la Couronne de chêne, par arrêté du 31 décembre 1843.

Notes communiquée*. — Billet mortuaire. — Relevé des titre* de la famille Scheffer. - Journaux indigènes de l'époque. — Souvenirs contemporains. — Etat civil de la vUle de Luxembourg.

SCHEFFER, Henri, fils de Henri Scheffer, orfèvre, et d'Anne-Marie Mâcher, est né h Luxembourg, le 1er mars 1697. Le 15 août 1720 il entra à l'abbaye de St. Maximin près de Trêves, où il prononça ses vœux religieux le 14 septembre de Tannée suivante et prit le nom de Père Willi-

brorde, sous lequel il a été connu depuis. Ordonné prêtre le 23 septembre 1724, il fut élu soixante-dix-neuvième abbé de ce monastère, le 21 avril 1738, et consacré dans sa propre église le 9 novembre suivant, par le suffragant de l'archevêque de Trêves.

L'abbé Scheffer s'est rendu recommandable par son intégrité, sa piété exemplaire, sa prudence et sa sage économie, son affabilité, sa sincérité dans les conseils qu'il donnait, en un mot par la perfection qu'il savait mettre dans toutes ses actions.

Il est mort subitement, le 29 octobre 1762, au sortir d'une messe de requiem qu'il venait de chanter.

▼. Stbahbbbc , Hetropolis Eccleti* Trcver., I, 568. — Etat ei? U de Luxembourg.

SchetzeLj Scketzelon, St. ou le Bienheureux; v. GHISLÂIN, St.

SCHILBERT, Jean, de Luxembourg, entra chez les cordeliers de sa ville natale oii il publia en 1617 une traduction latine de l'ouvrage de son confrère Gazée, sur les œuvres de miséricorde , sous le titre de : Sacrum misericordiœ palatium ; 2 vol. in-12°.

Nbumahn, Les auteurs luxembourgeois, 96. — Claiir, Catalogue de la Bibliothèque de Luxembourg, 94. %

SCHINBEIN, Jean-Maurice, né vers l'année 1658, se titrait de seigneur de Marbourg, fief que nous ne sommes pas parvenu à découvrir, car il n'y a pas à penser pour cela au pauvre hameau de ce nom situé dans la commune de Munshausen, lequel'ne se compose que de quelques habitations' de manœuvre et qui est d'origine assez récente.

J.-M. Schinbein est mort célibataire.

U demeurait sous l'ancienne paroisse de St. Nicolas dans la ville de Luxembourg et a été inhumé comme paroissien devant l'autel de St. Jean-Népomucène de cette église.

Nous n'avons découvert ni le lieu de sa naissance ni les noms de ses parents, ni même aucune particularité quelconque

touchant sa biographie, si ce n'est un seul acte , et celui-ci Ta rendu parfaitement digne de figurer dans notre galerie : nous voulons parler de la grande part ou plutôt de l'initiative qu'il prit dans la fondation de l'institut des orphelins à Luxembourg. En effet, il paraît que, ayant considéré l'état déplorable d'abandon dan» lequel végétaient un grand nombre d'enfants de pauvres, il avait conçu le projet de faire un fonds dont les revenus devaient être destinés à créer un établissement dans lequel seraient élevés, nourris et instruits ces êtres intéressants que l'Eternel semblait jusque-là n'avoir fait naître que pour souffrir.

Dans cette intention il communiqua ses vues à un pieux prêtre, l'abbé Jacques Stas (v. son art.), altarisle de la paroisse de Saint-Nicolas, auquel il remit à cet effet une première somme de mille écus (4,600 francs) et l'engagea à faire des démarches auprès d'autres personnes charitables de la ville afin d'en obtenir également des subsides. Jacques Stas s'empressa d'accueillir cette idée philanthropique et se mit en devoir d'organiser d'abord des quêtes au moyen desquelles il put réunir quelques orphelins qu'il entretint ainsi pendant plusieurs années, les instruisant dans la religion , la lecture, l'écriture et l'arithmétique. L'établissement naissant n'ayant pas tardé à prospérer, l'abbé Stas se trouva en état de présenter le 6 mai 1727 au magistrat de la ville un projet d'organisation pour la maison des orphelins, lequel fut accueilli par la nomination d'un commissaire administrateur choisi parmi les échevins. Jean-Maurice Schinbein mourut sur ces entrefaites le 19 juillet de la même année 1727; et, bien qu'il ne nous ait pas été donné de voir son testament qui existe, nousavonfr, par la lecture des autres titres relatifs à cette philanthropique institution, acquis la certitude qu'il lui légua plusieurs autres capitaux même assez importants, puisque dans les patentes impériales de constitution légale dont nous parlerons plus bas,

il est fait mention de l'agréation d'une fondation d'anniversaires semainiers en faveur da fondateur et premier bienfaiteur , nominativement désigné.

Il paraît que depuis 1727 jusqu'en 1755, •date des patentes dont il vient d'être question , la maison des orphelins continua à être administrée par un président prêtre, peut-être l'abbé Stas lui-même, sous la surveillance d'un échevin du magistrat, et entretenue an moyen des charités que le directeur de même que les orphelins quêtaient dans la ville. Des aumônes ultérieures sont ensuite venues affermir la première fondation au point que la Justice de la Tille ayant acquis assez de capitaux dans -cette intention pour pouvoir assurer son existence, s'est adressée à l'Impératrice- Reine, la grande Marie-Thérèse, à l'effet d'obtenir l'amortissement de la maison acquise, de la chapelle et du jardin y contigus, destinés au logement des orphelins.

Les Lettres-patentes à ce nécessaires, datées de Vienne, le 29 juillet 1755 et signées par l'Impératrice , portent que : « voulant seconder un dessein si louable, «Sa Majesté de l'avis du Gouvernement «général des Pays-Bas et ouï le Conseil « suprême a permis, octroyé et acte cordé l'amortissement nécessaire pour «les biens déjà acquis et pour ceux à- « acquérir, jusqu'à concurrence de six mille « écus de propriétés foncières, et de rentes « à concurrence de la même somme (ainsi « à raison de 27,600 frs. , monnaie* mo- « derne de biens fonds , et 27,600 frs. « en capitaux, donnant 1380 frs. d'intérêts «annuels), pour l'entretien des dits orphe- « lins dont le nombre était primitivement « fixé à quatorze garçons qui devaient être «uniformément habillés. Ils ne pouvaient «y être admis avant l'âge de six ans ni y « séjourner après leur dix-huitième ou dix- «neuvième révolue. Ils habitaient l'éta- « blissement , y assistaient à l'office divin « et y recevaient l'instruction d'un prêtre « idoine attaché à la maison ; c'est-à-dire « qu'ils apprenaient à lire , ht calculer , à «écrire et le catéchisme. Plus tard ils

« étaient mis en apprentissage et on leur « donnait le métier qu'ils choisissaient ou « qui leur convenait. Les maîtres les re- « cevaient gratuitement et le certificat d'ap- «titude leur était de même délivré sans «frais. S'ils voulaient, après les années «d'apprentissage, rester chez le même « maître , celui-ci ne leur payait que dix «florins d'or de gages. Lorsqu'ils quit- « taient rétablissement , on les habillait à « neuf et on leur fournissait un trousseau.»

« Plus tard , lorsque l'établissement au- « rait acquis plus de revenus , des filles « orphelines ou pauvres pouvaient y être « admises également ; mais elles restaient « entièrement séparées des garçons. »

« Ces orphelins étaient autorisés à aller « quêter pour leur subsistance , au moyen « de troncs dont la clef était déposée chez le « mambour ou directeur, qui était en jnéme « temps receveur de l'établissement, mais « sous le contrôle d'un échevin de la ville. »

L'institut des orphelins existe encore à Luxembourg, et ses revenus sont augmentés sans doute ; il est du reste parfaitement dirigé; mais la reconnaissance publique avait oublié jusqu'au nom de son vertueux fondateur, Jean-Maurice Schinbein qui , non content de l'avoir créé , a voulu par son testament lui léguer des capitaux pour son entretien, n'attachant à ses libéralités que la charge de deux messes semainières à son intention, le mercredi et le vendredi, à lire dans la chapelle même de l'établissement, et auxquelles devaient assister les pensionnaires : Nous ne savons si cette pieuse disposition est encore exécutée.

Voici du reste une copie de l'acte mortuaire du fondateur qui n'a pas eu le bonheur de voir sa fondation consolidée. Ce titre rappelle également, mais en trèspeu de mots, l'acte qui a rendu J.-M.

Schinbein recommandable aux habitants de Luxembourg:

«19 Julii 1727, Joannes Mauritius « Schinbein, liberi status, daM in Marbourg, «ecclesiae sacramentis pie susceptis com «plena et sancta resignatione et disposi-

« tiooe quadrante ante octavam matutinam « pie in D"° obdormivit et postridie sepultttos fait in n" templo coram altare S. « Jois nepora. œtatis 69 annorum, pupil- <( lorum benefactor primus. »

Nous avons cru remplir un devoir patriotique en consignant ici le bienfait et le nom du bienfaiteur.

Lettres-patentes de fondation de la maison des orpnelifts à Luxembourg ; copie authentique. — Registres do magistrat de Luxembourg. — Registre mortuaire de la paroisse de 8t. Nicolas. — Notes de Hv Warsa, Secrétaire communal de Luxembourg.

SGHLEIDÂN ou Sleidan, Sleidanus, Jean, dit aussi de Schleiden du lieu de sa naissance, se nommait à proprement parler Philipson , disent quelques auteurs qui n'ont pas fait attention que cette appellation n'est qu'un mot composé qui signifie simplement : Fils de Philippe.

Né à Schleiden, en 1506, il adopta le nom de cette ville, Schleiden, Sleida, pour son nom patronymique , suivant la mode de cette époque. Son père, homme pieux et estimé, mais n'ayant qu'une fortune très modique , se pommait Philippe, et sa mère Elise Vanhulter, native de Call. Jean Schleidan avait six autres frères et sœurs que les vieilles chroniques et la tradition locale disent avoir été bien établis.

Jean de Schleiden fréquenta jusqu'à l'âge de treize ans l'école de Jean Neubourg, à Schleiden même , avec son compatriote Jean Sturm (v. son art.). Plus tard il alla continuer ses études à Liège. Après trois ans de séjour dans cette dernière ville, ses parents le rappelèrent pour le placer à l'université de Cologne ou il s'occupa principalement avec les classiques anciens. Il publia quelque temps après des épigrammes dans lesquelles il prit pour la première fois le nom de Sleidanus. En même temps que Sleidanus quittait Liège pour se rendre à Cologne, son compatriote Sturm allait à Louvain. Pendant un voyage que ce dernier fit un jour à Strasbourg il voulut visiter son ami Sleidan et le trouva malade. A son retour il lui persuada

de l'accompagner à Louvain oii il le confia à un habile médecin qui lui rendit bientôt la santé. Il y avait à peine six mois que Sleidan était à Louvain lorsque Thierry IV, comte de Schleiden le rappela pour lui confier les fonctions de Gouverneur de son fils. Après qu'il eut occupé ce poste pendant quelques années, la vie de cour commença à l'ennuyer et il demanda son congé pour se rendre à Paris où il retrouva son ami Sturm. Il quitta encore bientôt cette ville pour aller à Orléans oh il s'adonna avec tant de succès à l'étude du droit qu'il se trouva bientôt en état de demander le degré de licencié dans cette faculté, bien qu'il n'eût aucune intention de se livrer jamais à la pratique de la jurisprudence. Sa branche favorite fut toujours la langue latine ; mais l'étude approfondie qu'il en avait entreprise ne lui fit pas négliger celle du français avec lequel il se familiarisa même au point de pouvoir plus tard traduire plusieurs ouvrages français en latin.

Après un séjour de trois ans à Orléans il retourna à Paris où il commença à enseigner dans une école dirigée par Sturm : son ami l'introduisit entretemps chez le cardinal Jean de Belley qui le prit en affection et lui accorda même une pension. On était arrivé à cette époque où les discussions religieuses divisaient tous les cœurs ; et Sleidan adopta la doctrine de Luther. Cette circonstance le força & quitter Paris en 1537, Hartzheim dit 1531, et à se réfugier à Strasbourg où il fonda une nouvelle école latine. Trois années plus tard il se rendit à la diète de Hanau avec l'envoyé de France : il avait peu de temps auparavant reçu le brevet d'interprète du roi François Ier; et la suivante il fut envoyé par le même monarque aux conférences de Ratisbonne en qualité d'ambassadeur. En 1542 il se fixa définitivement à Strasbourg, après qu'il eut obtenu une chaire de droit à l'université de cette ville, et il s'y distingua par la lucidité qu'il mettait dans ses raisonnements, la force de ses conclusions et sa science dans l'exposé

des matières qu'il avait à traiter. Il fit dans cette ville la connaissance de beaucoup d'hommes distingués, entr'autres du célèbre Bourgmestre Jacques Sturm de Sturmeck, qui lui persuada de faire un recueil de tous les événements qui s'étaient passés depuis le commencement de la Réformation , sous le règne de l'empereur Charles-Quint, tant sous le rapport religieux que sous celui du civil. Sleidan se mit à l'œuvre, et ce fut la le canne vas de son célèbre ouvrage historique intitulé : De statu religionis et reipublicœ Germanorum, imperante Carolo V, ab anno 1517 ad annum 1555. Cet ouvrage, en 26 livres, lui acquit une si grande considération, qu'en 1545 les princes protestants confédérés l'envoyèrent en qualité de leur député vers le roi d'Angleterre pour reconcilier ce prince avec le roi de France. Pendant ce voyage Schleidan fit à Metz la connaissance d'une dame très respectable , nommée Iola , fille de Jean Braun de Niedbruck et dont il parvint à se faire aimer. Il l'épousa l'année suivante et vécut avec elle pendant neuf ans dans les douceurs d'une heureuse alliance qui le rendit père de trois filles*

À son retour d'Angleterre les princes confédérés lui conférèrent le titre de leur historiographe auquel ils attachèrent un beau traitement et mirent leurs archives à sa disposition pour lui aider a continuer son ouvrage historique. Lorsque la défection de Jean-Frédéric, électeur de Saxe eut, l'année suivante fait dissoudre la confédération de Smalkalde et que conséquemment l'emploi de Sleidan fut venu à cesser, la ville de Strasbourg lui accorda uqe pension pour l'engager à terminer son histoire.

Le sénat de cette ville le consultait dans toutes les affaires les plus importantes. En 1551 la même ville le députa au Concile de Trente où il s'acquit beaucoup d'estime auprès des prélats qui composaient cette assemblée; et il n'a pas tenu à lui que les Pères réunis n'admissent les théologiens protestants aux conférences,

ce qui eut été l'unique moyen possible pour rétablir l'entente dans l'Eglise et mettre fin à un schisme qui, raffermi par l'obstinction des deux partis a pris depuis des racines trop fortes pour qu'il soit permis d'espérer de le voir s'éteindre un jour: c'était bien alors Yoccasio prœceps qu'il eût fallu saisir. Schleidan était en bonne voie de négociation sur ce chapitre lorsque l'électeur Maurice de Saxe déclara la guerre à l'empereur et força par là le Concile à suspendre momentanément ses travaux: A la reprise des délibérations, l'apôtre de la réunion moyennant des concessions réciproques et raisonnables n'était plus là pour plaider en faveur de sa motion , et le mal devint irréparable.

Quelque temps après son retour à Strasbourg Sleidan fit encore partie de la députation que cette ville envoya vers Henri II, roi de France, qui pendant sa campagne en Allemagne avait exigé qu'elle lui fournît des vivres. En 1556, après une année de veuvage, il fut atteint d'une maladie dangereuse, quelques auteurs disent que c'était la peste tandis que les autres croient avec plus de fondement peut-être qu'elle provenait de ce qu'il aurait par imprudence laissé tarir une suppuration qu'il portait à la cuisse. Toujours est-il vrai que cette affection lui ôta la mémoire tellement qu'il oublia jusqu'aux noms de ses propres enfants. Il mourut dans un marasme complet, le 31 octobre de cette même année 1556, entre les bras de Sturm , son fidèle ami, ayant à peine atteint sa cinquantième année, et sincèrement regretté du monde savant.

Son principal ouvrage est celui que nous avons cité plus haut. Cette œuvre est écrite avec tant de profondeur de pensées, tant d'impartialité, une si grande connaissance de la matière et avec un style si contant, si précis, qu'elle est devenue classique, et que presqu'aussitôt après sa publication elle fut traduite en plusieurs langues. Elle conservera même toujours un vrai mérite d'impartialité aux yeux des historiens et des lecteurs, non prévenus, malgré les déclamations de l'abbé de Feller et de quel-

ques autres auteurs ultra auxquels il suffit très souvent, pour condamner un livre, de savoir qu'il a été écrit et publié sans avoir été préalablement soumis aux coups de ciseaux de leur censure. Et ceci est si vrai, que nous avons ici pour nous le jugement du Pape Paul IV et celui de l'empereur Charles-Quint lui-même, qui a dit après l'avoir lu : « ou bien l'auteur a « été notre Conseiller intime » — ce qui n'était assurément pas le cas — , « ou bien « nos Conseillers ont divulgué et trahi ce nos affaires les plus secrètes. » — ce qui encore n'était pas vrai.

Cet ouvrage de SIeidan a été continué par Pantaléon, Àrthusius, Lundorp et Schadœus, qui cependant n'ont égalé SIeidan ni en lucidité dans les idées, ni dans le style , ni dans la profondeur des jugements. Toutefois, pour rester dans le vrai nous devons ajouter que, pour juger l'œuvre de SIeidan il faut en lire la première édition , celle qui a été faite sous les yeux mêmes de l'auteur ; car les suivantes ont été tronquées par les protestants qui en ont supprimé les tirades favorables aux catholiques.

SIeidan, qui s'est constamment rendu recommandable par sa prudence, sa sagesse et son éloquence, a écrit en outre : z. De quatuor summis imperiis , babylonico, persico, graeco et romano, libri très ; ouvrage qui en 1837 avait eu cinquantecinq éditions. — 5°. Opuscula. — 4°. De capta Buda aSolimanno, anno 1542. — 5°. La traduction latine des mémoires de Commines, de Froissard, ainsi que de la République de Platon et de la Grande monarchie de France, par Claude Seyssel.

HAftTZBBtM , Bibliotheca coloniensis, 199. — Babscs, Eiflia illustrât», I, p. ait 799, sq.$ et III, 1, i, i27,sqqq.-Hoasai, VI, 485; Snppl. III, 778- Conrersations-Lexicon, 1884, X, 481; 1846, II, 1485. — Butiolbt, VIII, 19». — db Fille* , Dictionnaire historique; litt S. — D. Calhbt, Biblioth. Lorr. — Kullbkbsbg, Gesehichttiche Mîtthettangen «cher die eYangelische Gemeinde su Schleiden. — PiEaiET, I, fol. LXXV. — Goubtib, Encyclopédie moderne, XXI, 142.— Biographie universelle, XLII, 482, tqq.— Nbomabm, Les auteurs luxembourgeois, 14.

Schleiden, Jean de; ▼. SCHLEIDAN, Jean.

SCHMID, Gérard, dit Faber, né dans la maison Bartz k Arzfeld, au cercle moderne de Prum, se voua à l'état ecclésiastique et fut nommé curé de Waxweiler, en 1659. Peu de temps après il devint définiteur, et enfin doyen de Kyllbourg et de Bittbourg.

En 1690 il fonda dans sa paroisse un bénéfice de primissaire, sous le titre de Sainte Anne , et le dota généreusement : cette institution fut approuvée le 26 mai suivant par l'autorité ecclésiastique.

En 1697 le curé Schmid dit Faber résilia sa paroisse en faveur d'un fils de son frère, Jean Schmid dit Faber, en latinisant son nom, demeurant à Lauperath, et se retira dans la maisou qu'il avait fait bâtir pour le primissaire. Le 7 avril 1703 il rédigea son testament par lequel il érigea une riebe fondation de bourses d'études en faveur de sa famille et des enfants pauvres de la paroisse de Waxweiler. Il est mort le 8 septembre 1710. Suivant cet acte il doit y avoir quatre boursiers de la famille du fondateur et deux étudiants pauvres de la paroisse de Waxweiler , touchant annuellement , les premiers, 36 écus ou 165 francs, 93 centimes ; les derniers 16 écus ou 91 francs 75.

Les boursiers de la famille jouissent du bienfait depuis leur entrée dans les classes latines jusqu'en philosophie. Ils peuvent ensuite fréquenter les cours de théologie pendant trois ans.

Les sujets pauvres de Waxweiler au contraire, ne conservent la jouissance que jusqu'à la fin de la philosophie.

Les revenus ainsi affectés par le généreux curé ayant été parfaitement administrés, la fondation s'est considérablement accrue, à tel point qu'aujourd'hui elle peut suffire à 24 boursiers, lesquels tous jouissent d'émoluments plus forts que ceux fixés par le fondateur.

H. F. Scbwicuath, curé à Waxweiler, brochure contenant les renseignements historiques snr la fondation Faber. — Kolts, Mannel des fondations de bonnes d'études, 40* à 466.

SCHMIT, Jean-François, connu plus tard sous le nom de Schmit-Bruck , était fils de Jean-Pierre Schmit, notaire, et de Susanne-Marguerite Vallet ou Valette, demeurant à Bivange, commune de Rœser.

J.-F. Schmit est né à Luxembourg, le 27 juin 1777, et eut pour parrain son grandoncle maternel , Jean-François Boch, l'un des fondateurs de la faïencerie des Sept- Fontaines (y. l'art. Boch, les frères).

Le jeune Jean-François Schmit venait de terminer ses études au collège royal de sa ville natale lorsque le blocus de cette forteresse par l'année de la République française vint demander son bras pour aider à défendre ses pénates contre l'invasion: il entra, à l'Age de 18 ans, avec le grade de sous-ofDcier dans le corps des chasseurs volontaires luxembourgeois, formé le 21 novembre 1794, lequel, aidant la garnison autrichienne dans les fatigues et les dangers de cette défense, se couvrit de gloire par son intrépidité comme par sa bravoure.

Luxembourg, comme on sait, fut obligé de capituler le S juin 1795 et de souffrir l'introduction du régime nouveau, et avec celui-ci ses citoyens furent soumis aux lois sur la conscription militaire: J.-F. Schmit appartenait par son âge à la levée de 1798. II fut incorporé le 5 floréal an VII comme canonier dans la 2e compagnie du 6e régiment d'artillerie française à pied , dans laquelle il servit « avec hon- «neur et probité» jusqu'en 1800. Il était même passé sergent lorsqu'il obtint à Douai, le 16 messidor an VIII, son congé définitif, «parce qu'il se trouvait «dans le cas de l'art. 3 de l'arrêté des «Consuls du 7 floréal an VIII (c. à. d. «en qualité de conscrit de l'an VII, « comme domicilié dans l'étendue du dé- « parlement des Forêts et s'étant présenté « avant le 1er prairial au Bureau du préfet « dudit département à l'effet d'obtenir son « congé après avoir déposé dans la caisse du «receveur-général la somme de 300 frs.»

(textuel).

Revenu dans ses foyers il entra en 1801

comme surnuméraire dans les bureaux de l'administration des domaines et de l'enregistrement. Mais ayant épousé, le 20 mars 1802, dame Marie-Marguerite Schmit, sa cousine issue-germaine, veuve de Pierre Bruck, marchand-libraire (acte de décès du 3 germinal an VII) , il quitta les domaines pour reprendre et continuer le commerce d'imprimerie-librairie et la fabrication de papier à la main de la maison Bruck dans laquelle il venait d'entrer et dont il ajouta le nom au sien , signant Schmit-Bruck. Il se livra à ces deux industries jusqu'à son décès.

Pendant sa longue carrière industrielle ses ouvriers le considérèrent toujours comme un père. Aussi le méritait-il: il était bon, indulgent à leur égard et il s'imposait souvent, dans des temps difficiles, de pénibles sacrifices pour ne pas les laisser sans ouvrage.

Le 1er septembre 1804 il fut nommé membre du Conseil municipal de Luxembourg , secrétaire du Buroat} de Bienfaisance, pendant sept ans, et membre de la Commission d'études du Collège municipal.

Le 15 juillet 1811, le Conseiller d'Etat, Directeur-général de l'imprimerie de l'Empire français lui accorda le brevet d'imprimeur qui était exigé pour pouvoir imprimer les placards et les fournitures du gouvernement départemental.

En 1812 et 13 il fut désigné major d'un bataillon de la garde nationale sédentaire.

Pendant le bocus de 1814 le typhus s'était déclaré à l'hôpital militaire et y faisait de terribles ravages : J.-F. Schmit- Bruck fit partie de la Commission que la municipalité chargea de rechercher et d'exécuter les mesures sanitaires convenables pour s'opposer aux progrès de la contagion ; et il ne fut pas le moins actif des membres de cette commission qui, au péril de leur vie présidèrent aux travaux jugés nécessaires dans l'occurrence.

Le 22 février 1815 , le baron Schmitz- Grollenburg , gouverneur-général des Bas

et Moyen Rhin le nomma premier-lieutenant d'une compagnie d'élite de la milice bourgeoise.

Par arrêté royal du 20 octobre 1817 il fut de nouveau désigné membre du conseil de régence.

Nous avons vu que depuis son mariage, en 1802, J.-F. Schmit signait Schmit- Bruck et qu'il continua le commerce de librairie connu sous la raison Pierre Bruck. * Nous pouvons donner à cet égard des renseignements très positifs aussi bien que très honorables pour notre personnage en transcrivant ici une requête qu'il a adressée à la Députation des Etats du Grand-Duché, le 24 mars 1820. Cette pièce nous a paru de la plus haute importance pour FHistoire de l'art typographique à Luxembourg ; et le lecteur, en la rattachant aux articles consacrés dans cet ouvrage à d'autres imprimeurs luxembourgeois, acquerra une connaissance parfaite des faits qui ont trait à l'imprimerie dans la capitale du Pays. Voici ce document:

« À la Députation des Etats du Grandci Duché de Luxembourg. —Nobles et Très-' « honorables Seigneurs , — Jean-François « Schmit-Bruck , imprimeur, libraire et « fabricant de papier, désirant obtenir le «titre distinctif d'imprimeur des Etats de « la Province , a l'honneur de soumettre «l'exposé de ses droits à votre bienveillance particulière, en vous suppliant « de vouloir bien les apprécier et les ac- « cueillir favorablement.

« L'armée française sous les ordres du « maréchal de Créqui étant entrée à Lux- « embourg le 7 juin 1684, son intendant, «M. Mathieu engagea le sieur André Che- « valier, alors imprimeur à Metz, à transie férer ses ateliers à Luxembourg où il «exerça l'art d'imprimeur sous des con- « ditions aussi honorables qu'avantageuses.

« L'empereur Charles Vf ayant repris « la ville, en conservant cet établissement «donna au sieur Chevalier seul le titre « d'imprimeur privilégié.

«Anne Chevalier, veuve Meistrat, suc- « céda à son père ; et celle-ci , sans pos-

te térité , fit h son décès donation de l'im- « primerie et de ses autres biens au sieur « Perle, échevin d'Arlon. Ce riche établis- « sèment, confié à des mains imprudentes «et peu exercées, tomba en ruines. Il « allait être perdu pour la ville lorsque le « sieur J.-B. Bruck , d'un mérite éminem- « ment distingué se chargea de le relever. « Le succès ne fut pas douteux ; et c'est « de cette époque que date l'imprimerie « de Luxembourg si avantageusement con- « nue dans le commerce sous la raison des «héritiers André Chevalier.

« Ce fut sous les auspices et la direction « de ce maître célèbre que son plus jeune « frère , Pierre Bruck, forma son éducation « typographique. II s'élança dignement dans « cette carrière. L'acte du 1 1 septembre «1784 le présente comme gérant pour « son propre compte cette vaste entreprise. «Une redevance annuelle de trois cents «Louis stipulée en faveur des héritiers, « en constate l'importance. C'est vers ce « temps que fut imprimé le Journal lilté- «raire du savant Père de Feller qui « comptait dans le nombre de deux mille «cinq cents abonnés toutes les têtes cou- «ronnées de l'Europe. Par un accord sub- « séquent les productions de l'imprimerie « devinrent en grande partie la propriété «du Sr Bruck qui mourut en 1799, lais- « sant une veuve avec trois enfants , dont « un fils. Trois ans après l'exposant épousa « cette veuve et continua le commerce sous « la raison de SchmiL-Bruck. Il augmenta « ses magasins du restant des livres de « fonds et joignit à son imprimerie avec «les spacieux bâtiments, la partie la plus « précieuse de l'atelier des héritiers André « Chevalier. C'est ici que cet établissement «si renommé, sans rien perdre de son «importance et de sa position, voit dis- « paraître le nom sous lequel il avait été «si longtemps accrédité.

« Ce narré exact et fidèle repose sur «des actes authentiques qui pourront être «produits sur la simple demande.

«Jaloux de maintenir la réputation si «justement acquise de ses prédécesseurs,

« le soussigné n'a cessé jusqu'à présent « par son application et son amour pour « tout ce qu'il y a de bon , de grand et «d'utile, de donner à son art tous les « développements dont il est susceptible, «et à son établissement la consistance d'une « maison solide et respectable.

« Désirant conserver à son beau-fils, seul « rejeton de cette famille Bruck si distinguée, ses relations de commerce, le « réclamant s'est placé à la tête de neuf « ouvriers, d'une papeterie et d'une librai- «ric qui occupe journellement neuf re- «lieurs, tout ce travail dirigé par ses soins. a II invoque avec confiance le témoignage « flatteur qu'il ose espérer de Vos Seigneu- « ries pour obtenir d'Elles la permission « de prendre le titre d'Imprimeur des Etals « du Grand-Duché de Luxembourg.

(dl n'est mù dans cette circonstance « par aucune vue d'intérêt particulier. Ente tièrement satisfait de la part de confiance «que Son Excellence le Gouverneur lui <c accorde dans la distribution du travail, « sa reconnaissance ne saurait jamais s'af- « faiblir, quelque soit le résultat de sa «demande; seulement il ambitionne un « titre purement honoraire qui conserve à « sa maison et à son beau-fils une marque « de la prédilection et de la faveur que son «établissement paraît avoir méritées.

« Il est avec le plus profond respect, de « Vos Nobles et Très-Honorables Seigneurs « le très-obéissant serviteur : J.-F. Schmit- « Bruck. — Luxembourg, le 24 mars 1820.»

Cette demande fut accueillie dès le 28 du même mois, et l'impétrant autorisé à prendre le titre (TImprimeur dis Etats du Grand-Duché de Luxembourg.

Le 13 mars 1824, à la nouvelle organisation des conseils de régence il fut derechef nommé membre de ce conseil à Luxembourg.

A l'organisation des gardes communales il a, par arrêté royal du 22 avril 1828, été nommé premier capitaine de ce corps et prêta le 12 mai le serment requis en cette qualité. Cependant, après les événements politiques de 1830, comme cette

institution semblait ne plus présenter aucun but, il donna sa démission de son grade, laquelle fut acceptée par arrêté du 17 mai

Le 1er janvier 1833 il fut nommé premier échevin de la ville.

Le 30 octobre 1841, J.-F. Schmit-Bruck fut compris, pour représenter le canton de Luxembourg , dans la première nomination des Etats du Grand-Duché , que S. H. Guillaume II s'était réservée par l'art. 3 de son arrêté du 16 octobre de la même année.

Par arrêté royal grand-ducal du 23 juin 1843, il obtint la décoration de l'ordre du - Lion néerlandais.

Enfin, par un autre arrêté , en date du 15 décembre 1843, il obtint une nouvelle nomination comme membre du conseil communal de Luxembourg.

J.-F. Schmit-Bruck, qui était en outre président du conseil de fabrique de l'église primaire de N.-D. et membre des confréries des marchands ainsi que de Ste. Anne, est mort le 19 décembre 1855, à l'âge de 78 ans.

Bien qu'en 1802, comme nous Pavons dit à l'article Lamort, Jacques, une seconde imprimerie eût été établie à Luxembourg pour la publication des actes de la préfecture, l'établissement typographique de la famille Bruck, que J.-F. Schmit avait repris ne prospéra pas moins, parce que la librairie qui y était jointe et qui était alors l'unique magasin de cette nature à Luxembourg, débitait toutes les fournitures du collège municipal ainsi que celles des écoles primaires; aussi, et principalement le fond des auteurs classiques latins et français alors en usage dans l'enseignement humanitaire et qui avaient été réimprimés par les soins de Pierre Bruck, ayant été rapidement épuisé, J.-F. Schmit- Bruck s'occupa à en tirer de nouvelles éditions qui se font généralement remarquer par leur correction; tels sont: les fables de Phèdre, l'Epitome historiae sacra de Lhomood, le De Viris du même auteur, Eutrope, Quinte-Cecree, quelques Corné-

dies de Térence, des Discours de Cicéron, le De Senectute et De Amieitiâ du même, les Odes d'Horace , les grammaires latine de Brader et française de Lbomond ainsi que cette de Mtidinger, des Abcdaires, la grammaire latine de Clomes, Joachim et Wolff, César, Tacite (de Moribus Germanorum), des ouvrages de classe contemporains , rédigés par des professeurs, etc., etc. Il imprima aussi, exclusivement jusqu'en 1837, les programmes des distributions de Prix h l'athénée, et y prenait le titre d'imprimeur-libraire de cette institution.

Titre* originaux, communiqués par Mr. Sicca, a yocat-a roué , à Trêves. — SouYenin. — Renseignements fournis. — Etat civil. — • Journal < La Revue, da 95 déc. 1868. — Arch. du Gouvernement.

SCHMITZ, Jean-Hubert, est né à Dackscheid au cercle actuel de Prum, le 10 juillet 1764. Après avoir achevé ses humanités il alla étudier la théologie et fut fait prêtre. Il obtint d'abord le vicariat de Nieder-Stattfeld oh il séjourna de 1789 à 1805. Nommé ensuite curé à Dockweiler il conserva cette paroisse pendant trenteun ans et jusqu'à son décès, arrivé le 3 août 1836, à l'âge de soixante-douze ans.

Le curé Schmitz fut un de ces prêtres éminemment pieux , instruits et éclairés qui savent apprécier la véritable étendue du ministère pastoral. Donnant tout son temps à l'instruction et au bonheur de ses paroissiens , il leur enseignait à l'Eglise la loi de l'Evangile, leur apprenait à s'entreaimer, à se secourir mutuellement et à s'éviter les uns aux autres les dommages . comme les scandales. Dans la vie publique et privée , il les instruisait h mieux cultiver leurs terres afin d'en retirer de plus riches moissons , à élever et à soigner les arbres donnant les meilleurs fruits. À l'école il apprenait h la jeunesse à aimer l'instruction qui anoblit l'âme et en extirpe les mauvais penchants : sous ce dernier rapport les fonctions d'inspecteur cantonal des écoles donnaient plus de poids à ses exhortations. Au lit du malade il devenait le ministre du Dieu de patience et de miséricorde qui sait infuser la con-

fiance et la consolation dans Pâme du souffrant. Mais ce qui doit davantage encore relever Schmitz aux yeux de l'Histoire, ce furent les efforts infatigables qu'il mit à déraciner dans son village et les contrées voisines le préjugé absurde qui s'opposait à la propagation de la vaccine comme moyen préservatif contre une des plus désolantes affections qui, si elle n'enlève pas le malade, le rend très souvent estropié ou au moins le laisse défiguré. II savait parfaitement la justice du principe proclamé par la Sorbonne : Ce qui peut être utile aux hommes ne peut offenser Dieu, et il en appliquait les conséquences avec ce zèle persévérant qui finit toujours par vaincre les obstacles, en inoculant luimême le fluide vaccin sur des milliers d'enfants. Aussi le peuple , éclairé peu à peu par les lumières de l'expérience, finitil par reconnaître les bienfaits qu'il devait à ce respectable ecclésiastique auquel son souverain avait d'ailleurs décerné l'ordre de l'Aigle rouge comme marque de gratitude pour ses mérites.

La reconnaissance publique éleva au vénérable curé Schmitz une tombe remarquable, sur laquelle une main amie a inscrit cette épitaphe qui est bien destinée à conserver la mémoire de celui qui en est l'objet :

A la face antérieure?

« Johann-Hubert Schmitz, 31 Jahre «Pastorin Dockveiler, Definitor, Schul- «inspector, Ritter des Rothen-Adler-Or- « dens , und Mitglied mehrerer gelehrten « Gesellschaften , geboren den 10 July «1764, gestorben am 3 August 1836.»

« Er rube in Frieden. »

A la face postérieure:

« Er war der waermste Menschenfreund « und eifrigste Befœrderer ailes Gemein- «nuetzigen. »

Sur les cotés, ces textes bibliques:

« Was der Mensch saect , das wird er œrn-

ten.»

«Den Baum erkennt man an seinen Fruech-

ten. »

Bmki, Eiflin illustrât*, III v II, i, 26. — Notes communiquée*.

SCHONBERG, Schemberg ou Schœmberg, Beaumont, de Bellomonte, Henri- Otton de, florissait pendant le premier tiers du dix-septième siècle. 11 naquit à Luxembourg comme son frère Jean-Charles (v. son art.) , et prit part k la guerre de trente ans, dans les rangs des catholiques. En 1631 il avait le grade de général d'artillerie à la bataille de Leipsic, et avait été créé comte par l'empereur Ferdinand H , 4vec son frère (▼. l'art. Jean-Ch. de Sch.)

Schonberg , famille originaire du Palatinat portait: d'argent, à l'écusson de sable , à l'escarboucle pommetée et fleurdelisée d'or , brochant sur le tout. Cimier : un chien braque de sable.

L'auteur du manuscrit des Yiri illustres a consacré à ce grand guerrier la notice que nous allons transcrire : « Otto Hein- «ricus Cornes a Schœnbergh dominus in « Bertringen , Metzig , Rolle , etc. , natus «r Luxemburgi , supremus Bellicarum ma- « chinarum pro Ligà catholicâ prafectus , « Tribunusque 1000 Cataphractorum equi- «tum sub Tillio — Tilly — , omnium «hujus victoriarum ab exordio comilito « et sine quo iste non pugnaret. Cassas in « pugnâ ad Lipsiam, de peccatis per sa- «cramentum pœuitentias expiatus aute « mortem, gratià B. Mariae Virginis , cujus « imaginem singula labara singularum tur- « marum suae legiouis exhibebant. »

Vin illutres, II, N* iW. — Bnmur, VIII, 196. — UIvblmo, 59. — Paqow, 63. — Uhcbmwjce.

SCHONBERG ou Schœnberg, Jean de, est mentionné comme sait dans le manuscrit des Viri illustres: «1592. Joannes «de Schonberg, dominus in Hartelstein «quod advocatiae Luxemburgensis , in eo- «demque natus, Archiepiscopus Trevi- & reusis, S. R. I. Princeps Elector, Collegii « Confluentini Societatis Jesu fundator. »

La biographie de ce prélat ne comporte pas de grands développements parce qu'elle ne renferme pas de ces actions d'éclat qui font grand bruit dans le monde ; cependant elle montrera une partie de ces horreurs auxquelles donne souvent lieu une

triste aberration de l'esprit humain lorsque, dominé par la superstition il permet à la faiblesse de prendre sep ejsor.

Jean de Schonberg, Schoepberg, ou comme les Gestes de Trèvfs écrivent:

Schonenburg, est né en 1525 , k Hartelstein, seigneurie qui appartenait à sa fa* mille. Son père , qui se nommait Joachim de Schonberg , était baillj de Scbœuecken. Jean était prévôt du chapitre de Trêves et Recteur magnifique de l'Université de la même ville sans cependant être prêtre, lorsqu'au mois de mai 1581, il fut choisi par le chapitre pour succéder à l'archevêque Jacques d'Eltx.

Il se hâta de solliciter à Rome la confirmation de son élection et l'envoi du pallium. Grégoire XIII qui occupait alors le Saint-Siège lui envoya l'un et l'autre; et dès lors Jean de Schonbourg se fit ordiner dans l'église des Jésuites: il avait alors 56 ans d'âge. L'année suivante il reçut l'investiture du temporel à la diète de l'empire , puis il fut sacré archevêque sous le nom de Jean VI. La même année 1582 il introduisit dans son diocèse le Calendrier réformé de Grégoire XIII.

Ses premiers soins furent donnés à l'extirpation des restes de l'hérésie que Gaspard Olevianus avait introduite à Trêves. Pour y parvenir il employa les voies de rigueur, parce que sans doute il les croyait nécessaires, puisque son prédécesseur n'avait pu y réussir par la douceur. Toujours maladif, l'archevêque Jean VI eut un règne déplorable , surtout parce que les années de disette se succédant les unes aux autres, il se trouva constamment dans la gêne, lui et ses sujets; car, disent ses biographes, pendant les dix-huit ans que dura sa prélature , les récoltes ne réussirent que deux fois, en 1584 et eu 1590. Ces calamités continues portèrent le peuple et les grands à soupçonner une cause surnaturelle malfaisante qui produisait ces malheurs; et l'on en vint à la croyance aux maléfices, aux sorciers, aux pactes avec l'esprit des ténèbres : d'où naquirent ces supplices horribles par le feu, dont

— tts —

1m historien* non» font des récite §i terribles et ai désolants. Et en effet, ces horreurs atteignirent en degré tel que bientôt il n'y eut presque plus une seule feinille dans tout le pays de Trêve*, disent les annales, qii ne complet an giûins on condamné pour ce crime imaginaire : on a été jusqu'à faire périr sur le bAeber des juges mêmes , des échevins, etc., etc., sur des accusations de ce genre !

Jean de Schœnberg aimait beaucoup les Jésuites ; et malgré que ses revenus fussent tris faillies pendant ces années calamîteuses, il fonda pour eux un monastère à Coblence. Il était stricte pour la discipline, et réforma tons les couvents de son obéissance qui étaient tombés dans le relâchement.

Il est mort à Coblence, le 1er mai 1599. Soa corps fut embaumé et rapporté à Trêves où on l'inhuma dans la tombe qu'il s'était fait construire lui-même dans sa cathédrale, près de l'autel de St. Sébastien. Lothaire de Metternich (v. son art.) , son successeur, y fit graver l'épitaphe suivante que Hasen nous a transmise :

JOANNI A SCHONENBERG ARCH1E-

[PISCOPO, Tasv. Elbctori, Fidh, Pacis et Publicjs

[rbi Studiosisso peincipi,

SaCRARUM MDIVH CULTORI

Et auctori maximo.

collbgii in confluentibus fundatori

evocato a mortalibus ad 1 mm o etales

Cal. Maii 1599, regiminis 18.

jETATIS 74.

HOC MONUMENTUM NOTiE VIRTUTI8

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