‹ Biographie luxembourgeoise: histoire des hommes distingues ..., Volume 2Chapitre 9 sur 61 · JAM PENE PERFECTUM PONBBAT · texte numérisé non relu

JAM PENE PERFECTUM PONBBAT

LOTHARIUS ANTBCESSORI SUCCBSSOR.

L'archevêque Jean VI aimait la science et les savants; il était rempli de vertu, visitait exactement son diocèse malgré qu'il fût tourmenté d'une hernie considérable.

Et comme pour ce motif il ne pouvait pas aller à cheval , que d'ailleurs il ne supportait que très difficilement les voyages en bateau , il introduisit à Trêves les voi-

tures à ressorte. Il était si modeste qu*à la diète de 1582 il se présenta avec la tenue d'nn simple curé de village. C'était un prélat très éloquent , mais surtout affable et tolérant, à tel point que plusieurs chefs protestants l'ayant connu , ne purent s'empêcher de dire publiquement que : si tous les princes de l'Eglise catholique lui ressemblaient, ils ne feraient pas de difficulté pour se ranger sous leur discipline. Enfin il corrigea l'ancien Bréviaire de Trêves et en fit publier une nouvelle édition.

Virî itlnstrti , I, N° 40. - Getta TreYÎrorain, in, 47 ad 88. —A» Hoimm, Historia Trevirenti* diplomatie», II, JMM.— Btowaa, Anoalea Trerireaaea, II, 418 ad 430; 4*7. - Mata*, 086 ad 698. B«asca, Eiflia illustrata, I, p. ait 1001; II, p. ak. 976.

SCHONBERG, Jea*-Charle$ de, est né , dit-on , à Luxembourg et était neveu de l'archevêque Jean VI do*t l'article précède. L'auteur du manuscrit des Yiri illustres donne sur ce personnage un article assez long que nous allons transcrire:

«1636. Carolus a Schœnbergh Luxem- «burgensis una cum fratre Ottone-Hein- « rico creatus a Cœs. S. R. I. cornes , Ds «in Schœnbergh ad Rhenum, Bertringen, « Metzig , Rolle , etc. GonsiMarius eques- « tris Luxemburgi et praposilus arlunensis, « post legationes pro rege Catholico obitas, a in Daniam et ad Comitia Imperialia Race tisbonam a Philippo IV. eques Sancti ttJacobi creatus a D° Ferdinando II, as- « sumptus in Consiliarium intimum status, « ac ad Regem Hispaniarura missus orator «aô 1634. Transiens Luxemburgo Socie- « tatis Jesu collegio una cum conjuge Ca- « tharina Poppolia de Lobkowitz Bohèmes « donavit amplissimom hàc in urbe fandum « in fundationem seminarii hodierni. Natum «ei in Hispania filium Ferdinandum-Phi- « lippum suscepere e fonte Baptismal! pro « D° Ferdinando II. Cœsare paterPaganus, « Rector collegii Vieonensis Societat. Jesu, « tune forte ibi , et pro Philippo IV. Pater crMarsellus Mastrilius , ambo Neapolitani « et ambo Societatis Jesu. Iste S. Theologi»

«Doctor, bic candidates Martyrii apud «Japones obiti. Cornes iste mortuus et «sepuUus Madridii, aô 1639, et filius « Ferdinandus aliquot annos post , ex va- «ticinio PatrisMastrilii, jamNartyris, se- «cutus patrem.»

Cet article peut être complété au moyen des notions suivantes : Charles de Schœnberg a été créé comte par l'empereur Ferdinand IL Outre les terres qui sont dénommées plos haut, et dont il était seigneur, on doit citer celles de Naves, Chinnery, Montquintin , Montigny , le Saulcy et Newenbeim : le Metzig de notre manuscrit est Messancy dans le Luxembourg belge, chef-lieu de canton moderne.

Quant à la donation qu'il fit en faveur du séminaire futur à attacher au collège des Jésuites de Luxembourg, voici ce que nous lisons dans l'intéressante dissertation sur cet établissement, rédigée par M. le Professeur Namur, que nous avons déjà si souvent citée au nombre de nos sources : «Le 6 juillet 1636, Jean-Charles comte «de Schœnberg fit, de concert avec son « épouse , donation au Séminaire, du Rol- « linger-Hnf — Hôtel de la famille de JRa- « tille — , situé près de l'ancienne porte « d'Arlon — ou des juifs — afin d'y conte struire un local convenable pour le logece ment des séminaristes.

« Il voulait participer à la gloire de la « fondation de eet établissement ; et bien «que sa donation fût peu de temps après « réduite à presque rien par des circons- « tances qu'on ne pouvait prévoir alors, «et que dans le courant d'une dixaine «d'années, tout au plus quatre ou cinq «élèves aient pu en jouir, le comte de «Schœnberg a acquis des droits incon- « testables à la reconnaissance de la patrie.

« Voici la teneur de l'acte de sa dona- « tion.

« 1# Nous cédons par donation entre- « vifs au collège de la compagnie de Jésus « à Luxembourg , pour y construire un sé- «minaire dans lequel seront élevés des «jeunes gens aptes à l'état ecclésiastique, « les maisons, places , jardins et fonds à

« nous appartenant et nommés le Rollinger- «Hof, situés près de l'ancienne porte « d'Arlon , aboutissant vers le nord k la « rue qui se dirige en ligne directe sur la- «dite ancienne porte — c'est- la rue des a juifs — ; vers l'occident h la voie qui «longe les remparts; vers le sud à la «ruelle qui est contre la maison du rece- « veur-général, et vers l'orient à la maison « enseignée la Couronne — la maison Bout « douin actuelle»

Il s'agit donc du paie sur lequel est construite de nos jours ïa caserne dite de la rue des Juifs.

«2° Nous cédons de même nos droits «à ladite maison nommée à la couronne « — la maison Baudouin.

«3° Nous nous réservons néanmoins « les corvées dont sont chargés nos sujets «de Strassen, pour le Rollinger-Hof.

«4° Nous donnons de même au profit «du séminaire le jardin devant la neuvece porte-haute de cette ville, joignant d'un «côté la porte et le chemin public, de « l'autre le jardin Busbacb.

«5° Nous cédons au séminaire nos « droits sur un autre jardin que feu notre « mère a possédé vers la Pétrus , près des « fossés , en dehors de la vieille porte, « ainsi que quatre journaux de terre arable.

« 6° Nous consentons de plus, que les « chapelles de Kayl et de Messancy avec « leurs revenus, dépendances et apparte- « dances , dont nous avons le droit de préce sehtation et de collation, soient incorpo- «rées au même séminaire.

« En considération de quoi nous enten- « dons réserver pour nous et nos sneces- « seurs, c'est-à-dire le chef de la maison « de Schœnberg — Schonbourg — , le droit «de collation de trois bourses en faveur « de trois jeunes gens qui seront nourris «et instruits selon les règles futures du « séminaire , pour autant que les revenus « que nous y appliquons pourront suffire.

« Nous désirons de plus, être considérés « comme les fondateurs de cet établissement «et participer avec nos successeurs aux « œuvres pieuses du séminaire, auquel nous»

a recommandons le salut de nos âmes.

«Pour assurer l'accomplissement de « notre donation , nous chargeons maître «Mathias Helbergh, avocot au Conseil «d'opérer tout transport de propriété et « d'introduire le R. P. Recteur en la réelle «possession.

« Tout quoi a été accepté par le Receveur — Hubert de Wiltheim — à ce cornet parant et présent,, au nom du collège « et du futur séminaire.

« Fait en notre maison à Luxembourg , «le 6 juillet 1636.»

Cette fondation, dont le revenu n'a jamais été considérable, périt entièrement ▼ers 1674, par suite des agrandissements des forti6cations.

Jusqu'en 1669 il y a eu cinq titulaires de ses bourses. Bien que leur rapport annuel n'ait jamais suffi à l'entretien d'un seul étudiant, il paraît qu'on en a admis quelques-uns par reconnaissance pour les intentions généreuses du fondateur.

Viri ilhutres, III, H» 919.— BUaua , Dissertation •ar les fondations de bourses, XXI, tq. — Paqobt, 64.— Ungsscbuck.— Manuscrits Ciobis.— Ulvelihg,39. - Be.tholet, VIII, 195.-Pi*a»rr, I, fol. LXXV.

SCHOENECK, Schoneck ou Bellacoste, la maison de s descend , disent Bertholet et d'autres auteurs, des cadets de Vianden dont elle porta les armes : d'argent , à l'écusson de gueules.

Le castel de Schœnecken, construit sur un fonds appartenant à l'abbaye de Prura, était à proprement parler le siège des voués de cette abbaye. Les plus anciennes notions connues sur la famille de ce nom ne remontent qu'à Henri de Vianden , fils unique de Frédéric de Vianden et d'une dame de la maison de Salm en Ardenne. Frédéric était à son tour fils aîné de Henri I, comte de Vianden et de Marguerite de Courtenay; il aurait par conséquent succédé à ce dernier s'il n'était mort déjà en 1247 ou 1248 , ayant son père. Par suite de ce décès son fils Henri fut à son tour dépossédé de l'héritage paternel qui lui revenait à bon droit, par le comte Philippe I son oncle, lequel ne lui

donna pour tout bien que le château de Schœnecken avec l'advocatie de Prum.

II n'entre pas dans notre sujet de raconter ici les démarches que le jeune comte Henri fit pour obtenir sa légitime; nous nous bornerons à dire qu'il fut forcé de se contenter du castel qui lui avait été assigné, et que de lui est sortie la famille qui plus tard se disait de Schœnecken» Cette lignée guerrière s'est éteinte , paraît-il , vers la fin du quatorzième siècle.

Outre cette maison, on connaît encore plusieurs autres familles qui se nommaient de Schœnecken. L'une d'elles entr'autres, les Hurt de Schœnecken habitaient le bourg de ce nom et se sont rendus redoutables dans les environs, même aux archevêques de Trêves. D'autres de Schœnecken, auxquels Bsrsch croit que les personnages auxquels appartiennent les articles qui vont suivre sont consacrés, sortaient d'un château de même nom sur le Hunsruck , et que la lignée dynastique de ces derniers est connue depuis l'année 1 198. Cet auteur pense que Bertholet et les autres historiens qui n'admettent qu'une seule famille dite de Schœneck sont dans l'erreur. 11 ne nous est donné , faute de preuves irrécusables, ni de réfuter ni d'appuyer cette assertion: cependant nous croyons que Bœrsch est le premier qui l'ait émise.

BttTBOLKT, II, P. J. 10 et 13* IV, antè tort»* XXXV; V, 85, 149 , 1*1, 800, sq.f 996, 506, 323, 533; P. J. LIX; VI, 135, 148, 483, $*. 910, 219, 240, •*, 348; VII, 50, 121, 145» P. J. XXXI; VIII, 196.-BAitca, Eiflia illostrata, I, p. «H. 649 ad 652,* 985 ad 1005.- Nota d*é- Udefl.—NiTK», Hittoirc de Vianden, 89, tq., 104 ■d 114. — U*€M«:auc*. — PiMtiT, III, 607 «d 611, — Geste Tre virer um; paseim.

SCHOENECK , Conrad, Conon ou Cunon de, neveu des deux prélats qui suivront, fut élu évéque de Worms après le décès de son oncle Emeric (v. son art.), le lendemain de la fête de St. Laurent 1319. Il a laissé une grande réputation de science et de piété. Ce fut lui qui institua dans son diocèse, en 1320, la célébration de la Fête-Dieu. Ce grand homme est mort le 25 juin 1329, après avoir

gottterné son église pendant plus de vingt» deux ans avec gloire et édification.

*»uit, m, CM, et I, fol. LULV. — Bmcb,

EMU illustrât*, I, p. ait iOOfl. - Bsst.olst, Vm,

SCHOENECK, Emette de, oncle de Conrad et frère de Simon qui suit, était éoolfttre de Mayence lorsque le pape Clément Y le nomma en 1306 h l'évéché de Worms qu'il gouverna avec prudence pendant environ deux ans. Il mourut en 1308 et fut inhumé dans le grand choeur de sa cathédrale, devant le niattre-autel.

P»M*T, III, 609; et I, fol. LXXV. - B«s**«,

Eiflia illustrât*, I, p. ait 1008.— B*»thout, V1U,

SCHOENECK, Simon de, frère d'Emeric qui précède , fut comme celui-ci évéque de Worms. Il gouverna cet évéché pendant huit ans , trois mois et quatre jours , et mérita par sa grande vertu d'être surnommé le Miroir des religieux. Il est mort le 21 novembre 1291, et fut inhumé dans Téglise du monastère de Frankenthal.

Prastir, m, 006; et I, fol. LXX VI. - Bmtmsut, VIII, 196. — Basscu, Eiflia illustrât», I, p. ait. 1003. — Notes d*études.

9CHULTHEIS. Deux personnages de ce nom qui pourrait peut-être être rendu par cehii de Scholtus qu'une famille luxembourgeoise porte encore de nos jours, sont cités par Pierret, Bertholet et Ulveling, comme originaires du Pays, et dignes de figurer au nombre de nos illustrations. L'un d'eux doit avoir été évéque, l'autre général de bataille. Nous n'avons aucune donnée ultérieure sur ces célébrités.

PitiMT, I, fol. LXXVI - Bmtbolet, VIII, 196.

— Ulvblisc, 39.

SCHUTZ, Jean, est né à Bittbourg pendant le seizième siècle. Il se fit jésuite et devint le premier recteur du collège de son ordre à Bamberg. Schutz a laissé la réputation d'un bon philosophe, d'un grand

mathématicien et d'un excellent théologien.

WitBium a Wiltsm», Disçuisiâaues amlif—S* historié Luiembergeiftsi*, II, e. XIV, ]. 1. i» Ûme*

ScHotJWEiLBn, Gilles, et Philippe; ▼• SCOUVILLE, Gilles et S. PhiHppe.

SCHWE1TZER, Mathias-Bernard, (dit Bertholet) originaire du paya de Luxembourg , a fait imprimer quelques ouvrages et faisait sa résidence ordinaire à Séville, en Espagne.

Bn»oi.sr, VIII, I9Q.

SCOUVILLE ou Schouveiler, Gilles, était vraisemblablement de la même fiamille que Philippe qui suit. Il est né à Marche ; et après être entré dans la compagnie de Jésus il fut le premier qui provoqua la fondation d'une maison de son ordre dans sa ville natale , ainsi que nous Tapprend le passage du manuscrit des Viri illustres que nous allons transcrire: « 1648. Àegidius Scouville Marchionensis, te Soc. Jesu Residentite suse in patria «auctor. » On sait que plus tard, c'està-dire vers la fin du dix-septième siècle, les Jésuites annexèrent un collège au monastère qu'ils avaient établi à Marche.

Viri illustres, I, N° 83. — Délices des Pays-Bot, III, 188.

SCOUVILLE, Pkilippe, est né en 1622, à Champion près de Marche. Entré dans la compagnie de Jésus il se dévoua entièrement à l'instruction du peuple dan» notre province et les pays voisins. Doué d'un zèle extrême , il ne se lassait pas de prêcher et de catéchiser dans les villes et à la campagne. Sa maxime favorite était, que les prédicateurs et les prêtres ayant charge d'âme ne s'appliquaient pas assez à frapper les esprits et à pénétrer le cœur de leurs ouailles de l'idée de la divinité; que, faute de s'appuyer sur cette base, tout l'édifice de l'instruction et de la sanctification des hommes portait à taux. « On «se fatigue, disait-il, à inculquer que « Dieu ordonne telle chose , qu'il défend

« telle autre chose ; qu'il faut craindre et « appaiser son courroux par la pénitence ; (c et en même temps on oublie de donner « an peuple une connaissance de Dieu 9 «telle qu'il la faut pour rendre efficaces « les leçons qui doivent le rendre nieil- « leur. » C'est cette grande idée de la Divinité, sans cesse répétée et inculquée, gravée en traits vifs et profonds, imprimée par des images vastes et sublimes, qui constituait l'âme et le grand mobile de ses prédications, l'appui et la sanction des dogmes et de la morale du christianisme. Aussi ses succès furent-ils immenses, et l'époque de ses courses apostoliques devint-elle celle d'une révolution morale pour ses auditeurs.

Il mourut en odeur de sainteté à Luxembourg, le 17 novembre 1701 , et fut enterré dans la grande nef de l'église des Jésuites , près du chœur : Il était âgé de 79 ans. Merjai donne son épitaphe que nous copions ici :

Obiit

Décima

Septima novempms

AlfNO MILLESIMO

Septingentesimo

PRIMO ReVBRENDUS PATER PHILIPPUS

scouville ,

Per Dccatum Luxemburgensem

•ylminas sanb provin-

cijs an5is quindrigil

MlSSIONARIUS.

Reqciescat In Pàce.

Le Père Philippe Scouville a publié:

i*. Un Catéchisme en 7 volumes in-8*; Cologne, 1685. Celte œuvre, qui est écrite en allemand, est un abrégé de théologie dogmatique et morale , à l'usage des curés et des missionnaires. — 4°. Un abrégé de cet ouvrage , sous le titre de : Abrégé du catéchisme catholique , contenant la doctrine chrétienne ; Luxembourg, J.-B. Kleber; 1751 , in-18. Ce livre a aussi été traduit en français et a été en

usage dans le Grand-Duché jusqu'à cesderniers temps (1847) , de même que dans une bonne partie du diocèse de Trêves. Aujourd'hui encore on s'en sert dans le Luxembourg belge, avec des changements qui étaient devenus absolument nécessaires. — 5°. Il existe en outre un abrégé de cet abrégé , à l'usage des premiers commençants. — 4°. Sancta Sanctorum sanctè tractaudi sive religiose sacrificandi methodus; Luxembourg, 1689; 1 vol. in- 12°. — 5°. Règles et indulgences» dç la confrérie de Jésus et Marie , sous la protection de S. François-Xavier, pour l'avancement de la doctrine chrétienne T pour garantir l'homme des cinq plus grands maux, et lui procurer une sainte vie et une mort heureuse; Luxembourg, veuve J.-B.

Kleber, imprimeur de Sa Majesté Impériale et Roiale Apostolique ; 1770 , avec privilège; 1 vol. in-18, de 75 pages.—- 6°. Le même ouvrage en allemand. — 7°. Aller Kuensten Kunst, die Kunst woht und selig zu sterben ; Luxembourg, 1753»

— #°. Une édition annotée du catéchisme de Canisius, sous ce titre: Catechismus weitlaeu6g, verstœndlich und gespraechweis von neuem ausgelegt, mit ausserlescnn Exempel gezieret; mit enîgen ausz jeder Underweisung folgenden Sitten-Schluessen bereiebert; Cologne, 1682; vol. ta-8u.

— Plus quelques autres ouvrages du même genre.

Os Filles, Dictionnaire historique; lit*. 8. — A» Hoxtheim, Hîstor. Trerir. diplomat, III, 250. — Claskk, Catalogne de la Biblioth. de Luxbrg., 916, 310 et 532. — O. Catacr, Biblioth. lorraine. — Pa- OMt, 68. — Publications de la Société archéologique de Luxembourg, VIII, 2e partie, 5, sq.: Mémoire sur la typographie h Luxembourg, par M. Wûstb- Paqvet. — BiBTBOLCT, VIII, 196. — Habits, Catalogue de la Biblioth. de Luxembourg, 716. — Nso- ■ar«, Les auteurs luxembourgeois, 54, $q.

SEILER ou Seyler, Jean, né à Scbleiden, en 1636, entra en 1662 chez les Jésuites , prononça ses derniers vœux en 1675 et fut longtemps procureur de son ordre à Aix-la-Chapelle. II est mort à Cologne, le 27 février 1697, laissant plusieurs manuscrits qu'on a dans le temps

dits importants, mais qui n'ont jamais été publiés. Ces manuscrits formaient 3 volumes, dont le 1er, in folio, était intitulé : Vocabularium pentaglotton, ou choix de pensées , en latin , en grec, en français , en italien et en espagnol. Le second, in-4°, suscrit: Ârchitectonica proverbiorum, ou choix de proverbes dans les cinq langues ; le 3e enfin , in-8* , donne une grammaire espagnole et une italienne, avec un lexique espagnol-latin.

Bamch, Eiflia illustrât*, III, 1, ■, 131.— Haitzbsim, Bibliothcca coloniensis , 201. — Mmhnuih, Les auteurs luxembourgeois, 36.

Sbiler , Anne - Barbe - Marguerite ; v . SEYLER, A.-B.-M.

Sbiler, Christophe; v. SEYLER, Christophe.

Sentz; v. LUDWIGH.

SEPT-FONTAINES, Thomas de, chevalier , né pendant le treizième siècle, était seigneur de Sept-Fontaines, château et terre situés entre Kœrich et Ansembourg. Plusieurs des dynastes de ce nom ont joué des rôles importants dans l'histoire du Pays. Ils portaient : de gueules , à la croix ancrée d'argent; cimier: deux trompes d'éléphant, adossées et ornées chacune, par dehors , de quatre miroirs de paon.

Si l'on peut , par induction , en croire les données qui nous ont été conservées sur les seigneurs de cette maison, Thomas de Sept-fontaines qui nous occupe en ce moment, était fils de Barthélémy qui vendit en 1271 , la deuxième férié de la Pentecôte, la grosse et la menue dîmes de Nœrdingen aux dames de Marienthal. Quoi qu'il en soit, Thomas doit avoir été un personnage de marque et de grand crédit, puisqu'en 1304 nous voyons qu'il se rend pleige et caution pour la cité de Trêves, dans la paix que cette ville conclut avec Richard de Daun (v. son art.) • L'année précédente il avait vendu quelques biens à Rosport , à Ordulphe dit Scholer, échevin de Trêves.

D'un autre côté, il était très-estimé de l'empereur Henri VII , comte de Luxembourg qu'il suivit dans son expédition d'Italie et qui l'avait fait son confident, d'autres disent son chambellan. Et ce fat entre ses bras que cet empereur mourqt à Buon-Convent , de cette mort inattendue dont la cause directe est, jusqu'à ce jour restée un mystère pour l'Histoire. Après les obsèques de Henri VII à Pise, Thomas de Sept-Fontaines revint dans sa patrie oii dégoûté du monde il entra dans les ordres. Il fonda en 1317 un personnat près de l'église de Sept-Fontaines qu'il fit bâtir à cette occasion et qui subsiste encore avec son architecture remarquable sous plus d'un rapport : il fut le premier titulaire de cette fondation et y célébra le jour de sa création, l'office divin avec le même calice ainsi que la patenne et revêtu des mêmes ornements sacerdotaux, dit -on, qu'avait eus le Père Bernardin de Monte- Policano qui avait pour la dernière fois donné la communion à l'empereur Henri VII, que beaucoup d'auteurs croient avoir été empoisonné soit dans le sacrement même, soit dans l'ablution, qu'alors encore on était dans l'usage de dbnuer aux têtes couronnées.

Nous transcrivons ici l'article concernant du manuscrit des Viri illustres: «1350.

« Thomas de et Dominus in Septemfonti- « bus in Ducatu Luxemburgensi Henrîci VII « Caesaris aulee praefectus , cujus suo in « complexu mortui corpus mandavit sepul- « turae Pisis , ipse reversus domum funda- «vit personatum et sedificavit ecclesiam « septifontanam in quam intulit calicem c< cum caetera veste sacerdotali quo Csesari «Heinrico dicitur venenum propinatum.»

La date placée en marge de ce passage semble indiquer celle de la mort de notre personnage, bien qu'il puisse y avoir erreur à cet égard.

Il paraît du reste que depuis son retour d'Italie, Thomas de Sept-Fontaines ne s'est plus occupé de l'administration de sa seigneurie, puisque déjà en 1316 nous trouvons Théodoric ou Thierry , se titrant de

seigneur de Sept-Fontaines , chevalier et membre du siège des nobles, concourir à la condamnation de Henri II , régent de la terre de Vianden, à recevoir le comte de Luxembourg avec ses gens dans son château de Vianden toutes les fois que ce dernier l'en requerrait.

Viri illustres, III, W° 185.- Pibmet, III, 617 à 68l.-Btinoi.BT, V, 319, 448, 4tf4; VI, I5S. — Nsysn, Hutoire de Vianden, 149 à fttfl. — Urgescbock. — W. von Maontb, Das Gefolge Kaiser Heinrichs VII ; dans t Zeitscnrift fuer vaterlaendische Gtsehichte nnd Alterthnmsknnde, II, 6S.

SÈYLER, Anne-Barbe-Marguerile, est née à Luxembourg le 29 avril 1771, fille de Christophe Seyler (v. son art.) , négociant, et de Marie-Marguerite Servais.

A vingt ans, le 17 septembre 1791, elle fut mariée à François Scheffer (v. son art.) avec lequel elle vécut dans une union parfaite pendant cinquante-trois ans. Lorsqu'elle eut perdu son mari elle passa le reste de ses jours à des œuvres d'une dévotion éclairée et à des actes de philanthropie. Dans tout cela , dira-t-on , on ne voit que la femme vertueuse ordinaire comme le Pays en possède un très-grand nombre. Mais beaucoup d'autres n'ont pas, jusqu'ici fait un emploi aussi noble de leur fortune ; et c'est à ce titre particulièrement que Madame Scheffer a mérité sa place dans la Biographie luxembourgeoise. En effet, par testament olographe en date du 9 janvier 1849, elle a fait dans l'intérêt des pauvres, de l'instruction publique, de sa ville natale et du pays entier , des legs considérables. Nous allons copier textuellement hors de cet acte les dispositions dont nous venons de parler :

«Je veux que mes exécuteurs testa- « mentaires versent à l'administration de « la ville de Luxembourg , des premiers «deniers liquides de ma succession, une «somme de 1693 frs. 12 centimes, ou « 800 florins des Pays-Bas , pour aider à «l'exécution du monument de Jean l'a- « veugle ; et d'ici-là cette somme devra être « placée à intérêts annuels , qui serviront

« à faire une distribution de pain aux once vriers pauvres tous les ans au 9 sep- « tembre — anniversaire du décès de son a mari. — Mon intention est que l'admi- « nistration de la ville ne puisse se dessai- « sir de la dite somme que lorsque le mo- « nument sera achevé aux trois-quarts.

« Je donne .... (Legs à ses domes- « tiques).

«Je veux qu'après la mort des dites — « ses deux domestiques — le capital qui a « servi à leur fournir leurs rentes viagères, «s'élevant ensemble à vingt mille francs, «soit versé dans Tannée du décès de «chaque rentière et au prorata de leurs «droits, à l'administration des hospices «civils de Luxembourg, pour être em- « ployé h améliorer le sort des insensés «nécessiteux qui se trouvent dans cet éta- « blissement, soit matériellement soit phy- « siquement .:.... >

«Mes dits exécuteurs testamentaires « emploiront encore des deniers les plus «clairs et les premiers rentrés de ma suc- « cession ou avec mes obligations ou cré- « ances actives , une somme de soixante « mille francs, qui sera remise à l'administration de la ville de Luxembourg, et «par elle placée à intérêts. Ces intérêts « seront employés de préférence :

« 1° à former près d'un établissement « de maternité pratique, soit à l'étranger, «soit a Luxembourg, deux sages-femmes « qui devront recevoir le plus d'instruction «que possible. Elles seront prises dans «la classe des ouvriers honnêtes et de « bonne conduite. On leur fournira tout «ce qui sera nécessaire à leur entretien « et à leur logement, et elles doivent rester «dans l'établissement jusqu'à ce qu'elles «aient acquis toutes les connaissances « nécessaires.

«2° Avec l'excédant des dits intérêts, «après qu'il aura été pourvu à l'instruc- « tion des sages-femmes, je veux qu'il soit « employé à faire apprendre des métiers « à des pauvres garçons et les travaux et « connaissances du sexe à de pauvres «jeunes filles qui se distinguent par leur

«bonne conduite. L'exécution pleine et « entière de ces dispositions me tient à «cœur, et je me repose entièrement sur « l'administration urbaine à cet égard ; et «je yeux que les intérêts soient employés «comme je viens de l'indiquer et non «autrement, et tans distinction de reli- «gion et ce à perpétuité.

« Je veux que mes exécuteurs testamen- « taires emploient des premiers deniers « rentrés une somme de dix-mille francs, « pour fonder à l'Athénée de Luxembourg « cinq bourses d'étude de cent francs chacune, à perpétuité, pour être données «à des enfants de la ville, qui se dis- « tinguent par leur bonne conduite et ap- «plîcation, de parents honnêtes et sans « fortune.

« Je veux que mes exécuteurs testamen- « taires fondent près d'une université une « bourse d'études de cinq cents francs, an « capital de dix-mille francs, a perpétuité, « également pour des jeunes gens de pa- « rents honnêtes et sans fortune de la ville, « ou de la campagne s'il n'y en avait pas « en ville. Mon intention est que les bourses « soient données au vrai mérite et non par «faveur.

« Je veux qne mes exécuteurs testamen- « taires emploient des deniers les plus li- « quides de ma succession, une somme de «seize-mille francs, pour fonder à l'Athé- « née de Luxembourg, quatre bourses d'é- «tnde de deux cents francs, à perpétuité, «au profit des membres de la famille «Seyler, dans l'une ou l'autre des six « branches dont je parlerai ci-après.

«Je veux que mes exécuteurs testamen- « taires fondent près d'une université ou «près d'un établissement quelconque ou « de plusieurs universités ou établissements «deux bourses, chacune de cinq cents « francs, pour être données à deux des descendants de l'une ou de l'antre des six «branches Seyler ci-après indiquées.

«Je donne

« Je donne et lègue k la Société pour la « recherche des antiquités du Grand-Duché « de Luxembourg mon médailler, tel qu'il

« existera à ma mort, ainsi que mon petit « musée et tous mes tableaux.

« Je donne

« Tons les legs ci-dessus seront exempts «de tous droits de succession et autres « frais qui doivent rester k charge de la «masse.

«Je donne et lègue le restant de ma «fortune, sans exception, à la famille « Seyler dont je sais membre etc.

Madame Ànne-Barbe-Harguerite Seyler, veuve Scheffer, est décédée le 10 mars 1856, à l'âge de 85 ans. Est-il nécessaire d'ajouter qu'elle ne laissait aucune postérité directe ?

Archives mufticip aies de Ltiembovrg. — 8«areain c«otemp«r*ia«.

SEYLER, Christophe, est né le 12 février 1708, au village de Clémency, canton moderne de Capellen. Son père, qui se nommait Dominique et sa mère Marie Graff, habitaient la maison Lantpesch.

Dominique Seyler ayant été nommé M ayeur de son village, négligea ses affaires domestiques et se ruina.

Christophe, l'aîné de ses enfants, quitta la maison paternelle et s'enrôla au service des Anglais qui occupaient alors la Belgique. Dans une escarmouche une balle lui effleura les yeux et lui fit perdre l'œil gauche. A la conclusion de la paix il était propriétaire d'une brigade du trein. Il vendit la majeure partie de ses équipages et, du produit de cette vente il acheta des marchandises. Dans ce temps il fut obligé de pourvoir lui-même k son instruction en apprenant k écrire et k calculer. Il avait cherché à relever les affaires de son père par des envois d'argent; mais à son retour dans la maison paternelle il y trouva établie une de ses sœurs.

Renonçant à revendiquer son droit d'aînesse que la loi lui attribuait à cette époque, il vint s'établir k Luxembourg on il commença un commerce d'épicerie. Il ne maria dans cette ville, le 5 janvier 1755f

à Tàge de 47 ans, avec Marie-Marguerite Servais, née à la censé dite Bodenhof, d'où douze enfants, dont neuf filles et trois garçons, qu'il eut le bonheur de voir tous convenablement établis : parmi ces enfants comptait Ânne-Barbe-Marguerite Seyler, dont l'article précède.

Christophe Seyler était entreprenant; mais la fortune se montra souvent contraire à ses spéculations: Il tenta la fabrication du tabac et la filature du coton ainsi que le commerce de vins ; mais avec des succès fort incertains , parce que s'attachant toujours aux premières qualités il ne pouvait que difficilement soutenir la concurrence.

Familiarisé avec l'agriculture de différents Pays, surtout avec celle des Pays- Bas, il introduisit dans le Luxembourg la culture du tréfile , plante qui y avait été inconnue jusqu'alors. Dans le principe il eut beaucoup de peine à la foire adopter par nos cultivateurs toujours entichés de leur vieille routine, mais il finit cependant par y parvenir , au prix de sacrifices matériels et personnels.

Ce fut aussi Christophe Seyler qui fit venir le premier sucre des colonies anglaises et qui fournit les premières couleurs aux frères Boch (v. leur art.) pour leur faïencerie.

En 1771 , les grains ayant manqué, la disette se fit sentir dans le pays. Dans cette circonstance il commanda cent voitures de grain dans les Flandres. Arrivées aux frontières elles furent arrêtées par ordre des Etats dont quelques membres trouvaient leurs intérêts froissés par cette entreprise bienfaisante. La ruine de Seyler eût été certaine sans l'intervention du commandant de VogeIsang.qui lui envoya une escorte de cavalerie pour ses voitures, lesquelles entrèrent dans le Pays en dépit de la maréchaussée. Il établit des dépôts dans toutes les villes du Pays : le prix modique auquel il vendit ses grains lui valut alors le surnom de Joseph l'égyptien. Il avait défendu à ses agents de vendre h une même personne plus de trois à quatre bi-

chets à la fois, afin d'empêcher tout nouvel accaparement.

Les gros cultivateurs, qui avaient retenu jusqu'alors leurs denrées pour spéculer sur une hausse énorme , voyant leur tentative échouée , commencèrent à les envoyer aux marchés de Luxembourg et d'Arlon, immédiatement après l'arrivée de l'approvisionnement importé par Seyler; et les fortes quantités que l'on vit alors affluer tout d'un coup prouvèrent bien que la disette si redoutée n'avait été que fictive. Cependant Seyler fut en perte sur sa spéculation; mais les bénédictions du peuple indemnisèrent largement ses sentiments philanthropiques.

La grande franchise, le patriotisme et l'esprit entreprenant de Christophe Seyler lui attirèrent bien des haines et bien des jalousies; mais il jouissait également et généralement de l'estime ainsi que de l'affection de beaucoup de personnages éminents. Il était de taille ordinaire et avait le dos voûté. Il possédait une force herculéenne et une forte voix. A une grande vivacité il joignait beaucoup d'activité. II était rude d'habitude, mats bienfaisant, très sobre et économe.

Christophe Seyler est mort à Luxembourg, le 26 septembre 1793, à l'âge de 85 ans.

Attide smwurifté.

Setlbr, Jean; v. SEILER, Jean.

SIBRICH, Alexandre de, ne nous est connu que par la mention sommaire de l'auteur des Viri illustres: «1635. Ale- « xander de Sibrich , Dominus in Disdorff «et Boussy, Luxemburgicus , Tribunus «legionis Germanorum pro rege Hispa- « niarum , Gubernator Rhinobergensii , « quam fortissime usque ad extremum dece fendit. »

Il est mort en 1635, comme l'indique le passage que nous venons de citer.

Viri iil astre*, n. N* 186. - Fnur, I, UL LXXVI. - BtiTH#i.vT, vm, 196.

Sibbck, Adolphe de; v. ADOLPHE,

dit de Sierck.

SIERCK, petite ville qui pendant le dixième siècle appartenait à la paissante maison d'Ardenne, était entrée dans le lot de la succession du Comte Sigefroy, premier seigneur de Luxembourg , lequel l'avait transmise à Àdalbéron (v. son art.), son fils, prévôt de St. Paulin près de Trêves : ce dernier se disait en effet seigneur de Sierck* Dominus de Serico, dans un acte de Tannée 1036. Plus tard elle passa sous la domination des ducs de Lorraine, puis enfin et depuis 1661, à la France.

Sierck a produit une, peut-être plusieurs familles dont sortit plus d'un personnage important, qui ont porté son nom, soit comme descendant de sa maison noble, soit de Burgmaenner des seigneurs, soit enfin et simplement du lieu de leur naissance ; car il ne nous a pas été donné d'établir ce fait d'une manière absolue , bien que cependant nous penchions pour la première de ces hypothèses puisqu'il serait difficile d'admettre que les prélats dont nous aurons à parler ici , et qui se nommaient de Sierck, n'eussent pas appartenu à la race noble et antique.

Ce que nous venons d'avancer trouve sa parfaite justification dans la circonstance que ces personnages portaient : d'or , à l'aigle de sable ; preuve qu'ils étaient nobles, tandis que l'écusson de Sierck même avait : d'or , à la bande de gueules, ornée de trois coquilles d'argent , ce qui démontre qu'ils n'appartenaient pas à la famille seigneuriale de cette ville.

Traité du Département de Metz. — Bcgik, Biographe de la Moselle, IV, 241. — v. 8tb*mbsg, Der Moselstrom Ton Met! bit Coblentz, 40, tqqq. — Ab Hobtbbm, Historia Trevirenris diplomatie*, I, 368, sq.

SIERCK, Frédéric de, entra dans les ordres sacrés et devint d'abord prévôt de St. Pierre à Utrecht ; puis il fut nommé quarante-troisième évêque de ce diocèse en 1817, et mourut finalement en 1322.

Délices aea Pays-Bas, IV, 2tf 7. - y. STUMmao, Moselstrom, 4i.

SIERCK, Jacques de, est né dans la ville de ce nom, vers la fin du quatorzième siècle. Il était écolâtre du chapitre de Trêves lorsque l'archevêque Otton de Ziegenheim vint à mourir le 13 février 1439. Le chapitre s'étant réuni pour donner un successeur à ce prélat, les voix furent partagées entre Jacques de Sierck et Uldaric de Handerscheid , Grand-Doyen de Cologne. Les deux concurrents allèrent à Rome pour solliciter leur confirmation ; mais le pape Martin V n'approuva ni l'une ni l'autre élection , et donna le pallium a Raban de Helmstadt , évéque de Spire. Jacques de Sierck eut le bon esprit de se soumettre , tandis que son compétiteur, ayant voulu s'opposer à la décision du Souverain-Pontife, suscita des troubles et finit par être privé de ses bénéfices.

L'archevêque Raban , qui était un homme cassé par les années et devenu incapable de gouverner, sentit bientôt qu'il ne pourrait conserver un tel fardeau. Il entra en conséquence en négociation avec Jacques de Sierck, en faveur duquel il abdiqua moyennant soixante-mille ducats. On dit même que Jacques donna une pareille somme à l'évêque de Liège, Jean de Heinsberg , pour l'engager à renoncer aux prétentions que lui donnait son titre de coadjuteur de Raban. Quoi qu'il en soit, Jean de Sierck ayant reçu ses bulles du pape Eugène IV, prit le nom de Jacques Ier et fut consacré le 11 septembre 1439, au château de Meinsberg près de Sierck. Immédiatement après il fit son entrée solennelle dans la ville de Trêves.

Le clergé y était alors en guerre avec les bourgeois qui, accablés d'impôts s'étaient emparés des biens de main-morte pour obliger les prêtres à participer aux charges publiques. Mais ces derniers avaient mieux aimé quitter la ville. L'archevêque Jacques leur persuada de rentrer sur le champ, de payer les droits imposés sur le vin, afin d'aider la ville dans les obligations immenses qu'elle avait à remplir depuis la dernière guerre, et rétablit ainsi le calme dans son diocèse.

Quelque temps après les électeurs ayant élu empereur Frédéric, duc d'Autriche, Jacques de Sierck fut envoyé en ambassade vers ce prince pour l'inviter à se rendre à Aix-la-Chapelle afin d'y recevoir la couronne. Le 20 décembre 1441 H alla à Metz, accompagné de deux cents jeunes seigneurs allemands, fut reçu avec honneur par le magistrat de cette ville et accepta les présents d'usage : quatre bœufs, autant de queues de vin et cent quartes d'avoine. Le Chapitre lui donna aussi deux queues de vin. Parti le lendemain pour Nancy il en ramena son oncle Conrad Bayer deBoppard, évoque de Metz , séjourna de nouveau dans cette ville et reprit ensuite la route de Trêves.

L'année suivante il assista au couronnement de l'empereur à Aix-la-Chapelle, accompagna ce prince à Francfort, à Strasbourg ainsi qu'à Vieux-Brisac , et obtint l'investiture du temporel de son église, le droit de prélever un péage sur le vin et autres marchandises à Coblence, à Verden et à Hammerstein. Quelques années après Frédéric lui accorda le même privilège dans les villes d'Engers et de Boppard.

En 1442 Jean Hurt de Schœnecken, guerroyeur remuant et redoutable pour cette époque, étant venu attaquer l'abbaye de Prum menaçait de se porter également contre l'église de Trêves : l'archevêque Jacques, embarrassé en ce moment avec les affaires de son clergé contre la bourgeoisie de sa capitale, ne se trouvait pas à même de lui résister. II s'empressa en conséquence de demander des secours au duc de Lorraine qui lui envoya sur le champ des aventuriers nommés Armagnacs dont la réputation était européenne, et qu'il avait à son service : A peine s'étaient-ils montrés que l'assaillant cessa les hostilités.

Le Luxembourg était vers ce temps travaillé de la manière la plus déplorable : Le peuple, si tranquille, si paisible et si attaché à ses souverains légitimes , n'avait pas pu supporter plus longtemps les hauteurs, les injustices et tes vexations de sa

gouvernante, ou plutôt de sa duchesse engagiste, la trop fameuse Elisabeth de Gœrlitz ; et il s'était, à bout de patience, révolté contre elle. Philippe, duc de Bourgogne, que par dérision sans doute certains historiens ont surnommé le Bon duc, ayant pris parti pour la duchesse sa tante par alliance, était venu assiéger, prendre et piller la ville de Luxembourg sur le duc de Saxe, héritier et seigneur légitime du pays , du chef de son épouse Anne d'Autriche. Ces événements avaient lieu en 1443. Philippe se disposait à continuer cette guerre d'invasion , que l'on peut à certains égards qualifier de guerre civile et d'oppression , lorsque l'archevêque Jacques de Sierck entreprit de moyenner la paix entre les princes contendants, les ducs de Saxe et de Bourgogne ; car pour les plaintes du peuple on ne s'en occupait pas alors, parce que ce dernier n'était considéré que comme un troupeau de bêtes de somme qui ne devaient avoir aucune volonté, qui n'avaient pas un iota à dire, pas même lorsqu'il s'agissait de leur destinée et de leur avoir.

Le prélat trévîrien s'aboucha en conséquence avec les principaux conseillers du duc de Saxe et leur représenta les nouveaux maux qui allaient désoler le pauvre Luxembourg si leur maître s'obstinait dans ses prétentions quelque fondées qu'elles fussent, et s'il ne se hâtait pas d'éteindre au plutôt la guerre allumée. Il ajouta que pour détourner ces maux il s'offrait pour moyenner la paix. Ces avances ayant été acceptées, il se rendit au château de Sept- Fontaines, à vingt kilomètres de Luxembourg et environ dix d'Arlon, ou Philippe de Bourgogne se tenait en ce moment chez Jean de Raville , Seigneur de Fontoy et du dit Sept-fontaines , lequel était entré dans le parti de l'oppression par la force brutale. II fit prier le duc d'agréer sa médiation pour traiter de la paix et l'engager à dépêcher ses ambassadeurs à Trêves, terre neutre, où se tiendraient dans ce cas les conférences. Philippe ayant accepté à son tour, donna à cinq de ses

chevaliers les pouvoirs nécessaires pour le représenter , recevoir les propositions et les discuter. Gomme dès la première entrevue qui eut lieu en présence de l'archevêque Jacques de Sierk on put espérer qu'on arriverait à un accommodement il fut décidé qu'on transférerait le lieu des conférences au manoir de Hespérange où toutes les conditions furent provisoirement arrêtées. Cependant ce ne fut que dans une réunion finale , tenue à l'abbaye de Munster, près de Luxembourg, que furent définitivement rédigées les clauses du traité qui rétablit la paix entre les deux prétendants. L'archevêque Jacques 1er, qui y apposa son scel le 19 décembre 1443, style de Trêves, a bien mérité de la patrie par l'active coopération qu'il mit à cette convention qui arrêta l'effusion de sang humain pour une querelle entre seigneurs.

Encore pendant la même année, Charles VII, roi de France étant allé à Nancy , reçut dans cette ville les hommages de l'archevêque de Trêves et du comte de Blanckenheim , chargés par l'empereur de renouveler avec le roi son ancienne alliance. Il parait que ces deux ambassadeurs s'acquittèrent de cette mission avec un entier succès. La même* année, Jacques de Sierck assista à la diète de Nuremberg que l'empereur Frédéric convoqua pour remédier au désordre résultant de la division qui régnait entre le pape Eugène IV et le concile de Bâle. Le Souverain-Pontife n'ayant pas voulu acquiescer au projet du concile, les archevêques de Trêves et de Cologne se détachèrent de la cause de Home et prirent ouvertement parti pour l'empereur. Le Pontife obstiné les excommunia ; mais sa sentence n'eut aucun effet; et, ai commencement de l'année 1447 il leva lui-même l'interdit dont il avait frappé ces deux prélats.

En 1450 Jacques de Sierck se rendit à Rome avec son oncle Conrad Bayer de Boppard, évêque de Metz, pour y gagner les indulgences du jubilé, et profita de son séjour dans cette ville pour

plaider auprès du pape Nicolas V les intérêts de son église et obtenir la permission de fonder une université à Trêves. Le Saint-Père y consentit et publia le 2 février 1454 une bulle par laquelle il donnait à son vicaire apostolique, Jacques de Sierck, l'autorisation d'établir une académie destinée à l'enseignement de la théologie, du droit civil et canonique, ainsi que de. toutes les autres sciences. Dans cette bulle le pape assimile , sous le rapport des prérogatives et des honneurs, les professeurs et les élèves de la nouvelle académie à ceux de l'université de Cologne. Quelques jours après une nouvelle bulle , accordée aux prières de l'archevêque , supprimait trois canonicats et en affectait les revenus avec ceux de trois cures à l'entretien des professeurs. Mais le diocèse de Trêves, ravagé par plusieurs seigneurs qui en consumaient les ressources , et accablé de dettes énormes, était loin de jouir de cette tranquilité si nécessaire aux travaux de l'esprit et aux établissements qui ont pour objet le développement de l'intelligence humaine. L'académie de Trêves demeura en projet tant que l'archevêque Jacques de Sierck vécut. 11 ne réussit pas davantage à rendre à son église son ancienne splendeur, bien qu'il fût puissamment secondé par l'empereur Frédéric III dont il était l'ami.

En 1453 le prélat se trouva à une diète à Nuremberg , convoquée pour délibérer sur les moyens de repousser les Turcs qui venaient de s'emparer de Constantinople. 11 y parla dans le sens de la guerre avec une éloquence si véhémente qu'il entraîna l'assemblée. Mais d'autres affaires survenues depuis, mirent obstacle à cette nouvelle croisade.

Jacques de Sierck était à la veille de succéder à son oncle Conrad Bayer de Boppard dans l'administration de l'évéché de Metz, lorsqu'il tomba malade. S'étant fait transporter à Pfalzel, près de Trêves, il y mourut le 26 mai 1456 après dixhuit jours de maladie. Son corps fut

rapporté à Trêves et enterré devant le maître-autel de Péglise de Notre-Dame.

Brover nous a conservé son épitaphe que flous copions :

Trevir Sirck Jacobus vim Prasul origine

[PASSUS, SCBLIMOR TUMBA, SUBRODOR EN AN GDI BU S

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