JEAN BT PAUL-EMILE HENRY
Si nous sommes bien informé, cette famille aurait la même ori^ gine que celle qui existe dans notre pays et serait allée s'établir en Prusse au siècle passé.
Jean Henry, sur la jeunesse et les études duquel nous n'avons pas de renseignements , fut d'abord pasteur à Brandebourg et à Potsdam , puis à Berlin , premièrement dans la paroisse alors dile du Cloître, ensuite dans celle de laDorothéestadt; il était en même temps bibliothécaire royal et directeur du cabinet des antiques et objets d*art du roi.
Jean Henry a été un des plus zélés défenseurs des droits de la colonie française des réfugiés protestants, et ils les a soutenus avec énergie et talent contre ceux qui voulaient y porter atteinte. Il attachait une haute importance à la prédication, a Ses sermons , dit M. Ândrié, étaient toujours composés avec le plus grand soin. Il y en a un entre autres sur l'Infini et sur l'idée que l'homme a de cet infini, preuve de la grandeur et de la divinité de notre nature. Ce sermon est un véritable chef-d'œuvre d'éloquence et de philosophie chrétiennes. » Plusieurs de ses écrits et de ses sermons, qui ne se trouvent plus dans les librairies , mériteraient d'être réimprimés. On à de lui les ouvrages suivants:
I. Recueil de psaumes, d'hymnes et de cantiques. Berlin 1 791 , in-8*.
II. Catéchisme en pcusages , traduit de l'allemand. Berlin 4841, in-8*.
III. redresse aux églises françaises des Etats prussiens, en réponse à récrit qui leur a été adressé en allemand cette année , sous ce titre : redresse aux communes françaises de la monarchie prussienne, par un de leurs plus ancietu pasteurs. Berlin 1844, in-8^
IV. Sermon sur la nécessité et Vimportance des vérités religieuses, Paris 4844, in-8«.
V. Sermon sur la fêle séculaire de la ré formation et sur la fêle annuelle du refuge, prononcé le 34 octobre. Berlin 4848, in-8*.
VI. Entretiens d'un père sur l'histoire du refuge, Berlin 4848.
VII. L'Eglise réfugiée en 4848 e( Dialogues des morts, Berlin 4848.
VIII. Considérations sur les rapports entre l'Eglise et l'Etat, et sur la meilleure forme du gowemement ecclésiMlique^ suivies d'un Sermon pour Touver-
ft70 HENRY.
ture du Synode provincial, prononcé à Berlin dans le temple de Frédérichstadt, le 17 août 1819. Paris 1820, in-8*. \
IX. Journal de Jean Migault, réfugié protestant du XVII* siècle, écrit à Amsterdam en lé89. Berlin 1827.
X. Die Uebertchwemmung in 05(- und fFest-Preuuen im FrûMing 1829, eine Predigt. Berlin 1829, in-8*.
XI. Geist und Leben der Kirche am 25 juni 1530, 1630, 1730 und 1830. Berlin 1830, in-8«.
Plusieurs autres sermons de Jean Henry ont été publiés; mais leurs titres nous sont inconnus. Son ouvrage, Enlretiem d*un père iur l'hUtoire du refuge, a été traduit en allemand , par C.-D. Roquette , sous ce titre: Germon , oder Unterhaltungen eina Vaiern mii seinen Kindem ûber die GeschicMe dèr Reformation und der Einumnderung der in Frankreieh verfolgîen Reformirten in die preussiscti'brandenburgischenStaaten. Berlin 1826, in-16*.
Jean Henry avait épousé Susanne, fille du célèbre graveur Cbodowieeki. A sa mort, arrivée le 3 octobre 1831 , il laissait un fils dont nous allons parler et une fille, mariée à notre célèbre compatriote M. DuBois-Reymond.
Paul-Emile Henry, fils du précédent, né à Potsdaro, le 2i mars 179*2 , fit ses études au collège français de Berlin , qui était alors dirigé avec talent par Erman, et s'appliqua de préférence à l'étude de la langue hébraïque, professée par Âncillon. Après avoir achevé sa philosophie, il partit pour Genève avec Tintention d'y étudier la théologie; mais la guerre qui éclata au printemps de 1813 le rappela chez lui. Plein d'enthousiasme pour la cause de l'indépendance de l'Allemagne, qui depuis trop longtemps gémissait sous un joug intolérable et qui épiait le moment de le briser , il se jeta avec ardeur dans le parti patriote et n'aurait pas hésité à suivre ses amis politiques jusque sur le champ de bataille , si la volonté paternelle n'y avait mis obstacle. 11 céda , non sans résistance, aux remontrances de son père et vint terminer ses études à Neuchâtel, où il fut consacré au saint-ministère le h août 1813. L'année suivante il se rendit à Paris où son père , en sa qualité de conservateur du cabinet de curiosités, avait été appelé par Frédéric-Guillaume pour reconnaître et reprendre les objets d'art enlevés à la Prusse par Napoléon. A son retour à Berlin , Henry fut nommé catéchiste de la maison des orphelins. En 18:26, il fut appelé à remplacer Haucbecorne comme pasteur de l'église de la Frédérichstadt, et, en même temps, il obtint la place de directeur du séminaire théologique frao-