DAVID-GUILLAUME HUGUENIN
David-Guillaume Huguenin , conseiller d'Etat, chevalier de l'Ai* gle-rouge et maire de la Brévine, naquit à la Brévine le 26 juio 17G5. Il était fils du capitaine David Huguenin. Sa famille jouissait d'une honnête aisance. Comme il en était le seul rejeton mâle, ses parents le traitèrent constamment avec faveur, sans éveiller toutefois la jalousie de ses trois sœurs, avec lesquelles il a toujours vécu dans la plus douce harmonie, et dont il a été tendrement aimé. David-Guillaume Huguenin n'a reçu d'autre instruction publique que celle qui est donnée dans nos écoles de villages; seulement il quitta pendant quelques mois celle de la Brévine pour entrer dans celle des Verrières , alors dirigée par un instituteur qui s'était acquis quelque réputation d'habileté. Pendant son enfance, comme il avait peu de goûts pour les amusements bruyants et que déjà il montrait un esprit sérieux , il était regardé par ses camarades comme un être singulier, un original. Au sortir de l'enfance, il fut mis en apprentissage d'horlogerie, et c'est là ce qui a fait durant sa vie son occupation principale et la ressource de sa famille;
le reste n*a été qu'un accessoire et comme son amusement , ce qui montre jusqu'où il serait allé s'il avait pu se livrer tout entier à l'étude.
La vie d'homme public de M. Huguenin a été remarquable. A r&ge de vingt ans, il fut nommé directeur du fonds des pauvres, et à l'âge de vingt-deux ans conseiller de commune. On lui proposa bientôt après la place de justicier , mais il avait d'autres vues ; il refusa et se rendit à Fenin , où il acquit quelque connaissance de notre droit public , en étudiant le notariat , auquel il renonça plus tard après avoir subi un premier examen. De retour à la Brévine, il fut élu justicier , en 179&, puis lieutenant de la Cour de justice, en 1797, chargé ad intérim des fonctions de maire , en 1800 , enfin définitivement maire de la Brévine , le 25 décembre 1803, par brevet du roi. En 1831, le roi, pour témoigner le cas qu'il faisait des services de M. Huguenin , le nomma conseiller d'Etat et le décora de la croix de l'ordre de l'Aigle-rouge.
M. Huguenin se tenait pour fort honoré par sa charge, et l'honorait à son tour par la manière dont il en remplissait les fonctions. Il fut constamment un excellent magistrat , vigilant , actif , régulier , ferme , loyal , mais en même temps simple , accessible à tous , affectueux , cordial , comme on Test dans nos Montagnes et spécialement à la Brévine. Quoiqu'il fût au milieu des siens, dans le lieu qui l'avait vu naître et parmi les compagnons de son enfance , ce qui lui rendit souvent ses fonctions pénibles , aucun désordre public n'était ni dissimulé , ni toléré , aucun scandale ne demeurait impuni. Sa commune lui doit beaucoup de reconnaissance : il en a toujours bien dirigé l'administration ; il a établi et maintenu le meilleur ordre dans la comptabilité , soit des fonds communaux , soit du fonds des pauvres, qui ont prospéré par ses soins. Le 18 janvier 1816, sous son inspiration et par ses soins se forma le fonds dit de la Paix, parce que le retour de la paix générale en fit naître la première idée, par lequel on fournit à ceux des catéchumènes de la Brévine qui sont pauvres et domiciliés dans les quartiers éloignés, le couvert et le vivre dans le chef-lieu, pendant les sept ou huit semaines d'hiver que dure leur instruction religieuse, pour les préparer à la première communion. Pour former
m l^lM Jkmvm^im lesEiff i «héb les portes et soUim Kaws WÊSÊÊt -m m Snont imnfe f %ae*^lrrrc. £i âlC< iosBie ^ ^wjr ^ ii fcprne fat en grande partie jie-rude me mt wbiêb^ mt m i«B& fm M. Bignemn pour aider a e i-jL*iB!iL un» -s wv iacr^ îue mkl ■àifemacs^ consâdérables que mr iar^ miK a nimnf : E «scHt as Cwpb> iêgîshtif , dont il v!3ai iT ^tr^ itmias: naiâ^ jmt »s «irilijqB: oo y traitait une oii-siitK Ê la iHB ttuiE snfHrtBtfr |««r asct FElat, quand œt ni^aiâif ^smsL ht vmsr àt K Biambéi pa«Taîl eierœr ane îdiu«i= asssvs; woBs, m &^-£r -fs'â fiwce- 4e soUîdtâtioDS et en lu. Tssr-ssirjac uiU imvac lauwi «■ ^Re4e par êcril que ses oolr^sus^ ^ sifiasFsu: a vûer ib jbbwtï^ et sa fuîlle et de ses eoDsiUY'^i^- Sa irsinx . Jbi^ <■ léâ^ant à ses oombreui amis, wr^ni: -^r» jus imf iao» <e ifiral et crise , ao milieu du Coui«L it ÎL isann âieâiêrai£ svr le sut 4e la patrie, qu'elle ne le sème i IL Jlervmt m fio ne émât pss manquer de secours.
■ 3iiri»i3in ^i^jà: miw, ea 1791 , avec Julie Mattbey-Doret, >!nA*-iilit àf K Mifibey-DMCl, son prédécesseur dans la charge û* iLuc* àt ia Hêvî&e, ésmH fl e«l de« fils et deux filles, et avec jjiçi»^sbe i a imsst sa w dans le petit domaine Déplao, à dix miou- Vît oe la Ih^^iae. CéîMi b demeure de soo père . et il partageait W.1L Jfml}t^ es^îre Fairinltsie^ Tiodustrie et ses études favorites.
L'jcpirbnjif Fa beancoiip occupé; il rêvait des perfectionnexifer:!^ ^nf^fis te dîmat ipre de la Brévioe, ses marais et son alo:$f<bè7? fa:iaîi(^ r^iit forcé de reooooer, du moins en partie, sur la fin de ses>:<irs. L*industrie était, comme nous l'avons dit, sa priociftaje affaire : elie emt>rassait tout. Il ne s'est pas borné à l'horlogerie, dans laquelle il se dbtinguait; son esprit inventif Ta porté à s'occuper de plusieurs t>ranches de la physique, dans lesquelles 11 ne réussissait pas moins. Un ouvrage n'attendait pas l'autre; pendant qu'il en terminait un, l'autre était en projet. Associé à David- Louis Yersin . l'un de nos plus habiles artistes , il a fait avec lui, pour la ville de Neuchàtel, une pendule à compensateur, d'après ud nouveau procédé, et sous la direction de M. Frédéric Houriet ; puis deux télescopes, deux machines électriques, des microscopes, des étuis de mathématiques et des compas de proportions : tous ces ouvrages remarquables par leur exactitude et la beauté de la maio-
d'œuvie , l'étaieDt d'autant plus qu'ils avaient moins de ressources pour les exécuter. 11 s'appliqua aussi au dessin et parvint par luimême et à force de persévérance, à rendre sur le papier d'une manière très-fidèle la figure des principales plantes de nos Montagnes.
Mais ce que M. David-Guillaume Huguenin affectionnait par dessus tout, c'était l'étude de l'histoire et de notre histoire en particulier. En relation intime av^c plusieurs des familles de l'Etat , qui avaient pour lui une singulière estime , il a obtenu d'elles des trésors enfouis dans leurs archives , et il a tout copié avec une patience et une persévérance extraordinaires. Voilà ce qui l'a mis en état de composer ce grand nombre de mémoires et de notices qu'il a laissés en mourant, et très-particulièrement cette galerie des anciens châteaux de notre pays , qui a d'abord été publiée en allemand, puis en français, et qui lui a voulu d'être adjoint, en 182A, à la Société historique suisse.
C'est encore à ses immenses matériaux historiques que M. Huguenin a dû de pouvoir écrire les deux Descriptions topographiques de la mairie de la Brévijie , couronnées , l'une en 1795 , l'autre en 1839, par la Société d'émulation patriotique > dont il a été membre de 1825 jusqu'en 1837. Parmi ses manuscrits qui sont très-nombreux et remplissent plusieurs volumes in-folio , nous citerons les Essais historiqms sur les anciennes audiences de Neuchdtel et Valangin , in-folio. Cet ouvrage important a beaucoup servi à M. le professeur Matile pour la publication de ses ouvrages sur le droit public de Neuchâtel ; — des Actes divers sur Vhistoire de Neuchdtel, en deux volumes in-folio ; — une description du canton de Neuchdtel , qu'il a achevée peu de temps avant sa mort ; des Lettres manuscrites sur la Brévine et ses environs , censées écrites par un buveur d'eau, etc. *
Sans doute tous les écrits historiques de M. Huguenin ne sont pas parfaits. Il écrivait dans un temps où les sciences historiques étaient passablement arriérées dans notre pays , et où les auteurs suivaient l'ornière tracée par les historiens du xvn^ siècle. Mais si le sort des autt^urs, qui les premiers commencent une pénible série d'investigations , est de ne pas satisfaire complètement leurs après-
i Plusieurs des manuscrits de M. Huguenin sont à la bibUothèque de Neuchâtel ; les autres sont précieusement conservés par ses enfants.
b Toie dans lahr -szKii. MBo. maanm ses Asniers déooaTreot de oou- "g'ruii" suêTTaiK ^ ^ jutt'Mgiia. npçect^ de fiaîsoo entre eui, *k> .mnm^ TMinmrr le -nrnwtirrinrr covers leurs deîL jidmc. ^■seOer fTisaL éi^ktur des ponts et chausitflfc HL 'L^rs-reçaafîL igpréiâaBl le mérite da travail 9Sr ï. TrigTfTin ^sr js mfflpnnp^ ambsaees ci Toolant k Bieltre iiUi- m 1 K Jisair nr sn viàniK î ka parlée de ses compatriotes, "9 i ju m f\.ijar me 7 m «ôok à jvste titre. De nomlirettses a dH ^% irs^ fï sc «me M'pialw i dans le pays. i^.mmts mv men me m pntîqiK ees vertus domestiques nu nTsarsr i dui^ j:? astr^. ■ a été diéri des siens comme Ss. inî*T^. fTitius. ^ pêTî: -K kss jm^enirs de ceux de ses parents im m ^arry^ssi ^mc Ji mut «& nsaire témoignage. Il faisait tout lijiir i^ Tmir* nçmQîe & ?en ^ rcatooraient el leur alléger le mius m e*ir^ xtkblv «jiBniv «weiit occupé d'affaires graves ■fi it TT^nas, saenaibnis. i oe dédaignait pas les simples détaib ta BefnK? . ^ tms sa ^eCâlf j^hèie se montrait animé de l'esprit &s PhiiuDemeo fc ns OnenuafiB.
On ?e ffinsBiioe simaasm M. Hvgneiiin a pu faire tant de choses •?, j=s iur? fa isnenî s bn. Son secret était dans sa grande et rjacnaisle jcu^ce . £bb k& tecuie dîslribution de son temps, dans 7 irirf -k : 'jiÂiôpàîe gersévérance qail savait mettre dans ses oo- ."agtiojiis. L hî seriiic pa^ un moment et souvent il a prolongé 5i:a TarLÎ j'is^iaes bon avant dans la nuit , ce qui plus d'une fois 1 iL^vt fa sm-e^ Tzcù oemment il a pu , outre tout ce dont nous iT'jos rdrjt . Sur*? èèen Tautres choses , entretenir de nombreuses vrcrt*?çcc«iiiaoes . cfesemtr divers phénomènes naturels , entre autn?s r jcx.T:is!etEieGt ^r^luel des tourbes , ressource si importante dirts Q-.t> JI-.atizTk;^ et rétat de Fathmosphère auquel l'air si froid qu'il respirait et qui est venu jusqu'à glacer le mercure dans ses thermomètres, donnait un intérêt particulier.
il résultait de tout cela que M. Huguenin était un homme singulièrement aimable, dans le meilleur sens de ce mot , parce que son commerce était doux et sa conversation animée et remplie de choses intéressantes et utiles. Si dans la petite sphère où il vivait il a été un homme vraiment extraordinaire» comme ces météores lumi-
Deux qui ne paraissent que de loin en loin dans la voûte céleste, qu'eût-il été si sa première éducation avait été en rapport avec ses facultés naturelles , pour en procurer le plein développement , et . si un commerce intime et habituel avec des hommes distingués l'avait aidé à polir et à perfectionner ce qu'il devait à ses propres et seuls efforts?
M. Huguenin est mort , en 18&2 , après une courte maladie, pleuré de ses parents et de ses nombreux amis. (('Attaché de cœur à sa patrie , dit M. le pasteur Châtelain dans son^ oraison funèbre, bénissant la Providence de l'avoir fait naître dans un pays qu'il se plaisait à regarder comme le plus heureux et le plus favorisé de tous, il la servit avec dévouement dans les temps ordinaires , et il a pris la défense de ses institutions avec courage et fermeté aux jours de la tempête. Plein d'intégrité et de droiture, d'impartialité et d'amour pour la paix , c'est avec ces sentiments qu'il a exercé plus de quarante ans les hautes fonctions auxquelles il avait été appelé, applanissant un grand nombre de difficultés, rapprochant des personnes divisées et réconciliant des personnes désunies. Ce sont ces mêmes sentiments, joints à ses connaissances supérieures et aux nombreux services qu'il a rendus au pays qui lui ont mérité la faveur de son prince et acquis le respect , la confiance et l'affection dont ses concitoyens l'ont entouré jusqu'à ses derniers moments. »
Paix donc à la mémoire de ce citoyen vertueux , et bénédiction sur son sépulcre ! Il est du nombre des Neuchàtelois qui ont bien mérité de la patrie !
Voici le court catalogue des ouvrages imprimés de M. le maire Huguenin :
I. Description topographique et économique de la juridiction de la Brêçine, Mémoire qui a remporté le prix de la Société d'émulation patriotique de Neuohâtel en 1795, s. 1. 4796, In-S*, 102 p.
II. Mémoire tur les défauts les plus euentiels qu'on observe dans la culture des terres de nos Montagnes, de leurs causes et de la manière d'y remédier. Couronné par la Société d'émulaUon patriotique en 4799. Neuchàtel 4799, in-8S 63 p.
III. Notice sur le château de Falangin, dans Pouvrage Intitulé : Die Schweix in ihren Bitterburgen und Bergschlôuem historisch dargestellt, t. II*.
IV. Les châteaux neuchàtelois anciens et modernes, Neuchàtel 1843 , in-8S S95 p. avec carte et gravures.
544 HDGDENIN.
Cette pablicatioo poslkmM de M. Hagoenin n'est que Tabrégé de son mnoscrit trop considérable pour être publié en entier. Les éditeurs ont élagué un grand nombre de faits et de détails , surtout dans la description du château de Neuchâtely qui ne comprenait pas moins de 40 p. in-folio du manuscrit Ils T ont joint des notes expUcatiTes.
y. HeaertptkHi de la jmridietiom de la Brévime. Ifeuchâte! 1843 , in-8* , m
Cest celle de 1796, complètement refondue , corrigée et augmentée de tout le territoire que le traité de 1815 a joint au canton de Neuchàtel du côté du Ce^ neux-Péquignot.
Mesmger bmiteus de NatehàlH , 1843. — HUtoire det Huiitutioiu ires cf Ugislaiitts de Neuekétel et Fakumin^ par G.-A. Matile, préface, p. IX et z. — Die Sekweiz m ikren RUierbur^en mui Ber^fschiôssem kistoriMeh dar- 9ftlel/f , t. n. — Préface des éditeurs des Châteaux neuchàtelois, p. m et iy.— tieeueU bMiograpkiqmey manuscrit par F.-A.-M. Jeanneret, etc., etc.