JOSEPH HUMBERT
Joseph Humbert, célèbre horloger du xviii® siècle, originaire du Locle , qui travailla longtemps pour la cour de France. Pendant la régence du duc d'Orléans, Enderlin*, célèbre horloger-mécanicien à Paris, fut chargé de construire un tour pour graver les boîtes de montres. Cette machine était destinée au régent, qui se délassait en s'occupant d'horlogerie. Joseph Humbert, .que son père avait placé à Paris pour s'y perfectionner dans son art^ travailla
4 « Enderlin peut être mis au nombre de nos savants compatriotes, dit Ferdinand Berthoud dans une lettre à Jaquet-Droz; il a donné plusieurs pièces de son invention; il était bon géomètre; Il a démontré des formes propres à faire de bons engrenages et a traité de quelques échappements. I/horlogerle a fait une perte réelle à sa mort. Si Ton doit juger par ce qu'il a fait de ce qu'il eût pu faire, il aurait été unique dans son genre. » (Journal helvétique, mai 1753, p. 498.)
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longtemps chez Enderlin k la Gonfection de ce tour , qui est encore au G>Dsenratoire des arts et métiers de Paris et qui mérite FattentioD des cooDaisseurs par le fini remarquable du travail et un luie de main-d'œuvre digne do royal propriétaire de la madiine. Cet instrument ingénieux n'était pas encore achevé que Joseph Humbert, désirant revenir au pays et n'en pouvant obtenir la permission de son patron , voulut prendre congé de sa tête seule. Bien surpris de se trouver arrêté par des archers aux portes de la ville de Paris et au nom du roi, il consentit à achever ce long travail de bonne grâce , car Enderlin avait obtenu son arrestation uniquement parce que le jeune homme était doué d'un talent remarquable et qu'il en avait un besoin pressant. Le régent le récompensa généreusement et le fit construire d'autres machines et des outils de son invention. De retour au Lode, Joseph Humbert y fut très-utile à ses compatriotes par les connaissances en horlogerie et en mécanique qu'il avait recueillies à Paris, et Ton conçoit la part qu'il put avoir à la cooslnietion des premiers tours à guillocher, qui datent de cette êp>H]ue, ainsi qu'à celle d'autres outils alors inconnus dans m>s vallées. Il éiabUt un dirimr^ qui était encore au Locle il y a quelque quarante ans et qui y est peut-être encore, lequel a rendu des services précieux aux horlogers, malgré la justesse médiocre de cet irisirument, qui n'est plus en usage depuis longtemps et qui a éU- perfectionné ou remplacé par de meilleurs; d'abord par des plate-r>rmes divisées par Hulot à Paris, et dans les premières années de ce siède par un diciioir inventé par M. J-J. Jeanneret- Grîs du Locle , qui à son tour, par un grand degré de supériorité, a rendu un service très-marqué à nos fabriques d'horlogerie.
Sources. Etrtnme* Jfmchâteimses, par F-A-M. Jeanneret, !'• année, 4862, p. ±2— 23. — Manuscrit du siccle passé.
CHARLES ICARD.
Charles Icard, fils de David Icard, marchand de St-Hippolyte, et d'Anne Lebur, naquit à St-Hippolyte en 1636. H commença ses études au collège d'Anduze et les continua à Orange , puis à Ni-
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mes , où il ât sa philosophie et suivit même quelques cours de théologie. En 1655, il fut envoyé à Genève pour y terminer ses éludes; puis en 1659, le synode d*Ay Tadmil au sainl-ministère. Après avoir desservi quelques églises en France, il se réfugia à Genève, puis à Neuchàtel où il fut nommé pasteur. Le prince lui donna des lettres de naturalisation et il fut reçu bourgeois de Neuchàtel. Les dernières années de sa vie se passèrent à Brème, où il mourut le 8 juin 1715. Il est l'auteur d'un Avis sahitaire aux églises réformées de France, Amsterdam 1685. in-12°. Il a publié aussi une imitation des Entretiens d*un père avec son fils sur le changement de religion, et une édition de V Institution chrétienne de Calvin.
Souroet. La France proteitante, de Haag, article Icard. — Divers mémoires neuchâtelois, manuscrits.