GUILLAUME JAQUET
Maître Guillaume Jaquet, quoique poète, a laissé peu de traces de souvenir dans notre pays. A part quelques érudits, qui possëdent ses poésies dans leur portefeuille , le plus grand nombre des NeuchAtelois n'a même jamais entendu prononcer son nom. Dans
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sa jeunesse il avait été mattre d'écofe au VaWe-Travèrs , d'où il envoya à Biaise Hory une chanson à corriger sur les Saints de boys de Cressier, esgarez. C'était un temps où, dans le pays de Neuchâtel, il y avait grande disette de pasteurs, et ici comme ailleurs Fécole conduisait à l'église. Guillaume Jaquet fut nommé pasteur aux Brenets en ( 556 , d'où il passa à Dombresson en l S61 , et à la cure de Cornaux en 1597, où il mourut en 1599.
Aux archives de Neuchàtel se trouve l'acte d'affranchissement de Guillaume Jaquet, alors à Dombresson; il était sujet taillable et mainmortable. Son affranchissement eut lieu sans entrage en considération de son ministère et moyennant six deniers de eenspar an.
Nous savons aussi qu'en 1588, la vénérable Classe l'avait nommé pasteur à St-Aubin; mais la paroisse le refusa, nous ignorons pour quel motif, et il se désista volontairement de son élection. Les registres de la Classe qui fournissent ces détails, ajoutent qu'il eut dix-huit enfants.
Maître Jaquet était poète ou plutôt il faisait des vers el se croyait poète. Son intention était même de publier ses œuvres, qu'il avait soumises dans ce but au jugement de son ami Biaise Hory. Celuici les lui renvoya avec une épître , dont nous avons déjà cité quelques fragments dans la biographie de Biaise, et qui commence par ces vers :
Désia Pbœbé posant le voile de son deuil, Vingt foys nous a montré son visage vermeil. Dès que toy me cuydant estre ung autre Pétrarque, Voulois que de tes vers je fusse l'Aristarque.
N'en es-tu pas recors, ancien ami Jaquet?
Tu me vins présenter de ta rithme ung paquet,
Me priant de la voir et en faire lecture.
Rapportant ton labeur à l'inepte censure
D'ung jugement tel quel qui m'est donné des muses ;
Tu les croyais m'avoir quelques grâces infuses.
Nostre siècle produit ung million d'esprits
Subtils , qui se riront de nous, de nos escrlts :
« Les mulets, diront-ils, frognans s'enbrecbatouillent ;
» En plaisans perroquets leur vil jargon gazouillent. »
D'abondant ils diront : « Pautheur vieillard radoltei