X. Elrennes neuchâteloises. Locle 4864, in
XI. Les sorciers dans le pays de Pieuchâtel, recherches curieuses sur les pro^ cédures instruites pour faits de sorceVerie du 4 5* au ïl^ siècle. Locle i86S, in^*.
CHARLES-HENRI JUNOD.
Cbarles-Henri Junod , conseiller d'Etat et directeur des ponts et chaussées, naquit à Auvernier,sa commune, le 10 septembre 1793; il ne reçut d'abord d'autre éducation que celle que Ton donne dans nos villages; mais il eut l'inappréciable bonheur d'avoir une bonne mère, M"*^ Cosandier, l'un des vingt-trois enfants du châtelain de Vauxmarcus. Après avoir fréquenté pendant ses premières années l'école d'Auvernier, il suivit à Colombier les leçons qu'y donnait alors M. te justicier Claudon à une réunion de jeunes garçons. De 1809 à 1811 , il fit partie du pensionnat alors si nombreux que le célèbre Pestalozzi avait formé à Yverdon , et c'est là surtout que se développa son goût pour les mathématiques. Au commencement de
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1813, il se rendit à Dijon pour y faire l'application de son talent et de ses connaissances en se joignant aux ingénieurs français qui travaillaient au cadastre. Leurs travaux ayant été interrompus par l'arrivée en France des troupes alliées, M. Junod rentra alors dans sa patrie. Peu de temps après il fui chargé par le gouvernement de Berne de faire le cadastre de Ligniëres pour la rénovation des cens fonciers qu'il prélevait à cette époque dans cette paroisse.
Après le traité de Paris, M. Junod fut chargé, de concert avec M. Nicolet, maire du Locle, par le gouvernement de Neuchàtel, de la délimitation de nos nouvelles frontières avec la France; et il leva, avec ce talent si remarquable qu'il avait pour dresser des plans, la carte de la portion de pays que nous assignait ce traité. Cette opération, qui dura deux ans, l'ayant mis en contact avec le général Guillemet , chargé des intérêts de la France , il reçut de sa part l'offre si flatteuse d'entrer dans le corps des ingénieurs français ; mais l'amour de son pays l'engagea à refuser, quoiqu'il vit bien qu'il aurait assuré par là sa fortune. Le gouvernement de Berne, qui se souvenait de ses bons services, l'appela alors à diriger le cadastre de l'ancien évêché de Bàle qu'il venait d'acquérir: ce travail l'occupa pendant sept ans , à la suite duquel on lui offrit le poste d'inspecteur des ponts et chaussées du canton , qu'il refusa par les mêmes raisons qui l'avaient déjà porté à refuser d'entrer dans le corps des ingénieurs français.
C'est à la suite de tous ces travaux et de quelques autres , tant pour l'Etat de Neuchàtel que pour divers particuliers, que notre gouvernement crut devoir s'attacher M. Junod pour la direction des routes du pays. Déjà par une lettre flatteuse, et en le décorant plus tard de la croix de l'Aiglc-rouge , le roi lui avait témoigné sa haute satisfaction. Depuis cette époque jusqu'à sa mort, arrivée le 3 août 18^3, au milieu de ses occupations, après deux jours de maladie, il n'a cessé de rendre à son pays les plus grands services. C'est à lui que nous devons les plans de toutes les routes qui ont été faites depuis 1830 à 1843 et dont quelques-unes, entre autres celles de St-Sulpice et de Longeaigue, sont si remarquables. Les plans de réédification du Locle , de la Chaux-de-fonds et de Coffrane sont encore son ouvrage. Au milieu de ses graves et nombreux travaux , il ne se refusait à aucune œuvre utile. Son aimable ca-
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raclère Ta fait chérir de tous ceux qui l'ont connu. Souvent son incessante activité et les grandes fatigues qu'elle lui faisait éprouver, altérèrent sa santé, et quand ses amis le conjuraient de la soigner davantage, il résistait à leurs instances, a Le devoir avant tout: fais ce que dois, advienne que pourra; » voilà qu'elle fut sa constante devise.
Malgré les succès continuels de M. Junod et les témoignages multipliés d'estime et d'approbation qu'il recevait de toutes parts , et quoiqu'il ait été l'objet d'une foule de distinctions , que le gouvernement lui ait offert les postes de châtelain de Boudry et de maire de la ChauX'de-fonds, qu'il ait été nommé conseiller d'Etat, député au Corps législatif, membre de la Société d'émulation patriotique, député à la Diète helvétique, etc., il n'en prit aucune vanité, s'entrelenant avec le dernier des citoyens comme avec le chef de l'Etat. Sa modestie et sa simplicité donnaient un nouveau relief à tous ses autres mérites: aussi le pays entier a-t-il pleuré sa perte , et dans son convoi funèbre, composé de députés de toutes les communes, on pouvait voir l'expression du deuil général.
Sources. Messager boiteux de Pfeuchâiel pour l'année 4844. ~ Constitutionnel neuchâtelois, août 4843, etc.