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sa vie; H remua les sentiments de charité dans les âmes, et fit voir oe qu'en possédaient toutes les classes de la société. Grands et petits, ou pour mieux dire , riches , bourgeois , gens à leur aise et prolétaires, chacun ouvrit sa bourseet tout marcha en assurance. Enl8i9, il fut honoré de la présence et des bienfaits du prince royal de Prusse , qui témoigna à M^^^ Galame l'admiration que lui faisait éprouver son œuvre. En 1831, lorsque le général de Pfuel parcourait la principauté en qualité de commissaire royal , il visita M^' Galame, qui le reçut à la porte des Billodes avec sa famille adoptive, chantant un cantique. Le général s'entretint longtemps avec la vénérable fondatrice , et l'assura que S. M. le roi son maître avait connaissance de cet asile pour l'enfance malheureuse et en avait plus d'une fois témoigné sa satisfaction. En effet, le roi voyait avec joie une œuvre aussi considérable accomplie par le dévouement d'une humble femme. A plusieurs reprises l'Institut des Billodes a ressenti les effets de la munificence royale; et en 1834 en particulier , lorsque l'on apprit à Berlin la mort de la fondatrice , le roi Frédéric-Guillaume m fil envoyer spontanément une somme de 4000 livres (5518 fr.) pour subvenir aux embarras de ce moment douloureux. Une généreuse dame anglaise, M°^^ Thompson, fit un legs de 4000 livres pour l'agrandissement des bâtiments. Toute une partie des constructions nouvelles avait déjà été érigée, du vivant de M^^® Galame, par la libéralité d'une amie qui ne connaissait d'autre emploi de sa fortune que de la dépenser en bonnes œuvres. La grande-duchesse Gonstantin de Russie avait aussi désiré d'être au nombre des bienfaiteurs des Billodes , et par l'entremise de M. de Schifferly, son secrétaire, elle envoya à M"® Galame une somme assez forte, a J'ai vu , disait M. de Schifferly en adressant cet argent, j'ai vu des savants, des guerriers de premier rang, des empereurs et des rois , des institutions de haute importance; mais ce qui seul a laissé en moi une impression indestructible, c'est l'école de M"® Galame, et les mérites de M^^® Galame elle-même. Contrarié de ne pouvoir observer des jours entiers, j'ai ce[)endant assez vu pour en garder une impression durable; j'en étais saisi : Tensemble , le tout avait complètement captivé mon âme; je ne puis pas dire seulement la grandeur d'âme do l'auteur de c«t Institut, ses connaissances, son courage, les résultats de ses sacrifioes, c'est
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le tout, rénormité du tout qui me frappe. Après cela le reste, dans le monde, me paraît chétif et misérable. Si quelqu'un niait l'existence d'une vertu complète, si quelqu'un niait l'existence d'un ange sur la terre, je lui dirais : allez voir M^^^ Galame. Je ne puis qu'admirer et me taire.... »
Tel a été l'établissement des Billodes. Nous avons parlé au passé de tous les actes de charité qui s'y sont accomplis; nous aurions pu en parler au présent, car Marie-Anne Galame ne voulut pas quitter la terre sans laisser à ses enfants une autre mère. Elle leur légua sa noble amie. Madame Zimmerlin, dont la vie jusqu'à ce jour a élé consacrée à cette œuvre si grande et si chrétienne. Nous avons raison d'espérer que cet édifice, élevé par la foi et qui n'a été qu'un instrument dans la main du Seigneur i)Our sauver du mal tant d'enfants malheureux, subsistera toujours et que jamais nos compatriotes ne l'abandonneront. Si notre pays a raison d'être fier d'avoir produit les Breguet, les Berthoud, les Jaquet-Droz, les Léopold Robert, des bienfaiteurs tels que les Marie-Anne Galame, les David de Pury , les Meuron , les L'Allemand sont rares et forment la plus belle couronne d'une nation. Bénissons donc tous ces bienfaileurs, et en particulier la femme religieuse et compatissante, qui sut par sa vie donner un si bel exemple de désintéressement, d'amour des pauvres et de charité chrétienne.
Après avoir consacré vingt ans de sa vie à être la mère des orphelins et à les nourrir du pain que sa foi obtenait au jour le jour, Marie-Anne Galame quitta ce monde le 22 octobre 1834, remettant son àme entre les mains de son Sauveur avec la môme confiance qui la faisait compter sur lui pour les moindres nécessilés de la vie. Sa mort fut un deuil général, non-seulement dans la maison qui fut l'objet de sa plus tendre sollicitude , mais dans tout le pays de Neuchàtel. M. le pasteur Andrié fut l'écho de la douleur universelle dans la touchante allocution qu'il prononça sur la tombe de cette servante du Ghrist; nous voudrions faire ressentir à nos lecteurs l'émotion que nous avons éprouvée en la lisant; mais si sa longueur nous force à regret à la passer sous silence , nous sommes heureux de citer , en terminant ces trop courtes pages , quelques vers consacrés à la mémoire de sa bienheureuse tante par son neveuy M. H.-F. Galame, ancien conseiller d'Etat :
0 vous qui frémissez au nom seul de la tombe, Venez, ici la mort n*a point eu d'aiguillon ; Sur la couche funèbre , où le chrétien succombe. Descend un sublime rayon.
Vierge à qui Jésus-Christ a donné la victoire ! Ta foi s*est transformée en cantiques nouveaux. Ton amour en triomphe, et ton espoir en gloire, Et tes souffrances en repos !
Auprès de ton Sauveur tes œuvres t'ont suivie ; L'Esprit de sainteté qui te les inspira Les marqua de son sceau pour Pétemelle vie. Où leur nom se répétera.
Vous qu'elle a tant aimés, vous qui lui dites mère , La paix soit avec vous ! tels furent ses adieux ; Elle fut votre appui, votre amour sur la terre : Elle est votre ange dans les deux.
Sources. Celte notice a été composée d'après les documents recueillis par la famille de M"* Calame et par M. Ulysse Mathey-Henry, du Locle, qui ont bien voulu nous les communiquer.— Voyêi aussi : Schweizer Monatsehronik , 1820, HtB.—BiMiothèqnc umverseUr,\lU , p.ZSZ.—jéUgem.preuis.StaaUzeittingjiSii, p.1017.— yftsa^cr boiUvsdt lïeuehâtely Années 1814-1834.— FtuiUe rHiffieua du cofilon de Faud, année 1854, etc.