‹ Biographie neuchâteloiseChapitre 33 sur 117 · JEAN-THÉODORE DE CHAILLET · texte numérisé non relu

JEAN-THÉODORE DE CHAILLET

Notre pays a eu le bonheur de posséder quelques familles privilégiées, dans lesquelles la science et le talent étaient héréditaires et se transmettaient de père en fils pendant de longues générations. LesOsterwald, les Pury, les Chambrier, les Boy ve , les Chaillet, et tant d'autres que nous pourrions citer, sont une preuve de la vérité de cette assertion . Il semble que la Providence a eu des privilèges pour ces familles fortunées ; mais il faut dire que si le savoir était héréditaire, les vertus Tétaient aussi, et que notre histoire n'est pour ainsi dire qu'un miroir dans lequel viennent se refléter les mœurs simples , le patriotisme éclairé , la bienfaisance inépuisable , l'amour du prochain , le courage uni à la modestie, et cette loyauté rare qui se remarquent dans la vie de tant de Neuchàtelois.

La famille de Chaillet peut certainement tenir un des premiers rangs dans cette pléiade d'hommes remarquables qui ont illustré le pays de Neuchàtel dans tous les temps , mais surtout au siède dernier. En parcourant les pages de ce livre, le lecteur pourra voir trois hommes de ce nom : deux pasteurs et littérateurs distingués, l'autre naturaliste de premier ordre. En voici un quatrième qui, s'il a mené une vie modeste et ignorée , n'en mérite pas moins une place dans la Biographie Neuckdteloise. Nous voulons parler de Jean-Théodore Chaillet , docteur en médecine.

La famille Chaillet se divisait en deux branches : les Chaillet d'Auvernier et les Chaillet de la Coudre; toutes deux étaient bourgeoises de Neuchàtel ; mais les Chaillet d'Auvernier Q*élaient pas communiers de la Coudre , comme ceux de la Coudre ne l'élaieDl

pas d'Auvernier. Les deux familles ont fourni des membres distingués à l'état militaire , aux administrations publiques , à la magistrature et à l'église. Des extraits du journal de l'un d'entre eux ont été publiés dans le Musée historique du professeur Matile.

La famille des Cbaillet de la Coudre , à laquelle appartenait le médecin qui fait le sujet de cette notice, est une des plus anciennes de notre pays. Nous lisons en tête de la généalogie de cette famille ces paroles : « La famille Cbaillet, originaire et bourgeoise de NeucbàteU de temps immémorial. » En effet, nous trouvons des Cbaillet dès le xn« siècle (4360): Rolinus CImllel de Cudra, burgensis Novieastri. Un grand nombre de Cbaillet sont nommés dans les anciennes reconnaissances de l'Abbaye de Fontaine- André. Dans le XYii® siècle, Jean-Jacques Chaillet était ministre à la Sagne, et en 1706, Abram Chaillet, capitaine d'une compagnie au régiment suisse de Montmollin , au service de Hollande , fut tué à la bataille de Ramillie.

Théodore, fils d' Abram Cbaillet, qui s'était établi en 4620 à Chiè- Ires, dans le canton de Berne, s'y fixa et fut naturalisé sujet de Berne en 4668. On voit encore son tombeau dans l'église de Ghiètres , et c'est le seul qu'on y voie : beau monument en marbre, très-bien conservé. Il laissa sept fils et cinq filles. L'ainé, après avoir été deux fois ministre de camp, en France, devint pasteur aux Ponts., où il est mort laissant cinq fils, dont l'aîné, Jean-Théodore, docteur en médecine, est l'objet de cette biographie. Les trois cadets servirent avec distinction dans les armées étrangères. Quant au second des fils de Théodore , il eut lui-même quatre fils : le cadet, Henri de Chaillet , seigneur d'Arnex au pays de Vaud, conseiller d'Etat et directeur des sels à NeuchAtel , fut anobli par le roi de Prusse, en 4783, et laissa de sa femme, Marguerite Montandon, trois fils , dont la génération actuelle a connu le cadet, M. le lieutenant-colonel de Chaillet, marié à Rose-Marie-Dorothée de Perregaux.

Suivant les lettres d'anoblissement de cette famille, ses armes sont; écartelé au 4®' d'or à une tête d'aigle de sable; au 2® d*azur à deux j aille ts d'argent; au 3® de gueules à la croix potencée d'argent; el au 4® (for à la griffe d^ aigle arrachée de sable.

Jean-Théodore Chaillet, né en mars 4688, à Neucbàtel , et mort

à Montilier près de Moral , âgé de 89 ans , était fils du pasteur des PoDts, et de Jeanne-Marie Ith, fille de Jean Ilh de Berne, bailli de Signau. Son père ayant remarqué en lui le goût des études, le destina à l'église ; il l'envoya d'abord à Berne , où il se distingua par son application à l'étude. De Berne il alla à Genève , où il étudia la théologie sous Turettini , Tronchin , Calandrini , Pictet et Léger.

A l'époque de son retour à Neuchâtel , il était question d'établir dans cette ville une chaire de mathématiques. Désirant beaucoup l'obtenir, il part à l'instant pour Bàle, afin de profiter des savantes leçons d'Euler et de Bernouilli. L'envie de remplir ce poste, qui était suivant son goût , l'anima à étudier cette science des mathématiques avec zèle et persévérance; ses progrès furent rapides» au point d'étonner ses maîtres. Malheureusement le projet de la création de ce poste ne se réalisa point , au moins pour le moment, ce qui décida J-T. Chaillet à étudier la médecine, pour laquelle il se sentait plus de vocation que pour la théologie. Ce parti de se vouer à la médecine lui fit prendre celui de se rendre immédiatement à Leyde, où il devint un des meilleurs élèves du fameux Bœrhave. La manière brillante dont il fit ses études lui procura des protecteurs, qui le firent connaître à l'armée de l'empereur; il accepta la place de médecin du régiment du comte de Bonneval. Peu açrès il passa, en la même qualité, dans le régiment de Langlet.

Le désir de voyager en Italie , et surtout de connaître Tunivcrsité de Pavie, l'engagea à quitter sa place, pour s'y rendre. Il avait déjà acquis beaucoup d'amis par correspondance dans cette université, où il soutint plusieurs thèses, ensuite desquelles il fut reçu docteur et professeur en philosophie et en médecine.

Quelques mois après, M. de Chaillet revint à Neuchâtel. Son proche parent, M. Jean de Chaillet, allant à Paris, lui proposa ce voyage qu'il accepta , non point dans le dessein d'y pratiquer son état , mais pour voir cette ville remarquable. Néanmoins il ne put se refuser à donner des conseils à diverses personnes, et il y fit quelques cures qui lui procurèrent une telle célébrité que le duc (l'Orléans voulut en faire son premier médecin.

Sa vue qui s'aflaiblissait beaucoup , lui fit désirer de revenir dans na patrie, en 1731. Le roi de Prusse l'honora du brevet de son médecin ordinaire dans la principauté de Neuchâtel et Yalaogio.

GHÂILLET. 149

Mais trouvant ce poste trop fatigant pour lui , il le quitta quelques années après. Le reste du temps qu'il a vécu , il Ta partagé en habitant tantôt à Berne , tantôt à Neuchàtei. Enfin il se retira chez son frère à Montilier près de Morat, quelques années avant sa mort.

Une preuve que le docteur Chaillet a été un homme marquant pour nos pères , c'est que dans les Elrennes historiques , publiées en 1797 par les frères Girardet du Locle, sur 66 pages, il y en a 18 qui lui sont consacrées. Les Etrennes rapportent en entier le brevet de docteur en philosophie et en médecine qui lui fut conféré par l'université de Pavie et dont voici un extrait :

« L'ancienne et illustre Université de Pavie a coqtinué d'élever au grade distingué du doctorat et de la dignité de Magister , ceux qui se sont montrés dignes des lauriers de l'Académie et de la couronne doctorale , par l'excellence de leurs vertus , par le grand nombre de leurs services, par leurs études soutenues, par leurs veilles, et enfin par les efforts d'un examen rigoureux...

» Nous attestons que noble et vertueux Jean-Théodore Chaillet, de Neuchàtei en Suisse , nous a été présenté avec les témoignages les plus convaincants de sa capacité , de sa probité et de son application soutenue dans la philosophie et la médecine , muni des documents de ses travaux et de ses veilles prolongées pendant un grand nombre d'années.... Dans tout son examen il s'est conduit si admirablement, si prudemment, si savamment, que non-seulement il a soutenu l'attente que Ton avait de lui , mais qu'il l'a même surpassée. C'est pourquoi nous recevons et voulons que soit reçu docteur en médecine et en philosophie , noble et digne Jean-Théodore Chaillet, homme très-habile et décoré de tous les dons de la nature et de l'art. Donné à Pavie , au lieu accoutumé pour les examens, l'an de Jésus-Christ 4726. »

Vient ensuite dans les Etrennes, le témoignage donné par l'académie de Genève à Jean-Théodore de Chaillet. Ses professeurs reoonnaissent qu'il s'est acquitté de tous les devoirs d'un étudiant zélé. « A ces louanges, dit le témoignage, se joignent son attachement à la piété et à la vertu , la pureté , l'honnêteté et la probité des mœurs. S'il continue le chemin qu'il a commencé, nous n'attendons de lui rien que de louable. »

On doit au docteur Chaillet une pommade de raisin pour un grand

450 CHÂLLÂNDES.

nombre de maux et fort employée à Neuchâtel ; un thé neuchfttelois ou infusion desimpies, composé de véronique, de sanicle, de bétoine et de belle-étoile, que Ton peut recommander comme très-sain et très-agréable au goût. Quelques personnes possèdent aussi un vieux cahier d'excellentes recettes du docteur, ce qui prouve que nos pères en faisaient cas et usage. Il aimait à employer la plaisanterie dans sa pratique. Ainsi il avait prescrit des pilules à deux demoiselles , qui étaient des malades imaginaires , et leur avait recommandé de les prendre avec une extrême précaution, à cause de la violence extraordinaire du remède: d'abord le quart d'une pilule, plus tard la moitié, et seulement au bout de huit jours la pilule entière. Au bout d'un mois ces demoiselles, radicalement guéries, allèrent le remercier à deux genoux, a Ne me remerciez pas tant, leurdil-il, savez-vous quel était ce merveilleux remède?.... Des pilules de mie de pain. »

Une de ces recettes d'hygiène pour lui-même, parait avoir été la gaieté, qui a contribué sans doute à lui faire atteindre l'âge de près de quatre-vingt-dix ans, âge rare surtout dans la profession de médecin.

Souroef. Extrait en grande partie d'une noUce publiée, en 1864, dans Valmanach de Neuchâtel , par un arrière-petit-neveu du docteur ChaiUet. — Voyei aussi les Etrennes historiques pour l'année 1797; elles renferment un portrait du docteur ChaiUet.

LOUIS CHALLANDES.

Louis Challandes , trésorier-général , député au Corps-législatif, chevalier de l'ordre de l'Aigle-rouge , mort en 1848, était entré de bonne heure au barreau^ où son père, le maitre-bourgeois Challandes de Fontaines , avait déjà porté cette connaissance de notre droit coutumier que l'on puisait alors dans la vie publique, et l'expérience que donne la pratique des aflaires. Louis Challandes avait étudié le droit à Genève. Fixé comme avocat à la Chaux-de-fonds, la confiance dont il y jouissait s'étendit de l'autre côté de la frontière, et pendant les premières années qui suivirent 4846, nos voisins du Jura bernois grossirent sa clientèle déjà nombreuse» et il

GHALLANDES. ISl

plaida souvent, soit devant les coars baillivales» soit devant la cour d'appel de Berne. Il abandonna cette partie de ses occupations» quand le canton de Berne eut régularisé par une loi qui n'admettait plus d'étrangers , tout ce qui tient à la profession d'avocat.

En 1830, Louis Gballandes postula et obtint la mairie de la Sagne. II fut, dès la première formation du Corps-législatif, en 4834, l'un des dix membres de ce corps dont le roi s'était réservé la nomination. Au commencement de 4832, la place de maire de la Ghaux-de-fonds lui fut offerte, et il se décida, non sans quelque hésitation, à l'accepter. Il en remplit les nombreuses et pénibles fonctions jusqu'en 484&, qu'éprouvant le besoin du repos, il demanda, comme un poste de retraite, l'office, alors vacant, de trésorier-général. Ses longs services méritaient l'accueil favorable qui fut fait à cette demande. Louis Gballandes se fixa alors à Neuchàtel. En passant ainsi dans l'administration centrale de l'Etat, il conserva néanmoins son siège au tribunal souverain , où il avait été appelé en 1833 , lors de la reconstitution de ce tribunal, comme l'un des quatre juges à la nomination directe du roi. Ces fonctions judiciaires lui offraient un intérêt particulier : c'était un souvenir actif de ses premières études et de ses premiers travaux.

Cependant depuis quelques années , la santé de M. Cballandes s'était affaiblie; il souffrait d'un mal organique qui réclamait des soins habituels. Il avait été frappé dans ses affections d'une manière d'autant plus douloureuse qu'elle fut chaque fois subite ou imprévue, par la perte successive d'une fille et de son épouse. Enfin, dès l'hiver de 4848, et même avant l'ébranlement que lui causa notre révolution, ses amis purent se dire qu'il n'était plus destiné à leur être conservé longtemps. Après que la nouvelle administration eut retiré de ses mains la caisse de l'Etat , il échangea pour l'été le séjour de Neuch&tel contre celui de la Chaux-de-fonds, où il avait laissé un fils et un frère. C'est là qu'avant d'avoir atteint l'âge de vieillesse proprement dite, il a trouvé le terme de son existence terrestre.

Peu d'h':*'mmes auront laissé, comme M. Cballandes, au sortir d'une longue carrière publique, une mémoire agréable à tous et exempte , nous ne dirons pas des haines , qui d'ordinaire s'éteignent à la mort, mais des préventions des partis. Modéré et conciliant de

1S2 GHAMBRIER.

caractère, ces qualités eurent déjà leur part à la considération dont il jouit comme avocat. Dans le poste dirficile de maire de la Chauxde- fonds, où un dévouement de tous les instants le mit seul en état de suffire à la multiplicité de ses devoirs, il eut toujours à cœur le bien de la localité; aussi posséda-t-il, à travers tous les conflits politiques, la confiance même des hommes de l'opposition. C'est pendant qu'il occupait cette place importante que le roi lui donna une mai'que spéciale de satisfaction, en lui conférant la croix de Tordre royal de l' Aigle-rouge. Au Goçps-législatif , qu'il présida plus d'une fois, les opinions de M. Challandes furent toujours sages, son langage toujours mesuré. Enfin , dans les délibérations du tribunal souverain, ses collègues purent apprécier et apprécièrent en ellel la sûreté et l'impartialité de ses jugements.

Souroei. Nécrologie du Messager boiteux pour Tannée i849, et du Pfeuchàtêlois, année i848.

GHAMBRIER.

Famille noble de Neuchàtel , qui a donné au pays de Neuchàlel un nombre considérable d'hommes distingués. Elle tire son origine de la ville de Travcs , dans le comté de Bourgogne , où elle était connue au xiv® siècle sous le nom de Girardin , et où , si Ton en croit d'anciennes notices, elle possédait des droits sur les halles de Traves et quelques biens communs avec les barons de ce lieu. On ne peut, faute de documents certains, établir à quelle date elle peut faire remonter sa noblesse. On a cru, et l'identité du nom de Chambrier a fait naître celle opinion, qu'elle avait une origine commune avec celle de Chambrier , établie anciennement à Salins et éteinte depuis longtemps; * mais c'est sans fondement. On a encore sup-

I Cette maison, qui portait indiiïcremmcnt les noms de Chambrier tChambier et Morel, était une des plus anciennes de Salins. Elle y était établie aviDl que celle ville et son territoire passassent sous la domination de Jean, comte de Bourgogne. L« premier de cette Tamille est Ulrich Ciiambrier ou Chambi r,iioflimé dans une donation faite à l'abbaye de Gouaille par Gaucher IV du nom. sire de Salins. On ne connaît point ses armoiries. (Voyez la généalogie de cette famille dans vnist. des sires de Salins, par Tabbé Guillaume, 1. 11» p. 78» iii-4«.)

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posé qu'elle pouvait descendre d'un cadet de la maison de Traves, appelé Girard , qui prit le nom de Girardin , et dont la descendance était tombée dans la médiocrité; mais on doit convenir que ces diverses opiaions ne peuvent se soutenir par aucun document. On trouve seulement, par des recherches faites en 1560, par Pierre, ^Wi-ûh de Jean de Chambrier , le premier auteur de cette famille qui s'établit à Neuchâlel, que ses pères possédaient à Traves des droits sur les halles du dit lieu, et des domaines alternes, ou possédés alternativement par eux et les barons de Traves, ce qui paraissait indiquer des droits paragers, ou une preuve de partage ancien . Sur ce fondement il fit toutes les réclamations possibles, alla plusieurs fois dans le comté de Bourgogne pour tècher de trouver des titres qui pussent lui en faire recouvrer la possession ; mais les circonstances et les troubles du temps rendirent ses recherches inutiles. On est donc borné à la tradition, qui établit que sa noblesse est très-ancienne. Si Ton consulte le témoignage de LeLaboureur, prieur de l'Ile-Barbe, dont les témoignages font foi dans les discussions historiques, et qui est souvent cité par ses grandes recherches et la critique lumineuse dont il sait faire usage, le passage qui concerne la famille de Ghambrier ou de Girardin , et qu'on trouve dans ses Mélanges manuscrits pour servir à Vhistoire de France , déposés sous le N^ 427 à la Bibliothèque impériale à Paris, vient à l'appui de cette opinion. Voici ce qu'il dit:

« Girardin, maison noble de la comté. Cette famille a été constamment attachée aux comtes de Bourgogne , et s'est éteinte dans ce pays à la fin du xvi® siècle. Le margrave Rudolf de Hochberg, comte de Neuchàtel, se rendit en 1 464 en Bourgogne, prit à son service Jean de Girardin, qu'il fit son chambellan et l'emmena en Suisse où il est demeuré. Son petit-fils Jean Chambrier (sans qu'on sache pourquoi il a quitté son nom de maison pour prendre 6e dernier), était un des favoris de François, duc d'Àlençon, frère du roi Henri m, et général des Suisses au service de France en 4575. Le duc affectionnait beaucoup ce gentilhomme, contre lequel quelques courtisans du même prince conçurent de la jalousie. Un de ceux-ci l'appela pour se battre en duel, mais le duc, qui en fut averti , arrêta la querelle et engagea Jean Chambrier à revenir dans son pays, ce qui fut exécuté. »

454 GHAMBRIER.

Nous voyons en effet que ce prince lui accorda son congé en 4576. Un acte, daté de Bar-sur-Seine, le 28 mai de cette année, signé François (duc d'Alençon) et revêtu de son sceau , porte que « Jean Ghambrier a bien fidèlement servi comme maréchal-général des régiments suisses, choisi comme tel par notre cousin le prince de Gondé, etc. » * Mais si cette famille fut considérée dans la partie du comté de Bourgogne, qu'elle habitait dans rorigine, ainsi que l'observe LeLaboureur , sa postérité , depuis son établissement à Neuchâtel , n'a pas moins produit de personnages illustres , qui se sont fait remarquer dans leur nouvelle patrie , et surtout à la cour de Berlin. Frédéric i', ayant été mis en possession de la principauté de Neuchâtel, en 4707, comme héritier de la maison de Ghàlons, informé d'ailleurs combien la famille Ghambrier avait contribué à faire valoir ses droits à cette succession, donna, le 8 avril 4709, un diplôme en sa faveur, comme un témoignage des services qu'elle lui avait rendus à cette occasion. Il y reconnaU son ancienne noblesse , et l'immatricule dans le corps de celle de ses autres Etats, lui concédant, suivant l'usage de l'empire, un quartier d'armoiries, portant uns tête d'atgle de sable , couronnée d'or, en champ d'argent. L'an 4737, le roi Frédéric-Guillaume honora par un diplôme du titre de baron du royaume de Prusse, Jean de Ghambrier, son ministre à la cour de France, avec le droit de disposer de ce titre en faveur de deux personnes de sa famille et de leur descendance : il le fit passer à ses deui frères. Le roi ajouta à cette faveur une distinction particulière , celle de porter sur le tout de SCS armes un petit écusson chargé de l'aigle de Prusse. L'an 4782, par un autre diplôme du 25 avril, le roi Frédéric-Guillaume ii, érigea en faveur de cette famille, sous le titre de baronie de Chamhrier, le fief de Grand-Jacques et le domaine connu sous le nom de Pré- Chambrier. Et par lettres patentes du 42 février 4789, S. M., i raison de la succession éventuelle qui pouvait être ouverte de cette baronie à tous les membres de la famille, les reconnut, de même que leurs descendants, comme barons de Ghambrier. G'est donc en vertu de titres bien connus que nous commencerons la généal(^e et que nous parlerons des membres de cette illustre maison , qui ont honoré leur patrie.

I Afriiivcs de la maison de Cliaii|brier«

GHAMBRIER. 4S5

I. Jean de (Aambriar, premier da nom , attaché dès son bas ège à la personne et au service du margrave Rodolphe de Hochberg, comte de Neuchàtel. Il le suivit en Sqisse et s'établit à Neucbàtel vers Tan IkiMi. Quelques manuscrits veulent qu'il ait été page , puis chambellan ou chambrier de ce prince ; mais on ne trouve aucun titre qui le prouve ; seulement on sait par tradition que le nom de Chambrier fut pris par sa postérité, à raison de l'office qu'il avait exercé à la cour du margrave. On le trouve désigné sous le nom de Jean Girardin, comme témoin, avec les nobles M. de Cléroo , Gonrad de Diesse , Nicolas de Bellevaux , Rodolphe de Yauxmarcus, Otbenin de Gléron, Etienne de Bariscourt le jeune, Jean d'Erlach, Pierre Bergier, et plusieurs autres, dans une transaction passée le 7 mars 4 480, entre Pierre de la Haye et Gonrad Cordier, à l'occasion du procès qui s'était élevé entre eux , et sur lequel il avait été rendu un jugement aux audiences, le 23 janvier lh77. * Il avait épousé Gatberine du Locle dit Besancenet, et mourut le 30 septembre 4 SOS. Il fut enseveli dans l'église collégiale de Neuchàtel , où l'on voit encore sur sa tombe une partie de la légende et de ses armes. Sa femme lui survécut jusqu'en 1S24, date de son testament. Elle se dit, dans cet acte du 9 mai, veuve de noble homme Jean de Chambrier, et ne laissa de son mariage qu'un fils unique, qui suit :

II. Pierre de (Aambrier, fils du précédent, reçut en 1S37, pour ses services, de la princesse Jeanne de Hochberg, comtesse de Neuchàtel , IS livres de cens sur un domaine en vignes qu'il possédait. Il est appelé dans cet acte lieutenant du Gouverneur; il était d'ailleurs châtelain de Thielle et conseiller d'Etat. Ce fut en vertu de cette dernière charge qu'il fut choisi pour l'un des quatre arbitres qui, déliés de leur serment envers cette princesse^ prononcèrent, eci 1S39, sur les différents qui s'étaient élevés entre elle et le ma- (^strat de Neuchàtel, à l'égard des biens de l'église. II présida, en Qualité de lieutenant au gouvernement de Neuchàtel, à la rédaction d«s Ordonnances ecclésiastiques, faites par le tribunal souverain des -^^udiences générales après la Réformation. Possesseur d'un do- ^^ciaine considérable dans le vallon des Ponts , on le trouve nommé

1 Archives de la maison de Ciiambrier,

1S6 GHAMBRIER.

dans un arrêt de police, du 7 septembre 1552 » qui concerne ce domaine , dans les manuels du Conseil d'Etat , donné peu d'années après son décès en faveur de son fils. Il mourut de la peste en 15&5, et fut enseveli dans l'église de Neuchàtel , à côté de son père. Il avait épousé Jaqueline de Vieilmarché , fille de Jean Quemin de Vieilmarché, et de Clauda Baillodz, et en eût:

i^ Benoît de Chambrier, dont on parlera plus loin;

2^ Pierre de Chqmbrier. Celui-ci servit dans sa jeunesse à la suite du marquis de Rothelin , fils de Jeanne de Hochberg, duchesse de Longueville , en qualité de colonel d'un corps de Suisses à la solde de François i'. On conserve dans sa famille le journal de ce qu'il fit pendant le temps de son service. Il fut chancelier du prince dans le comté de Neuchàtel, office alors connu sous le titre de secrétaire-général des princes. Il avait été envoyé, en 1536, par le canton de Soleure , vers le roi de France pour le servir en qualité d'interprète des bandes suisses. Ce canton, par sa lettre du 9 février , le recommanda à ce monarque comme issu de bonnes nobles gens. On possède encore son testament de l'an 1570; il dit que (( se trouvant à Nyon peu de temps auparavant, il vit monseigneur Gelse de Travcs, seigneur de Porchrusse, s. Léger, etc. Celui-ci lui demanda son fils unique pour page, voulant le nourrir et l'entretenir dans sa maison , comme son parent et allié , en présence de ses gentilshommes, après avoir vu les titres du testateur. » — Celui-ci ajoute : a comme la certification du dit seigneur le prouve. » Ce testament contient d'ailleurs diverses particularités sur sa famille , qui rendent sa conservation précieuse. On remarque aussi par quelques écrits qui restent de lui^ qu'il fit beaucoup de recherches sur sa famille , dans le comté de Bourgogne. Il se procura même quelques notices qui auraient pu rendre ses recherches plus intéressantes , si les difiérents qui existaient entre plusieurs prétendants à la baronie de Traves lui avaient permis de les continuer. On sait aussi la perte considérable que cette province a essuyée par les troubles et les ravages de la guerre , depuis le xv* siècle, à l'égard des dépôts d'actes publics et particuliers. Pierre mourut en 4571, n'ayant laissé d'Othenette Tschiffclly , sa femme, qu'un fils unique, nommé Pierre comme lui, qui mourut jeune et sans postérité ;

GHAMBRIER. 457

3^ Jean de Chambrier, chef de la 6® branche ;

4® Georges de Chambrier. On ignore sa destinée. Après avoir reçu sa part de l'héritage paternel, il disparut. Quelques notes anciennes, conservées dans la famille, assurent qu'il se retira en Allemagne. Il parait encore dans un acte de Tan 4580; et dans un autre du 26 novembre 1586 , il comparait un procureur de noble Georges de Ghambrier;

5^^ Catherine de Chambrier, mariée: 1^, en 4553, à Glaude de Senarclens , seigneur de Perroix et de Rosey , au pays de Vaud, conseiller d'Etat à Neuchàtel, mort en 4573 ; 2^ à Jacques de Menthon, seigneur de Dusilly; mais elle n'eut point d'enfants, ni de l'un ni de l'autre , et mourut en 4584. Ses neveux , qu'elle avait fait héritiers , reçurent de Léonor d'Orléans 800 écus d'or , qu'il devait à Glaude de Senarclens son premier mari ;

6® Louis, bâtard de Chambrier , né d'une fille de Fribourg. Il servit sous son frère Jean dans une compagnie au service de France. On ignore sa descendance et même s'il a été marié.

m. Benoit de Oiainbrier, fut d'abord chanoine de l'église de Neuchàtel , pour obéir au vœu de son aïeule. On en trouve la preuve dans le testament de Gatherine du Locle, de l'an 4 524 . Elle y fait don à son petit-fils d'un fonds de terre appelé Benoit, à condition qu'il soit voué à l'église. Ge qu'il y a de singulier, c'est qu'il était l'ainé des quatre enfants de son fils unique. Sa dévotion lui dicta sans doute un pareil vœu. La Réformation ayant anéanti le chapitre, il succéda à son père dans l'office de châtelain, en 4545, et fut nommé conseiller d'Etat en 4548. On voit par divers actes publiés, qu'il était lieutenant du gouverneur en 4566. On conserve des instructions qui lui furent données, lorsqu'il fut envoyé, à diverses fois auprès du canton de Berne, par le gouvernement, pour différentes négociations entre les deux Etats. 11 avait acquis , en 4537 , le fief de Ornières , qui lui donnait place dans le rang des nobles aux Audiences-générales , où il siégea en 4547. Il acquit aussi le fief de Savagnier , qui lui donnait de même séance aux Etats de Valangin. On voit par divers actes de 4550 à 4560, que Benoit et ses frères eurent un procès à soutenir contre les héritiers du gouverneur Georges de Rive. Il avait épousé Rose L'Ecureux, fille de Glaude Simonin et d'Isabelle Drogy , nièce et héritière uni-

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verselle de feu noble homme Jean L'Ecureux, bourgeois de la Neuveville. Jean , fils de Claude Simonin , prit le nom de L'Ecureox, ainsi que ses sœurs. BenoU Ghambrier mourut en 1574 ; il ne fut point enseveli dans l'église de Neuchàtel , auprès de ses prédécesseurs, parce qu'une ordonnance défendit expressément d'inhumer dans les églises. On établit un cimetière hors de la ville, où il fut enseveli le premier, et dans une place longtemps affectée à sa famille. On trouve dans une note écrite de la main de son fils , que son père fut inhumé dans ce nouveau cimetière , sous une grande pierre annoyée de ses armes. En 4700 , une épidémie qui causa beaucoup de ravages, obligea de rendre toutes les places du cimetière communes. On enleva sans doute alors cette tombe ainsi que d'autres. Benoit n'eut de son mariage qu'une fille , nommée Jaquette , mariée à Louis Pury , capitaine au service de France en 4575, et un fils nommé Pierre, dont nous allons parler:

IV. Pierre de Oiambrier, deuxième du nom, fit hommage en 4575, à Isabelle de Ghallant, dame de Valangin, pour le fief de Savagnier. Il fut nommé conseiller d'Etat en 4575, et lieutenant-général au gouvernement , par Nicolas Brulart , ambassadeur de France en Suisse , chargé de cette commission par Marie de Bourbon, en 4594. Il parait qu'il eût une grande part à la bienveillance de cette princesse, et qu'il fut soupçonné de postuler la place de gouverneur du comté , malgré la survivance accordée à Pierre Vallier, en faveur de son fils Jacques Vallier. On voit encore un témoignage sensible de la confiance que Marie de Bourbon avait en lui, par la lettre que Marguerite et Gatherine d'Orléans , ses filles, lui écrivirent après la mort de leur mère en 4602. Il fut employé dans plusieurs négociations en Suisse , et surtout auprès du duc de Wirtemberg, pour l'achat de la seigneurie de Valangin, vendue à ce prince par la comtesse d'Avy, et qu'il fallait engager à se désister de ses prétentions. On trouve dans les actes de partage des biens de Pierre par ses trois fils , un effet qui rappelle cette négociation ; il y est parlé d'un vase d'or à lui donné par le duc de Wirtemberg. Possesseur de quelques fiefs dans les terres du prince-évéque de Bàle, on trouve, à la date de l'an 4609, une lettre de citation de ce prince « qui le requiert de se tenir prêt comme son fidelle vassal à se rendre auprès de lui au premier ordre, avec

eHAMBBIER. 1S9

éqoçage de guerre et chevaax. » Pierre de Ghambrier contnela trois allîanoes : la première avec Isabeau Gatchet-Vallier, fille de DoUe Jean-Amedée Gatchet, seigneur de Bellevaux, et de Marguerite Yallier, fille de Pierre Yallier.. châtelain du Landeron, et de Marie Odet; la seconde» en 1577, avec Anne Varnier, veuve de Henri de Diesbach, fille de Jean Varnier, conseiller du Landeron, née d'un père catboliqae; la troisième, en 1589 , avec Isabeau de Graffenricdt, fille de noble Nicolas de Graffenriedt, trésorier et du Conseil-étroit de Berne, veuve de noble David de Merveilleux. Pierre de Ghambrier mourut en 1609, laissant pour enfants :

1® lioae de Chamhrier, qui s'établit à Berne , où il acquit le droit de bourgeoisie. Il épousa, en 1608, Jeanne Manuel, fille de Doble François Manuel, du Gonseil souverain de la ville de Berne, et de Dorothée de Lutternau, dont il n'eut que deux filles. L'aînée, Catherine de Ghambrier, fut mariée en 1625 avec Albert de Gingins, seigneur d'EcIepens; la cadette épousa, en 1638, noble Jean Steiger, baron de Belle. Isaac, leur père, mourut vers l'an 1620. Sa veuve se remaria avec Charles de Bonstetten ;

2® Benatl de Chamhrier, qui suit ;

3® Abraham de Chamhrier, auteur de la 3™^ branche;

4® Isahelle de Chamhrier y mariée en premières noces, le 11 juin 1610, à noble François deGleresse, bourgeois et conseiller de la Neuveville ; en secondes noces à François-Louis d'Erlach , baron de Spiez , fils de l'avoyer de Berne. Elle n'eut de son premier mari qu'une fille unique, Hélène de Gleresse, qui mourut à l'ftge de 17 ans, en 1628 ;

5^ Anne de Chamhrier, mariée en 1609 à Hugues Tribolet, conseiller d'Etat et maire de Neuchàtel ;

6^ Catherine de Chamhrier » mariée à noble Jean-Jacques de Merveilleux, seigneur de Bellevaux.

y. Benoit de (Aambrier, deuxième du nom, fil hommage, en 1625, au comte Henri ii de Longueville, pour le fief de Savagnier, que ce prince érigea en fief m&le devant passer d'ainé en aine. Benoit fut maire de la Côte et contracta deux alliances. La première avec Isabelle de Merveilleux, fille de Jean de Merveilleux, conseiller d'Etat , et de Salomé de Wurstemberg , qui mourut tôt après. Elle est enterrée dans la vieille église de la Neuveville , sous une

460 GHAMBRIER.

tombe , dans la chapelle du Saint-Esprit. On a gravé sur cette tombe, avec les arme^, quatre vers dignes du temps, qui prouvent /

que cette femme était distinguée par ses traits et son mérite. Il ï

épousa en secondes noces Dorothée Wittembach , fille de noble Bénédict Wittembach , bourgeois et conseiller de Sienne, et mourut en 1637, laissant de ce second mariage plusieurs enfants: ^

1^ Frédéric de Chambrier , capitaine au service du duc de Savoie, mort sans postérité ; ; :

2® Pierre de Chambrier, qui suit; i ,

3^ Jacob de Chambrier, épousa Tan 1636, Anne de Merveilleux, 5fille de noble Guillaume de Merveilleux, bourgeois de Berne, conseiller d'Etat de Neuchàtel, et de Judith d'Arbonnier de Disy. Son petit-fils , David-François de Ghambrier , officier au service des Etats-Généraux, fut tué en 1702 au siège de Kaiserwerth. C'était un jeune homme de grande es|)érance ;

h^ Anne- Marie de Chambrier, mariée par contrat du S avril 16iO à Jérémie de Gumœns, fils de Michel de Gumœns, seigneur de Gumœns-Ia-ville , et de Madeleine de Bonstetten ;

S^ Eslher de Chambrier, femme de Samuel de Gingins, seigneur de Corn en s ;

6^ Isabeau de Chambrier, épousa en 16&0, Maurice Tribolet, de Neuchàtel.

YI. Pierre de Oiambrier, troisième du nom, rendit hommage, en 16&7, au souverain pour le fief de Savagnier ; il fut nommé conseiller d'Elat , procureur-général , et ensuite maire de Neuchàtel ; il mourut en 1667, ayant épousé : 1^ Lucrèce Rougemont, 2^ Esther Pury^ et laissant quatre fils:

1° Josué de Chambrier, qui suit;

2^ Abraham de Chambrier, conseiller d'Etal et maire de Yalan — gin , épousa Marie de Chambrier , de laquelle il n'eut qu'un fib^«. nommé Benoit, qui lui succéda dans ses emplois et mourut en sans avoir eu d'enfants, de sa femme Anne Brun-d'Oleyres;

3^ Samuel de Chambrier, conseiller d'Etat et^ chancelier , mari à Lucrèce Tribolet, fille de Godefroy de Tribolet, procureur de V langin , et de Marie Osterwald, dont la descendance est éteinte;

k^ Henri de Chambrier, chef de la K"** branche.

VII. Josué de Ghambrier, trésorier-général du souverain davis

GHAMBRIER. 161

le pays, mourut en 1700, ayant épousé Juditb Tribolet, fille de noble Guillaume Tribolet, conseiller d'Etat, et de Marie Rougemont, dont il eut :

{o Pierre de Chambrier, qui suit ;

2® Frédéric de Chambrier, chef de la 2™« branche;

3^ duillaume de Chambrier, mort en I6k% sans postérité;

4^ David-François de Chambrier , capitaine d'une compagnie Suisse de 200 hommes , au service du duc de Savoie , en 1704, nommé l'un des lieutenants-colonels de la Principauté, par Frédéric i®^, en 1708, mourut en 1729, sans postérité. Il avait été gentilhomme de la Chambre du duc de Saxe-Balby, en 1696. Son congé, en quittant cette cour, est daté du 20 août 1698;

S^ Jean-Jacques de Chambrier, officier dans le régiment des Gardes hollandaises au service de Guillaume m, roi d'Angleterre, mort célibataire.

VIII. Pierre de Ghambrier, quatrième du nom , fut nommé conseiller d'Etat et trésorier-général par le roi Frédéric i®*", en 1708, et mourut en 17ft&, après avoir épousé Marguerite de MontmoUin, fille de Georges de Montmollin, de laquelle il eut Josué , qui suit :

IX. Josué de Chambrier, seigneur de Travanet , Saint-Pierre de Trévisi , etc., en Languedoc, reçut la clef de chambellan du roi Frédéric-Guillaume, en 1731 , à laquelle fut attachée une pension de 375 rixthalers. Nommé conseiller d'Etat et trésorier-général, il mourut en 1763, laissant de Jeanne-Henriette, fille de noble Charles de Gabrol, seigneur de Travanet en Languedoc, capitaine de cavalerie au service de Prusse, et de Marguerite de Miramont , dame de Vesiric, l'un et l'autre d'ancienne noblesse du Languedoc, deux fils et une fille. On trouve dans les Métnoires de la Société écono- ^^ique de Berne divers Mémoires d'agriculture , écrits par M. de Chambrier de Travanet ; entre autres deux Mémoires , l'un sur la ^tiUure de Vesparcette, 1763 , t. II, p. 139; et l'autre sur la manière de fertiliser les fonds marécageux , 1764 , t. XIV, p. 5. Ce dernier fut traduit en allemand et parut dans le môme recueil. Il parle des marais de la Brévine , du Val-de-Travers , et des grands tarais entre les trois lacs.

1^ Charles-Henri de Chambrier, qui suit ;

462 GHAMBRIER.

2° Jean-Pierre de Chambrier-Travanet , né en 1731 , capitaine dans le régiment des Gardes-Suisses en Hollande , puis colonel en 1 795 , épousa Salomé de Ghambrier , fille de François , baron de Ghambrier cl de Rose-Marguerite Meuron. Son fils, le baron Auguste de Ghambrier, mort en 1811, a écrit plusieurs Mémoires intéressants sur l'agriculture , la géologie , etc. Parmi les plus remarquables nous citerons les suivants :

i« Lettre sur un essai du procédé explosif de Jésop, fait par M, Huguenin à Neuchâtel. Bibliothèque britannique, 4806, t. XXXI, p. i85.

2« Lettre sur l'inoculation de la claçelée aux moutons. Bibl. britann. Agricult. t. VIII, p. U7.

3« Lettre à J.-C. de Lamétherie, sur Vcuphalte du Fal-de-Travers, Journal de Physique. An XI, t. LVI, p. 351. Un extrait de cette lettre a paru dans L.- W. Gilberto. — Jnnalender Physik. Halle i804, XVIII, 423.

4« Recherches sur les montagnes d'alluvions , ou poudingues de la Suisse, Journal de Physique. An XIV, t. LXI, p. 241. Inséré par forme d'extrait dans MoII, Annalen de Berg- und Hûttenkunde. Nûrnberg 1807, t. VI, p. 301, et dans Jdhrgang, p. 465-168, 233.

5® Lettre à J.-C. de Lamétherie i sur la formation des collées. Journal de Physique i806, t. LXIll, p. i69.

6« Plusieurs articles du Messager boiteux de Neuchâtel , sur Tagricultare.

3<* Jeanne de Ghambrier, femme d'Isaac Bedaulx, général-major au service de Hollande en 1788.

X. Charles-Henri, baron de Ghambrier, né en 1728 , conseiller au conseil d'ambassade de S. M. à Berlin, conseiller d'Etat de la principauté de Neuchâtel, en 1751. Par un diplôme de cette dernière année , le roi Frédéiic ii lui concéda le titre de baron du royaume, qu'avait déjà reçu le baron de Ghambrier son ambassadeur à la cour de France. Il quitta Berlin en 1764 et mourut à-. Neuchâtel en 1769. De Charlotte- Albertine de Pury, son épouse^ fille de noble Charles-Albert de Pury, officier au service de France^ il eut pour fils unique Charles-Henri, qui suit :

XI. Caries -Henri, baron de Ghambrier, né en 1767, ent le l^' avril 1780, comme pensionnaire dans l'Académie royale d gentilshommes à Berlin, cl fut officier dans le régiment des Gardes.— àSuisscs en Hollande, en 178S. Le roi Frédéric-Guillaume, en érigeant en baronic le fief de Grand-Jacques , ainsi qu'un domaine

GHAMBRIER. 163

coDsidérable pour le baron de Chambrier d'Olcyres, son ministre à la cour de Sardaigne , y fil participer le colonel de Chambrier, comme co-possesseur du fief et du domaine. Cet acte est daté du 25 avril 1787.

•BCOHDE BBANCHK.

YIII. Frédéric de Chambrier, né en 1663 , deuxième fils de Josué de Cbainbrier, et de Judith Tribolet^ servit pendant quelques années en France, à la fin du xvii« siècle, et fut nommé conseiller d*Etat, commandant et châtelain du Landeron par Frédéric \^', en 1708. Il épousa Marie-Marguerite de Chambrier , et mourut en 1746, laissant pour enfants :

1^ Charles-Louis de Chambrier, qui suit ;

2® Philippe de Chambrier, colonel au service des Etats-Généraux, et commandant en chef de la province de Surinam, mort en 1754, sans postérité;

3^ JosîU de Chambrier , major et capitaine dans le régiment suisse de Chambrier, au service des Etats-Généraux, mort en 1756, également sans enfants ;

4^ Benoît de Chambrier , officier au service de France dans le régiment de la marine de Karrer, décédé en 1742 ;

5<* Henri de Chambrier, officier dans le même régiment , mort en 1741 ;

6** N. de Chambrier , femme de Frédéric de Pierre , conseiller d'Etat de Neuchàtel ;

IX. (S&arlee-Loais de Chambrier, seigneur d'Oleyres , né en 1690, officier en 1709 , dans le régiment du colonel-général des Suisses en Hollande, capitaine-lieutenant dans le régiment de Chambrier, en 1717, capitaine d'une compagnie de 200 hommes, en 1728, iHajor du régiment de Hirizel, en 1737 , lieutenant-colonel de ce ''égiment, en 1745, fut dangereusement blessé au siège de Tournay. Les suites de cette blessure l'obligèrent à quitter le service, porteur d'un brevet du Sthatouder pour la levée d'un régiment qui lui était destiné. Il se retira, en 1747, après avoir servi avec beaucoup de distinction. Il avait épousé Marie-Marguerite Brun, fille unique de noble Jean-Pierre Brun , seigneur d'Oleyres, conseiller d'Etat, et

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2° Jean-Pierre de Chair dans le régiment des (î.n ' 179S , épousa Saloiué t!- Chainbrier el de Ros»* gusle de Ghambrior, téressants sur raj^ri marquables nous c

!• Lettre «wr m- Neuchâtel. Bihliofi

2» Lettre sur f cuit. t. VIII, p. !

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.jfodilion de la Grèce en 1366 , elc. D'autres iil dans des écrits périodiques, tels que le Mar. Pendant son séjour à Turin, il trouva le temps poitrails pour illustrer les Confessions de J.-J. . rivait à nnadame de Charrière , à Golombier , avec îvlcnait des relations littéraires très-suivies: « On at- '• i?mprcssemenl l'édition des Confessions , que M. DuifiMiicc. Je voudrais fort contribuer à sa perfection par ..;• ' du comte ou de Tabbé de Gouvon , que j'aurais pu vous >or, si les descendants de celte maison avaient permis que ces IKir^ ..;i^os parussent dans les Confessions d'un de leurs anciens dômest4t|ucs.... J'ajouterai qu'on ne lit ici les Confessions qu'en s'en confessant à son confesseur. Voilà qui exclut de ce livre les estampes delà famille Solar; mais si les âmes scrupuleuses osent à peine convenir qu'elles l'ont lu, en revanche la plupart des lecteurs en dissertent à perte de vue , et j'ai eu le plaisir d'entendre discuter le geare de mérite qui ferait passer J.-J. Rousseau à la postérité, dans une société où se trouvaient plusieurs des meilleurs amis de Marie- Antoinette. L'un d'eux avoua avec une ingénuité touchante : « qu'hélas ! si chacun des écoutants avait à faire une confession aussi sincère que celle de Rousseau , peut-être serait-elle encore moins innocente.... )i

L'abbé Denina, auteur d'un Tour en Allemagne et en Suisse, publié en 1795, fait le plus grand éloge du baron J.-P. de Cbambrier, CD parlant de Neuchàtel et de la société d'Emulation patriotique, sorte de petite académie qui venait d'y être fondée sous ses auspices, et qui, bien que circonscrite à dessein, exerça une influence sensible sur l'état intellectuel de ce pays, en couronnant chaque année divers mémoires sur la statistique du pays , l'histoire des mairies et juridictions , le dessèchement des marais , l'agriculture , la ^Iture de la vigne , les écoles de campagne , les inconvénients du tf roît de parcours , les moyens de prévenir les débordements de la Heuse, elc.

Voici le catalogue complet des divers écrits du baron de Chamelier d'Oleyres, tous marqués au coin du savoir, de l'érudition et 4*iine saine critique.

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