‹ Biographie neuchâteloiseChapitre 35 sur 117 · DE RECONNAISSANCE BT DB RESPECT · texte numérisé non relu

DE RECONNAISSANCE BT DB RESPECT

nonrisHE bbamohe.

V. Abraham de Ghambrier, second fils de Pierre ii et d'Anne Varnier, sa seconde femme, acquit du souverain la moitié du fief de Grand-Jacques, qu'il réunit à celle qu'il avait déjà. Il fut pourvu, en 1630 , par le prince Henri ii de Longueville , de l'office de ^^nseiller d'Etat et de trésorier-général du pays. On conserve dans 1^ famille plusieurs lettres de ce prince , qui prouvent sa bienveillance pour lui. Abraham mourut en 4642, ayant épousé Margue- **îte de Tiller, veuve de noble Jean Mouchet d'Auvernier, conseiller ^*Etat et trésorier-général, fille de noble Jean-François de Tiller, gentilhomme et bourgeois de Berne, et de Marguerite de Bonstetten. I^ ce mariage naquirent :

468 GHÂMBRIER.

1® Rodolphe de Chambrier, qui suit;

2^ Daniel de Chambrier. Il servit pendant quelques années en France , et fut ensuite pourvu par le souverain de TofOce de capitaine et châtelain du Vauxtravers. Il mourut en 4684. De son mariage avec Susanne Tribolet, naquirent : 4® Rodolphe de Chambrier, capitaine dans le régiment d'Erlach au service de France, mort en Dauphiné en 4695 ; 2^ Hugues de Chambrier, officier dans le même régiment, mort sans avoir été marié; 3° Abraham de Chambrier, qui, d'Anne de Meuron sa femme, eut trois fils: Daniel, officier dans le régiment de Chambrier, se distingua particulièrement à la bataille de Denain, en 4742, où il fut tué; Louis, officier dans le régiment de Bettens, au service de France; et Rodolphe , pasteur à Colombier, tous décédés sans enfants.

VI. Rodolphe de Chambrier, fut nommé trésorier-général du pays en 4662, conseiller d'Etat en 4669, et mourut la même année, ayant épousé Susanne Marval, fille de noble François Marval, conseiller d'Etat et trésorier, qui lui donna deux fils :

4*^ François de Chambrier, qui suit;

2° Daniel de Chambrier, chef de la 4® branche.

VU. François de Chambrier, né le 8 mai 4663 , conseiller d'Etat et maire de Neuchâtel. Son père l'envoya, à l'âge de Ireire ans , avec son frère Daniel , faire des études à Saumur , université alors célèbre. Entré à l'âge de seize ans dans le régiment des Gardes-Suisses h Paris , il sacrifia ses goûts pour l'état militaire à l'obéissance à ses parents qui le rappelèrent bientôt. De retour dan sa patrie, il entra dans le Conseil de ville de Neuchâtel, où il des servit successivement toutes les charges les plus essentielles. E 4702 , madame la duchesse de Nemours lui conféra les places conseiller d'Etat et de maire de Neuchâtel. Cette princesse , qu jm en faisait beaucoup de cas , le distingua et lui témoigna une grand»J confiance.

Envoyé souvent aux diètes pour difiérentes négociations, il s'a quit une grande considération, et les lettres que les rois Frédéric et Frédéric-Guillaume lui écrivirent, le 26 septembre 4746 et le septembre 4724 , prouvent les témoignages de bienveillance do ces monarques l'honoraient. Il mourut en 4730, ayant épousé lomé de Chambrier, de laquelle il eut ;

4^ Jean^ baron de Ckambrier, né en 1686 à Neuchfttel, chevalier de la Générosité, ministre de Prusse à la cour de France, en 1722, conseiller privé du roi et conseiller d'Etat de la souveraineté de Neuch&tel et Valangin. Il obtint, en 1724, l'expectative du premier canonicat au chapitre de Havelberg. Demandé par son mattre , en 1751, il se rendit^ attaqué d'une maladie mortelle, à Wetzel , où il arriva à l'agonie, le 17 juin. Le roi, informé de son fâcheux état, rbonora deux fois de sa visite et s'entretint longtemps avec lui en particulier. Les entretiens de M. de Ghambrier plurent tellement à Frédéric , que celui-ci déclara en sortant qu'il venait de voir un beau génie et un homme vraiment estimable : paroles remarquables dans la bouche d'un prince qui ne prodiguait pas la louange. Elles font un éloge complet d'un ministre éclairé, qui servit la monarchie pendant les trente années de son ambassade à la cour de France^ avec désintéressement et dans des circonstances fort délicates. Après sa mort, arrivée à Wetzel le 26 juin 1751, le roi écrivit à sa famille une lettre des plus gracieuses et des plus honorables pour la mémoire du défunt , et lui fit présent de son portrait enrichi de diamants, en témoignage de l'affection qu'il portait à son ministre;

2** François , baron de Chambrier , contracta alliance avec Rose- Marguerite de Meuron , fille de noble Etienne Meuron , conseiller d'Etal , et de Judith Pury. Décédé en 1757 , il eut trois enfants: 1^ François, chambellan de S. M. à Berlin, en 176&, et qui mourut dans cette ville en 1781 , sans avoir été marié; 2^ Salomi, femme de J.-P. de Ghambrier-Travanet ; 3^ Daniel, qui suit.

VIIL Daniel baron de Chambrier, né en 1708, nommé conseiller d'Etat en 1738, doyen et président du Gonseil d'Etal en 1768. Par un diplAme du 12 février 1789 , S. M. l'appela , lui et sa descendance , à la possession éventuelle de la baronie de Ghambrier, avec tous les titres , honneurs et prééminences qui lui appartiennent. Daniel épousa Susanne-Marguerite DeLuze , et mourut le 10 décembre 1793 , âgé de 86 ans , généralement regretté et laissant pour enfants :

1® Jean-François, baron de Chambrier, qui suit ;

^ Samuel, baron de Chambrier, né en 1744, mort en 1823. On lui doit plusieurs Notices historiques sur le pays, entre autres une

170 GHAMBRIER.

Description topographiqfie de la mairie de Vahngin , qui remporta le prix de la société d'Emulation patriotique de Neuchàtel, en 179&. Neuchâtel 1795, in-8°, 449 p. — Zchokke en a donné un extrait en langue allemande dans son Wallfahrt nach Paris, t. U, p. 549- 870. — En 1809, Samuel de Chambrier présenta à la société d'Emulation patriotique un second mémoire très-long et fort curieux, intitulé: Description topographique et éconamique de la mairie de Neuchàtel, avec des notes historiques. La société fit dans ses registres la mention la plus honorable de ce livre, rempli de recherches intéressantes, de faits précieux et pour la plupart très-peu connus, qui fait le plus grand honneur aux connaissances et au travail de son auteur; mais la société ne put se charger des grandes dépenses nécessitées par l'impression de la Mairie de Neuchdtel ; elle invita l'auteur à faire hommage de son manuscrit à la bibliothèque publique, qui se trouverait par là enrichie d'un volume fort précieux. Ce ne fut qu'en 18&0 que le livre de M. de Chambrier vit le jour, édité par M. Térisse, un des membres de la société d'Emulation. Il parut, enrichi de nombreuses planches, chez Wolfrath, en un fort volume in-8^ de plus de 600 pages. La Description de la mairie de Neuchdtel renferme un nombre considérable d'observations intéressantes sur l'histoire et les antiquités de Neuchàtel, sur la famille de ses anciens comtes , sur leur administration publique et domestique, sur les moeurs et les usages du pays dès le commencement du XV® siècle, sur les développements progressifs de la constitution , des lois et coutumes, de l'industrie, du commerce et de la culture pendant ces quatre siècles. C'est une mine d'érudition, où l'historien, le généalogiste, Tarchéologue, etc., trouveront des trésors à chaque pas ;

3** Rodolphe de Chambrier, capitaine au service de Prusse. Blessé mortellement à la bataille qui se livra près de Varsovie contre les Polonais, le 29 octobre 1794 , il mourut peu de temps après sans avoir été marié;

4** Henriette de Chambrier, non mariée en 1798.

IX. Jean-François, baron de Chambrier, né en 1740, mort . en 1814 , conseiller d'ambassade de S. M. le roi de Prusse et son i chambellan en 1781, épousa, en 177S , Charlolte-Albertine Pury, ^ veuve de Charles-Henri, baron de Chambrier, aussi conseiller d'am— .

472 GHAMBRIER.

qui rendit de si grands services aux sciences historiques en éditant un grand nombre de matériaux précieux enfouis dans les archives des cantons. C'est dans ce recueil que M. de Charobrier a publié les deux seuls mémoires qu'il ait jamais livrés à la presse. Le premier est une Notice sur la vie et le procès criminel de Vauthier, Mtard de Neuchdtel, publiée en 1812; le second est une Description de la collégiale de Neuchdtel, contenant environ 450 pages du tome sixième. Ces deux ouvrages, trop peu connus dans notre pays, suffisaient à eux seuls pour illustrer ia mémoire de leur savant auteur, et révèlent à un haut degré une connaissance approfondie du droit public de la Suisse en général et de Neuchàtel en particulier. Qui dira jamais le nombre considérable d'extraits d'anciens manuscrits, d'éclaircissements généalogiques , d'histoires d'anciennes races dynastiques , de recensions d'ouvrages sur la Suisse , de recherches sur des points importants du passé et surtout de chartes, pièces de grand prix dont cet intrépide pionnier des sciences historiques a enrichi les collections et les ouvrages des savants suisses et étrangers! Disons encore qu'il fut l'un des fondateurs de la Société helvétique des sciences naturelles. Toutes les œuvres patriotiques trouvaient en lui un promoteur zélé et infatigable, qui ne reculait devant aucune difficulté, lorsqu'il s'agissait du bonheur de sa patrie.

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