‹ Biographie neuchâteloiseChapitre 36 sur 117 · QUATRIÈME BRANCHE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME BRANCHE

VII. Daniel de Chambrier, fils puiné de Rodolphe et de Susannc de Marval , naquit le 9 janvier 166S , et accompagna , à l'âge de onze ans, son frère François à Saumur pour y commencer des études, qu'il alla finir à seize ans à l'université de Heidelberg. Il fut d'abord receveur de Colombier; il entra ensuite au service comme capitaine dans le régiment de Montbrun en Piémont, en 4690, et servit en qualité d'aide-de-camp du lord duc de Schomberg, général de l'armée des alliés. Il fut grièvement blessé à la bataille d'Orbessan ou de là Marsaille, et passa peu de temps après en Angleterre pour demander de l'emploi au roi Guillaume,. qui lui accorda le brevet de major et cent guinées pour ses équipages. Il leva, en 1696, une compagnie de 200 hommes suisses, au service des Etats-Généraux , qui fit partie d'un corps particulier , dont le

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roi lui donna le conimandement , et réuni , en 1698, au régiment de Murait, dont il fut créé lieutenant-colonel. C!olonel propriétaire de ce régiment en 1702, après le siège de Kaiserwert, où il fut dangereusement blessé , il se distingua aussi dans la nuit du 4 au 5 août 4706 , au siège de Menin , en empêchant par son activité , sa prudence et sa bravoure , le désordre que causait la mousqueterie des assiégés , qui avait jeté la terreur dans les troupes exposées à ses terribles efiels. Brigadier en 1709, il fut détaché, en juin 1710, pour veiller à la sûreté de Gomines et de Warneton : peu de temps après il reçut ordre de quitter ces postes et de se jeter dans Menin. Commandé ensuite par le général Ghanclos, pour exécuter un projet sur Ypres, il se logea dans la contre-escarpe, malgré les efforts extraordinaires des ennemis, et il serait parvenu à entrer dans la ville, si le coup n'avait pas manqué aux autres attaques ; il fut donc obligé de se retirer. L'année suivante , il fut chargé de conduire un convoi de Tournai à l'armée des alliés : chemin faisant, il se vit tout à coup attaqué par vingt compagnies de grenadiers et 1 500 mousquetaires, près de Luxembourg. Malgré la supériorité des ennemis, il résolut de se défendre et le fit avec tant d'opiniâtreté et de succès que les Français, irrités de la perte qu'ils avaient essuyée, s'en vengèrent avec la dernière inhumanité , en le traînant au-delà de la Scarpe par une corde. Il avait eu deux chevaux tués sous lui et deux doigts emportés. Il servit aussi comme brigadier dans le corps Que les QoUandais envoyèrent en Angleterre, en 1715 , contre les partisans du prétendant. Ses talents militaires et sa conduite distinguée le désignèrent , en 1717, au choix des Etats-Généraux pour ''éducation du prince d'Orange. Nommé général-major, en 1727, il •ï^ourut à Bois-le-Duc le 13 février 1728, ayant laissé de Gatherine- ^ratianne de Schwertz Landas, sa femme, d'une ancienne noblesse ^e Flandres, deux fils et une fille:

1® Samuel de Chambrier, qui suit;

2^ Ludovie-Guillaume de Chambrier, né à Bois-le-Duc en 1709, officier dans le régiment de Ghambrier en 1723 , mort en 1726, ^^ns postérité ;

3° Jeanne-Lucrèce de Cliambrier, mariée en 1725, à Bois-le-Duc, & Jean de Sayer , gentilhomme écossais , brigadier au service des Bltats-Généraux.

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VIII. Samuel de Chambrier, reçut une partie de son éducation à la cour du prince d'Orange, nommé, en 1721, officier dans le régiment de Chambrier , capitaine d'une compagnie de 200 hommes dans le régiment d'Hirtzel , en 1736 , il fut fait colonel d'un régiment de son nom, en 1748. S'étant noblement distingué pendant les premières campagnes de la guerre de Flandres, il reçut le grade de général-major, en mars 1766 , et celui de lieutenant-général en 1779. Avant sa mort, arrivée en 1784, il vivait à Bois-le-Duc, sans avoii* été marié, auprès de sa nièce Jeanne-Lucrèce de Sayer, comtesse douairière de Limbourg-Stirum , son unique héritière , dont plusieurs de ses fils servirent avec gloire en Hollande.

CINQUIÈSB BBAHCHSa

YII. Henri de Chambrier, quatrième fils de Pierre , troisième du nom , et d'Esther Pury , sa seconde femme , prêta serment , en 1693, entre les mains du gouverneur du pays pour l'office de banneret de Neuchfttel. Il fut choisi par le corps de la bourgeoisie pour remplir cette charge , alors importante. Ce banneret s'acquit de la considération dans son pays et au dehors par des talents et des qualités estimables. Il épousa, par contrat du 17 juin 167K, Susanne de Chambrier , fille de noble et vertueux Samuel de Chambrier, doyen du Conseil d'Etat et trésorier-général , et de dame Ursule d'Estavayer. Elle jouait encore avec sa poupée quand oj^ baptisa son premier enfant, car elle n'avait que 14 ans. Elle passait pour la plus riche héritière du pays. Elle devint veuve en 1700 , ayant eu de son mari deux fils :

1® Henri de Chambrier, qui suit;

S^ Pf>rr^ de Chambrier, né en 1695, conseiller d'Etat en 1727, mort en 1774, sans postérité.

VIII. Henri de (Âambrier, deuxième du nom , né en 1688, nommé banneret de Neuchàtel en 1741 , prêta serment en cette qualité entre les mains du gouverneur, et épousa Esther-Jacquette, fille de noble Pierre Jean-Jacquet , conseiller d'Etat , et d'Isabelle Saodoz. Il mourut en 1761, ayant laissé de son mariage :

40 Pierre de Chambrier, qui suit;

2« Frédéric de Chambrier , né en 1726 , enseigne dans le régi-

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ment de Hirtzel, au service de Hollande, en \7h^, capitaine-lieutenant en 1747, fut blessé dangereusement au siège deBerg-op-zoom, et fut obligé de quitter le service après avoir passé dans le régiment de Chambrier. Il se retira à Neuchàtel avec le grade de capitaine et une pension. Il est mort en 1798, sans avoir été marié.

IX. Pierre de Chambrier, né en 1721 , contracta alliance avec Jeanne-Henriette de Ghambrier-Travanet, et mourut en 1761, laissant :

1° Frédéric de Chambrier, qui suit ;

^ N. de Chambrier, demoiselle estimable par ses belles qualités, sa rare bienfaisance et ses vertus chrétiennes. Elle ne s'occupa qu'à soigner les malheureux et à venir à leur secours. Surprise dans une soirée par le feu , qui prit à ses vêtements , elle mourut misérablement en 1797.

X. Frédéric, baron de Chambrier, né en 1753 , fut officier dans le régiment de Gastella, au service de France, en 1773. Retiré dans sa patrie , il épousa , en 1 782 , Jeanne-Marie Mercier de Cbardonne, au pays de Vaud. Par diplôme du roi de Prusse, du 12 février 1789 , ce monarque l'appela aussi à la possession éventuelle de la baronnie de Gbambrier. Il laissa deux fils , qui sont bien connus de tous les Neuchàtelois , par leur mérite et leurs vertus: Frédéric-Alexandre de Chambrier, et Alexandre de Chambrier.

XI. Frédéric-Alexandre de Chambrier, chevalier grand-croix de l'ordre de TAigle-rouge , chevalier de l'ordre de Sl-Jean, président du Gonseil d'Etat de la principauté de Neuchàtel , procureurgénéral, président du département des Finances, de la Commission académique et de la Société d'émulation patriotique , membre du Corps législatif, naquit à Neuchàtel le 5 octobre 1785, et mourut ^ Cormondrèche le 21 octobre 1857. .

Si nous n'écrivions que pour la génération contemporaine , nous i^^aurions pas besoin de rappeler ici ce qu'a été cet homme éminent, 4u'ont suivi dans la tombe les regrets de tous ses compatriotes. Frédéric-Alexandre de Chambrier tenait de la nature une réunion de dons bien rares , et la culture ajouta beaucoup à ses talents na- ^ureb. Une santé à toute épreuve lui permettait une assiduité de ^avail qui eut compromis gravement celle de beaucoup d'autres, l^"^ exercice corporel ne lui était, pour ainsi dire, pas nécessaire : ce-

lui de l'esprit semblait lui en tenir lieu. La maladie qui l'a conduit au tombeau a été à peu près la seule qu'il ait eue , quoiqu'il fût septuagénaire. Fils adoptif d'un des hommes les plus instruits qu'aient possédés notre patrie ( nous voulons parler du baron de Chambrier d'Oleyres ) , il avait acquis de grandes connaissances à son école , et les séjours qu'il fit avec lui dans plusieurs pays , en particulier à Turin et à Berne, où M. de Chambrier d'Oleyres occupa le poste de ministre du roi de Prusse , le mirent en rapport avec des hommes savants qui contribuèrent beaucoup à son développement, et lui firent faire de grands progrès dans la connaissance des hommes et des choses.

Modeste autant que savant , Frédéric-Alexandre de Chambrier faisait si peu parade de ses vastes connaissances, que plusieurs de ses mérites n'étaient connus que d'un petit nombre de personnes. Président de la Commission académique , il s'est souvent montré dans cette place savant de premier ordre; il fit même plus d'une fois dans les auditoires des examens tels qu'on eût pu les attendre de professeurs spéciaux. Il était un des Neuchàtelois les plus versés dans la langue grecque. Les livres qu'il a publiés lui assurent une des premières places parmi les écrivains neuchàtelois. Son Histoire de la principauté de Neuchâtel et Valangin , jusqu'à Vavéiiement de la maison de Prusse , montre une connaissance approfondie , non-seulement de l'histoire particulière de notre pays, mais encore de celle des pays voisins , et révèle à toutes les pages un haut degré de culture scientifique et littéraire, a La pensée d'écrire l'histoire de Neuchâtel, je la dois, dit-il, à mon père d'adoption , cet homme de la vieille roche , le type des anciens temps. Après avoir vécu à la cour jusqu'à Tàge de cinquante ans, il s'était fortement rattaché au sol et aux mœurs de sa patrie , et c'est ici qu'il a recommandé aux siens de choisir une carrière active et utile, sans ambition. Je n'aurais pas osé, ajoute-t-il, entreprendre cet ouvrage sans les matériaux nombreux qu'avait préparés l'infatigable persévérance d'un émule des Bénédictins , qui a passé la moitié de sa vie et une grande partie de ses nuits à déchiffrer les vingt-deux mille actes des archives de l'Etat, et bien des centaines d'in-folio. » VHistoire de Neuchâtel fut saluée avec enthousiasme par tous les Neuchàtelois amis de leur patrie, car c'était le premier

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ouvrage qui fil connaître à fond la vie générale de ce petit peuple et le développement progressif de ses institutions. L'auteur expose avec une remarquable clarté les relations des Neuchfttelois avec les Suisses, espèce de vie dans la vie générale, d'histoire dans l'histoire. Ennemis sous la première dynastie , celle de Neuchàtel , à Laupen où périt Gérard de Valangin , et au siège de Zurich, où le comte Louis de Neuchàtel commandait l'armée impériale, on les voit sous la seconde dynastie , celle de Fribourg , s'allier de plus en plus étroitement à la république de Berne, a L'alliance de Berne sauva Neuchàtel , dit M. de Ghambrier ; ses comtes demeurèrent debout avec l'indépendance nationale, au milieu de l'écroulement général. 11 y eut un moment de crise terrible sous les Hochberg, la troisième dynastie des comtes de Neuchàtel. Le duc de Bourgogne entrait en Sui^ avec une armée formidable ; le comte Rodolphe était son grand-maréchal, et avait son fils Philippe à la cour ; mais déjà les guerriers neuchàtelois avaient combattu dans les rangs des Gonfédérés à Fraubrunnen, contre les bandes de Goucy^ au siège de Berthoud, pour Berne, etc. » — La seule lacune de ce livre utile est le peu de place consacrée au tableau de la vie littéraire dans le pays de Neuchàtel. En effet, c'est à peine si l'on voit un mot rapide des monuments d'art du moyen-àge , un souvenir à cette mémorable famille de chanoines-chroniqueurs , qui , du xiv'' au xvi^ siècle , se passèrent de main en main une plume fidèle et inédite à la fois.

Un grand nombre des produits de la plume de Frédéric-Alexandre de Ghambrier et de ses réflexions^ ont honoré les pages du principal journal de notre pays : ils avaient tellement son cachet , que son nom n'était pas nécessaire pour les faire connaître. Le recueil, en un volume , des opuscules et des articles de M. de Ghambrier^ en ferait un précieux ouvrage. Il ne faut pas oublier non plus le volume qu'il publia sous le titre : Des droits et des intérêts desEtats suisses quant au pacte fédéral , Neuchàtel', 1836 , in-8^, où il traçait de main de maître les dangers et les pénibles éventualités que se préparait la Gonfédération helvétique si elle touchait au pacte de i8l5, base fondamentale de sa sécurité et de son bonheur. Ge volume eut un grand succès et fut traduit en allemand; tous les journaux en donnèrent des extraits , en rendant à l'auteur Thoinmage qui lui était dû.

Mais le talent de la parole remportait chez M. de Chambrier sur celui de récrivaia. Ses discours à la Diète helvétique et au Corps-législatif de Neuchàtel nous autorisentàle regarder comme UQ des premiers orateurs de la tribune suisse , et le premier de la tribune neuchàteloise. Prononcés dans les Chambres d'un des grands Etats de TEurope, ils lui eussent acquis une renommée européenne. Aucun de ses collègues, soit à la Diète, soit au Corpslégislatif même de ceux qui appartenaient à une autre opinion politique que la sienne, ne s'inscriront à faux, nous le croyons, contre le jugement que nous portons. Quelle dignité dans sa personne et dans son langage ! quelle noblesse dans sa figure surtout , animée par le sentiment de l'importance de la délibération ! quelle connaissance des questions politiques et générales et particulières ! quelle observation scrupuleuse des règles prescrites ! Chacun admirait la pureté de sa diction. Si l'éloquence consiste à dire tout ce qu'il faut et à ne dire que ce qu'il faut, comme le dit le plus grand orateur de Rome , il était à un haut degré éloquent. Si l'orateur, ainsi que l'a défini le même écrivain, est un homme de bien, doué de la faculté de bien dire : vir probus dicendi peritus , il était à un haut degré orateur. Combien de fois , dans une assemblée délibérante, on l'a vu demander la parole sur une question qui semblait être épuisée , et trouver moyen de la faire paraître sous un nouveau jour ! Lorsque les questions traitées étaient peu importantes, il parlait assez souvent avec hésitation et une certaine difficulté ; mais lorsqu'elles acquéraient quelque importance, ses paroles coulaient comme de source, comme d'une source limpide et abondante.

Les vrais hommes d'Etat sont en Suisse excessivement rares : pour l'être il ne suffit pas de quelques succès dans les clubs et assemblées populaires ; il faut des études longues et approfondies , beaucoup de pratique et d'expérience , de grands dons naturels et des circonstances extrêmement favorables. Toutes ces circonstances se sont rencontrées chez M. de Chambrier , que personne ne refusera de ranger parmi le très-petit nombre d'hommes d'Etat de la Suisse moderne. Entre autres circonstances où il se montra homme d'Etat de premier ordre , nous citerons la décision de la Diète relative aux couvents d'Argovie. M. de Chambrier l'annontik» solennellement au Corps-législatif, dans le discours d'ouverture^

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et d'un regard d'aigle , perçant Taveoir , il prophétisa les conséquences inévitables qu'aurait sa décision. Qu'on lise son écrit sur le pacte suisse, où la solidité du jugement le dispute aux vues les plus étendues , et aux connaissances du droit public les plus complètes, on verra quelle place distinguée on doit lui assigner parmi les hommes d'Etat.

Bon, charitable, bienfaisant, Frédéric de Gbambrier cherchait toutes les occasions de se rendre utile. On ne saura jamais le nombre de jeunes gens, heureusement doués mais peu fortunés, dont il a payé de ses propres deniers l'éducation , avec une libéralité qui montrait le prix qu'il attachait à l'instruction. Gormondrèche, où il habita les dernières années de sa vie, lui doit une école enfantine qu'il a fondée, et plus d'une fois le pasteur de cette paroisse entendit son vénérable paroissien lui faire cette question ; a Gonnaissezvous des malheureux qui aient besoin de secours?» Aussi, demandez à quelqu'un des habitants de Gorcelles ou de Gormondrèche, quel a été le plus grand bienfaiteur de leur paroisse, aucun n'hésitera à répondre: G'est M. de Gbambrier. Dans la retraite où il se renferma après les crises publiques de 1848, il continuait à suivre avec la sympathie d'un cœur chaud et la lucidité d'une raison supérieure les destinées de son pays. Geux qui ont eu le bonheur de l'approcher pendant les dernières années de sa vie, ont toujours trouvé chez lui cette netteté de vues , cette sûreté de coup d'œil, cette largeur d'appréciation , cette modération dans les jugements, qui l'ont distingué à un degré si remarquable pendant le cours de sa longue carrière active. Vrai Neuchàtelois , la patrie, à travers ses vicissitudes, était toujours pour lui la patrie. G'est qu'aussi, ctisons-le encore, on a vu rarement une plus belle alliance des dons de l'esprit avec l'élévation et la pureté du caractère. Ghez lui, deri^ière l'homme politique , il y avait l'homme de bien ; derrière l*homme de bien, le chrétien.

Les temps et avec eux les destins des peuples changent ; mais le rai patriotisme est de tous les temps. Si c'est une chose rare qu'un nsemble de qualités et de dons pareils à celui qui plaça si haut le aron Frédéric de Gbambrier, puisse de même la patrie Neuchàteloise compter des citoyens qui l'aiment aussi sincèrement , aussi urement que lui I

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Plusieurs journaux de la Suisse et de Tétranger ont consacré un article nécrologique à la mémoire de M. de Ghambrier. Cette notice, fort incomplète, sur l'ancien président du Conseil d'Etat, est empruntée, en grande partie, à un article de M. H. -F. Gaiame, et à la notice publiée par M. Guillebert dans le Messager boiteux de Neuchdlel, en 1857.

M. de Ghambrier a laissé de son mariage avec Julie de Pury, fille de Charles et de Saru de Pury, trois fils : Charles, Friiérie et Guillaume de Ghambrier, et deux filles , qui marchent sur les traces de leur père et font revivre en eux les talents et les qualités qui ont distingué tant de membres de leur famille.

Alexandre de Ghambrier , frère du président du Consal d'Etat, est mort le 15 juin 1861 , âgé de 73 ans. Entré jeune dans la carrière publique, il a occupé pendant de longues années, comme maire de Valangin , un des postes judiciaires les plus importants du pays. Â deux reprises, en 1830, puis de 1841 à 1848, il a fait partie du Conseil d'Etat. * Esprit élevé, caractère ferme et droit, d'une justice à toute épreuve , d'une bienveillance qui ne se démentait jamais^ il s'était, par ses qualités et l'aflabilité de ses manières, concilié à un haut degré la confiance publique et i'afiTection de tous ceux qui l'approchaient. Dans une acception un peu différente de celle du jour, il était vraiment populaire; de cette popularité que possédait entre tous l'homme droit dont il était le frère, mais à laquelle il avait une part d'autant plus large que ses rapports avec ses concitoyens étaient plus directs et plus nombreux.

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