‹ Biographie neuchâteloiseChapitre 42 sur 117 · COLOMB · texte numérisé non relu

COLOMB

qui persista dans sa croyance, éprouva les effets du zèle trop ardent des Réformés ; il ne put s'en mettre à couvert que par un sauf-condoit du magistrat. » Cette pièce, par son originalité, mérite d'être transcrite ici :

« Les Quatre-Ministraux , en reconnaissance des bons services à eux rendus par leur bourgeois Louis Colomb, abbé de Fontaine- André, lui accordent, par acte en parchemin: — 1® Protection au dedans et au dehors pour la tractation de ses afiaires, à ses dépens. — 2® S'ils imposent un giette de communauté , il payera l'équivalent de ce qui lui sera imposé. — 3® Il engagera les gens de son ménage et autres à se convertir à la parole de Dieu, et leur permettra d'aller à l'église le dimanche. — k^ Il pourra aussi aller écouter cette parole quand il lui plaira. — S® Il pourra, pour sa récréation , se rendre à Neuch&tel quand il le voudra , et sera mis à couvert de toutes les injures et avanies qu'il avait essuyées dedans et dehors par les bourgeois , mais il ne fera d'outrages à personne. — 6° Quand il se rendra à Neuch&tel, il ne portera ni scapulaire, ni longue robe, mais seulement une robe moyenne avec son froc, comme il l'a fait depuis quatre ans. Cependant, devant la princesse et ses enfants, il pourra porter sa grande robe, ainsi qu'ailleurs et hors de Neuch&tel. — 7^ Pour assurance de la fidèle observation de cette sauve-garde, il lui a été expédié ce présent acte scellé du sceau de la ville, le 17 avril 1536. »

Deux choses sont & remarquer dans cet acte: I® l'abbé, quoique catholique, est encore considéré comme bourgeois de Neuch&tel protestant, six ans après la réforme, et comme tel tenu & en supporter les charges ; c'est le seul exemple que l'on connaisse de cette bigarrure. — 2® Quoique catholique, il reçoit l'instruction d'être convertisseur dans une croyance différente , et pour laquelle il devait avoir la plus grande aversion , puisqu'elle lui avait ôté son état. Ce trait de naïveté et de bonhomie est certainement unique. Louis Colomb mourut dans son abbaye où il fut enseveli. On prétend qu'il laissa une fille illégitime^ nommée Louise, dont Jean Favargier fut l'héritier ; mais Barillier assure que cette fille était une nièce orpheline qu'il avait adoptée et & laquelle il légua une partie de ses biens. Par sa mort l'abbaye retourna entre les mains <lc la princesse , qui l'amodia , avec toutes ses dépendances , & un

»g COMTESSE.

bcMirgcoîs de Xeuchàld , pour la somme de 620 écus , à condition ^'il maintîeQdnît les bâtiments que Louis Colomb avait fait réparer aTjDt la réformation. Les religieux et chanoines qu'il enlretefijit iluks le s.oiiaslère depuis la réformation , furent obligés de partir et se retirèrent en Bourgogne. * L'abbaye de Fontaine-Ândré avait été fondée en 1143 par la maison de Neuchàtel, qui lui a foomi plnsieQrs abbés. Son tombeau ne fui pas si glorieux que son beroeaa : ScmmiU fësiigia rirîus.

DœrtpUom iopoffrmpkique de la wuUriê de Ifeuehàiel, par S. de

pw 4;ïi. «as. — MommaunU parlants de Ifeuehàiel el Falangik^ mss.

a J. BiffillMr. — Jmmaia de Boyve^ années 1530, 4536, 4539. — Staats-

ad. 1520. — Giméaiogie de ia maiiom de Neuchâlelt par le colonel

prarc». — Beeueil de Ckompard, sur Fimtaine'Àndré. — F. de

Beirtim aaera, L I, p. 245» etc.

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