‹ Biographie neuchâteloiseChapitre 45 sur 117 · COMTESSE · texte numérisé non relu

COMTESSE

Ce jour-là chacun était à son poste dès le grand matin , et une foule de spectateurs de la localité et des villages voisins étaient rassemblés sur les lieux. Jean-Pierre Comtesse dirigeait, donnait ses ordres et mettait la main à l'ouvrage. D'abord la maison fut étançonnée et liée avec des barres de fer boulonnées et serrées par des écrous pour éviter Técartement. Des pierres furent enlevées aux murailles , immédiatement au-dessus des fondements et remplacées par de fortes pièces de bois qui remplissaient l'ouverture; et au moyen de crics et de puissants coins de bois dur, enduits de savon et chassés avec des masses de fer, régulièrement et simultanément depuis l'intérieur et l'extérieur du b&timent et sous toute sa longueur ainsi que sous les murs latéraux, il se redressa insensiblement il est vrai , mais il se redressa. Quand les coins avaient été chassés à fond, d'autres coins étaient superposés et enfoncés de nouveau; sur ceux-ci d'autres et ainsi de suite, jusqu'à une épaisseur égale à la dépression que l'on voulait corriger. Après trois jours de travaux pénibles, exécutés par plus de cent ouvriers , le redressement fut complet et une réussite parfaite vint couronner l'œuvre de l'homme intelligent qui l'avait entreprise. Il est à remarquer que pas une tablette ou couverture de fenêtre , pas un carreau de vitre ne fut brisé ou endommagé, pas une tuile ne fut cassée ou déplacée. Il ne restait plus qu'à consolider l'ouvrage et à empêcher un nouvel enfoncement. Les coins furent enlevés successivement avec précaution et remplacés par de la maçonnerie ; de fortes pièces de bois» supportées par des pilotis que l'on enfonçait dans le sol à l'intérieur et à l'extérieur, furent introduites sous les fondements, et tout fut terminé à l'admiration générale et à la satisfaction da propriétaire. Dès lors cette maison, qui existe encore aujourd'hui, a été parfaitement solide et personne, en la voyant, ne supposerait qu'elle a eu trois pieds de faux aplomb.

C'est encore à J-P. Comtesse que l'on doit l'invention d'une ma- (!hine à déraciner les plus grands arbres pour être transplantés. Il on construisit une en 1819, qui a été essayée publiquement sur les Monts du Locle. Dès lors cette machine a reçu d'importants perfectionnements et elle est en usage dans tous les pays de l'Europe. A Paris, elle a servi ces dernières années à la transplantation des

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