FREDERIC-ALEXANDRE COURVOISIER
Frédéric-Alexandre Courvoisier, lieutenant-colonel fédéral, député au Conseil national , est né le i^^ juin 4799 , à la Chaux-de- Fonds , de Louis Courvoisier , négociant , du Loele et de la Chauxde-Fonds où il demeurait en qualité de juge suppléant. Les premières années de son enfance se passèrent à Genève dans le pensionnat de M. Malan, puisàCouvet chez M. le pasteur Courvoisier, où il fit sa première communion , et reçut de cet homme distingué ces principes de justice et de loyauté qui honorèrent sa vie et le firent aimer de tous ses concitoyens.
Son éducation terminée , F. -A. Courvoisier partit pour Bftle; il vit les deux sièges de Huningue et admira la défense héroïque de la petite garnison de cette place. Plusieurs fois pendant la nuit il alla dans les tranchées pour voir de près les opérations du siège. Malgré ses goûts militaires, il refusa toujours de faire partir un canon contre la forteresse , ne voulant jamais , disait-il , tirer contre un Français. Ce ne fut qu'à la sollicitation de son patron qu'il renonça au projet qu'il avait formé avec quelques jeunes amis de la Chaux-de-Fonds, alors à BAle, d'aller porter secours à la garnison en se laissant couler pendant la nuit le long du Rhin sur un bateau qu'ils voulaient charger de vivres. De Bàle il revint à la Chauxde-Fonds faire un cours d'horlogerie sous la direction de Maillardet et de Rleintschi , et pour terminer son apprentissage de corn-
la maison de son père. Celui-ci l'envoya, en 1824, à pour y représenter sa maison ; il fit un assez long séjour
cHte ¥ille, employant tous ses moments de loisirs à étendre ses eonxuèsances et à perfectionner son instruction.
Dé^ son Toyage de Lisbonne à Livourne, M. Courvoisier vit sa eipoeêe au plus grand péril. 11 s'était embarqué sur un vais-
i{iù ËiÈsait en compagnie de deux autres le trajet entre ces ;s. Une terrible tempête assaillit les navires dans le golfe itf âéne^: Ton d*eux fut ina^ndié par la foudre; le second fui jeté 4 Itt aiof: celui qui portail F.-A. Courvoisier fut sauvé comme par auriLi^ . eC après mille avaries put entrer enfin au port. Quelques iimiK^ ie sqour à Livourne, où son père avait fondé une maison ie cvomterce. permirent au jeune négociant de visiter l'Italie et ses i-fci?&-4*oipu^re. Florence, Naples et Rome l'attiraient vivement en s^dnat d son goût pour les arts , les richesses artistiques que ces ^ilks nfolerment et sont fières de posséder. Les courses nombreu- > se> qu^il fit à Rome avec Léopold Robert, dont il fut l'ami , contri- — boèretit à développer chez lui cet amour des arts et ce sentiment ^^ \ <\^^ du beau qu'il rapporta dans sa patrie. Il eut le pressentiment j9^ .t lie b maladie étrange qui devait trancher si misérablement les jours ^„j, ii lie m^re grand peintre neuchfttelois; et lorsqu'ils se virent pour la.tfi^.a ilertu^re fois à Venise, peu de temps avant la mort de Léopold, ilM^il e«apK>ya tous les moyens que l'alTection la plus tendre et le dévou tthHit le plus chaleureux pouvaient imaginer pour combattre la terrible maladie de son ami.
Quoique fort jeune encore , M. Courvoisier était, en 1830, capil^iue do la compagnie d'élite des carabiniers de la Chaux-de-Fond^ KJs et ik'puté au Corps-législatif. Il prit une part active , comme mili- m^ lilaîi^ ot député, aux mouvements politiques qui eurent lieu à Neu— chÀtol on 1831. Â la tète de ses carabiniers , il entra un des preinioi*?^ dans le château de Neuchâtel , et organisa le gouvememen ivpublii'i^"^ provisoire. Pendant que la plus grande partie des trou iHVH dNnvuimtion n*avait aucun frein et présentait le plus tristi )iiKH'laoU\ son détachement donna l'exemple de l'ordre et de la dir Oiplitto. n^^ï^î* 1^' Corps-législatif il défendit avec force les intérét-^ ^ la i^niso do rindé|H?ndance du canton et vota avec la minorit ^ w\\K l« î*él><^t*rttion de la Prusse. Envoyé en députation à la dièt^
de LucerDe, il en revint avec la conviction que la Confédération ne ferait aucune démarche pour l'émancipation de Neucbàtel. On sait les événements qui firent échouer cette révolution.
Forcé de quitter Neucbàtel , après le rétablissement de Tordre monarchique , F.-A. Courvoisier se retira quelque temps à la Ferrière, d'où il obtint du gouvernement de Neucbàtel un sauf-conduit pour aller rendre les derniers devoirs à son père. Il se fixa ensuite à Bienne , où il resta plusieurs années sans cesser un instant de s'occuper à réparer les échecs et fautes du parti républicain neuchàtelois. La seconde tentative de révolution faite par Bourquin lui faisait prévoir de nouveaux malheurs pour sa patrie; il n'y prit aucune part active, mais il fit à la cause qu'il avait embrassée des sacrifices de tout genre , la soutenant dans plusieurs journaux par son influence et par sa bourse, ouverte d'ailleurs avec la plusgrande libéralité à tous les proscrits qui partageaient son exil. Il réussit à faire faire les clefs qui ouvrirent les portes des prisons de Neucbàtel aux deux prisonniers politiques qui s'évadèrent. Ces clefs, qui ont intrigué l'ancien gouvernement de Neucbàtel, sortaient de Bienne; ce n'est que par une circonstance fortuite que son ami, l'avocat Bille, ne put ou ne sut pas profiter de cette chance d'évasion. A diverses reprises les réfugiés polonais, en Suisse, lui firent offrir avec instance leurs services pour une nouvelle tentative de révolution, s'engageant à lui remettre le château de Neucbàtel en vingt-quatre heures. Il refusa énergiquement cette coopération : a A nous seuls Neuchàtelois, disait-il, d'acquérir notre indépendance; la devoir à des étrangers serait une honte pour nous et un malheur perpétuel pour le pays. » Le général de Pfuel , gouverneur de Neucbàtel, voulut avoir une entrevue confidentielle avec lui , dans laquelle il fit tous ses efiorts pour le décider à une transaction avec le parti royaliste, promettant toutes les libertés qu'on demanderait. Frédéric Courvoisier , prenant pour base fondamentale de la négociation l'émancipation de Neucbàtel, et le général restant sur le droit de la Prusse, l'entrevue n'aboutit à rien, mais laissa à tous deux un sentiment réciproque de respect et d'estime.
Rentré à la Chaux-de-fonds, à la suite d'une amnistie partielle et particulière, Frédéric Courvoisier se remit à la tête d'une maison considérable d'horlogerie, qui avait été fondée par son père et que
déjà il avait gérée avec ses frères. Ud premier voyage qu'il fit en Russie lui donna occasion de recueillir de nombreuses collections de minéraux, d'insectes, d'oiseaui, de quadrupèdes de Russie, dont une partie figurent encore dans le musée de Berne , auquel il les oflrit. Ayant perdu son épouse en 4836 , il fut dès lors presque continuellement en voyage , tant&t en Italie , tantôt en Egypte , en Grèce, en Turquie, en Russie; revenant de temps en temps revoir ses enfants et se reposer de ses fatigues dans sa patrie. Il donna à ses aflaires dans le Levant une extension considérable et fonda même une maison à Madrid. Vers 4839, il se fixa de nouveau à la Chaux-de-Fonds , et en 4842 , il créa sa propre maison de commerce en sortant de celle de ses frères. Grâce à son activité, à l'intelligence qu'il apportait dans les affaires, et à la protection de Dieu, sans laquelle , disait-il souvent , rien ne peut prospérer , il parvint à se créer une position indépendante. Son bonheur était d'aider de ses conseils et de sa bourse les commençants qui se confiaient à lui et qu'il voyait travailler avec zèle et prudence. Combien de jeunes maisons n'ont pas prospéré sous ses auspices ! Plus d'un négociant , fabricant d'horlogerie ou autre peuvent dire que c'est à Frédéric Courvoisier qu'ils doivent les premiers éléments de leur prospérité. Il rapporta aussi de l'Egypte plusieurs objets curieux pour le musée de NeuchAtel et celui de la Ghaux-de-Fonds, entre autres une fort belle momie.
Mais au milieu des affaires et des voyages , F. Courvoisier n'oubliait rien de ce qui pouvait contribuer au bonheur de son pays et i\ la prospérité de la commune qu'il habitait. Il prit une grande part à la fondation de l'hôpital de la Chaux-de-Fonds et exerça avec désintéressement les fonctions de gouverneur de commune. Quoique enfermé dans son cœur , son projet d'amener un jour l'émancipation de Neuchàtel et son union plus intime à la Confédération suisse , était vivant et n'attendait qu'un moment favorable pour se manifester. Le Sunderbund le vit dans les rangs de l'artnéo fédérale , où il fut reçu comme capitaine d'Etat-major et ad- Jdiht i\ la division de réserve bernoise, comme adjudant du colonel Oehsenbein. L'amitié qui s'établit entre ces deux hommes pendant cette campagne fut une de ces amitiés réelles et intimes que ni la proHpérité ni l'adversité ne peuvent rompre. NeuchAtel, devant être
occupé à cause de son refus de prendre pari à la guerre , la division de réserve bernoise avait été désignée pour cette occupation. F. Courvoisier demanda son congé, ne pouvant consentir à entrer dans son canton en ennemi; l'occupation n'eut pas lieu. F. Courvoisier rentra à la Cbaux-de-Fonds , aimé encore plus de ses amis politiques, mais non sans inquiétudes pour sa personne, car certains bruits annoncèrent que des mesures devaient être prises contre lui.
La révolution française de février bouleversa toute l'Europe; le contre-coup ne tarda pas à se faire sentir à Neucbàtel. F. Courvoisier n'hésita pas une minute. Il appela à lui les patriotes des Montagnes , qui avaient toute sa confiance , leur fit prêter serment de faire tous les sacrifices nécessaires pour arriver au but , et par un coup de main aussi heureux , qu'hardi, il s'empara une seconde fois du château de Neucbàtel. Cette fois il fit en sorte d'y rester. On peut dire que sans lui la révolution de Neucbàtel était manquée. Le gouvernement provisoire s'installa et dès qu'un peu d'ordre et de régularité dans les services administratifs lui permirent, il laissa ses collègues faire de la politique , des lois , de la diplomatie et rentra dans ses foyers. 11 refusa d'être nommé membre de la Constituante, disant qu'il avait accompli sa tâche et qu'il laissait à d'autres le soin d'édifier sur le fondement qu'il avait élevé par l'émancipation de Neucbàtel.
La bourgeoisie de Bienne, par un sentiment unanime, le reçut à cette époque, lui et ses descendants, bourgeois de cette ville, en reconnaissance des services qu'il avait rendus pendant son séjour dans cette localité, et pendant la guerre du Sunderbund, comme volontaire dans la division bernoise. Le Grand-Conseil bernois lui donna de même pour lui et ses descendants, le litre de citoyen bernois.
Dès lors les affaires commerciales de Frédéric Courvoisier lui laissant plus de loisirs, il les consacra uniquement au bien public ; sa générosité envers les malheureui était connue de chacun. Nous le voyons pendant plusieurs années caissier de l'hôpital , auquel il portait une affection spéciale. Comme membre de la Commission d'éducation , il prit l'initiative de la création du corps des cadets dans les écoles industrielles. Dans le but de procurer au& ouvriers des logements salubres et d'un prix peu élevé , il fonda la Société
de ooDStmclioii, el ramena à un tel étal de prospérité que lors de sa reooDstitQtîoD, les actionnaires primitifs reçurent plus de quinze pour cent de bénéfices, fl fut aussi chargé, en 48SI , du travail de commissaire pour la première exposition universelle de Londres, et s'acquitta de cette fonction à la satisfaction générale. Président du tir cantonal , on vit pour la première fois cette société réussir daos un de ses tirs. D soutint ausà à diverses reprises la société des Armes-réunies dont il fut président plusieurs fois , ainsi que sa société de musique.
En février 1850 , Frédéric Courvoisier fut promu au grade de major dans TEtat-major fiêdéral; le 16 juin 48S2, il passa lieutenant-colonel au même Etat-major. Il était chéri des soldats neuchàtelois, auxquek il témoigna toujours la plus grande bonté. Us l'avaient surnommé le père Fritz , et ce nom qui lui est resté, est une preuve de la popularité qu'il avait acquise et de l'affection de ses concitoyens. Forcé enfin par la sollicitation de ses nombreux amis d'accepter son élection au Grand>Conseil, il alla reprendre son fauteuil dans la salle du château. Nommé deux fois membre du Conseil national, il y était aimé de tous ses collègues; on en eut une preuve convaincante lorsqu'on apprit à Berne la nouvelle de sft. mort.
Pourrions-nous oublier de dire que Frédéric Gourvoisier fut k^ créateur du projet du chemin de fer à travers le Jura industriel^ pour lequel il a fait tant de sacrifices incessants de temps et d'ar — gent? La possibilité d'une voie ferrée lui ayant été démontrée , i voulut cette voie pour ses Montagnes qui en avaient plus besoi que le Vignoble, si favorisé par la nature. Pendant longtemps i lutta, mais il amva à faire partager son opinion. A l'époque de mort, Tceuvre était dans la meilleure voie possible. Une puissaote compagnie étrangère avait adopté son projet; les assurances les plus réelles existaient soit pour l'exécution , soit pour la construction d'une ligne internationale, telle que lavait conçue M. Gourvoisier, c*est-À-dire reliant Paris à Berne par Besançon , Morteau , le Jura neucliMelois, le Val de St4mier, Bienne et Berne. Ge fait acquis, il savait que les fonds étrangers ne manqueraient pas pour son entreprise ; il savait aussi qu'un petit pays comme le nôtre a des ressources limilées , et que ce n'est pas à lui seul qu'il faut demander
les sacrifices qu'exige une entreprise aussi colossale , que les puissances financières seules doivent être mises en avant pour Texécution de pareils projets. Pourquoi les travaux préparatoires qu'il avait faits furent tronqués, modifiés, au point de renverser son plan , cela n'entre pas dans le cadre de cette notice. Nous tenions seulement à constater fortement que jamais Fritz Ck)urvoisier n'eut consenti à abandonner son projet pour en faire ce qu'il est devenu et compromettre les intérêts financiers de son pays et de ses concitoyens.
A la fin de novembre 4854, M. Ck)urvoisicr se rendant à la session des Chambres fédérales à Berne , fit une chute en passant par la Yue-des- Alpes. Le traîneau qui le conduisait fut violemment renversé. Toutefois, malgré cette chute et les travaux qui avaient occupé son esprit à Berne, il revint à Neuchàtel en assez bonne santé; il était descendu à l'hôtel de l'Ancre. Dans la nuit du jeudi au vendredi , il fut frappé d'une attaque d'apoplexie. C'est en vain que tous les secours de l'art lui ont été prodigués pendant quarante-huit heures : ils n'ont pu conserver à la vie cet excellent homme , qui rendit le dernier soupir le iO décembre vers les dix heures du matin. ^ Son corps fut ramené à la Ghaux-de-Fonds et accompagné à sa dernière demeure par une foule immense. Lorsque la nouvelle de son décès parvint à Berne, le président du Conseil national l'annonça à l'assemblée et proposa d'adresser à la famille une lettre de condoléance. Le Conseil envoya une députation de trois membres à l'ensevelissement, composée de MM. le colonel Ziegler, Blanchenay et D'' Schneider. A leur retour à Berne , ces députés rendirent compte au Conseil de la mission dont ils avaient été chargés. Nonseulement les membres de la famille du défunt , mais encore les conseillers d'Etat neuchàtelois , délégués à cette cérémonie , ont chargé les représentants du Conseil national de témoigner à cette autorité leur vive reconnaissance pour une démarche si honorable pour la mémoire de F. Courvoisier, et dont la population neuchàteloise tout entière a senti la portée. Les funérailles eurent lieu avec une pompe inusitée chez nous : 5000 personnes , parmi lesquelles
I La non-réélecUon de son ami M. Ochsenbein avait produit chez lui une douloureuse impression. Il s'est exprimé là-dessus de manière à faire supposer que cette disposiUon d'esprit a pu contribuer à l'accident auquel il a succombé.
un nombre considérable d'officiers et de soldats, assistaient au convoi; un appareil militaire imposant a été déployé, et tous les habitants de la Ghaux-de-Fonds et des lieux circonvoisins se sont associés à ce deuil public, tant était grande l'estime qu'un homme de bien , un citoyen dévoué , avait su inspirer à tous ses compatriotes.
M. Gourvoisier s'était marié, en 1826, avec Anne Rotbpletz de Brougg , canton d'Argovie , petite fille de Gonrad de Meiss de Zurich; elle mourut à Bienne en décembre 1836, ayant donné deui fils à son mari : Emile Courvoisier , mort le l®** janvier 1855 devant Sebastopol , où il servait en qualité d'officier d'artillerie dans le 1^ régiment étranger au service de France ; et M. Paul Gourvoisier , qui continue à la Ghaux-de-Fonds la maison d'horlogerie fondée par son père. N'oublions pas de dire que M. Paul Gourvoisier, après la mort de son père, se hâta d'envoyer à la ville de Bienne , dont il était bourgeois depuis plusieurs années, une somme de 1300 francs, dont 1200 francs pour la maison des orphelins et 100 francs pour le comité des pauvres.
Sourottt. Cette notice a été composée d'après des documents fournis à l'auteur par la famille de Frédéric Cour^oisier, et d'après les nombreuses notices publiées en décembre 4854 par les journaux suisses.
GOURYOISIËR-GLEMENT.
Jonas OourroÎMer^Clément , communier du Locle , bourgeois deValangin, fabriquait au Locle, en 1766, des balances pour les essayeurs des monnaies. Il avait inventé une machine mise en mouvement par l'eau et qui servait à séparer avec toute l'économie |>ossible For et Targent que contiennent les cendres des orfèvres. Il construisit une petite balance qui roule sur deux rubis, dont le balancier est d*or et que la 500^ partie d'un grain fait trébucher. Go méc^micien distingué a fabriqué une quantité considérable d'excellents outils pour les horlogers des Montagnes.
Un membre de la mt^me famille, Daniel Coonroisier^CIémeati demeurant à la Cbaux-de-fonds > excellait à la même époque en
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différents genres d'ouvrages, tels que ceux d'horlogerie et de gravure ; il a travaillé dans les monnaies du roi de Sardaigne, qu'il a perfectionnées. Il construisit un fusil à vent à deux canons concentriques, qui perçait une double planche à la distance de cinquante pas. Il est l'inventeur de l'instrument qui sert à estamper ou frapper d'un seul coup les aiguilles de montres en or, travaillées à jour. Nous croyons que cet instrument est encore aujourd'hui connu dans nos Montagnes.
Citons encore Jonas-Pierre Counroisier, habile chimiste, qui vivait à la même époque à la Chaux-de-fonds. Ses ouvrages égalaient par leur beauté et leur élégance ceux des meilleurs artistes de Paris et de Londres. Il construisait des cabinets de pendules en marqueterie, en bois d'Inde, en nacre de perle et en ivoire. Il en a fait aussi en placage d'écaillé naturelle , en couleur de jaspe avec des feuilles de corne blanche et transparente qu'il tirait d'Angleterre, le tout revêtu d'ornements en bronze doré, fleurs naturelles du meilleur goût, etc. Il est étonnant que dans un coin reculé comme l'était la Chaux-de-fonds à celte époque , on pût faire des ouvrages d'une telle délicatesse, avec une perfection qu'il serait difficile d'atteindre aujourd'hui.
Souroet. Description des montagnes et des vallées qui font partie de la Principauté de Neuchâtel et Falangin, Neuchâtel 4766, S* édition, p. 74, 83, 84, 86. — Notes fournies par diverses personnes.
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G^e famille était nombreuse en branches ou rameaux au Landeron et à la Neuveville, où elle avait aussi droit de bourgeoisie; elle portait le nom du village dont elle était originaire , c'est-à-dire de Cressier, dans le comté de Neuchâtel. On trouve Berthold de Cressier nommé dans un acte de l'an 1391 ; il parait aussi dans un titre d'afiranchisscment de certains cens en sa faveur de l'an 1441 (Archives de la maison de RoU). Henri de Cressier est nommé comme témoin dans un acte de l'an 1411, portant que Marguerite, fille de feu Othenin de Giez, écuyer, et femme de Iblet
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Trosperg, vendit i Louis de Yaainarciis» écayer , un cens de vin à Cressier. Un acte do % novembre 1439, nous apprend qu'Etienne Bertboud^ ridie bourgieois du Landeron» et Jeannette, sa femme, fondèrrat la cfaapeUe de Cressier, et que Jeannette, leur fille, était alors fiancée i Jean de Cressier^ fils de feu Jean de Cremer. Après la mort de Jean de Cressier, cette même Jeannette Berthoud épousa en secondes noces Jean Wallier, bourgeois du Landeron, et mourut en 1300. Cest de ce mariage que les différentes branches de la famille Wallier descendent.
Un autre Jean de Cressier servit dans le corps des gens d'armes du marquis Rodolphe de Hochberg , comte de Neuchàtel, en 1464, dans la guerre du bien public. Ce Jean de Cressier fut anobli eo 1465, à la recommandation du même Rodolphe de Hochberg, par Jean, duc de Bourbonnais, d'Auvergne, etc.* Voici comment s'expriment ces lettres d'anoblissement :
« Jehan, duc de Bourbonnoys et d'Auvergne, comte de Clermont, de Foretz, de Tlsle en Jordans, seigneur de Beaujeu, etc. Comme Jehan de Cressier, natif de la comté de Neufchastel, subject et homme de nostre tres-chier et amez cousin messire Rudolf, marquis de Hochberg , comte de Neufchastel et seigneur de Rothelin , soit venu par deçà en la compagnie et armée de nostre cousin , pour servir et soi exercer au faict de la guerre et des armes , ainsy que par cy-devant il ha accoustumez de faire en estât et habillement d'hommes d'armes en la compagnie de son dict seigneur, estant à présent avecque nous pour le fait des seigneurs du sang , alliés pour le bien publicq de ce royaume, et ayans esté bien et dehument informé que le dict Jehan de Cressier a longuement et continuellement exercé le noble métier des armes , auquel il s'est conduit et gouverné bien honorablement et vaillamment, sans aucun reproche ne reprehension et encore faict a intention de toujours faire. Par quoi et par les grandes et bonnes vertus de sa personne il a et doict bien
i Ce Jean , duc de Bourbon , qualifié ici duc de Bourbonnais, est le méae duc de Bourbon surnommé le Bon , qui fut pair et connétable de France , gooverneur de Guienne et de Languedoc, et qui se signala, en 4450 1 à la bataille de Formigny, où il fut créé chevalier. Il assista, en 4461, au sacre de Louis XI| où il représenta le duc de Normandie. Quelque temps après il fut un des chefs de la ligue dite du bien public contre le même roi , avec lequel II fit la paix. Il mourut chevalier de Tordre de St-Michel, en son château de Moulins, le i' avril 4487| âgé défis ans.
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avoir acquis tilire de noblesse et doresenavant estre tenu pour noble a cause des choses dessus dictes dont nous avons heu digne , louable et véritable rapport , tant par^ nostre dict cousin que aultres chevaliers et gens nobles, estans à présent entour de nous, ayans cognoissancc de la personne du dit Jehan de Cressier, lequel nous a requis et supplié que en ayans esgard a sa bonne vollontez et courage qu'il a de persévérer de bien en mieux, au dict noble mestier des armes , il nous plaise en cette présente armée et assemblée, le décorer du dict tiltre de noblesse. Scavoir faisons que nous, attendu ce que dict est, cognoissons vertu estre vrai signe de noblesse et digne d'honneur et rémunération, du vouloir et consentement de nostre dict cousin , qui de ce nom a personnellement prye et requis au dict Jehan de Gressier, avons donné et donnons par les causes dessus dictes le nom et tiltre de noblesse, pour doresenavant fôtre tenu et réputé noble luy et les siens, et jouir perpétuellement des privilèges, prérogatives de noblesse > et desquels jouissent les nobles du pays de Neufchastel et des seigneuries de nostre dict cousin et aultre part, aussy pour pouvoir requérir et recepvoir ordre de chevallerie si bon luy semble, porter armes nobles, timbre et eseu, comme les aultres nobles du pays, lesquelles armes lui avons donnés en tel blason, c'est atsavoir de gueules à une fasce d'or et sur le chef une fleur de lys d'argent et dessoulz une estoile de mesme, et jouyr des honneurs , armoyries, preheminances et prérogatives d'ycelle par tous les lieux et places où ils se trouveront, comme font tous aultres nobles hommes de semblable estât et degré ; et afin que ce soit chose ferme et establie à toujours, nous en témoing des choses dessus dictes avons faict mettre nostre scel à ces présentes, donné en nostre chastel de Molins en Bourbonnoys au moys de juillet, l'an de grâce mil cccc soixante-cinq , etc. » *
Ce même Jean de Gressier mourut sans enfants; sa sœur, Marguerite de Gressier, femme de Jacques Wallier, bourgeois et conseiller du Landeron , fut son héritière avec ses deux fils , Pierre et Jean Wallier, lesquels supplièrent les cantons, qui possédaient Neuchàtel en 1 524 , de ratifier en leur faveur les lettres d'anoblisse-
4 Ces lettres en original , sceUées du grand sceau en cire verte sur doubles lacs de soie pendants , du duc de Bourbon, sont dans les archives de la maison de RoU à Soleure.
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ment accordées à ce Jean de Gressier, leur oncle maternel^ comme de les admettre à Thommage pour les biens en fief qu'ils en héritaient. Cependant on trouve encore par titres un Jean de Cressier, qui fut caution pour Guillaume Wysin, du Landeron, d'une vente que ce dernier fit Tan 1478, au seigneur Gonrad Vogt, avoyer de Soleure. G'est vraisemblablement ce Jean de Gressier qui avait épousé Grede de Gleresse, fille de Peterman , dit Homeli de Gleresse et de Françoise de Bariscourt, et dont la fille, Isabelle de Cressier^ fut mariée à Peterman de Cressier de la même famille, banneret du Landeron en 1495 , le même probablement qu'on trouve nommé dans un acte de l'an 1497 , avoyer de Fontaine- André. De ce mariage naquit Marguerite de Cressier, alliée : 1^ à Jaquemin de Vieilmarché; 2^ par contrat du 6 août 149S, à François Gruëres, cb&telain du Landeron. Grede de Gleresse, aïeule de cette Marguerite de Gressier, lui fit don de tous ses biens, hormis certain curtil qu'elle donna à François de Gleresse, son oncle, par donation entre vifs, le 6 juillet 1496.
G'est de cette même famille que descendait Malthasard de Cretsier ou von Grissach, qui fut d'abord valet de chambre du roi de France et son secrétaire- interprète en Suisse , puis lieutenant des Gent-Suisses, colonel et capitaine aux Gardes-Suisses sous Henri iv. Quelques historiens, faute d'instruction, lui ont donné pour origine, ou Tancienne maison de chevalerie qui tirait son nom de la seigneurie de Gressier près de Morat, et qui remontait par titres à l'an 11 39, ou à celle aussi d'ancienne chevalerie, qui tirait pareillement son nom du village de Gressier, près de Lausanne, et qui datait de Tan U06. Ges deux maisons, éteintes vers la fin du quatorzième siècle , n'ont d autre rapport que le nom avec celle-ci , dont on ignore la filiation des prédécesseurs de Balthazard. Un ancien litre nous apprend que Balthazard de Gressier , Jean de Giez et Jean de ('rossior, beau-frère de Balthazard, bourgeois du Landeron , furent incNUvéros à NeuchAtel , pour la rébellion des bourgeois de cette villo contre leur souverain, Leonor d'Orléans, duc de Longueville. Balthazard fut obligé de sortir de la ville de Neuchàtel et de se retirer A Soloua\ en 1560.
Ce qu'on peut encore dire de lui , c'est qu'il fut anobli pour ses services A la cour de France. On le trouve inscrit dans les régis-
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très de la Chambre des comptes, à Paris, en ces termes : « Balthazard de Gressier , valet de chambre du roi et son interprète, résident près des Suisses en 1577. » On le trouve encore dans les registres de la même Chambre des comptes , à l'article des anoblissements, inscrit de cette manière: a Lettres d'anoblissement accordées à Balthazard de Gressier, Suisse, valet de chambre du roi, le 2 mars 1579, expédiées le 14 juillet suivant. » * Le désir de se distinguer dans la profession des armes le porta d'abord à lever une compagnie dans le régiment de Heidt. Ge régiment ayant été reformé en 1 573^ Balthazard de Gressier conserva sa compagnie , et continua de rendre de grands services au roi , qui l'employai en 1578, en qualité d'ambassadeur à la Diète de Baden, le 13 novembre, et à celle d'Aarau le 7 février 1587. On le trouve mentionné dans un acte du l^*^ août 1582, par lequel Pierre de Grissach, bourgeois et maître des postes à Fribourg, promet au dit Balthazard de Gressier, son cousin, dont il rappelle les services avec beaucoup de sensibilité, de lui payer la moitié de sa compagnie de 300 hommes, qu'il lui a donné à commander dans la guerre de Flandres , en le reconnaissant pour son capitaine ; le dit acte signé par les parties contractantes et scellé de leurs sceaux. * Par brevet du 16 mai 1584, le roi déclare qu'en raison de l'afiection qu'a toujours porté à son service Balthazard de Grissach, son premier truchement en Suisse, et les preuves de service qu'il a toujours montrées en toutes occasions , sa majesté lui accorde la place de lieutenant des Gent-Suisses de sa garde, vacante par la mort de Frôlich, * décédé naguères. Il exerçait encore cette charge en 1595. II leva, en 1587, un régiment suisse au service du même prince Henri iv, dont il fut colonel. Ge régiment de 4000 hommes ayant été reformé en 1589, il
1 JHetionnaire des anobliuementSf par pltuieurs maitreê de la Chambre des comptes f t. I, p. 56 ; t. 11 , p. 54. Paris 4780. Cet ouvrage est devenu fort rare depuis la révolution de France.
2 II est bon de remarquer que les sceaux de Pierre et de Balthazard de Gressier portent les mêmes armoiries, c'est-à-dire celles qui furent accordées à Balthazard dans ses lettres d'anoblissement de Tan 4579. On conserve dans la maison de Vigier à Soieure un portrait de ce même Balthazard, où sont peintes les armoiries de Jean de Gressier, anobli en 4465.
3 Guillaume Frœlich , chevalier et colonel au service de France, né de parents simples ouvriers de Zurich, fut créé chevalier sur le champ de bataille de Cerisolles en 4544, par le comte d'Enghien et anobli par le roi. Il fut reçu bourgeois de Soleure, et mourut à Paris le 4 décembre 1562, âgé de 70 ans.
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forma des débris de ce corps un régiment de ISOO hommes , qu'il commanda à la bataille dlvry^ à la prise des faubourgs de Paris, de Rouen,etc.> en 4594. Le 27 novembre 1595, le roi lui écrivait, ainsi qu'au colonel Gallaté, la lettre suivante. Ce monument de l'affection du roi Henri iv mérite d'être rapporté, parce qu'il donne une grande idée de ces deux braves officiers :
(c Messieurs les colonels , c'est à ce coup qu'il faut que vous fassiez paraître que vous m'aimez , car les ennemis se résolvent de venir à nous. Je m'assure que vous auriez trop de regret qu'une si belle occasion se passât sans vous et de m'avoir abandonné en ce besoin. C'est pourquoi je vous en fais ce mot de ma main , pour vous prier, surtout que vous m'aimez et le bien de la France, que vous avanciez à ce coup , étant assuré que vous me ferez en cela un signalé service et que je m'efforcerai de recontiaitre en toutes occasions qui se présenteront. J'ai tant de confiance en votre affection, outre ce qu'il y va de l'honneur , que je ne pense être besoio de vous en dire davantage ; priant Dieu qu'il vous tienne en sa sainte garde. Henri.»
Balthazard de Gressier, ayant fixé sa résidence à Soleure, à l'occasion de sa place de secrétaire-interprète du roi en Suisse , fat membre du Conseil de cette république, à laquelle le roi écrivit, le 15 juillet 1586, pour la prévenir qu'il serait chargé des affaires de France pendant l'absence de l'ambassadeur , et il assista en cette qualité, conune nous l'avons déjà remarqué, à la Diète d'Aarau, le 7 fé\Tier 1587. Peu de temps après il négocia la levée du régiment de 4000 hommes , dont on a parlé et dont il fut colonel. Ce régiment , qui acquit tant de gloire dans plusieurs batailles , fut réformé ik la paix de Yerxins; mais sa compagnie colonelle fut conservée et attachée à la garde de la personne du roi. Balthazard fut nommé, par Marie de Bourbon , comtesse de Neuchàlel , lieutenant et receveur de la seigneurie de Yalangin. Dans cet acte, daté de Trie, le 6 novembre 1 597, scellé de son sceau et signé de sa main, cette princesse ne lui donne aucune qualité; mais dans un autre delà même année, Marie de Bourbon dit : « qu'ayant confiance dans la personne du sieur Balthazard de Grissach, chevalier, colonel d'un régiment suisse des Gardes du roi et lieutenant des Cent-Suisses , aussi de la Garde du corps de sa majesté, bourgeois de sa baronie du Landeron
GRESSIER. 249
et du canton de Soleure, » elle le nomme capitaine, châtelain et reœveur de la seigneurie de Valangin pour trois ans. Le dit acte, signé de sa main, de Tavis de messieurs de son Conseil. Les finances du roi étant en très-mauvais état, Balthazard avait avancé à ses soldats la paie et l'entretien de plusieurs mois , il ne put jamais recouvrer les fonds qu'il avait empruntés à cet effet. Ses biens furent mis en décret public , ce qui l'affligea au point qu'il en tomba malade , et mourut à Paris en 1602. Quel triste sort pour un homme qui pendant plus de trente ans avait donné des preuves du plus grand attachement à la monarchie , et quelle honte pour la couronne de France ! Il avait épousé Barbe Nûkam ou Nûkum, fille de Silvestre de Nûkam , d'une famille noble des Grisons (qui portait pour armes : de gueules à trois étoiles d'argent posées en chef l et i, et en pointe un croissant d'or ) , et de Barbe Guggelberg. Cette Barbe partagea avec sa sœur les biens paternels et maternels, en 1563. On la trouve encore rappelée dans un acte du 2 décembre 1593, par lequel Barbe Nûkam, épouse de Balthazard de Grissach, colonel de la garde de sa majesté très-chrétienne , Frédéric Graff, époux de Barbe de Grissach, leur fille, Pelreman de Grissach, leur fils, se portent caution en faveur des créanciers du dit Balthazard, qui laissa de son mariage trois fils et trois filles :
1® Petreman de Cressier ou Grissach, qui suit;
2® Werly de Grissach, mort en 1603, dans un combat au service de France ;
3® Wolfgang de Grissach, mort officier au même service ;
4® Marie-Anne de Grissach , femme de Jean de Vigier , seigneur de l'Escanach, donzel, secrétaire-interprète du roi très-chrétien près du corps helvétique, mort en 1639 ;
5<^ Barbe de Grissach, épouse de Frédéric Graff, capitaine au service de France, mort en 4639 ;
6^ Elisabeth de Grissach, alliée à Jost Greder, colonel d'un régiment suisse au service de France, mort en 1623.
Petreman de Grissach servit d'abord avec beaucoup de distinction dans le régiment de son père. Le roi étant à St-Denis, le confirma , par brevet du 31 octobre 1592 , dans la charge de lieutenant des Cent-Suisses , en considération des services de son père Balthazard. Il prêta serment le 17 janvier 1593, entre les mains du
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duc de Bouillon , colonel de la dite garde. On le trouve nommé Petreman de Cressier , capitaine d'une compagnie de gens de pied suisses aux Gardes du roi , fils de feu le colonel Baltbazard de Cressier , dans un acte du 3 octobre 1603 , par lequel il déclare qu'en considération de la somme de 5370 florins que Flory Simon, marchand du pays des Grisons, a fournie à son père, il s'oblige avec le capitaine Jacques de Grissacb , son cousin , envers le dit Simon. Il conserva la charge de lieutenant des Cent-Suisses jusqu'au 9 juin 1603, qu'il obtint alors la compagnie aux Gardes-Suisses, levée par son père et vacante par la mort du colonel Hartmann. Il fut réformé en 1604 et mourut en 1605, sans enfants de Régule Frôlich de Soleure, sa femme.
Cette branche de la famille de Cressier , portait pour armes suivant les lettres d'anoblissement de 1579 : bandé d'or et d'azur de 6 pièces, au chef d'azur, chargé d'une étoile d'or. Cimier^ un demi val d'azur portant une étoile d'or. On voyait encore, en 1796, ces armoiries sur une vitre d'une maison à Cressier. Celles de Jean de Cressier, qui fut anobli en 1465, et qui sont, comme on l'a dit, de gueules à la fasce d'or , accompagnée d'une fleur-de-^lis d'argent en chef , et d'une étoile de même en pointe, Vécu surmonté d'un casque, ayant pour cimier la tête et le cou d'un cygne, sont écartelées avec celles que porte aujourd'hui la famille de Wallier, avec cette différence cependant que ces armes sont blasonnées au l^ et k^ de gueules à la fasce d'or, accompagnée d'une fleur-de-lis d'or, au pied coupé d'or en chef et d'une étoile de même en pointe. C'est ainsi qu'on les voit dans la chapelle de Cressier, fondée par Etienne Berthoud en 1457, et appelée depuis la chapelle Wallier. On y voit aussi les armes primitives de Wallier, qui sont au 2« et 3« d'azur à la croix fleuronnée d'or.
Soarcet. Zurlauben, Histoire militaire des Suisies, 1. 1, p. 494; I. III, p. 406- 407. — Dictionnaire des anoblissements par plusieurs maîtres de la Chambre des comptes, Paris 4780, t. 1, p. 56; t. II, p. 54. — Collection diplomat, deMulincn. — notices gènéal. du baron d*Estavayer, t. XI, p. 444-423. — Archives des familles de Vallier de RoU et de Vigier de Soleure. — Jnnales de BoyvCt 4400. ^ Collection diplomatique du baron J.-F. de Cbambrier, etc., etc.
DELAGHAUX. 251
AUGUSTE DELAGHAUX.
Auguste DeIacbau\-dit-Gay, mécanicien distingué, né le 17 janvier 1797 , décédé le 28 juillet 1860, aux Planchettes , a rendu de véritables services à la fabrique d'horlogerie neuchàteloise par ses perfectionnements dans les outils de précision , par ses burins-fixes surtout , qui font l'admiration de tous les bons horlogers. Vrai type de l'ancien neuchàtelois, il fut jusqu'à sa mort un modèle d'humilité et de charité; sa grande modestie n'a pu être surpassée que par son rare talent, et certainement il se serait fait un nom dans les arts mécaniques , s'il avait voulu sortir de la sphère modeste où Dieu l'avait placé. Nous devions ces quelques lignes d'hommage à la mémoire de ce vertueux citoyen.
FRANÇOIS DELAGHAUX.
François Delachaux, conseiller d'Etat, né en 1793, à Yalangin, y fit ses premières études et montra de bonne heure beaucoup d'intelligence : à peine Agé de 12 à 13 ans , il tint une école de quartier aux Montagnes ! A l'âge de 14 à 15 ans, il entra au grefle de Valangin et y travailla pendant plusieurs années ; ensuite devint notaire et procureur, puis avocat, état qu'il remplit avec beaucoup de succès jusqu'en 1831, où il entra dans le Conseil d'Etat. A deux reprises il occupa dans la bourgeoisie de Yalangin les places cumulées de secrétaire et de boursier (de 1819àl822 et de 1825àl8!28). Il fut nommé à la présidence du conseil représentatif lors de la nouvelle organisation de la bourgeoisie. Il fut membre du Corps législatif , et membre influent , pendant tout le temps de sa durée , et quelques années membre du Grand-Conseil.
M. Delachaux était du nombre de ces Neuchfttelois qui ont acquis par eux-mêmes toute la science qu'ils possédaient et qui était souvent fort étendue. En dehors de ses emplois, il rendait beaucoup de services au public. Il était consulté par un grand nombre de
va DELÂCOMBE.
personnes ; ses conseils étaient toujoars sages , prudents et désintéressés; il ne les refusa jamais. Après IShS, U reprit son état de notaire et d'avocat.
Depuis deux ans sa santé déclinait sensiblement ; le 23 mai 1859, s'étant promené une partie de la journée , il rentra chez lui à Yalangin , à h heures et demie, s'assit sur son fauteuil, prit un livre, et à S heures on le trouva dormant du dernier sommeil, son livre i oAté de lui.
« Nous savons, a dit sur sa tombe M. Heuriod, pasteur à Yalangin, ce qu'il était pour ce lieu , où il a passé la plus grande partie de sa vie, où il a fait du bien à tant de personnes, et où il va laisser un grand \ide. Habitants deValangin! nous n'oublierons pas cet homme respectable , qui fut pour tant de nos pauvres un généreux protecteur; pour tant de nos familles un généreux conseiller. Nous savons ce quïl était pour le Val-de-Ruz , pour sa bourgeoisie et.^r^i pour son pays, qui le compta pendant 17 années au nombre de principaux magistrats. »
JEAN-PIERRE DELACOMBE.
Jean-Pierre Delacombe, horloger neuchàtelois, mort au comme cément du siècle dernier , habitait sur les Montagnes de Travers^s""*^ Cet homme de génie, sans avoir fait aucun apprentissage, faisait s* ^ i lui seul toutes les parties d'une montre: l'échappement, le mouve^^^^* ment entier, le cadran, la boite, le grand ressort, la chaine, lésai guilles , etc. 11 avait été obligé de fabriquer lui-même ses outils qu'on juge de l'étendue de ses travaux ! Ceux qui possèdent la naissance de cet art difficile, admirent respectueusement la patien les veilles , les essais de ces premiers pères d'une industrie qui fait le bien-être de plusieurs générations. Privé du secours de 1^ géométrie pour les dimensi(»ns relatives aux pièces, J.-P. Delacombe et ses émules des Montagnes étaient réduits à diviser leur plateforme avec le compas ; et les roues des premiers horlogers furent divisées de la même manière : tout fut fait par ces hommes infoti-
DESSOULAVY. — DELUZE. 253
gables, à la lime , à force de bras , et pour les montres et pour les pendules, avec la plus laborieuse patience.
Sourottt. Btrennes neuchâteloiies, 4'* année 4862, p. 24.— Recueil mantacrit du siècle dernier.
PIERRE DESSOULAVY.
Chanoine de Neucb&tel en 1475, mort le i®'^ juin 4484, prieur de Douvaine en Cbablais, ordre de Saint-Benoit, et curé de Notre- Dame des Granges et de Gbàtel-Saint-Denyz , fut un des prêtres les plus estimables de son temps. Le chapitre de Neuch&tel le députa, en 1477, à Lausanne, avec son collègue Louis de Pierre, pour faire approuver par Tévéque Benoit de Montferrand , les statuts de la collégiale qu'un incendie avait misérablement consumés et qui avaient été renouvelés. Il fut un des bienfaiteurs de son église, qui faisait son anniversaire chaque année, de môme que Tabbaye de Fontaine-André.
Sooroet. Statuts et franchitet de Véglise de Neuchàtetf mss. — Nécrologe de Fontaine'Àndréy 4«' juin. — Geichichtsforscher, VI, p. 240, etc.
DELUZE.
Famille bourgeoise de Neuchàtel, originaire de la Saintonge. Jacques Deluze se réfugia, lors de la révocation de l'édit de Nantes, à Neuch&tel. Il fut père de Jean-Jacques Deluze, du Conseil de la ville de Neuch&tel, qui contracta mariage avec Rose-Marguerite Chaillet de la Coudre, dont il eut un fils unique, Jean-Jacques Deluze, banoeret de Neuch&tel, anobli par le roi Frédéric ii, en 1773. Il avait épousé Marie-Anne Warney, fille de M. Warney, d'Yverdon, ch&telain de Sainte-Croix, dont il eut: l^ Jean-Jacques Deluze, négociant, marié à Henriette d'Ostervald, fille de noble Ferdinand d'Ostervald , lieutenant-colonel au service des Etats-Généraux , et de Barbe Pury. — 2** Alexandre-Jules Deluze, officier dans le régiment des Gardes-Suisses du roi Louis xvi, marié & N. Fer, de Mul-
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bouse ; — 3^ Frédéric-Auguste Deluze, colonel au même service et lieutenant aux Gardes-Suisses, marié à Garoline-Frédérique de Mézerac, fille de N. de Mézerac, chevalier de Saint-Louis et capitaine dans le régiment de Champagne , gentilhomme breton , et de N. de Cologne. Le colonel Frédéric-Auguste Deluze est mort à Neuchâtel , le 17 mars 1837, à Tàge de 78 ans. C'était un des nobles débris de cette brave et fidèle Garde-Suisse qui, le 10 août 1792, préféra la mort à la honte d'abandonner Louis xvi et de trahir ses serments. Echappé comme par miracle au massacre de ses compagnons d'armes, M. Deluze a vécu dès lors dans sa patrie, aimé et estimé de tous ses compatriotes; son nom est inscrit sur le monument élevé à Lucerne à la fidélité helvétique, parmi ceux qui ont survécu à la catastrophe du 10 août, et dont la faux du temps éclaircit tous les jours les rangs. Peu de jours après cette terrible journée , il adressa une relation du massacre des Suisses à M. Jacotet , ancien capitaine au service de France et chevalier du Mérite militaire. On peut la lire dans le Musée historique de Neuchdtel et Valangin, par M. Matile; — 4® Charles Deluze, négociant, marié à une demoiselle Betmann de Francfort^ dont il a eu plusieurs enfants.
On doit observer que Jacques Deluze, sorti de la Saintonge, laissa un autre fils, Abraham Deluze , qui fut pasteur à Neuchàtel, et dont les fils n'eurent point part à la lettre de noblesse de J-J. Deluze, leur cousin germain.
S««ff«M. Titres ■ânuscriU, et Musée Aisf . de MatUe, t D , p. 344.
DE DIESSE.
Ancienne maison noble, éteinte depuis longtemps et qui tirait prahablement son nom d'un fief qu'elle possédait dans le village ou dans la montagne de Diesse , auxquels elle a donné son nom. Ce qu*il y a do certain , c'est qu*elle possédait un fief considérable dans le comté de Neudiàtel, consistant en dîmes, cens et domaines. La maison qu elle habitait dans Neuchàtel, me du Château, tenait à la porte de la ville du cdté de Torient, et touchait i une grande cour
DE DIESSE. 255
carrée, bâtie de forts et épais matériaux , en bossages rustiques , qu'on appelle encore la Tour de Diesse, Comme c'était l'entrée de la ville, il est probable que sa garde était inféodée à la famille dont elle porte le nom , et que c'était anciennement une charge pour le vassal. Le comte de Neucbâtel avait son château à l'extrémité opposée , et la tour qui dominait le pont-levis ou la porte d'entrée à l'occident, faisait partie de son château. On trouve sur la famille de Diesse des fragments dans les actes du comté de Neuchàtel et de l'àbbaye de Haut^rive , où plusieurs gentilshommes de ce nom sont cités comme bienfaiteurs de ce monastère , dans ceux du pays de Vaud et surtout dans les titres de l'évéché de Bàle, dont une branche de cette maison était anciennement vassale de l'évéque. 11 parait d'ailleurs que les nobles de Diesse ont toujours joui d'une certaide considération auprès des comtes du pays ; mais il est très-difficile d'établir par titres leur filiation et de connaître leurs alliances. En 1234, Burcard de Diesse, chevalier, fut présent comme témoin à une donation faite à l'abbaye de St-Jean , par Bertbold , seigneur de Neuchàtel. Thierri de Diesse, donzel, fut aussi témoin de cet acte. En 1249., le même Burcard de Diesse, chevalier, fut aussi présent à une donation faite par le même seigneur au même monastère. On le trouve encore mentionné dans deux actes de la même année. En 1251, Girard, chevalier d'Ânet, ministral de la maison de Neuch&tel , déclare tenir en fief de Burcard de Diesse, une dime de vin dans la paroisse de Neurol. Burcard la tenait en fief du comte Rodolphe de Neuch&tel, seigneur de Nidau. Celui-ci, à qui les vassaux l'avaient remise , la donna par le même acte à l'abbaye de St-Jean, en présence de Burcard de Brengarten et d'Ulrich son fils, de Conrad de Brandis , de Jacques de Morens, etc., tous chevaliers. Le comte Rodolphe scella l'acte avec Ulrich , seigneur d'Arconcié, Bertbold, seigneur de Strasberg , et Burcard, seigneur de Diesse. Le dernier acte que nous connaissions de lui est une sentence arbitrale de l'an 1252, rendue entre le dit Burcard de Diesse et la commanderie de Buchsé , au sujet du patronat de l'église de Douane que Burcard prétendait lui appartenir par héritage , tandis que les chevaliers de St-Jean de Buchsé soutenaient qu'il leur avait été donné par Conrad de Douane. Dans cet acte sont nommés Berthe , épouse du dit Burcard et leurs enfants, Bur-
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card et Margneritt de Diesse. On voit d'après cet acte que Barcard laissa de son mariage on fils et une fille , Burcard et Marguerite. Cell(>ci fut mariée à Jean de Denisy ; on la trouve d'abord nommée Marguerite de Diesse, fille de messire Burcard de Diesse» chevalier, dans un acte de Tan 1277, par lequel, de l'aveu de Burcard son frère qui apposa son sceau à cet acte , elle vendit une possession à Yillarzel sous Gibloux dans la paroisse d'Estavayer, à Guillaume de Billens, donzel. La même Marguerite donna, l'an 1284, à titre d'aumône , à l'abbaye de Hauterive, un tenement qu'elle avait eu pour sa dot à Rivorée sous Gibloux. Elle testa la même année et choisit sa sépulture à Hauterive, faisant des dons à ce monastère, et nommant son frère Burcard et Pierre de Bonneville, son cousin, pour exécuteurs de ses volontés.
Burcard de Diesse, frère de Marguerite^ parait dans un acte de l'an 1288, portant que Rodolphe de Neuchàtel, seigneur de Nidau, prononça sur un différend qui s'était élevé entre Burcard et Henii, commandeur de Buchsé à Douane. En 1234, Othon de Yaumarcus, donzel , et Claire de Diesse sa femme , fille de noble Eberhard ie Diesse, firent un don au monastère d'Interlacken. En 1405, Jean de Diesse, chanoine de Neuchàtel, écrivait les Annales du chapitre. Il tint la plume de 1403 à 1425. En 1406 , Conrad de Diesse, écuyer, était châtelain de la Neuveville. En 1412, Girard de Dieste possédait une vigne près de Neuchàtel. La même année , Nicolas de Diesse, écuyer, était châtelain du Schlossberg. On le trouve rappelé avec Jeannette de Friberg , sa femme , et Jacques leur fils , et Marguerite de Diesse, prieure de Frauhrunnen , de même que Burcard, prévdt de Thierrenbach , et dame Beatrix de Diesse, dans l'anniversaire de Tabbaye de Frauhrunnen. En 1432, par acte du 19 septembre, Jacques de Diesse, fils de Nicolas, reconnut tenir de Jean , évéque de Bàle , son fief près du Schlossberg et autres lieux. En 1432, Didier de Diesse, écuyer, conseiller d'Etat à Neuchàtel, siégea comme vassal au\ audiences générales du pays; il était seigneur de Champel. En 14S1 , Conrad de Diesse, Jean de Bariscourt et noble Pierre Champion , furent présents et témoins au contrat de mariage de Didier, fils de Jean-Louis de ThuiUière, seigneur de Montjoie, avec Marie, fille de Jean d'Arberg, seigneur de Valangin. En 1462 et 1480 , Conrad de Diesse siégea comme vassal aui
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audiences de Neuchàtel, et en 1&6S, Marie de Chàlons, par son teslamenl , fil un legs à Marie de Diesse, sa filleule, Qlle de Jacques de Diesse, écuyer, et de Glaire de Neuchàtel. Il est vraisemblable que cette Glaire de Neuchàtel est la même Glaire , bâtarde de Gonrad de Fribourg, à laquelle le comte Jean de Fribourg assigna, en 1432, en la mariant^ cinq muids de vin de cens dans la chàtellenie du Landeron, rachetables pour 200 florins d'or. Nicolas Verdonnet, procureur-général de Neuchàtel, en fit le retrait pour le domaine et à ce pri]L-là, de Olivier de Diesse, seigneur de Champel, conseiller d'Etat et le dernier de sa maison. On les céda pour 150 écus d'or aux Quatre-Ministraux, en 1S69, lesquels les revendirent d'abord au gouverneur J-J. de Bonstetten. Il est donc apparent que cette Claire, bâtarde de Fribourg, est la même Glaire qui avait épousé Jacques de Diesse , puisque Olivier de Diesse possédait par succession , en 1569, ces cinq muids de vin de cens.
En i 466 , Claude de Diesse , écuyer, possédait des biens sur le territoire de la Neuveville. II assista comme vassal du comte de Neuchàtel aux Audiences-générales, en 1480, où il avait un des premiers sièges. En 1495 , noble Conrad de Diesse est appelé maitre d'hôtel du comte de Neuchàtel et siégea comme vassal aux mêmes audiences. Nous trouvons, en 1499, un autre Jaquet de Diesse qui contracta à la Neuveville. La même année, Wilhelme Tissot de Couvet , au nom de noble Philippe de Diesse, certifie que Begnauld Berthold de Fleurist, au Val-de-Travers, a payé au dit Philippe de Diesse, sept livres et demie que ce dernier perçoit chaque année sur le grand péage. Get acte est du 14 août 1499.
Le dernier membre de cette ancienne famille fut Olivier de Diesse, seigneur de Ghampel et conseiller d'Etat en 1560. Il parait par quelques notices du temps que cet Olivier était couvert de dettes, et que son immoralité, comme son ivrognerie y avaient contribué. Obéré et sans enfants légitimes, il supplia le souverain de lui permettre de vendre son fief, ce qui lui fut accordé en Gonseil, à condition qu'il le yendrait en main capable pour payer ses créanciers. Il fut donc vendu et dispersé. La tour de Diesse fut vendue aux Quatre-Ministraux. Gette tour donnait le droit de fief, mais il devint inutile au magistrat par les réserves qu'y mit Marie de Bourbon lorsqu'il l'acquit en 1586. Son élévation dominant toute la
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▼tifer L'«i TVBdne pnpre i y pbeer le guet qui y restait jusqu'au joor 'iuDs les ouits «irageiB», annoiicant sa présence par des coups ârwotf i diaque "{iiartHiflieare sur la cloche. Olivier de Diesse était iomiaiié ja Tai-^ie-TraivQrs. D fut poursuivi par la justice consisttohaie pour a vie peu édââamtt, et dlé au consistoire; il fit répon- •ire p^ numâer ja Hfclirbin, f«'i7 atmt plus besoin le matin de Tm riairH «{w itf attr iMwr, et s'en moqua. U mourut en 4 585, et ]masA pinseoEs bàtanb. Od tniove, en 4660, un Jean de Diesse, vrvsit À Cdavct . à qui le prince Gûsait une pension modique, sans •ioiite parce ^H iescfvâni fun des fib illégitimes d'Olivier; mais on ignore s ces bâlank oot élé légitimés et s'ils ont laissé quelque desGcniiaiice. Aa sorpte h maisoD de Diesse, qui possédait aussi des bûsas^ lians k easlMi de Fribourg et en Bourgogne, portait pour mes : Ap jwmfai i fa ereix ie Si-Aniri d'argent, chargée de dnq fimillM ii litm èf fmemlis. Gnâer: deux cornes de buffle portpnt tvé» firmàlles it foirv m Mors.
1 Il ■>■ fi ée rAôtotr» ée Nemekàtel, pur G-A. Matile, p. 8«, Sh
lliK lli. tl3. «ftc. — OOÊeciwm Ckompmrd, t. II, p. 122. — CoUeelions diph- ■wfàiMTi ée SafiMB ci et flThrirr — Hmertpftoti de la mairie de NeuekàtHt pttr S. «le niMrtrwr p. S3^ — N^ikn géméiUogiquet du baron d'EsUvayer, U \1. p. 4i*— I3i. — Cartidmire ée Bémîerive. — ^rc/itt?ei de l'offleialUé de
- - ' 4422, 4580,4414, «535, 4585, 4595, etc.
DEPIERRE.
Famille ncèle , originaire du bailliage de Grandson , ou plutôt vassale des sires de Grandson , où elle possédait des fiefs considérables avec la seigneurie de Lignerolles. Cette famille avait aussi un fief des comtes de Neuchàtel, appelé le fief de Pierre; mais on ignore quelle en était la nature. On voit par les registres des Audiences de 1553 et 1565, que Louis DePierre, donzel de Giez, soutenait qu'il mouvait du fief de Courtelary. La rareté des documents ne permet pas d'établir une filiation suivie de celte maison. Comme vassale des comtes de Neuchàtel , et quoique plusieurs DePierre soient nommés dans divers actes, cependant les faits et gestes de la plupart d'entre eux nous sont inconnus.
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Il a déjà été parlé dans une précédente notice d'un membre de cette famille, Hugues DePierre, le chroniqueur du chapitre de Neu* chàtel ; nous nous occuperons maintenant d'un autre de scsmembreSy qui s'est acquis un certain renom.
Louis DePierre , chanoine de l'église cathédrale de Lausanne, protonotaire apostolique , chanoine de Neuchàtel , puis prévôt du chapitre de Notre-Dame de Neuchàtel. La chronique le représente comme un homme actif, ami de la paix, assidu à ses devoirs, vigilant à conserver les droits de l'église et fort libéral envers elle. Il fit de nouvelles fondations , en augmenta d'autres et embellit l'église en la décorant magnifiquement et somptueusement. Il fit faire entre autres , en I50S et à ses frais , un grand tableau qu'il plaça dans le chœur, sur le maltre-autel, et dont la peinture excitait l'admiration générale.
François de Ghauvirey , prévAt du chapitre de Neuchàtel, étant mort en 4497 , les chanoines se souvenant des mérites de Louis DePierre, qui, dix ans auparavant avait résigné sa prébende, parce qu'il estimait qu'étant domicilié à Lausanne il n'était pas bien de retirer les fruits d'un bénéfice à Neuchàtel , l'élurent prévôt à l'unanimité des voix. En I5I0, il résigna de nouveau sa prébende et les chanoines élurent à la dignité de prévôt, son frère, Pierre De- Pierre, qui mourut peu de temps avant la réformation. Louis De- Pierre, avant de mourir, enrichit encore la cathédrale de Lausanne de plusieurs fondations pieuses ; ainsi nous voyons dans le livre des anniversaires du chapitre de Lausanne , que les chanoines de cette ville célébraient, le jour de la Transfiguration de Jésus-Christ , un office solennel, que vénérable homme Liudovicus de Petra, chanoine de Lausanne et prévôt de Neuchàtel , avait fondé en l'honneur de Dieu. Des fondations semblables, richement dotées par notre chanoine, se célébraient encore les jours de la présentation de Saint- Jean l'évangéliste , le lendemain du mercredi des Gendres, etc.
Louis DePierre, cet ecclésiastique estimable, qui fut chéri de ses contemporains et qui vécut dans l'austérité et la mortification du christianisme , dans un temps où ces vertus étaient passablement négligées dans notre pays , mourut en 1526. Nos historiens neuchàteloîs, tels que MM. Matile, de Ghambrier, Boyve, font souvent mention de lui dans leurs savants écrits.