‹ Biographie neuchâteloiseChapitre 53 sur 117 · ANTOINE COURANT · texte numérisé non relu

ANTOINE COURANT

Antoine Gourant, bourgeois de Neuchàtel, lieutenant-colonel au ^rvice d'Angleterre à l'époque de la révolution française, membre ^6 la société d'émulation patriotique de Neuchàtel, et botaniste dis- Ungué, passa plusieurs années dans Die de Ténérifie, où il fit une ^inple collection de plantes indigènes, qu'il communiqua, avec des 'Polices curieuses, à MM. de Candolle, Choisy, etc. Léopold de Buch, ^ans sa Flore des Canaries, s'appuie souvent de l'autorité de ce bo- ^niste neuchàtelois (Voyez L. von Buch's Physikalische Beschrei- ^ng der canarischen Imeln, Berlin 1824, p. 137 et suiv.) — On doit au colonel Courant le perfectionnement de plusieurs instruïïients d'agriculture.

Î30 COURTELARY.

Après son retour à Neuchàtel, il avait été chargé par le gouvernement de réorganiser les milices du pays, dont il fut un des chefs militaires pendant plusieurs années.

COURTELARY.

On trouve une famille de ce nom, éteinte depuis longtemps, vassale de la maison de NeochAtel , laquelle ne possédait pas la seigneurie de ce nom dans l'Ei^el , mais bien un fief qui subsistait encore à la fin du xviii* siècle. Voici ce que les titres nous apprennent de cette famille, qu'on trouve du nombre des ministérielles des seigneurs de NeuchAtel.

Humhert de Courielary (Corolary) tomba dans le lot de Berthold, seigneur de Neuchàtel , comme on le voit dans le partage des roinistériaux de sa maison , fait vers Fan 4248, avec ses oncles Berthold, évèque de Lausanne et le comte Ulrich de Neuchàtel. Après lui on trouve Simon de Courielary , qui fut témoin avec Ulrich de Nidau , Jean de Moringen , Pierre de la Tour , Heinrich , maire de Bienne, Louis et Jean de Bienne, tous chevaliers, d'un acte de l'an 4:234, par lequel Berthold, fils de Jacques, chevalier de Berne, fait une donation à l'abbave de Saint- Jean « du consentement de Rodolphe, comte de Neuchàtel et seigneur de Nidau, son seigneur. Simon de Courielary , chevalier , est nommé avec Berthe sa fille , femme de Vaucher de Tavannes, et Richard de Courtelary, aussi chevalier, dans un acte de l'an 4296. Ce même Richard est nommé avec Judenle, sa femme, Pierre, leur fils, et JuUe, son épouse, dans l'anniversaire de Tabbaye de Frienisberg, comme ayant entretenu pendant trois ans le dit monastère, dont la communauté aurait été oblig(V do se dissoudre , sans le secours de Richard de Courtelar}* el dos sions. Suivant l'anniversaire de Bienne, Pierre de Courtelary^ ohovalior, possédait une maison à Bienne, de même que Immer Courielary, donzei. L'an 1305, Borcard de Courielary, donzel, r(HM)nnut homme-lige de noble baron Vautier de Montbéliard pour KM) soudées de terre, sur la vente de Véreux, sauf la fcaui i|U*il devait à révtV)ue de Bàle. Par acte du jour après la fête d

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Saint-YalentiD, de Tan 1347, Jean, dit Campagnet, fils i^Etienne de Courtelary, déclara tenir en fief noble de Rodolphe, comte de Neuchàtel, le village et les hommes de Gormoret, avec les droits et appartenances universelles du dit fief , et lui en fit hommage. Ce même Jean Campagnet fut la tige de la famille de Hoffmeister qui a subsisté pendant quelque temps à Berne.

Immer de Courtelary, chevalier, était bailli dcNeuchâtel en 1350. Il est regardé comme le premier gouverneur connu de ce comté. Il présida, l'an 1357, la cour des pairs du comte Louis de Neuchàtel, dans le jugement qu'elle devait rendre sur le crime de félonie dont s'était rendu coupable Arthaud d'Estavayer , seigneur de Gorgier, chevalier.

L'an 1366, Jean-Henri de Courtelary, bourgeois de Neuchàtel, reçut par accensement une vigne de Marguerite d'Anet, femme de Jean dit Guisinten de Berne, donzel. Henri de Courtelary , chevalier, avait épousé Béatrix, fille d'Estard de Monnet, chevalier, seigneur de la maison forte des Montets et de Montsangeon, et de Renaude de Joux , dont naquit un fils , qui vivait encore en 1370. Après la mort de Henri de Courtelary , sa veuve épousa en secondes noces Henri de Gleresse , chevalier , appelé dans les titres allemands Ulrich de Gleresse , baron et chevalier , co-seigneur de Gleresse. Cette dame se trouve rappelée dans un acte du 13 juillet 1370, conçu en ces termes: « Je Béatrix, fille de noble et puissant seigneur Estard do Montsangeon, chevalier, comme tutrice de Jean, mon fils et de feu messire Henri de Courtelai7 , chevalier , mon mari ^ constitue mes procureurs généraux et spéciaux , le dit seigneur Estard, mon très-cher père, Perrod Lambert, donzel, Peronet de Mont, châtelain de Boudry^ et Perrod Tegand, bourgeois de Neuchàtel, etc. Henri de Gleresse, chevalier, fit hommage, le 10 juin 1388 , au nom de Béatrix , sa femme , à Hugues de Châlons, sire d'Arlay, de la moitié de la garde de l'abbaye de Montbenoit, et de la garde du temple près de Pontarlier , des seigneuries de Lièvremont , Hostal et Dommartin , et protesta par le même acte, contre la vente de la plus grande partie de ces terres, faites à ce seigneur par Estard de Montsangeon, son beau-père. — Isabelle de Courtelary , sœur de Henri , avait épousé Conon de Moringen , donzel. Cette dame , qu'on trouve nommée veuve du dit Conon de Morin-

23Î COURTELARY.

geD, donzel, et sœur de feu Henri de Courtelary, chevalier, dant un acte de l'an 4383, donna en 138S, de l'aveu d'Anceline, sa fille, au chapitre de Neuchàtel , dix sok de cens sur sa maison , (appelée aujourd'hui le Faucon) située rue de i'Hdpital de cette ville. Or ignore la destinée de Jean de Courtelary , fils de Henri , chevalier, et de Béatrix de Montsangeon. On lit dans l'abrégé d'une htstoin manuscrite de Neuchàtel, à la bibliothèque du baron de Ghambrier. à Neuchàtel , que Jean Campagnet , donzel de Courtelary , fils di Henri, avait épousé Jeanne de Vauxtravers, dont il eut un fils qu: porta depuis le nom de Courtelary, mais nous avons vu plus haui que ce Jean Campagnet était fils d'Etienne et non de Henri.

Le nécrologe de Fontaine-André fait mention de cette Jeanne di Yauxtravers en ces termes : « Obiit Jeannette de Yauxtravers, fille de messire Jean, chevalier, et femme de Jean Campagnet, don zel de Courtelary , qui nous a donné un baril de vin. »

Jean, fils de Richard de Courtelary , avait épousé Marguerite d< Giez, fille et héritière d'Othenin de Giez, écuyer, et d'Aimonette d< Savagnier , qui lui apporta les fiefs de Savagnier et de Gruères On les trouve nommés Jean , fils de Richard de Courtelary et Marguerite sa femme , avec Henri de Bermont , de Hauterive , dans ui acte de l'an 1447. De ce mariage naquit une fille , Alexie de Cour telary, mariée d'abord à Hencheli, bâtard de Rothelin, et ensuite 2 liai de Trosherg, famille de l'évéché de Bàle.

Il faut sans doute qu'une famille Haller eût acquis ce fief de Cour telary , soit par achat , soit par un mariage , puisqu'on trouve ui acte de l'an 4&&2, où contracte Ulrich Haller de Courtelary, écuyer, châtelain du Schlosberg. Bourcard Haller de Courtelary assisti aussi aux audiences de 4S47 à 4553. Ont aussi siégé aux audiences , comme vassaux de Neuchàtel au 45* siècle, Henri-Albert d< Courtelary, et Jean-Richard de Courtelary.

Les armes de la famille de Courtelary sont : de gueules à la bandi d'or, chargée de trois feuilles de lierre de gueules.

Booroei. NoUces généal. du baron d*£stavayer , t. XI, p. 140-142. — Collections diplomatiques de Ghambrier et de Mulinen. — Nécrologe de Fontaine- André, 44 juin. — Jetés de Vabbaye de S,-Jean de Cerlier , dans la collection de Mulinen. — Histoire des sires de Salins par Tabbé Guillaume , t. II, p. 22 , iD-4«. — Traité des fiefs du chancelier de Montmollin, p. 26. — Bist. des institutiom judiciaires de Neuchàtel, par G.-A. MaUle, p. 97 et 98, etc., etc.

GOURYOISIER. 233

CHARLES GOURYOISIER.

Charles Courvoisier, issu d'une famille neuchàteloise transplantée à Yevey, où elle remplissait des fonctions publiques, maréchalde-camp au service de France, ancien colonel-commandant du régiment d'Anhalt, entra fort jeune au service de Prusse, où il n'exerça qu'une charge subalterne. Il passa au service de Hollande, où on lui donna la commission de major , pour former les troupes h Texercice prussien, et parvint, en 1757, au poste de colonel-commandant du régiment de Lindtman. Appelé en France, en 4759, par M. de Bellisie, il fut nommé lieutenant-colonel, et enfin colonel-commandant du régiment d'Anhalt ; brigadier en 4769, et mar€chal-de-camp en 4784. Il avait épousé M"® Cottin, fille d'un néociant de Saint-Quentin, dont il n'a pas eu d'enfants.

Booreei. Girard, Hitt, de$ officiers suistes, t. 1, p. 449.» Divers Mémoires anuscrils.

CHARLES-HENRI GOURYOISIER.

Charles-Henri Courvoisier , ministre du Saint-Evangile , né à f leurier en 4772 , mort le 16 mars 4859 à l'âge de 87 ans. Ce vénérable vieillard, consacré au saint ministère en 4793, fut plus ^*un demi siècle pasteur à Couvet , comme son père l'avait été à ^'ieurier près de cinquante ans. Des antécédents favorables pré- Parent les carrières distinguées. M. Courvoisier avait élé très-heu- ^^usement doué par la nature: il réunissait une belle imagination et ^n grand sens, l'élément poétique et l'élément scientifique. La dis- ^'pline sévère, dans laquelle il avait été élevé, fortifia en lui l'énergie ^^ la volonté dont l'avait doué la nature et qui contribua si fort ^ son développement.

Sa prédication avait un cachet bien particulier. Malheureusement il ne reste plus que deux de ses sermons: il a détruit tous les autres, ainsi que tous ses catéchismes, son journal d'un demi siëclci

qui composait plusieurs volumes in-h^, et son voyage en Italie. Gomme pasteur et comme prédicateur il alliait remarquablement la douceur dans la forme avec la force dans le fond ; il savait pour ainsi dire se multiplier dans l'intérêt de ses paroissiens. Non-seulement il agissait lui-même, toujours prêt à payer de sa personne; mais encore il faisait agir les autres; les Anciens de son Consistoire étaient ses très-utiles collaborateurs.

Un des traits les plus caractéristiques de son ministère était sa répugnance à se créer des devoirs en dehors de ceux qui découlaient de son état de pasteur , de ceux que la Providence lui montrait le plus rapprochés. Par cette raison sans doute il refusa plus d'une fois la place de doyen. D'un autre côté, il étendait sa houlette pastorale non-seulement sur ses paroissiens actuellement dans la paroisse , mais encore sur les absents, en particulier sur ceux qu'il avait suivis dans leurs études et placés à l'étranger. Ne lais- — sons pas ici dans l'ombre ce qu'il fut comme instituteur et pour les .^s écoles.

L'école est née de TEglise , et le pasteur qui comprend sa mis

sion, s'occupo avec un soin tout particulier de l'éducation publique ^^

Toujours M. Courvoisier prit un grand intérêt et attacha une grand€^^^< importance à raccomplissement d'un devoir que lui facilitaient se^^Si connaissances variées et la pratique de l'enseignement (il fut bienriK ^ dos années chef de pension dans sa cure). Il rédigea luinnême àesr^SBt cours d'étude , surtout d'histoire. Combien de bons élèves Véoolm M li de Couvet n a-t-elle pas préparés au collège de Neudi&tel? A l'é- ^Vpoque dos vacances, qu'ils passaient dans leurs familles, le pasteu ^uor les mandaient à la cure , pour leur faire subir un examen , direc^^^^t ou indirect, qui témoignait de sa sollicitude pastorale. Si la Soeii^ ^OU d^émnlathm a pu être fondée récemment à Couvet , est-il douteu.ac:^x que ce fut on grande partie , grâce à lui , au niveau intdlectud oflci^ù il avait élevé la paroisse?

Quelles que fussent les dispositions de M .Courvoisier pour il n'a rien publié , excepté quelques articles du Messager boii entre autres une lettre snr les ravagea qn'occasianna le tarrenl S^Ktf à Comrt, le 18 mai I8ii. Il avait cependant écrit un gcsammd nombre d\>uvnigo$, que sa modestie lui a fait brûler avant sa roo^ mi. Jusqu'à SCS dernières anoces, il étudiait tous les jours les auteui/sr

latins, avec l'assiduité et l'effort d'un écolier, tellement qu'il devait essuyer souvent la sueur qui ruisselait sur son front. Jamais il ne lut un de ses sermons , et malgré son extrême facilité à parler , il n'a improvisé en chaire qu'une seule fois. Pour suffire à ses travaux , il profitait avec soin de tout son temps , en particulier des heures matinales. Il devançait ses paroissiens à l'ouvrage , quelquefois même les faucheurs dans les champs , où il allait assez souvent faire sa prière. Sa vie tout entière fut une protestation contre la molesse de l'époque actuelle.

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