‹ Biographie neuchâteloiseChapitre 68 sur 117 · XII. Traité du purgatoire. 4543, in · texte numérisé non relu

XII. Traité du purgatoire. 4543, in

XIII. La tréS'Sainte oraison que N. S. J. Ch. a baillé à ses apôtres, avec un recueil d'aulcuns passages de la sainte Escriplure , fait en manière de prière. Genève 4543, in-42«.

XIY. Epistre exhortatoire à tous ceux qui ont cognoissance de l'Evangile, les admonestant de cheminer purement et vivre selon iceluy, glorifiant Dieu et édifiant le prochain par parolles. 4544, in-42^

XV. Epistre envoyée aux reliques de la dissipation horrible de l'Antéchrist. 4544, in-42.

XVI. j4 tous ceulx qui aiment et désirent ouïr la saincte Parole de Dieu. 4544.

XVII. d tous cœurs a/famés du désir de la prédication du St-Evangile et du vrai usage des sacremens. Neuchàtel 4545.

XVIII. Le glaive de la parole véritable, tiré contre le bouclier de dcfense,dU' quel un cordelier libertin s'est voulu servir pour approuver ses fausses et damnobles opinions. Genève 4550, in-8*.

XIX. De la saincte Cène de notre Seigneur Jésus et de son Testament confirmé par sa mort et passion. Genève 4553, in-8*.

XX. Du vray usage de la croix de J. Ch. et de l'abus et idolâtrie commise autour dHcelle, et de l'autorité de la Parole de Dieu, et des traditions humaines. Avec un advertissement de P. Viret touchant l'idolâtrie et les empeschemens qu'acné baille au salut des hommes. Genève 4560, in-8*.

XXI. Forme d'oraison pour demander à Dieu la saincte prédication de l'Evangile et le vrai droit et usage des sacrements. Genève 4545, in -8*.

XXII. Ubellus de Parisiensibus et Pontifice. — De antechristis. — Déclara» lion de la messe, cités par Erasme.

XXIII. Lettres , insérées en diverses collections et dans la dernière édition de Ruchat, un grand nombre restées inédites et conservées dans la bibliothèque des pasteurs de Neuchàtel, dans la bibliothèque et aux archives de Genève , à Paris, etc.

On attribue aussi à Farel l'ouvrage suivant: Livret auquel, sans s'arrester â toutes les autres disputes et di/férens , est demandée seulement la réformation de la liturgie, pour pouvoir prier Dieu tous ensemble et parvenir peu â peu à une réccnciliatUm. 4536, in-46«.

Les fameux Placards affichés dans Paris et a Blois auraient aussi Farel pour aalear, selon quelques-uns.

Sovuroet. Godet» HUtoire de la réformation et du refuge dan» le pays delfeur châteL^ Gognel, La vie de G. Farel.— Choupard.mss.— De Perrot, VEgUsêH la ré formation, — Ancillon, Pldée du fidèle ministre de J. Ch. ^ ou la vie deC. Farel,— Merle d'Aubigné, Histoire de la réformation. — Sayoas» Etudes sur kt écrivains de la réformation. — Mignet , Notices et Mémoires historiques. — Kirchhofer, Veber IV. FareVslitterarische ThàtigkBit. — Sclimidt» JF. Farel vota P. Viret, — Haag, La France protestante.

Louis Fauche-Borel , l'un des hommes qui montrèrent le plus de zèle et de dévouement à la cause des Bourbons pendant la révolution et l'empire, est né à Neuch&tel le 12 avril 1762, d'une famille bourgeoise de cette ville. A l'époque de la révolution , il exerçait dans sa ville natale l'état d'imprimeur, pour ne pas dire le métier, car depuis longtemps le bel art de la typographie en était tombée ce degré d'avilissement. On raconte que ses rapports avec la famille royale de France commencèrent à propos d'un pamphlet contre la reine, qui lui avait été confié pour l'impression et dont il donna communication à cette malheureuse princesse. Quelques paroles de reconnaissance l'attachèrent à tout jamais & la cause de la royauté : tant il en coûte peu aux souverains pour se faire aimer et servir ! Les sauvages barbaries que le parti démagogique exerça contre Louis xvi et sa famille ne firent qu'accroître son dévouement qu'il poussa jusqu'au fanatisme. Tous les émigrés réfugiés à Neuchàtcl étaient accueillis par lui avec empressement; il les aidait de sa bourse , mettait ses presses à leur service et se compromettait pour eux. En 1793, il fut banni pour six mois du pays, parce qu'il avait imprimé le Testament de Louis xvi dans un almanach.

Les dangers et les persécutions n'étaient pas faits pour corriger Fauche-Borcl. Il finit même par renoncer à son établissement typographique pour se livrer tout entier à la cause de Louis xtiii. Il fut chargé de la part du prince de Gondé, par le comte de Montgaillard, agent secret des Bourbons, de faire au général Pichegm des propositions, afin de l'engager à quitter les drapeaux républi-

cains et à passer avec son armée au service des Bourbons. Comme la démarche était périlleuse , il était bon d'en dissimuler les dangers sous la grandeur de la récompense; on lui promit, en cas de succès, un million, la direction de l'imprimerie royale et le grand cordon de Saint-Michel. Dans le cas de non succès, il eut la promesse qu'il lui serait compté une somme de mille louis , pourvu toutefois qu'il abord&t Pichegru et qu'on pût lui communiquer les intentions du roi. Fauche-Borel donna dans toutes ces grandeurs inespérées ; sans hésiter il joua sa vie contre l'honneur de Pichegru. Ce dernier perdit la partie. Fauche-Borel prit le nom de Louis, pour suivre celte mission périlleuse, et s'associa un Neuchàtelois nommé Courant, qui fit avec lui plusieurs voyages à Huningue, à B&le, à Strasbourg et à Mulheim, où se trouvait le prince de Condé. Le 14 août de cette année, il se présenta devant Pichegru, à son quartier-général d'Altkirch , sous prétexte de lui dédier un ouvrage inédit de J-J. Rousseau, et, après quelques mots insignifiants sur cet objet, il lui dit avec un grand courage le «véritable motif de sa visite. Pichegru n'hésita pas et promit de seconder la cause royale, si cependant il était assuré de la coopération des Autrichiens. Le pacte signéà Altkirch, Fauche-Borel alla s'établir à Strasbourg pour suivre cette affaire et attendre l'événement. Afin d'écarter tout soupçon, il s'annonça comme désirant acheter une maison pour y fonder une imprimerie. Il se lia avec plusieurs officiers de l'armée française, et prépara tous les esprits & l'exécution de ses plans, correspondant toujours avec le prince de Condé. Mais le Directoire, qui venait de s'installer, reçut quelques avis et Pichegru fut rappelé; Fauche-Borel lui-même fut arrêté à Strasbourg, le 21 novembre 1795, comme agent des princes. Le succès de l'entreprise était donc bien compromis ; mais Fauche-Borel était homme à ressources. Remis en liberté, faute de preuves suffisantes, il ne tarda pas à renouer les fils du complot. Au mois de juin 4796, Louis xviii le chargea d'une nouvelle mission auprès de Pichegru, alors retiré en Franche-Comté. Ce général adressa au prince une lettre, dans laquelle, en lui réitérant sa promesse de servir sa cause, il lui faisait sentir la nécessité d'abandonner des projets partiels et sans résultats , pour attendre que de grands événements militaires amenassent une occasion décisive. Fauche-Borel remit cette réponse au

m, et TTTS le même temps il fut envoyé par ce prinoe auprès de rjrcfcièac Qiaries, commandant l'armée autrichienne, pour lui faire amsaître FutUité du séjour du roi à l'armée de Gondé , ce à quoi il ne réosât point. Lorsque Picbegru eut été nommé président da Conseil des Gnq-Cents, Fauche-Borel se rendit à Paris. Le 18 frootidor vint renverser tous les plans de la contre révolution. La correspondance de Fauche-Borel avec Pichegru , saisie dans les éqaipages du général autrichien Klinglin, servit de prétexte au Directoire pour son coup d'Etat. La maxime sains pojndi sera éternellement à l'usage de tous les partis pour légitimer leur ambition et égarer l'opinion publique. Il semblerait cependant, si le bien-être du peuple dépend de la loi, que soti salut ne peut dépendre que du respect de cette loi. En faisant violence aux principes, le Directoire rouvrit les portes à l'arbitraire.

Fauche-Borel réussit à se soustraire aux recherches de la police, et se réfugia chez un certain David Monnier, avec lequel il avait eu des relations commerciales. Là, dès le lendemain même du 18 fructidor, cet infatigable agent des Bourbons s'occupait de nouer les fils d'un nouveau complot , dans l'intérêt des princes. Il sut amener David Monnier à le mettre en rapport avec Barras qu'il parvint à gagner. Au mois d'octobre , Barras lui fil donner, sous le nom de Borelly, un passeport pour sortir de Paris. Fauche-Borel, après avoir couru les plus grands dangers avant d'arriver à la frontière, passa en Angleterre et y attendit des communications que Barras s'était engagé à faire à Louis xviii. Divers contretemps le retinrent à Londres; il put enfin se rendre à Hambourg, jouissant de toute la confiance du roi. On peut en juger par la réponse que ce prince fit à La Maisonfort,qui voulait obtenir des pouvoirs pour suivre en Allemagne la négociation que Fauche-Borel avait liée à Paris. «Si je n'écris pas à M. Fauche-Borel dans celte occasion, disait le monarque, c'est parce que j'ignore s'il est à Hambourg; mais les sentiments que je vous exprime à son égard ne sont pas nouveaux pour lui. Vous ne trouverez pas non plus étrange que ma sensibilité à son zèle soit encore plus vive qu'au vôtre. 11 n'est Français que de cœur, vous Têtes de naissance; mais que Dieu nous aide, il ne tiendra qu'à Louis (Fauche-Borel) de le devenir aussi. » Son activité égalait son dévouement; mais il était souvent mal secondé.

jusque sur le territoire prussien. Arrivé & Wesel, Faucbe-Bord fut informé par le baron de Hardenberg que le gouvernement français exigeait qu'il ne retournât pas à Neucbàtel. 11 partit alors pour Berlin , obtint une audience du roi et de la reine, et recueillit de la bouche de Frédéric-Guillaume ces paroles remarquables: tje vous ai suivi depuis buit ans, et je n'ai rien ignoré de vos constants efiorts pour le service du roi de France. Vous avez été bien malbeureux d'avoir affaire à ce comte de Montgaillard , dont j'ai lu les Mémoires. »

Faucbe-Borel s'établit à Berlin, et ne cessa de rendre de nouveaux services à la cause des Bourbons. 11 fut cbargé, en décembre 1804, par le comte d'Avaray , d'imprimer à dix mille exemplaires un manifeste de Louis xviii , adressé aux Français. A cette époque les desseins de Bonaparte sur la Prusse n'étaient plus un mystère. Faucbe-Borel suggéra au cabinet de Berlin l'idée d'appeler des Etats-Unis le général Moreau, pour opposer ses talents et sa renommée à Bonaparte. Le roi lui demanda à ce sujet des notes conformes à celles qu'il avait remises à l'ambassadeur de Russie à Berlin et qu'on lit dans ses Mémoires. Cependant il avait réussi à faire répandre en France un grand nombre d'exemplaires de la déclaration de Louis xviii. Bonaparte, informé de ses démarches, envoya, à la fin de 1805, trois commissaires à Berlin pour le réclamer. Il courut le risque d'être enlevé, même dans cette capitale, mais instruit à temps par la reine, il partit pour Londres, passant par Boitzenbourg , où il eut une conférence avec M. deFersen, ministre suédois , si dévoué aux Bourbons, et par Lunebourg, où il obtint plusieurs audiences du roi de Suède. Arrivé à Londres dans lemoisde janvier 1806, il reçut l'ordre de suivre , sous la surveillance et l'inspection du duc d'Avaray, cette correspondance si étonnante et si funeste que le prétendant entretint si longtemps avec Perlet, ce traître personnage de l'empire ; et rêvant toujours de nouvelles intrigues , songeant sans cesse à trouver pour la cause royale de nouveaux appuis, il adressa à Louis xviii un projet tendant à gagner le marécbal Bertbier. Il suivait encore dans le même temps une correspondance avec d'Antraigues et Puisaye. En 1813, quelques partisans du roi , trompés par les agents de Bonaparte et surtout par Perlet, avaient été amenés à regarder comme possible

le débarquement du duc de Berri sur les cAtes de France. Fauche- Borel fut envoyé à Jersey, pour voir si celle entreprise élait pralicable. Les renseignements qu'il obtint le convainquirent du contraire, et il fit tous ses eflorts pour empêcher ce voyage, qui infailliblement eut été tatal au prince, puisqu'il fût tombé dans un piège tendu par la police de Bonaparte et que dirigeait spécialement le préfet de police de Paris. Peu de mois après, quand Louis xviii, quittant le séjour d'Hartwell , se rendit à Londres pour rentrer en France, ce prince remarqua Fauche-Borel parmi la foule, dans l'hôtel de Grillon où il était descendu et lui tendit les mains avec bonté en lui disant: «Je suis bien aise de vous revoir, mon cher Louis; nous nous reverrons. » Lorsque le roi arriva à Calais, son épée s'étant engagée dans sa décoration de la Jarretière, Faucbe-Bo< rel, n'écoutant que son zèle, se précipita aux pieds du monarque pour le délivrer de cette entrave ; mais le comte de Blacas, toujours occupé d'éloigner du prince ceux dont il pouvait redouter le crédit, parut scandalisé de cette liberté, a Soyez tranquille, lui dit le roi, c'est Fauche-Borel qui me rend un nouveau service. »

De si douces paroles et de si heureux souvenirs semblaient promettre au dévoué Neuchàtelois une très-large part dans la restauration de la monarchie^ et il se hâta d'accourir dans la capitale à la suite de Louisxviii. Mais installé aux Tuileries, ce monarque n'y fut plus aussi accessible qu'à Mittau et Hartwell. Fauche-Borel y rencontra encore le comte de Blacas , toujours prêt à l'éloigner ; et ce qu'il y eut de plus fâcheux , c'est que son ancien ami, le compagnon de ses intrigues, La Maisonfort, se réunit au comte pour le calomnier et le tenir éloigné. Ce fut en vain qu'il essaya de parler du million, du cordon de Saint-Michel et de la direction de l'imprimerie royale, autrefois promis par le prince de Condé au nom du roi. Il ne put pas même une fois s'approcher d'un trône dont le rétablissement lui avait causé tant de fatigues , l'avait exposé à de si grands périls ! Ce qu'il y avait de plus cruel dans sa situation , c'est que ses nombreux créanciers, pensant qu'il était arrivé au comble de la fortune, le harcelaient avec d'autantplus d'acharnement qu'ils le supposaient infidèle à ses engagements. Sa détresse était extrême; la tête du pauvre homme se perdait. Au milieu de ses angoisses il se chargea de divers messages pour le ministre Hardenbcrg, et l'accompagna

à Londres pendant le séjour que les souverains alliés firent dans cette ville. A leur départ il vint à Neucbàtel, où il arriva le jour môme que le roi de Prusse y faisait son entrée; et quand ce monarque en partit, il le suivit jusqu'à Zurich. En revenant en France , le gouvernement de Berne le chargea de deux dépêches pour Louis xviii , dans lesquelles on faisait connaître les trames qui s'ourdissaient dans le pays de Yaud, et la correspondance que Joseph Bonaparte entretenait avec Tile d'Elbe et l'intérieur de la France.

Cependant les événements devançaient toujours les diplomates. Déjà Napoléon , guidé par son étoile , était rentré aux Tuileries. Louis xYiu tenait sa petite cour à Gand. Le roi de Prusse , alors à Vienne, chargea Fauche-Borel d'une lettre pour ce monarque; mais le temps de sa faveur était passé : soupçonné d'intelligence avec l'ennemi, il fut arrêté et jeté en prison. Ce fut en vain qu'il fit pendant trois jours les démarches les plus actives auprès de plusieui^ personnages importants et qu'il s'eflorça de parvenir jusqu'au roi : il fallut l'intervention de la Prusse pour le faire délivrer. Le ministre de Prusse à Bruxelles lui donna un passeport et des dépêches |>our le prince de Hardenherg. Arrivé, le 7 mai à Vienne, il n*out pas de peine à se laver, aux yeux du roi de Prusse et de son mmistre, de Taccusation ridicule d'avoir servi Bonaparte au détriment do la Prusse , accusation qui avait été le prétexte de son arrestation. H établit également sa justification dans un mémoire adressé au roi de France. Enfin , après le retour de ce prince à Paris > le ciHUte de Goltz fit des diligences auprès du gouvememeot français iK>ur prendre dans les registres de la police tous les reosoignoments possibles sur la conduite de Fauche-Borel ; et il résulta do ces roohorohos la justification la plus complète. Hais dans cet intorvalle, son lèle avait trouvé de nouvdies occasions de se signaler. Etant revenu à Neuchàtel, il y reçut la nouvelle de la bataille do WatorKx^* et se mit aussitôt en devoir de concourir au rétablissoment do la monarcfaio. Ce fut par ses démarches que le commaodant du fort de Joux arbora le drapeau blanc , sans attendre te orUn^ du maréchal Jourdan, et rendit (dusîeurs services en Fraocho-Comto.

IXHs^ que k sort do reoipùe lut déddê , Fauefae-Bord retint A

Paris pour solliciter, se flattant d'obtenir enfin des récompenses qui iui étaient dues & tant de titres; mais cette fois encore il fut éconduit par les entourages du roi. L'ingratitude aigrit son cœur; il résolut de mettre le public dans la confidence de ses griefs; et fit paraître un volume in-8^ sans nom d'imprimeur ni de libraire, sous ce titre: Précis historique des différentes missions dans lesquelles M, L. Fauche-Borel a été employé pour la cause de la monarchie, suivi de pièces justificatives , avec cette épigraphe : Pœnam pro munere. Paris 1815, aux dépens de l'auteur. Loin de le servir, cette publication ne fit que lui attirer des tracasseries et des procès. Plusieurs personnages en faveur y étant traités avec peu d'égards, l'édition fut saisie par la police ; aussi ce volume est devenu trèsrare: quelques exemplaires ont des feuillets cartonnés. On y remarqua surtout une accusation très-grave contre Perlet, avec qui Fauche-Borel avait eu si longtemps des relations dans les intérêts do roi. Eclairé depuis peu par des pièces irrécusables, il s'était assuré que cet homme avait abusé de sa crédulité et de celle du roi lui-même, de la manière la plus horrible; qu'il avait attiré perfidement à Paris son neveu Vitel, pour le livrer à la police ; enfin qu'il avait causé la mort de ce malheureux jeune homme (voyez la notice Vitel). Perlet lui répondit en lui renvoyant l'accusation: de là un procès en diffamation. De part et d'autre de curieux mémoires furent publiés. Fauche-Borel , qui était peu lettré, se servit pour les siens de la plume de Lombard de Langres. Son triomphe fut complet. Par jugement du Ift mai 1816, le tribunal de police correctionnelle établit que Perlet était un escroc et un infâme calomniateur, et que Fauche-Borel n'avait point manqué à l'honneur. Après un tel éclat, on devait croire que par politique autant que par reconnaissance, le gouvernement de Louis xviii eût acquitté la dette du monarque; mais il n'en fut rien. Ce ne fut que plus tard que Monsieur, frère du roi, lui fit une pension de cinq mille francs sur sa cassette. Le gouvernement britannique se montra plus généreux et le gratifia d'une pension qu'il lui continua jusqu'à sa mort. Quant à la Prusse, elle le récompensa par des lettres de noblesse et le titre de conseiller d'ambassade. Il fit encore plusieurs voyages en Prusse, en Suisse, puis alla de nouveau à Paris frapper à toutes les portes. De plus en plus désespéré de ne rien obtenir, et pressé par ses

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inexorables créanciers, il usa d'un dernier moyen, ce fol de publier ses Mémoires, qui parurent en 4 volumes in-8^, en 1829, avec portraits et fac-similé, rédigés par Beauchamps. Mais il en fut pour ses frais, le public resta indifférent: Fauche-Borel vendit à peine quelques centaines d'exemplaires de son livre. II contient cependant des détails utiles pour l'histoire, mais le style est d'une prolixité excessive. Accablé de tant de revers, le malheureux Fauche-Bord perdit la tète. En juillet 1829, il se retira à Neuchàtel, et dès les premiers jours de septembre les journaux annoncèrent que dans un moment de désespoir il s'était jeté par la fenêtre et qu'il avait expiré sur-le-champ. On trouva dans ses poches un écrit par lequel il recommandait au roi de Prusse et au gouvernement anglais sa fille, mère de six enfants, et suppliait Charles x de reporter sur elle la pension qu'il devait à sa munificence. Un des journaux de l'opposition (le Figaro), rendit compte de ce malheureux événement d'une manière assez piquante:

« . . . . Le pauvre homme, dit-il, il s'était tant donné de tourments et de peines pour le bien et profit de la légitimité!... Qui n'avait ouï parler de son dévouement et de ses Mémoires, de sa bouillante fidéhté et de ses trente-six ans d'intrigues? Eh bien, tout cela a fini par la misère , l'abandon et le suicide. Servez donc avec lardeur de l'amour la cause des grands et des puissants, si vous n'êtes grand vous-même ! Mourir de faim et sauter par la fenêtre, voilà la fin de Fauche-Borel , de lui qui disait naïvement avoir fait pour la chute de Napoléon autant et plus que les huit cent mille baïonnettes étrangères dont nous avons \u la France un moment hérissée... Yoyez-le, au premier retentissement de la révolution, quitter son atelier d'imprimerie, et, don Quichotte de la politique, s'enrôler dans la chevalerie errante des conspirations. De Neuchàtel il court à Paris, de Paris à Berlin, à Vienne, à Mittau, à Londres; partout où il faut un agent dévoué, il est là. Il va, infatigable, ourdissant çà et là force complots , ayant en maintes cours de royales audiences, recevant de secrètes et importantes missions, conspirant avec des généraux 'de la république et des chefs de la coalition; enfant perdu de la diplomatie, se jetant tantôt dans les camps, tantôt dans les villes et plus d'une fois dans les prisons. Enfin, après avoir bien agi, bien couru, il vit luire, arriver et s'accomplir celle

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restauration pour laquelle il avait tant travaillé. Alors, pour le coup , le pauvre Fauche-Borel rêva le bonheur ; alors il crut qu'on allait le récompenser avec de Tor, le récompenser avec des honneurs, qu'on allait payer tous ses services d*une main généreuse et libérale, et pourtant on ne songea pas à lui; bien d'autres étaient là à convoiter et à prendre. Alors il demanda hautement son salaire; mais comme il n'était ni grand seigneur, ni valet de cour, on le laissa se morfondre à toutes les portes : il frappa par-ci et par-là, et on ne lui répondit nulle part; puis, comme il entrait en colère et qu'il se plaignait amèrement de l'ingratitude des grands, on lui rit au visage.... Alors désespéré, Fauche jeta un douloureux regard sur les longs jours consumés au service d'une cause qui ne le touchait en rien , et il regretta ses agitations , ses travaux , ses dangers. Puis , après une longue méditation sur l'ingratitude des grands , il ouvrit sa fenêtre , et sauta du quatrième étage dans la rue. Et ceux qu'il avait servis pendant trente ans ne s'en émurent pas plus que s'il se fut agi de votre mort ou de la mienne... »

Outre les publications de Fauche que nous avons indiquées^ il a publié , en 1807 , deux Notices sur les généraux Pichegru et Moreau.

Sovroet. Préciê historique des différente$ missions de Fauehe-Borelf Paris 1815, in-8«. — Mémoires de Fauche-Borel, Paris i829, 4 vol. in-8*. — le Drapeau blanc , Paris 1825 , n« 444. — Baithazard , Helvelia , Zurich 1823, t. I, p. 311. — Biographie nouvelle des contemporains , t. VII , p. 33-37. — Haag , La France protestante , art. Fauche^Borel, — Schweizerische Jahrbûcher , Aaraii 1823, p. 67. — Âllgem. preuss. Staats-Zeitung, 1821, p. 81, i3i .— Biographie de Michaudf suppl., f. LXIV, p. i-IO. ^ Qucrard, La France littéraire^ etc.

FRANÇOIS-AUGUSTE FAVARGER.

Parmi les pertes que le canton de Neuchâtel a faites ces dernières années, une des plus grandes est celle de François-Auguste Favarger, chancelier de Neuch&tel et chevalier de l'ordre de l'Aiglerouge, enlevé le 46 décembre 1850, à ses parents, à ses amis, à sa patrie , dans la fleur de son âge, ( M. Favarger était né le 16 mai 1799). Ses dons éminents, ses quaUtés captivantes, son patriotisme éclairé faisaient l'admiration de tous ceux qui le connaissaient. Il

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avait une figure remarquablement belle et agréable, un front noble, un regard vif et pénétrant , une physionomie pleine d'expression, une allure qui respirait en quelque sorte Tintelligence. Homme d'action , il était en même temps homme d'étude et déployait les plus grandes capacités dans le maniement des affaires. Quand elles étaient difficiles , il mettait le doigt sur la difficulté principale et trouvait avec une rare habileté le moyen d'en délier le noeud. Des études bien faites au collège de Neuchàtel , et poussées aussi loin qu'elles pouvaient l'être à l'époque où il recevait son éducation dans sa ville natale, avaient préparé ses succès dans les hautes fonctions qui furent confiées à son âge mûr.

Destiné d'abord au commerce , M. Favarger avait fait un bon apprentissage dans une maison respectable de Bâle : de là en partie son extrême habileté à démêler les affaires commerciales les plus compliquées , dont il eut à s'occuper quand il devint avocat. Au sortir de son apprentissage, il prit un goût décidé pour le barreau; ce goût était une vocatjon réelle. Il fit son stage d'avocat dans l'étude d'un de nos juristes les plus distingués, le châtelain Favre, avocat-général. A la mort de son patron , il se chargea des causes de l'avocat décédé , ayant à peine 24 ans. Son premier plaidoyer annonça ce que seraient ceux de son âge mûr , dans lesquels on ne savait ce qu'on devait le plus admirer du fond ou de la forme , du style ou du débit. Des talents aussi remarquables ne pouvaient manquer d'attirer l'attention de l'autorité supérieure , qui devait chercher à les employer utilement au service du prince et de l'Etat.

La place de maire de Travers venant à vaquer en 1831 , M. Favarger y fut nommé à l'âge de 32 ans . mais ne l'occupa que bien peu de temps. Quelques mois après son installation, l'orage révolutionnaire commença à gronder dans la principauté. Après une des séances où il avait présidé la justice de Travers (12 septembre), il eut mille peines à regagner Neuchàtel. Il ne réussit à échapper aux insurgés qu'en suivant des sentiers détournés et à la faveur des ombres de la nuit.

A cette époque la carrière de M. Favarger fut complètement changée : d'avocat il devint homme d'Etat; mais ce qui ne changeait point chez lui , c'était son aptitude , qui le rendait propre à tous les emplois qui lui étaient confiés. Jouissant de toute la fa-

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veur et de toute la confiance du commissaire nommé par le roi, pour prendre connaissance des vœux du peuple, il eut une grande part à divers changements apportés alors à l'administration et au régime du pays. Dès ce moment il fut en butte aux attaquer violentes des partisans du régime républicain , qui lui pardonnaient d'autant moins son royalisme prononcé , qu'ils s'étaient flattés un moment de pouvoir le compter au nombre de leurs adhérents. Ils se trompaient bien ; seulement on doit convenir que quelques actes et quelques propos de sa première jeunesse, dans les tirs fédéraux, dans les sociétés de chant suisses, permirent un moment de le ranger parmi les hommes d'un libéralisme avancé. Nous disons un moment , car il s'aperçut que le libéralisme suivait une voie directement opposée à ses convictions les plus intimes et il se sépara de la cause des républicains. Or , n'est-il pas toujours moralement beau, quand on s'est trompé de savoir le reconnaître franchement? Et quel homme politique a jamais fait une aussi complète rétractation de ce qu'il était bien vite arrivé à considérer comme ses erreurs, que M. Favarger? Loin de les atténuer, il les a avouées avec franchise et même avec quelque exagération.

Dans la séance du Corps législatif du H octobre 4831 , l'ordre du jour était la proposition de l'avocat Bille : « Que le Corps législatif demandât au Conseil d'Etat de convoquer incessamment, dans chaque commune ou arrondissement , les assemblées populaires, afin de voter sur la question politique qui divisait le pays. » Voici comment M. Favarger s'exprima sur cette question :

« Le changement convient-il à notre pays? Cette révolution estelle utile à son bonheur? Telle est, ce me semble, la seule question qu'il y ait à examiner. Tel est le terrain sur lequel nous devons combattre. Quant à moi , messieurs , je me prononce à l'avance pour la monarchie. Je la crois utile à mon pays et nécessaire à son bonheur. Cette opinion ne s'est pas formée chez moi spontanément; elle est la suite de réflexions et d'études sur notre système actuel. Je ne dissimulerai pas que j'aie été moi-même un moment partisan de cette séparation ; entraîné par ces mêmes discours qui égarent aujourd'hui notre jeunesse exaltée par l'aspect des fêtes républicaines, j'ai pu croire un instant que sans la république il n'est pas de liberté. Mais combien j'ai été promptement désabusé: l'examen

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a dissipé mes doutes , et de même qu'en matière religieuse» le sceptique qui arrive à la croyance croit plus fermement qu'un autre , parce que sa foi est basée sur l'examen, de même maintenant mon opinion est plus fortement arrêtée. Je me suis convaincu sans peine que la forme de gouvernement qu'on appelle monarchiqueconstitutionnelle , comporte autant de liberté qu'aucune autre , el qu'elle a sur toutes les autres l'immense avantage de la stabilité, que jamais une république , fondée sur la souveraineté du peuple, ne pourra obtenir. »

Quand un homme , sans être retenu par un sentiment de fausse honte, a fait dans une semblable circonstance et en termes pareils, une aussi formelle rétractation , personne n'a le droit de l'accuser d'inconséquence et de lui faire à cet égard des reproches.

Depuis ce temps M. Favarger a eu la plus grande unité dans sa vie politique ; tous ses actes subséquents ont été autant de preuves de la sincérité de ceux de 1831. Qu'on lise sa Relation du séjour de LL. MM. le roi ei la reine de Prusse dans le pays de Neuchdtel, en 4 Ski , et l'on verra quel patriotisme animait cet homme d'élite et quel amour les institutions de sa patrie avaient fait naître dans son cœur loyal pour la longue lignée des princes qui en furent les gardiens et les protecteurs. A tous ses talents M. Favarger joignait une capacité de travail qui en augmentait le prix et la portée à un degré éminent. Il avait sans doute reçu de la nature une facilité extraordinaire; mais elle avait été singulièrement augmentée par un travail opinifttre. Il remplissait plusieurs emplois , dont un seul aurait en quelque sorte suffi pour occuper un homme moins actif. Conseiller d'Etat, chancelier à l'âge de 32 ans , directeur du département militaire, secrétaire du Corps législatif, journaliste, il faisait marcher de front les travaux qu'exigeaient ces divers emplois. De combien de commissions n'était-il pas membre? Combien de consultations, soit verbales, soit écrites, ne donnait-il pas à des personnes qui ne voulaient voir que par ses yeux , agir que d'après ses conseils ? Il prenait en mains les affaires des personnes les moins considérables , les plus pauvres , qui avaient recours à ses bons offices, et leur rendait tous les services possibles.

Plusieurs de ses travaux resteront comme monuments à la fois de sa science et de son activité. Son Cours de procédure civile , les

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10 volumes des Bullelins du Corps législatif, qui 'sont entièrement son ouvrage , ayant été écrits et dictés par lui ; le Constilulionnel neuchâteUns , fondé en 1831 , dont il fut dès Torigine le rédacteur en chef et qu'il n'abandonna qu'en quittant le pays. Nous ne parlons pas des nombreuses brochures politiques , inspirées par les temps et les lieux, qu'il a publiées depuis 1831, et qui nous donnent une grande idée de ses talents comme publiclste et comme diplomate.

S'il suffisait à tant de travaux, ce n'était pas sans compromettre sa santé, qui recevait des atteintes d'autant plus graves et fréquentes que chez lui le moral exerçait une grande influence sur le physique. Pendant le temps qui précéda immédiatement la révolution de 1848, ses occupations, et surtout ses préoccupations augmentèrent considérablement , et avec elles les fatigues de corps et d'esprit. C'est dans cet état physique et moral que, le 29 février 1848, il fut chargé par M. de Sydow, ambassadeur de Prusse à Berne, de porter des dépêches à Berlin.

La manière dont le reçut le roi , qui lui témoigna tout de suite combien il appréciait ses services et son dévouement, fut un baume sur sa plaie ; mais arriva le 18 mars qui la rouvrit: il s'associa de cœur aux douleurs de son auguste maître. S'il ne lui fut plus donné de le servir à Neuchàtel , il voulut au moins vouer à son service à Berlin, tout ce qu'il avait de forces et de capacités. L'occasion lui en fut ofierte par la place que le roi lui donna au département des afiaires étrangères. Il fit preuve dans ses nouvelles fonctions du même zèle, du même dévouement, de la même activité que lui connaissaient ses compatriotes. II était homme à se distinguer sur un plus grand théâtre que celui où il avait exercé ses forces jusqu'en 1848. Malheureusement il en dépensait plus qu'il n'en avait. Sa santé , déjà fort compromise à Neuchàtel , se minait toujours davantage par le travail et la douleur tout ensemble. Son médecin, qui savait que la principale cause de son mal était une affection morale , aurait voulu qu'il pût oublier son pays. Les eaux de Marienbad, où il fut envoyé, ne diminuèrent point l'angoisse de cœur dont il soufirait. Le 14 décembre 1850 , il dut se mettre au lit pour ne point se relever. Grâces à Dieu, il était entouré de tous les membres de sa famille, si unie et si tendrement attachée à son

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chef : il en était aimé comme il méritait de l'être. Celui qui ne Fa pas vu dans son intérieur et d'une manière un peu suivie , n'a pas connu tout ce qu'il valait. Les épreuves de ses dernières années avaient développé sa foi ; aussi disait-il à un ami quelques semaines avant sa mort : a Ma maladie m'a fait beaucoup de bien moralement et religieusement. »

Couché sur son lit de mort , il a vu autour de lui » non-seulement sa famille , mais encore des amis qu'il pouvait envisager comme des parents, tant ils lui étaient attachés. Ses amis de Neuchàtel ont envié le triste bonheur de ceux de Berlin , qui ont eu la consolation de lui rendre les derniers devoirs. Rien n'honore plus sa mémoire que ce que le roi a dit , écrit et fait à l'occasion de sa mort.

M. Favarger disait souvent qu'il n'y avait pour lui qu'un moyen de guérison. En parlant ainsi il ne pensait qu'à la patrie terrestre. Dieu a jugé à propos de le lui faire trouver plus efficace dans la céleste patrie.

Souroet. Journaux poliUques de décoDbre 4850 , entre autres la GazHU de Berlin et le Ifeuehâieloù, — Me$tager boiteux de Neuehâtel^ 4851, etc. etc.

DAVID FAYARGIER.

Né vers la fin du xvi^ siècle , David Favargier commença par être chapelier ; les habitants de la ville se rendaient dans sa boutique pour l'entendre causer , tant il charmait par son imagination vive et l'originalité de son esprit. Introduit plus tard dans le Conseil de ville , il s'y fit remarquer par une éloquence naturelle et forte , et beaucoup de hardiesse à résister au prince. Cependant à sa prière , Henri ii de Longueville résolut de se l'attacher ; il le manda à Paris en 16:28, et deux jours après son arrivée le fit procureur-général à la place d'un Tribolet , qui venait de mourir. Aussitôt Favargier se livra jour et nuit à l'étude , et ayant acquis en peu de temps une capacité supérieure , non-seulement il se mit au-dessus de sa charge , mais il la porta plus^ haut qu'elle n'avait jamais été. S'il s'était fait craindre conune champion des Quatre-

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Ministraux , il fit trembler comme officier du prince. Génie vigoureux, caractère d'une trempe forte, homme violent, vindicatif, méchant , il fut le plus acharné des ennemis du chancelier Hory , et acheva sa ruine. Pendant une absence de Hory, il accusa de sorcellerie sa femme , Madelaine Fornachon , la fit saisir, et, comme les bourgeois de Neuchàtel ne pouvaient pas être mis à la torture dans la ville, elle fut conduite au château de Thielle où, après avoir subi la question , elfe avoua tout ce qu'on voulait lui faire dire. Elle fut décapitée le 3 juillet 4639, avec deux de ses parents.

A peine entré dans les aQaires, Favargier s'était emparé du contrôle de toute l'administration. Le prince voulait qu'il fit sa charge comme on la fait en France , c'est-à-dire qu'il s'opposât à tout ce qui pouvait porter préjudice à ses intérêts et à ceux du public. Envisageant Favargier comme sa créature , il faisait taire pour lui les règles administratives , et même le sentiment ombrageux que lui causait le cumul des offices. Il lui donna la charge de maire du Locle, puis celle de maire de Neuchàtel, quand il voulut mettre aux prises avec les Quatre-Ministraux un adversaire digne d'eux. Favargier obtint encore le commandement du château de Joux , et pendant l'hiver de I63S, il fut le chef des troupes qui gardaient les passages des montagnes.

Lorsqu'il se démit de sa charge de procureur-général , il sut écarter celui qu'il craignait d'avoir pour successeur. Tandis que le Conseil de ville ployait sous lui, un seul homme osait lui tenir tète. Samuel Pury , gendre de Hory , ne pouvait lui pardonner la ruine de son beau-père, et son ressentiment, joint à un caractère droit et ferme, l'animait à une résistance haute et continuelle. Dans le dessein de la faire cesser, le prince ofirit à Pury la place de procureur-général ; mais celui-ci ne l'accepta qu'à condition d'être conseiller d'Etat , afin de devenir l'égal de Favargier, aimant mieux, disait-il, le combattre à l'hôtel de ville que d'être son serviteur au château. Favargier l'emporta, et jusqu'au bout ses ennemis furent impuissants et ses fautes furent couvertes. On l'accusait entre autres d'avoir tiré beaucoup d'argent de la poursuite des receveurs reliquataires qu'il pressait ou suspendait à son gré« Mais le prince répondit: <c Favargier m'a bien servi, et je lui suis afiectionné; je ne veux pas qu'il se fasse rien qui puisse donner avantage à ses

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