FAVRE-BULLE
ébauches de montres pendant les loisirs que lui laissait ragricullure y remarqua bien vite le goût dominant qu'avait son fils pour Tart de l'horlogerie. A l'âge de sept ans, Frédéric-Louis Favre s'essayait à façonner en bois des pièces semblables à celles qu'il voyait faire à son père, et cela avec un tel succès que le père, qui n'avait d'abord considéré les travaux de l'enfant que comme un amusement, songea bientôt à lui donner du métal et à faire usage de ses pièces. La facilité et les succès du jeune homme dans ce travail décidèrent le père à faire quelques sacrifices pour le pousser plus loin qu'il n'était parvenu lui-même, et il le plaça en essai d'apprentissage chez un finisseur. L'essai devait durer trois semaines. Au bout de ce temps le père vint chez le maître pour conclure l'engagement définitif; mais quel ne fut pas son étonnement lorsque le jeune homme lui dit qu'il en savait assez de la partie du finissage pour n avoir plus besoin de maîtres , et s'en revint avec lui à la maison ! Il avait appris en trois semaines toute la partie , en consacrant au travail les jours et la moitié des nuits. Ce fut là tout l'apprentissage de M. Favre « qui pratiqua dès lors successivement tous les genres d'horlogerie sans autre secours que son génie et les conseils des personnes avec lesquelles il était en relations d'affaires. Un jour qu'il venait oQrir ses finissages à un chef d'atelier du Locle, celui-ci, frappé de son air intelligent et touché des bons sentiments qu'il manifeste , consent après un premier refus à l'occuper; seulement il exige des travaux plus difficiles et plus soignés et lui donne un modèle et des directions. L'élève horloger retourne chez lui tout joyeux, ne se laisse point rebuter par les mécomptes, fait et refait son ouvrage, puis, revenant à son maître , il l'étonné par les succès qu'il avait obtenus. Bientôt le patron à qui M. Favre s'était adressé en fait son ami et lui conseille de quitter les branches inférieures de l'art qu'ils cultivent l'un et l'autre avec succès, et le jeune Sagnard commence les échappements. Avec des têtes de cette trempe les progrès sont rapides et sûrs, et désormais F.-L. Favre n'a plus besoin des leçons de personne ; il peut au contraire en donner à d'autres. Au mois d'avril 4808 , il s'établit au Locle et marcha à pas de géant dans les découvertes et les perfectionnements de la mécanique. Un moment il veut essayer des affaires commerciales , et retient la maison de l'ami qui pendant un ten^ps