‹ Biographie neuchâteloiseChapitre 73 sur 117 · FAVRE-BOLLE · texte numérisé non relu

FAVRE-BOLLE

il travaillait, lui fait voir une montre marchante, qui était pourvue d'un échappement d'un genre nouveau , l'échappement à virgule. On lui refuse de l'arrêter pour ne pas en divulguer le secret. De retour à la maison , il essaie aussitôt de faire un échappement du genre de celui qu'il avait vu ; il réussit à le faire marcher , et le fait voir à son tour au marchand horloger, qui lui en confie le secret et l'engage à en confectionner d'autres pour lui. Il voit un télescope, il demande la permission de le démonter et de l'examiner ; puis il en fait un lui-même. On lui montre une machine électrique: « Qu'est-ce que cela? » dcmande-t-il. On le lui explique; après quoi il retourne chez lui , se met à l'œuvre , en fabrique une et se met à électriser ses voisins.

n y avait dans sa parole quelque chose de l'intelligence qui brillait dans ses yeux; des choses les plus ordinaires de la vie, il passait sans effort, dans la conversation, aux sphères les plus élevées; ses intimes amis l'ont entendu plus d'une fois discourir des plus profonds mystères du christianisme avec une clarté et une simplicité remarquables. Il savait sans étude ce que souvent l'étude n'apprend qu'à grand'peine à d'autres; ainsi , quoiqu'il n'eût jamais étudié les mathématiques , aucun des problèmes de cette science, qui avaient trait à l'horlogerie, ne l'embarrassait jamais.

L'un des ouvrages lès plus remarquables qu'ait faits M. F.-L. Favre-BuUe , celui qu'il se plaisait surtout à montrer à ceux des nombreux visiteurs, doués de quelque connaissance en mécanique, qui allaient voir son atelier, c'était une balance placée sous un bocal de verre, qu'il mettait en mouvement au moyen d'un ressort placé i Textérieur, et avec laquelle il pesait la 4,800® partie d'un grain, représentée par une petite parcelle de cheveu. Le fléau de la balance, dès qu'il la déposait sur l'un des plateaux , fléchissait sensiblement sous ce poids si léger. Il avait fait cet instrument pour peser les spiraux sphériques qu'il appliquait, pour en bien régler la marche, aux montres marines ou chronomètres qu'il fabriquait avec une rare exactitude , et dont plusieurs qui fonctionnent encore , font l'admiration des connaisseurs en fine horlogerie. Il estimait ces spiraux , extrêmement légers , à trois louis la pièce , et prouvait qu'une livre d'acier fin, employée tout entière à faire de pareils spiraux, si Ton trouvait à les placer à ce taux, ferait monter la main-

Page 1