‹ Biographie neuchâteloiseChapitre 85 sur 117 · III. Fue du bourg de Falangin · texte numérisé non relu

III. Fue du bourg de Falangin

IV. La fête des jérmourim dam la cour du château de NeuchâleU

V. La prestation de* serment* dans le pays de Neuchàtel en 4786 , 7 feuilles gravées.

YI. Fue des Brenet*, gravée par A. Girardet.

vu. Vue de la fente et des moulins du Col-des-Roehes, du c6té du S. E. y III. Arrivée de Mgr. de Béville au Locle le 24 septembre 1786 , etc.

On avait à Paris une si grande idée du talent de cet artiste que Renouard, dans son Catalogue de la Bibliothèque d'un amateur. Paris 4849, 4 vol. in-8^, dit à la page 336 du tomel^ en parlant des portraits gravés par Ficquet, entre autres de son Boileau non terminé : (( La planche existe encore , mais qui oserait y porter la main ? Girardel l'aurait seul pu tenter ! »

Âbram Girardel est mort à Paris le 2 janvier 1823, à un ftgequi laissait espérer de voir encore sortir de son atelier bien des ouvrages dignes de son nom , et au moment où il mettait la dernière main à la Mort du duc de Berry. Cette dernière planche a été achevée par Pigeot. Girardet a beaucoup travaillé , mais la passion du vin le réduisait presque toujours dans un état de détresse et nuisait à la fois à son aisance , à sa réputation et à son talent.

Un autre fils de Samuel Girardet, M. Cjharles Girardet, encore vivant, s*est fait dans les arts une réputation qui , pour être moins brillante que celle de son frère , n'en est pas moins sûre et honorable. Gomme son frère , il alla à Paris pour se perfectionner dans l'art de la gravure. Revenu au Locle en 1810, pour se marier , il se préparait à retourner dans la capitale , lorsqu'il proposa d'emmener Léopold Robert et de le former à sa profession. Le père de Robert y consentit , et ce fut chez cet honnête artiste que l'enfaot passa les premières années de son séjour à Paris. M. Ch. Girardet enseigna à son élève les rudiments de la gravure » le poussa à sa manière dans l'étude du dessin , l'envoya travailler d'après nature à l'académie des beaux-arts, et le laissa en même temps fréquenter l'atelier de David, où il avait demandé à étudier. Les progrès du jeune graveur furent si rapides que lorsque M. Ch. Girardel le laissa à lui-même, il fut en mesure de concourir» dans l'année 1814 , pour le grand prix de gravure en taille-douce. Il obtint le second grand prix ; le premier fut remporté par son compatriote et son camarade Charles Forster, du Locle, plus âgé que lui, et qui, l'année précédente, avait obtenu le second.

M. Ch. Girardet mérite d'être signalé dans l'histoire de rart,co!ninc l'inventeur de deux genres particuliers : la gravure en relief sur

pierre, et la gravure en relief sur cuivre. Il y a environ trente ans que la Société d'encouragement de Paris avait proposé un prix de deux mille francs pour la gravure en relief sur pierre: ce prix fut remporté en 1835 par M. Gh. Girardet , et Tannée suivante , lorsque cet habile artiste eut développé une explication basée sur ses procédés, la même société lui accorda la médaille de première classe. Si la nature même de la gravure en relief sur pierre ne permet pas de donner à ce genre le moelleux d'exécution de la lithographie, il est facile de voir cependant dans quelques gravures de M. Girardet, entre autres dans les gre^wuresd' Alexandre el Porus d'après Lebrun, àquelle énergie de dessin et à quel fini de détail ce genre peut parvenir. L'invention de la gravure en relief sur métal , offre cet avantage particulier qu'elle remplace tout à fait la gravure sur bois, et se prête facilement à l'impression rapide de la typographie. Les vignettes de la Mosaïque, qui sont dues au talent de M. Ch. Girardet , sont remarquables par la vérité des effets et le mœlleux des contours ; il a reproduit par les mêmes procédés , une excellente copie de la gravure de la Transfiguration de son frère Abram.

Comme son frère , M. Ch. Girardet a travaillé à illustrer les livres et les almanachs publiés par son père. Outre plusieurs gravures historiques et pittoresques sur le canton de NeucbàteUon remarque parmi ses gravures le Monument sépulcral de Nicolas de Flue à Sachslen , exécutée en 1 821 ; le Plan de la ville et des environf de Berne, dessiné d'après les esquisses de la Chancellerie de la ville, par Rollin ; V Isola Bella, dessinée par Lory, joli médaillon ornant le titre de Ma promenade au delà des Alpes , Berne 1819; le Pont de Serrières ; la Chute du Rossberg, en quatre planches supérieurement exécutées ; VErmilage de Nicolas de Flue, dans le canton d'Unterwalden , frontispice des Etrennes helvétiennes pour l'année 1809. Parmi ses portraits gravés, les plus beaux sont ceux de M. Favre, pasteur au Locle, et d*Abram-Louis Perrelet.

II faudrait un volume pour parler en détail de toutes les œuvres exécutées depuis près d'un siècle par les divers membres de la famille Girardet, pendant trois générations. Les talents du dessin, de la gravure, de la peinture sont héréditaires dans cette famille. Celle de M. Ch. Girardet, dont nous parlons, compte autant d'artistes distingués que de membres. MM. Karl et Edouard Girardet sont ar-

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rivés à une réputation universelle. Leur sœur Pauline est douée d'un talent rare pour le dessin de la figure et la finesse des ressemblances. Paul Girardet enfin rappelle à un degré remarquable la délicatesse du suave burin de son oncle Âbram. Qui ne s'est arrêté avec charme devant sa gravure du tableau de la Bénédiction paternelle? qui n'a pas apprécié l'effet aussi vrai que spirituel des paysages gravés d'après son frère Karl , entre autres la Vue du mont Righi, où l'on devine sous le burin du graveur, la couleur du tableau et le dessin habile du peintre? Le musée de Neuchàtel possède le magnifique tableau des Prolestants de Karl Girardet. L'iotérét dramatique , le mouvement de cette scène , la richesse des idées , la vérité des poses , l'exécution savante et l'éclat de la couleur sont des mérites incontestables {le cet ouvrage auquel tout le monde a rendu justice. Les deux tableaux de son frère Edouard, au même musée, la Bénédiction paternelle et la Prière avant le repas, révèlent la réalité d'un noble et beau talent. L'artiste^ qui a trouvé dans son âme le secret d'ennoblir ainsi les scènes d'une existence obscure et pauvre , a trouvé en même temps le véritable secret de l'art. Il a rencontré ce filon d'or pur qui circule au seio de la réalité et se dérobe à tous ceux qui ne possèdent pas la baguette divinatoire , c'est-à-dire la foi en un monde plus pur , plus vrai , plus beau que celui-ci , mais dont celui-ci présente partout les traces et fait partout pressentir l'existence à quiconque a les yeux ouverts. Dans les tableaux d'Edouard Girardet , cet idéal revêt sa forme la plus élevée, celle de la pensée religieuse , qui agrandit les proportions d'une vie laborieuse et souffrante, et répand sur la couche mortelle d'un pauvre vieillard chrétien plus de grandeur que le stoïcisme n'en a jamais répandu sur celle d'un sage de l'antiquité. Cet artiste « comme son frère Karl, a suivi une voie où l'attendaient les succès véritables, ceux que décerne une &me émue, un cœur religieusement agité : il a en lui toutes les ressources qui peuvent assurer sa marche , le sentiment de l'idéal dans l'expression des figures , l'habileté dans l'ordonnance des scènes , une couleur brillante, quoique sobre et ménagée, par-dessus tout enfin, cette vie de l'ftme qui ne se laisse pas définir^ mais qui seule donne tout leur prix aux productions de l'art , et établit entre la pensée de l'artiste et celle du spectateur, cette communion mystérieuse, cette frater-

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nclle sympathie au moyen de laquelle on se trouve réunis , pour quelques instants du moins , dans le sanctuaire de la beauté et de la vérité éternelles.

Quoique les artistes dont nous parlons soient vivants, nous n'avons pu nous empêcher de rendre à leur talent Tbommage légitime qui lui est dû. Ils ont contribué comme leur père et leurs oncles à relever le nom qu'ils portent , et qui passera à la postérité comme celui de dessinateurs, de graveurs et de peintres pleins de finesse, d'observation et de goût.

Souroei. Hasson , Le$ Helvêtiens. Paris, an VIII, p. 504. ~ Archiva litiérairesde l'Europe, Paris et Tubingen 1806, t. XII, p. 854. — Catalogue des estampes gravées d'après Raphaël , par Tauricus Eubœus , membre des académies de Berlin et de Rome. Francfort 4819, p. 404. ~ Recueil des ouvrages depeinture, fie, cités dans le Rapport du jury sur les prix décennatÂX exposés le 25 août 1840, contenant avec Vexplicalion des *ujets, 45 planches gravées au trait, par C. P. Landon. Paris 4840. — Renouard, Catalogue de la Bibliothèque d'un amateur, t. I, p. 336. ~ Mlg, Litter. Zeitung 4840, octobre, p. 332. — Àllgem, preuss, StaatS'Zeilung 4822 , p. 698. — Schweizer Monais-Chronik 4820. — Meisner et Kleine, Reisenin der Schweiz, Berne 4822. — Léopold Robert, sa vie et ses œuvres, par Feuillet de Conches, p. 43. — Meuager boiteux de Neachâtel, 4823 , 4824 » 4835. — Constitutionnel Neuchâlelois , 4842. — Dictionnaire des hommes illustres, par l'abbé de Feller, article Girardet, etc.

GIRARDIER.

Pierre Girardier, originaire de Môtiers-Travers, brigadier au service de France, chevalier de St-Louis, et lieutenant-colonel du régiment de Yigier , entra au service comme cadet en avril 470K, fut enseigne en 1715 , sous-lieutcnant le 4 mars 1719 , lieutenant le 10 avril 1720 , capitaine-lieutenant le 31 juillet 1722^ et capitaine dans le régiment de Heny en 1724. 11 reçut le brevet de lieutenant-colonel effectif du régiment deVigier, le 19 octobre 1749, et celui de brigadier en 17S8. Comme il avait embrassé la religion catholique , il reçut la croix de St-Louis , à laquelle les catholiques seuls pouvaient prétendre. Il mourut àToul en 1779, âgé de 83 ans.

Français- Joseph Girardier, fils atné du précédent , né à Toul en 1721 , fut chevalier de Tordre de St-Louis et lieutenant-colonel du régiment de Gastella au service de France.

Souroat. Zurlauben , 1. c. III, p. 76. — Girard , Hist, des officiers suisses, t. I, p. 287. — UsLy, Bi$t, militaire des Suisses, t. VI, p. 456.

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