DAVID-LOUIS GIRARD
David-Louis Girard , ministre du St-Evangile , consacré à Ncuchâtel le 19 novembre 1777, mort pasteur de l'église française de Hanau, ne nous est connu que par un livre intitulé : Le chemin du bonheur, tracé aux jeunes gens par un de leurs meilleurs amis. Hambourg chez J.-F. Fauche 1791 , in-8o, xii et 277 p. Dédié à MM. les pasteurs de la vénérable Classe des églises de la principauté de Neuchàtel et Yalangin.
Mensel se trompe en disant que l'auteur de cet ouvrage est de Fribourg. Il le confond avec le célèbre père Girard, cordelier. Le pasteur Girard était bourgeois de Neuchàtel. Il fut pasteur à la Sagne et aux Planchettes, où il eut quelques démêlés avec la Compagnie des pasteurs, qui le fit sortir du pays.
Souroai. Hensel, Daigelehrte Deuischland, 4804.— Rintel, Annales, 4792, t. I, p. 434. — Journal enq^clopédique , 4794 , t. III, p. 40-46. — Journal fur Prediger, Halle 4792, t. XXV, p. 245-248.
FRÉDÉRIC-CHRISTLIEB GIRARDET.
Frédéric-Christlieb Girardet , d'une famille originaire du Locle émigrée en Prusse, né ji Stettin le 14 février 1789, fut nommé eq
412 6IRARDET.
1808, professeur au séminaire théoiogique de Berlin, et appelé, en 1811 , à Dresde comme pasteur de l'église réformée. L'année de sa mort nous est inconnue. On a de lui :
I. Predigten ûber das Gebet dei Herm und andere freye Texte. Leipxlg48l7.
II. Das Brautgeschenk oder Briefe einer Mutter an ihre Tochler ûber die B^ stimmungdei fFeihes, als Hauifrau, Gatîin und Mutter. Leipzig 1819, in-8*.
III. J.'P. itebel's atleman. Gcdichte in's Hochdeutsche ûbertragen. Leipxig I82i, in-8».
lY. Àndachtuîunden fur betrûbte und frohe Hirzen. Xil Predigten. Dresde 4825-25, 2 vol. in-8*.
y. Die drei Scheidewege des lugendteberu, Dresde 4826, in-8*.
Souroei. La France ]protestante^ t. Y, p. 278.* PetitpierrCy notices bioffrer phiqucs, manuscrit écrit à Bâle en 4 796.
Famille du Locle, qui a fourni plusieurs artistes distingués dans la gravure et la peinture. Vers le milieu du siècle dernier, un Neuchàtelois nommé Samuel Girardet, né à Danzig où son père s'était établi , revenait dans sa patrie après avoir voyagé comme ouvrier relieur; il travailla quelque temps à Neuchfttel, puis vint s'établir au Locle, où il fonda, auVerger^dans une maison en bois qui existe encore , un magasin de librairie. ' Mort à un âge avancé , il est encore connu de la génération qui s'en va comme éditeur d'une Histoire de la Bible, et par la touchante et naïve popularité des gravures qui raccompagnaient.
Pour subvenir à Tentretien de sa nombreuse famille, le père Girardet éditait aussi des gravures sur bois qu'il allait vendre dans les diverses villes de la Suisse française. Les futurs artistes qui illustrèrent leur nom firent, dès leur entrée dans la vie, connaissance avec la pauvreté, cette dure nourrice dont les étreintes ont , depuis que le monde est monde , étouSé dans leur germe tant d'organisations nées pour la gloire, mais trop faibles pour la lutte. Cependant le goût des beaux-arts se manifesta de bonne heure dans cette fa-
i Dans la maison du Gros-moulin à la commune du Locle,
mille privilégiée. On raconte qu'étant enfants , Abram Girardel et ses frères s'amusaient à crayonner avec du charbon ou de la craie les parois de l'appartement qu'occupaient leurs parents , et passaient leur temps à dessiner, au grand désespoir du père qui destinait ses fils au commerce. Abram, à l'âge de IS ans, avait rempli plusieurs albums de dessins qui révélaient déjà se^ talents, et les avait soigneusement cachés pour les soustraire à l'œil de son père. Un jour Samuel Girardet, visitant la chambre de ses fils, déniche les albums , s'assied , orne son nez de besicles et se met en devoir d'examiner les œuvres de son paresseux Abram. Il se saisit des esquisses , va trouver le pasteur Sandoz et le conjure d'admonester ses fils et de les faire rentrer dans leur devoir, en leur défendant de gaspiller leur temps à de pareilles frivolités. Le pasteur, homme de goût, ayant parcouru les dessins, bien loin d'encourager le père Girardet, lui dit avec une conviction prophétique : (c Laissez vos enfants à leurs goûts et à leurs travaux qui seront un jour admirés du monde entier.» Dès ce moment la carrière des arts s'ouvrit pour nos artistes, d'abord au milieu des plus rudes privations, puis bientôt, encouragés par le public , ils se firent une réputation justement méritée. L'humble échoppe de leur père, où ils tenaient école de dessin , résumait en eux un petit monde d'art : livres et almanachs illustrés, gravures, portraits, sortirent en foule de ce modeste atelier.
Abram Girardet fut le plus célèbre des fils de Samuel Girardet. Né au Locle en 1764, élevé dans la maison paternelle, et sans autre guide que son génie précoce, il a manié le burin presque au sortir de l'enfance , et privé de secours , de leçons et de modèles , après avoir entrepris et achevé un ouvrage qui aurait paru bien au-dessus des forces d'un aussi jeune artiste (nous voulons parler des gravures de VHistoire de la Bible ), ' il alla à Paris pour se mettre
I Les Girardet ont gravé les planches de deux Histoires de la Bible. La première intitulée: Histoire du vieux et du nouveau Teslament, représentée fnk66 figures en taille-douce avec deux caries. Locle, chez Samuel Girardet mdcclxxxi, a été gravée par Abram Girardet, de 4 778 à 4784, comme il l'indique lui-même au frontispice. La seconde est Intitulée: Histoires de la Bible, extraites du vieux et du nouveau Testament pour l'instruclion de la jeunesse, par Jean Hubner, Locle, chez Samuel Girardet mdcclxxxtv , et renferme 404 gravures en tailledouce, gravées par Alexandre Girardet, frère d'Abram, mais dont le talent était fort inférieur à celui de ses autres frères.
sous la direction de Benjamin-Alphonse Nicolet , son compatriote. C'est avec cet habile maître quMi a acquis cette finesse eiquîse de burin, cette pureté de traits et cette précision qui caractérisent son talent. Il fut choisi parmi les artistes chargés par le gouvernement français de graver les chefs-d'œuvre de peinture qui ornaient le musée. Sa belle gravure de la Transfiguration de Raphaël, devenue extrêmement rare et recherchée des connaisseurs, lui a fait donner le surnom honorable de Girardet la Transfiguration, sous lequel il est encore connu dans le monde artistique. * Cette gravure obtint, en 1806, l'accessit au grand concours des prix décennaux. Abram Girardet revint à Neuchàtel où il fut maître de dessin au collège de celte ville ; il alla ensuite à Rome , puis revint à Neuchàtel reprendre sa place de professeur de dessin. Ses ouvrages lui ayant fait une réputation honorable, il retourna à Paris où il s'illustra.
Il fut longtemps professeur de dessin des élèves tapissiers de la manufacture des Gobelins, mais n'y logeait pas, les logements d'artistes ayant été supprimés là comme au Louvre. C'est aux Gobelins que jadis le roi Louis xiv avait donné une retraite au dbevalier Edelinck et à Gérard Audran. Le Louvre était réservé aux peintres et aux gens de lettres. Les peintres LeBrun et Mignard logèrent cependant aux Gobelins , mais comme directeurs. Abram Girardet s'était, à la fin de sa vie, afiermé à un boiteux nommé Véroo, ouvrier aux Gobelins , qui le nourrissait et lui donnait tant par jour. Tout le profit de ses travaux revenait à ce Yéron. L'artiste qui, par sa réputation, aurait pu acquérir une honnête aisance, avait la malheureuse habitude de s'enivrer. L'une des premières conditions de son engagement , c'est qu*une bouteille d'eau-de-vie serait chaque matin sur la table de Girardet. Celui-ci dessinait d'une manière très-fine le portrait à la mine de plomb ; mais ses modèles de vaient être en séance à raul>e du jour: plus tard, le moderne Lantara était inabordable , mais n'en gravait pas moins. Il demandait généralement pour ses portraits une petite somme et un diner à discrétion. En sortant des Gobelins, l'empereur Alexandre fut conduit un jour à Fatelier d'Al>ram Girardet : l'artiste ne se dérangea
I M. Charks Giraniel a fdt présent de cette grarure eélélire de ton frère au Mttsêe de labkaux de la vUle de Hetfcàtrt.
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pas , faule de comprendre l'honneur qu'il recevait. Le célèbre Etienne Ficquet , le Gérard Dow de la gravure, a fini à peu près comme Girardet.
Les principales gravures d'Abram Girardet, celles qui ont fait sa réputation, sont , outre la Transfiguration , gravée pour le musée Napoléon, Y Enlèvement des Sabines, d'après Nicolas le Poussin; le Triomphe de Titus et de Vespasien, d'après Jules Romain ; une Cène, d'après Philippe de Champage ; un Christ mort , d'après André del Sarto; le fameux Camée, dit de la Ste-Chapelle ; la Mort du duc de Berry, sa dernière gravure, que les amateurs ont payée à un prix très-élevé dès le moment où elle a paru.
Parmi les portraits gravés par Abram Girardet , nous remarquons ceux de David Purry, de Frédéric ii, roi de Prusse, en 1778 et 1781, de Louis-Théophile de Béville, gouverneur de Neuchàtel, en 1786 , de la duchesse de Nemours , en 1779 , etc. Girardet a gravé en outre un nombre infini de vignettes, parmi lesquelles nous citerons celles de VAfiacréon de M. de S*- Victor, Paris, Nicole 1813 et 1818, in-12<» et in-8«; celles de V Horace de Didot, des Fables de La Fontaine du même éditeur. N'oublions pas non plus les estampes dont il a orné V Abrégé de V histoire de Genève, imprimé à Neuchàtel en 1798, in-8^. On lui doit aussi les nombreuses gravures qui illustrent les petits almanachs édités par les Girardet, si rares et si précieux aujourd'hui , qui parurent à Neuchàtel de 1790 à 1815, sous le nom d'Etrennes historiques et morales. La mort d'Arnold de Winkelried, qui forme le frontispice de V Histoire militaire des Suisses par May de Romainmôtiers,est due à son burin.
Les gravures d'Abram Girardet sur Neuchàtel sont très-nombreuses; il nous serait impossible de les indiquer toutes; mentionnons seulement les suivantes :
I. Fue de la Chaux-de-fondt dans le comté de Falangin, dessinée du côté du midi et gravée par A. Girardet.