‹ Biographie politique de M. A. de LamartineChapitre 4 sur 9 · AVERTISSEMENT. XI · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. XI

vérité, a irrévocablement condamnés, nous pensons, en définitive, que nos contemporains valent leurs devanciers, et qu'aujourd'hui comme autrefois, le vieil honneur français a, dans noire pays, des représenlans dont la postérité s'enorgueillira. Au surplus , nous ne craignons pas de le dire, nous aimons à envisager l'humanité sous ses plus beaux aspects, et nous avons toujours saisi avec empressement, comme un espoir et une consolation, les occasions qui se sont présentées d'attribuer à de nobles inspirations des actes que d'autres avaient flétris comme ayant eu des motifs vils et égoïstes. — Nous ne vouions, d'ailleurs, faire commerce ni d'éloge ni de blâme; nous ne sommes pas des fabricans de célébrités pas plus que nous ne tenons boutique de scandales ; bien différens, en cela, de certains recueils qui, dans ces derniers temps, se sont fait de la biographie une arme ou un moyen (1). Voilà notre réponse aux reproches de bienveillance qui nous ont été adressés (2). — Quelques

(1) On se rappelle l'anecdote arrivée, il y a quelques mois, chez M. C, l'une des notabilités de l'administration, anecdote que les journaux ont rapportée à cette époque, et dont ils ont jus'.ement flétri le misérable acteur.

(2) L'année dernière (numéro de janvier 1842,— introduction), notre rédacteur en chef répondant aussi à ce reproche de bienveillance qui déjà était adressé à notre Revue, terminait sa réfutation par ces mots, que nous rapportons ici parce qu'ils renferment une restriction qui subsiste encore ; « L'on nous accuse de bienveillance !... Mais que

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personnes onl encore jugé que nous insérions parfois des biographies d'hommes trop peu célèbres. Nous renvoyons, pour la réponse à cet autre reproche, à notre prospectus , dans lequel nous disions : « Les grands personnages ne sont » pas les seuls qui occupent notre plume : dans » nos pages sont aussi consignées les vies aussi » utiles que modestes des hommes du second » rang. Ainsi, nous apportons encore notre pierre » à l'œuvre sociale , en signalant au gouverne- » ment et à leurs compatriotes, les hommes qui, » pour être modestes et parfois sans fortune, n'en » méritent pas moins la sollicitude et l'appui de » l'un , les sympathies et la confiance des au- » très. »

C'est ainsi que nous nous annoncions ; nous sommes restés et nous restons fidèles à cette partie de notre mission. Et d'ailleurs, bien que la France d'aujourd'hui soit riche en illustrations, la liste en serait cependant assez promptement épuisée. Mais il y a un grand nombre d'hommes , qui , placés dans une sphère d'action restreinte, se sont cependant acquis par de réels talens, par d'éminens services rendus avec une modestie qui en augmente le prix, des droits incontestables à l'estime et à la reconnaissance de leur contemporains. A ces hommes-là , nous ouvrons notre recueil avec empressement ; il est

» l'on y prenne garde, l'on pourrait bien avoir trop tôt » jugé... Car nos cartons sont à peine ouverts; tout au » plus, en avons-nous enlevé quelques feuillets.., »

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beau , nous le pensons, de trahir le mérite qui se cache et de le signaler aux cœurs droits qui aiment à l'honorer.

Qu'on nous permette encore quelques mots d'explication. — La Revue a inséré dans quelquesuns de ses numéros certaines phrases , certains articles même, qui ont soulevé des réclamations. Le rédacteur en chef, M. E. Pascallet, était alors éloigné de Paris; c'est à son absence qu'il faut attribuer l'insertion dans la Revue, des pages qui ont provoqué quelques reproches. Nous nous plaisons, au surplus, à reconnaître que ces reproches étaient, à certains égards, motivés, et à promettre que nous ne nous exposerons plus désormais à en recevoir de semblables.

La Revue générale biographique, etc., qui, dans son prospectus, avait annoncé , pour chaque livraison, six feuilles d'impression, a constamment dépassé ce nombre, et l'a même presque toujours doublé ; néanmoins , l'abondance des matières nous a forcés, jusqu'ici, d'ajourner la publication du résumé du débat qui s'est engagé entre M. le maréchal Gérard et notre rédacteur en chef, M. E. Pascallet, au sujet de la biographie de M. le maréchal marquis de Grouchy. L'étendue des notices renfermées dans le présent numéro, ne nous permet pas de le donner encore aujourd'hui ; mais nous le promettons à nos lecteurs pour Tune de nos prochaines livraisons.

Au nombre des études remarquables que la Revue a publiées dans sa première année, nous

aimons à rappeler les notices sur MM. les maréchaux Molitor et Gérard, Monseigneur Ame, les généraux Pajol, Sourd. Fezensac,Gourgaud; etc.; celles sur MM. Jules Janin, Augustin Thierry, Madame Tastu, Odilon-Barrot, Jouffroy. Orfîla, de Bâtante, Michel Chevalier, Guizot, de La Bédoyère, baron Taylor, etc. — On a dû remarquer, dans notre seconde année , les biographies de MM. le comte Mole, duc deNoailles, de Salvandy, dues à la plume de M. de Cesena ; les études de M. Charles Cassou, sur la maison de Montmorency et sur M. de Tocqueville ; de M. P. Forest, sur M. Emile de Girardin ; de M. du Haillan, sur M. le général vicomte de Preval ; de M. Alfred \egoyt, sur M. Antoine Passy; les notices de M. G. de Molinari, sur Bechid-Pacha et M. le général baron de Galbois : et enfin celle de M. E. Pascal let, sur M. le maréchal marquis de Grouchy. — Cette dernière élude est remarquable, moins encore parce qu'elle retrace la vie d'un des principaux et des plus fidèles lieutenans de l'Empereur, que par les éclaircissemens et les détails historiques qu'elle renferme sur la bataille de Waterloo. La conduite du maréchal pendant ce funeste épisode de notre histoire militaire y est appréciée avec clarté, et les causes du désastre y sont exposées avec précision. La campagne de 1815, dans le midi de la France, y est également racontée, et toutes les assertions de l'auteur sont appuyées de notes extraites des documens les plus authentiques.

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