MONTLUC.— MONTPENSIER
courut la Suisse et l'Italie, et continua sous la Restauration, sa polémique contre le libéralisme et les envahissements du clergé. Il fut appelé à la Chambre des pairs après 1830.
MONTLUC (Biaise de), célèbre capitaine du 16e siècle, dit le Boucher royaliste, historien ; Mont lue (Guienne) 1502-1577. Il se distingua sous François Ier, Henri II, et François II ; mais nommé lieutenant-général de Guienne, il déploya contre les protestants une rigueur qui ternit sa gloire militaire. Henri III le nomma maréchal de France. — Mémoires dans les Collections Petitot et Micbaud-Poujoulat. sz Son frère Jean, habile négociateur, évëque de Valence ; m. 1579. Il entra dans les ordres et remplit plusieurs missions importantes en Italie, en Angleterre, en Ecosse, en Allemagne et en Portugal. = Jean , seigneur de Balagny , tils naturel du précédent, fut légitimé 1567 et m. 1603. Il s'attacha d'abord au duc d'Alençon qui le fil nommer gouverneur de Cambrai ; embrassa le parti de la Ligue, puis se réconcilia (I59ij avec Henri IV, qui le créa maréchal de France, et lui donna la principauté de Cambrai. Sa conduite ne tarda pas à soulever contre lui les habitants de celte ville, qui se donnèrent aux Espagnols.
MONTMARTIN (J. du Mats, seigneur de Tkrchant et de), gentilhomme breton , gouverneur de Vitré (1589). Il resta toujours fidèle à Henri IV, rendit de grands services à ce prince jusqu'à l'entière pacification de la Bretagne, et prit part aux négociations avec Elisabeth et avec la Hollande. — Mémoires, dans les Preuves de l'Histoire de Bretagne des bénédictins.
MONTMAUR (P. de), fameux parasite et bel-esprit ; Bétaille (Querci) 1576-1648. H professa le grec au Collège de France et se rendit célèbre par sa pédanterie et ses bassesses. — Il a composé deux pièces publiées par Adrien de Valois , sous ce titre ironique : P. Montmauri , grœcurum litterarum profes~ soris regii , opéra in duos tomos divisa, in-4°.
MONTMIGNON (J.-B.) , écrivt in , journaliste , grand-vicaire à Paris ; Lucy (Aisne) 1757-1824.
MONTMIRA1L (F. -César Le Tellier , marquis de), colonel des cent-suisses , membre de l'Acad. des sciences (1734-1764).
MONTMORENCY, illustre et ancienne famille de France dont les membres les plus remarquables sont := Bouchard Ier, l'un des grands feudataires du duché de Fiance en 950. = Matthieu Ier, connétable de Fiance (1130); m. 1160. Il épousa Aline, fille naturelle de Henri Ier d'Angleterre, puis Adélaïde de Savoie, veuve de Louis VI et mère de Louis-le-Jeune, et fut chargé avec Suger de l'administration du royaume pendant la croisade de 1147. =Son petit-fils Matthieu II, dit le Grand-Connèla* ble ; m. 1230. Il se distingua à Bouvines (1214), se croisa contre les Albigeois ( 12 15), prit une part active aux succès de Louis VIII contre les Anglais, et servit fidèlement la reine Blanche pendant la minorité de Louis IX. — Charles, maréchal de France; m. 1381. Nommé gouverneur de Normandie, il contribua à la conclusion du honteux traité de Brétigny (1360). Il fut parrain du dauphin. ~ Anne, connétable de France ; Chantilly 149J-1567. Il fit ses premières armes en Italie; partagea la captivité de François Ier , qui lui dut une plus prompte délivrance ; reçut le gouvernement du Languedoc et la charge de grand-maître de France, et sut par son habileté repousser avec perte l'invasion de Charles-Quint en Provence ; nommé connétable (1534), il fut exilé quelque temps après, à la suite d'intrigues. Rappelé par Henri II, il châtia une révolte en Guienne (1548), et perdit , grâce à ses mauvaises dispositions, la célèbre bataille de St-Quentin (1557) où il fut fait prisonnier. Écarté des affaires sous François II, il ne reparut à la cour que sous Charles IX , forma alors avec le duc de ■Guise et le maréchal de St-André une association «on nue sous le nom de triumvirat ; gagna la bataille
de Dreux (15G2) sur le prince de Condé , reprit le Havre aux Anglais.et périt à St-Denis ( 1567 ) en combattant les protestants. — Son fils aîné François, duc de Montmorency , diplomate, maréchal de France; 1530-1579. = Henri I«r , duc de Montmorenci, frère des précédents; 1544-1614. Il fut d'abord connu sous le nom de Damville, se signala au siège de Metz par Charles-Quint, puis en Piémont, fut nommé maréchal (1566), se trouva (1567) à la bataille de St-Denis, se mit après la Saint-Barthélémy à la tétedes politiques dans son gouvernement du Languedoc, où il vécut en souverain ; fut un des premiers à reconnaître Henri IV, qui le nomma connétable (1593). II ne savait pas lire, rz Henri II , fils du précédent ; n. Chantilly 1595. Il fut créé par Louis XIII, amiral (1612), se signala dans les guerres de religion dont le Languedoc fut le théâtre, remporta (1629) un brillant avantage à Veillane sur les impériaux, se révolta avec Gaston contre Louis XIII et son ministre dans le Languedoc , dont il avait le gouvernement (1632) ; blessé et pris au combat de Castelnaudary (1er septembre), il fut transporté à Toulouse , jugé par le parlement, condamné à mort et décapité le 30 octobre. Avec lui finit la première branche ducale des Montmorency. == Sa sœur Charlotte- Marguerite ; 1594-165Ô. Épouse de Henri II, prince de Condé, elle devint célèbre par sa beauté et la passion qu'elle inspira à Henri IV. Elle fut mère du grand Condé.
MONTMORENCY-LAVAL (Mat.-J .-Félicité, vicomte, puis duc de), homme d'Etat, membre de l'Académie française; Paris 1760-1826. Il fut député aux Etats-Généraux et y professa des doctrines libérales, qu'il abandonna ensuite à la Restauration. Louis XVIII l'appela à la Chambre des pairs, puis au ministère des affaires étrangères (1822) et le nomma gouverneur du duc de Bordeaux.
MONTMORIN-SAINT-HEREM (J.-B.-F. , marquis de) , lieutenant-général , gouverneur de Fontainebleau et de Belle-Isle ; 1704-1779. = Son parent, Montmorin-Saint-Hérem (Arm.-Marc, comte de), homme d'Etat. Il était ministre des affaires étrangères à l'ouverture des Etats-Généraux (1789), et fut renversé avec Necker dont il avait adopté les opinions. Suspect cependant aux jacobins qui l'expulsèrent de leur club (1791 j, et chargé par intérim du ministère de l'intérieur, il fut accusé de tergiversations par l'Assemblée législative , qui le manda à sa barre. Il fut exécuté peu après , le 10 août 1792.
MONTMORT (P.-Rémond de) , géomètre; Paris 1678-1719. H fut disciple et ami de Malebranche.— ■ Essai d'analyse sur les jeux de hasard ; Traité des suites infinies.
MONTOLIEU flsab. de Pollier, baronne de), romancière; canton de Vaud 1751-1833.— Ondine; Caroline de Lichtfield ; traduction du Robinson suisse.
MONTPENSIER. V. Bourbon.
MONTPENSIER (F. de Bourbon, duc de), connu sous le nom de prince Dauphin, fils de Louis II de Bourbon ; 1539-1592. Il se signala au siège de Rouen (1562), aux batailles de Jarnac et de Moncontour (1679), suivit le duc d'Anjou en Flandre, fut un des premiers à reconnaître Henri IV, et se distingua (1590) à Arques et à Ivry.
MONTPENSIER (Catherine-Ma. de Lorraine, duchesse de), fille du duc de Guise; 1552-1596. Epouse de Louis II, duc de Montpensier, elle se signala durantla Ligue par sa haine contre Henri III, qu'elle fut soupçonnée d'avoir fait assassiner.
MONTPENSIER (Anne-Ma.-Louise d'Orléans), dite Mademoiselle, fille de Gaston d'Orléans et de Marie de Bourbon; Paris 1627-1693. Elle est célèbre par le rôle qu'elle joua dans la Fronde, où elle sauva le prince de Condé à la bataille du faubourg Saint-Antoine ; puis par sa liaison avec Lauzun, qu'elle épousa, dit-on, secrètement. — Mémoires dans les Collections Petitot et Michaud-Poujoulat.
MONTPENSIER (Ant.-Ph. d'Orléans, duc de,.
MONTPERLIER. — MORAND.
frère puîné du roi Louis-Philippe; n. 1775, m. Angleterre 1807. Il servit sous Dumouriez, et se distingua en Belgique et en Italie. Arrêté cependant par ordre du Comité de salut public, il ne put recouvrer la liberté qu'après une captivité de 48 mois, et se retira en Amérique, puis en Angleterre. —Mémoires.
MONTPERLÏER (Jo.-Ant.-Ma.), auteur dramatique ; Lyon 1787-1819.
MONTPETIT (Arm.-Vinc. de), peintre de portraits, mécanicien; Màcon 1713-1800.
MONTPEZAT-LETTRES (Ant. de), maréchal de Fiance (1513); m. 1544. Simple homme d'armes à la bataille de Pavie, il fut fait prisonnier, et offrit à François Ier de lui servir de valet de chambre dans sa prison. Ce prince le chargea d'une mission secrète auprès de la régente, et plus tard le désigna pour être au nombre des huit otages qui devaient être remis à Henri VIII lors de la reddition de Tournai.
MONTPLAISJR ( Re. de Bnuc , marquis de ) , poète, d'une ancienne famille de Bretagne; m. t.
MONTRÉAL D'ALBANO ou FRA MORI AXE,
aventurier du He siècle, gentilhomme provençal, chevalier de Sainl-Jean-de-Jérusalem. Il servit avec distinction sous Louis-le-Grand, roi de Hcmgrie ; combattit dans les guerres du royaume de Naples, ravagea les territoires de Rimini, de Pise et de Florence, se rendit à Rome pour s'y ménager des intelligences ; mais il fut pris par Cola de Rienzo, condamné à mort et exécuté 1534.
MONTRÉSOR (Cl. de Bourdeille, comte de), favori de Gaston, duc d'Orléans ; 1608-1G63. Il fut le chef du complot tramé entre le duc d'Orléans et le comte de Soissons contre Richelieu; entra dans la conspiration de Cinq-Mars (1642), fut abandonné par Gaston, et se réfugia en Angleterre; reviut en France après la mort de Richelieu (1643), joua un rôle dans les guerres de la Fronde, et conspira contre Mazarin, avec lequel il finit par se réconcilier.— Mémoires, dans les Collections Petitot et Michaud-Poujoulat.
MONTREU1L (J. de), négociateur, membre de l'Académie française; Paris 1613-1051.= Son frère Matthieu, abbé, littérateur; Paris 1620-1692.— Lettres dans le genre de Voiture; Poésies légères.
MONTROCHER (Gui de), Guido de Montcrocherio, théologien dauphinois du li" siècle.— Manipula s curatorum.
MONTROSE (Ja. Graham, comte et duc de), l'un des plus célèbres partisans de Charles Ier; n. Edimbourg 1612. Attaché d'abord au parti covenantaire, il se voua ensuite au service de Charles 1er. remporta en Ecosse différents avantages sur ses adversaires, et, après la mort de Charles 1er, se relira en France, puis en Allemagne, où il prit part aux dernières campagnes de la guerre de Trente-Ans; opéra en faveur de Charles II «ne descente en Ecosse (1650); mais bientôt, abandonné de ses troupes, fut livré aux Etats, condamné à mort et pendu le 21 mai de la même année. — Mémoires, traduits parGaudin.
MONTS (P. Du Guast, sieur de!, voyageur, gentilhomme saintongeois. Il accompagna Champlain au Canada (1694), et fit diverses expéditions pour son compte dans le même pays.
MONTL'CCI (Ant.), célèbre sinologue, littérat.; Sienne 1762-1829.
MONTUCLA (J.-Et.), savant mathématicien, érudit; Lyon 1725-1799. Il devint membre de l'Institut, secrétaire de l'intendance à Grenoble, et suivit Turgot à Cayenne comme premier secrétaire et astronome du roi. — Hitoire des mathématiques, 1799, 4 vol. in-4°; Histoire des recherches sur la quadrature du cercle ; Édition des Récréations mathématiques d'Ozanam, 1778, 4 vol. in-8°.
MONTVA1LON ( And . Ba iug.n e de j , j urisconsulte; Marseille 1678-1759.
MON V EL (Ja.-Ma. Boctei de), acteur et auteur
dramatique; Luné ville 1745-1811. <— L'Amant bourru, 1777 ; les Victimes cloîtrées , 1791 ; la Jeunesse du duc de Richelieu, 1796 , comédie ; Biaise et J3abet, Ambroise ou Voilà ma journée, opéras-comiques. Il fut le père de mademoiselle Mars.
MON Y (J. de), peintre, dont on ne connaît que le nom. — Un cavalier et une jeune fille (Mus. royal).
MOOJ^ERT ou MOOY.ERT (V.), peintre et graveur à l'eau-forte du 16* siècle ; n. Amsterdam. Il a imité la manière d'Adam Elzheymer. On remarque parmi ses élèves Berghem, Van der Does, Eoning et Weenix.
MOOR (Karel van), peintre; Ley de 1650-1738. — Portrait de van Ceci (Mus. d'Amsterdam).
MOORCROFT (Gu.), voyageur anglais; n. comté de Lancastre, m. Andkhodie (Turkestan) 1823.— Voyage aux provinces hima.layennes de i Hindoustan et du Pendjab, au Gachemir et à Boukhara, Londres, 1841-42, in-f° publié par Wilson.
MOORE (sir Jonas ) , mathématicien; Whitle (Lancashire) 1617-1679. Il fut nommé intendant de l'artillerie, et profita de son crédit pour faireélever l'observatoire de Flamsteed.
MOORE (F.), voyageur anglais du 18e siècle. — Voyage dans l'intérieur de l'Afrique (de 1730 à 1735), 1738, in-8°.
MOORE (J.), médecin, littérateur; Stirling (Ecosse ) 1730-1802. = Son fils Jean, général ; n. Glasgow 1761, tué 1809 à la bataille de laCorogne, où l'armée qu'il commandait fut défaite.
MOOSER (Aloyse), célèbre mécanicien, facteur d'orgues et de pianos; Suisse 1771-1840. Son chefd'œuvre est l'orgue si renommé de l'église collégiale de Saint-Nicolas à Fribourg.
MOPINOT (Sim.), bénédictin de Saint-Maur, érudit, poète latin ; Reims 1685-1724. Il a travaillé à la Collection des lettres des papes.
MORA Y JARABAS (Pablo de), jurisconsulte espagnol ; Vieille-Castille 1718-1792.
MORARIN (Ja.), littérateur ; n. La Flèche, m»
MORALES (L.), peintre espagnol, dit el Divino-t Badajoz 1~)09-1586. — Jésus portant sa croix (Mus. royal) ; Vierge et le Christ, un Saint (id., Collection Standish) ; Téte de Christ, Ecce homo, Vierge aux douleurs, Madone, Circoncision (Mus. delRey,. Madrid). Son chef-d'œuvre est la Vierge des douleurs, placée par ordre de Philippe ÏI chez Ie& Iliéronymites de Madrid.
MORALES (Amb.), historiographe de Philippe II; Cordoue 1513-1590. Il fut l'un des écrivains qui contribuèrent à relever la littérature espagnole. — Continuation de la Chronique d'Ocampo, 3 vol. in-f° ; Voyage dans le royaume de Léon, la Galice et les Asturies, in-f°.
MORALES (J.-B.), dominicain espagnol, missionnaire en Chine; Ejicia 1597, Chine 1664.
MORAL1 (l'abbé Octave), helléuiste, philologue; Bonate 1763-1826.
MORAND (J.), chirurgien: 1658-1723. ~ Son fils Sauveur-François, chirurgien ; Paris 1697- 1773. Il fut successivement membre de l'Académie des sciences et de celle de chirurgie, puis chirurgien en chef de l'hôtel des Invalides. — Traité de ta taille au haut appareil; Recueil d'expériences et d'observations sur la pierre (avec Brémond). = J.-F.-Clément , fils du précédent, anatomiste, minéralogiste ; Paris 1726-1784.
MORAND (P. de), poète dramatique ; Arles 1701-
MORAND (J.-Ant.), architecte, élève de Servandoni et de Soufflot ; Briançon 1727-1794.
MORAND (L.-C.-Ant. -Alexis, comte), lieutenantgénéral ; Pontarlier 1770-1835. II se distingua danî, toutes les campagnes de la révolution et de l'empire, et fut condamné à mort par contumace (1816)^ J
MORANDE. — M0RÈ4U.
11 obtint la révision de son procès, fut acquitté, et (18H)) nommé pair de Fiance après 1830.
MORANDE (C. Thévenot de), pamphlétaire et journaliste; n. Arnay-le-Duc 1748, massacré 1792. , Anecdotes secrètes sur madame Duhurry ; le Philosophe cynique, Anecdotes scandaleuses de la cour <le France.
MORANDl-MANZOLINI (Anne); Bologne 1716- 1774. Elle était femme de Manzoltni , habile analomiste, qui lui enseigna cette science, et obtint , après la mort de son mari, une ch;iire d'anatomie à Bologne. Elle se fit une grande réputation comme modeleuse en cire.
MORAiXT (Pb.) , antiquaire, biographe; Jersey 1700-1770. — Histoire et antiquités de Colchester, ln-f° ; Histoire du comté d' Essex, 2 vol. in-f°.
MORARD DE GALLE ( Juslin-Bonav. ) , viceamiral; Goncelin (Dauphiné) 1741-1809. Il assista au combat d'Ouessant , fit la campagne de l'Inde (1781) sous les ordres de Suffren ; lut nommé contre-amiral (1792), puis vice-amiral, et commandant de l'armée navale réunie à Brest (1798).
MORATA (Olimpia-Fulvia) , l'une des femmes les plus savantes de son siècle; Ferrare 1526-1555. Ses ouvrages furent presque entièrement détruits dans l'incendie de Schweinfurt. Les fragments qui nous restent ont été publiés, Bàle, 1562, in-8°.
MORAT1N (N.-Fernandez de) , poète et auteur dramatique espagnol; 1730-L780. Il commença la réforme dramatique achevée par son fils. — La Petimetra, l'une des premières comédies régulières qui aient paru sur la scène espagnole (1772) ; Hermesinda, tragédie ; Diane, les Vaisseaux de Cortex détruits, poèmes. = Son fils Leandro-Feknandez , célèbre poète, auteur dramatique, littérateur; Madrid 1760, Paris 1828. Il se fit connaître de bonne heure par quelques pièces de vers. Nourri de la lecture de Shakspeare et surtout de Molière , il seconda la réforme qui s'accomplissait alors sur la scène espagnole. Il fallut pourtant la protection de Florida Blanca et de Godoï pour faire jouer sans obstacles ses deux célèbres comédies, le Vieillard et la jeune file, et le Café (1792). 11 ternit son beau talent par la facilité avec laquelle il s'attacha successivement aux différent partis qui désolèrent sa patrie jusqu'à la chute de Napoléon. — Origines du théâtre espagnol, ouvrage curieux, mais déparé par les préjugés de Moratin, qui affecte un classicisme outré. Ses oeuvres complètes forment 1 vol. in-8°, Barcelone, 1835.
MORATO ( Flavio-Pellegrino) , littérateur; n. Blantoue, m. 1547. Il fut le père d Olimpia Morata.
MORCELLI (Et.-Ant.), jésuite, archéologue; n. Chiari 1737. — De stylo inscriplionum lat. libnlll, 1780, in-4° ; Kalendarium ecclesiœ Constantinopolitanœ , 2 vol. in-4° ; AJricana christiana , 3 vol. in-4°.
MORE (Th.), Morus, célèbre homme d'Etat, utopiste, historien, théologien; Londres 148U-1535. Il tut élu membre du parlement, entra au conseil de Henri VIII, fut nommé grand-chancelier, place où il déploya de rares vertus. Ayant résigné cette charge au bout de deux ans, pour ne pas prendre part aux réformes ecclésiastiques, il résista à toutes les offres du roi, qui le fit emprisonner et condamner à mort. Il eut la tête tranchée à Londres (6 juillet). — De opt!mo rei/>ublicœ statu, deque nova insula utopia, traduite en français par Gueudeville. Ses ouvrages forment 2 vol. in-f°.
MORE (H.), théologien , philosophe platonicien , poète; Gratham (comté de Lincoln) 1614-1687.
MORE ou MOORE (Ed.) . littérateur anglais ; 1711-1757.
MORE (miss Hannah), auteur dramatique, littéral. ; Happleton (Sonimerset) 1745-1833.
MOREAU ( Be. ) , médecin ; Montreuil - Bellai (Anjou) 1587-1656. Il fut pendant quarante ans professeur de médecine et de chirurgie à la faculté de Paris.
MOREAU (J.), chanoine de Quimper, historien du 16" siècle. — Histoire de ce qui s'est passé à Bologne pendant la LUjuc, Paris, 1836, in-8°.
MOREAU (Jacob-N.), écrivain, publiciste; Saint- Florentin 1717-1803. II fut nommé bibliothécaire de la reine, historiographe de Fiance, et chargé de former un dépôt de chartes et de documents législatifs. — L Observateur hollandais, journal politique, 3 vol. in-8° ; Mémoire pour servir à l'histoire des Cacouacs ; Leçons de politique, de morale et de droit public; Devoirs d'un prince ; Principes de morale politique.
MOREAU (J.-M.), célèbre dessinateur et graveur , Paris 1741-1814. — Il était élève de Lebas, et fui nommé membre de l'Académie, dessinateur du Cabinet du roi, puis professeur aux écoles centrales de Paris.
MOREAU (J.-V.), célèbre général; n. Morlaix (Bretagne) 1763. Fils d'un avocat et destiné luimême au barreau, il partit pour la frontière, fut nommé (1793) général de brigade, et (1794) général de division. Il servit avec éclat sous Pichegru, et lui succéda comme général en chef de l'armée du Nord ; puis alla prendre le commandement de l'armée de Rhin-et-Moselle , avec laquelle il ouvrit (juin 1796) une mémorable campagne. Après avoir forcé Wurmser à !a retraite, culbuté les troupes des Cercles et l'armée de Condé, battu l'archiduc Charles à Rastadt, Ettlingen, Pforzheim, Stuttgart, Canstadt, Berg, Bingen, Constance, et l'armée autrichienne de Latour à Friedberg, il se vit obligé par suite des revers de Jourdan de revenir sur ses pas. Ce fut alors qu'il fit cette retraite que les tac ticiens regardent comme un des plus beaux fait* d'armes des temps modernes. Il réorganisa, l'aimé* suivante, l'armée de Sanibre-et-Meuse , dont il re mit le commandement à Iloche , et , revenu sur le Bhin, il le passa en présence des ennemis, qu'i' battit, mais la signature des préliminaires de Leoben arrêta ses succès. Il avait, dit-on, trouvé dans les bagages de l'ennemi , les preuves de I» trahison de Pichegru ; il ne les fit connaître at« gouvernement que lorsque les projets de ce généra' eurent échoué. Le Directoire lui en garda rancune et Moreau fi t en disgrâce jusqu'en 1798. Toutefois , il fut alors nommé inspecteur général , (1799), et on l'envoya en Italie pour y réparer les désastres de Scbérer. Il sauva l'armée d'une entière destruction, battit Souwaroff à Bassignano, et, plus tard, assistant comme volontaire à la bataille de Novi, il sauva encore une fois l'armée. Revenu sur le Rhin, il conquit en vingt-cinq jours quatrevingt-dix lieues de pays, gagna sur les meilleurs généraux de l'Autriche , le baron de Kray , les archiducs Jean et Charles, les victoires de Hochstedt , de Neubourg et de Holienlinden ; arriva jusqu'à vingt -cinq lieues de Vienne, et força ainsi l'empereur à signer la paix de Lunéville. II revint à Paris après cette glorieuse campagne, se maria, et sa femme, qui prit sur lui un empire tout puissant, et dont l'ambition était extrême, ne tarda pas à le perdre. Il eut des entrevues avec Pichegru et Cadoudal, fut arrêté et traduit avec eux devant le tribunal criminel de Paris. Condamné , pour non-révélation de complot , à deux ans de prison , il obtint que sa peine fût commuéu en un exil indéfini , et partit pour les Etats-Unis. Ce fut là qu'en 1813 les envoyés de l'empereur de Russie allèrent le chercher pour le décider à se mettre à la tête des ennemis de son pays. Il débarqua à Gothemboui g (24 juillet 1813) , se rendit à Prague, auprès des souverains coalisés, et fut blessé à mort à la bataille de Dresde (27 août) par un des premiers boulets que lancèrent les batteries françaises. Il m. cinq jours après.
MOREAU BE LA ROCHETTE (F. -Th.), agronome ; Rigni-le-Féron (Yonne) 1720-1791. = Son petit-fils Arm.-Bern. Moreau, baron de La Rochet- Te, littérateur, administrateur ; Melun 1737-1 822.