PHILIPPE
du pouvoir (2i4). Vaincu par Dèce, que les troupes vaient revêtu de la pourpre, il fut tué 219 à Vérone par ses propres soldats.
EMPEREUR D'ALLEMAGNE
PHILIPPE, second fils de Frédéric Barberousse; n. 1 178- Il eut, après la mort de son pi re (1190), la Souabe et la Toscane pour partage, et, après la mort de son frère Henri VI (1198), il se lit décerner la tutelle de son neveu Frédéric II, déjà reconnu roi des Romains. La même année, il se fit proclamer et sacrer empereur à Mayence. Othon, duc de Brunswick, ayant été élu par quelques princes, Philippe, soutenu par la France, remporta sur lui divers avantages, et fut sacré de nou\eau à Aix-la-Chapelle (1203). L'année suivante, il remporta une victoire décisive sur son compétiteur, et il commençait à affermir son autorité lorsqu'il fut assassiné 1208 par Othon de Wittelsbach . Othon de Brunswick, se trouvant sans rival, lui succéda sous le nom d'Othon IV.
ROIS DE FRANCE
PHILIPPE 1er, fils de Henri Ier et d'Anne de Russie; n. 1052. Il fut sacré du vivant de son père (1059), auquel il succéda sous la tutelle de Baudouin, comte de Flandre (1060). Baudouin étant mort (1067), Philippe commença à gouverner par lui-même. Voulant intervenir dans les démêlés des fils de Baudouin, qui se disputaient les armes à la main la succession de leur père, il fut battu à Mont-Cassel par Roberl-le-Frison (1071), conclut la paix avec lui et épousa Berthe, sa belle-fille (1072). Il fit contre Guillaume-le-Conquérant une expédition plus heureuse, et'le chassa de la Bretagne, qu'il avait envahie (1075). Lassé de sa femme Berthe après vingt ans de mariage, il épousa la même année Bertrade, qu'il avait enlevée à son époux, Foulques-le-Réchin (1092). Pour ce double fait, il fut excommunié au concile d'Autun par le légat, Hugues de Die (1091), et au concile de Clermont par Urbain II, qui était venu chercher un asile en France (1095). Ayant renvoyé Bertrade, il fut réconcilié avec l'Église (1097); mais, l'ayant rappelée à lui, il fut excommunié de nouveau au concile de Poitiers (1100), p:iis absous une seconde fois sur la promesse qu'il tint assez mal de ne voir Bertrade qu'en présence de témoins (1104). Il m. 1108. Son fils Louis-le-Gros lui succéda. La conquête de l'Angleterre par Guillaume-le-Normand (1066) et la première croisade (1095) signalèrent le règne de ce prince nul et inhabile.
PHILIPPE II, dit Auguste, fils de Louis VII et d'Alix, fille de Thibaut, comte de Champagne; n. 1165. Il fut du vivant de son père sacré à Reims (1170), puis à St-Denis avec sa femme Isabelle, fille de Baudouin, comte de Ilainaut (1180), et succéda à son père en cette dernière année sous la tutelle dâ Philippe, comte de Flandre. Il fit (1186 et 1188) la guerre, puis la paix avec l'Angleterre, et partit ( 1 100 avec Richard-Cœur-de-Lion pour la Terre- Sainte, d'où il revint la même année. Il épousa Ingeburge, fille de Valdemar et sœur de Canut, rois de Danemark, qu'il répudia presque sur-le-champ, et profila de la captivité de Richard, retenu prisonnier en Allemagne, pour l'attaquer en Normandie (1193); mais Richard, rendu à la liberté, le défit à Freteval (1194). La paix avec l'Angleterre (1195), le mariage de Philippe avec Agnès de Méranie (1196). L'interdit jeté sur la France (1200) à cause de la conduite du roi envers Ingeburge, qu'il lut obligé de reprendre, marquèrent les années suivantes. Philippe ayant fait citer à la cour des pairs Jean-sans-Terre, roi d'Angleterre, accusé du meurtre de son neveu, Arthur de Rretagne, confisqua, sur son refus de comparaître, et réunit à sa couronne toutes les terres, sauf la Guienne, qu'il possédait en France (1203). Le roi Jean ayant été déclaré déchu de la «ouronne par le pape, et son royaume ayant été
offert à Philippe, ce prince so disposait à en prendre possession lorsque le pape, revenant sur sa donation, lui fit défense de rien entreprendre contre le roi d'Angleterre, qui s'étuit reconnu vassal do l'église de Rome (1213). Alors Philippe tourna ses armes contre le comte de Flandre et l'empereur Othon IV, qui avaient formé une ligue contre lui, et les défit à la célèbre bataille de Bouvines (I2l4). Les barons anglais ayant chassé Jean-sans-Terre et offert la couronne à Louis, fils aîné de Philippe, celui-ci l'accepta en son nom (1216) (V. Louis VIII). Philippe m. 1223, laissant la couronne à ce dernier. Ce fut sous Philippe que commença (1209) la sanglante guerre des Albigeois.
PHILIPPE III, dit le Hardi, fils de Louis IX et de Marguerite de Provence; n. 1215. Il succéda à son père, qu'il avait accompagné en Afrique (1270). Après avoir, avec l'aide des rois de Sicile, remporté sur les Sarrasins plusieurs avantages, il conclut une trêve de dix ans, revint en France et se fit sacrera Reims(l271). La même année il prit possession du comté de Toulouse, dévolu à la couronne par la mort de son oncle Alphonse; puis (1272) réprima une révolte de Roger Bernard , comte de Foixet soutint ( 1276) une guerre contre Alphonse X, roi cleCastille. L'invasion du roi d'Aragon en Sicile et le massacre des Français dans cette île ( 1282), mirent Philippe dans la nécessité de déclarer à ce prince une guerre, dans le cours de laquelle il m. 1285. Il eut pour successeur Philippe IV, son second fils.
PHILIPPE IV, dit le Bel, fils de Philippe III et d'Isabelle d'Aragon; n. 1268, succéda à son père ( 1285). II termina (12J0), par un traité, la guerrede Castille commencée par Philipi e-le-IIardi. Edouard Ier, roi d'Angleterre, cité à la Cour des Pairs (1203), ayant refusé de comparaître, Philippe déclara confisqués et réunit à la couronne les domaines que ce prince possédait dans son royaume. Edouard commença alors (1291) une guerre qui, suspendue (1297 ) par une trêve plusieurs fois prolongée, fut terminée par un traité (1303). Le comte Guy de Flandre, qui avait attiré sur lui les armes de la France pour s'être allié avec Edouard, fut forcé (1297) de se mettre à la discrétion de Philippe, qui le retint prisonnier, et deux ans après (1299) s'empara de ses Etats et les fit gouverner par Jacques de Chàtillon. La tyrannie de ce dernier excita en Flandre un soulèvement général ; mais les Flamands, d'abord vainqueurs à Courtrai (1302), furent vaincus à Mons-en-Puelle(l304), par Philippe lui-même. Malgré sa victoire, le roi restitua la Flandre à Philippe de Béthune, fils de Guy, et lit la paix avec lui, en retenant toutefois Lille, Douai, Orchies , Béthune et tout le pays en deçà de la Lys (1305). Avant ces derniers événements, de violents démêlés avaient éclaté entre Boniface VIII et Philippe, qui, frappé d'excommunication par le pape, se disposait à convoquer un concile pour le faire déposer, lorsque Boniface mourut (1303). De nombreuses altérations de monnaies excitèrent à Paris une sédition promptement réprimée (1312). La même année, Philippe supprima l'ordre des Templiers, et la suivante (1313), marcha contre les Flamands, avec lesquels il s'accommoda. Il m. 1314. Il eut pour successeur Louis X, dit le Hutin, son fils aîné. Ce fut sous le règne de ce prince, habile et profond politique, mais l'un des plus despotes de la monarchie, qu'eurent lieu les premiers États-Généraux (1303).
PHILIPPE V, dit le Long, second fils de Philippe le-Bel; n. v. 1293. Il fut (1316) déclaré, dans une assemblée du parlement et des seigneurs, récent du royaume, pendant la grossesse dosa belle-sœur, veuve de Louis-le-Hutin, et proclamé roi, la même année, après le décès de son neveu Jean Ier. Une déclaration qui , selon les lois et coutumes do France, exclut les filles de, la couronne (1317), une ordonnance portant que désormais il n'y aura nuls prélats au parlement (1319). la fin des démêlés entre