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CHAMPEAUX

CHALMERS ( AI. ) Camerarius, écrivain politique, économiste et littérateur anglais ; Abertleen 1759- 183 ï. — Dictionnaire biographique, 32 v . in-8°.

CHALONER (Th.), homnie d'état et négociateur attaché à Charles-Quint, puis à la reine Elisabeth , Londres 1515 1565. — De rcpublica Anglorum inslaurandu , in-4'. = Son fils, Thomas, physicien et chimiste, 1559-1615. Il a découvert les mines d'alun du comté d'York.

CHALONER (B ), évêque catholique de Debra ; Chichesler 1691-1781.— Brilannia sacra, in-4».

CHALOTAIS (G.-René de Caradeoc de la], célèbre procureur-général au parlement de Bretagne ; Rennes 1701-1785. Il provoqua ( 1762 ) l'expulsion des jésuites par deux Comptes-rendus des constitutions de cet ordre , qui eurent un immense succès, et lui attirèrent l'inimitié du parti-prètre et de la cour. Arrêté (1765) à l'occasion de la résistance des parlements aux mesures arbitraires du chancelier Maupeou et du duc d'Aiguillon, intendant de la province, il fut enfermé à la citadelle de Saint-Malo, où il écrivit, pour sa défense, sur des papiers d'enveloppe de sucre et avec une plume faite d'un curedent , des mémoires dont Voltaire a dit : « Malheur « à toute âme sensible qui ne sent pas le frisson de » la fièvre en les lisant ! son cure-dent grave pour » l'immortalité. » Le procès de La Chalotais préoccupa la France entière, et îe gouvernement, cédant au cri général de l'opinion publique, fut enfin forcé de le rendre à la liberté (1766). Exilé alors à Saintes , La Chalotais ne reprit ses fonctions au parlement qu'à l'avènement de Louis XVI. On lui doit , outre les ouvrages que nous avons cités, un Plan d' éducation, qui eut aussi un immense succès.

CHALVET (P.), littérateur; Grenoble 1767- 1807. — L'Ami des mœurs, feuille périodique, 1791; lre édition des Poésies de Charles d'Orléans, 1803.

CHAMANT (J.-J.) , peintre décorateur; Nancy 1708-1770. On voit de nombreux ouvrages de lui en Lorraine et à Vienne (Autriche).

CHAMBERLAYNE ( Ed. ) , publiciste anglais ; Odington (comté de Glocester) 1616-1703. — An- (jliœ notitia, souvent réimprimée. ~ Son fils Jean, philologue ; m. 1724. — Il est connu par son Oralio dominica en 150 langues , Amsterdam 1715. Cette édition a été surpassée par celle de Marcel.

CHAMRERS ( Epbraïm ) , littérateur anglais; n. Milton (Westmoreland), m. 1710. — Encyclopédie, 1728, 2 vol. in-f°; la meilleure édition est celle de Rees, Londres, 1788, 5 vol. in-f°.

CHAMRERS (Gu.t, architecte; Stockholm 1725, Londres 1796. — Dessins d architecture chinoise, ouvrage curieux : l'auteur avait voyagé long-temps en Orient; Plans des jardins de Kew, in-f° , Traité de la partie décor atiue de l'architecture civile, in-f°.

CHAMBOIV (N.), médecin, Brevanne (Ile-de-France) 1748-1826. Il succéda à Péthion (novembre 1792) comme maire de Paris, et donna sa démission (janvier 1793) Maladies des femmes, 5 vol. in-8° ;

Traduction de Columelle, 3 vol. in-8°.

CHAMBRAY ( Ja. ) , grand-maître de Malte ; E vieux 1687, Malte 1756. Il fit construire à ses frais , dans l'île de Gozzo , une forteresse qui porte son nom.

CHAMBRAY( Roland Fréard, sieur de), architecte; n. Cambray, m. 1676. Il fut secrétaire d'état et surin* tendant des bâtiments sous Louis XIII , et ce fut lui qui ramena le Poussin en France. — Parallèle de l'architecture ancienne et moderne, 16.">0 , in-f° ; Traductions de Palladio, 1650, in-f" . et du Traité de la peinture de Léonard de Vinci, 1651, in-f°.

CHAMRRE (Marin Cureau de la), médecin de Louis XIV, membre de l'Acad. française et de l'Acad. des sciences ; le Mans 1594-1669. — Art de connaître les hommes ; Caractères des passions, 5 vol. in-4°. — Son fils, Pierre, membre de l'Acad. française, curé de St-Baithélemi à Paris; m. 1693. — Oraisons funèbres.

CHAMBURE (A. Lepelletier de), l'un des plus

braves officiers de l'Empire; Vitteaux (Bourgogne) 1789-1832. — Il est surtout célèbre par ses faits d'armes pendant le siège de Danzig (1813-1814), siège où il commandait la fameuse compagnie infernale.

CHAMFORT ( Séb.-R. Nicolas, dit), poète et littérateur ; TUermont (Auvergne) 1741-1794. — Eloges de Molière cl de La Fontaine ; la Jeune Indienne, le Marchand de Smyrne, comédies ; Mustapha et Zcangir, tragédie. On doit beaucoup rabattre des éloges qui lui furent donnés do son vivant; éloges dont il fut redevable plutôt au rôle qu'il joua dans la révolution et à sa liaison avec Mirabeau, qu'à un véritable mérite.

CH AM ILLARD (M. de), contrôleur général des finance ( 1699), ministre delà guerre( 1701), n. 1651, m. 1721. Dépourvu de véritables talents, il n'avait dû sa haute position qu'à l'intrigue et à la faveur du roi, qu'il avait gagnée par son adresse à jouer au billard.

CHAM1LLARD (Et.), jésuite, numismate; Bourges 1656-1730. — Dissertations sur plusieurs médailles.

CHAMILLY (Noël Bouton, marquis de), maréchal de France; Chamilly (Bourgogne) 1630-1715.11 se rendit célèbre par la défense de Grave, qui dura 93 jours et coûta 16 000 hommes au prince d'Orange, et par l'amour que conçut pour lui une jeune religieuse portugaise, qui lui écrivit les lettres publiées sous le titre de Lettres portugaises, 1806.

CHAMIR ( Eléazar ) , savant arménien ; Ispahan 1720-1790. 11 se réfugia, après la mort de Nadir-Chah, à Madras, où il fonda une imprimerie, une école et un hôpital pour ses compatriotes. — Exhortation aux Arméniens; Histoire de ce qui reste d'Arméniens.

CHAMOUSSET (Cl.-Humbert Piarron de), philanthrope, maître des comptes, Paris 1717-1773. On lui doit rétablissement de la petite poste.

CHAMPAGNE ( Ph. de ), peintre, élève de Fouquières et membre de l'Acad.; Bruxelles 1602, Port-Royal 1674. Il se fit l'ami de Lebrun, avec lequel il exécuta divers travaux au palais du Luxembourg. — Le Repas chez Simon le pharisien , la Cène , Christ mort , St Geroais et Si Protais t Translation des' corps de St Geruais et de St Protais , St Philippe, 2 paysages, le Christ en Croix, portraits en pied de Louis XIII et de Richelieu , 6 portraits au nombre desquels se trouvent ceux de Philippe de Champagne lui-même , de sa fille, et d'Arn iud d'Andilly (Mus. roy.) ; Portrait d'un religieux (Mus. d'Amsterdam); Présentation au temple , Ste Genevièoe, St Joseph, St Etienne, St Ambroise, St Charles Borromée (Mus. de Bruxelles). = Son neveu, J. -Baptiste, peintre, membre de l'Acad.; Bruxelles 1643-1688.

CHAMPAGNE (J.-F.), littérat., membre de l'Institut, Sémur (Bourgogne) 1751-1813. Il fut principal du collège Louis-le-Grand (1791) et conserva cet établissement pendant la révolution. — Traduction de la Politique d'Aristote.

CHAMPAGNY fJ.-B. Nompère de), duc de Cadore, homme d'état, Roanne (Forez) 1756-1834. Il fut député aux états-généraux (1789), ambassadeur à 'Vienne (1801), ministre de l'intérieur (1801) et des affaires étrangères (1807), signataire du traité de Vienne (1809). pair de France (1819).

CHAMPCENETZ (le chev. L. de), écriv. satirique, chansonnier; Paris 1759, m. sur l'échafaud 1794. 11 travailla avec Rivarol à plusieurs écrits de circonstance, et eut une grande part à la rédaction du pamphlet périodique les Actes des Apôtres.

CHAMPDIVERS (Odette de), surnommée la petite reine. Choisie pour distraire Charles VI dans sa folie , elle eut de ce prince une fille qui fut mariée par Charles VII au prince de Belleville.

CHAMPEAUX ( Gu. de ,) célèbre philosophe et théologien, n. Champeaux (Brie), m. 1121. Il était archidiacre de Notre-Dame ( 1 103) et il enseignait avec un grand succès dans l'école de cette église, lorsqu'il se relira (1108) à l'abbaye St-Victor, où il rouvrit sou école. Nommé (1111) évéque deChrlon-

CHAMPIER. — CHAPPE.

ur-Mame, il se consacra dès lors tout entier aux fonctions pastorales. Guillaume de Champeaux doit être considéré comme le fondateur du réalisme scientifique. Adversaire de Roscelin , lui-même trouva dans Abailard un contradicteur formidable; et c'est surtout par les attaques de celui-ci que Guillaume de Champeaux, dont les ouvrages philosophiques sont perdus, est connu de nous.

CHAMPIER (Sim.), médecin et historien; St- Symphorien (Lyonnais) 1472-1539. — Chronique de Savoie ; Vie de Bayard ; Nef des Dames- Vertueuses.

CHAMPIONNET ( J.-Et.),général français;Valence (Dauphiné) 1762-1800. II entra jeune au service, fut nommé général de brigade (1798), se distingua à la reprise des lignes de Wissembourg et à Florence; conquit le royaume de Naples (1793), dont il fit la république Parthénopéenne, et, après le 30 prairial an vu, remplaça Moreau à l'armée d'Italie. Défait peu après par les Austro-Russes à Génola, il en m. de chagrin 1799. Sa ville natale lui a érigé une statue (18i0).

CHAMPLAIIV (Sam.), premier gouverneur de la Nouvelle-France et fondateur de Québec (Canada) ; Saintonge 1600-1635.— Voyage de Samuel Champlain. Il a laissé son nom au lac Champlain.

CHAMPMESLÉ (Ma. Desmares) , actrice célèbre ; Rouen 1644-1698. Racine lui donna des leçons de déclamation, et elle joua les premiers rôles au théâtre du Marais , puis à l'hôtel de Rourgogue. — Son mari, Ch. Chevillet de Champmeslé, acteur et auteur dramatique, m. 1701. — Crispin chevalier ; l'Heure du berger ; le Florentin ; la Coupe enchantée: ces 2 dernières sont attribuées aussi à La Fontaine.

CHAMPOLLÏON (J.-F.) , célèbre orientaliste , membre de l'Acad. des Inscript.; on lui doit la connaissance de l'alphabet hiéroglyphique des Egyptiens : Figeac (Dauphiné) 1791-1831. Il fut le créateur de notre Musée égyptien, qu'il organisa et enrichit de nombreuses richesses recueillies dans son voyage en Egypte ; mais il est surtout célèbre par ses travaux sur les hiéroglyphes. — L'Egypte sous les Pharaons, 2 vol. in-8°; Panthéon égyptien; Grammaire égyptienne, publiés après sa mort.

CHATVCELLOR ( Rich.), navigateur anglais, découvrit (1553) le port d'Archangel en cherchant un passage en Amérique par le N.-O., et établit les premières relations commerciales entre la Moscovie et l'Angleterre. — La relation de son voyage se trouve dans la Collection de Pinkerton.

CHANDIEU (Ant. La Roche de), ministre protestant; Chabot (Maçonnais) 1534-1591. Il présida le premier synode des réformés tenu à Paris. — Histoire des persécutions de l' Eglise (protestante); Opéra theologica.

CHANDLER (Rich.), savant helléniste et archéologue anglais; 1738-1810.— Antiquités ioniennes, 3 Toi. in-f°; Inscriptions antiques de l' Asie-Mineure et delaGrèce, in-f°; Voyage en Asie-Mineure, 2 vol. in-4° ; Histoire de Troie ; édition des Marmora oxoniensia, 1763.

CHAIVDOS (J.), célèbre capitaine anglais, lieutenant des provinces anglaises en France pour Edouard III, vainquit Duguesclin à Auray (1364) et m. au combat de Leusac 1369.

CHAIVFARY, poète arabe du 6e siècle. — Lamyatel-arab, poème publié par Silvestre de Sacy (Cbreslomathie arabe).

CHANGEUX (P.-N.) , grammairien et mathématicien; Orléans 1740-1800. — Traité des extrêmes ; Bibl'.'ithèque grammaticale.

CHANLAIÙE (P.-G.), géographe ; Vassv (Champagne) 1758-1817.— Atlas de la France, en 108 cartes ; Atlas de l'Europe méridionale, en 54 feuilles.

CHA1VTAL (J.-F. Frémiot, dame de), femme célèbre par sa piété; aïeule de madame de Sévigné: Dijon 1572-1641. Elle fonda, avec saint François de Sales, Vordre de la Visitation ( 1610); Clément XI l'a canonisée (1707).

CHANTELOU ( Cl. ), bénédictin de Saint-Maur ; Vion (Anjou) 1617-1664. — Il eut beaucoup de part aux quatre premiers volumes de lu Bibliotheca patrum ascetica, de Luc d'Achery ; la France bénédictine, in-f°.

CHANTELOUVE (F. Grossombre, de), poète bordelais du 16e siècle. — Tragédie de feu Gaspard de Coligni/, Lyon 1575; Tragédie de Pharaon , 1576, in-8°.

CHANTREAU (P.-N.), littérateur et grammairien; Paris 1741-1808. — Grammaire française (en espagnol); cet ouvrage, malgré ses défectuosités, fait encore autorité en Espagne ; Voyage en Angleterre ; Dictionnaire des mots introduits par la révolution ; Tables chronologiques, traduites de Rlair.

CIIVNUT (P.J, diplomate; Riom (Auvergne) 1CO0- 1662. Il fut conseiller d'état et a.nbassad. en Suède, et décida ia reine Christine a faire venir Descaries auprès d'elle. Après la mort de ce philosophe, il rappopta ses restes en France. — Mémoires et négociations (1645 à 1655) posthumes.

CIIAO-HAO, 4e empereur de la Chine , l'un des neuf qui régnèrent avant la lre dynastie. Il succéda à son père 2598 av.J.-C. , et ce fut sous son règne, suivant la tradition, que l'idolâtrie s'introduisit en Chine.

CHAO-HANG , 6e empereur de la lre dynastie ; n. 2118 av. J.-C. : il chassa du trône de son pèie l'usurpateur Han-Tsou, et m. 217SJ.

CHAO-YONG, philosophe et littérateur chinois ; m. 1077. — Il écrivit un ouvrage en 60 volumes sur le Trigramme de Fouhi.

CHAPE AU VILLE (J.), théologien, historien, Liège 1551-1617. — Historia sacra et profana,... in qua reperiuntur gesta pontificum Tungrensium et Romanorum , regumque Franciœ usque ad Ludovicum XII, 3 vol. in-4° ; c'est un recueil des historiens originaux de la ville de Liège.

CHAPELAIN (J.), poète français, membre de l'Acad. française, Paris 1595-1674. — La Pucelle, poème ridiculisé par Boileau, et dont quelques passages ne sont pourtant pas sans mérite ; Odes; Traduction de Guzman d'Alfarache ; Mélanges.

CHAPELAIN (C.-J.-R. le), jésuite, prédicateur de l'empereur d'Autriche, Rouen 1710-1779. — Oraisons funèbres.

CHAPELIER (Isaac-Ré.-Gu. le), célèbre député à l'Assemblée constituante ; Rennes 1754, m. sur l'échafaud 1794. On lui doit le plan d'organisation de la cour de cassation.

CHAPELLE ( Cl.-Emm. Luillier , dit), poêle français ; La Chapelle ( près Paris ) 1626-1686. Il s'est rendu célèbre par sa vie épicurienne. — Poésies ; Voyage avec Bachaumont.

CHAPERON (N.), peintre, graveur, élève de Vouet; Chàteaudun (Dunois) 1596-1647. — Gravures des Loges de Raphaël, en 52 planches; 2 portraits de Henri IV; Bacchanales, d'après ses compositions.

CHAPMAN (G.), poète dramatique anglais ; 1557- 1634. Il fut lié avec Shakspeare et Ben-Johnson. On lui doit 17 pièces dramatiques et une traduction en vers de l'Iliade et de l'Odyssée.

CHAPMAN (Fréd.-H. de), vice-amiral et ingénieur suédois ; m. 1808. — Traité d'architecture navale.

CHAPPE— D'AUTEROCHE (J.) , célèbre astronome, membre de l'Acad. des sciences, n. Mauriac (Auvergne) 1722. Il alla en Sibérie observer lé passage de Vénus sous le disque du soleil (1761) ; mais envoyé ensuite en Californie pour étudier le même phénomène , il y fut atteint d'une maladie endémique et m. 1769. — Relation d'un voyage en Sibérie, in-4°. = Son neveu Claude, inventeur du télégraphe; Biïilon (Maine) 1763-1806. On lui a contesté le mérite de l'invention ; mais il a eu da moins celui de la première exécution. =: Son frère, Ignace-Urbain , député à l'Assemblée législative, écrivain ; Rouen 1760-1828. — Histoire de la téle graphie, 2 vol. in-8°.

CHAPPELOU.

— CHARLES

CHAPPELOU (Léo.), théologien anglais, professeur d'arabe ; Cambridge 1683-1768. — Elemcnta linrjuie arabica.

CHAPPUIS (Cl.), poète français, garde de la bibliothèque de François 1er, chanoine de Rouen ; m. 1572. — Blason anatomique du corps féminin; Sacre et couronnement de Henri II. — Son neveu, Gabiuel, historiographe de France, secrétaire-interprète du roi ; Tours 1546-1611. — Primàlion de Grèce, Amadis de Gaule, le Chevalier de Séville , romans traduits de l'espagnol.

CHAPTAL (J. Ant.), comte de Chanteloup, savant chimiste , Nogaret (Gévaudan) 1756-1832. 11 fut directeur de la fabri4ue de poudre de Grenelle (1793) , professeur de chimie végétale à l'Ecole polytechnique, membre de l'Institut ( 1798], et ministre de l'intérieur ( 1800 ). On lui doit les plus heureuses applications de la science à l'industrie ; «ans avoir fait une seule découverte de premier ordre, il est un des hommes qui ont le plus contribué par leurs leçons et leurs écrits aux progrès de la Chimie. — Eléments de chimie, 3 vol. in-8° ; Chimie appliquée aux arts, 4 vol. in-8° ; Chimie appliquée à l'agriculture, 2 vol. in-8°.

CHARAS (Moïse), médecin-pharmacien, membre de l'Acad. des sciences , U*ès (Languedoc) 1618-1698. — Pharmacopée royale , in-4° ; Traité de la thériaque ; Expériences sur les vipères.

CHARBONNIÈRE (Al. de), littérateur et auteur dramatique; Auvergne 1778-1819. — L'Indécis, comédie.

CHARDIN ( F. ), célèbre voyageur ; Paris 1643 , Londres 1713. Il alla en Perse pour y faire le commerce des diamants, et fut à son retour nommé plénipotentiaire de Charles II en Hollande. — Voyage en Perse, fort estimé pour l'exactitude des faits. Langlès en a donné une bonne édition, 1811, 10 vol. in-8°.

CHARDIN (J.-B.-Sim.), peintre de genre; Paris 1699-1779. — Intérieur de cuisine; Comestibles.

CHARDON DE LA ROCHETTE ( Sim. ), savant helléniste et bibliographe ; Vivarais 1753-1814. — Mélanges de critique et de philologie ; Histoire de la vie et des ouvrages de La Fontaine.

CHARENTON (Jo.-N.J, jésuite, missionnaire en Perse, Blois 1649-1735.— Traduction de l'Histoire d'Espagne du P. Mariana, faite par ordre de Philippe V, .6 vol. in-4°.

CHARES, général athénien, commanda plusieurs expéditions contre les Argiens (367 av. J.-C), contre Alexandre tyran de Phères (359) , contre Philippe roi de Macédoine, et s'allia avec Artabaze révolté contre le roi de Perse ; son incapacité contribua à faire perdre la bataille de Chéronée.

CHARES, statuaire grec , natif de Lindes, éleva, 300 av. J.-C, le fameux colosse de Rhodes. Biaise de Vigenère est le premier qui ait prétendu que cette statue avait les jambes écartées de manière à laisser passer les vaisseaux sous elle, on a depuis fait justice de celte absurdité.

CHARETTE DE LA CONTRÏE ( F.-Athanase) , chef vendéen; Couffé (Bretagne) 1763-1796. Il se joignità Cathelineau ( 1793), assiégea Nantes et Luçon ; se sépara ensuite de l'armée royaliste, et surprit le camp républicain de Saint-Christophe (1794). Vaincu par Hoche (1796), il fut fait prisonnier et fusillé à Nantes. ^

CHARIDEME , capitaine grec du 3e siècle av. J.-C, servît successivement les Athéniens, les Macédoniens, les ^hraces, et fut mis à mort par Darius, pour avoir dit que les Perses ne pourraient résister aux armes d'Alexandre, 333 av. J.-C.

CHARILLUS, roi de Sparte, fils d'Eunome, neveu et pupille de Lycurgue. Il vainquit les Argiens, fut défait par les Tégéates, et m. 770 av. J.-C. Son fils Nicandre lui succéda.

CHARISIUS sosipater (Flavius), grammairien latin, préfet de Rome sous Honorius ; 4e siècle. — Traité de grammaire , publié par Fabricius, 1563.

CHARITON, romancier grec du Bas-Empire, n. Aphrodisie ( Carie). — Amours de Chœreas et Callirhoe, 1750, in-4°. Larcher en a publié une bonne traduction française.

CHAULES.

EMPEREURS D'ALLEMAGNE

CHARLES Ier, CHARLES II. Voyez les rois de France.

CHARLES III, dit te Gros, 3e fils de Louis-le- Germanique, roi de Souabe (876), d'Italie (879); couronné empereur à Rome (8S0) , il succéda (882) à son frère Louis, roi de Saxe; fut appelé (884) à la couronne de France après la mort de Carloman, et réunit ainsi tous les états de Charlemagne. Paris ayant été assiégé par les Normands (885), Charles vint au secours de cette ville ; mais au lieu de combattre, il conclut une paix honteuse (886). Il fut déposé (887) à la diète de Tribur, et son neveu Ar« noul lui succéda au royaume de Germanie. Il m. assassiné, dit-on, 888.

CHARLES IV , fils et successeur de Jean de Luxembourg, roi de Bohème , 1316-1379. Il fut élu roi de Bohème 1346 , et empereur d'Allemagne 1347 ; il publia la fameuse bulle d'or (1356J, se rendit odieux par sa condescendance pour le clergé, qu'il affranchit de toute autorité temporelle, et fonda les universités de Prague et de Vienne. Il laissa trois fils, dont deux, Venceslas et Sigismond, furent empereurs.

CHARLES V ou CHARLES— QUINT , empereur d'Allemagne et roi d'Espagne, fils aîné de Philippe d'Autriche et de Jeanne-la-Folle, n. Ganû 1500. Il prit le titre de roi d'Espagne (1516) à la mort de son aïeul maternel Ferdinand-le-Catholique , et fut élu empereur d'Allemagne (1519) à la mort de Maximilien son aïeul paternel. Il avait compté François Ier parmi ses compétiteurs ; de là entre ces deux princes une suite de longues guerres , dont les principaux événements seront mentionnés à l'article Françoi s 1er. Il présida ( 1520) la diète de Worms ( voy. Luther), fit commencer (15^1) les hostilités contre la France ; imposa ( 1526, traité de Madrid ) de dures conditions à François Ier, que la bataille de Pavie avait fait tomber entre ses mains ; repoussa avec dédain une provocation en combat singulier que lui avait faite ce prince, et signa avec lut la paix de Cambrai (1529). Il publia (1530) à la diète d'Augsbourg, contre les protestants, un édit qui devint le signal de la ligue de Smalkalde ; fit ensuite, avec quelque succès, la guerre aux Turcs ; commanda en personne (1535) une expédition contre Barberousse II (voy. ce nom ), et une autre, qui fut moins heureuse, contre le dey d'Alger ; il fit (1536) une invasion en Provence, fut repoussé, et une tentative semblable sur la Picardie n'eut pas plus de succès; enfin, il conclut (1538) une trêve de dix. ans. Il traversa l'année suivante la France du midi au nord, et fut reçu à Paris avec une grande magnificence. Il entreprit (1541) contre Alger une expédition où il perdit une partie de sa flotte et de son "armée. Il fit encore la guerre à la France ; mais son armée fut battue à Cérisoles, et les troubles excités en Allemagne par les progrès de la réforme l'engagèrent (1545) à conclure la paix de Crespy. Il put alors lutter avec succès contre la ligue de Smalkalde, qu'il parvint à détruire, et persécuta violemment les protestants ; mais ceux-ci trouvèrent un puissant auxiliaire dans le roi de France. Charles-Quint lui déclara la guerre, envahit la Lorraine et vint assiéger Metz. Il ne put s'en rendre maître, et une maladie contagieuse fit périr la plus grande partie de son armée. Enfin le chagrin qu'il éprouva de cet échec le décida à quitter les affaires; il résigna (1555) à Philippe II, son fils, ses états héréditaires, abdiqua l'année suivante, aussi en faveur de ce prince, la couronne d'Espagne, envoya aux électeurs une ambassade solennelle pour leur annoncer la détermination qu'il avait prise de renoncer à l'empire, et

CHARLES

se retira en Espagne au monastère de St-Jiist , où il mourut 1558 environ un mois après avoir fait célébrer ses funérailles.

CHARLES VI , 2e fils de Léopold Ier, 1685-1740. Il voulut (1703) faire valoir les prétentions de son père à la couronne d'Espagne; mais ne put conquérir cette couronne, qui resta au petit-fils de Louis XI V. Proclamé roi de Hongrie à la mort de Joseph Ier (1711), il renonça à l'Espagne par le traité de Rastadt (1714), fit la guerre aux Turcs, fut l'un des membres de la quadruple alliance formée contre Philippe V (1718) , et assura la couronne à sa fille Marie-Thén se par la pragmatique-sanction (1713).

CHARLES VII , fils et successeur de Maximilien, électeur de Bavière, 1697-1745. Il disputa le trône à Marie-Thérèse, se fit couronner empereur à Francfort (1742) . fut vaincu malgré les secours que lui envoya Louis XV, et ne put recouvrer que la Bohême (1744), où il régna tranquillement.

ROIS DE FRANCE

CHARLES-MARTEL, duc d'Austrasie , fils de Pépin-d'Héristal, 691-741. Il régna sous le titre de maire du palais, substitua Glotaire IV à Cbilpéric II , puis, à la mort du premier, remit Chilpéric sur le trône, battit les Saxons, les Frisons, les Allemands , les Bavarois ; défit, à la célèbre bataille de Poitiers, les Sarrasins, qui avaient envahi la France (732), et laissa le royaume à ses fils : Carloman, Griffon et Pépin-le-Bref.

CHARLES Ier , dit Charlemagne, le plus grand prince de la monarchie franque, 2e fils de Pépinle-B?ef, n. Saltzbourg (Bavière) 742. Il succéda à son p;re (768) avec son frère Carloman , soumit l'Aquitaine révoltée (769) , devint, par la mort de Carloman (771 , seul maître du trône, à l'exclusion de ses neveux ; commença (772) une longue suite de guerres sanglantes contre les Saxons, qui ne furent soumis qu'après une lutie de 31 ans (804). Il passa les Alpes (773), détruisit la domination lombarde en Italie ; puis il alla soumettre (778) la marche d'Espagne jusqu'à l'Ebre, et à son retour essuya un échec dans le défilé de Roncevaux; il fit (796) une glorieuse expédition contre les Avares ; fut, le jour de Noël 800 , proclamé a Rome empereur d'Occident par le pape Léon III ; partagea (806) son empire entre ses trois fils , et m. 814. Il eut pour successeur Louis-le-Débonmire. — Charlemagne a mérité le nom de Grand autant comme administrateur que comme conquérant. Il essaya , par de sages institutions , d'établir le pouvoir royal sur des bases solides, mais son œuvre périt avec lui. Restaurateur des lettres, il attira en France, par ses libéralités, les savants de toutes les parties de l'Europe, et fonda de nombreuses écoles. On lui doit de nombreux règlements nommés capitulaires , et il reste de lui des lettres , quelques écrits littéraires et philosophiques , et plusieurs pièces de vers latins, dont une a été publiée (1840; dans le premier volume de la Bibliothèque de l'école des Chartes. Ce prince , dont le nom est encore si populaire, a été le héros de la plupart des romans du moyen àgo qui forment ce qu'on appelle le cycle carlouingien. Il a été canonisé par l'antipape Pascal III, et est le patron de i'université de Paris.

CHARLES II , dit le Chauue, fils de Louis-le- Débonnaire; Francfort-sur-Mein 823-S77. Il devint roi de France (840) , s'unit à Louis-le-Germanique contre Lothaire , la vainquit à Fontenay, et eut la France dans le partage qui suivit la victoire ; il se fit couronner empereur par Jean VIII (875), et soutint plusieurs guerres contre les Normands , contre Pépin II, auquel il avait enlevé l'Aquitaine, et contre Carloman de Bavière. Louis II lui succéda. — Il a laissé des capitulaires.

CHARLES-LE-GROS. Voy. Charles III , empereur d'Allemagne.

CHARLES III, dit le Simple, fils posthume de Louis-le-Bègue, 879-929. Elu roi (893), il partagea

le trône avec Eudes , abandonna la Neustrie aux

Normands, défit les seigneurs révoltés, et, vaincu par Hugues-le-Grand, se réfugia auprès d'Herbert, comte de Vermandois, qui le retint prisonnier au château de Péronne, où il m. Il laissa un fils, Louis d' Outremer.

CHARLES IV, dit le Bd, 3e fils de Philippe-le- Bel, u. 1294. Il fut d'abord comte de la Marche, et succéda (1322) à son frère Philippe V dans les royaumes de France et de Navarre. Il rendit diverses ordonnances en faveur des lépreux et des juifs, enleva (1324) l'Agénois à l'Angleterre, fit, la même année, plusieurs tentatives pour se faire élire empereur d'Allemagne , conclut la paix avec l'Angleterre (1327|, et m. le 31 janvier 1328. Il eut pour successeur Philippe de Valois.

CHARLES V, dit le Sage, fils aîné du roi Jean , 1337-1380. D'abord régent pendant la captivité de son père, puis roi de France (1364), il fit la guerre à Edouard III et à Pierre-le-Cruel , aidé de Clisson, de Duguesclin et de Boucicaut ; il se concilia l'amitié de la noblesse bretonne ; réunit à la couronne le Poitou, la Saintonge , le Rouergue , une partie du Limousin, le Ponthieu et la Guienne ; fixa la majorité des rois à 14 ans : il fit construire la Bastille.

CHARLES VI, dit le Bien- Aimé et l'Insensé, fils de Charles V ; n. 1368 : succéda (1380) à son père, sous la tutelle de ses oncles les ducs d'Anjou, de Bourgogne et de Berri , dont les querelles et les vexations remplirent la France de troubles , et amenèrent (1382) le soulèvement des maillotins à Paris et la révolte des Rouennais. Il marcha la même année contre les Flamands et gagna la bataille de Rosebecque ; conclut iT384)une trêve avec l'Angleterre, épousa (1385) Isabeau de Bavière, fit (1386) d'immenses et inutiles prépara tifs pour une descente en Angleterre ; exécuta (1388) une expédition désastreuse contre le duc de Gueldre ; tomba en démence (1392) au moment où il marchait contre le duc de Bretagne, et ne recouvra plus sa raison qu'à de rares intervalles. Alors commencèrent les querelles sanglantes des maisons d'Orléans et de Bourgogne ; et les hostilités ayant (1404) été renouvelées avec l'Angleterre, la France fut en proie aux plus horribles calamités: après la défaite d'Azincourt (1415), elle se vit réduite aux dernières extrémités. Henri V, roi d'Angleterre, ayant épousé Catherine, fille de Charles VI (142Ô), conclut le traité de Troyes, qui lui assurait la régence pendant la vie de son beau-père, et la couronne de France après la mort de ce dernier. Henri V, maître de Paris, défit en plusieurs rencontres les partisans du dauphin Charles, s'empara de la Normandie (1421), deMeaux (1422); mais la mort l'arrêta (1422). Charles VI le suivit au tombeau le 21 octobre de la même année.

CHARLES VII, dit le Victorieux ou le Bien-Servi, fils et successeur du précédent; n. 1403. Il prit le titre de dauphin ( 1417 ) après la mort de se deux frères aînés , et ne fut d'abord qu'un instrument entre les mains des Armagnacs; il eut à Monteieau, avec le duc de Bourgogne, Jean -sans-Peur, une entrevue où ce dernier fut assassiné (I4l9i ; refusa de reconnaître le traité de Troyes ; fut, après la mort de son père, proclamé roi à Espally ( 1422): jusqu'à l'apparition de Jeanne d'Arc (1429), il n'éprouva que des revers occasionnés en grande partie par les dissensions qui déchiraient la cour; mais alors tout changea : après que Jeanne eut forcé les Anglais à lever le siège d'Orléans, Charles VII fut sacré i Reims ; il conclut (1431 ) une trêve, avec le duc de Bourgogne ; entra (1437) à Paris, qui avait fait sa soumission l'année précédente; rendit ( 1438) l'ordonnance royale dite pragmatique-sanction, réprima les brigandages des écoroheurs, et, malgré les révoltes de son fils et de plusieurs seigneurs de la cour, chassa les Anglais de toutes les provinces qu'ils occupaient •n France, et opéra d'utiles réformes ; il m. le 22

CHARLES

juillet 14G1, laissant le trône àson fils Louis XI. L'irrésolution et la mollesse de Charles VII causèrent la plupart des malheurs de son règne ; sa maîtresse, la belle Agnès Sorel , exerça cependant sur lui une heureuse influence.

CHARLES VIII, dit l'Affable, fils de Louis XI ; 1470-1498. Il succéda à son père (1482) tous la tutelle d'Anne de Beaujeu , sa sœur ; réunit la Bretagne à la France en épousant Anne, héritière de cette province ; fit, en quelques mois, la conquête du royaume de Naples (1494) , qu'il ne put conserver ; gagna, en se retirant, la bataille de Fornoue (1495), et laissa la couronne à son cousin Louis XII.

CHARLES IX, fils de Henri II et de Catherine de Médicis, n. 1550. Il succéda (1560) à son frère François II sous la tutelle de sa mère. Son règne fut signalé par les étals-généraux d'Orléans (1560), le colloque de Poissy (1562), et les guerres civiles entre les catholiques et les protestants. Ceux-ci , après quelques succès, furent battus à Dreux (1562); ils obtinrent ( 1563) un édit de pacification, reprirent les armes, perdirent les batailles de St-Denis (1567), de Jarnac et de Moncontour (1569) , et conclurent (1570) la paix de St-Germain, qui ne tarda pas à être suivie des massacres de la St-Barthélemy (1572). Charles IX , dévoré de remords et consumé par une maladie, fruit de ses débauches, m. 1574. Il eut pour successeur son frère Henri III. — On a de lui quelques vers pleins de grâce et de simplicité.

CHARLES. (Vov. Bourbon.)

CHARLES X, 4e fils du dauphin fils de Louis XV; n. Versailles 1757. Il porta avant sou avènement au trône le titre de comte d'Artois; épousa (1773) Marie-Thérèse de Savoie, dont il eut deux fils : le duc d'Angouléme et le duc de Berri. Ses nombreuses galanteries , qui compromirent jusqu'à sa belle-sœur, Marie- Antoinette ; ses folles prodigalités, qui l'endettèrent de 14 millions; ses opinions antilibérales , et sa conduite équivoque au siège de Gibraltar (1782), lui attirèrent de bonne heure une grande impopularité. Il émigra peu de jours après la prise de la Bastille (1789), assista à la célèbre conférence de Pilnitz (1791), fut (l« janvier 1792) décrété d'accusation par l'Assemblée législative , servit quelque temps dans L'armée prussienne qui avait envahi la France, reçut, après la mort du dauphin , fils de Louis XVI, son frère ( depuis Louis XVIII), le titre de lieutenant - général du royaume, se rendit en Russie, puis tenta (1795) une expédition en Vendée ; mais il n'osa débarquer : aussi Charette, avant de mourir, écrivit-il à Louis XVIII : « La lâcheté de votre frère a tout » perdu. » Depuis cette époque le comte d'Artois vécut en Angleterre ou en Ecosse. Il revint en France à la suite des alliés (1814), fit son entrée à Paris (12 avril), fut nommé, par le séuat, gouverneur provisoire de la France, signa (23 avril) une convention par laquelle il livrait aux ennemis cinquantetrois places fortes encore occupées par nos troupes, douze mille bouches à feu, trente et un vaisseaux de ligue et douze frégates. Après les Cent-Jours , tout en paraissant se livrer uniquement à la chasse et à la pratique des exercices religieux, il fut le chef du parti ultra-royaliste qui lit commettre tant de fautes au gouvernement. Enfin il succéda ( 1824 ) à Louis >tYIII, et fut sacré à Reims (29 mai 1825). La loi d'indemnité pour les émigrés (1825), la loi du sacrilège, celle du droit d'aînesse, qui fut rejetée par la chambre des pairs ; la présentation et le retrait de la loi dite d'amour sur la presse ( 1820-1827 ), le licenciement de la garde nationale de Paris, la bataille de Navarin (1827), l'avènement du ministère -Marlignac (1828), remplacé (1829) par le ministère Polignac; la prise d'Alger (6 juillet 1830) et enfin les célèbres ordonnances ( 25 juillet ) qui dissolvaient les chambres, convoquaient les collèges électoraux en changeant le mt de d'élection et suspendaient la liberté de la

presse, furent les principaux événements de son règne. La révolution de juillet le renversa du trône, et ce fut en vain qu'il abdiqua en faveur de son petit-fils le duc de Bordeaux. Après s'être retiré d'abord en Ecosse, il alla mourir à Goritz 1836.

ROIS D'ANGLETERRE

CHARLES Ier ( Stuart) , fils de Jacques Ier; n. Dumferling (Ecosse ) 1600. Il monta sur le trône ( 1625) et tenta contre la France et l'Espagne des expédit ions qui n'eurent point de succès ; voulut imposer à ses sujets une nouvelle liturgie et se rendre absolu , et convoqua, à l'occasion de la révolte covenanlaire, le long-parlement (1641) qui, au lieu de le soutenir, leva contre lui une année. La bataille indécise de Kingston (1642) ; les victoires du prince Robert, neveu du roi, sur les parlementaires à Newbury (1643) et à Newark; sa défaite à Marston-Moor (1644) , et enfin l'échec décisif qu'il éprouva à Naseby (1646), furent les principaux événements de cette lutte. Livré par les Ecossais, chez lesquels il s'était réfugié (1647 j, Charles fut condamné à mort par le parlement et eut la tête tranchée le 9 février 1649. Il laissa d'Henriette de France, fille de Henri IV, deux fils, Charles II et Jacques II.

CHARLES II, fils du précédent, n. 1630, était à La Haye au moment du supplice de son père. Il prit alors le titre de roi, se rendit (1650) en Ecosse, parvint à y lever une armée ; fut battu à Worcester par Cromwell (1651), et put à grand'peine se retirer en France. Après la mort du Protecteur, il remonta sur le trône ( 1660) et signala son retour par de sanglantes réactions; il fonda la même année la Société royale de Londres, donna (1662) son consentement à l'acte d'uniformité dressé par le parlement, vendit Dunkerque à Louis XIV; déclara (1664) la guerre aux Etats-Généraux, guerre qui fut signalée par la bataille navale du 1er au 4 juin 1066 où les Hollandais eurent l'avantage. Il conclut (1668) une alliance avec la Hollande et la Suède pour arrêter les succès de la France contre l'Espagne; publia (1072) un édit pour la liberté de conscience, et, de concert avec Louis XIV, déclara de nouveau la guerre aux Etats-Généraux ; il conclut la paix (1674); cassa ( 1679) le parlement qui subsistait depuis 18 ans. La nouvelle chambre des communes vota le fameux bill Habeas corpus. Charles , dont le règne avait été ensanglanté par de nombreux supplices et qui avait toujours mené une vie fort débauchée, m. 1685. Son frère Jacques II lui succéda.

ROIS D'ESPAGNE

CHARLES Ier. Voy. Charles V, empereur d'Aliemagne.

CHARLES II, roi d'Espagne et de Naples, fils de Philippe IV ; n. 1661 : fut proclamé roi (1665), entra dans la coalition formée contre Louis XIV, se laissa enlever par ce prince la Franche-Comté et plusieurs provinces des Pays-Bas (1678), et finit par léguer sa couronne au petit-fils du roi de France, à Philippe, duc d'Anjou. Il m. 1700. En lui finit la branche aîirée de la maison d'Autriche, qui régnait en Espagne depuis deux siècles.

CHARLES III, fils de Philippe V; n. 1716 : fut proclamé roi de Toscane (1731), puis roi de Naples sons le nom de Charles VI ; il battit les Autrichiens à l'arme, s'empara de la Sicile et contribua à la défaite des Impériaux en Italie. Proclamé roi d'Espagne (1759), à la mort de son frère Ferdinand VI, il laissa la couronne de Naples à son 3e fils, Ferdinand ; conclut avec Louis XV le Pacte de famille (I7(il), et se joignit à la France dans les guerres qu'elle eut à soutenir contre l'Angleterre ( 1762 à 1708). Il eut pour ministres d'Aranda , Florida- Bianca et Campomanès, et m. 1788.

CHARLES IV, n. 1788, fils et successeur du précédent (1788), déclara la guerre à la France (1793) après la mort de Louis XVI ; mais il fut bientôt obligé de faire la paix, et conclut avec la républl-

CHARLES

que (Bâle 1795) un traité d'alliance offensive et dé fensive. Ennemi dès lors des Anglais, il joignit ses flottes à celles de la France; et ie désastre de Tiafalgar le frappa aussi bien que les Français. Il abdiqua (1808) en faveur de son fils Ferdinand; puis, retire à Valençay (Provence), il annula cette abdication et en fit une nouvelle eu faveur de Joseph Bonaparte» Il ni. Home 1819.

ROIS DE NAVARRE

CHARLES let. Voy. Chaules IV, roi de Fiance.

CHARLES II, dit le Mauvais, n. 1332, lils de Jeanne de France et de Philippe III, monta sur le trône (1350). Pendant la captivité du roi Jean , il s'allia aux Anglais contre le dauphin (Charles V), combattit successivement Pierre-le-Cruel et Henri de Transtamare, fut dépouillé d'une partie de ses états , et m. 1387*

CHARLES III, dit le Noble, fils et successeur (1387) du précédent, renonça aux prétentions de son père sur plusieurs provinces de France (1404); il m. 1425.

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