‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 1 sur 97 · CHEZ MADAME C. DESPLACES · texte numérisé non relu

CHEZ MADAME C. DESPLACES

ÉDITE l 'Il PROPRIETAIRE |>E LA DEUXIEME ÉDITION DE LA BIOC.HAPHIE UNIVERSELLE .

CT CMl /. ». MICUAUD, III I. DE I » PLAINE , 1*2. UX IERNI.n

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BRUN (Rodolphe), premier bourgmestre de Zurich, né vers la lin du 12* siècle, d'une famille riche et ancienne de cette ville, fut l'auteur d'une révolution qui en changea la constitution. L'Kmpirc germanique était tombé dans uue espèce d'anarchie; plusieurs princes s'en disputaient la couronne, et ces divisions avaient inspiré aux liourgcois des villes le courage nécessaire pour s'affranchir du joug des souverains cl de la noblesse. L'administration de Zurich se trouvait en grande partie entre les mains d'un conseil choisi par la bourgeoisie, mais concentré depuis des siècles dans les anciennes familles. Le peuple, enrichi par son industrie, devenait peu à peu moins soumis à ses magistrats, et les accusait d'arrogance et de dilapidations. Brun, peu content du crédit et de l'influence que sa place au conseil lui donnait, accueillait et encourageait les mécontents; une insurrection éclata, et on demanda aux magistrats compte de leur conduite. Ceux-ci ne montrèrent ni union ni fermeté ; plusieurs s'enfuirent consternés; le gouvernement fut dissous. L'assemblée générale conlia une espèce de dictature à Rodolphe tiruu, et, sur sa proj>osition, elle adopta en 1350 une forme de gouvernement nouvelle, dont la partie la plus essentielle a subsisté jusqu'en 1708, et qui lit passer le principal pouvoir de l'ancien conseil, où les nobles dominaient, à ces communautés d'artisans auxquelles la pros|)érité de leur profession particulière parait tuujuurs la mesure de la prospérité générale. La constitution de brun établit les tribus, dont la première était formée par les nobles et ceux qui vivaient sans métier; les gens de métier se trouvaient distribués dans les douze autres. Chacune avait son président ou tribun, élu pour six mois, par la tribu, dans son sein. Le conseil de la ville était composé de ces tribuns, des conseillers tirés de la tribu des nobles, et du bourgmestre, place qui avait été conférée pour la vie a Rodolphe Brun. L'empereur Louis de Bavière, qu'il avait prévenu contre les magistrats déposés, le confirma dans sa nouvelle autorité. Ceux-ci trouvèrent un protecteur dans la personne du comte Jean de Habsbourg, seigneur de Rapcrschwyl, qui combattait pour eux. Brun triompha de leurs efTorU, et montra dès lors plus de rigueur contre ses adversaires ; on confisqua les biens des fugitifs, et on fit périr ceux qui étaient restés. Le ressentiment des familles abaissées

augmenta en proportion, et, dans la quatorzième année de l'administration du bourgmestre (en 13S0), un complot fut formé contre ses jours : les grands seigneurs du voisinage y entrèrent, et le jour fut lixé pour l'exécution. Une imprudence le fit découvrir. Le bourgmestre lit |iérir sur la roue et sur l'échafaud trente-sept des conjurés ; il alla ensuite asrsiéger, brûler et détruire la ville de Rapcrschwyl, dont les habitants avaient pris parti pour leur seigneur. Sa cruauté ne |>ouvait que lui attirer de nouveaux ennemis. Menacé île la vengeance des ducs d'Autriche, dont les comtes de Habsbourg, seigneurs de Haper.-chwyl, étaient les parents et les vassaux, il se vil dans la nécessité de demander aux quatre cantons confédérés leurs secours, cl de rechercher leur alliance. Kl le offrait de grands avantages aux uns et aux autres, et l'accession de Zurich à la confédération naissante, si faible encore, ne pouvait qu'augmenter sa force, et consolider son existence. L'alliance fut consommée et jurée à Zurich : elle s'étendit |>eu après sur Glaris et Zug. Le duc Albert d'Autriche faisait la guerre à la confédération, combattant pour ses droits lésés ; l'Empereur le soutenait ; ses ambassadeurs avaient su gagner le bourgmestre «le Zurich, qui . moyennant une pension qu'on lui assurait, et une somme d'argent qu'on lui paya, souscrivit des engagements plus qu'équivoques, cl que les confédérés trouvèrent contraires au serment que Zurich leur avait prêté. Le duc Albert mourut sur ces entrefaites, et Rodolphe Brun ne lui survécut que peu de temps. 11 mourut le 18 octobre t 360. Sa veuve et ses fils furent bannis plusieurs années après, comme auteurs et complices d'assassinats et de meurtres. Sa famille n'existe plus depuis longtemps. Jean de Mullcr, dans son Histoire det Suista (t. 2), a développé d'une manière très-intéressante le caractère révolutionnaire et violent de Rodolphe Brun. U— i.

BRDN, ou BRU EN (Antoine), d'une ancienne famille de Franche-Comté, naquit à Dôlc, en 1600. 11 fit ses études à l'université de celte ville, où il se distingua par une grande application et une rare facilité. Il avait à peine dix-huit ans, qu'il s'était déjà fait connaître par quelques pièces de vers. Lorsqu'il eut achevé son cours de droit, il embrassa la professiou d'avocat, où il acquit une grande réputation. En KR2. il fut nommé procureur général

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au parlement de D'île, et, en cette qualité, il se trouva membre ci:t conseil chargé de la défense de cette ville. (Voy. Dotvin.) I«c compte avantageux qu'on rendit de Drun a la cour d'Lspagne détermina le roi à l'envoyer aux diètes de VVorms et de Ratisbonnc, et à le nommer enfin son plénipotentiaire au congrès de Munster, en 1645. Il se conduisit dans cette place Importante avec beaucoup d'habileté, et eut seul le mérite de cette négociation, dont le résultat fut la paix entre l'Espagne et la Hollande. Rnin fut alors envoyé en Hollande avec letitrc d'ambassadeur; en même temps il fut créé baron et conseiller d'État au conseil suprême de Flandre à Madrid. L'estime qu'on avait pour brun en Hollande s'accrut encore quand il fut mieux coi, un. Il ne s'y traitait rien sans qu'il fiU consulté, cl la confiance qu'on avait dans ses lumières et dans sa droiture était telle, que souvent même on s'en rapportait entièrement a sa décision sur des points contestés. Il mourut à la Haye, le 11 janvier 1651, dans un âge peu avancé. Quelques écrivains fiançais, rivaux ou ennemis de Brun, ont parlé de lui d'une manière peu avantageuse; maison prendra de ses talents et de ses qualités personnelles une opinion plus favorable et plus juste, si l'on s'en rapporte à ce qu'en disent NVicquefort, dans son Traité de Vambassadeur et de ses fonctions, et le P. Bougeant, dans son Histoire du traité de Wcstphalie, deux auteurs dont le témoignage ne saurait être suspect. Balzac nommait Brun le Démoslhène de Dôle. Faret et Théophile lui ont donné aussi de grands éloges. On a de brun les ouvrages suivants : 1° Choix des Epilres de Juste-Lipse, traduites du latin en français, Lyon, 1619, in-8". L'abbé Joly, dans ses Remarqua sur te Dictionnaire de Bayle, en cite une 2* édition de Lyon, 1024, in- 8°, et Moréri, une 5e de Lyon, 1650, in-8" ; mais ces prétendues éditions de 1624 et de 165» ne diffèrent de la première que par le frontispice. 2" Les Pieux Deroirs du sieur Brun à ta glorieuse mémoire de Philippe III, monarque des Espagnes, et d'Albert, archiduc (t Autriche, duc et comte de Bourgogne, Besançon, Moingessc, 1621, in-V. Cet ouvrage a été attribué, par erreur, à Jean-Laurent Brun, frère «l'Antoine Brun, doyen du chapitre de Poligny, 5- lltbliothera GtdloSuecica ; Erasmus îrenicus collegil, V lopin (Paria), 1642, in-4°; nouvelle édition, in-4». Cet ouvrage, très -rare est attribué par les un9 à Isaac Wolmar, et par d'antres, à Antoine Brun. Le cardinal Mazarin en regardait Bran comme l'auteur, et son opinion est ici d'un grand poids. C'est un catalogue de livres supposés contre la France; il fut supprimé par arrêt du parlement de Paris, et l'imprimeur condamné au fouet. 1» Arnicacritica Monilio al Galliœ legatos , monasterium IVfttphalurum pacis tractandw (itulo missos, nuct. Adolph. Sprcngero, Francfort, 1614, in-4". Matthieu de Morgues, sieur de St-Gcrmain, répondit à m ouvrage, brun lui répliqua \m- les suivants : ?»• Spongia Franeo-Gailica>[,!urwa Withelmo Rodnlpho Gembcrlakhio, npud Tribores consulc, Inspruck, 1646, in- l«. 6» Oratio libéra Wolfgangi Ernetti a

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Papenhauzen, liberi baronis, in -4°. Matthieu de Morgues fit une nouvelle réponse à ces deux ouvrages, plus violente que la première. Darbier attribue à Ant. Brun : Poliliseimvu Galtieus , mu FœJus triplex Gallo-Turcicum, Gallo-Hollandicum, Gallo- Suecicum, Cosmopoli, 1616, in-4°. 11 a encore publié : 7° Pierre de touche des véritables intérêts des Provinces- Unies du Pays-Bas, et des intentions des deux couronnes (de France et d'Espagne) sur le traité de paix, 1650, in-8" ; réimprimée plusieurs fois in-8" et in-l0. 8* Lettre d'Ant. Brun, ambassadeur pour S. M. C. en Hollande, sur l'innocence de MM. les princes, du I!) août 1650, in-l". Dans sa jeunesse, Brun avait composé des vers français. On en trouve quelque*-uns dans les Délices delà poésie françoise. 1620, in-8°. On lui attribue aussi des chansons, imprimées a Nuremberg. \V — s.

BRL'N (Antoine), Espagnol, a fait imprimer a Saragosse, en 1612, Arle para aprender a escririr. — Jérôme Biti jf, aussi Espagnol, a donné une histoire du siège de Paris en 1590, sous ce titre ; la mas noble Cerco de Paris que hiso cl duque de Nemurs gobernador de los cercados; el secorro que rmbio' cl rey D. l-rlipr con los duques de Parma y Ifumena, Saragosse, chez Jean Escatrilla, 1591, ln-8°. Dans la Bibliothèque historique de la France, il n'est fait aucune mention de cet ouvrage, que Nicolas Antonio dit au reste n'être qu'un extrait des relations françaises. A. B— T.

BRI N (M AME-MARGl'ERrTE TE MAISON-FORTE,

plus connue sous le nom de madame), naquit à Coligny, le 25 juin 1715. Elle unissait, à la beauté et aux grâces extérieures, un esprit vif et agréable, des connaissances variées et une mémoire étonnante. Elle épousa, en 1730, M. Brun, subdélégué de Besancon, cl ensuite procureur du roi du bureau des finances de Franche-Comté. Sa maison devint le rendez-vous de mutes les personnes de la province distinguées par leur naissance, par leur esprit, ou seulement par leur gortt pour la littérature. Elle est morte à Besancon, au mois de juillet 1791, dans sa 81* année. On a «le cette dame les ouvrages suivnnts : ia Essai d'un Dictionnaire comtois-français, Besançon, 1755, in-8»; 2' édition, augmentée, 1753, in-8°. Petit-Benoisl a eu part a cet ouvrage utile, mais superficiel et incomplet. 2' L'Amour maternel, poème qui a obtenu une mention au concours, pour le prix de l'Académie française, en 1775, Besançon, 1773, in-4°. 3' L'Amour des Français pour leur roi, poème, Besançon, 1771, in-4*. Madame Brun avait composé un grand nombre de poésies fugitives, que sa modestie 'ne lui a jamais permis de faire imprimer, W— s.

BRUN (t.E). Foy. Lerri'A-.

BRUN (Je\n Bvptiste), ancien oratorlen, fondateur de l'Athénée de Paris, mort dans cette ville an commencement de mars 1823, a publié : 1* Leçons de Géographie ancienne el moderne , par demandes et pur répontes, Genève, 1787, in-8° ; 2° Mémoire sur cette question proposée par l'Institut national : l'émulation est-elle un bon moyen d'éducationt tarit, 1801, in-8\ L'auteur considère l'émulation

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comme un moyeu funeste, et s'efforce d'indiquer comment on peut filtre pour la remplacer. 3* Leçons idéologiques pour apprendre à la jeunette à contracter de* habituée» sociales et det habitudes morales, Paris, 1822, in-12. J.-B. Brun avait été nommé professeur du lycée de Liégo en l su t. Z— o.

BMjN (Joseph-Akdhb, l'abbé), né en Provence, de la congrégation de l'Oratoire, publia, de 178.1 i 1T90, plusieurs brochures politiques indiquant qu'il avait embrassé avec exaltation les idées qui •menèrent la révolution. Son premier ouvrage avait pour titre : le Triomphe du nouveau monde : Réponses académiques formant un nouveau système de confédération fondé sur les besoins actuels des nations chrétiennes commerçantes , etc. , et

nuapie a leurs un crie» /ormes un gouiemement, dédié aux «ourcrairi* , aux académies, à tous les gens de bien, par l'Ami du corps social, 2 vol. in-8", ayant pour épigraphe ces paroles du psaume 84 : Justifia et pax osculatm eunt. Ou peut croire que ce fut le prix proposé par l'abbé Raynal au jugement de l'académie de Lyon : .Si ta découverte de V Amérique a été util» ou nuisible au genre humain, qui avait donné a l'allbé Brun la première idée de son ïriomphe. Il no voit, dans la découverte du nouveau monde, que le bonheur de l'aneicn. L'esprit de commerce substitué à l'esprit du conquête, cet esprit de commerce devenu l'ame de la politique moderne, l'Amérique septentrionale tendant les bras et ouvrant un vaste territoire aux malheureux Européens, les souverains forcés par la crainte de la dépopulation de leurs Etats respectifs à consentir à une paix générale, pour assurer leur bonheur et celui de leurs sujets : tels sont les grands avantages qui déterminent l'abbé Brun à regarder la découverte du nouveau monde comme un germe de félicité universelle. Pour extirper l'irréligion, il propose de réunir tous les chrétiens dans une seule communion, et, pour exécuter ce pmjet, il ne demande que le secours d'un concile ircuménique. L'auteur va jusqu'à dresser lui-même la bulle que le pape doit adresser à tous les souverains pour la convocation de ce concile. Le saint Père y déclare modestement a qu'il ne prétend pas a faire tomber d'accord les différentes sectes qu'il a invite a un concile sur tous les articles de sa « croyance, que l'on se bornera simplement à con-

■ venir des points les plus essentiels, et que toutes

■ les décisions seront appuyées sur l'Ancien Testait ment et sur les lumières de la raison. » L'abbé Brun fait ensuite tous les règlements, tous les décrets que le concile doit sanctionner : il permet la communion sous les deux espèces; il veut que l'ofïicc divin se fasse en langue vulgaire, et, tout en admettant les vœux monastiques, il admet le mariage des prêtres. De tels principes religieux le lirait renvoyer de la congrégation de l'Oratoire. Il voulut résister aux ordres du supérieur géuéral, le P. Moisset, et rester malgré lui dans une des maisons de l'Oratoire, voisine de Paris. Le supérieur s'y rendit, et pendant l'absence de l'abbé Brun, il fil ouvrir sa ebambre par un serrurier et transporter tous ses effet* dans le logement du portier de la maison.

L'abbé Brun, à sou retour, prétendit que dans ce déplacement peu légal on lui avait pris 17,000 Ht. de billets de caisse, et il voulut en rendre responsable le P. Moissct ; mais sa réclamation n'étant pas appuyée de preuves qui établissent qu'il avait eu cette somme en son pouvoir, les tribunaux le déboulèrent de sa demande. Les mémoires auxquels cette contestation donna lieu firent connaître /* Ïriomphe du nouveau monde, qui, depuis dix-huit mois qui s'étaient (tassés depuis sou apimrition, était demeuré enseveli dans la plus profonde obscurité. Le gouvernement sus|)eudit par un arrêt du conseil le privilège accordé à un livre, où, entre autres folies, l'auteur osait avancer que l'incendiaire, l'empoisonneur, le parricide, le régicide même, ne doivent être punis que d'une prison perpétuelle, et tous les autres crimes traités comme des maladies plus ou moins opiniâtres. Ce qu'il y a de plus curieux, c'est que le censeur royal, Bobert de Yaugondy, avait accompagné son approbation d'éloges tellement emphatiques, que l'imagination en est confondue. En voici les propres termes : « Sublimité d'i- « dées, noblesse de sentiments, pureté de langage, « clarté, énergie de style, justesse de raisonnement, o sagesse de principes, objets majestueux, vues proo fondes, tout m'a paru concourir à lui assurer non- « seulement un accueil favorable, mais même une « place distinguée parmi le petit nombre d'ouvrages a dignes de passer à la postérité. » Tout porte à croire que Vaugondy avait signé, sans avoir lu l'ouvrage, cette approbation que l'auteur avait faite luimême. Uuant aux autres écrits de l'abbé Brun, ils sont aussi complètement oubliés (pie le Triomphe du nouveau monde. D'ailleurs, aucune particularité ne se rattachant à leur publication, nous nous contenterons d'en indiquer les titres, qui prouvent (pie l'auteur, dans sa présomption, se croyait appelé a résoudre du premier hond les plus hautes questions politiques à l'ordre du jour : 1° Aoureau Plan de législation financière relatif aux circonstances présentes, Paris, 1786, in-8°; 2° Lettres sur le ministère de IS'ecker concernant les emprunts, 1rs impôts, le crédit public, le cours de l'intérêt et l'extinction de la dette publique, 1788, in-8»; 3» Aux Notables assemblés, 1788, in-8°; A" la France régénérée, Paris, 1788, in-8"; 5" le Nceud gordien sur les états généraux... (sans date) ; 6° le Point de ralliement des citoyens français sur les bases d'une constitution et sur les pouvoirs des députés, 1789, in-8°; 7° Question décisive mise à la portée de tout le monde. Dépend-il encore des députés aux étals généraux de décider si on y opinera par It'te ou par ordre?... (sans date), in-8°; 8° llèponse laconique aux observations sommaires sur les biens ecclésiastiques, 1790, in-8" ; 9» Motion d'un campagnard sur la déclaration des droits, Paris, 1790, in-8c ; 10° Doutes sur les principes du jour concernant urle constitution nationale, Paris, 17'JO, in-89; 1 1* Lettre au président de l'assemblée nationale sur les avantages à retirer d'un premier décret concernant 1rs municipalités et les districts, 1790, in-8°; 12» le Coup foudroyant, ou le Fisc anéanti, la Dette et

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l'Impôt organisii, let Droit» féodaux rachelablet rarhetét, le» Accapareurs d'argent confondu», Paris, 1791, iu-8° ; 15° Kclaircistement décisif tur la quetliun des jurés, Paris, 1791, in-8°; 14° Coup dœil tur te» lois à former par la convention nationale, Paris, an 3 (179.%i), in-8"; 15° la Science de l'organisation tociale démontrée dans tes premiers élément», ou nouvelle Méthode d'étudier l'hittoire, let voyaget, l'économie politique, la morale, le droit de» nations, etc., Paris, Cerioux, an 7 (1799), 1 vol. in-8°. Si l'on en croit l'auteur, l'économie politique n'est démontrée dans aucun des ouvrages de Rolliu, Millot, Laurent Écliard, Hardouin, Dossuct, Goguct, Neckcr, Smith, Pluquet, Coudillac, Mably, Lenglcl Dufresnoy, Helvélius, Mirabeau, Montesquieu, Rousseau, d'Alembert, Condorcct, etc. Il se Halle de suppléer ù l'insuffisance de lous ces auleun. On voit que l'âge n'avait pas mûri la tète, ni diminué la présomption d'André Brun. Depuis cette dernière publication il rentra dans une profonde obscurité, et il nous a été impossible de trouver l'époque de sa mort. D — h — h.

BROS (JoiiAiv-NoiinAHL), pot'le et prédicateur norwegien, naquit en 1746, et mourut en 1810, à Bergen, dont il était évéque. Doué d'une imagination vive, passionné |M>ur la littérature française du 18e siècle, Brun eut l'idée, dans sa jeunesse, de trans|<orter les beautés de Racine sur le théâtre de sa patrie, et composa, dans cette vue, deux tragédies intitulées, l'une Zarine et l'autre Linar. Le succès qu'elles obtinrent ne s'est |>as soutenu, malgré tout l'effet de situations vraiment théâtrales et la magie d'un style harmonieux et pittoresque. Dégoûté de la scène. Brun publia, en 4790, un poème intitulé Jonathan, dont le sujcl est tiré de l'Écriture sainte. On y remarque un grand nombre de beautés de détails, et quelques descriptions agréables; mais il pèche sous le rapport de l'ensemble , et il s'y trouve des longueurs qui fatiguent et qui devaient l'cnipécher de survivre à son auteur. On a également oublié beaucoup de brochures en vers et en prose sorties de la plume de ce fécond écrivain ; cc|iendant quelques-unes, notamment ses hymnes patriotiques pleius de verve et d'énergie, sont restés au nombre des meilleures productions dont s'Itonore la Norwége. Mais c'est surtout comme orateur sacré que Rrun a des droits au souvenir de la postérité. Peu d'hommes ont réuni comme lui au talent de (oindre les scènes touchantes de la nature la grâce d'une éloculiou facile, animée, et cette élégance qui donne tant d'expression aux paroles. L'extérieur iuq>osanl de l'évéque de Bergen , sa ligure noble cl sa voix harmonieuse doublaient l'iiitérèt de ses exhortations : l'auditoire nombreux qui se pressait autour de sa chaire ne la quittait jamais sans être profondément ému. On lui reproche néanmoins une érudition affectée cl des tournures prétentieuses. ( Voy. dans la Revue encyclopédique, t. 18, ann. 1825, une notice sur Brun par M. Heiberg.) B — N.

BRI i\ (Fivtotuiyi E .Soi'iilK-CiiiUSTlVNE, madame), femme auteur, naquit le 3 juin 1763, à Tonna, dans le duché de Golha, de Ballhasar Mun-

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ter, célèbre prédicateur protestant, alors eurititenr dant du culte de ce pays, et de Frédérique de Wangenheim. dame qui, par ses vertus autant que par son grand savoir, rehaussait l'éclat de l'illustre famille bavaroise dont elle descendait. Conduite dès le berceau à Copenhague, où son père venait d'obtenir la place de ministre de la paroisse allemande de St- Pierre, la petite Frédérique manifesta de très-bonne heure de grandes dispositions pour les études littéraires , surtout pour la poésie : dispositions dont le premier développement fut singulièrement favorisé par les relations qui s'établirent entre sa famille et des poètes et littérateurs , tels que Klopstock, Cramer, Resewilz, Sturz, Funck et Gerstenberg. A dix ans elle avait appris le français, l'italien et l'anglais; elle savait par cœur des chants entiers de la Mettiade de Klopstock, du Cyrut de VYieland , et tous les grands faits historiques des temps anciens et modernes étaient empreints dans sa mémoire avec leurs dates. Lorsque les tentatives révolutionnaires de Slruensée eurent éloigné de Copenhague les hommes distingués que nous venons de citer, Munter se lia étroitement avec les deux frères Stolberg, le voyageur Niebuhr et les ministres d'État P.-A. Bemstorff el Schimmelraann , qui, tous, cultivaient ou protégeaient les lettres avec ce xéle pur et désintéressé dont l'époque actuelle ne fournil guère d'exemples. Ce furent les deux Slolberg qui encouragèrent la jeune Munter dans ses essais poétiques. Kl le cachait les prémices de sa muse dans le tronc creux d'un vieux saule du jardin de son père ; mais le vent en ayant un jour dispersé les feuillets, son père apprit'qu'elle avait non-seulement composé de jolies pièces fugitives, mais aussi imité avec bonheur quelques poèmes d'Ossian. Dès lors Munter se chargea lui-même de diriger le talent poétique de sa fille : il corrigea ses vers, et il la fit assister aux leçons de littérature qu'il donnait à son fils Frédéric (1) , leçons qui furent d'autant plus profitables aux deux enfants que le père était un des meilleurs auteurs de poésies sacrées que l'Allemagne possédât à cette époque. La culture des lettres n'empêchait pas la jeune Frédérique de s'occuper des soins du ménage. Robuste, vive, enjouée , elle se montra active partout : on la voyait travailler à la cuisine, à la buanderie, au potager ; elle se levait, comme son père, de très-grand matin. A l'âge de seize ans (1782), elle accompagna ses parents dans leur voyage à sa ville natale (Gotha), et elle vit, en passant par Hambourg, Gocttingue, Halle cl Wcimar, les notabilités littéraires de l'Allemagne, qui l'accueillirent avec cet intérêt qu'inspiraient à la fois son jeune talent et sa qualité de fille d'un homme célèbre. De retour à Copenhague, elle épousa, en 1783, Constantin Brun, administrateur de la compagnie des Indes occidentales, qui, déjà très-riche, est devenu par des entreprises hardies l'homme le plus opulent du Danemark. Elle se rendit, la même année , avec son mari , à St-Pétcrsbourg , et retourna à Copenhague

(•) Frédéric Manier vw». ce nom) mo«.r«ii cl *KO

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par Hambourg, où elle renouvela connaissance avec Klopstock. Dans l'hiver si rigoureux de 1788- 4789, madame Brun fut subitement atteinte d'une surdité qui ne la quilla plus. Bien que jeune et sensible aux plaisirs du monde, elle se consola de ce malheur en se livrant avec un nouveau zélé aux études littéraires. En 1791, elle visita, avec son mari, la Suisse et la France. A Genève, elle lit la connaissance de Bonstetlen et de Jean de Mùller,ct à Lyon, celle de Matthisson, qui depuis publia une partie de ses poésies. Elle a décrit ce voyage dans les deux premiers volumes de ses Écrits en prose (Zurich, 1799- 1801, 4 vol. in-8°, avec planches). Revenue en Danemark, madame Brun lit ses premières couches, qui compromirent gravement sa santé; et bientôt après, le cltagrin que lui causa la perte de son père (1794) acheva d'épuiser ses forces. Afin de se rétablir, elle partit, en 1795, pour l'Italie, et à son passage à Lugano (Suisse), elle se lia avec la duchesse d'Anhalt- Dessau qui visitait les contrées méridionales de l'Europe, accompagnée de Matthisson. Elle passa l'hiver à Rome, où elle vit Zoèga, Feraow et Angélique Kauffmann. Dans l'été de 1796, elle se rendit aux eaux minérales d'ischia, et retourna l'aulumne suivant à Copenhague. Une relation de ce voyage se trouve dans les deux derniers volumes de l'ouvrage que nous venons de citer. De 1798 à 1801, elle eut la satisfaction de remplir les devoirs de l'hospitalité envers son ami Bonstetlen, qui, ayant quitté sa patrie à cause des guerres civiles , s'était rendu à Copenhague sur l'invitation de M. et madame Brun. En 1801, elle retourna en Suisse, et passa l'hiver à Coppet, chez Necker. L'été suivant, clic alla à Rome, d'où elle repartit quelques mois après pour le Danemark. Elle a donné les détails de ce voyage dans le 1" volume de ses Épisodes de voyages faits dans les années 1801-1805 dans l'Allemagne méridionale, la Suisse occidentale et i Italie, Zurich, 1808 et 1809, 2 vol. in-8*. Revenue dans sa famille, madame Brun fut atteinte d'une complication de maladies douloureuses qui , au bout de sept mois, se changèrent en une affection spasmodique. D'après l'avis des médecins, il lui fallut aller de nouveau respirer un air plus doux : elle quitta Copenhague pour la quatrième fois, et se rendit avec deux de ses filles à Genève, où elle passa l'hiver de 1805 a 4806. auprès de madame de Staél. Elle séjourna, l'été suivant , dans le pays de Vaud , auprès de ses anciens amis M Aller et Bonstetlen, auxquels vint se joindre de Sismondi. Elle comptait rester encore quelque temps dans ce cercle aimable , lorsque sa seconde fille, Ida (Adélaïde), tomba gravement malade; et, comme celle-ci ne pouvait supporter l'air vif et pénétrant des Alpes, il fallut aussitôt changer de séjour. Au mois de novembre 1806, madame Brun se rendit avec sa famille à Hyères , puis à Nice , à Pise, et enfin ù Rome, où, grâce aux soins du médecin allemand Kohlrausch, cette jeune fille fut bientôt rétablie. Madame Brun passa encore quelques années en Italie, et séjourna tour à tour à Home, à Gastel la-Mare, à Sorrenlo et à Naples. Dans cette dernière ville, elle se lia d'amitié avec le

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