‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 2 sur 97 · BRU S · texte numérisé non relu

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vénérable prélat Capccelatro, archevêque de "Parente, et avec la famille Filangieri. En 1809, elle fut témoin des violences que le général Miollis et Salicetti exercèrent contre Pie VII, et de la noble f et courageuse résistance du pontife. Ce fut là son dernier voyage. Elle revint en Danemark vers 4818, et depuis cette époque elle habita l'hiver Copenhague, et l'été sa maison de campagne à Frédériksdal, non loin de cette capitale. Madame Brun est morte le 25 mars 1855. Le célèbre jwète danois Oehlenschlaeger lui a consacré un chant funèbre inséré dans le Dagen, journal de Copenliague. Son portrait a été lithographié par M. Henkel, artiste danois. Elle eut quatre enfants : un fils et trois filles. La seconde, Ida, excelle dans la musique et dans la mimique; elle a épousé en 1816 M. de Bombelles, qui depuis a été ministre plénipotentiaire d'Autriche en Suisse (1). Partout où madame Brun se trouvait, soitdanssa patrie adoptive, soit à l'étranger, sa maison était le rendez-vous de tout ce qu'il y avait de personnes distinguées. Bien qu'elle n'eût pas fait d'études régulières, elle possédait des connaissances assez étendues et assez variées pour pouvoir converser |>crli nomment, et d'une manière fort agréable , sur tous les sujets. Madame Brun n'était pas belle, mais l'aménité de son caractère charmait tous ceux qui la connaissaient. Comme mère, elle aimait tendrement ses enfants et en était payée de retour ; comme épouse, elle sut bien gouverner la grande maison à la tète de laquelle elle se trouvait. A ces précieuses qualités elle réunissait un esprit droit et pénétrant, une piété sincère et un cœur généreux Parmi ses ouvrages en prose on remarque , outre ceux que nous avons cités : 1° Journal d'un voyage en Suisse, Copenhague, 1800, 1 vol. in-8°, avec pravui es. 2° Lettres de Rome écrites pendant les années 1808, 1809, et 1810, et ayant principalement pour objet les persécutions contre le pape Pie VU, ton emprisonnement et sa translation en France , augmentées dune préface et de suppléments par K. A. Uœliiger, Dresde, 1816, 1 vol. in-8-, avec le portrait de Pie VU; nouvelle édition, ibid., 1820. 5* Eludes de mœurs et de paysages, faites à Napfes et dans ses environs, pendant les années 1809 et 1810, exposées en lettres, Perth, 1818, 1 vol. in-8°, avec deux gravures. Dans ses écrits, qui se distinguent par un style simple, élégant et souvent animé, madame Brun raconte ce qu'elle a vu. On y admire surtout des jugements pleins de justesse sur les ouvrages d'art, et cette habileté, si précieuse dans un écrivain, de trouver toujours quelque chose de nouveau et d'ingénieux à dire, même sur les sujets les plus rebattus. 4e La Vérité dans les rêveries de Cateniret sur le développement esthétique de mon Ida, Arau, 1824, 4 vol. in-8\Cet ouvrage, le meilleur que madame Brun ait fait en prose, contient l'histoire de l'éducation de sa lille. 11 abonde en excellentes observations psychologiques qui méritent d'être méditées par toutes les mères de famille. Les

(l) M. de Bowbelles est Ht* du marquis Marc-Marie de Bombelles, qui rmmiui é»cqoe d'Amiens. (rV*. Bouillis.

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poésies de madame Brun ont paru sous les litres suivant* : |" Poétiti publiées par les soins de Frédéric de Matlhisson , Zurich , 1705, I vol. in-8"; . nouvelle édit., ibid., 1TU8; A" edit., ibid., 1801). 8° Nouvelles Poésies, Darmstadl, 1812, I vol. in-8\ avec vignettes. 3° Poésies récentes, Bonn, «820, t vol. in-80, avec un fiu-simile de récriture du comte F.-L. de Slolbcrg, et des planches. Ces productions se font remarquer pu- cette verve brfilanto qui a sa source dans une âme pure, fortifiée par la religion et pénétrée d'enthousiasmo pour tout ce qui est grand et beau. On dislingue surluut les poPincssur l'affranchissement de la Grèce et sur l'abolition île l'esclavage des noirs; et, à ce sujet, on doit citer aussi les articles que madame Brun publia dans le Slorgtnblall, pour réfuter les calomnies (pie la haine et l'envie avaient répandues contre madame de Staël 11 y a dans les vers de madame Brun des idées fraîches et naïves, de la grâce et de l'harmonie. Elle appartenait à l'ancienne école, et trouva des détracteurs pat mi les partisans de l'école romantique. Tieck la persifla et la mit en scène très-malicieusement dans sa comédie de Zerbino, ou le Voyage au bon goût, satire amusante, bien que souvent injuste, lancée contre toutes les notabilités littéraires de l'époque, et faisant suite au Chai botté , autre pièce du même genre dont le célèbre archéologue K.-A. Ihrtligcr est le héros. Si madame Brun fut eu butte aux amères railleries «les romantiques, ion mérite trouva, en revanche, de justes appréciateurs dans tous ceux qui professaient les saines doctrines littéraires. Madame de Staël l'appelle, dans une note de Corinne, la femme poêle la plus distinguée de son pays : c'est une exagération qu'on doit pardonner à une amie. Des juges plus impartiaux l'ont placée parmi les Urachmann, les Mereau.cte.. place assez belle et assez honorable. Nous ne croyons pouvoir donner une idée plus juste des poésies de madame Bran qu'en faisant obs tut qu'elles ont, quant à leur caractère gênerai, une analogie frappante avec Celles de madame Mélatiic Waldor; mais souslcra|>portdela diction et de la versification, la supériorité appulient incontestablement nu poêle français. Tous les ouvrages de madame Brun sont en langue allemande. M— a.

BRUN ou BUILTS (Malte-Conuu»}, célèbre dans le monde savant sous le nom de Malte Buts, et l'un des plus grands géographes d< s temps modernes, naquit à Thisted, dans la [)éniusiilc du Jutland, le 12 août 1775. L'illustration de sa famille se rattache aux événements politiques et militaires de ItitMI. Son itère, ancien capitaine de dragons, remplissait dans ses vieux jours les fonctions île conseiller de justice et administrateur des domaines ; cl, comme à litre de seigneur de paroisse il disposait de quelques hénéliecs ecclésiastiques, il destina le jeune Malte an ministère du St-Kvangile et l'envoya à l'iiniv ersiit4 de Copenhague pour y prendre ses degrés. Malte Brun a\ait alors quinze ans, une téle toute poétique, une facilité prodigieuse pour l'étude des langues et de I histoire, un goût décidé pour les belles-lettres et la poésie. Il rompit bientôt

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avec la théologie, et, jour rendre la scission plus complète, il lit des vers, qui eurent beaucoup de succès et qui promettaient au Danemark un grand poète. Celait alors un leuqNi de difficultés et d'épreuves ï i tu- ce royaume. Les idées de la France de 1789 y avaient fait invasion ; elles le; mentaient dans quelques jeunes têtes ; elles exaltèrent l ame ardente du Malte Brun, qui , après de brillantes études, comptait déjà parmi les écrivains distingués de son pays. 11 se montra l'un des plus chauds partisans des innovations; il écrivit pour la liberté de la presse, |K>ur l'affranchissement des paysans, et contre la féodalité. La feuille |>ériodique qu'il rédigea sous le titre de Réveille-matin (Vœkkeren), était aux postes avancés de la presse libérale. Elle fut saisie, condamnée, et l'amende encourue ne lit qu'irriter le jeune écrivain, qui se vengea de l'autorité dans son Catéchisme des aristocrates, autre publication périodique plus âpre que la première, et qui attaquait ouvertement la constitution du pays. Le nouvelles poursuites obligèrent Malle Brun à se réfugier dans file suédoise de Hven, célèbre par la résidence de Tycho-Brahé. Sa muse s'y réveilla ; il chaula la bataille navale livrée aux Barbare&ques par les Danois, et la gloire du comte de Dernslorf, ce ministre |*lriolc qui dirigea le prince Frédéric vers de sages réformes. Celte ode, l'un des plus beaux poèmes de la littérature danoise, fut, dit-on, couronnée par l'académie de Stockholm. C'était mieux que de beaux vers, c'était une bonne action, une a-uvre de reconnaissance : Bemstorf en mourant avait recommandé Malte Brun à la bienveillance du prince royal. Celte recommandation ne fut pas stérile. Après deux ans d'exil il fut rappelé, et revint a Copenhague ; mais il n'y reviul ni plus prudent ni moins hostile à ce qu'il croyait des abus. Il reprit ses travaux politiques, et se fil encore l'adversaire de l'administration, lançant contre elle une brochure assez piquante, sous le titre de Tria Juncta in tmo, qui souleva les plus graves accusations. Celle fois Malte Brun n'attendit \m que le ministère public se mit de la partie, il se réfugia en Suéde, d'où il paswi à Hambourg. C'est la qu'il apprit qu'on le poursuivait en Danemark, à la requête de l'empereur de Russie et du lui de Suéde, commo l'un des chers de la société secrète des Scandinaves unis, ayant pour but de réunir les Irois rojaumesdu Nord sous une constitution républico-fédéralive. 11 fut condamné au bannissement par contumace. On était alors dans l'année I7!)9 : Bonaparte xenait du chasser le directoire. Malle Brun, croyant trouver un autre Washington dans le vainqueur de brumaire, se hâta d'accourir a Paris. Son illusion ne fut pas de longue durée. 11 fit insérer dans les journaux quelques articles hostiles au pouvoir; mais sur ce point Napoléon n'était pas do meilleure composition que l'empereur de Russie et que Je roi de Suède. Malte Brun fut oblige de garder le silence. Son inaction politique changea la direction de ses pensées et de ses projets. 11 reprit avec ardeur ses études historiques et géographiques, et bientôt cette dernière brandie des connaissances humaines qu'il

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allait agrandir l'occupa tout colier ; c'était là (nie la gloire l'attendait. Mais à ce nouveau début de sa carrière, Malte Brun, sans patrie, sans protecteurs, uns fortune, parlant difficilement la langue française qu'il devait manier plus tard avec tant de supériorité, se vit obligé de ployer son talent aux exigences de sa position. Il accepta la rédaction fort obscure d'un journal bibliographique de la littérature étrangère (I), et se livra probablement à quelques autres travaux de librairie. Cette insipide besogne eut un terme cuiin. Malte Bmn (il connaissance avec Meutcllc qui, après avoir détrôné les Nicolle de la Croix, les Crozat, les Barbeau de la Bruyère, exerçait a Paris le monopole de celte géographie verbeuse et sans critique qui avait cours alors. Mentellc accueillit Malte Brun avec empressement et s'en servit avec adresse. De cette association, ou les forces nétaieiU pas égales, sortit un grand traité de géographie publié de 1805 à 180a, sous le titre de Géographie mathématique, pltysique et politique, en 16 vol. in-8°. Cette vaste compilation avec tous ses défauts était l'ouvrage le plus complet et le plus exact qui eût paru dans notre langue. Malte Brun n'était que |KMir un tiers dans la rédaction, mais ce tiers se faisait distinguer par une critique piquante, par l'emploi de sources inconnues du public fiançais, par des vues élevées et par un style animé, quelquefois incorrect, mais toujours attachant. Ce travail fonda la réputation de Malle Brun. C'est vers cette époque (1806) que le Journal des Débats, qui s*ap|»elail alors le Journal de f Empire, l'admit au nombre de ses rédacteurs. La langue française lui était devenue familière ; il possédait la plupart des autres langues de l'Europe ; le personnel des cabinets et leurs intérêts divers lui étaient égaleuieut connus. Ces avantages lui valurent l'importante spécialité des questions relatives à la |>olitique extérieure, soumises dans ce temps aux caprices intéressés du pouvoir (i). Malte Brun fut plus libre dans ses articles scientiliques, qui embrassaient l'histoire, la géographie, les antiquités, et qui sont moins des analyses que des considérations sur les ouvrages dont il avait à rendre compte. Ils ont été recueillis' en 5 vol. par M. Piachet, et ils méritaient cette distinction, dégagés surtout de certains traits d'une critique quelquefois injuste et souvent trop sévère, haus cette même année 1807, la victoire avait conduit les draiteaux français sur les bords de la Vistule, et

(I) Ce journal rat entrepris par In libraires allemand* Trefitel « Worfx, nui» exécute sa»» plan, hds ordre, sans aucun de ce»

<iv'.»:U Mifm-i qui donnent Uni de prix sa journal bibliographique

o> M. Bm.-lmt. (Vite fonille n'eut inmn sur.-.-*. (21 «Ce n'était pas pour loi. d.t un l.k*raphe. nn posle boiiori-

« tique on une sinécure que la rédaction du Jwtat de rtimpirt).

« iva de j,>urs se pwsifrat sans qu'il cuucbil les colonnes du jour- « djI du produit de m plume féconde, cl, se conformant avec une ■ heureuse MpfeeM , reprit de ses ch.*. !<• ri-pub-toin du Nord «devint bientôt le plus ferveut adorateur du p.uvuir d'un maître c absolu. Non content de lui pajerj.jarucllein.ui rn prose un tribut « d'jdmirctiiia.il prit euc.-te une fui- la Ivreausuje-toe la ua^sanee « do roi de Roue, efr. » [BioçrafMt det Ctnter. f. rai**). La pièce qu'il composa en vers français est nne iiniiaiu.u de IVglogne SMUet if»**, sou* ce litre : le* Fe/es dm ducte; ette est assri elendae ; le Uile ca «i noble, élevé et xrwtacnl poétique. D-n-n.

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