‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 49 sur 97 · BIT · texte numérisé non relu

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de Gcettingue ; enfin un séjour à Strasbourg, pendant lequel il fréquenta avec beaucoup de fruit, d'après ce qu'il a déclaré lui-même, le célèbre Schweigh<TUser, termina sa carrière d'étudiant. Buttmann ' avait eu à Goettingue pour compagnon d'études M. Hugo, depuis illustré par ses travaux sur la jurisprudence ; les recommandations de cet ami le firent choisir, en 1786, pour enseigner au prince héréditaire de Dessau la géographie et la statistique. A la suite de ce préceptorat, qui dura deux ans, Buttmann se rendit à Berlin (1788). Ce voyage, qui n'avait été entrepris que dans un but de curiosité et de délassement, et qui fut de courte durée, décida de la vie de Buttmann. Revenu dans sa ville natale, il y avait repris ses études et ses travaux particuliers sur la philologie grecque, lorsque Bicstcr, conservateur de la bibliothèque royale de Berlin, le fit rappeler pour se l'adjoindre comme aide à cette bibliothèque qu'il réorganisait alors complètement. Buttmann retourna donc à Berlin, en 1789, et dès lors il n'en est plus sorti. En 1796, il obtint le titre de secrétaire de la bibliothèque royale; en 1800, il y joignit les fonction- de professeur de philologie au gymnase de Jeachimstal, qu'il quitta en 1808, pour se consacrer plus exclusivement au soin de sa bibliothèque. En 1811, il devint second bibliothécaire. Il avait alors acquis par ses ouvrages une réputation méritée dans toute l'Allemagne; depuis 1806, il était membre de l'académie des sciences de Berlin, qui le choisit quelques années plus tard pour secrétaire perpétuel de sa classe d'histoire et de philologie. Vers 1812, il fut chargé d'enseigner les lettres anciennes au prince royal de Prusse ; en 181 4, le roi récompensa ses services en le nommant chevalier de l'Aigle rouge de troisième classe. Les académies de Munich, de Naples, de Moscou, etc., l'avaient reçu au nombre de leurs membres. En 1820, la mort d'une tille qu'il chérissait vint altérer cette prospérité ; en 1824, de légères attaques d'apoplexie ébranlèrent sa constitution et le forcèrent de restreindre ses travaux. Il mourut le 21 juin 4829 ; ses obsèques eurent lieu le 23 du même moU, et le professeur Schleicrmacher prononça un discours sur sa tombe. — Buttmann, sans qu'il soit possible de le compter au nombre des philologues du premier ordre, n'en a pas moins été un homme profondément versé dans la connaissance de l'antiquité hellénique ; ses ouvrages sur la grammaire grecque notamment sont, pour l'étendue et la solidité des recherches, et pour la sagesse des aperçus, au premier rang des travaux de ce genre. S'il n'a pas laissé un monument aussi grand que peut-être il aurait pu le faire, il faut reconnaître qu'à l'époque de sa vie la plus propre à ce» études sévères, dans l'âge des grandes entreprises, les violentes commotions politiques qui agitaient l'Europe vinrent le détourner de sa carrière, et lui ôler en partie les moyens d'exécuter ce qu'il aurait pu concevoir. Buttmann, en fixant son sort à Berlin, était devenu un zélé patriote prussien, fort attaché a la famille royale, fort opposé aux opinions et à l'influence françaises. Vers 1805, il concourut à la rédaction d'une gazette politique de Ber-

lin, dite Polititeh uitung von Hemde und Spttur ( de Haude et Spener ), et il y a coopéré jusqu'après 1812. Lorsque le roi de Prusse essaya de lutter contre l'oppression toujours croissante de Napoléon, Buttmann seconda les vues de son souverain par une brochure sur la nécessité d'une coalition militaire de l'Europe, publiée vers la fin de 1805, in-80. On ne voit point que cette conduite ait été pour lui la cause d'aucun malheur ; mais il dut sans doute regarder sa destinée comme précaire et compromise aussi longtemps que les Français restèrent maîtres de l'Allemagne. Depuis, il ne prit qu'une seule fois la plume au sujet des affaires publiques : ce fut, en 1825, lors de l'insurrection de la Grèce, pour rédiger une adresse au peuple allemand en faveur de la nation grecque : cette brochure, écrite en grecque et en allemand, fut répandue en très-grand nombre et fit beaucoup d'impression sur le public. — Les ouvrages scientifiques de Buttmann sont de deux genres : des éditions d'auteurs grecs, et des travaux de recherches sur la langue ou les antiquités de la Grèce. C'est en ce dernier genre qu'ont été ses productions les plus utiles et les plus remarquables; dans ses éditions d'auteurs anciens, il se borne à des réimpressions, plus ou moins corrigées, d'opuscules destinés à l'usage des gymnases. Il y a eu même quelques-unes de ses éditions , telles par exemple que celle du Philoclète de Sophocle, qui ont été fortement et justement critiquées. Dans quelques autres, il s'est contenté de revoir et de retoucher les éditions scolaires qu'avait publiées, quelque vingt ans auparavant, le professeur Gedike. ( Voy. ce nom.) Nous nous bornerons donc ici à l'indication des princi|>ales, pour passer à l'examen de ses ouvrages originaux : 1* Il a publié en 1816, avec une préface le 4* volume du Quintilien de Spalding, in-8*, dont la mort de ce savant (1811) avait arrêté jusque-là l'impression. 2° Schol. antiqua in Hom. Odyu. e codd. Ambroi. ab Ang. Majo prolata, Berlin, 1821, in-8". C'est une réimpression, revue d'après les manuscrits de la bibliothèque palatine, des scolies inédites sur Homère que M. Maio avait le premier mises au jour. 5° Platoni* Dialogi quatuor, Meno, Crilo, Aleibiadet 1 et 2, ibid., 1822, in-8». 4' Sophoelis Pkiloctetei, grœce, ibid., 1822, in-8°. 5"#emoithenù Oratio in Midiam, ibid., 1825, in-8*. 6* Arali Phamom. et Diosemeia, ibid., 1826, in-8*, de 8 et 77 p. 7* Explication d'un papyrus (grec) égyptien de la collection Minutoli, ibid., 1824, in-i* de 27 p. ; extrait du recueil de l'académie de Berlin. — Voici maintenant la liste des véritables ouvrages de Buttmann : 8*, 9*, 10°. 11 a donné trois grammaires grecques différentes , sur lesquelles il convient de s'étendre un peu, puisqu'elles sont ses productions les p ! us i nommées. La première, abrégée et élémentaire (Griech. Schulgrammalik), parut pour la première fois en 1792 ; elle a eu en 1824 une 7', et en 1 826 une 8" édition ; la seconde ( Griechische Grammatik ), plus étendue, destinée à l'usage des hautes classes, est fort bien faite, très-méthodique et suffisante pour pousser déjà très-loin dans l'étude du grec; sa 10* édition est de 1823, la 15* de 482»,

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1 vol. in-fi°; enfin U troisième, Gramm. développée de la langue grecque ( Ausfueluiiche Griechisclie Sprachlehre), 2 vol. in-8», n'a point été terminée : elle ne comprend que la première partie de la grammaire, les formes des parties du discours et l'étymologie; la syntaxe n'a jamais paru. Le 4,r volume de cette grammaire fut publié à Berlin en 1810; Il traite des accents, de la quantité, des lettres et des partie» du discours de la langue grecque jusqu'au verbe inclusivement; la 1™ partie du f volume, publié en 4825, est remplie par un catalogue complet des verbes irréguliers ; la 2' et dernière partie du même volume, mise au jour en (8*27, traite des autres parties du discours et de l'étymologie ou formation des mois ; elle est terminée par un index alphabétique des deux volumes, indispensable pour un travail aussi étendu et aussi riche de détails. Il a paru en {850 une 2' édition du I* volume, qui avait été commencée du vivant de Buttmann et qu'il n'a |tas pu surveiller jusqu'à la fin. il faut avoir celte r édition, de préférence à la I", parce qu'elle contient des augmentations ; elle présente néanmoins un grave inconvénient : c'est que les additions introduites dans la réimpression y ayant entièrement renouvelé la correspondance des matières et des pages, la table générale qui termine l'ouvrage n'y peut plus servir, et cette première partie manque de lablc. — Cette grande grammaire grecque de Butmann est un des meilleurs modèles de labeur et de bon esprit dont l'Allemagne ait à se glorilicr : les recherches y sont profondes , nourries d'une vaste lecture de grammairiens et des textes; la matière y est en plusieurs points épuisée ; les explications y sont presque partout simples, satisfaisantes, bien entendues, dégagées surtout de toute idée de système. On no peut se dispenser de dire, pour l'honneur de l'érudition allemande , qu'en même temps que paraissait la grammaire de Buttmann, il s'en publiait une autre digne de lui faire concurrence, YAuafuehrliche GrieçhUche Grammalik, do M. Auguste Alalthiae, dont la 1,e édition a paru à Leipsick, 4807, et la r, 1825-1827, en 2 gros vol. in-8». Ces deux ouvrages ont leurs mérites et leurs défauts distincts : la grammaire de M. Matthhe a l'extrême avantage d'être complète, et sa syntaxe est excellente ; elle est aussi imprimée avec plus do soin, terminée par trois tables fort commodes et fort amples ; enfin elle présente une meilleure disposition dans quelques parties, et elle semble généralement écrite avec plus de précision, de netteté, plus exempte de toute prolixité et de toute diffusion ; mais l'érudition y est certainement moins riche et moins complète, et l'on y cherclierait en vain l'explication de lwaucoup de formes de mots dont a parlé Buttmann. Aucune dos trois grammaires grecques de Buttmann n'u été traduite en français, mais il y a deux versions anglaises do sa moyenne grammaire, l'une de M. Boileau, annotée par M. Barker, et l'autre, imprimée aux Etats-Unis, de M. Edward Hobinson. 11° Uxilogus, ou Explications $ur quelques mots grecs, prinei' paiement d Homère et d'Hésiode (en allemand), Btrlln, 4*' vol. 1818, S' vol. 1825, ntllt in-8»; il y a

eu une réimpression du premier vol. en 1825. C'est une sorte de supplément A sa grammaire, dans lequel il traite beaucoup de questions qui n'y avaient pu trouver place ; il y a des recherclies curieuses sur les familles des mots, mais peut-être moins de solidité et de justesse que dans la grammaire. Ce livre a aussi été traduit en anglais par J.-R. Fishlake, Oxford, 2 vol. in-8". W Mythologue, ou Recueil de dissertations sur les traditions de Vantiquiti (en allemand), Berlin, 1828-1820, 2 vol. in 8*. La trèsgrande partie des morceaux dont se compose cette collection avaient déjà été imprimés, soit dans les recueils de l'académie de Berlin, soit dans des journaux ou séparément. Nous ne pouvons donner ici qu'une briève indication des sujets qui sont traités dans ce recueil ; ils se rapportent à deux matières principales, la mythologie des anciens peuples de la Syrie et de la Palestine, la mythologie grecque et les nombreux points de connexité que ces deux mytbologies ont entre elles; —sur la mythologie orientale : 1» sur let anciennes géogonies de 'l' Orient ; 2' sur les deux premiers mythes de la géogonie de Moïse, la création et le déluge; 5» sur la période mythologique depuis Caïn jusqu'au déluge ; 4° sur le mythe du déluge ; 5° sur le mythe des fils de Aoc; 6» sur les rapports mythologiques de la Grèce et de l'Asie; — sur la mythologie grecque et latine : 1° sur la signification philosophique des divinités grecques, et notamment d'Apollon et d'Arthémts; 1' sur le mythe des quatre âges du monde (d'or, d'argent, etc.); 5» sur Kronos ou Saturne; A» sur Januss 5* sur Pandore; G° sur Hercule; 7* sur Dioné ; 8° sur Lcme et sa position ; 9* sur la fable de Cydippe; 10° sur les Minyens des plus anciens temps. Ce dernier mémoire, lu en 1820 à l'académie de Berlin, voyait le jour en même temps que l'ouvrage de M. C.-Ottfr. Millier sur le même sujet : Orchomènes et les Mynlens (en allemand), Breslau, 1820, in-8°; II» sur Virbius et Hippolyle; 12" sur la déesse Cotys nu Cotytto et les Baptes; 15° tur la famille des Aleuades; 14° sur les Muses; 15" sur les aneiens noms d'Osroène et Edessa; 10- Quelques Conjectures sur les Politii et Pinarii, et sur les Tarquinii. Enfin Buttmann a inséré dans ce recueil trois bonnes dissertations sur Horace et sur les allusions historiques renfermées dans les écrits de ce potitc. Toutes ces dissertations de Buttmann, où il cherche moins A expliquer philosophiquement les traditions mythologiques qu'A démêler leur origine et leur histoire, sont remplies d'observations de détail ingénieuses et fines; elles mériteraient d'être plus connues chez nous, où, jusqu'à présent, le seul ouvrage qui les ait mises A profit est le dictionnaire mythologique qui fait partie de la 4'* édition de cette Biographie universelle. D'autres opuscules de Buttmann, qu'il n'a pas jugé A propos de recueillir dans cette collection, se trouvent dans les mémoires de l'académie de Berlin ; ce sont : 13° Essai pour l'éclaircissement de l'orgue hydraulique et de la pompe à feu mentionnés par Hero et Vilruve, année 4811, p. 181 et suivantes. 14* Sur l'Origine des représentations d étoiles sur

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Us sphères grtequei, 1826, p. 19 et suit. Nous devons mentionner encore les deux opuscules suivants, qui ne nous sont connus que par leur titre, cl qui paraissent extraits de quelque recueil où ils ont paru d'abord : 1îi« (avec Schleiermacher ) sur Heindorf et H'vlf. Berlin, 1816, in-8*. 16° Sur la Vie de l'historien Quinte-Curce, ibid., 1820, in-8°. 17° II y a une petite prosodie grecque de Buttroann ( en allemand), 1824, in-8", qui n'est autre chose qu'un tiré à part de cette partie de sa Gr. Schul. Grammatik. 18° Buttmann a douné quelques notes sur sa vie, dans le 3* cahier des Autobiographies des savants de Berlin avec leurs portraits, Berlin, 1806- 1807. Enfin il a publié, de concert avec F.-A. Wolf (roy. ce nom), deux journaux, Muséum Ântiquitatis sludiorum, ibid., 1808, t. 1tr et unique; AIuseum de la science de l'antiquité (en allemand )» ibid., 1809 et ami. suiv., 2 vol. in-8°; et il a mis des articles dans quelques autres : les Miscellan. max. part. crit. de Fricdemann et Secbode, notamment, contiennent de lui des remarques sur quelques passages d'auteurs anciens (sur Théocrile; sur les Thesmoph. d'Aristophane; sur la 3* ode d'Homère ), 1823, t. 2, part. 1r«, in-80. Buttmann, aussi bienveillant qu'il était laborieux, a commit» nique des notes, des collations, etc., à un grand nombre do savants, et il a paru peu d'éditions considérables d'auteurs grecs pendant quinze ou vingt ans, pour lesquelles il n'ait été consulte, et ou son érudition n'ait été mise à profit. F— LL.

BIjTTN ER (David - Sioisuojtn - Aloiste ) , professeur do botanique à Goettingue, né en 172-1, mort en 1768. Lorsque Haller quitta l'emploi de directeur de l'université de Goclliniruc et les diverses chaires qu'il y occupait, Butiner fut nommé pour lui succéder dans la cltaire de botanique. Il n'a publié qu'un seul ouvrage, qui est une énumeration méthodique des plantes, en vers, adressée à Jean Chrétien Cuno, et qui est imprimée avec l'ode de ce dernier sur son jardin : Enumtratio melhodica plantarum, carmin* clarissimi JoannU Chrisliani Cuno rectnsilarvm, Amsterdam, Scltoot', v. Capelle, 1750, in-4», ou in-80, avec une pl. Haller dit «pie Butiner est le premier qui ait fait connaître lo nectaire en forme de tuyau du pédoncule des géraniums d'Afrique. Ce caractère, réuni i celui de l'irrégularité des pétales, les distingue essentiellement de ceux de l'Europe. 11 a fait aussi connaître le vrai caractère du genre de* tulipiers. Il s'était beaucoup occupé de b recherche des rapports naturels pour former des ordres naturels et des familles. Philippe Rulins a donné en 1714, sous le litre de CommenteUio botanica in ordines naturales plantarum , un aperçu des principes de Buttner. Linné lui a dédié un genre de plantes sous le nom de Butlnoria; il est de la famille des personnées. — JJaeid-Sigismond Blttjign, diacre a Querfurth, mort au commencement du 18* siècle, a publié en allemand un ouvrage qui est cité par les naturalistes géologues de son temps, intitulé : Signet et Témoignages du déluge, d'après la considération de télat présent de notre globe, Lcipsick, 1710, iu-r. 11 est auteur d'uu autre ouvrage

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qui traite des fossiles, Querfurth, in-4*, inséré dans

la collection des Epistola i linera ria d'Ernest Bruckman , centur. 2. — Frédéric Buttneu, né en Bohême en 1022, mourut le 13 février 1701, a Dantzick, où il était professeur de mathématiques. Des nombreux ouvrages qu'il a publiés, les seuls qui méritent d'être recherchés sont : 1* Sciagraphia atïlhmeiica logislkm ; 2* Tabula mnemoniea geometriect. D — p g.

BUTTNER (Chrétien-Guillaume), naturaliste et philologue allemand, naquit à Wolfenbuttel en 1716. Son père, apothicaire dans cette ville, dé* sirant lui transmettre sa pharmacie, lui Ht faire de bonnes études préparatoires. Butiner ne négligea aucune des connaissances relatives à sa profession; il se voua surtout avec passion à l'histoire naturelle, et, concevant de bonne heure le dessein de porter dans l'histoire des nations les lumières que pouvait lui fournir cette étude, unie à celle des principaux idiomes des peuples tant anciens que modernes, H prolita de ses voyages pour apprendre, dans chaque pays où il faisait quelque séjour, non-seulement la langue nationale, euhivée par les écrivains; mais encore les dialectes |nrticuliers et les jargons provinciaux. C'est ainsi qu'en Bohème, dans la Hongrie et eu Pologne, il dirigea son attention sur les différentes branches de l'csclavon, sur l'idiome des Hongrois, qu'on prétendait élre pour le fond le même que celui des Finnois. A Copenhague, à Stockholm, dans le nord de la Suéde et de la Norvège, à Dronllieini et à Bergen, a Édimbourg et à Londres, les modifications du tculonique furent l'objet constant de son application. En Ecosse, il voulut apprendre lo gallique ( 1736), quoique cette langue, illustrée depuis par les poésies d'Ossian (1), n'eut alors qu'un intérêt purement philologique. A Oxford, son compatriote Dillénius, célèbre professeur de botanique, aurait désiré en faire son successeur; mais les vœux de son père le rappelaient en Allemagne. Il obtint cependant la permission de s'arrêter i Leyde pour suivre les cours de Boërhaave. 11 y fit la connaissance de Linné, qui ne cessa de lui témoigner une grande estime. Les étonnants progrès de ce naturaliste, qui annonçaitdéjà ce qu'il serait un jour, aiguillonnèrent Butiner; mais, ne lui laissant guère l'espoir d'une concurrence heureuse dans la même division du vaste domaine des sciences, il se tourna avec ardeur vers des recherches glossologiques, pour rendre aux langues le même service de classification lumineuse et savante que son illustre condisciple se préparait à remire aux produits de la nature. Aussi avait-il coutume de dire que Linné et lui s'étaient partagé le litre de l'ouvrage de Grotius ( Jus naturœ et gen~ tium ) , que Linné s'étant emparé de Natura, il avait pris Génies pour lui. De retour dans sa patrie, il se conforma d'abord aux intentions de son père, en donnant ses soins à une pharmacie bien pourvue et

(I) Fintsl et Timtr» m parurent qu'en 1761 et 1783; le aoeraa

da travail de Mariihcnon, 1rs chants originaux d'Ossian, dans Trial où la tradition des bardes montagnards oa rapsodes ottianiiaues a

lia les eouserrer, n'ont e«e pnbUcs qne dernièrement

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accréditée ; mai», soit qu'ils lui laissassent trop peu de temps pour ses études favorites, soit qu'il conçût une profonde aversion pour l'espèce de despotisme qu'exerçait alors la société des francs-maçons dans le duché de Brunswick, et qui forçait les personnes que leurs opinions en éloignaient le plus à s'y faire initier, il renonça bientôt aux travaux pharmaceutiques, préférant une existence voisine de la pauvreté. En 1748, il quitta Wolfenbùttel |»ur se rendre à Goettingue, où il se livra, de 1748 jusqu'en 1783 sans interruption, à ses immenses recherches sur l'histoire primitive des peuples et sur la lilialion des langues, que nous ne connaissons malheureusement que par quelques fragments précieux publiés par lui-même, par l'idée que ses amis en ont donnée dans leurs ouvrages, et surtout par une foule d'aperçus ingénieux que ses émules en philologie ou ses disciples puisèrent dans ses entretiens, et qui donnèrent naissance à des travaux utiles. Bûtlner est un de ces hommes qui ont très-peu écrit, et qui ont cependant laissé dans les sciences dont ils tirent l'objet principal de leurs études, des traces plus durables que maint écrivain des plus féconds. Ses contemporains, surtout ses collègues à l'université de Goettingue, durent quelques-unes de leurs recherches les plus fertiles en résultats nouveaux à sa conversation, cl à la libéralité avec laquelle il leur faisait part du fruit de ses veilles. 11 fut le premier qui envisagea les langues monosyllabiques de l'Asie méridionale sous leurs vrais rapports, en les plaçant à la tète de son tableau des idiomes de l'Asie et de l'Europe, comme étant, par leur structure, plus rapprochées de l'origine du langage, que les langues polysyllabiques; principe qu'Adelung adopta depuis dans son Milhrùlate. 11 est probable que, sans lui, les Schlcetser et les Gatterer n'auraient |>as sitôt réussi à débrouiller le chaos de traditions contradictoires et incomplètes sur le domicile primordial, les migrations et les anciens rapports des peuples du Nord. L'illustre orientaliste J.-D. Michaêlis avoue francliement ( voy. le Spialeg. Geogr. Uebr. exterœ , t. 2 , p. 94 ) que , dans les problèmes compliqués dont la solution dépendait d'une profonde connaissance d'un grand nombre de langues, il avait toujours recours à Butiner. C'est à lui qu'on doit la première ébauche d'une géographie par langue ou glossographie ; le premier tableau généalogique des alphabets connus qui soutienne les regards de la critique; et surtout des recherches sur la paléographie nraméenne ou sémitique, qui laissent peu de chose à désirer. On lui doit encore en glossologie une foule d'idées de détail très-heureuses; par exemple, celle que le lithuanien pourrait bien offrir les restes de la langue des Sarmales, et celle qui fait sortir d'une caste proscrite d'Indiens la peuplade vagabonde appelée Bohémiens en France, conjecture que M. Grellmann a presque changée en certitude dans un ouvrage particulier, dont M. le baron de Bock a donné une traduction française dans ses enivres diverses, Metz, 1788, S vol. in-12. Lorsque le Glouaire universel (1) ,

(t) Cet omnge, trop KU connu en France, est sa vocabulaire

que Catherine II fit composer, par son académie, de notices envoyées de tous les coins de son vaste empire, parut à St-Pétersbourg en 1787 et 89, Bûltner fournit, en retour de l'exemplaire que le gouvernement russe lui avait donné, des suppléments importants qui semblaient n'avoir pu être recueilli» que dans les provinces de cette monarchie les plu» éloignées et les moins connues. En considérant la modicité de son revenu, on ne conçoit pas comment il lui fut possible de former les collection» précieuses d'objets d'histoire naturelle et de livres que le gouvernement de Hanovre et le duc de Weimar achetèrent de lui pour en enrichir les universités de Goettingue et d'Iéna; mais l'étonnement diminue quand on apprend qu'il ne faisait qu'un seul repas, et que ce repas lui coûtait ordinairement un gros d'Allemagne (environ 3 sous). 11 ne cessa, jusqu'à sa mort, de s'imposer les privations les plus dures, pour augmenter sa bibliothèque, même après qu'il l'eut vendue, en 1783, au duc de Saxe - Weimar, pour une pension viagère et pour un logement dans le château de léna. 11 mourut dans cette ville, le 8 octobre 1801, ayant constamment joui de la meilleure santé, et conservé jusqu'à son dernier moment toute la fraîcheur d'esprit d'un jeune homme, dans un corps qui présentait tous les dehors de la caducité. 11 avait le titre de professeur à l'université de léna, avec celui de conseiller aulique : il était aussi membre de la société royale de Goettingue, où il avait demeuré en qualité de professeur pendant vingt-cinq ans. On parle de son caractère moral avec autant d'éloge que de sa prodigieuse érudition ; modestie, simplicité de mœurs, gaieté, bonhomie, loyauté, il possédait toutes les qualités qui rehaussent le mérite et font pardonner la supériorité. Nous avons déjà dit avec quel désintéressement il communiquait à ses amis, à de jeunes littérateurs, les résultats de ses plus pénibles recherches; il les voyait sans regret devenir leur propriété, et passer dans des écrits où l'on n'avait quelquefois garde de le nommer. On a de I lui : 1* Tableaux comparatifs des alphabets de différents peuples dans les temps anciens et modernes, 1" partie, Goettingue, Dieterich, 1771, in-4«; 2» partie, 1779. Cette 2* partie, qu'on aurait tort d'assimiler aux anciennes collections d'alphabets, surtout a la mauvaise compilation de l'imprimeur Edm. Fry, intitulée : Pantographia , Londres, 1799, n'a malheureusement pas été imprimée en entier : elle ne renferme que quarante pages de texte, mai» elle présente sept tables qui ont dù coûter un travail immense à l'auteur. La colonne à droite est occupée par un alphabet de la composition de Bûtlner, repré-

r I :■ ï i 1 1.' de cent trente mots choisis, représentés en deux cents langues d'Asie cl d'Europe, 2 vol. in-4' ; en langue et caractère* russes, rédige d'abord en 1717-89, par le célèbre voragenr Pallas ; Il fui, daus les années 1790 ei 91, réimprimé en 4 vol. in-4*. sou la direction du conseiller d'État Théodor Jsn kivwilsb de Mirievro (Servien de naissance). Celle édition, quoique enrichie d'additions nombreuses et des tangues d'Afrique et d*Ain#riqne qui n'avaient pas ete mises i contribution pour U première, n'araut pas rrpoudu * l'attente de l'impératrice, cette princeste ne voulut jus que lec 1,00t) exemplaires qu'on en avait tires fassent nus eu m nie ; Us sont, par conséquent, d'une extrême rareté.

sentent, au moyen de lettres latines, de lettres empruntées du slavon, ou de signes inventés par lui lorsque cela était nécessaire, tous les sons simples qu'on trouve dans les langues jusqu'ici connues. 11 en compte trois cent vingt, en n'y comprenant, à l'exception de quelques consonnes doubles, que les articulations primitives et les mouvements organiques qui ne sont pas susceptibles d'être réduits à des termes moins compliqués. A coté de chacune de ces modifications du son articulé, qu'il distribue en cinquante classes, il place les lettres de quarantesept alphabets anciens et modernes, en mettant chaque lettre de ces alphabets en regard du signe auquel il pense qu'elle répond dans la prononciation du peuple qui en fait usage, et qui, dans l'alphabet de Bûttner, est destiné à la tigurer avec précision. Ces quarantesept alphabets se suivent horizontalement, de la gauche à la droite, dans l'ordre qui, d'après les idées de l'auteur, fait concevoir le mieux comment ils sont nés les uns des autres par d'insensibles transitions. En faisant précéder ces rapprochements de l'explication du passage de l'écriture hiéroglyphique au syllabaire et à l'écriture alphabétique, par le moyen d'hiéroglyphes phonétiques, explication que nous devons aux ingénieuses combinaisons de Zoêga, appuyées sur une donnée conservée par Horapollun (voy. de Orig. et Usu obtliscorum, Rome, 1797, in-fol. , p. 454 et suiv. ) , nous pouvons maintenant nous rendre compte de tous les degrés que l'art de peindre les sons de la voix humaine a parcourus chez les peuples civilisés. On ne peut, au reste, se dissimuler qu'en diminuant le nombre de ses prétendues consonnes élémentaires, Bûttner n'eût rendu son travail beaucoup plus utile; mais on doit surtout regretter que les notices ethnologiques et historiques qui accompagnent les tables n'aient jamais été imprimées en entier. Nous avons les mêmes regrets à donner au catalogue des langues d'Asie et d'Europe, qu'il avait rédigé pour le répertoire glossographique de l'anglais Marsden (1), et qui n'a pas encore vu le jour. 2° Explication d'un Almanach impérial du Japon, «773. 3» Observai ions $ur quelques espèces de latnia, 1774. 4° Liste des noms d'animaux usités dans l'Asie méridionale (tirée des manuscrits de II. par Eklard ) , 1780. Ces quatre ouvrages sont en allemand. 5° Sur les Chinois, dans le Mercure de Wieland, 1784, n« 7. 6» Tabula alphabelorum hodiernorum, 1776. 11 a laissé en manuscrit un Prodromus linguarum. dans lequel ses idées sur l'origine et sur la filiation des langues du globe sont exposées avec développement, et appuyées sur des tables comparatives, plus étendues que celles qui ont été publiées. Le peu de facilité qu'il avait pour la rédaction, et surtout l'extrême crainte qui le tourmentait, de n'avoir pas encore épuise toutes les recherches qui auraient pu perfectionner son travail, sont les causes qui nous ont privés des principaux résultats d'une vie aussi longue et aussi laborieuse. Ce fut M. le professeur Rûdigcr de Halle que Bûttner, en mourant,

(I) Wilt. Xandtn't Catalogue of Dtctlonarits, YacahUariiS, Gramme,, mt AlpkeiH,, UfldrO, <79«, U-4«.

chargea de revoir et de mettre en ordre le manuscrit du Prodromus, et qu'il désigna pour éditeur de ses ouvrages, fruit de cinquante ans de travaux. ( Voy. sur Bûttner l'Histoire de Vunicersiti de Goettingue par Putler, t. I", g 92, p. 184 et suiv. , et t. 2, g 87, p. 84 ; et la notice de M. Rùlliger, dans le Mercure allemand de Wieland, octobre 4861, p. 156.) Son portrait a été gravé par VVestermeyer. S — h.

BOTTON ( Thomas ) , navigateur et mathématicien habile, était attaché au service du prince Henri, fils aîné de Jacques 1", roi d'Angleterre, et fut envoyé par ce prince, en 1611, pour continuer au nord-ouest les découvertes commencées«par Hudson. 11 partit avec deux vaisseaux qui portaient comme ceux de Cook, dans son dernier voyage, les noms de la Résolution et de la Découverte. Arrivé au détroit de Hudson, où il entra par le sud des lies de la Résolution, il y fut quelque temps arrêté par les glaces. Enfin il toucha à l'Ile de Digg, où il construisit une pinasse que l'on avait apportée démontée d' Angleterre. En «'avançant à l'ouest, il vit, à 62° de latitude, une terre, qu'il nomma Carey's svans nesl; de là il fit voile au sud-ouest, et revint au nord, où il découvrit, au 66°, une cote que ce retour lui fit nommer Terre de l'Espérance déçue. Bientôt l'hiver rigoureux de ces parages l'obligea à hiverner par le 57* 10' dans un port à l'embouchure d'une rivière. Il donna à l'une et a l'autre le nom de Nelson, maître de son navire. Button assura le mieux qu'il put les vaisseaux contre les glaces et les hautes marées, au moyen de pilotis qu'il fit enfoncer dans l'eau. On passa l'hiver dans les navires où Ton tint constamment trois feux allumés; malgré ces précautions, Button perdit plusieurs personnes de son équipage; lui-même fut très-malade au commencement de l'hiver. La rivière Nelson n'était pas encore gelée au 16 février, quoiqu'il eût déjà fait extrêmement froid. Button ne mit à la voile que deux mois après, pour explorer la cote ouest de la baie qu'il appela ' de son nom baie de Button ; la terre voisine reçut celui de Nouvelle-Galles. 11 trouva au 60* degré un courant qui portait tantôt à l'est, tantôt à l'ouest, ce qui engagea le second maître de navire à désigner sur la carte cette circonstance, par le nom de Hubbart's hope. Button poussa ses recherches jusqu'au 65* degré, et les observations qu'il fit dans ces parages le convainquirent de la possibilité d'un passage au nord. Il appela une baie de la terre de Carey's svans nest, située sous ce parallèle, Non plus ultra, et les caps du sud et de l'est, Southampton et Pembroke; il découvrit à l'est les Iles Mansiield. Arrivé au cap Cludley, il découvrit, entre cette pointe et la terre de Labrador, une ouverture par laquelle il passa, et arriva en Angleterre en seize jours, dans l'automne de 1612. On doit regretter que son journal, qui contenait des observations importantes sur les marées et sur d'autres objets de géographie physique, n'ait pas été publié; on n'en a qu'un extrait dans la compilation de voyages de Samuel Purchas intitulée Purchas, hisPilgrims. Button fut créé chevalier. ( Voy. Baffiî*. ) E — s.

BLTTSTED (Jbam-Ardré), professeur de tliéo-

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Jogieet prédicateur à Erlangcn, né a Kirchliiem, le 19 septembre 1701 , mort le 4 mars I765 , a laissé en Allemagne la réputation d'un théologien profond et habile. On a de lui : 1* Pensées raisonnables sur la nature de Dieu (enallem.), Lcipslck, 1733, in-8°; 2° Pensées raisonnables sur la création du monde en général, Wolfenbflttcl, 1737, ln-8* ; 3° Pensées raisonnables sur la création de l'homme en particulier, considéré toit en lui-même, soit comme image de Dieu, Lelpsick, 1738, in-8°; 4° Spécimen philologia sacra, 1710, in-8»; de Scholis recte instiluendis, Géra, 1745, in-fol. , etc. On a aussi de lui un grand nombre de programmes, de mémoires et de dissertations: G — T.

BLTTURA ( Attoi.ne), littérateur et poêle, naquit à Malscnna, sur le lac de Guarda, prés de Vérone, le 27 mars 1771, d'une famille de négociants. 11 lit ses études au collège de Vérone, où le professeur Cngnoli, savant astronome, et qui avait un tact tout particulier pour juger ses disciples , le distingua et démêla en lui l'avenir d'un littérateur distingué. Les progrés du jeune Buttura furent en effet bien rapides : à douze ans il improvisa, en présence de ses maîtres , de ses eondieiples et d'un auditoire nombreux, un discours de deux heures, offrant un parallèle ingénieux entre la littérature ancienne et la littérature moderne. Ce début fixa si bien sur lui l'attention publique, que lorsqu'à dix-sept ans il sortit du collège , il se vit appelé au poste de secrétaire général du congrès de Venise, par les hommes «pii venaient d'y opérer une révolution démocratique. Le jeune Buttura montra dans ses fonctions toute la supériorité d'un esprit élevé, en même temps qu'il ajoutait à sa réputation littéraire par plusieurs ouvrages de |>oésie du plus grand mérite, entre autres par la traduction des Vénitiens, tragédie d'Arnault, qui venait d'être représentée a Paris ( septembre 1708) avec le plus grand succès. Le traité de Campo-Formio en 1790, en faisant tomber sous l'influence autrichienne les républiques naissantes du nord de l'Italie, fit perdre à Buttura sa place de secrétaire général et le força d'émigrer. Il se fixa en France, où Français de Nantes, directeur des droits réunis et zélé protecteur des gens de lettres, le lit nommer, en l'an 8, professeur de langue et de littérature italienne nu prvtanée de St- Cyr. Les succès et le bien-être qu'il obtint dans sa patrie d'adoption l'engagèrent à se faire naturaliser français, et à refuser de retourner en I Italie pour y occuper la chaire d'histoire et de lit- j tératurc au collège de Mantoue , qui lui fut offerte en 1802. Nommé chef du bureau des archives du département des relations extérieures du royaume d'Italie, établi en France , il mit tant d'ordre dans cotte pan de l'administration, que Napoléon, jour le réconqtonser, le nomma consul général du royaume, à la résidence de Fiume, où il se rendit avec toute sa famille jusqu'à la chute du grand empire. A celte époque, Buttura, mis en disponibilité, revint en France, et trouva dans ses travaux litléraires de l'aisance et de la renommée. C'est en France qu'il a composé presque tous ses ouvrages. Il avait débuté I

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par une traduction de l'Art poétique de Boileau, puis de Ylphigênie de Racine, qui obtinrent les suffrages de tous les connaisseurs et ont eu plusieurs éditions. Il publia ses œuvres sous ce titre : Poésie, Paris, 1811 , 1 vol. in-18. Ce volume contient les poésies lyrique» en l'honneur de Napoléon le Grand, Enée et Lavinie, différentes pièces détachées, parmi lesquelles on remarque une ode sur la mort de lierai* , enfin l'Art poétique de Boileau. Nous citeron» encore son élégie dite le Poêle Buttura , ses odes sur la grossesse de Marie-Louise et la naissance du roi de Rome, une imitation en vers réguliers d'un poème en vers latins par Eloi Lemaire, et que Legouvé a aussi traduit en vers français; son imitation d'un conte d'Andrieux intitulé le Portrait , il Ritratlo, Paris, 1812, in-8" ; enfin, ses deux odes, l'une à la France à l'occasion de la paix continentale, l'autre à la Grèce suppliante, qui lui valut le titre de membre de la société des Philhclléncset qui a été traduite en français par II. Périès. On doit à Buttura plusieurs ouvrages en prose italienne, cnu-c autres un Essai sur l'histoire de la république de Venise, Milan, 1816. Il écrivait avec facilité en français, témoin ses nombreux articles de critique littéraire insérés dans le Répertoire de la Littérature ancienne et moderne. Comme éditeur annotateur on a de lui : 1° Bibliothèque poétique italienne, Pari», Lefèvre, 1820 et suiv., 30 vol. in-12; 2° Bibliothèque de prose italienne, Paris, 1823, in-52; 34 les quatre grands poètes italiens, 8 vol. in-8° ; 4e let Animaux parlants de Casli. Chargé, en 1810, de professer à l'athénée un cours de littérature italienne, il prononça son Discours d'ouverture, Paris, Firniin Didot, 1819, broch. in-8°. Après avoir déterminé l'objet des beaux-arts et fixé les principes qui doivent en régler la pratique, il les appliqua ensuite a la littérature italienne, dont il offrait un tableau rapide en passant en revue les 14», 13*, 16*, 17* cl 18* siècles. Buttura était sur le point de terminer un dictionnaire italien ; il ne restait plus à faire que les deux dernières lettres, lorsque la mort est venue le surprendre en 1832. Le Dictionnaire italien - français et français-italien a néanmoins paru sous son nom la même année. D — R — a»

BUTTURINt ( Matthieu), helléniste italien, naquit ù Salo, dans les États de Venise, le 26 mai 1752. Il fit ses études à Padouc sous le célèbre Césarolli , et il étudia avec beaucoup de zèle le grec et le latin. Son premier essai fut la publication de quelques oraisons funèbres en latin et quelques épigrammes en grec, composition très-difficile, même pour les hommes les plus habiles dans cette langue. 11 suivait dans le même temps un cours de droit, et il Tut reçu docteur en 1773, après avoir fait son stage à Venise, où il exerça |>cndanl vingt ans la profession d'avocat, remplissant en même temps les fonctions d'orateur de la ville de Salo , puis de la sérénissime république. Attaché à ses devoirs par l'honneur, Butturini employait ses heure* de récréation à ses travaux littéraires. Il fut ensuite nommé directeur de l'imprimerie Pepoli , et toutes les éditions qui sortirent alors de cet éiablùsemeat sont estimées pour l'élé-

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pan ce et la correction. En 1785, il publia Matin Butturini.Salodietuii, Carmim, Venise, in-8°. On remarque dans cetta composition de l'imagination, un style pur et de belles pensées. Lors de la chute de la république de Venise , Butturini , ne voulant pas prêter serment à l'Autriche, ae relira dans sa patrie. Mais, les Étals vénitiens ayant été reconquis par Bonaparte, il quitta sa retraite, et fut nommé professeur de littérature grecque à l'université de Pavie. Sa méthode d'enseignement de la langue grecque était facile, claire et précise ; il corrigeait lui-même, avec une extrême douceur, les compositions de ses écoliers ; mais sa chaire fut supprimée en 1809, et il fut nommé à une chaire de procédure civile à l'université de Bologne, on il professa pendant cinq ans. Les événements de 1814 le déplacèrent de nouveau, et il fut appelé k Pavie à lu chaire de littérature grecque. Content de cette position, il espérait à la lin vivre en paix au milieu de sa famille, lorsque la mort lui enleva sa tille unique à la Heur de l'âge. Ce coup fut pour Bulturini romme un arrêt de mort. Il succomba le 28 août 1817, laissant è sa femme plusieurs manuscrits qui n'ont pas été publiés. G— g— y.

BLXBAUM (jEAM-CiinÉTi en), botaniste allemand, né en 1684 , à Mcrscbourg. Son père était médecin dans une petite ville du voisinage. L'habitude de le suivre dans ses courses et de chercher dos plantes avec lui Inspira au fils le gout de In botaniqtie. On l'envoya étudier la médecine à Wittenbèrg, à léna et à Leyde; mais il employa ce temps à acquérir des connaissances en botanique, et négligea la médecine, au point de revenir dans sa patrie sans avoir cherché à obtenir le grade de docteur. A son retour en Saxe, il fit connaissance avec le célèbre médecin Hofmnnn, qui le prit en amitié et le lit appeler à 6t.Péter*bourg par le czar Pierre l". Buxhaum se fit bientôt distinguer en Russie. Le czar lui donna une pension considérable, avec l'ordre de créer un jardin de botanique à Pétersbourg. 11 s'acquitta avec beaucoup de succès de celle commission. Il fut envoyé peu de temps après en Sibérie, à Astracan et jusque sur les frontières de la Perse, pour étudier les plantes de ces provinces. Lorsque le czar eut institué, en 4724, une académie des sciences, il y lit entrer Duxbaum, et le nomma professeur au collège impérial qu'il venait d'établir. En 1726, Imibaum fut envoyé en Turquie, tant pour observa- l'étal du sol, que pour étudier les plantes indigènes. Il y passa seize mois, et eut l'honneur d'approcher du grand vizir et du sultan. A son retour à St-Pétershourg, l'affaiblissement de sa santé lui Ut éprouver le besoin de changer d'air. Il retourna en Saxe, où son père vivait encore ; mais ce voyage ne le rétablit point, et il mourut |»eu de lemps après son arrivée, le 7 juillet I7SO. Sa courte carrière a été fort utilement remplie. On a de lui : 1° Enumeratio plantarum fn agro Hattenti viànisqtu loci$ eresctnUum, Halle, 47*1, ln-8», lig. ; S4 Planlarum minut tognilarum eenturiœ qufngue complectenlti plantai circa Byjantium et inOrienU obumaUu, StrPétmbourg, 4738-40, 5 parties en t

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