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verve et d'originalité, etc. Schiller y paraissait dans les derniers temps. Certes, ce n'est qu'en réunissant au plus rare mérite les grandes qualités de l'esprit et du cœur, que la souveraine d'un petit Ktat est parvenue à rassembler autour d'elle plus de l>eaux génies et d'hommes distingués qu'aucune cour contemporaine. Ce qui prouve que cet heureux ascendant était dû à son caractère personnel plus qu'a son rang et ù son pouvoir, c'est qu'elle le conserva intact depuis l'an 1775, époque où elle déposa l'autorité entre les mains de son fils ainé. Sa maison à Wc'unar, ses retraites champêtres de TicfTurt et d'Fttersburg, continuèrent à être le rendez-vous de tous les écrivains, de tous les voyageurs distingués. M. Mounier fut, pendant plusieurs années, directeur d'un pensionnat qu'elle avait établi dans le château du Bel- ' védére, près de Wcimar. L'n voyage, qu'elle lit en 1788, en Italie, accompagnée de l'auteur de Werther, \ accrut encore son goût pour les arts, et sa cour Tut, ! plus (pie jamais, le rendez-vous de tous les hommes < supérieurs, l'asile du mérite ignoré ou méconnu : héritière des grandes qualités de la maison des Guelfes, et de leur amour pour les sciences, elle eut la gloire d'avoir honoré et encouragé les écrivains d'Allemagne les plus célèbres, après Lcibnilz, qui avait été considéré et protégé par une princesse de sa maison. Herder mourut avant sa bienfaitrice; il ne vit pas la journée du 14 octobre 1808. Amalie en fut témoin, et mourut quelques mois après. S— R.
AMALRIC (Arnaud), 17» abbé de Citeaux, fut choisi, en 1204, par Innocent III, avec Pierre de Castelneau et Arnoul, pour travailler à la conversion des Albigeois, dont la secte faisait des progrès dans le Languedoc et la Provence. Ces trois légats furent revêtus , de pleins pouvoirs dans les provinces d'Arles, d'Aiv et de S'arbonne ; mais leurs prédications eurent d'alxad peu de succès; l'évèque d'Osma, en Castille, qui vint a celte époque, avec St. Dominique, visiter l'abl)é de Citeaux, conseilla aux légats de renoncer à l'apprcd somptueux dont ils se faisaient accompagner, et leur fit entendre qu'ils ne parviendraient à convertir les hérétiques qu'en imitant la simplicité des apôtres. Les trois missionnaires, ayant suivi ce conseil, ne trouvèrent pas les Albigeois plus dociles. Connue l'ardeur des croisades n'était pas encore éteinte dans les esprits, Innocent III imagina de tourner contre les hérétiques les armes qu'on prenait contre les infidèles; et il cliargea ses légats en Languedoc de prêcher une croisade contre Haimond , comte de Toulouse, et contre ses sujets, coupables d'hérésie. A Rialrk se distingua par la chaleur avec laquelle il prêcha une guerre qu'on appelait Y affaire de Jétut- Christ. Comme cette croisade entraînait avec elle [>eu de dangers, et qu'on pouvait gagner les indulgences sans quitter l'Europe, une foule de croisés aimèrent j mieux aller combattre en Languedoc que dans les plaines de la Syrie. On les vit accourir de toutes les provinces de France, et même de l'Allemagne, jurant d'exterminer les Albigeois, auxquels les dévots Allemands avaient donné le surnom de béguins ou pequin*. Les croisés, dont le nombre s'éleva à prés de 500,000 hommes, avaient à leur tète les comtes 1
de Montfort, de Nevers,le duc de Bourgogne, et plusieurs évèques. L'ablié de Citeaux était leur guide et leur COtlstil. Ne pouvant pardonner aux Albigeois d'avoir dédaigné ses exhortations, il échauffa contre eux l'esprit «les croisés, et contribua l>eancoup a faire de cette croisade une guerre d'extermination. A lu prise de Béliers, on lui demanda ce qu'on devait faire, dans l'iuqHissibilité de distinguer les catholiques des Albigeois : «Tuez-les tous, répondit -U, « Diçu connait ceux qui sont à lui. u Les croisés n'avaient pas besoin de cet horrible conseil ; les plus ardents étaient déjà dans la ville, dont ils massacrèrent tous les habitants. 7,000 iicrsonnes, réfugiées dans l'église de Stc- Madeleine, y furent passées au fil de l'é|)ée, sans distinction de sexe, d'âge, ni de religion. Cependant les croisés s'effrayèrent de régner sur des tombeaux, et de conquérir des ruines : maitres de Carcassonne, ils épargnèrent la vie des habitants, et se contentèrent de les faire sortir de la ville en chemise ; condition qui iiourrait passer pour baibarc dans nue autre circonstance, mais qu'il faut regarder comme un trait d'humanité dans une |»areille guerre. Amalric ne fut pas toujours inaitre d'arrêter ainsi les fureurs qu'il avait provoquées, tftant venu au siège de Minerbe, il fut interrogé, comme maître des croisés, sur les articles d • la capitulation. «Je souhaite avec ardeur, répondit-il à o Simon de Montfort, la mort des ennemis de Jésus- « Christ; mais, étant prêtre et religieux, je n'ose opl- « ner |»our faire mourir les assiégés, » II demanda qu'on laissât la vie au commandant, aux soldats, et aux hérétiques renfermés dans la place, s'ils voulaient se convertir. Celte condescendance déplut à un croisé, plus fanatique que les autres, nommé Robert de MaUYOisin, qui dit toul haut u qu'on était venu « pour exterminer les impies, et non pour leur faire « grâce. — Ne craignez point, lui dit alors Amalric; « peu d'hérétiques se convertiront. » Mallteiircusement il ne se trompait point : les Albigeois trouvés dans la place persistèrent tous dans leur hérésie, et plus de cent quarante furent condamnés aux flammes, où ils se précipitèrent eux-mêmes, tant le fanatisme était aveugle de part et d'autre. Amalric conserva le plus grand ascendant sur l'esprit des croisés dans le commencement de cette guerre, ce qui a fait dire faussement à quelques biographes qu'il élait généralissime de la croisade. Ce fut lui qui donna au comte de Montfort, de la part du pape, la souveraineté des pays conquis sur les hérétiques; il lança plusieurs fois les foudres de l'Kglise contre le comte de Toulouse, mit ses Flats en interdit, et força ce malheureux prince à demander pardon à l'Kglise, dans la |Kisture la plus humiliante; il se conduisit même avec tant de violente et d'injustice, qu'il s'attira les reproches d'Innocent III, et fut remplacé dans ses fonctions de légat aitostolique. Le pape lui adressa, ainsi qu'à Simon de Montfort, une lettre dans' laquelle ils étaient accusés l'un et l'autre d'avoir envahi les biens des hérétiques, et même ceux des catholiques. Amalric fut néanmoins nommé archevéque de INarbonnc; mais, né inquiet et remuant, il ne pouvait aimer le repos : il abandonna un diocèse
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qui avait plus que jamais l . soin de la présence de wn chef, et alla en Evjiflgnc faire la guerre aux Maures. 11 a laissé une relation en latin de cette expédition. Reveuu de cette autre croisade, il voulut faire ériger le diocèse de INarbonne en principauté; et , ses prétendons n'ayant \m été accueillies |«ir Simon de Montrort, il abutidonna ses intérêts pour épouser ceux du comte de Toulouse. En 1234, il présidait le concile de Montpellier, assemblé pour écouter les plaintes de Raimond. 11 mourut Tannée suivante, et son corps fut transporte à Citeaux, où les moines lui lirent ériger un mausolée. M— D.
AMALRIC (Aiukhi), historien ecclésiastique du 14* siècle, dédia au |sq»e lilmin V, élu en 1302, une histoire des papes, sous le litre «le CAromron pontificale, pour laquelle il se vantait d'avoir consulté plus de deux cents écrivains. Cette histoire va jusqu'au pape Jean XXII. D — t.
AMALTHÉE (Paul), le premier de ce nom et de cette famille qui se soit illustré dans la carrière des letu-es, naquit a Pordenonc, dans le Frioul, vers l'an 1400; il entra dans l'ordre des frères mineurs, et fut professeur de belles-lettres dans sa patrie, puis à Dellune, à Trente, et enlin à Vienne en Autriche, où il fut couronné poète |»ar l'empereur Maximilicn, honneur qu'il mérita par ses poésies latines, dont quelques-unes ont été imprimées; les autres sont restées manuscrites à Venise, dans la bibliothèque de St-Mieltel de Murano. Paul Amallhée fut assassiné à Vienne en 1517, sans que l'on ait pu savoir comment, ni | m ii m quel motif. G — É.
AMALTHÉK ( MauoAntoiNb ) , frère du précédent, naquit en 1475, et se lit aussi connaître par ses talents poétiques en Autriche et en Hongrie. Il fut ensuite professeur dans plusieurs villes du Frioul, et amoral à Pordenone, en 1588, Agé 85 ans. On conserve, en manuscrit, un volume entier de ses IKR'sic* latines, à Venise, dans la même bibliothèque qui possède celles de Paul. G— k.
AMALTHÉE (Frasçois), frère cadet des deux précédents, se disdngua comme eux |wr son talent poétique, et professa, comme eux. les bcllès-lctïres à Pordettone, a Oderzo, A Sacile. On trouve un petit |HM'me ladn de hd dans le ± volume du premier Recueil d'optucuiet de (^logera. Il écrivit aussi, en latin, des harangues et quelques dissertations historicollttéraires ; mais il se rendit, dans un autre genre, plus utile à la société que ses frères ; il se maria en 1505, et de ce mariage sortirent les trois Amaltliée qui ont donné à ce nom le plus d'éclat. G— Ë.
AMALTHÉE (Jérôme), né en 1506, lils aîné de François, lut médecin, philosophe, et célèbre poêle latin. 11 enseigna pfndhnt plusieurs années la médecine et la philosophie morale dans l'université de Pa~ doue, revint ensuite dans le Frioul, et professa dans plusieurs villes jusqu'à sa mort, arrivée le 24 octobre 1574. H laissa deux lils, Octave et Attilius, dont il sera |*rlé plus bas, et une fille, qui épousa Jérôme Aléandre, le jeune. {Voy. AmUnore. ) Le savant Muret reconnaissait Jérôme Amallhée pour le premier poète et le plus habile médecin de l'Italie. Ses poéii«s parurent d'abord éparscs dam plusieurs recueils,
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et furent ensuite réunies avec Telles de ses deux frères, par Jeaii Matth. Toscano, dans ses Carmina itlustrium poetarum itulorvm, Paris, 1570. Alcandre les lit réimprimer, avec les siennes, à Veuise, en 1027, m s . Enlin, le savant G revins en donna une édition à Amsterdam, chez VVesten, 1684, in-12; elles y reparurent, en 1718, in-8°, et furent insérées depuis, avec la préface de Gr.Tvius, dans la Itelle édition des «ruvres latines de Sannazar, Amsterdam, 1728, in-8", qui fait suite aux éditions Varn>rum. C'est de Jérôme Amaltliée qu'est cette charmante épigramme, tant de fois traduite dans toutes les langues, et que Muratori trouvait si parfaite, qu'il ne pouvait croire qu'elle ne fut pas une tradjuction <Ju grec ( Délia perfella l'oesia ilaliana, t. 2, p. 411 ) :
Lnmino Acon dextro, capia est Leonilla siiiislro : Et pott rai forma vincere ut^rque Deos.
Pnrvp puer, lumen quod habes concède sorori , Sic tu cspcus Amor, sic erit 111a Venus.
Le P. rsïceroii, Moreri, et plusieurs autres auteurs français, ont |«rlé de Jérôme avec beaucoup d'éloges. On peut voir aussi ce qu'ont dit de lui, et des autres Amallhée, Mazzuchclli, et Lirati dans ses \, lices des Écrivains du Frioul. — Octave Aualthëe, fils ainé de Jérôme, né à Oderzo, en 1545, après avoir professé la philosophie à Padoue, prit, comme son |>ère, l'état de médecin, et mourut à Venise, âgé de 85 ans. On a de lui quelques ouvrages en prose et en vers, imprimés dans le Hecueil d'opuscules scientifiques et philologiques de Calogera. — Âtlilius, second lils de Jérôme, né à Oderzo en 1550, prit l'état ecclésiastique. Grégoire XIII lui confia des emplois distingués, et Clément \ III, plusieurs nonciatures importantes; il hit fait archevêque d'Athènes, et mourut à Rome, en 1655. G— É.
AMALTHÉE (Jban-Baptjste), frère de Jérôme, naquit à Oderzo eu 1525. Les bonnes études qu'il lit a Padoue le mirent en état d'être appelé, dès l'âge de vingt ans, à Venise, pour y instruire dans les lielles-letlres les enfants de la noble et riche famille Lippomano. Il continua d'étudier avec une égale ardeur les trois langues, grecque, latine et italienne, la philosophie, la théologie et la jurisprudence. Etant passé en Angleterre, en 1554, à la suite de l'ambassade vénitienne, il fut secrétaire de la ré publique de Raguse, puis appelé à Rome, et secrétaire du pape Pie IV ; il était, en 1567, à Milan, avec le fameux cardinal Charles Rorromée; il mourut à Rome, en 1575, n'étant âgé <pie de 48 ans. Ses poésies latines ne le cèdeut en élégance à celles d'aucun autre |»oête de son temps; elles furent réimprimées, avec celles de ses frères, dans les éditions de Paris et d'Amsterdam citées à l'article précédent, et depuis encore, à Bergaïue, en 1755, par le savant abbé Serassi, qui y a joint un éloge historique de Jean-Baptiste Amallhée. Quelques-unes de ses épigrammes latines ont olé traduites en vers italiens par J. B. Vicini, et publiées avec la traduction du Temple de Gnidc de Montesquieu, du même poêle, Londres ( Venise ) , 1 761 . G - À.
AMALTUEE (Comneijlue), frère puîné de Jé-
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rôme «'l de Jean -Baptiste, né à Oderzo vers l'an 1530, fut médecin et poêle. La république de Raguse le prit pour secrétaire, après son frère Jean-Baptiste. Il repasvt en Italie en 1501, et fut appelé à Rome |Kir l'an) Manuce, pour l'aider dans le travail que lui avait conlié Pie IV, et qui consistait à rédiger, dans le latin le plus pur, le Catéchisme romain, pour la belle édition qui (tarut la première année du puni ilir.it suivant. Borna, inAîdibut populi romani, apud Paulum Manutium, 1566, in-fol. Corneille Amaltbéc mourut en 1(503; ses poésies ont été imprimées, avec celles de ses deux frères, dans les recueils cilés ci-dessus. On y distingue surtout son poème intitulé : l'rbit Venetiarum Pulchritudo, dhinaque 6'u«forfùi,qui est le premier, etlcseoond, adressé àJean d'Autriche, commandant de la Hotte chrétienne combinée, intitulé Proteut, où il prédit poétiquement la victoire de Lépantc, ou plutôt de Curzolari, connue l'ap[iellent les auteurs italiens. Ce poème fut d'abord imprimé seul, en 1572, à Venise, in-40. G — É.
AMAMA (Sixtim > , théologieu protestant du 17e siècle, né dans la Frise occidentale , fut élevé à l'université de Franeker, sous Drusius, et s'y instruisit dans les langues orientales. Vers l'an 1013, il voyagea en Angleterre, vint à Oxford, résida quelque tenqis dans le collège d'Exeler, et enseigna l'hébreu dans l'université ; de retour dans son pays natal , il fut nommé professeur d'hébreu à l'université, et y demeura jusqu'à sa mort. 11 rejeta l'offre que l'université de Leyde lui lit de la cliairc qu'avait occupée Erpénius, un des plus savants orienialisles de ce siècle. Le premier ouvrage d'A mania fut une critique de la version du Pentateuque , dite la Vulgate; on l'imprima en 1020, in-4", à Franeker, sons le titre de : Censura Vulgatœ lalinte editionit Penlatcuchi. Il méditait un ouvrage plus considérable , dans lequel il se proposait de censurer généralement la Vulgate , déclarée authentique par le concile de Trente; mais il interrompit ce travail , pour conférer la version hollandaise des Ecritures avec les originaux et les meilleures traductions. Le résultat de ses travaux fut mis sous les yeux du publie, dans un livre écrit en hollandais, et intitulé : Byltrltchr ('on fe rende , Amsterdam, 1623. Informé que le savant P. Mersenne avait entrepris la défense de la Vulgate , et écrit une réfutation de la critique sur les six premiers chapitres de la Genèse, il reprit son premier dessein , en 1027, publia une lettre au P. Mersenne, et, en 1628, un ouvrage sous le litre d' Antibarbarut Biblicxu, contenant une réplique plus étendue, et une critique de la version vulgate des livres historiques de l'Ancien Testament, de Job, des Psaumes, des livres de Salomon, et quelques dissertations détachées. Ce livre fut réimprimé en 1636, augmenté tic la critique de Ih même version des prophéties d lsaie et de Jcrémie. Amama écrivit aussi une dissertation, sous le titre de : de Komine Teiragrammatn, publiée in-8°, à Franeker, en 1020. Les tra\aux d'Aman» attirèrent l'attention sur l'étude de la Bible ; et , depuis ce temps , plusieurs synodes ordonnèrent qu'on ne serait point admis dans le clergé sans avoir au moins quelque
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connaissance de la Bible en hébreu, et du Nouveau Testament en grec. Lorsque Amama vint à l'université de Franeker, l'ivrognerie et la débauche y étaient des vices très-communs. Lui-même déclare que tous les nouveaux venus étaient enrôlés au service de Bacchus, en grande cérémonie, et obligés de jurer, par une statue de bois de St. Etienne, qu'ils dépenseraient tout leur argent. Si quelqu'un des étudiants avait plus d'égard au serment qu'il avait prêté au recteur de l'université qu'à cette initiation bachique , les autres le tourmentaient de telle sorte, qu'il était forcé de quitter l'université. Amama contribua beaucoup à détruire ces abus punissables, et les attaqua tres-énergiquement dans un discours public, en 1621. Les habitants de la Frise avaient pour lui tant d'attachement, qu'après sa mort, arrivée en 1029, ils se montrèrent très-généreux envers ses enfants, ainsi que Nicolas Amama, l'un d'eux , le reconnaît dans l'épltrc dédicatoire d'un ouvrage qu'il publia, en 1651, in-tf», sous le titre de Dissertaliotium marinarum Deeas. D — t.
AMAN , Atnalécite , descendant du roi Agag , qui régnait au temps de Saûl. Devenu le favori d'Assuérus, roi de Perse, il fut élevé par ce prince au-dessus de tous les grands de sa cour, et il était ordonné à tous ceux qui se présentaient sur son passage de fléchir le genou devant lui, chaque fois qu'il entrerait au palais, ou qu'il en sortirait. Le juif Mardochée fut le seul à s'y refuser. Aman, qui avait hérité de l'ancienne Haine de sa nation contre la jKistérité de ceux qui l'avaient chassée de la Palestine , conçut dés lors le projet d'assouvir sa vengeance contre Mardochée , par la ruine de tout le peuple juif répandu dans la vaste étendue de l'empire d'Assuérus. Il représenta ce peuple, au monarque, comme étant extrêmement dangereux pour l'État, par sa prodigieuse multiplication , par son opiniâtreté à vouloir se gouverner selon ses lois particulières , par sa persévérance à pratiquer une religion exclusive, différente de celle des autres sujets; et , pour trancher la difficulté qui pouvait naître du vide que la perte de tant d'hommes industrieux opérerait dans le trésor public , il offrit de le combler par la somme immense de 10,000 talents d'argent de son propre bien. Aman obtint donc un édit adressé aux gouverneurs des provinces pour faire exterminer tous les Juifs à un jour marqué. Cet édit , publiquement affiché dans la ville de Suze, capitale de l'empire, jeta la consternation parmi tous les individus de cette nation qui s'y trouvaient en grand nombre. La reine EsUier réussit à le faire révoquer. Le nom de Mardochée rappelant à Assuérus le service signalé qu'il en avait reçu, par la découverte d'un complot formé dans sa cour : « Que « doit-on faire , dit-il à Aman , pour honorer un a homme que le roi désire combler d'honneurs? • Aman , convaincu qu'il était l'objet de cette question , n'hésite pas à répondre qu'il faut que cet homme , revêtu de la pourpre royale , la tète ceinte du diadème, monté sur un cheval du roi , soit promené en triomphe dans toute la ville, précédé du premier des grands de la cour, qui, tenant les rênes
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de son cheval , crie dans les nies et sur les places publiques : » Voilà les honneurs qui sont dus à « relui que le roi prend plaisir à honorer. » « Eh « bien , reprit Asstiérus, tous ces Itonneurs sont « pour Mardochée, hdtez-vous de l'en faire jouir. » Aman , confus, humilié, fut obligé d'aller prendre Mardochée à la jwrte du palais, et de présider luimême à la pompe triomphale dont il s'était d'almrd cru le héros. Celte première disgrâce ne fut que le prélude de la terrible catastrophe qui devait consommer sa chute. Aman , prosterné aux pieds d'Esther, incliné sur son sopha pour lui demander grâce, est surpris dans cette attitude par Assuérus, qui croit qu'il voulait attenter à l'honneur de la reine. L'ordre est aussitôt donné , et promptement exécuté , de le pendre à une potence de 50 coudées , que l'orgueilleux favori avait fait dresser dans la cour de son plais, pour le supplice de Mardochée; ses biens furent confisqués au profit de la reine, et la mort de ses dix enfants suivit de prés la sienne. I*a mémoire de ce grand événement , arrivé l'an 455 avant J.-C, fut consacrée par l'institution d'une féte annuelle, qui se célèbre encore aujourd'hui chez les juifs. Elle dure trois jours, commence par un jeûne rigoureux , et se termine par une orgie , qui l'a fait confondre avec les bacchanales des païens. On s'y livre surtout aux excès de la boisson , parce qu'on suppose qu'Esther, pour se rendre Assuérus favorable, avait cherché à l'égayer, en le faisant boire au delà de sa mesure ordinaire. Pendant cette féte, on lit le livre d'Esther dans les synagogues, et , chaque fois que le nom d'Aman est prononcé, on liât des mains et des pieds , les enfants frappent sur les bancs avec des maillets, et, au milieu de ce bruit, la voûte des synagogues retentit des cris de malédiction contre Aman. T — D.
AMAND (Saint), évéque de Bordeaux, sa patrie, succéda dans ce siège à St. Delphin, en 402 ou 403 au plus tard. Il gouverna cette Église avec tant d« zèle et tant de vigilance , qu'il fut regarde comme un des plus saints prélats de son temps. St. Amand eut l'avantage de convertir St. Paulin , depuis évéque de Noie, et de l'instruire des vérités de la foi. On ignore l'époque de sa mort et le nom de son successeur ; car l'histoire de sa démission en faveur de St. Séverin de Cologne, quoique rapportée par Grégoire de Tours, est un conte apocryphe, réfuté par les meilleurs critiques modernes. De tous ses écrits, qui avaient mérité les éloges de St. Paulin , il ne nous reste que le précis d'une de ses lettres, dans une de celles de St. Jérôme, à qui elle était "adressée. C'est sans fondement qu'on lui attribue la conservation des ouvrages de St. Paulin , qu'il précéda vraisemblablement dans le totul>eau. (Voy. VHiil. littrr. delà France, t. 2, p. 177.) T — D.
AMAND (Saint), né dans le pays nantais, embrassa la vie religieuse dans un monastère de la petite Ile d'Oye , près de celle de Rbé. Son zèle pour la conversion des païens le conduisit dans la Belgique, où son apostolat eut les plus heureux succès. Pour mieux assurer ses conquêtes spirituelles, il y fonda plusieurs monastères devenus
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j célèbres; à Gand , celui de Blandinberg, depuis l'abbaye de Sl-Pierre, et celui de St-Bavon , érigé en cathédrale au milieu du 10* siècle ; aux environs de Tournay, celui d'Elnon , sur la rivière de ce nom , plus connu sous celui d'abbaye de St- Amand. Élu , malgré lui , évéque de Tongres, en 628, il se démit au bout de trois ans de cet évêché, en faveur de St. Bemacle, pour reprendre ses travaux apostoliques, jusqu'à ce que, accablé de fatigues, il se relira dans son monastère d'Elnon, qu'il gouverna encore pendant quatre ans, en qualité d'abbé, et mourut en 679. Sa vie , écrite par Baudemont, se trouve dans les Bollandistcs. T— D.
AMAND (Pierre), chirurgien de la communauté de St-Côme, naquit à Riez en Provence, dans le 17e siècle, et mourut à Paris, en 1720. 11 se livra surtout à la pratique des accouchements, et publia des olwer val ions sur cette branche de l'art, I*aris, 1715, 1715, in-8°. Il imagina une sorte de lilct propre à lirer la tête de l'enfant, dans le cas d'enclavement ; mais une pratique plus heureuse y a substitué le forceps. C. et A — N.
AMANDUS (/Bneus Salvils), général romain, vers l'an 285 , commandait dans les Gaules, sous Dioclélien , avec Auléus Pomponius jElianus ; tous deux , n'ayant pour adhérents que des paysans et des bandits, eurent l'audace de se faire proclamer empereurs. On prétend que ce fut leur révolte et les troubles qui la suivirent qui déterminèrent Dioclétien à se donner pour collègue Maximien, depuis longtemps son ami. Ce nouvel empereur, qui joignait à de grands vices beaucoup de bravoure et d'activité , se rendit aussitôt dans les Gaules , et , rassemblant les troupes qui s'y trouvaient , il attaqua sur-le-champ les ennemis. Ces paysans s'appelaient bacaudes ou Bagaudet, du nom d'un château situé à une lieue de Paris, qu'on a depuis appelé St-Maur-des-Fossés. Les Bagaudcs, après avoir été battus en rase campagne , se réfugièrent dans le château, et s'y défendirent longtemps contre Maximicu. Il parvint cependant à s'en rendre mai- Ire, et le fit démolir. Amandus périt dans cette guerre ; mais les historiens ne donnent aucun détail sur sa mort. Ils ne disent point non plus ce que devint JElianus. D— t.
AMANIEU DES ESCAS, troubadour du 15« siècle, qui vécut à la cour de Jacques II, roi d'Aragon : l'abbé Millot pense qu'il était de la famille d'un Giraud d'Amanicu , chevalier gascon , qui , en 1217, vint au secours du comte de Toulouse, contre Simon de Montfort ; quoi qu'il en soit , ses ouvrages annoncent qu'il tenait un rang distingué, et qu'il était très-attaché à la maison d'Aragon. Les quatre pièces qui nous restent de ce troubadour prouvent qu'il était prolixe , et ne faisait pas grâce des plus peiits détails; l'une de ces pièces est une esjiêce d épltre ù sa maîtresse ; elle porte la date de 4278, et parait d'autant plus longue, qu'elle ne contient guère que des lieux communs. L ne autre pièce ou wn (c'est-à-dire poème), dans laquelle Amanieu peint les tourments de l'absence , mérite d'être remarquée , parce qu'il y cite un grand nombre de
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proverbes, dont la plupart s'emploient encore clans la conversation familière. L'ne troisième pièce contient dus instructions |mur un jeune dunwincnu , nom que l'on donnait aux entants des soigneurs et des chevaliers '. il y a peu de conseils solides dans cette instruction, mais l'on y trouve des détails précieux sur les mœurs du temps, et quelques aperçus qui ont de la finesse ; ces détails sur les usages, les vêtements, les manières, se lisent en plus grand nombre encore dans les leçons qu'il donne à une demoiselle de qualité, qui était au service d'une grande dame ; et, quoique ces conseils ne puissent convenir aujourd'hui qu'à une fournie de chambre, on est bien aise de voir qu'à quelques nuances près, les usages sont toujours les mêmes. Ces quatre poèmes annoncent un homme qui a l'habitude du monde, et le défaut trop ordinaire aux poètes, celui de ne pas savoir se borner. P — x. AMANT. r'«yea Saint-Amant.
AMA H ( J.-P. . l'un des hommes les plus exaltés et les plus cruels d'une époque où il y eut tant d'exaltation et de cruauté, était né à Grenoble vers 1730, dans une famille estimée et jouissant de quelque fortune. Devenu avocat au parlement et trésorier de France (i), il semblait n'avoir d'autre destinée «pie celle d'une vie paisible dans l'ordre de choses existant. Lorsque la révolution éclata, il parut assez bien comprendre sa position et en blâma hautement les excès; mais lorsqu'il vil lemouvement révolutionnaire se développer avec plus d'intensité et de force, il H langea brusquement de système et se livra sans réserve à toutes les déclamations . à tous les lieux communs de l'époque. 11 réussit ainsi à se faire nommer député à la convention nationale par le département de l'Isère (septembre Son début dans cette
assemblée fut une dénonciation contre les aristocrates, les prêtres et les nobles du département du Has-Ithin. Il se montra dans le procès de Louis XVI un des eunemis les plus acharnés de ce prince ; et après avoir combattu Lanjuinais, qui contestait à la convention le droit de le juger, il vota pour la mort, sans appel et sans sursis. Dans la séance du 21 janvier, au moment même où s'exécutait la terrible sentence, nou loin de la tribune où parlait Amar, il demanda l'arrestation de tous ceux qui tiendraient des discoure suspects. Dans la séance du 10 mars suivant, il appuya la création d'un tribunal révolutionnaire proposée par Lindet, et dit que cette mesure pouvait seule sauver le peuple. Le 21 mai. il déclara liautement que Kellerinann, qui venait d'être nommé au commandement de l'armée des Alpes, avait perdu la ronlianre des bons citoyens, et plus tard il dit qu'il fallait faire tomber la tète de ce général infAnu. On conçoit que de pareils discours lui acquirent de l'influence dans une telle assemblée. Coiilre l'usage, il fut envoyé commissaire dans son propre département ; et longtemps avant la loi des suspects, il y lit arrêter un grand nombre de suspects, même dans sa famille. Ayant eu avec Merlino une
(•) Il avait .cliet* cette rli^c, qui feuuii I» aoblcw, yen de (rw|n txtu\ la révolution.
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mission semblable dans le département de l'Ain, il y usa de la même rigueur, et en |»eu de jours cinq cents personne!» furent emprisonnées par ses ordres. On n'était point encore accoutumé dans toutes les parties de la France à de pareilles iniquités, et les habitants du département de l'Ain crurent qu'il leur suffirait d'en informer la convention nationale pour que celte assemblée y mit un terme. Une députation lui Tut envoyée, et, dans la séance du 19 mai 1793, cette députation vint exposer à la barre que des vieillards, des femmes et des enfants étaient entassés dans des cachots, sans discernement et sans motifs; qu'une femme qui n'avait jamais eu d'en fan U avait été emprisonnée pour avoir fait passer des secours à son fils émigré... Le président répondit froidement que les devoirs de la convention étaient de venger les droits de l'homme. Sur le rapport de Phelippeaux, la pétition fut renvoyée au comité de sûreté générale (1), et quelques jours plus tard Amar était membre de ce même comité; et l'ex-député I'opuhis, qui avait été l'orateur de cette députation, porta sa tête sur l'échafaud 1 (Voy. Poi»ui.us.) Ce ne fut ccpendant qu'après la chute de la Gironde qu'Amar acquit une grande influence. Il s'était montré un des plus ardents à combattre ce parti ; après sa défaite, il fut encore un des plus acharnés à le poursuivre. Ce fut lui qui fit décréter d'accusation Buzot, Duprnt, Mainviellc ; et ce fut encore lui qui, le 3 octobre, se chargea, au nom du comité de BÙreté générale, de proposer un pareil décret contre quarante et un de ses collègues, Ycrgniaux, Guadct, etc. Le long rap|K>rt qu'il fit pour demander ce décret est un m» miment d'absurdités et d'horribles mensonges. Des députés qui, par tous leurs discours et toutes leurs actions, avaient amcué le renversement de la monarchie, rétablissement de la république, y furent présentés comme des royalistes, des vendéens, des agents do l'Angleterre, de tous les rois de l'Europe, même de Louis X VI , que la plupart d'entre eux venaient de con-
(I) Celte million fui Imprimée a Paris par Froollé, In-s* do IS pp». Amar écrivait le 80 avril au directoire du département de l'Ain : « Toul ce que des détenus pour cause de Suspii ion ncu- « «MM dire pour te jusliBer, tJ ritn, ce doit être de même : il n'y « a m procès ni formalités a observer pour les séquestrer. \* ta- « lut public, le* circonstances, nous déterminent a vous Interdire N IMHH enquêtes, rte. » Amar et Merlino avaient ordonne et fait exécuter cinq cent» arrestation», et il* écrivaient le 1« mai aux administrateurs du département : « S'il nous restait quelques rrfrrrt», n ce serait de ne |«w avoir douHè la mesure. Vous vern i inec*- « «animent que la convention, loin de faire droit a votrr adresse. « rendra un décret qui tous obligera a rechercher jusqu'aux mom- « dres (aspirions. » Kn même temps, ils prirent un arrête portant, art. a : m Toutes personnes dénoncées par six citoyens |«.ur fait « u innntme seront tns, rites sur ta liste ne» Hoioiremetu smptiices « et regardées comme complice» des révoltes de la Vendée, u Tel était le langage, et telle était l'horrible eialtatmii d'Amor. Il prétendait, comme ou l'a dit aussi nouvellement, que la légalité tuait; qu'on ne pouvait appliquer plusieurs articles de la dcilaralion des droits de l'homme, entre autres celui qui veut que nul uc tmt iuauirti. etc.; et relui qui déclare libres Itt «piuions rclifieuses; et celui qui porte qu'un prérenu sera interroge dans Itt im«t-*%atre heure* île sa dMeatioa. «Nous nous npomeron*. ei rivait-il, a ce « que nos ennemis profitent des actes de bonté, Ae jwilhe et de « clémence consignés dans nos lois. Le directoire ignore sans doute « que les mots de ralliement de nos ennemis du dedans HUM It hm « Un ei le fwadis, et*., etc. » V— te.
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damner h mort ! et c'était avec les traîtres Lafayette
et Nnrbonne, avec Rœderer, Dumouricz et le duc d'Orléans qu'ils avaient ainsi conspiré ! Ces députés fur? ii i pour la plupart arrêtés par les soins d'Amar, et presque tous périrent sur l'échafaud. On peut diro qu'il hit leur juge, leur geôlier et presque leur bourreau. Après avoir (hit arrêter Dupntt et Mainvielle, il alla lui-même, accompagné de quelques sbires, saisir les deux frères Rabaud daus une maison du faubourg Poissonnière où ces malheureux se tenaient cachés, et il fit aussi arrêter ceux qui leur donnaient asile : presque tous périrent sur l'échafaud. Ce fut encore le farouche Amar (I) qui, à la suite d'un rapport aussi altsurde et aussi cruel que celui qu'il avait fait contre la faction de la Gironde, lit décréter d'accusation et traduire au tribunal révolutionnaire ses collègues Bazirc, Chabot, Delaunay, Fabre d'Eglantinc et Julien. Pour ceux-ci, l'accusation de royalisme était encore plus extravagante; elle fut cependant articulée; mais le princqial motir qu'Amar énonça dans son rapport était fondé sur des opérations de finances et d'agiotage. Après les avoir fait emprisonner au Luxembourg, il ne permit pas même à leurs collègues les plus intimes d'aller les voir; personne dans rassemblée n'osa prendre leur défense, et des révolutionnaires fougueux, des hommes qui avaient le plus contribué a fonder la république, aecusés (>ar Amar, périrent sur l'échafaud sans la moindre opposition.On peut affirmer que la plupart des condamnations, des arrêts de mort alors prononcés, furent provoqués ou signés par le député de l'Isère. Hébert seul eut a cette époque le courage de l'attaquer au club des cordeliers ; et ce que l'on ne pourrait croire, si on ne le lisait dans le Moniteur et dans tous les journaux du terni», c'est qu'il l'accusa du protéger les aristocrates et les nobles ; d'avoir acheté pour2(M),000 francs une charge qui l'anoblissait. Cette attaque n'eut point de résultats : le parti des cordeliers fut renversé peu de temps après, et l'imprudent Hébert porta sa tête sur l'échafaud. Amar, devenu président, put débiter a son aise en face de la convention nationale des maximes de philanthropie et d'humanité, en lui {Mirlant de J.-J. Rousseau et de ses vertus... (Séance du 1(1 avril 1794. ) Cependant son pouvoir allait bientôt cesser, et la fin du gouvernement de la terreur approchait. Pour croire à l'opposition de ce fougueux montagnard contre Robespierre, il faut bien connaître Unis les secrets mobiles de cette révolution du 9 thermidor; il faut bien se rappeler que Robespierre depuis plus d'un mois s'était séparé des comités', et surtout du comité de sûreté générale; qu'il voulait donner une autre direction à la révolution ; qu'il allait rejeter tous les torts de cette époque sur un petit nombre d'hommes tarés et rouverts de crimes. ( Voy. RflUSMBBlE. ) Amar était un de ces hommes que le dictateur voulait perdre et que la peur seule réunit contre lui. ( Voy. Tai.men, Bourdon de l'Oise et Fouciié. ) Ainsi s'expliquent la résistance d'Amar dans la journée du 9 thermidor, et le courage qu'il eut de parler contre le fameux dis-
(<) On lui KHI donné ce sonwra.
cours prononcé par Maximilien dans la séance du 8.
C'était donc évidemment dans l'intérêt de sa sûreté personnelle qu'il s'était ainsi pour un iusianl joint au parti tbermidorien. Ce parti ne tarda pas à l'accuser lui-même ; et, dans la séance du 1 i fructidor an 2, Lecointre de Versailles ayant dénoncé tous les membres des anciens comité* de salut public et de sûreté générale, Amar fut compris dans cette dénonciation. Lecointre désigne même son secrétaire Leymerie comme ayant servi, d'espion ou numlun dans les prisons, et de faux témoin liabituel devant le tribunal révolutionnaire. Amar fut encore dénoncé dans d'au 1res occasions, et chaque fois il s'excusa avec autant de lâcheté que d'hypocrisie ; mais signalé enfin comme l'un des chefs de la révolte du 12 germinal an 3 (avril 1795) contre la convenliou nationale, il fut envoyé prisonnier au château de Ham, d'où l'amnistie du 4 brumaire suivant, prononcée en faveur des délits révolutionnaires, le fil bientôt sortir; mais avant la (in de l'année il se trouva encore compromis dans la conspirai ion de Babeuf (voy. ce nom ), et le directoire le traduisit avec ce démagogue devant la haute cour de Vendôme. En présence de ce tribunal, Amar affecta d'abord, avec une incroyable hypocrisie, les formes les plus polies et les plus humbles ; mais changeant tout à coup de langage, il lit ouvertement l'apologie de sa conduite révolutionnaire. On l'entendit, dans la séance du i floréal (mai 1797), dire, sur le ton du plus effronté déclamateur, qu'il ne voyait rien de plus grand, de plus politique, que la journée du 31 mai ; que les massacres de septembre étaient justes ; que le gouvernement révolutionnaire et la loi des suspects avaient sauvé la patrie ; qu'un des plus beaux jours de la France était celui où le tribunal révolutionnaire avait acquitté Marat,elc., etc. Enfin il se conduisit avec tant d'indécence et d'audace, que l'on fut un jour obligé de le reconduire dans sa prison. Le jugement qui condamna Babeuf renvoya Amar devant le tribunal de la Seine ; mais cette partie de l'arrêt ne fut point exécutée, et le député de l'Isère continua de vivre paisiblement dans la capilale. Ce fut en vain que Merlin de Thionville demanda que, par une espèce de mouvement de bascule, il fût déporté après le 18 fructidor. Amar vécut dans l'obscurité pendant toute la durée du gouvernement impérial, et il était encore dans la capitale à l'époque du retour des Bourbons en 1815. I .i loi d'exil contre les régicides ne put l'atteindre, parce qu'il n'avait point accepté d'emploi ni prêté de serment sous le gouvernement de ISapoléon. Cet homme cruel, et qui avait fait périr tant de malheureux, mourut paisiblement dans son lit au milieu de l>aris,en 1816, sous le règne du frère de Louis XVI. H avait é|>ousé |»ar reconnaissance une ouvrière en linge chez laquelle il s'était tenu caché dans le temps des iwursuites dirigées contre lui par le parti thermidorien. M— n j.
AMAHA -SINfiIIA , savant indou , conseiller du célèbre rajah Vikrnmaditeya , et qui florissait conséquerament dans le 1r' siècle avant J.-C. 11 est auteur du dictionnaire sanscrit le plus exact et
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surtout le plus complet que l'on connaisse. Ce dictionnaire, intitulé: Amara k'oeha (Trésor d'Amara), est divisé en sections, et non par ordre alphabétique. On y trouve successivement les noms des dieux , des astres , des éléments , des objets impalpables, des sciences, des couleurs, de la terre, du monde , des montagnes, des fleuves, des arbres, des plantes, des animaux, des nommes, des tribus indiennes, des sacriliecs, de l'agriculture, etc. , etc. La dernière section , intitulée : Nanartha-Varga , contient les mots qui ont plusieurs significations. Les adverbes et les mots indéclinables forment la section intitulée : Avia-Varga. Ce célèbre dictionnaire est écrit en vers : il en existe des traductions ou explications en différentes langues indiennes, telles que le tamoul , le malabar, etc. Dans le midi de l'Inde, il y a une glose de ce dictionnaire, connue sous le nom de Tamouch-Koutla. Le P. Paulin de St- Barthélémy en publia, à Rome, en 1798, la première partie, en caractères tamouls, sous ce titre : Amara-Singha , sectio prima , de cœlo , ex tribut inedilis codicibus manuscriplis, ftomœ, apxtd Fulgonium, in-4°. Quoique ce volume ne soit pas trèsconsidérable, ce n'est pas un des ouvrages les moins importants du P. Paulin. Nous possédons à la bibliothèque royale un exemplaire - du dictionnaire d' Amara-Singha, sous les n°' 55, 58, 59 du catalogue des manuscrits sanscrits. L— s.
AMAKAL (André) , Portugais , chancelier de l'ordre de Sl-Jcan de Jérusalem, était plein de courage et liabile dans la marine, mais envieux et lier. Chargé, en 1510, avec le commandeur Villiers de l'Isle-Adam, d'une expédition contre la (lotte du soudait d'Lgyptc, il mit en mer avec les galères de la religion , et eut avec son collègue de violents démêlés, qui auraient fait échouer l'entreprise, si Villiers de l'Isle-Adam, plus modéré, n'ci'.t cédé à l'avis d' Amaral, qui fut, au reste, couronné d'une victoire complète. A la mort de Fabrice Carettc, grand maître de l'ordre, Amaral demanda avec hauteur cette dignité ; mais sa présomption et le mépris qu'il faisait de ses rivaux lui attirèrent un refus unanime, et les surnages se réunirent en faveur de Villiers de l'Isle-Adam. Amaral en fut outre, et, dans sa colère, il lui échappa de dire que l'Isle-Adam sciait le dernier grand maître qui régnerait à Rhodes. On prétend qu'ayant gagné un esclave turc, il l'envoya à Constantinople, |>our exhorter Soliman à former le siège de Rhodes. Celte place, dont les Turcs ambitionnaient depuis longtemps la jwssession, ne tarda pas à être investie par les forces de terre et de mer. On croit que Soliman, fatigué de la résistance courageuse des chevaliers de Rhodes, aurait levé le siège, si Amaral ne lui avait fait connaître |>ar des avis secrets les endroits les plus faibles de la place, et ne l'eût informé que les assiégés manquaient de vivres et de munitions. De violents soupçons s'élant élevés contre Amaral, il fut arrêté par ordre du grand mailre, et appliqué à la question, sur la déposition de son propre domestique. Il soutint la torture, et s'obslina à ne rien avouer ; ce qui ne put le soustraire à la mort. Condamné à avoir la tète tranchée, il vit
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les apprêts de son supplice avec calme, et mourut le 5 novembre 1522. « Les services qu' Amaral avait « rendus à la religion, dit Vertot, sa fermeté au mi- « lieu des plus cruels tourments de la question, tout a cela aurait pu balancer la déposition d'un domes- « tique; et peut-être qu'on n'aurait pas traité si ria goureusement le chancelier de l'ordre, si, quand « il s'agit du salut public, le seul soupçon n'était « pas, pour ainsi dire, un crime que la politique ne « pardonne guère. » B — p.
AMARAL ( Anton io-Carta no do), savant portugais, connu par ses recherches sur l'histoire de la législation de son pays, né vers 1755 et mort à Lisbonne en 1820, a publié plusieurs mémoires insérés dans ceux de l'académie des sciences de Lisbonne. Celui dans lequel il traite de la forme du gouvernement et des mœurs des peuples qui ont habité la Lusitanie, depuis les temps les plus anciens jusqu'à l'établissement de la monarchie portugaise, est inséré dans le premier volume de cette collection, qui parut en 1 792 ; le second est inséré dans le deuxième volume, cl le troisième se trouve dans le sixième. L'auteur y examine l'état civil de la Lusitanie depuis l'invasion des peuples du nord jusqu'à celle des Arabes. Le quatrième mémoire, faisant suite aux précédents, a paru dans le septième volume de la collection. Amaral a ensuite publié, dans VHisloria e Memorias da academiu reaida* scieneias de Lin boa, vol. 1er, 171*7 : i" mémoires pour servir à l'histoire de la législation et des mœurs du Portugal; 2° État de la Lusitanie jusqu'au temps où elle a été réduite en province romaine. 11 a, par ordre de la même académie, dirigé la publication de l'ouvrage inédit de Diogo de Couto intitulé Soldado pratieo (soldat pratique ), où ce célèbre historien, qui avait résidé longtemps dans l'Inde, expose les principales causes de la décadence des Portugais en Asie, Lisbonne, 1790, 1 vol. in-8°. C— o.
AMAR1TON (Jean ), jurisconsulte du 16* siècle, natif de Noncttc, en Auvergne, fut d'abord collègue de Cujas dans l'université de Toulouse, d'où il vint à Paris exercer la profession d'avocat, s'y lit un nom dans la consultation, fut mis en prison par les ligueurs, et y mourut, en 1590. Ses commentaires sur les Épltres de Cicéron et d'Horace parurent à Paris eu 1555, et ses notes sur le 59e livre d'LIpien, à Toulouse, en 1554. Ses autres manuscrits furent (îcrdus dans le pillage de sa maison. Il descendait d'un Pierre Amariton, cliancelier de Jean, duc de Rerri et d'Auvergne, et frère de Charles V. IS— l.
AMASA, neveu de David. Voyez Joab.
AMASEO ( Rouoi.o ), fils de Grégoire Amaseo, professeur de langue latine à Venise, fut un des plus célèbres littérateurs italiens du 16e siècle. ISéà Ldine en 1 189, son père et son oncle furent ses premiers maîtres : il liait ensuite ses études à Padouc, et y enseigna lui-même les belles- lettres, en 1508 ; mais la guerre occasionnée par la ligue de Cambray le força d'en sortir l'année suivante. Il se retira à Bologne, continua de professer, s'y maria, eut plusieurs enfants, et obtint que cette ville lui rendit les droits de cité que ses ancêtres y avaient eus autrefois. Il
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fut même nommé premier secrétaire du sénat en 1530, honneur qui n'avait jamais été accordé à |»crsonnc dont le père et le grand-pére n'eussent |ws été citoyens «le Bologne. 11 avait été choisi par le |«i|»e Clément \ 11 |K>ur prononcer devant lui el devant l'empereur Charles-Quint une liaranguc latine au sujet de la paix conclue à Bologne entre ces deux souverains ; et il s'était acquitté de ce devoir avec un applaudissement universel, le premier jour de janvier de cette même année, dans l'église de St-Pétrone, au milieu d'une assemblée nombreuse de prélats et d'ambassadeurs. Il continua de professer à Bologne, avec un grand concours d'auditeurs, jusqu'en 1543, et fut alors ap|»elé à Rome par Paul III et par son neveu, le cardinal Alexandre I'arnêse. Il fut employé par le pape dans plusieurs missions politiques, auprès de l'Empereur, de quelques princes d'Allemagne et du roi de Pologne ; enlin, en 1550, après la mort de sa femme, Jules 111 lui conféra la charge de secrétaire des brefs. Il mourut deux ans après. On a de lui : 1°deux traductions latines d'auteurs grecs; l'une, des sept livres de Y Expédition de Cyrus, parXénophon, Bologne, 1555, in-fol. ; l'autre, de la Description de la Grèce, par Pausanias, Rome, 1547, in-4° ; 2° un volume de harangues, ou de dixhuit discours latins prononcés en différentes occasions, sous le titre de Orationcs, Bononia. 1580, in-4a. Les auteurs contcmix>rains ont fait les plus grands éloges de son éloquence et de son savoir. — Son lils, l'ompilio, eut une carrière moins brillante que lui , mais se livra aux mêmes études, et enseigna aussi les lettres grecques à Bologne, où il mourut, vers la lin de 1584. Il traduisit deux fragments de Polybc, imprimés à Bologne, en 1543. 11 avait écrit aussi en latin l'histoire des poètes de son tciiqis, qui n'a pas été imprimée. G — É.
AMASSAS, 8* roi de Juda,était Agé de vingt-cinq ans, lorsque son père Joas lui laissa le trône, l'an 830 avant J.-C. Son premier soin, après avoir affermi sa puissance, fut de venger la mort de Joas par le supplice de ses meurtriers. Les commencements de sou règne furent heureux. Il avait pris 100,000 hommes du royaume d'Israël à sa solde, pour faire la guerre aux Idumécns; mais, Dieu ayant désapprouvé cette guerre, il les congédia aussitôt, et cette obéissance fut suivie d'une victoire complète. Amasias eut la fainlesse d'adorer les idoles des peuples vaincus, et la cruauté de menacer de la mort le prophète cliargé de lui faire des remontrances sur son idolâtrie. Enorgueilli de sa victoire, il envoya délier le roi d'Israël, qui ne lui répondit que par l'apologue du cèdre du Liban dont un vil chardon veut épouser la lille. Amasias, piqué de ceUe réponse, lui déclare la guerre, |»erd la bataille, est fait prisonnier, et ne rentre dans ses Etats, après une longue captivité, que pour y être poignardé dans une conspiration de ses sujets. Il avait régné 20 ans. Son lils Azarias lui succéda. T— D.
AMASIAS, prêtre de Bcthel. Voyez Amos.
AMASIS, roi d'Egypte, né & Siouph , dans le nome de Sais, appartenait à la caste plébéienne et fut porté au trône par une insurrection militaire. L'année, irritée de voir A pries s'entourer de troupes
étrangères, se souleva contre lui, au retour d'une expédition malheureuse contre la Cyrénaïque, et donna la couronne à un de ses court isans, nommé Amasis. A cette nouvelle, le roi, qui se trouvait à Sais, se mil à la tête de ses merrenaires et marcha contre l'usurpateur. tas deux armées se rencontrèrent à Momemphis. Apriès fut vaincu, fait prisonnier, et livré ensuite au peuple, qui le mit à mort. Amasis gouverna avec sagesse et déploya en toute circonstance les talents d'un politique habite et adroit : jamais l'Egypte ne fut plus tranquille ni plus florissante que sous son régne. Il ne réussit cependant pas d'abord à se concilier l'affection du peuple , qui méprisait l'obscurité de sa naissance. Pour dissiper ce préjugé déraisonnable, il s'avisa, selon Hérodote, du moyeu que voici : « (I ) l'armi une « infinité de choses précieuses qui lui appartenaient, a on voyait un bassin d'or où il avait coutume de se « laver les pieds , lui et toits les grands qui man- « geaient à sa table. Il le mit en pièces et en fit faire « la statue d'un dieu, qu'il plaça dans l'endroit le • plus apparent de la ville, tas Égyptiens ne man- « quèrent pas de s'y assembler et de rendre un culte « à ce simulacre. Amasis, informé de ce qui se paso sait, les convoqua et leur déclara que cette statue, « pour laquelle ils avaient tant de vénération, venait « du bassin d'or qui avait servi auparavant aux usa- « ges les plus vils : Il en est ainsi de moi, ajouta- « t-il : j'étais plébéien ; mais actuellement je suis « votre roi ; je vous exhorte donc à me rendre l'hon- « ncur et le respect qui me sont dus. 11 gagna tcl- « lement par ce moyen l'affection de ses peuples, qu'ils « trouvèrent très-juste de se soumettre à son gou- « vernement. » On doit au même historien quelques détails sur les occupations, les mœurs, l'esprit et le caractère de ce prince. « Voici , dit-il, comment il o réglait les affaires : depuis le point du jour jusqu'à « l'heure où la place est pleine, il s'appliquait a juger «c les causes qui se présentaient. Le reste du temps, « il le passait à table, où il raillait ses convives et ne « songeait qu'à se divertir et qu'à faire des plaisan- « teries ingénieuses et indécentes. Ses amis, affligés « d'une telle conduite, lui firent des représentations. « Seigneur, lui dirent-ils, tous ne savez pas soutenir « l'honneur de votre rang, et vous vous avilissez. « Assis avec dignité sur votre trône, vous devriez « vous occuper toute la journée des soins de l'Etat : « les Égyptiens reconnaîtraient à vos actions qu'ils « sont gouvernés par un grand homme, et votre réci putation on serait meilleure ; mais votre conduite « ne répond pas à celle d'un roi. — Ne savez- vous « pas, leur répondit Amasis, qu'on ne bande un arc « que lorsqu'on en a besoin, et qu'après qu'on s'en « est servi on le détend? Si on le tenait toujours « bandé, il se romprait, et l'on ne pcairrait plus s'en « servir au besoin. Il en est de même de l'homme : a s'il était toujours appliqué à des choses sérieuses, « sans prendre aucun relâche et sans rien donner à ses « plaisirs, il deviendrait insensiblement, et sans s'en ■ apercevoir, fou ou stupide. Pour moi, qui en sais les
p.) Tr»d. il' Larrlicr. ,
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a conséquences, je partage mon temps entre les af- i o faires et les plaisirs. » Amasis dunna aux Egyptien! de Ixinncs lois. Hérodote cite avec élo:;c une de ses ordonnances de police, que Solon lui emprunta et qu'il porte à Athènes, où elle fut longtemps en vigueur. Avant de porter la couronne, ce prince avait mené une vie désordonnée ; il passait son temps à boire et à se réjouir, fuyait les occupations sérieuses et avait recours au vol pour subvenir à ses besoins et à ses plaisirs. Appelé à remplir les devoirs de la royauté , il s'appliqua à prémunir ses sujets contre l'oisiveté et la dissipation dont sa propre ex|>éiience lui avait révélé les suites dangereuses pour l'Etat ét les particuliers. Ce fut dans ce but qu i) publia un édit par lequel il était enjoint à tout Égyptien de faire connaître chaque année a l'autorité ses moyens d'existence ; celui qui y manquait, ou qui n'était pas en état de prouver qu'il vivait par des moyens lionnétes, était puni de mort. Son esprit éclairé et actif embrassait tous les soins du gouvernement. 11 développa les intérêts du commerce en favorisant les relations de son peuple avec les étrangers. Les prolits du négoce et l'abondance des récoltes procurèrent aux citoyens et à l'État de grandes richesses. Amasis les employa à décorer l'Egypte de monuments nombreux et magnifiques qui attestent la prosjiérilé de son règne, dont la gloire des armes contribua encore à relever l'éclat : il lit la conquête de l'ile de Cypre qu'il contraignit à lui joyer un tribut (550 avant J.-C.). Les grands événements dont l'Asie était alors le théâtre lui inspirèrent de sérieuses inquiétudes.Cyrus, après avoir réuni tous les Perses sous son commandement, venait de renverser l'empire des Modes, et ses conquêtes avaient étendu sa puissance des «Mes de l'Asie Mineure aux rives de l'Araxc. Prévoyant les dangers dont cette révolution formidable menaçait l'Egypte dans un avenir peu éloigné, Amasis travailla à se ménager l'appui des Grecs , ennemis naturels des Perses : il leur accorda la liberté du commerce, leur permit de s'établir à Naucratis, leur donna des emplacements pour élever des temples et des autels à leurs dieux, ouvrit l'Egypte à ceux qu'y attirait le désir d'étudier son antique civilisation, accueillit avec bienveillance Solon à sa cour, contribua pour une somme considérable à la reconstruction du temple de Delphes, détruit par un incendie, et envoya à plusieurs villes de riches statues pour décorer leurs temples ; il conclut en même temps un traité d'alliance défensive et offensive avec Cyrènc, et fortifia ce lien politique en épousant Ladicé, fille d'un des principaux citoyens de cette ville. L'attitude hostile de la Perse motivait ces précautions. Le successeur de Cyrus, Cambysc, ne ehercliant qu'un prétexte pour attaquer l'Egypte, fit demander au roi sa fille en mariage, certain de ne pas l'obtenir. Amasis, craignant d'irriter par un refus le monarque persan, lui envoya Nitétis, fille d'Apriés. Mais la su|>erel»erie fut découverte et la guerre déclarée. Comme on faisait les préparatifs de l'expédition, Phanès, l'un des officiers des troupes auxiliaires d' Amasis, mécontent de ce prince, passa à la cour de Perse. Cet homme, qui connaissait parfaitement l'Égypic, fournit à
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Cambyse des renseignements exacts sur les affaires
de co [si w. sur ses ressources, ses moyens de défense, sa situation, et la route qu'il fallait suivre jiour s'y rendre. L'armée des Perses était en marche lorsque Amasis mourut, l'an 525, après 41 années de règne. C. W — a.
AMASTRIS, fille d'Oxathre, frère de Darius-Codoman, avait été élevée avccStatira, fille de ce prince, qui l'aimait beaucoup. Lorsqu'Alexandre é|iousa Statira , il donna Amastris en mariage à Cratéms. Après la mort d'Alexandre , se voyant négligée |»ar MHlépoax, elle le quitta, d'accord avec lui, et se maria avec Denys, tyran d'Héracléc, dont elle eut deux fils et une fille. Il la laissa, en mourant, tutrice do ses enfante, et elle se remaria a Lysimaquc, roi de Thrace ; mais, ce prince ayant épousé Arsinoé, elle ne voulut plus rester avec lui , et retourna dans ses Etats, où elle fonda une ville à qui elle donna son nom. Ses fils , étant devenus grands, la firent périr en faisant couler a fond un vaisseau sur lequel elle s'était embarquée ; Lysimaque , qui avait eu d'elle un fils nommé Alexandre, vengea sa mort. On a d'elle quelques médailles. C— a.
AM ATI, célèbres lutliiers. Foye: Sthawv amis.
AMATIUS, Romain d'une origine obscure. Se disant |>clit-flls de Marins, et proche lurent de Jules César, il voulut se faire reconnaître par Octave. Après le meurtre du dictateur, il reparut à Home, et prétendit avoir le droit de venger sa mort. Des gens de la lie du peuple, qu'attiraient les noms de Marius et de César, et encore plus le désir du pillage, commirent, sous sa conduite , les plus grands désordres ; mais Antoine , qui désirait se concilier le sénat, fit arrêter Amatius, et ordonna qu'on l'étranglât dans sa prison : ce qui fut exécuté sans autre formalité. D — t.
AMATO, nu plutôt AMATTS, religieux du Mont- Cassin, et ensuite évêque, vivait au il* siècle. Il composa diverses |toésics latines, et, entre autres, quatre livres qu'il dédia au pape Grégoire VII, et qui avaient pour titre : de Geitis apotlolorwm Pétri et Pauli. Ces ouvrages sont perdus, et ce serait un malheur , si l'on en croyait Pierre Diacre , qui appelle Amatus un versificateur admirable (ch. 20). Le chanoine Mari, dans ses notes sur ce même endroit de Pierre Diacre , parle d'un manuscrit conservé à la bibliothèque du Mont-Cassin, et qui contient une histoire des Normands, en huit livres, composée par Amatus. Tiraboschi regrette (t. 5, [>. 208) que cet ouvrai n'ait |»s vu le jour. G— B.
AMATO (Vincent), gentilhomme de Canta/aro, ville du royaume de Naples, publia, en 1670, des Mémoires historiques de sa patrie, qu'il appelle Villuttristima, famntitsima r fedelittima rittà di Canta- «iro. — In autre Vinrent Amato, Sicilien, né en 1029, fut un savant compositeur de musique, et a laissé : 1" Sacri Concert», à deux, trois, quatre et cinq voix, avec nne messe a trois et quatre, Palerme, 1656 ; 2° Metsa e Satmi di vespro e eompieta, a quatre et cinq voix , ibid. , 10.% ; 3° Yltauro, opéra di Vkemio d'Amato, Aquila, 1604. G — Ê.
AMATO i Michel d ). savant théologien, naquit
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à Naples en 1682. Ayant terminé ses études, il reçut le laurier doctoral dans les facultés de droit et de théologie. Quelque tenq*s après il fut créé protonotaire et admis dans la congrégation des missions apostolique*. Nommé, en 1707, premier chapelain du Château-Neuf, il lit en cette qualité la visite de toutes les églises et chapelles royales. 11 mourut à Naples, le 1o novembre 1729, à l'âge de 47 ans. 11 |>ossédait les principales langues anciennes et modernes, et avait des connaissances assez étendues dans plusieurs sciences. On a de lui des dissertations cui i uses pour le sujet et pleines d'érudition : I" de opobulsami Specie ad sacrum chritma conficiendum requisila, Naples, 1722, in-8", réimprimé la même année avec des additions; 2" de piscium atqueavium esus Cutuuetudine apud quusdam Chritli fidèles, in antepatchali jejunio, ibid., 1723, in-12; 5" Dissertationes quatuor : de causis ex antiquis fidri symbolis Xicœno et Conslantinopoli . articulus Ule : descendit Al» im'ehos, furrit prœtermissus; — de inferni Situ ; r- quomodv Cltrittus in ultirna cana cucharistiam benedixerit, et ulrum «no aul pluribus calicibus usas fuerit ; — de Ritu quo in primilica Ecclesia fidèles tanctam eucharistiam percepturi manibus excipiebant, 1728, in-1°. Dans la seconde de ces dissertations, Amato réfute Jér. Swinden, qui plaçait l'enfer dans le soleil. (Voy. Swixdek.) On trouve des détails sur Amato dans la Bibliothèque italique, t. 7, p. 265, et dans les Mémoires de Niccron, t. 17, p. 78. Il avait laissé plusieurs ouvrages manuscrits. W— s.
AMATUS Lisitanus ( Jka.vRoohicl'E Amato, plus connu sous le nom d' ), médecin portugais, juif d'origine, naquit, en 1511, à Castcl-Hianco , étudia la médecine à Salamanque, voyagea en France, dans les Pays-Bas, en Allemagne, en Italie, et professa la médecine avec succès dans les villes de Fcrrarc et d' Aucune. Son attachement au judaïsme l'ayant rendu suspect au clergé catholique , il n'écliappa aux poursuites de l'inquisition qu'eu se réfugiant à Pésaro, en I .'>.'> .. de là à Ragusc , et culin à Tltessaloniquc. A compter de IClil, il n'est plus fait mention de cet auteur , et l'on ignore l'année et le lieu de sa mort. C'était un érudit d un esprit pénétrant et solide. On a de lui : 1° Exegemata in priores duos lHo$coridi$ de Maleria médita libros , Anlverpias , 1536, in-4°. 11 reproduisit cet ouvrage avec des augmentations et cliangements considérables , sous le titre de : Euarralionet in Dioteoridem , Venise , 1553, in-8*; réimprimé à Strasbourg en 1554, et à Lyon en 1557. Le savant Constantin ajouta des notes a celte dernière édition. Plusieurs |H»inLs de l'histoire de la matière médicale exotique sont assez bien éolaircis par Amatus. On y trouve un |>ctil nombre de plantes décrites pour la première fois ; mais, d'un autre coté , l'auteur a commis beaucoup d'erreurs ; et Mathiole, qu'il avait attaqué indiscrètement, releva ses méprises avec aigreur, dans l'Apologia advenus Amalum , Venise, 1557, in-fol. Mathiole alla jusqu'à signaler son adversaire comme un apostat, qui n'était chrétien qu'en a|>parencc. Ces reprocltes pouvaient avoir des suites fâcheuses pour Amatus ; et il est probable qu'ils le détermi-
nèrent à se retirer à Thessalonique, où il justifia les inculpations de Mathiole, en y professant ouvertement le judaïsme. Amatus se proposait de publier une édition complète de Dioscoridc, avec des notes dans lesquelles il aurait répondu à Mathiole; ce projet n'a pas été exécuté, et l'on doit en avoir peu de regrets. 2° Curaliomm medicinalium Centuries septem, quibus prarmittilur commentatio de introilu medici ad œyrotanlem, deque crisi et dùbus criticis. Ces centuries furent publiées d'abord séparément , cl en des temps différents ; la 1'*, à Florence, 1551, in-fol.; la 2', à Venise, 1553, in-12; les autres, successivement à Anconc, Rome , Raguse , Thessalonique, etc. L'auteur, dans cet ouvrage, fait preuve d'une connaissance profonde de Galien, d'Hippocrate et des Aralies, a répandu de bonnes oliservations sur quelques maladies rares, et des remarques physiologiques cl chirurgicales , dignes d'être citées ; cependant il demande & être lu avec doute et circonspection ; car il est fortement soupçonné d'avoir souvent cou trouvé les faits. Ces centuries ont ensuite été réunies, et il y en a plusieurs éditions, Lyon, 1.580, in-12; Paris, 1613, 1620, in-4» ; Francfort, 1646, in-fol. , etc. L'auteur devait en ajouter encore trois autres ; on ne sait pourquoi il n'a pas exécuté ce projet. Amatus avait entrepris des commentaires sur Avieenne ; mais il perdit son manuscrit dans sa fuite précipitée d'Anoone, où le persécutait le pape Paul IV. D. Antonio, dans sa Bibliothèque espagnole, dit qu'Amalus avait traduit en espagnol l'Histoire d'Eutropc; mais il parait que cet ouvrage n'a pas été imprimé. Astruc a fait , sur la vie de ce médecin, des recherches dont il a publié le résultat dans son traité de JUorbis venereis. C. et A— n.
AMALRI, dit de Chartres, natif de Bène, dans le pays Charlrain, vers la fin du 12* siècle, après s'être fait une réputation à Paris dans l'enseignement de la logique et des arts libéraux , entreprit de professer la théologie, et d'expliquer l'Écriture sainte suivant une nouvelle méthode. Les livres d'Aristote, apportés depuis peu de Constantinoplc, lui donnèrent du goût pour les opinions singulières. Il imagina un système de religion qui n'aurait été que ridicule dans un siècle éclairé, mais qui alors fut regardé comme dangereux. On ne l'attaqua cependant juridiquement , pendant sa vie , que sur une proposition dans laquelle il disait « que tout « lidèle , pour être sauvé , doit croire fermement « qu'il est membre ducorps de Jésus-Christ. » Cette proposition équivoque excita de grandes rumeurs, parce qu'on la regarda comme une suite du panthéisme, auquel on croyait que se réduisait toute la doctrine d'Amauri. Il reconnaissait, à la vérité, un être suprême, nécessaire, infini ; mais il ne le distinguait pas de la matière. Il admettait trois personnes en Dieu, qui partageaient successivement entre elles l'empire du monde. Le régne du Père avait duré tout le temps de la loi mosaïque ; celui du Fils subsistait depuis le commencement de la loi évangélique, et devait expirer à la fin du 12* siècle, pour laisser le gouvernement de l'univers au St-Esprit, jusqu'à la consommation des siècles. Sous cette der-