‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 108 sur 129 · S64 A MA · texte numérisé non relu

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nière économie, tout culte extérieur devait être alwli. Il n'y aurait plus eu de sacrements ; la charité seule, ou la sràcc, répandue dans les àmes, serait devenue le seul moyen nécessaire de salut. \a conduite des disciples d'Amauri était aussi déréglée que leur doctrine était absurde. Sous le voile de la charité, tous les crimes étaient justifiés, toutes les passions satisfaites, tous les scrupules dissipés. La pliqwrt de ces erreurs, et de plusieurs autres qu'on leur attribue , n'avaient pas été soutenues par Amauri ; mais elles paraissaient être un dévelop|>emcnt de son système, que les disciples avaient jwussé plus loin que leur maître. Le quatrième concile de Latran jugea, par la suite, que cette doctrine était plutôt insensée qu'hérétique ; mais la chose fut traitée plus sérieusement dans le temps où ces extravagants débitaient leurs paradoxes. Amauri fut d'abord condamné, en 1204, ]>ar les docteurs de Paris , et leur censure fut confirmée par Innocent III, au tribunal duquel il en avait appelé. Obligé de se rétracter , sans changer pour cela de sentiment , il alla se confiner à Sl- Martin-dcs-Champs , où il mourut de dépit et de chagrin . Ses disciples comparurent, en 1210, devant un concile de Paris ; on épargna les moins coupables , quelques-uns furent enfermés. Les chefs , livrés au bras séculier, périrent dans les flammes. On enveloppa les livres d'Aristote dans la même proscription; un décret de 1209 ordonna qu'ils seraient saisis et jetés au feu, avec défense, sous peine d'excommunication, de les lire ou de les copier de nouveau. La mémoire d'Amauri fut également condamnée, et ses ossements arrachés de leur sépulture, pour être jetés à la voirie. T — o.

AMADRY Ier, roi de Jérusalem, succéda à son frère Ilaudouin III, et fut ronronné dans l'église du St-Sépulere, le 18 février de l'année 1165, à l'âge de vingt-sept ans. Doué d'un génie actif et entreprenant, il a\ait des vues grandes et souvent gigantesques, |>our le chef d'un petit État. Vain et fier, il tenait pour le moins autant à l'argent qu'à la gloire, et croyait qu'en jxjli tique, tous les moyens sont lions pour arriver à son but. Dès les premiers jours de son ré^ne, il eut une guerre à soutenir contre le calife d'Egyple, qui s'était engagé à payer un tribut aux rois de Jérusalem, et qui, pour s'en délivrer, envoya une armée contre la Palestine. Les hostilités étaient déjà commencées, lorsque des troubles s'élevèrent en Egypte, et forcèrent le calife à rappeler ses troupes, à demanda- la paix, et même a solliciter l'alliance d'Ainaury contre INour-Eddyn, sultan d'Alep, qui avait envoyé un de ses lieutenants sur les bords du Nil , pour appuyer le parti des mécontents, et profiter des dissensions , afin d'agrandir ses États. Amaury, s'étant rendu aux désirs du calife, qui lui accorda «les subsides considérables, entra avec une armée en Egypte, où il battit plusieurs fois les troujics du sultan : il revint ensuite dans son royaume, chargé de présents , et comblé de richesses et de gloire ; mais comme, dans cette expédition , il avait vu la prospérité de l'Egypte, la fertilité de son sol, sa nombreuse |x»pulation, et la laihlesse de son gouvernement, il forma le projet d'en faire la conquête,

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et n'eut pas de peine à y faire entrer le grand maître des chevaliers de St-Jean , à qui il promit de céder la ville de Hilbéis, lorsqu'elle serait tombée au pouvoir des chrétiens. 11 trouva aussi le moyen d'associer à son entreprise l'enqKireur de Conslantinoplc , dont il avait épousé la nièce , après avoir répudié Agnès de Courtenay. 11 s'occupa pendant plusieurs mois des préparatifs de cette guerre , et rompit tout à coup la paix , en assiégeant Uilbéis , «mi ne tarda pas a se rendre, et fut remise à l'ordre de St-Jean de Jérusalem. Amaury marcha ensuite vers le Caire, où l'avait déjà devancé la terreur de ses armes. Le calife et son vizir invoquèrent en vain la foi des traités ; ils proposèrent d'acheter la retraite des chrétiens par des sommes considérables. Amaury , toujours disposé à vendre la paix et la guerre, consentit alors à écouter les prières du calife, et les hostilités firent place aux négociations. Pendant ce temps, le calife implora le secours du sultan d'Alep, qui envoya une puissante armée en Egypte, pour combattre les chrétiens. Au moment où Amaury se croyait déjà jwsscsscur des trésors du Caire, il fut obligé d'abandonner ses conquêtes , et revint dans son royaume, avec la honte qui suit toujours l'injustice , quand elle n'est pas couronnée par le succès. Cette guerre fut d'autant plus malheureuse pour les chrétiens, que Nour-Eddyn, qui avait , comme Amaury , le projet de s'emparer de l'Egypte, ne laissa pas écliappcr cette occasion. Ce royaume, troublé au dedans et menacé au dehors, fut réuni aux vastes États du sultan d'Alep , et le petit royaume de Jérusalem se trouva environné et menacé de toutes parts par une puissance formidable ; pour comble de malheurs, il s'était élevé, au sein des troubles et des guerres oui désolèrent l'Egypte, un jeune héros , dont le nom devait être un jour redoutable aux chrétiens de la Palestine ; ce héros était Saladin , qui fut d'abord vizir, ou gouverneur de l'Egypte, et qui, après ta mort de Nour- Eddyn, recueillit l'immense héritage du sultan d'Alep. Le premier usage qu'il lit de sa puissance fut d'attaquer le royaume de Jérusalem. Amaury, qui redoutait un si dangereux ennemi, implora les armes des chrétiens d'Occident, et se rendit lui-même à Constantinople pour solliciter le secours des Grecs; mais il n'obtint que des promesses, et il ne lui resta plus alors que son courage et ses propres forces, pour arrêter les progrès d'un ennemi dont il avait préparé la puissance. Son royaume était agité par les factions des templiers et des hospitaliers, et les colonies chrétiennes en Asie marchaient rapidement à leur décadence. Amaury mourut en 1173, avant de voir éclater les catastrophes dont Jérusalem était menacé, et laissa ce triste héritage à son lils Baudouin IV. M— u.

AMAURY II, de Lisignan, roi de Chypre, succéda à Gui, son frère. A la mort de Henri, comte de Champagne, qui avait été reconnu roi de Jérusalem, Amaury épousa sa veuve, Isabelle, qui avait déjà contracté trois mariages, et donné à trois époux des litres pour un royaume presque t««it entier conquis par les Sarrasins. Amaury recueillit

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l'héritage ou plutôt les espérances de ses prédécesseurs, et fut couronné roi de Jérusalem, dans la ville de Ptolémaîs, l'an 1104. Henri VI, enqwreur d'Allemagne, avait envoyé une année en Palestine, et les croisés allemands eurent d'abord quelques avantages ; mais, rappelés en Europe, après la mort de Henri, ils laissèrent Amaury en butte à toutes les forces des Sarrasins. Les faibles restes de son royaume ne furent sauvés que par la division qui régnait alors dans la famille de Saladin. Amaury sollicita plusieurs fois les secours de l'Europe chrétienne; une croisade fut préchéc dans tout l'Occident ; mais les croisés allèrent assiéger Constantinople , cl ne songèrent plus aux serments qu'ils avaient faits de délivrer Jérusalem. Lorsque le petit nombre de guerriers qui défendaient la Palestine eut appris la conquête de Byzance , ils accoururent dans cette ville , dont on leur avait vante la riebessc. Amaury rrbta presque seul à Ptolémaîs , cl il y mourut en 1205, laissant le royaume de Chypre a son fils, Hugues de l.usignan, et le vain titre de reine de Jérusalem, à Marie, lille d'Isabelle. M— D.

AMA/JAS. Voyez Aïiasias.

AM BERGER (Christophe), peintre de Nuremberg, fut disciple de Holbeins le jeune, et imita fort heureusement sa manière : il dessinait correctement , disposait bien ses ligures, excellait dans la perspective, et ne manquait pas d'un beau coloris. L'Histoire de Joseph , en douze tableaux , est sa meilleure composition. La galerie royale de Munich conserve plusieurs de ses ouvrages. Charles-Quint l'attira à Augsbourg, en 1530, et en faisait si grand cas, qu'il le mettait souvent à coté du Titien ; mais cette conqiaraison prouvait plus contre le goût de l'Empereur qu'en faveur de l'artiste. On a gravé, d'après Ambergcr, la Décollation de St. Jean-Baptiste, en demi-ligures. G — T.

AMBÉIUEI (Pierre Dujat n'), né en 1738 dans le bourg d'Ambérieu en Bugey, dont il fut le seigneur, se lit remarquer par son goût pour les lettres et spécialement pour la |K>ésic légère, où il obtint quelques succès de société. 11 se réfugia en Suisse pendant les orages de la révolution, et vint ensuite se fixer a Lyon, où il fut membre du conseil munici|>al. C'est en cette qualité qu'a j an t été appelé à paraître devant Ronatwrtc revenu de l'Ile d'Elbe en mars 4815, il s'y refusa positivement. Nommé président du collège électoral du dé|iartemcnt de l'Ain , après le second retour des Bourbons, il y prononça un discours fort remarquable j>ar l'énergie des opinions, et qui a été imprimé. On a encore de lui un petit opuscule en vers et en prose, très-ingénieux , intitulé les Singes, qui n'a été tiré qu'à un petit nombre d'exemplaires. D'Ambérieu est mort à Lyon , le 24 octobre 1821. — Son fils a composé quelques romances, et, avec Mouton de Fonlenille, une Flore imprimée chez Bruysct. M— d j.

AMBILLOU. Voyez Rouchet.

AMRIGAT. Voyez Bklmivèsk.

AMB10HIX , roi des Ehurons , peuples des Gaules , cutre la Meuse et le Rhin , liguait cou-

joiutemeut avec Cativulcus , lorsque César commença la conquête des Gaules, l'an 58 avant J.-C. Pour s'attacher Ambiorix, le général romain le déchargea du tribut qu'il payait aux Atuaticiens, qui habitaient le |»ays de Namur. Son fils et les fils de son frère , retenus par ces peuples comme otages , lui furent renvoyés ; mais ces bienfaits ne purent calmer la haine dont Ambiorix était animé coulre les Romains. Excité d'ailleurs par Indutiomare, roi de Trêves , il projeta de se soulever, et d'entraîner toute la Gaule, qui supportait impatiemment le joug des légions romaines. César, revenu de son expédition contre les Bretons, était alors a Amiens, et venait de mettre son armée en quartier d'hiver. L'isolement des légions donna l'idée aux Gaulois de les attaquer séparément , en employant a la fois la ruse et la force. Ambiorix et Cativulcus étaient allés audevant de Sabinus et de Cotta, lieutenants de César, et leur avaient fourni des vivres, afin de donner moins de défiance aux Romains, renfermés alors dans leur camp. Peu de temps après , ceux-ci étant sortis sans précaution pour couper du bois, Ambiorix fondit sur eux, et en fit un f-rand carnage; il courut ensuite attaquer leurs retranchements; mais , ayant été repoussé avec perte , il entra en pourparler, et dit aux généraux romains que ce qui venait de se |>asscr ne s'était pas fait par ses ordres, mais qu'il n'avait pu contenir la fureur des Gaulois ; et , feignant d'être très-attaché aux Romains , il conseilla à Sabinus de songer à sa retraite, para que les Germains , qui venaient de passer le Rhin en grand nombre, ne tarderaient pas a tomber sur lui. Les deux lieutenants de César, après quelques hésitations , sortirent de leur camp, avec aussi |>eu de précaution que si l'avis leur fût venu du plus fidèle ami des Romains. Ambiorix , qui avait divisé son armée en deux corps placés en embuscade dans les bois, fond tout à coup sur les Romains, et les taille en pièces. Enflé de cette victoire, il |>art avec sa cavalerie pour se rendre chez tous les peuples de la contrée, et il les détermine â prendre les armes, et à voler à ('improviste au camp de Quintus Cicéron, frère de l'orateur. 11 se mit lui-même à leur tète, attaqua les retranchements de Quintus, et donna plusieurs assauts. Ne pouvant les emporter, il tenta vainement de tromper Cicéron , comme il avait trompé Cotta et Sabinus. César, instruit du danger de Quintus Cicéron , marcha à son secours avec deux légions. A son approche, Ambiorix quitte le siège , et va au-devant de César avec toutes ses troupes, au nombre de 60,000 hommes. César, feignant de le redouter, se renferma dans ses retranchements : et Ambiorix , attiré ainsi par la ruse, les lit escalader. Tout à coup César sort de son camp avec 7,000 hommes; et les Gaulois, surpris et mis en fuite, sont taillés en pièces. Ambiorix ne trouva de salut «pic dans ses États. La défaite et la mort d' Indutiomare, qui avait soulevé les Trévisiens, porta l'épouvante parmi les Èburons, qui s'étaient de nouveau ralliés sous les ordres d'Ambiorix : ils se dispersèrent , et César fut un I Uibtaiil paisible inailre des Gaules ; mais Atubioi ix

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ne tarda pas à former contre lui une nouvelle ligue. César marcha contre ce prince, et, sacliant qu'il projetait de traîner la guerre en longueur, en é\itant les actions générales, il porta d'abord la terreur chez ses alliés, jiour lui ôter toute retraite, et marchaensuite sur ses États. Surpris par la cavalerie de César, Ambiorix , qui n'avait pas encore rassemblé ses troupes, ne dut son salut qu'à la situation de son château, au milieu de la forêt des Ardcnnes; Cativulcus, qui était «ntré dans ses projets, accablé de vieillesse, et ne pouvant plus supporter les fatigues de la guerre et de la fuite, s'empoisonna ; les Gaulois eux-mêmes, et les Germains, qui d'abord s'étaient alliés à Ambiorix , furent appelés à partager ses dépouilles. Deux fois encore César marcha contre les Éburons, et poursuivit leur malheureux roi, qui se cacliait dans les bois et les cavernes, sans autre escorte que quatre cavaliers à qui seuls il osait confier sa vie. Il vécut ainsi longtemps proscrit, fugitif, et sans jwuvoir jamais reprendre les armes. B— p.

AMBLIMONT (Fusciiembekg , comte n'), officier général de la marine française, passa au service d'Espagne pendant la révolution, commanda un vaisseau espagnol de 1 12 canons en 1796, et fut tué dans le combat où l'amiral Jervis, depuis lord St- Vincent, battit la flotte espagnole. On a de lui une Tatlique navale, Paris, Didot jeune, 1788, in-i», fig., très bon ouvrage. N— t.

AMBLY (le marquis Cl. aude-Jean-Antoine i>"), né en 1711, à Sezanne, en Champagne, fut d'alnml page de la grande écurie, puis cornette dans le régiment de royal-dragons, et se trouva en cette qualité au siège de Prague, en 1742. Devenu capitaine, il se signala dans plusieurs occasions, notamment à Don na vert! i , où il reprit les étendards de sou régiment, dont l'ennemi s'était emparé. Il lit toutes les campagnes de Flandre sous le maréchal de Saxe, devint successivement brigadier, mestre de camp, et prit part en cette qualité à la guerre de sept ans en Allemagne, où il reçut plusieurs blessures sur le champ de bataille ; il fut nommé maréclial de camp en 1767, et un peu plus tard commandeur de St- Looia, puis commandant de la ville de Reims. En 1768, la terre d'Amhly fut érigée en marquisat pour récompense de ses services. Député aux états généraux en 1789, il s'y montra zélé défenseur de l'autorité royale, et signa toutes les protestations de la minorité contre les innovations révolutionnaires. Dans la discussion du droit de chasse qui eut lieu le 7 août, d'Amhly fut un des premiers qui demandèrent que le port d'armes fut restreint aux propriétaires de terres. « En Angleterre, disait-il, les « propriétaires seuls d'un fonds de cent guinées « peuvent porter un fusil. » Le 2 décembre 1789, Mirabeau ayant pris la défense de Gouyd'Arcy qui avait dénoncé le ministre de la marine et soutenu qu'un député ne pouvait être réputé calomniateur, le marquis d'Amhly pro|>osa d'exclure tout député qui ferait une dénonciation sans preuves, et provoqua en duel Mirabeau ; ce qui causa un grand tumulte dans rassemblée. « Élevé, dit-il, dans les

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« camps depuis l'âge de douze ans , je n'ai point

« appris à faire des phrases, mais je sais faire autre « chose. L'honneur me dit et m'ordonne de soutenir « qu'une dénonciation sans preuves est une injure « dont ne doit jamais se charger un député. » De même que Faucigny ( voy ce nom ) , il s'emporta souvent contre le coté droit, et donna lieu plus d'une fois à des scènes de désordre, notamment dans la séance du soir du 19 juin 1790, à l'occasion de la suppression des titres nobiliaires. Le discours touchant qu'il prononça en faveur de son ancien compagnon d'armes Toulouse-Lautrec ( roy. ce nom ) lit une vive impression , même sur ses adversaires. Le marquis d'Ambl y demanda que les députés fussent exclusivement choisis parmi les éligibles du département électeur ; qu'on définit ce que c'est qu'un crime de lèse- nation; que les pensions dont les notes ne seraient pas imprimées fussent rayées; que les administrations rendissent leurs comptes ; enfin il proposa la question préalable sur une motion de Robespierre en faveur de l'égalité politique ; et il annonça un plan sur l'organisation de l'armée, pour lequel il désirait être adjoint au comité militaire. Il excita beaucoup d'intérêt, lorsqu'à propos du serment (pic l'on exigeait des chc\aliers de St- Louis , après la fuite du roi , il dit, avec toute la franchise d'un vieux militaire : « Je suis fort âgé ; « j'avais demandé à être employé, et j'avais été mis « sur la liste des lieutenants généraux ; j'ai été rayé o 1 1 n les jacobins, qui ont substitué à ma place M . de « Montcsquiou. Cela m'est égal ; ma patrie est in- « grate envers moi ; je jure de lui rester fidèle. » Dans l'une, des dernières séances de cette longue session , d'Amhly ayant informé rassemblée que la populace avait exercé des violences dans une de ses terres où se trouvaient sa femme et son fils, le député Chahroud fit observer froidement qu'il devait pour cela s'adresser aux tribunaux, et l'on passa à l'ordre du jour. Le marquis d'Amhly émigra aussitôt après la session, et, malgré son grand âge, il fit plusieurs cauqiagncs dans l'année des princes. Il mourut à Hambourg en 1797. — Un de ses neveux est mort sur le champ de bataille à l'armée du prince de Coudé. M — d j.

AMB01SE (George n'), connu dans l'histoiresous le nom de CARDINAL d'Amboise naquit en 1 560, au château de Chaumont-sur-Loire, d'une maison illuslre, et fut nommé évèquc de Montauban, n'étant encore «pie dans sa quatorzième année, ce imi prouve le désordre où la discipline ecclésiastique était à cette époque. On peut le remarquer avec d'autant plus d'assurance, que d'Amboise, étant devenu ministre, porta la réforme dans cette partie, comme dans toutes les autres branches de l'administration publique. Ayant été choisi par Louis XI pour être un de ses aumôniers , son désintéressement et son aversion pour l'intrigue empêchèrent qu'il ne fût remarqué de ce monarque sou|>conneux. Cependant il eut besoin de prudence; car il aimait beaucoup le jeune duc d'Orléans, qui était assez mal à la cour pour que ce fût un crime d'être du nombre de ses amis. Louis XI, à sa mort, ayant confié le soin de

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gouverner le royaume à Anne de Bcaujcu , sa fille aînée, le duc d'Orléans, premier prinr* du sang, humilié d'un choix qui l'excluait des affaires, forma un parti, prit les armes, et fut vaincu et enfermé. D'Amboise , qui s'était déclaré pour lui , partagea son sort. Lorsque Charles VIII commença à régner par lui-même, il rendit la liberté au duc d'Orléans, qui acquit bientôt un grand crédit; d'Araboise suivit la nouvelle fortune du duc, et obtint l'archevêché de Narbonne, qu'il échangea, en 1493, pour celui de Rouen , afin de se rapprocher de la cour. Le ministère de ce prélat pourrait dater de cette époque , puisque le duc d'Orléans, qui était gouverneur général de la Normandie, lui confia toute l'autorité, et que les heureuses réformes qu'il fit dans cette province annoncèrent celles qu'il devait bientôt opérer pour le bonheur du royaume. Cliarles VI II étant mort en l'année 1498, sans laisser de fils, le duc d'Orléans monta sur le trône, sous le nom de Louis XII , et le pouvoir que d'Amboisc exerçait sur la Normandie s'étendit sur la France entière. Le crédit qu'il avait sur l'esprit du roi fut d'abord partagé |»ar le maréchal de Gié ; mais la reine et madame d'Angoulême l'ayant fait disgracier, d'Amboise devint premier ministre, et conserva ce titre et l'amitié du monarque jusqu'à sa mort. On trouverait difficilement, dans l'histoire, un second exemple d'une faveur aussi longtemps conservée ; mais il y avait tant de ra|»ports entre le caractère du prince et celui du ministre, qu'il serait difficile de dire lequel des deux avait sur l'autre le plus d'influence. Aimant tous deux sincèrement le peuple, également économes , jaloux d'obtenir de la gloire , l'ambition de Louis Xll fut toujours subordonnée à l'honneur; celle du cardinal d'Amboise, toujours excitée par l'espérance de faire plus de bien. Les historiens qui lui ont reproché d'avoir montré jieu de capacité |>our les affaires d'État ont oublié que la conquête d'Italie était alors la prétention générale des puissances de l'Europe, et qu'il n'était pas au pouvoir du cardinal, quand bien même il en aurait eu la volonté, de retenir Ixmis Xll, qui réclamait, à juste titre, le duché de Milan , et d'arrêter la fougue de la noblesse française, qui ne voyait qu'en Italie un théâtre digne de ses exploits. Pour juger les grands hommes, il ne faut pas les séparer de l'esprit de leur temps; d'ailleurs, il est prolublc que Louis XII , entouré d'illustres guerriers, consultait |»eu d'Amboise sur les opérations militaires. Il lui abandonnait l'administration du royaume, et il est remarquable (pie, malgré tant de cauqiagncs, dont le commencement fut toujours brillant et la fin désastreuse, la France ne cessa pas de jouir du plus grand repos , et que les impôts, diminués à l'avènement de Louis XII, ne furent jamais augmentés pendant son règne : c'est en cela que consiste réellement la gloire du ministre. Il fit de grandes réformes dans la législation pour abréger les procès et prévenir la corruption des juges ; il mit de l'ordre dans les finances , et donna un grand exemple de modération , en se contentant de larchevêclié de Rouen, dont il employait en grande oartie les revenus au soulagement dea

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pauvres et à l'entretien des 'églises. On |ieut croire qu'un homme qui ne se démentit pas un instant dans la plus hante pros{térité ne souhaitait , en effet, d'èlre pape, que |>our travailler à améliorer les mœurs de la chrétienté ; mais il fallait , pour parvenir au saint-siège , moins de Iwnhomic que n'en avait le cardinal d'Amboisc. Il consentit à retirer les trou|)es françaises de Rome , pour ne pas paraître gêner les suffrages, et le cardinal Julien de la Rovère, qui lui donna ce conseil, «e lit élire à sa place, sous le nom de Jules IL Le cardinal d'Amlioise avait été nommé légat du pa|ie en France ; et c'est une chose vraiment extraordinaire que le même homme ait réuni les fonctions de premier ministre et de légat , sans que la France et la cour de Rome aient jamais eu à lui faire le moindre reproche. Il mourut à Lyon, le 25 mai 1510, dans le couvent des célestins, à l'âge de 50 ans. Son corps fut trans|>orté à Rouen, où l'on voit encore le mausolée qui lui fut élevé dans la cathédrale On dit qu'il répétait souvent au frère i ii I innier qui le servait dans sa maladie : « Frère Jean , que n'ai-je été toute ma vie « frère Jean! » Il ne faut, au reste, rien conclure de ces paroles contre la mémoire de ce ministre. A l'article de la mort, les grandeurs sont jugées plus sévèrement (Kir les liommcs modérés que par les ambitieux. Le cardinal d'Amboise a été adoré des Français, qui liquidaient le Père du peuple, titre qu'ils donnaient également à Louis XII. On peut aujourd'hui condamner la politique de ce ministre, surtout à l'égard du traité de Blois, conclu en 1504, et qu'il ne signa peut-être qu'avec la conviction que les états du royaume s'opposeraient à ce qu'il fut exécuté ; mais (pie |K>ut-on opposer à la reconnaissance de ses conteni|)orains, et aux larmes d'un roi dont il fut vingtsept ans l'ami , surtout quand ce roi est compté par la postérité au nombre des meilleurs qui aient gouverné la France? — Le cardinal d'Amboisc eut deux frères ainés , également recommandables par leurs talents et par leurs vertus; le premier était Charles n'AviBoisE, sieur de Chaumonl {voy. ce nom); le second était Aimery p'Ambkoise, grand maître de Rhodes en 1503, célèbre par la victoire navale qu'il remporta en 1510, près de Monténégro, sur le Soudan d'Égyplc, et à laquelle il ne survécut que deux ans. C'était un prince sage , habile dans le gouvernement , et heureux dans toutes ses entreprises. F — E.

A \1 BOISE ( François n' | , fils » .. 'can d'Amboise, qui fut chirurgien des rois François 1", Henri II, François II , Charles IX et Henri III, naquit à Paris en 1550. Charles IX fit élever à ses frais le jeune d'Amboise, qui, après avoir terminé ses études dans les belles-lettres, et les avoir même professées, les abandonna [tour se livrer au barreau, où il se fit, comme avocat, une grande réputation. Henri III, apjKîlé au trône de Pologne, le choisit pour raccompagner dans ses nouveaux Etats, et, à la demande de ce prince, d'Amboise en fit la description. De retour en France, il occupa successivement différentes places dans la liaute magistrature : il fut nommé conseiller d'État en 1604, et mourut en 1690. Lea

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lettres ne furent qu'un délassement pour d'Amboisc, 1 et il y renonça de lionne heure pour s'ocni|>cr de sa fortune. Ses ouvrages , mal indiqués par laOuixdu Maine et |wr ftuverdier, le sont plus exactement |«ir Piiceron, t. 33. Kn voici les principaux : i» Notable Discours, en forme de dialogue, touchant la vraie et par faicle amitié, traduit de l'italien de Piccolomini, Lyon , 1577, in-16 ; 2° Dialogue et Devis des Damoise'lles, pour Us rendre vertueuses et bienheureuses en la vraye et parfaicte amitié, Paris, 1581 et 1583, in- Ni; 3" Regrets facétieux et plaisantes Harangues funèbres sur la mort de divers animaulx, traduit de ritalien d'Ortensio l-ando, Paris, 1576, in-16, 1585, in- 12 : ces trois ouvrages ont été publiés sous le nom de Thierry de Thymophilc, gentilhomme picard ; 4" les Séapolilaines] comédie française fort facétieuse, sur le sujet d'une histoire d'un Espagnol et un François. Paris, 1584, in-16; 5" une édition des Œuvres d'Abailard {voy. Abui.aiw); 6* Désespérades, ou Êglogues amoureuses , esquelles sont au vif dépeintes les passions et le désespoir d'amour, Paris, 1572, in-8°. — Son frère puîné, Adrien, né à Paris en 1551, mort à Tréguicr, le 28 juillet 1616, successivement recteur de l'université , grand maître du collège de Navarre, curé de Sl-André-des-Arcs, et, en 1604, évêque de Tréguier, avait composé, dans sa jeunesse , une pièce intitulée : Holopherne , tragédie sainte , extraite de l'histoire de Judith, Paris , 1380, in-S". Il mourut le 28 juillet 1616. R— t.

AWROISi; (Jacques n') , frère des deux précédents, embrassa d'abord la profession de son père, puis se fit recevoir docteur en médecine. En 1394 , après la réduction de Paris sous l'obéissance de Henri IV, il devint recteur de l'université, qu'il trouva , dit Crévier, dans le plus grand état de délabrement, et qu'il laissa florissante. Ce fut sous son rectorat que cette compagnie prêta serment de lidélilé à Henri IV. Ce serment avait été précédé d'une démarche spontanée , faite par une partie de la Sorlionne, le recteur à la tète, pour aller implorer la clémence du roi (samedi 2 avril 1595), et fut rédigé dans une assemblée générale de l'université , en présence de l'arche véque de Bourges, le vendredi 22 avril 1594, et signé d'un grand nomlirc de docteurs en théologie. On en trouvera la teneur dans le Journal de l'Étoile t. 2, p. 55. D'Amlioisc ayant été continué dans sa dignité , l'université reprit avec chaleur son ancien procès contre les jésuites, et obtint leur expulsion. J. d'Amboise se signala par un zèle ardent dans celte affaire , et alla jusqu'à les accuser, dans une liarangue publique , d'être les ennemis de la loi salique et de la maison royale. Il mourut de la peste, en 1606. On a de lui : 1° Oraliones duaf in senaiu habita pro unieersis academice ordinibus , in Claromontenses , gui sejetuilas dicunt, où il déploya beaucoup d'animosité, Paris, 1593, in-8"; 2" Questions médicales, citées dans la Bibliothèque de la médecine ancienne et moderne, par Carrére. N— L.

AMBOISE (Michel»'), écuyer, qui prenait, en tête de ses ouvrages, le titre de seigneur de Che- Villon, était lils naturel de Chaumonl d'Amlioise, amiral de France, et lieutenant général du roi en

I/imhardic. Il naquit a Naples , dans les première* années du 16' siècle. A peine au sortir du berceau, son |ière l'envoya à Sagonnc, dont M était seigneur, pour y être élevé avec George d'Amboise, son lils légitime, qui n'était guère plus âgé que lui. En 151 1 , Michel perdit son pére, qui l'aimait tendrement, et cette mort fut si précipitée, que ce dernier n'eut |>as le temps de faire ses dispositions en sa faveur. Amené à Paris peu de temps après , on le lit étudier avec son frère George, qui avait pour lui beaucoup d'amitié. Ses parents , qui le destinaient au barreau, le mirent chez un procureur; mais, au lieu de s'appliquer à l'étude du droit, Michel suivit son penchant pour la poé*ie , et , malgré les représentations qui

lui furent faites, et le peu de mi s qu'obtinrent ses

premiers ouvrages, il continua de limer en dépit de Minerve et de ses parents, qui l'abandonnèrent. La bataille de Pavic lui enleva son frère, et, par celte perte, il fut privé de tout secours. S'étanl ensuite marié avec une demoiselle de condition sans fortune, il fut renvoyé de chez le seigneur de Barbezieux , son parent. Il perdit, au bout de deux ans de mariage , son épouse et un lils qu'elle lui avait donné. De nouveaux chagrins vinrent encore l'assaillir; il fut enfermé deux fois, et manqua souvent du nécessaire. Tant de malheurs abrégèrent ses jours, et il cessa de vivre, ou plutôt de souffrir, à la lin de l'année 1347. H ne faut chercher dans les poésies d'Amboisc ni élégance, ni linesse, ni élévation; ce n'est proprement qu'une prose riincc. 11 a\ait beaucoup de facilité; mais, travaillant pour vivre, il ne corrigeait jamais ses productions, dont on trouve la liste dans les Bibliothèques françaises de la Croix du Maine et de Goujet, t. 10, ainsi que dans le 53' vol. de Niceron; mais, ces auteurs s'élant trompés dans dans le catalogue qu'ils en ont présenté , nous allons le rétablir : 1° Complaintes de l'Esclave fortuné, Paris, 1529. in-8°; 2° la Panthaire de f Esclave fortuné, Paris, 1550, in-8*, fig. ; 3* les Bucoliques de Baptiste Mantuan, traduites du latin en rime française . Paris, 1530, in-i"; 4° Cent Èpigrammes, traduites du Mantuan, et la fable de Biblis et de Caunus , traduite d'Ovide, Paris, 1532, in-16 et in-8°; 5° les Epistres vénériennes de C Esclave fortuné, Paris, 1532, 1534 et 1536, in-8° : ces épltres sont des plaintes ou des demandes d'amour, des morts métaphoriques, où l'auteur s'exprime avec une licence extrême ; 6° le Babylon , autrement la Confession de l'Esclave fortuné, Paris, 1535, in-16 et in-8°, sans date; 7" le Blason de la dent, dans le recueil intitulé ; les Blasons anatomiques du corps féminin : cette pièce a été réimprimée dans le recueil de Blasons publié à Paris en 1808, in-8"; 8° Us Contre- Epistres d'Ovide, Paris, 1546, in-16 et in-12; 9° Secret d'amours, Paris, 1542, in-8»; 10° le Guidon des gens de guerre , Paris , 1345, in-8": c'est le seul recueil en prose de Mielicl d'Amboisc; 11° Déploralion de la mort de mesrire Guillaume du Bellay, seigneur de l.angry, Paris, 1513, jioême en vers héroïques; 12" Quatre Satyres de Juvénal (les 8, 10, 11 et 13), translatées en rime françoise, Paris, 1541, in-16; 13° le Ris de Démocrile et h

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pleur d'Heraclite sur les folies et misères de ee monde , traduit de l'italien d'Antonio Phileremo Fregoso, en rime française , Paris, 1547, in-8°, et Rouen, 1550, in-16; 14° et enfin une traduction du IIIe livre des Métamorphoses d'Ovide. Michel d'Amboise avait pris pour surnom ou pour devise l'épithètc d' Esclave fortuné, c'est-à-dire, d'homme sujet ou exposé aux inconstances, aux variations et aux caprices de la foi tune. R — T.

AMRRA (François d'), noble florentin, fut consul de l'académie de Florence, en 1540, et y fit souvent des lectures publiques; il composa trois comédies , qui sont citées dans le Dictionnaire de la Crusca, et mourut en 1558. Ces comédies furent imprimées à Florence, après sa mort ; savoir : il Furlo , en prose, 1560; la Cofanaria , en vers libres (sciolti) , avec des intermèdes , représentée aux fêtes de François de Médicis et de Jeanne d'Autriche, 1561 ; t Bemardi, en vers libres, 1565- Elles ont toutes été réimprimées plusieurs fois. G — s.

AMBROGI(A.>toi*e-Mahie), jésuite italien, célèbre dans le 18* siècle, naquit à Florence, le 43 juin 1715. Il remplit pendant trente ans, avec distinction , la chaire d'éloquence et de j»oésic dans l'université de Rome, alors florissante. La plu|iart des jeunes gens qui se tirent depuis un nom dans les lettres lui durent leur instruction. Sa traduction de Virgile en vers blancs, ou non rimés (sciolti), fut magnifiquement imprimée à Rome , en 3 vol. in-fol., 1703. Elle est accompagnée de dissertations savantes , de variantes et de notes , ornée de gravures d'après les peintures du superbe manuscrit du Vatican, et d'après les monuments antiques les plus célèbres, édition devenue assex rare, et justement recherchée. On a imprimé avec la même magnificence ses traductions des deux | tommes latins du jésuite Noceti , de Iride, et de Aurora boreali. Il a traduit du français quelques tragédies de Voltaire, Florence, 1752; et, comme pour former un contraste, Y Histoire du Rélagianisme . du jésuite Patouiilet. Enfin, on a de lui : 1° la traduction des lettres choisies de Cicéron ; 2" un discours latin , in Electione Josephi II Uomanorum régis ; S9 âlusaum Kircherianum, Rome, (765, 2 vol. in-fol., contenant la description et l'explication de ce musée, confié, pendant plusieurs années , à ses soins , et que le cardinal Zclada a encore enrichi depuis. Âmbrogi a laissé de plus un poéme ladn inédit sur la culture des citronniers. Sa douceur et la bonté de son caractère le Taisaient généralement aimer. Il mourut à Rome en 1788. G— i.

AMBROGIO, ou AMBR01SE (Thésée), savant orientaliste italien, au 16* siècle, était de la noble famille des comtes d'Albanèse , dans la Lomelline , près de Ravie. ÏSéen 1469, on dit qu'il avait à peine quinze mois qu'il parlait avec beaucoup de promptitude et de netteté, et qu'à quinze ans, il parlait et écrivait en italien, en latin et en grec, comme les savants les plus consommés dans ces trois langues. Il entra jeune dans l'ordre des clianoines réguliers de St-Jcan; mais il ne se rendit à Rome qu'en 1512. Le 5e concile général de Latran y avait attiré plusieurs religieux

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orientaux , maronites et syriens. Il saisit cette occasion d'apprendre leurs langues, et y devint bientôt assez savant pour conférer avec les Orientaux les plus habiles. Ces langues lui ouvrirent l'accès de toutes celles de l'Orient. 11 en savait dix-huit, et les parlait aussi facilement que si chacune eut été sa langue naturelle. Léon X le chargea d'enseigner publiquement , dans l'université de Bologne, le syriaque et le chaldéen. Quelques années après, il conçut le projet de publier un Psautier en langue chaldéénne, avec un traité sur cette langue , et sur les rapports que plusieurs autres langues ont avec elle. Il s'était retiré |XRir cela dans sa patrie, ou il rassembla les planches et les caractères nécessaires à ce dessein , lorsqu'en 1527, ce pays , ayant été pris par les troupes françaises, fut mis au pillage pendant huit jours ; le couvent où habitait Ambroisc fut pillé comme les autres; ses planches, ses caractères, ses manuscrits, chaldéens, syriaques, hébreux et grecs, qu'il avait recueillis à grands frais , furent dispersés cl perdus. Il retrouva cependant , cinq ans après, son Psautier chaldéen, mais gâté et à moitié déchiré, dans la boutique d'un charcutier. Il reprit de nouveau le projet de le publier, cl se rendit à Venise, où il se lia d'amitié avec le célèbre Guillaume Postel. Celui-ci lui dut l'idée de l'opuscule qu'il publia quelques années après, en France, intitulé : Linguarum decem characlcribu* differenlium alphabelum, Inlrodueiio, ac legendi Methodus. Ambroisc, ayant renoncé à son Psautier chaldéen, termina enfin son Introduction aux langues chaldéénne, syriaque , arménienne, etc., et la fit, imprimer à Pavie en 1530. Il y mourut un an après, âgé de 70 ans. G — É.

AMBROISE (Saint), Père de l'Église, naquit vers l'an 340. Son père était préfet du prétoire, l'une des quatre premières dignités de l'empire, et, comme préfet des Gaules, il résidait à Arles, à Lyon ou à Trêves; mais plus souvent dans cette dernière ville, ce qui fait croire que St. Anibroise y vint au monde. Les présages les plus heureux environnèrent son berceau : on raconte qu'un essaim d'abeilles couvrit son visage, lorsqu'il dormait dans la cour du prétoire, et que la nourrice inquiète, s'étant hâtée de chasser celles qui entraient dans la bouche d'Ambroise, fut très-ètonnéc de les voir sortir sans faire aucun mal à l'enfant. Le père d'Ambroise, qui se rappelait sans doute que toute l'antiquité avait attribué à un semblable prodige la douceur cl le charme qui caractérisèrent les discours de Platon, voulut qu'on attendit avec confiance la fin de ce présage, et les abeilles, après avoir voltigé quelque temps autour de l'enfant, s'élevèrent dans les airs. Sa famille crut dès lorsqu'il était appelé à quelque chose de grand. On dit encore qu'étant à Rome, où sa mère et sa sa ur s'étaient retirées après la mort de son jiére , il leur présenta un jour sa main à baiser, disant qu'il deviendrait évéque. L'éducation d'Ambroise fut conforme à son rang, et aux es|>éranccs qu'avaient fait naître ses premières années; les maîtres les plus habiles lui enseignèrent les sciences, et il fut formé ;i la vertu par les leçons, et surtout |iar les exemples toix-liants île sa mère et de sa sœur, Ste. Marcelliue, qui avait

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reçu des mains du pape Libère le voile des vierges. Ambroise quitte Rome lorsque ses études furent terminées, et vint à Milan, avec son frère Satyrus. Ils suivirent l'un et l'autre la carrière du barreau. Ambroise s'y montra avec tant de réputation, que Petronins Probus, préfet d'Italie et dlllyrie, le mit au nombre de ses assesseurs, et l'établit, peu de temps après, gouverneur des provinces consulaires de la Liguriectde l'Emilie, qui comprenaient tout le pays qui s'étend depuis les Alpes jusqu'à la Méditerranée, la Toscane, l'Adige et l'Adriatique. Lorsque l'empereur Valentinien eut confirmé ce cboix,et qu'il y eut ajouté la dignité du consulat, le préfet Probus dit à Ambroise, comme il jtartait pour son gouvernement : « Allez, et agissez, non en juge, mais en é\èque. » Le vertueux Probus avait vu avec peine la sévérité dont usaient la plupart des gouverneurs, à l'exemple de Valentinien. Ambroise retint cette belle leçon, qui convenait si bien à son caractère. Sa douceur et sa sagesse lui gagnèrent l'estime et l'attachement des peuples, dans un temps où l'Italie et le pays de Milan surtout étaient déchirés par les troubles et les fureurs de l'arianisme. Auxcnce, que les ariens avaient placé sur le siège de Milan, après en avoir éloigne St. Denis, venait de mourir. Les évéques de la province s'étaient assemblés, et délibéraient sur le choix d'un successeur. Les catholiques et les ariens demandaient, les uns et les autres, un évèque de leur croyance; une sédition violente s'était élevée; on était sur le point d'en venir aux mains, lorsque Ambroise se rendit à l'église |>our faire cesser le tumulte; son éloquence émut tous les conirs. Ou dit qu'un enfant s'étant écrié : Âmfjroisc éve'quc ! un cri unanime se lit entendre, et (pie tous, ariens et catholiques, le demandèrent pour pasteur. Ambroise, étonné et interdit, sort de l'église, et ne songe qu'aux moyens d'éloigner le fardeau redoutable qu'on vent lui imposer; contre sa coutume, il fait donner la question à quelques accusés, espérant qu'on le taxera «le cruauté et de barbarie ; il mène une vie retirée ; mais le peuple continue de l'appeler à grands ci is ; il pousse l'indiscrétion de son zèle jusqu'à faire venir chez lui des femmes publiques, et cependant on demeure toujours convaincu el de la pureté de ses mœurs et de la sublimité de sa vocation. Il s'enfuit iicndant la nuit, et croit prendre le chemin de Pavic ; mais, le lendemain, il se trouve aux portes de Milan. 11 va chercher un asile dans la terre de l'illustre I/'once, son ami, et Léonce le découvre lui-même. Knfin, on l'arrête par ordre de l'empereur, qui était ravi qu'on trouvât dans celui qu'il avait nommé gouverneur toutes les qualités d'un évèque. Valentinien envoya l'ordre au vicaire d'Italie de faire ordonner Ambroise, qui fut baptisé; car il n'était encore que catéchumène, et reçut la consécration des évéques, huit jours après son baptême. C'est ceUe ordination que les Grecs et les Latins célèbrent encore aujourd'hui le 7 décembre. Ambroise, élevé à l'épisropat d'une manière aussi extraordinaire, ne tarda |>as a répondre au loin l'éclat des plus sublimes vertus. St. Itasilc, du fond de l'Orient, s'estimait heureux de correspondre avec lui , et les deux jeimes empereurs Gra-

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tien et Valentinien, qui avaient succédé à Valentinien l", le regardaient comme leur père; Justine elle-même, malgré son attachement â l'arianisme, révérait Ambroise, et eut souvent recours à lui dans des conjonctures difficiles. On vit venir de différentes villes d'Italie, et même de la Mauritanie, une foule de vierges qui demandaient à recevoir le voile de sa main, et ce fut à cette occasion qu'il composa ses trois livres des Vierges, et son traité de la Virginité, Les Gotlis, vainqueurs de Valcns, qui avait péri malheureusement, ravageaient la Thraee el l'Illyric, et poussaient leurs courses jusqu'aux Al]>cs. Ambroise prodigua des secours aux peuples qui fuyaient les contrées ravagées par les barbares, et vendit jusqu'aux vases sacrés pour racheter les captifs. Le jeune Gratien, qui était, par ses vertus, l'espoir de l'empire et de l'Église, fut cruellement massacré à Lyon, le 25 août 5&>, abandonné de ses gens, qui se rangèrent du |»arti du tyran Maxime, et celui-ci, à la tète de forces redoutables, menaçait à la fois l'Italie, le jeune Valentinien, frère de Gratien, et Justine leur mère. Justine eut recours à Ambroise. Le saint évéque part aussitôt pour Trêves, où résidait Maxime, et, sans vouloir communiquer avec lui dans les choses spirituelles, parce qu'il était coupable du meurtre de Gratien, il conclut, après une année de séjour, un traité qui assurait la paix à l'Italie. Justine, méconnaissant les services dont elle était redevable à St. Ambroise, profita de cette paix pour lui susciter mille traverses, en exigeant de lui qu'il permit aux ariens d'avoir une église à Milan. Il eut à lutter pendant plusieurs années contre l'audace et les intrigues des sectaires, contre les menaces et les j>crsécu lions de tout genre; mais le ciel, qui se montra toujours favorable aux pieux desseins de cet intrépide défenseur de la foi, lui accorda enlin un triomphe que promettait sa fermeté, et que faisaient désirer ses vertus. Ambroise ne fut plus inquiété au sujet de l'arianisme. Vm fut à celte occasion qu'il composa, dit-on, ce Umu cantique d'actions de grâces, ce Te Ihum, que toutes les sectes chrétiennes ont retenu; mais une sage critique nous porte à croire que cet hymne, si justement admiré, est d'un auteur plus récent, dont le nom ne nous a point clé conservé. Ambroise profita du repos dont il jouissait pour travailler à plusieurs ouvrages utiles. Il eut la consolation «le donner alors le baptême à Augustin, qui fut admis au sacrement des chrétiens, avec son fils, le jeune Adcodat, cl son ami Alypius. Cependant Maxime menaça encore une fois l'Italie, et Ambroise. député vers lui |>ar l'impératrice Justine, ne put, |*>ur celle fois, garantir cette contrée. Maxime passa les Alpes. TUéodose, successeur de Valent, après plusieurs avantages remportés sur Maxime, qui fut lué en rétablit Valentinien dans ses Liais, et dans ceux que Gratien avait occupés. 11 vint à Milan, et fut reçu, |»ar le peuple et par l'évéquc, comme un libérateur. Peux ans s'étaient à |>eine écoulés depuis ces heureux événements, «pie leorur du saint évèque fut déchire par la nouvelle du massacre de Tliessiiloniipje, ordonné |»ar Théodose. ( Vvy. ce nom.) Ambroise, qui avait obtenu autrefois la grâce des liabitants de celte

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ville, apprenant la manière terrible dont ils venaient d'expier eette seconde sédition, lut accablé de la plus profonde douleur. Dans son premier chagrin, il s'abstient d'écrire a Théodosc, c|ui avait quitté Milan quelques jours avant le massacre. Il sort de la ville, souffrant cl malade , et va se livrer, dans le silence de la campagne, au chagrin qui l'accable, et au regret de n'avoir pas empêché l'exécution de cet ordre barbare. Enfin, au bout de quelques jours, il écrit à Théodosc une lettre toucliame, où il lui représente l'énormilé de son crime, et lui dit que le péché ne s'efface que par les larmes. Il l'avertit qu'il ne peut offrir le sacrifice, si Théodore veut y assister. Cependant, quelque temps après, l'em|>ereur, de retour à Milan, voulut se présenter à l'église où officiait St. Atnbroise. Le saint pontife s'avance à sa rencontre, et lui représente que, d'après les règles de la discipline, il ne lui est jws permis d'entrer dans le temple. L'empereur cherche à excuser son crime; il rap|ielle le |tardon accordé autrefois au roi David. « Vous l'avez « imité dans son péché, ré|»ond Ambroise, imitez-le « dans sa pénitence. » Théodose s'abstint d'aller à l'église pendant huit mois entiers ; il se soumit à la pénitence publique, et, pour prévenir dans la suite les funestes effets de la colère des princes, il signa, a la demande d'Ambroise, une loi qui ordonnait de suspendre pendant trente jours après la sentence les exécutions des coupables condamnes a la peine capitale. Théodosc, réconcilié avec l'Église, fut toujours depuis l'ami de St. Ambroise; il vengea, par la défaite du tyran Eugène, la mort du jeune Valentinien, assassiné sur les bords du Rhône; cl, avant d'être attaqué de la maladie dont il mourut, il fit venir de Constantinople deux de ses enfants, Uonorius et Placidie, qui se trouvaient dans cette ville, tandis qu'Arcadius était dans l'Orient, et les mit entre les mains du saint évèque, le priant d'être leur père, comme il l'avait été des infortunés enfants de Valentinien I". Ambroise tomba malade vers le mois de février de l'an 397; son troupeau, alarmé pour ses jours, l'envoya conjurer d'en demander à Dieu la prolongation. On regardait l'Italie comme menacée d'une ruine totale, par la mort d'un évèque respecté des barbares eux-mêmes, cliéri du peuple, des princes et des emj>ereurs, et dont l'autorité imposait aux méchants et étendait le régne de la vertu. Le vendredi saint, troisième jour d'avril , le saint évèque, quoique fatigué par une maladie longue et douloureuse, demeura en prière depuis cinq heures du soir jusqu'après minuit, et il expira, âgé de 57 ans, ayant occupé pendant 23 ans le siège de Milan. Son corps fut porté dans la grande église de cette ville, nommée depuis la basilique ainbroUienne. Il s'était montré toute sa vie doux, compatissant, affable, sensible à l'amitié, modeste, ennemi du faste et de la grandeur, et n'usant de son crédit que pour l'avantage des autres. Ses écrits portent l'empreinte de son caractère ; il y règne beaucoup de douceur et d'onction ; mais, au besoin, il sait s'élever avec force et majesté. Son style est sans doute bien éloigné de la pureté des écrivains du beau siècle d'Auguste; mais il est toujours agréable cl animé, et il faut se

rappeler que Si. Ambroise a Vécu sur la On du 4* siècle, l a monde en est pure; on admire surtout sou explication du psaume 118. Ses traités de la Virginité, de V Education de» Vierges, et de» Offices, renferment les plus lielles maximes. Quant aux écrits dogmatiques d'Ambroise, on les cite souvent dans l'Eglise, où leur autorité est d'un grand poids. La meilleure édition des oeuvres de St. Ambroise est celle des bénédictins (J. du Frische et Lenouny ), 2 vol. in-fol., 1686-90. Les ouvrages de St. Ambroise, traduits en français, sont : 1° le ItaRtM du Bien de la mort, Paris, Sim. Vostre, in-8°, gothique, sans date. 2° l*s trois Discours intitulés les Vierges, avec la sévère réprimande que fait St. Ambroise à une religieuse qui avait forfait à son honneur, trad. en français , avec des annotations, par J. Bertaut, abbé de Notre-Dame d'Âunay, 1604, in-12 Le P. Durand de Itonrecucil en a donné une nouvelle traduction. ( Voy. Durarti. ) 3° Trois Harangues ( dont une de Symmache et deux de St. Ambroise) sur le sujet de la démolition de l'autel de la Victoire, 1639, in-12. 4" La Morale des Ecclésiastiques, etc., ou traduction des Offices de St. Ambroise (par l'abbé Morvan de Bcllcgarde), 1691, in-12. Le traducteur axait d'abord publié ce volume sous le titre de : Devoir» de l honnête homme et du chrétien, 1689, in-12. 5° Lettres. ( Voy. Dlranti.) 6° Lettres aux Souverains, 1787. Godefroi Hermant a publié, en 1678, une vie de St. Ambroise, d'après celle qui a été composée |»r Paulin, prêtre de Milan, contemporain de St. Ambroise, qu'il ne faut pas confondre avec S. Paulin. C'est dans ses ouvrages qu'on lira avec intérêt tout ce qui concerne un des Pères que l'Église latine a placé avec raison au premier rang, qui a été le modèle des évéques de son temps, qui eut St. Augustin pour disciple, des monarques pour amis, pour sœur Ste. Marceline, et pour frère St.Satyrus. C— T.

AMBROISE (dit Ausbert ou Autpert), l'un des écrivains ecclésiastiques les plus remarquables du 8* siècle, fut élu abbé bénédictin de St- Vincentsur- le- Volturnc, près de Dénévent. Quelques religieux ayant réclamé, Charlemagne renvoya fallu ire au pape Adrien. Ambroise, se rendant à Kome, mourut le 19 juillet 778. Nous avons de lui des écrits remarquables pour le temps où il vivait : 1° VMmmentarius in Apocalypsin, Cologne, 1536, infol. L'ouvrage est d'un style simple et net; la latinité se distingue par une pureté que l'on trouve rarement dans les écrits de cette époque. A ia fin du dernier livre ou lit : « Moi, Ambroise, appelé aussi « Ausbert (d'autres manuscrits portent Autpert), né M dans la province des Gaules, et instruit dans les * lettres divines, en grande partie dans leSamnium, « au monastère de St-\ incent, j'ai fait et achevé le « présent ouvrage dans les temps de Paul , pontife « romain, de Didier, roi des Lombards , et d'Arro- « chise, duc de cette principauté. Cet ouvrage étant « écrit d'un style qui le rend si facile à compreno dre, je l'ai appelé le Miroir des enfants. » D'après les données que l'auteur indique , il doit avoir été composé vers l'an 760. 2' Traité des combalt dti

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