‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 117 sur 129 · ANA C · texte numérisé non relu

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aux bêtes, et de faire de ce supplice horrible un spectacle pour le peuple. Cependant de nouvelles disgrâces allaient fondre sur l'empire. Cabades, roi de Perse, indigné du refus qu'Anastase lui avait fait de quelques secours dont il avait besoin pour soumettre les Nephtalites, entra en Mésopotamie, à la tête d'une puissante armée, prit et saccagea Amidc, en 502, et, l'année suivante, battit, l'un après l'autre, quatre généraux romains. Ils furent remplacés par Céler, qui força les Perses à la retraite, et tenta de reprendre Amidc ; ennuyé de la longueur du siège, il la racheta à prix d'argent. C'était avec ses trésors qu'Anastase défendait ses États, moyen honteux qui ne faisait qu'exciter l'avidité des barbares, et qui accroissait de jour en jour l'avarice du prince, en augmentant ses besoins. 11 imagina aussi de faire fermer, par une muraille longue de 18 lieues, la pointe de terre sur laquelle Constantinoplc est bâtie, de sorte que les fertiles campagnes qui environnaient la capitale se trouvaient du moins à l'abri des incursions. Anastase forma, en 509, quelques projets sur l'Italie, et rechercha à celte occasion l'alliance de Clovis, roi des Francs, auquel il envoya le titre de consul. L'empire se vit encore plongé dans de nouvelles agitations, j>or l'imprudence d'Anastase, qui reprit, avec une ardeur plus violente, les discussions religieuses; il persécuta avec acharnement Macédonius, patriarche de Constantinoplc, et le fit remplacer par Timotliée, eutychéen. Lne sédition terrible épouvanta l'empereur, qui promit de favoriser les ortlKxloxes ; mais, le danger passé, il recommença ses poursuites contre eux. Vitalien, petitfils du fameux Aspar, rassembla les catholiques, et s'avança, suivi d'une puissante année; le sang avait déjà coulé dans plus d'une sédition occasionnée par les querelles religieuses ; mais ce fut la première guerre dans les règles que la fureur humaine entreprit au nom d'un Dieu de paix. Vitalien, triomphant, parut sous les murs de Constantinoplc. En vain un physicien, nommé Proclus, brûla, dit-on, ses vaisseaux, au moyen d'un miroir ardent ; déjà le peuple, las d'Anastase, demandait à reconnaître Vitalien ; l'empereur, tremblant, fit promptement la paix, et promit au vainqueur de suivre ses volontés, pourvu qu'il s'éloignât. Vitalien y consentit, après avoir exigé le rétablissement de Macédonius, et la convocation d'un concile ; mais, quand il eut posé les armes, Anastase viola encore une fois sa parole, et continua la persécution. Enfin, en 518, la mort vint terminer ce long et déplorable règne. Anastase , âgé de 88 ans, fut trouvé sans vie dans un souterrain de son palais, où la crainte d'un orage l'avait conduit. On crut que la foudre l'avait frappé ; [mais, dam» un si grand âge, une mort naturelle a pu l'atteindre avec non moi ns de rapidité . J ustin lui succéda . L— S — E .

ANASTASE II, empereur d'Orient, n'eut point une naissance assez remarquable pour que l'histoire en fit mention. L'extinction de la famille d'Héraelius dans la personne du second Justinicn, et la déposition de Philippique Bardanes, laissaient l'empire d'Orient sans maître. Artémius, secrétaire d'Etat, homme généralement estimé, réunit les suffrages, et

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reçut la couronne des mains du patriarche, lo 4 juin 713, sous le nom d'Auastasc II. Le premier soin du nouvel empereur fut de punir les auteurs de l'attentat commis sur la personne de l'hilippiquc. Les patrices George Burgaphc et Théodore Myaee, qui avaient fait crever les yeux à Bardanes, subirent le même supplice. Anaslase les envoya en exil à Tliessalonique. L'ordre que ce prince ap-wrla dans les finances, son amour |iour le travail et la justice, rétablissaient l'empire, brigue* d'une longue tyrannie, et |>ouvaiciit le retenir sur le penchant de sa ruine. Anaslase était digue du troue, mais Ifs Humains n'étaient plus dignes d'un tel em|H'reur. Au commencement de l'année 7 IU, une sédition éclate sur la ilolte qu'il armait dans le port de lthodcs pour s'opjioser aux progrés des Sarrasins. Les mutins massacrent le patriee Jean, leur général, et forcent Théodore, receveur des deniers, à accepter le sceptre, et à marcher à leur tétc vers Constantinople. Anaslase, réfugié à Nieée, se flattait d'opposer des forces aux rebelles ; mais la prise de la C&ptiale et la défection de ses IrOUpei lui lirenl perdre toute es|iéiancc. Revêtu de l'habit monastique, il se lit conduire à Théodore, qui lui laissa la vie. Suivant un usage introduit dans ce temps, le prince déposé fut ordonné prêtre, et relégué à Tliessalonique. Anastasc avait régné 2 ans et demi. Ce prince, si prudent sur le trime, ne |M>rla pas la même sagesse dans son exil; il ne put oublier qu'il avait |>ossédé l'empire, et ourdit une trame pour recouvrer sa grandeur |«sséc. L'archevêque de Tliessalonique favorisait ses desseins; les Bulgares lui donnèrent un asile; ses intelligences s'étendaient jusque dans le palais: Nieélas \ilonite, maître de la milice; Isoës, commandant des troupes de Mysie; Théogonie, premier secrétaire d'État; INicétas Aulrax, préfet de Constautinople, tous ses créatures, élaient prêts à remettre la couronne sur la tête de leur bienfaiteur. Léon III, ITsaurîen, qui avail renversé le faible Théodore, fut averti du complot, et lit décapiter les quatre patriecs. U's Bulgares, intimides pur les menaces de Léon et séduits par son or, livrèrent Anastasect l'archevêque; amenés à Constantinople, tous deux curent la (étc tranchée, en 7 II). E.

ANASTASK, patriarche de Constantinople, était de la secte des iconoclastes. A force de bassesses et de fourberies, il obtint de l'empereur Léon l'Isaurien d'être élevé sur le siège iialriarcal ; il avait été longtemps syncelle ou premier clerc du patriarche Germain, prélat vénérable, auquel il ne cessa de susciter des persécutions. I n jour qu'AnasIase montait les degrés du palais à la suite du patriarche, il mit par hasard le pied sur la robe de Germain. « N'allez pas « si vite, Anaslase, lui dit-il, vous n'arriverez que « trop toi à rifqqiodrome. » Ces mois lurent regardés comme une prophétie, que l'événement justifia. Lorsqu'Auastasc eut pria la place de Germain, dépouille de sa dignité, le 7 janvier 730, il s'abandonna sans réserve aux excès des iconoclastes. L'avarice ayant porté l'ciiqiereur à s'emparer des trésors de l'Fglisc, le complaisant prélat les liv ra tous, et seconda la tyrannie et les persécutions de ce prince. Léon étant mort en 741, Aixastase, dans la vue de consev-

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ver sa dignité, se prêta à tous les caprices du sanguinaire Constantin Copronyme. L'année suivante, Aria base, ciiropalalc et beau-frère de l'empereur, se rendit mailrc de la capitale; le patriarche, toujours soumis aux circonstances, et ingiat envers ses bienfaiteurs, osa monter dans la chaire sacrée, un crocilix. a la main, |x>ur prêcher la rébellion, Lo châtiment ne tarda pas à s'appesantir sur lui. Copronyme, devenu paisible |>osscsscur de la couronne par la défaite et la punition d'Artabase, fit crever les yeux à Anaslase. On le promena dans l'hippodrome, moulé sur un âne, et le visage tourné vers la queue de cet animal. Il resta un jour entier dans cet état, expose aux insultes de la |>opulace ; mais, après ce traitement ignominieux, Constantin, désespérant de trouver un prêtre qui secondât ses fureurs, laissa Anaslase, toul aveugle qu'il était, sur le siège patriarcal, où il continua de déshonorer son ministère, Knfin, en 733, une mort douloureuse en délivra l'Église et l'empire. L — S — K.

ANASTASE (le niBUOTHKc.UHE), célèbre et savant écrivain du 9* siècle, fut abbé d'un monastère de la Vierge Marie, au delà du Tibre, a Home, et bibliothécaire du Vatican. 11 assista en 860 au 8* concile général, à Constantinople, où l'hotius fut condamné. Ses connaissances, et le talent qu'il avait de parler éloqucmmcnt les langues grecque et laliuc, y furent très-utiles aux légats du pa|>e. II traduisit les actes de ce concile du grec en latin, ainsi que ceux du 7e, tenu dans le siècle précédent. La plupari des nombreux ouvrages qu'il a laissés sont des traductions qui sont regardées comme plus lidélcs qu'élégantes. Son Hisloria ccclcsiastica , tire ebronagraphia Iriparlila , imprimée à Paris , avec les noies de Charles- Aunibal Fabroli, à l'imprimerie royale, 1640, gr. in -fol., fait i*rtic de YUisUtin byzantine. Ce qui lui a donné le plus de célébrité, c'est son Liber ponlificulis , recueil des vies des papes, depuis St. Pierre jusqu'à Nicolas I" j il fut imprimé, pour la première fois, à Mayenec,en 160*2, in-4°, par les soins du jésuite Buséc. Il en a paru deux éditions dans le dernier siècle, une en 4 vol. in-fol., donnée par François el Joseph Bianchini, 1718-1735; une en 3 vol. in- 4", commencée par fahbé Yignoli en 1721, et terminée en 1733, sans parler de celle que M m aton a insérée dans sou grand recueil Script, rcr. ilaL, vol. 3, p. 1 , où clic est aceompaguée de dissertations savantes, écrites à différentes époques, cl par différents auteurs. 11 en résulte qu'Auaslasc ne fut point proprement l'auteur, mais seulement le rédacteur de ces vies; qu'il les tira des anciens catalogues des |>onlifcs romains, des actes des martyrs, et d'autres mémoires soigneusement conservés dans les archives de l'Église romaine; qu'enfin, il n'a composé que les vies de quelques-uns des |iapcs de son temps, sans qu'il soit même possible d'en déterminer avec précision le nombre, ni de reconnaître avec certitude celles qui sont en effet de lui, les auteurs de ces dissertations n'étant pas d'accord sur ce jioint. On prétend qu'il existe deus exemplaires du Liber pontificalii, de l'édition de 1U02, où l'on trouve l'histoire de la papesse Jeanne.

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Les curleu* peuvent consulter à ce sujet David Blondcl {Familier Éclaircissement, etc., 1849, ln-8°), et J.-H. Boeder ( Itiblingraphia tritica). G — F.

AN ASTASE , apotre de la Hongrie, portait le nom d'Astric quand il embrassa la règle deSt-Bcnolt dans le monastère de St-Ronifaec, à Home. St. Adalbert, évoque de Prague, retournant en Bohême, le prit avec lui et le nomma abbé du monastère de Rraunau. Ce prélat ayant été chassé, Astric se réfugia en Hongrie avec ses religieux. Son arrivée fut très-agréable au dur Etienne, qui, ayant embrassé la religion chrétienne, avait besoin d'hommes apostoliques pour convertir ses sujets, encore livrés à l'idoMtric. Ce prince fit construire pour eux un monastère de Tordre de St- Benoit; de là Astric, qu'il en nomma abbé, se répandit dans la Hongrie pour y porter l'Évangile. En 990 Etienne divisa son duché en dix évêchés; il donna celui de Coloora à Astric, qui, à sa consécration, prit le nom d'Anastase. Le duc Etienne l'envoya à Borne (1000) pour demander au pape Sylvestre Il la confirmation de ses premières mesures; il devait aussi prier le pontife d'accorder la couronne royale au duc, afin que cette nouvelle dignité augmentât la puissance et la vénération dont il avait l>esoin pour exécuter ses pieux desseins. Anastasc remplit parfaitement sa mission ; le pape accorda tout ce qu'Ktienne avait demandé ; il ajouta à la couronne une croix que l'on devait porter devant le nouveau roi, en signe de son apostolat. « Je suis Vapastoliquc, * disait-il; mais ce prince mérite bien le nom d'«- « pâtre, ayant acquis un peuple si puissant à la foi « de Jésus-Christ. i> Anastasc étant revenu en Hongrie avec les lettres du pape, la couronne et la croix, la nation se rassembla, et Etienne, proclamé roi, fut sacré et couronné par Anastasc. L'archevêque de Strignnic, métropolitain de la Hongrie, était devenu aveugle; le roi, de concert avec le pape, lui donna pour successeur l'évoque de Colocra ; mais l'archevêque, ayant recouvré la vue nu bout de trois ans, remonta sur son siège, et Anastasc retourna dans son diocèse, oïl il termina peu de temjwj après son honorable carrière. ( Voy. Etienne.) G— v.

AN ASTA8E (Olivier ueSaint-), carme, dont le nom propre était deCrock, vivait dans le 17» siècle, se livra à la prédication, et mourut en 1674, à Bruxelles. H reste de lui quelques ouvrages, dont les titres bizarrcs*annonccnt que, s'il réussissait dans la prédication, ce ne devait être qu'à la manière moitié pieuse, moitié burlesque du fameux petit père André : fie Jardin spirituel tic» Carmen, émailté des vertus des Saints les plus calibres de ce saint ordre, comme d'autant de belles fleurs, et arrosé d'instructions spirituelles, comme d'une agréable rosée, 2 vol. in-f2, Anvers, 1659-1661 ; 2° le Combat spirituel d'amour entre la mère de Dieu et les serviteurs de l'ordre du Mont - Carmcl, avec égal avantage des deux cotés, Anvers, 1661, in-12; 3° Apologues moraux, traduits de St. Cyrille, et enrichis de petites pièces de poésies et de conclusions, Anvers, 1660, in-12; 4" Pleias mystica caleutata ad meridianum desolati Helgii, 1660, in-12, cl d'autres ouvrages latins. N-i,.

AKASTASE (le Père) Yoyet Gitichard.

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ANASTA81E. L'Église révère plusieurs saintes de ce nom. Celle dont la commémoration a lieu le 25 décembre était d'une illustre famille de Home, et vivait au commencement du 4" siècle. I^es actes de St. Chrysogone, qui fut son tuteur, et l'instruisit dans la foi , rapportent que, |H>ndant la |iereéciition de Bioclétien, ce saint ayant été arrêté dans Aquiléc, où il souffrit ensuite le martyre, sa pieuse pupille alla le rejoindre pour lui donner ses accours. En 304, selon les mémos actes, auxquels on n'accorde que peu d'autorité, elle fut brûlée vive, par ordre du préfet d'Illyrie. Ses cendre» furent portées à Borne, et déposées dans l'église qui porte son nom. Us actes delà sainte, par Méiaphraste, lui donnent pour époux un païen nommé Publius, et ajoutent d'autres détails qu'on n'insère point ici. porco que ces actes n'inspirent aucune eonliance. — Lnc autre Anastasik, ou Arastase, surnommée l'Ancienne, fut martyrisée a Sirmich, et l'Église l'honore également le 25 décembre; tuais on n'a aucun détail, ni sur sa vie, ni sur l'époque précise où elle vivait. Ses reliques, transimrteos à Constantinople , restèrent quelque temps dans l'église dite Anastasis. ou de la Insurrection, d'où on les plaça dans celle de Ste-Sophic ; mats elles n'y étaient plus lorsqu'on 1 453 les Turcs s'emparèrent de la capitale de l'empire d'Orient. — Enlln, une troisième Anastasie, d'une famille illustre de Borne, fut instruite dans la religion chrétienne par St. Pierre et St. l'aul, ainsi que Sic Basilissc, son amie. Toutes deux, selon les martyrologes arecs et latins, eurent la tète tranchée par ordre de Néron. L'Eglise fait leur commémoration le 16 avril. D — t.

AN ATOLll'S, d'Alexandrie, florissail vers l'an 270 de J.-C., et ressuscita la philosophie |>érîpatéticienne, que l'école de Flotin avait lait abandonner. Né de parents chrétiens, il fût porté par ses succès à l'éveclié de Laodicée. Il coni|iosa plusieurs ouvrages, entre autres dix livres d'Institutions arithmétiques, dont Fabricius nous a conservé des fragments dans le 2e vol. de sa Bibliothèque grecque. Nous avons encore de lui un traité sur le temps de célébrer lu Vaque, public en latin par G. Boucher d.ms son Commentar. in. Victor. Aquituni Canonem paschat e m, Anvers, 1633, in-fol. On ne doit point confondre l'cvéque de Laodicée avec un autre Anatolius, philosophe platonicien, l'un des maîtres de Jamblique, et auteur d'un traité sur les Sympathies et les Antipathies, donton trouve des fragments au Hune 4 de l'ouvrage précité do Fabricius. D. L.

ANATOLIUS, jurisconsulte, était fils de Léontius, et petit-fils d'Eudoxius, qui avaient, l'un et l'autre, consacré leur vie à l'étude des lois, et vécut du temps de Justinicn. D'abord professeur en droit à Béryte, ville de Phénicic, il devint successivement avocat du préfet du prétoire, avocat du fisc, juge pédané ou des affaires sommaires, et parvint enlin à la dignité de consul. Justinicn, dans sa Novclle 82, l'apficHc tir speclabilis. Il parait qu'il Bit un des jurisconsultes employés et choisis par cet empereur pour la compilation du Digeste. On a accusé Anatolius d'avoir abusé de sa place de consul, et de s'être enrichi p»r ses concussions. Si l'on en croit Agathins, historien

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contemporain , ce jurisconsulte périt dans un tremblement de terre, frappe par un bloc de marbre qui se détacha de la corniebe de la chambre où il couchait. Ce même historien prétend que le peuple, en suivant son convoi, trouvait que cette mort était un effet de la justice divine, en punition de ce qu'il avait dépouillé plusieurs personnes de leurs biens. — Un autre Asatoligs, jurisconsulte grec, fut un des trois par lesquels l'empereur Phocas lit traduire le code Justinien. M — x.

ANAXAGORAS, de la sexte Ionique, lils d'Hégésibulus, naquit à Gazon n n ■ la première année de la 70* olympiade, 500 avant J.-C. Ses parents étaient puissants et riches ; mais il leur abandonna le soin de ses biens , pour se livrer à l'étude de la philosophie, sous Anaximènc de Milet. A vingt ans, il entreprit de voyager pour s'instruire , visita l'Egypte, tous les peuples qui cultivaient les sciences, et fut, pendant près de vingt autres années, absent de sa patrie. Il revint ensuite s'établir à Athènes , où Périclès s'était mis à la téte des affaires publiques. 11 se lia particulièrement avec ce grand homme , et compta bientôt parmi ses disciples les citoyens les plus célèbres, tels qu'Archelaùs et le poète Euripide. L'étude approfondie qu'il avait faite de la science de la nature le mettait en état d'assigner des causes physiques à la plupart des phénomènes que le peuple regardait comme un effet de la colère des dieux , tels que les éclipses , les tremblements de terre. 11 s'expliquait librement sur ces perturbations instantanées de l'ordre immuable des choses, et, quoiqu'il admit , sans équivoque, une cause intelligente , créatrice de l'univers, les gens superstitieux criaient souvent à l'impiété, en l'entendant débiter ses levons. Le grand crédit de Périclés le soutint longtemps contre la malveillance publique ; mais enfin les funestes suites de la guerre du Péloponèsc ayant exaspéré les esprits, on s'en prit aux favoris du chef. Géon, démagogue em|>orté, intenta contre Anaxagoras une accusation publique ; et le plus religieux peut-être des philosophes, dit l'auteur d'Ânacharsit , fut traduit en justice |>our crime d'impiété. Diodore de Sicile nous apprend que ce fut la seconde année de la 87e olympiade. Les opinions sont trés-parlagécs sur les suites de cette accusation. Les uns, mais en petit nombre, prétendent qu'il fut absous; d'autres , qu'il prit la fuite avant la fin de son jugement; d'autres, qu'il fut condamné au bannissement et à une amende de cinq talents; d'autres, enfin, lui font infliger la peine de mort. Quoi qu'il en soit , il est certain qu'à celle époque Anaxagoras sortit d'Athènes, et qu'il fut s'établir à Lampsaque , où il termina ses jours , trois ans après, âgé de 72 ans. L'anniversaire de sa mort fut , d'après sa demande , un jour de vacance pour les écoliers de la ville. On rapporte que, ses amis lui ayant demandé s'il voulait que ses cendres fussent transportées dans sa patrie : « Ce serait prendre une «peine inutile, répondil-il , le chemin des enfers « est partout le même. » Anaxagoras, conformément à l'axiome que rien ne se produit de rien, admettait, pour principe uuique et multiple des corps, des

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espèces d'atomes , qu'il nommait homœomeriet, ou partit -s similaires, c'est-à-dire, de même nature que les corps qu'elles devaient former. Ces atomes, par eux-mêmes dépourvus de la faculté de se mouvoir, avaient été, dans le commencement , mis en mouvement par un autre principe coétcrnel , distinct de la matière, YEtprii , qu'il appelait Nous, ce qui lui fit donner à lui-même le surnom de A'ow*. Ainsi s'était formé l'univers, dont les corps terrestres, comme plus pesants, occupaient les parties inférieures, tandis que l'éllicr, ou le feu, se trouvait disséminé dans les parties supérieures. Cependant Anaxagoras croyait les astres de nature terrestre , et le soleil, entre autres, une masse de pierre incandescente , plus grande que le Péloponésc. La voie lactée n'était , suivant lui , de même que l'arc-cnciel, qu'une réflexion de la lumière solaire. La terre était plane ; la lune , un corps opaque , habitable , empruntant sa lumière du soleil ; les comètes , des astres errants. Enfin , par un de ces sophismes si communs aux philosophes de l'antiquité, Anaxagaras niait que la neige fût blanche, et soutenait qu'elle était noire, parce que telle est , disait-il , la couleur de l'eau , dont la neige n'est qu'une modalité. — On compte , outre le suivant , deux autres Anaxagoras : l'un, disciple d'Isocrate, fut orateur; l'autre, grammairien, disciple de Zénodotc. D. L.

ANAXAGORAS, sculpteur, né à Éginc , fut chargé de faire la statue de Jupiter que les Grecs élevèrent à Élis, après la bataille de Platée, 492 ans avant J.-C. A l'imitation d'Agatharque , il écrivit sur les décorations de théâtre , et l'on ne peut douter . d'après le passage où Vitruve parle de cet ouvrage , que les princi|jalcs régies de la perspective n'y fussent expliquées. L — S— e.

AÎNAXANDR1DES, lils de Léon, de la première branche des rois de Sparte, monta sur le troue vers l'an 550 avant J.-C. Il avait épousé une femme qu'il aimait beaucoup; mais comme, après plusieurs années de mariage, il n'en avait point d'enfants, les éphores lui représentèrent que, pour ne pas laisser éteindre la race d'Eurysthénes, il fallait qu'il répudiât sa femme, et en prit une autre. Il ne voulut pas y consentir; alors, les éphores et le sénat, s'étant consultés, lui dirent que, puisqu'il ne pouvait se déterminer à renvoyer celle-là , il fallait tout au moins qu'il en prit une seconde, dont il put avoir des enfants. Il le lit, et eut ainsi deux femmes à la fois , contre l'usage , non-seulement de Sparte , mais même de toute la Grèce. Il eut, de cette seconde femme, Cléomènes, qui lui succéda. Peu de temps après , la première , après tant d'années de stérilité , lui donna un fils, Doriéus, et ensuite deux autres, Géombrote et Léonidas. 11 ne se passa rien de mémorable sous son règne. Anaxandrides mourut l'an îil 5 avant J.-C. C— b.

ANAXANDRIDES, poêle comique , né à Rhodes, ou à Colophon , vivait du temps de Philippe, roi de Macédoine. Suidas dit qu'il fut le premier «pii représenta sur la scène les malheurs que l'amour cause aux jeunes filles ( et non , comme l'ont dit quelques biographes, les intrigues d'amour, déjà connues

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sur la scène grecque). L'innovation introduite par Anaxandrides consista en ce qu'il donna plus d'étendue et d'importance aux rôles lïamoureusct. Il était opulent, et alTeclait une grande magnificence. On dit même qu'un jour, étant à Athènes , il récita une de ses pièces, monté sur un cheval. 11 avait plus de verve que de correction; et, quoiqu'il fût trés-aftligé d'un mauvais succès, jamais il ne prenait la peine de retoucher ses ouvrages. Dans sa vieillesse , il en détruisit plusieurs. Sa mort fut malheureuse. Euripide avait dit , dans une de ses tragédies : « La « nature le voulait ainsi , elle qui n'écoute point les a lois. » Anaxandrides parodia ce vers, en substituant seulement les mots : la ville, à ceux de la nature. On n'était plus au temps d'Aristoplume : les Athéniens permettaient bien encore qu'on prit les plus grandes libertés à l'égard des jorticuliers, mais ils ne souffraient plus les critiques contre l'Jvtat. Ils citèrent en justice Anaxandrides et le condamnèrent à mourir de faim. Athénée fait mention d'une Odytiée, composée par ce poète, et Aristotc, dans sa Rhétorique, cite quelques-unes de ses comédies. Platon fut un de ceux qui excitèrent la verve satirique d'Anaxandrides. D— t.

AN AX ARQUE, philosophe de la secte éléatique, était natif d'Abdèrc, et fut disciple de Dioménes de Smyrne, ou, selon d'autres, de Métrodore de Chios, tous deux de l'école de Démocrilc. Appelé auprès d'Alexandre le Grand , Anaxarque le suivit dans toutes ses expéditions, et lui parla toujours avec une entière liberté. Le monarque, un jour, s'était blessé : « C'est bien la du sang humain, dit Anaxar- « que, en montrant du doigt la blessure, et non du «sang des dieux. » Lorsque Alexandre s'enorgueillissait d'avoir asservi sous ses lois tant de peuples divers , Anaxarque lui faisait considérer les cieux , où gravitent une infinité de mondes, semblables à celui dont il n'avait pu seulement achever la conquête. C'était ainsi que, par des leçons puisées dans l'étude de la nature, le philosophe instruisait le conquérant, modérait la fougue de ses passions, dissipait les rèves de son ambition, et le ramenait souvent à des sentiments plus raisonnables. La conduite d' Anaxarque dut nécessairement lui susciter beaucoup d'ennemis. Les courtisans d'Alexandre , et le philosophe Callisthènes lui-même , lui vouèrent une haine implacable, qui fut la source de toutes les calomnies qu'ont débitées contre lui les péripatéticiens. Satyrus, Cléarque, Ucrmippus, Athénée, Uiogène Laèrce, l'ont j>eint sous les couleurs les plus odieuses, et lui prêtent la même fin qu'à Zénon d'Éléc. Ils prétendent qu'après la mort d'Alexandre, Anaxarque tomba entre les mains de Nicocréon, tyran de Chypre , dont il s'était attiré la haine , et que ce dernier le fit piler dans un mortier. Quoi qu'il en soit, ce philosophe était digne d'un meilleur sort. Il faisait consister le souverain bien dans la vertu, et pensait que le vrai sape doit trouver son bonheur en lui-même , indépendamment des objets extérieurs, ce qui lui ^lt donner le surnom d" Eudœmonieot (qui rend heureux ). On trouvera, sur l'histoire d' Anaxarque, des détails intéressants dans l'ouvrage de

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