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JeanLuzac, intitulé Lectiones AUieœ, Leyde, 1809, in-4". D. L.
ANAX1LAS 1", roi de Rhégium, descendait, A la quatrième génération , d'Alcidamidas, Messénien. Après la prise d'Ira, vers l'an 625 avant J.-C. , il attira à Rhégium une partie des Mcsscniens, qui ne voulurent pas se soumettre aux Lacédéraoniens , ce qui rendit sa capitale très-florissanle. On l'a souvent confondu, mal a propos, avec le suivant. G — R.
AN AX IL AS II, fils de Crétinéus, et descendant du précédent , monta sur le trone à Rhégium , l'an I 494 avant J.-C. 11 fut célèbre par sa modération et son amour pour sa patrie. 11 chassa de Zancle les Samiens . qui s'en étaient emparés , l'an 497 avant J.-C.; il y conduisit une colonie, et donna à cette ville le nom de Messine . en mémoire de la patrie de ses ancêtres. Hérodote débite plusieurs contes sur Anaxilas ; il prétend que ce fut lui qui détermina les Samiens à s'emparer de Zancle , tandis qu'il n'était pas encore sur le trône lorsque les Samiens vinrent en Sicile. Il ajoute , d'après les Siciliens, qu'il engagea les Cartltaginois à faire la guerre à Gélon et à Thcron , pour venger Terillus, son beau-père, que Tliéron avait chassé d'Himère , où il était tyran. Pausanias a aussi commis plusieurs erreurs à son sujet , en le confondant avec le précédent. Il mourut l'an 476 avant J.-C. , et laissa plusieurs enfants en bas âge, sous la tutelle de Micythus, sou esclave. C— r.
ANAXILAS, de Larisse, philosophe pythagoricien, vivait à Rome sous le règne d'Auguste. 11 s'adonna particulièrement à la médecine, a l'étude des merveilles de la nature, et consigna le fruit de ses recherches dans un ouvrage intitulé ii). -/-, cité par Irénée et par Epiphane. Pline nous a conservé trois de ses expériences , dont deux peuvent être reléguées parmi les fables. Il enveloppait un arbre d'un voile d'amiante , et parvenait a l'abattre , sans que l'on entendit les coups qu'il lui portait. En brûlant dans une lampe la liqueur que les cavales laissent écouler pendant le coït, il faisait apparaître aux spectateurs des têtes de chevaux monstrueuses. Enfin, il fut l'inventeur de ce que nous nommons flambeau infernal, dont il produisait l'effet en brûlant du soufre dans un lieu privé de lumière. Ses recherches lui devinrent fatales; il fut accusé de magie, et banni par ordre d'Auguste. D. L.
AN AXIM ANDRE, fils de Praxiades, fut le disciple et le successeur de Tltalès , fondateur de la secte ionique. Comme son maître, il naquit à Milct, la 3e année de la 42* olympiade, 610 ans avant J.-C. La seule circonstance de sa vie qui nous soit rarvenuc, c'est qu'il fut chargé de conduire la colonie Milcsienne, fondatrice d'Apollonic, sur les bords du Pont-Euxin. Anaximandre se livra particulièrement à l'étude des sciences mathématiques. Le premier , il découvrit , ou du moins fit connaître aux Grecs l'obliquité de l'écliptique, et parvint à déterminer l'observation plus exacte des solstices et des équinoxes , par le moyen d'une espèce de gnomon , dont il fit l'essai à Lacédémone. Le premier encore, il traça des figures de géométrie , pour rendre sensibles aux yeux les principes de cette science. Il essaya de
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décrire sur un globe les contours de la terre et des mers , autant que le permettait l'état d'inq>crfeetion des connaissances géographiques , cl construisit une sphère céleste, au moyen de laquelle il expliquait à ses disciples le système du monde. Toutes ces assertions, néanmoins, ne sont pas rigoureusement prouvées. Quant aux opinions d'Anaximandre, il regardait Yinfini (JUiîpw), comme le principe de toutes choses, sans toutefois déterminer la nature de ce principe, éternel , ineorruplihle, qui engendre et absorhe tout , dont les parties sont mobiles , et l'ensemble , immuable. Les mondes , selon lui , sont en nombre Infini , et se résolvent dans le prinri|»c universcl. Les dieux naissent et meurent à de longs intervalles. Le ciel est un compose de froid et de chaud; les astres, d'air et de feu. Le soleil est au plus haut des deux ; il a la forme d'une roue , dont la circonférence est vingt-huit fois plus grande que celle de la terre. C'est jar le moyeu de cette roue que s'échappent les torrents de feu qui produisent la lumière. Si le trou vient a s'obstruer, l'astre est éclipsé. La lune est «ne autre mue, dont l'obliquité produit les phases, et la convmion totale, les éclipses : elle n'a que dix-neuf fois la grosseur de la terre. Le vent, comprimé dans les nues, produit la foudre et les tonnerres. La terre a la forme d'une colonne ; elle occupe le ccnttv de l'univers, et voilà pourquoi elle demeure suspendue sans tomber. Telles sont les opinions que PhUarquc prèle au disciple de Thaïes. Celles que lui donne Dingéiic Laérce en diffèrent un peu. Apollodore nous apprend qu'AiiHximandrv- mourut peu de temps après la 2e année de la 58* olympiade, âgé d'environ Mans. 11 avait été contemporain de Polvcrate, tyran de Samos. I). L.
ANAX1MENFS, (ils d'Eurystrate, fut le compatriote, le disciple et le successeur d'Anaximandre de Milet , dans la secte ionique. Quelques-uns veulent qu'il ail aussi suivi les leçons de Pannenidc. Pline lui attribue l'invention du gnomon , dont d'autres font honneur à sou maître. Nous avons, sous son nom , deux lettres à Pythagore, dans l'une desquelles il déplore la lin tragique de Thaïes. Ses disciples les plus célèbres furent Anaxagore et Pingènc l'Apolloniatc. Anaximénes florissait vers la KH* olympiade ; il est donc évident qu' Apollodore et Laërce se sont trompés en fixant sa mort à IY|>oquc de la prise de Sardes : tout jiorte a croire qu'ils ont voulu parler de la prise d'Athènes par les Perses, arrivée l'an M) avant J.-C. Les opinions d'Anaximènca diffèrent de celles de son maître. Il regardait l'air comme le princqHi de toutes choses; principe divin, éternel, infini, toujours en mouvement. Suivant lui, la couche extérieure du riel p*t comjmsée de terre ; les étoiles sont des corps pyro-terrestres, soutenus |>ar la force expansive de l'air. Le soleil est plat comme une lame; c'est son cours seul qui détermine les saisons. La terre ''gaiement est plate, et soutenue par l'air. De ce dernier élément sont nés tous les autres; en lui se résolvent tous les corps. D. L.
AN AXIMKNES de Lampsaque, fils d'Arisloclés, disciple de Zofle et de Piogénc le cynique, fut un de* historiés» les plus célèbre* de l'antiquité; mal-
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heureusement aucun de ses ouvrages n'est parvenu
jusqu'à nous. Penys d'Halycarnasse ( Epi$1. ad Ammetum) et Quintilien ( lib. S, c. 6) parlent aussi de ses talents comme orateur. Jaloux de Théopompe, il essaya de le perdre, en imitant fort liabilemenl son style, et répandant, sous le nom de ce rival, plusieurs écrits également injurieux pour les Athéniens, les Thébains et les Spartiates. Anaximénes fut choisi pour enseigner les l>cl!es-le!tres à Alexandre le Grand ; il le suivit dans la guerre contre les Perses , et ce fut alors que, par une ruse ingénieuse, il préserva Lampsaque, sa patrie, des eff'eLs terribles de la vengeance du conquérant. Cette ville avait smbrassé très-ardemment le parti de Darius ; Alexandre résolut de la détruire, et, prévoyant les sollicitations d'Anaximèncs, il jura d'avance de faire le contraire de ce que lui demanderait son maître. « Je viens te supplier, lui dit ce- « lui— ci, d'anéantir la coupable Lampsaque. » Lié par son propre serment, Alexandre fut oblige de pardonner. L'ouvrage le plus important d'Anaximénes était une histoire de la Grèce, qui, divisée en 12 livres, commençait par la naissance des dieux, la formation de l'homme, et finissait à la 404* olympiade, après la bataille de Mantinée. II avait aussi écrit la vie d'Alexandre et celle de Philippe de Macédoine, toutes deux citées avec doge par Diogène Lactée et Hippocration. Plusieurs savants, et entre autres Vossius, Robortello, Vietorinus, lui ont attribué le traité de rhétorique qui porte le nom d'Aristole. Cii— s.
ANAYA MALPONAPO ( MM Dntoo), arrhevèque deSéville et de Tarais, naquit à Salamanquc, vers le milieu du 14' siècle : les noms d'Anaya et de Maldonado, qu'il portait, appartiennent à deux maisons du premier rang de la noblesse d'Espagne, et qui, réunies par des allianres multipliées, subsistent encore aujourd'hui, sous les litres de comtes de Yillagonzalo, marquis de l'Escale, et de comtes d'Hablitas. Don Diégo fut précepteur des enfants de Jean I", roi de distille, et il était évéqne de Salamanquc, lorsque le schisme de l' Eglise fut poussé à son comble. Le fameux Pierre de Li.na était reconnu par les rois d'Espagne el de France. Fort de ce double appui, rien n'était capable de le faire céder. Pon Piégo fut envoyé auprès de lui, à Avignon, pour lui confirmer l'obéissance du roi d'Espagne, avec deux autres ambassadeurs A son retour, il fut élevé à la première ilignité de la monarchie, celle de président fie Castille, et, bientôt après, il se rendit au concile de Constance en qualité d'ambassadeur, avec Martin Fernande* de Cordoue. Ce fut dans ce concile qu'eurent lieu de vives contestations sur la préséance entre les représentants des différentes puissances. L'ambassadeur du duc de Pourgogne voulut disputer le siège d'honneur a celui de Castille, qui s'y opposait avec trop de modération, au gré de l'évèque Anaya. Celui-ci, s'étanl mis entre les deux prétendants, écarta brusquement l'envoyé de Pourgogne, et. se tournant vers son collègue : « Comme « prêtre, lui dit-il, j'ai fait plus que je ne devais; à « présent, c'est à vous, comme gentilhomme, à
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« ce que je ne pais. * Nommé à révêché de Salariants, dés 1401, Anaya exécuta le projet de fonder dans eetic ville un collège destiné à renseignement gratuit, et il consacra à cet établissement presque toute sa fortune ; rien ne fut épargné pour l'enrichir et le consolider. Il obtint du pape et de sort souverain les approbations nécessaires. Ce collège, sous le nom de St-Barthélcmy-Ic-Vicux, a subsisté avec le plus grand éclat jusqu'à nos jours. Il fut le premier de ce genre en Europe. Ce généreux exemple • fut Imité, dans la suite, par quelques autres prélats. Le connétable Alvaro de Lima suscita des tracasseries a don Diégo, au sujet de ses relations avec le po|>c Pierre de Luna, et le lit suspendre de ses fonctions, pour faire place à don Juan de Ccreznela, son frère utérin. Le souverain pontife eut la faiblesse de consentir a dépouiller injustement cet évéque respectable, pour complaire au ministre tout-puissant d'un souverain qu'il voulait ménager ; mais don Riégo Anaya ne larda pas a être rétabli su»- son siège. 11 mourut vers le milieu du 15' siècle, avec la réputation d'un protecteur éclairé des sciences et des lettres. Kuiz de Vergara a écrit, en espagnol, la vie de cet illustre prélat. E— D.
ANAYA ( Pedro de), amiral. Voyez Annava.
ANCANTHER18 (Claude), d'une famille du Barrois, comme le font présumer ses écrits, florissait dans le 16* siècle a I'adoue, où il était médecin et de plus historiographe impérial. Il fut intimement lié avec Boissard, antiquaire et poète latin, alors établi à Metz, parce qu'il ne pouvait suivre dans sa patrie la religion protestante qu'il avait embrassée. Profondément versé dans les langues grecque et latine, Ancanthcrus lisait beaucoup, et souvent il mettait sur les marges des notes savantes et pleines de jugement. Plusieurs ouvrages ainsi annotés de sa main se trouvent aujourd'hui dans la bibliothèque de Vienne, avec cette suscription : RXs-j&Vj à-.x*»- HfVi to3 trrs'.oçto™ K>.f ux. Telles sont une édition de V Alexandre ou de la Cassandre de Lycophron, avec les commentaires dTsaae Tzctzès, et une édition des ChMadet de Jean Tzetzès, publiée à Bâlc en 1816. La même bibliothèque possède aussi quelques ouvrages manuscrits et inédits du même auteur ; une traduction latine d'un fragment d'Anthémius, -t?i rx^xSilat p.TrjztTy.i-w , commandée |>ar le grand chancelier de la cour de Vienne ; un |>etit opuscule qui lui est attribué, quoique ne portant pas de nom d'auteur, et intitulé : Imperatoris Itudolphi liei gc*tœ. Les ouvrages d'Anranthcrus qui ont été publiés sont : 1" Pauli Silentiari henyambia diamclra entalertica in Thermal epicat, latine farta epico carminé. Âeeesterunt lueulentissima? annotations, Irevis item non minut utilit qunm jueunda de thrrmit dùtertatio, et nonnulla poemata ejusdem aulhoris ad Plovenum dominum nobitissimum et ornatistimum juvenem, Venise , 1386, in-12. Ce petit volume, le seul des ouvrages d'AncanUicrus que possède la bibliothèque du roi à Paris, contient 45 feuillets ou 90 pages ; dans la préface il promettait un grand travail sur la poésie grecque et latine, si sa fortune et le temps le lui permettaient ; mais nous ne soup-
çonnons point l'existence de cet ouvrage. On y trouve aussi quelques vers grecs de Francisque Musa sur sa traduction qui est en hexamètres; une épltrc en vers d'Octave Plnvenus, qui l'appelle medicum doctomn exeellentisiimum, et omni génère doctrine rirvm clarissimum; des notes et une dissertation sur le poème de Paul le Silcntiaire ; et quelques poésies latines adressées aux hommes les plus distingués de la Lorraine, tels que Nicolas le Pois. { Voy ce nom.) On voit d'après ces différentes pièces qu'il avait composé plusieurs ouvrages en vers que nous n'avons pas, tels que des t pitres, un recueil d'épitaphes, des épigrammes, des satires, des épopées, des élégies «quelques poésies érotiques. Sa diction est pure, élégante et d'une bonne latinité. 2* Diameron in nuptias Fcrdinandi Medicis, magni Hetrnrùe ducit, et Ckrislerna; Lotharingie ducis plie, Padoue, 1590, in— 1". y Xomenclator gemmarum que magis in usu tunt, nunquam anlehac quod teiri adhuc potuerit, ex greco. Accesserunt in hune Wtellum nota; brevet non infrvetuose, lypit otlomatianis , 1394, in— S". C'est la traduction de l'ouvrage de Psellus l'ancien, sur les propriétés médicales des pierres précieuses ; et Manget, dans sa Bibliothèque, assure qu'Aucautlierus est le premier éditeur de cet ouvrage; aussi cette édition est-elle fort rare. 4° Rudolpho II imperatori trmper augusto, Claudii Ancanlheri, ejus hittorici, Panegyricut, Jaurino rereplo, dicatus, Ih-ague, J. Ottmar, 1598, in-4". On trouve une notice sur ce poète par Grégoire, dans les Annales encyclopér diques, septembre 1817. F — a.
ANCARANO (Jacques d'), nommé plus souvent, dans les dictionnaires, Jacques Palladino, et aussi Jacques de Teramo ou Tlieramo. Voyez Th-
ItAMO.
ANCARANO ( Pjkhhe-Jea> } , jurisconsulte et poète italien, né à Rcggiu, flori»sait vers le milieu du 16' siècle. Il publia un livre de droit en deux parties, sous le titre de Famiiiariam juris Quettionum, etc., Venise, 1369, iii-8°. II |«uut six de ses sonnets dans la première édition du poème de Molza, intitulé : Aïn/a Tibcrina (la Nymphe du Tibre). Il y en a deux autres à la louange du phénix, joints au poëme de la Penice, de Tito Scandiancse, qui lui dédia cet ouvrage, Venise, 1557, et l'on voit, |«r son épltrc dédicatoire, que c'était Ai :carano lui-même qui l'avait engagé a traiter ce sujet. G— É.
ANCARANO (Gaspaiiu), prêtre et poète de Bassano, lit imprimer, en 1587, a Venise, un recueil intitulé : Capitolie Canzoni spiritualitopra il Pater nmicr, Are Maria, Credo, Salve Regina, e Magnificat, etc., in-4". Quelques gens simples, ne sachant pas (juc les canzoni italiennes sont des odes, et non pas des cliansons, ou des cantiques, ont comparé ce poète très-grave à noire ablié Pellegrin. Gaspard AnearanoaausM publié les Svtle Salmi penilenziali, tathii e volgari, in vttaea rima, accompagnés de quelques autres poésies spirituelle*, Venise, chez les Junte, 1588, in-4°. On a encore de lui d'autres ouvrages du même genre, où il y a beaucoup de piété, et qui ne sont pas dépourvus de poésie. G— É.
ANCIIARANO (Pierre d'), né, vers 1330,
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Bologne, de l'illustre Êunille des Farnèse, joignit le talent de l'éloquence, la connaissance de la philosophie et celle des affaires, à un profond savoir dans le droit, qu'il avait étudié sous Balde. Sou mérite le rendit utile à sa patrie, et lui procura une grande considération dans toute l'Ilalie. Ancharano professa le droit à Padoue, à Bologne, à Sienne et à Ferrare, parut avec distinction au concile de Pise, dont il soutint vigoureusement la légitimité contre les ambassadeurs de Robert de Bavière, prouva que ce concile pouvait procéder contre Grégoire XII et Benoit XIII, et mourut dans sa patrie, en 1410, selon les uns, et en 1417, selon les autres. Quant à la date de 1497, marquée dans son épitaphe, elle n'est pas soutenante, à moins qu'on ne veuille le faire vivre bien au delà d'un siècle. On a de lui des commentaires sur les Décrétales, Bologne, 1581 , in-fol. ; sur les Clémentines, Lyon, 1549 et 1555 ; sur le Digeste, Francfort, 1581 ; des Consitia juris, avec les additions de Lelio Zanchi, Venise, 1568, et d'autres ouvrages du même genre. Son épitaphe le qualifie de jurù eanonici spéculum, et civilis anchora. T— D.
ANCHER (Pierre-Kofod). Il a occupé plusieurs postes importants dans l'administra lion du Danemark. Vers la fin du 18* siècle, il eut le dire de conseiller de conférence. On a de lui une Histoire de la législation danoise, depuis le roi Harald Blàland jusqu'au roi Christian V, Copenhague, 1769, 3 vol. in-8°, en danois : c'est un ouvrage plein d'une grande érudition historique, et digne d'être extrait par un jurisconsulte philosophe. Kofod Ancher a publié beaucoup d'ouvrages élémentaires sur le droit civil et criminel du Danemark, qui diffère du droit romain en plusieurs («ointe importants. M— B — >'.
ANCHÈRES ( Damei. n' ), né à Verdun, a la fin du 16* siècle, était jeune encore quand il lit imprimer, en 1608, à Paris, chez Jeau Mieard, une tragédie, avec des clwrurs, intitulée : Tyr et Sidon, ou Us funestes Amours de Belcar et Mèliane. Cette pièce fait partie de son Recueil de poésies diverses. On sait très-peu de particularités de sa vie : il était gentilhomme, et peut-être était-il attaché à la |»ersonne de Jacques 1", qu'il suivit en Angleterre. Bcauchamp fait mention de cet auteur dans ses Recherches sur le Théâtre-Français, t. 2, p. 14, de l'é dition in-8", mais ce qu'il en dit est assez peu satisfaisant. La Valliéro, danssa Bibliothèque du Théâtre- Français, 1. 1", p. 408, donne un extrait assez étendu de laU-agédic d'Anchères. D. Calmet l'a oublié dans sa Bibliothèque de Lorraine. \V — s.
ANCHERSEN (Pierre), professeur au gymnase d'Odensé en Fionic, Ile danoise, a vécu dans la première moitié du 18' siècle. C'était un des hommes les plus énidits de sa nation. Quoiqu'il ne possédât pas la profonde critique d'un Langebek, d'un Sulem, d'un Sclurning , ces savants, qui l'ont éclipsé, I citent avec estime. On a de lui : 1° Origines Ihnicœ, Hafniœ , 1747, in-4°; 2° Pana Cimbrorum C«rïfa»,ibid., l74«,in-4°; ydeSuevis, ihid., 1740, in-4°; 4° Herthedal, ou la Vallée de Ilcrtha, ihid., 1745; S°deSolduriis, ibid., 1734, et plusieurs autres i historiques et littéraires, recueillis en partie
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dans ses Oputcula minora, édita a 0. Oelricht,
Brème, 1775, 3 vol. in-4°, qu'il ne faut plus considérer comme des modèles, mais qui, à l'époque de leur publication, avaient le mérite d'exciter les jeunes gens à ce genre de recherches. M — B— ».
ANCHIETA ( Joseph d' ), missionnaire portugais, surnommé V apôtre du nouveau monde, naquit, en 1533, dansl'ile de Téuériffc, de parente nobles et riches, reçut une éducation brillante, entra, à dix-sept ans, dans l'ordre des jésuites, et, animé d'un grand zèle pour la propagation de la foi, partit pour le Brésil, en 1553, avec don Edouard d'Aeosta, second gouverneur général, et six autres religieux de son ordre. Il fonda ù Piratiningua, à la suite de longs et pénibles travaux, le premier collège du Brésil, pour avancer la conversion et la civilisation des sauvages de cette contrée. Les jésuites donnèrent à ce collège le nom de St-Paul, qui s'étendit ensuite à la ville qui y fut bâtie, a Ici , dit-il dans une de « ses lettres à St. Ignace de Loyola, nous sommes « quelquefois plus de vingt dans une hutte grossié- « rement construite en terre , couverte de paille, a n'ayant que 14 pas de long et 10 de large. C'est « l'école, l'infirmerie, le dortoir, le réfectoire et la a cuisine. » Les sauvages du Brésil et les créoles portugais vinrent en foule se mettre sous la direction d'Anchicta, qui leur enseignait le latin, cl apprenait d'eux la langue du pays. Le premier, il eu composa une grammaire et un vocabulaire. Travaillant jour et nuit, il était tout pour ces nouveaux fidèles. « Je « sers, écrivait-il, de médecin et de barbier, traitant « et saignant les Indiens malades. » Ces conversions étant regardées par les colons portugais de Si-André connue nuisibles à leurs intérêts, en ce qu'elles tendaient à détruire l'esclavage, ils se réunirent pour attaquer l'établissement de Piratiningua ; mais Ànchieta lit prendre les armes aux nouveaux convertis, et repoussa les assaillante. Son influence augmenta sous le gouvernement de Memdesa ; et, soutenu par ce gouverneur général, il parcourut les capitaineries du Brésil, et s'efforça de détruire l'anthropophagie parmi les tribus sauvages. Durant la longue et malheureuse guerre des Portugais contre les Tamoyos, Anehieta, compagnon fidèle du célèbre Nobrèga, prêclia en chaire et sur les places publiques des villes nouvellement fondées, que les Brésiliens avaient partout l'avantage, |»arce que le droit et la justice étaient de leur coté, et qu'ainsi Dieu les protégeait visiblement : « Vous les avez attaqués, disait— il aux « Portugais, au mépris des traités; vous les avez « faits esclaves contre le droit de la nature et des « gens; vous avez souffert que vos alliés dévorassent « leurs prisonniers, etc. » A la fin, les malheurs dé cette guerre déterminèrent Anehieta et Nobrega, de concert avec le gouverneur général, à aller se mettre entre les mains des Tamoyos, dans l'espoir d'en obtenir la paix. Le danger était imminent; toutes les tribus des Tamoyos s'étaient réunies pour faire une attaque générale : aussi jamais on n'entreprit une ambassade plus périlleuse et plus utile. Après s'être cxjiosés cent fois à perdre la vie au milieu de ces an- 1 thropoplmges, Anehieta et T'
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par la vénération qu'ils leur inspirèrent, à conclure la paix, et leur ambassade fut regardée comme le salut des colonies portugaises. Les ïamoyos, chez qui Anchieta resta longtemps en otage, rappelaient le grand paye ( prêtre des chrétiens ). Lorsque Memdesa, rassuré sur les projets hostiles des Brésiliens, voulut chasser les Français de Rio-Janéiro, où ils s'étaient établis, il réclama la coopération d' Anchieta. Ce missionnaire fut nommé par Nobrcga commandant des Indiens convertis, et, s'étant mis a leur tête, s'embarqua pour Rio-Janéiro, en 1566, seconda, avec autant de courage que de zèle, l'expédition portugaise, et, pendant les deux années que dura cette guerre, vécut dans les camps, y maintint l'ordre, et vit enfin sa constance couronnée par la prise des deux forteresses que les Français avaient élevées à Rio-Janéiro, et par l'expulsion totale des vaincus. Il contribua également, avec les Indiens convertis, à la fondation de la ville de St-Sébastien, maintenant la métropole de l'Amérique portugaise. Anchieta mourut en 1597, à 64 ans. Les Portugais et les sauvages croyaient également à ses miracles. Les premiers envoyèrent à Rome, après sa mort, un grand nombre de déclarations et d'attestations, en demandant qu'il fût canonisé. 11 a laissé différents ouvrages, dont aucun n'a été imprimé : 1°un poême latin sur la Ste-Vierge, composé pour accomplir un vœu qu'il avait fait lors de son ambassade chez les sauvages; 2° une grammaire de la langue brésilienne; 3° un dictionnaire de la même langue ; 4* des sermons en latin, en espagnol, en portugais, en brésilien. La vie de ce vénérable apôtre du nouveau monde a été écrite, en espagnol, par Balthasar Anchieta, son parent ; en portugais, par le P. Simon de Vasconcellos ; en allemand, par Conrad Vetter ; en latin, par Sébastien Berelario ; et en français, par D. Morei. B— p.
ANCIIITÉE. Voyez Paisanias.
ANCILLON (David), né à Metz, le 17 mars 4617, d'un habile jurisconsulte calviniste, fit ses premières études au collège des jésuites, qui firent de vains efforts pour l'engager a clianger de religion. 11 alla étudier en théologie, à Genève, sous les savants Spanheim, Déodati et Tronchin, fut reçu ministre à Charenton en 1641, et placé, la même année, en cette qualité, à Meaux, où il fit un riche mariage. Il fut appelé, en 1655, dans sa patrie, pour y remplir les mêmes fonctions. Lors de la révocation de l'édit de Nantes, Ancillon se retira d'abord à Francfort, devint ministre à Hanau, d'où la jalousie que ses collègues conçurent de ses talents l'obligea de retourner à Francfort, et de là à Berlin, où il fut pourvu d'une église, et mourut le 5 septembre 1692. Quoiqu'il eût conservé toute sa vie une ardeur extraordinaire pour l'élude, il n'a laissé que peu d'ouvrages, dont les principaux sont : 1° Relation fidèle de tout ce qui s'est passé dans la conférence publique avec M. Bédacier. évéque d'Aost, Sedan, 1657, in-4" : c'était lui qui avait eu celte conférence avec M. Bédacier; 2° Apologie de Luther, de Zvingle, de Calvin et de Bèse, Hanau, 1666, ouvrage écrit en style pompera et dans le
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goût des mystiques; 3° Vie de Guill. Farel, ou l'Idée du fidèle ministre de Christ, imprimée, sur un manuscrit extrêmement défectueux , à Amsterdam, 1691, in-12. T— D.
ANCILLON (Joseph), né à Metz, en 1626 (I), frère puîné de David Ancillon, embrassa la profession d'avocat, et acquit la réputation du plus habile jurisconsulte de la contrée. Lorsque la révocation de l'édit de Nantes força la famille Ancillon de s'expatrier, les compatriotes de Joseph firent tous leurs efforts pour le retenir parmi eux. Les réformés de Metz prétendaient que cette ordonnance ne pouvait les atteindre ; mais leurs efforts pour être exceptés n'eurent aucun succès. Seulement le ministère ferma les yeux sur le séjour prolongé de Joseph Ancillon, qui, un des derniers, quitta la ville de Metz, et alla rejoindre à Berlin sa famille, déjà comblée des bienfaits du grand électeur Frédéric-Guillaume, lequel, profitant de la faute d'un monarque à son déclin, rendit, vingt et un jours après la révocation de l'édit de Nantes, cette déclaration de Potsdam qui donnait une nouvelle |»trie aux protestants persécutés. Ancillon devint conseiller de l'électeur et membre du tribunal chargé de distribuer la justice aux réfugiés français. Le Duchat (2) dit « qu'il était homme de belles-lettres, « bon théologien, et le meilleur jurisconsulte de sa « province. » Desraaiseaux, dans ses Remarques sur les lettres de Bayle (t. 3, p. 1108), lui donne le titre d'homme très-savant. 11 mourut à Berlin, en novembre 1719, à Page de 95 ans. Joseph Ancillon avait resserré les liens de sa famille en donnant sa tille en mariage à Charles Ancillon, son neveu. { Voy. l'art, suiv. ) Il a publié, sans y mettre son nom, Traité de la différence des biens meubles et immeubles dans le ressort de la coutume de Metz. Metz, Bricc Antoine, 1698, in-t2. Cet ouvrage solide élait fréquemment cité autrefois dans les tribunaux de la juridiction du parlement de Metz. C'est à tort que Camus (3) cite trois autres éditions de ce livre; celle de 1698 est la seule qui ait paru. Barbier { Dictionnaire des anonymes, t. 3, n° 17987) en mentionne une de 1608, dix -huit ans avant la naissance d'Ancillon. Les uns et les autres ont confondu avec son ouvrage des réimpressions de la coutume de Metz. Ancillon avait encore composé plusieurs traités de jurisprudence, tels qu'un Commentaire sur la coutume de Metz, et un Recueil d'arrêts du parlement; mais ils n'ont pas été imprimés. Des copies du premier traité se sont répandues dans le pays, et l'on invoque souvent son autorité au barreau. — Louis Frédéric Akcu.lon, mort en 1814, âgé de 70 ans, a laissé quelques bons écrits de philosophie religieuse et de liltéra-
(<) L'atiteor d'un Estai philologique sur la ccmmtwemen/i de la typographie à Meis, Meti et Parts. Tilliarii. <838, grand in-8», M. I t'issirr, sous-prefe t de Thiunvillo, qui est ordinairement d'une exactitude mathématique dans l'indication des dates, s'est trompe1 en fliant la naissance d'Ancillon a l'année IC99 (page 4(9).
(î) Dnralima, t. Il, page 309.
(5) Lettres tvr la prottuim tTtrocat et BiHietheave choule i* irvU, V édition, donnée par M. Dopio, t. Il, p. 25.