‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 12 sur 129 · BB · texte numérisé non relu

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les évéchcs de Lichfield et de Londres, il fut fait archevêque de Cantorbéry à la mort de Baucroft , en 4610; qu'on le vit d'abord jouir tout a la fois d'une grande faveur et d'une popularité extrême; que les amis de la paix aimèrent sou esprit conciliant ; que les presbytériens comptèrent au moins sur son indulgence ; que le clergé anglican lui reprocha d'ensevelir sa primatic, et que les philosophes le louèrent d'être si peu altéré de pouvoir. 11 paya cependant le tribut à l'esprit de corps, en défendant, avec plus de vivacité qu'on ne s'y serait attendu, l'existence de la haute cour de commission, même contre les injonctions du célèbre lord Cook ; mais on le vit conserver toute la pureté, toute la noble fermeté de son ministère, en s' opposant jusqu'à la lin au divorce du comte d'Essex, si ardemment et si indiscrètement poursuivi par le roi. La dissolution du mariage ayant été prononcée, à la pluralité seulement de deux voix , l'archevêque de Cantorbéry fut à la téte des membres de la commission, qui protestèrent contre le jugement. Moins intéressant , lorsqu'avec un fanatisme puéril il cherchait à soulever tout le clergé contre mie proclamation royale qui permettait les récréations innocentes pendant une partie du dimanche ; bon calviniste plutôt que bon politique, lorsqu'il travaillait à enflammer Jacques 1 - pour le projet d'établir son gendre, l'électeur Palatin, sur le trône de Bohême; plus digne de compassion que de haine quand il voyait clans celte chimère V accomplissement des prophéties de St. Jean, et le jwuvair de la bête, c'està-dire du |>ape, tombant pièce par pièce, selon la parole de Dieu , il s'attira de nombreux ennemis qui crièrent au scandale et à ta déchéance, lorsque, peu de temps après celte dernière discussion , il eut le mallicur de tuer a la chasse un des gardes de lord Zouch. 11 lui fallut obtenir le pardon et la réhabilitation du roi qui les lui accorda involontairement , en disant qu'un ange eu/ pu pécher de cette manière. Les lettres de pardon sont du 22 novembre 1621 . Cet événement le plongea dans une mélancolie qui aggrava d'autres infirmités. Il put encore recevoir les derniers soupirs de Jacques l", et couronner le lils qui lui succédait. Mais alors il se trouva en butte à des inimitiés terribles, celle du duc de Buckingham, le plus haineux, le moins généreux des hommes puissants, et celle de l'évèque Laud, aussi suspect de papisme que l'archevêque l'était de calvinisme. La première occasion que le primat d'Angleterre donna au ministre favori de lui faire éprouver sa malveillance fut encore mie circonstance glorieuse pour Abbot. Il était en quelque sorte le précurseur de Hampilen. Luc proclamation royale avait été publiée pour lever, sous le nom d'emprunt, un subside excusé par l'exemple, mais non autorisé par la loi. Un ecr lésiastique de cour avait prêché en faveur de l'emprunt. Le primat reçut de Buckingham un ordre du roi, qui lui enjoignait d'autoriser de sa signature l'impression de ce discours : il s'y refusa; et comme en Angleterre on exilait encore a cette époque, il fut relégué à sa maison de campagne , près de Cantorbéry, et l'exercice de sa primatic fut mis en commission. 11 fallut bientôt cuwoquer un parlement, et

rendre à la chambre des pairs son premier membre, à Cantorbéry son archevêque, a l'Angleterre son primat. La cour s'en vengea, en faisant baptiser le prince de Galles par l'évèque de Londres. Abbot succomba enfin sous le poids des années, des infirmités et de toutes ces petites vexations; il mourut le S août H ;,">", âgé de 71 ans, laissant deux réputations bien différentes, selon les diverses églises et les divers partis qui le jugeaient. On peut voir ce qu'en ont écrit Heylin, Fuller, Aubrey, Welhvood, Clarendon. Ce dernier a été bien sévère dans son jugement; n'a-t-il été que sévère? A en croire ce noble auteur, tout le christianisme d' Abbot consistait à délester et avilir la papauté. Dans ce genre, plus on lui montrait de fureur, et plus on lui inspirait d'estime. Peu versé dans les études de l'ancienne et solide théologie, aveuglément livré à la doctrine de Calvin , il avait fait de sa maison une espèce de sanctuaire pour les chefs les plus éminents de ce parti de factieux, et il mourut laissant à son successeur une tâche difficile , celle de réformer et de ramener à l'ordre une église que sa longue négligence avait remplie de ministres faibles, et plus encore de ministres vils. Quant aux ouvrages nombreux de l'archevêque Abbot, on ne peut guère citer aujourd'hui tpie sa traduction du Nouveau Testament, son Histoire des massacres de la Vallcline, Insérée à la fin du 5« vol. îles Actes cl Monuments de l'église anglicane, 4631, in-fol. ; ses Mémoires et Discours sur la proposition du divorce du comte cl de la comtesse d 'Essex. Tous ces ouvrages sont en anglais. L — T — L.

ABBOT (Bobeiit), frère du précédent, ne à Guilford, eu 4560, fut instruit, formé dans la même ville , dans la même université , et {lour le même état que lui ; comme lui , célèbre de bonne heure par ses sermons ; comme lui , élevé par son mérite à la dignité épiscopale ; comme lui, calviniste dans le cœur, plus modéré cependant que son frère , mais plus modéré surtout que Holland et Hnmphri , ses prédécesseurs dans la cliaire de théologie d'Oxford. Ce fut en 461*2, et âgé de cinquante-deux ans, que Robert Abbot fut nommé par Jacques 1er professeur royal de celte chaire. Dès l'année 4597, ce prince l'avait fait son cliapelain : il avait tenu à honneur de s'associer à un théologien si éloquent ; et l'imprimerie royale avait mis au jour, dans un même volume, la Démonstration du docteur sur l'Antéchrist, et le Commentaire du monarque sur l'Apocalypse. La faveur d'un de ces deux théologiens devait porter l'autre aux premiers honneurs de sa profession. Un sermon de Robert Airbot, prêché par hasard devant Jean Stanhope, avait valu au prédicateur, encore tout jeune, le riche bénéfice de Binghain. Des lectures publiâtes qui n'étaient pas sans dessein, et qui avaient pour objet de défendre le pouvoir des rois contre Bellarmin et Suarès, valurent au docteur consommé l'évéché de Salisbury. Il en fut pourvu par le roi , et reçut la consécration des mains de son frère, l'archevêque de Cantorbéry, le 5 décembre 4015. Tous les écrivains s'accordeut à louer le zèle, la libéralité qu'il déploya dans l'exercice de ses fonctions pendant deux ans qu'il occupa ce siège. Une maladie cruelle ( la pierre ) , suite de

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sa trop grande application à l'étude , vint l'enlever à ses amis et à son diocèse , le 2 mars 4018. Ainsi son frère lui survécut seize ans. S'Us avaient les mêmes talents et les mêmes opinions, Us étaient d'une humeur fort différente. Leurs contemporains citaient avec complaisance le lourire de Robert , et avec une espèce de crainte le sourcil de George Abbot. Robert s'était marié deux fois, au grand déplaisir de George. 11 mourut laissant un fils,etunelillemariéeau chevalier Natlianiel Brent. Il laissait aussi une grande quantité d'ouvrages , prisés dans le temps où ils fureut composés , mais qui devaient bientôt tomber dans l'oubli. A peine la Défense du pouvoir souverain des rois, 1619, in-4», en latin, a-t-elle surnagé. Quant au Miroir des subtilités papistes, 1394, in-4% en anglais ; à la Démonstration de l'Antéchrist, eu latin, 1605, in-4 -, 4008, in-8'; à VÂntilogia, en latin, 4613, iu-4-; à la Défense du catholicisme réformé de Guillaume Perkins, contre i anti-catholicisme bâtard ds Guillaume Bithop , prêtre de séminaires , 3 parties (en anglais), 4000 et 4007, in-4°, reunies et réimprimées en 4611, in-4°, etc., ce sont autant d'écrits qu'on ne cite plus que pour la bizarrerie de leurs titres. On en trouve la liste dans le toine 46 des Mémoires de Nieéron. L — T — t.

ABBOT ( Maurice ), frère cadet des précédents, fut employé dans les affaires de la compagnie des Indes , devint shérif en 4627, et lord maire eu 4638. Il fit élever à Guilford un monument en l'honneur de George Abbot, son frère, et mourut le 40 janvier 4040.— Abbot ( George ), mort le 4 février 4048, était fils de Maurice. C'est lui qui est auteur des ouvrages cités par Nicéron (t. 46, p. 31,32): I Paraphrase du livre de Job, Londres, 4040,

in-4 ; 2° Vindicia sabbali , Londres, 404» , in-4";

3" Soie» courtes sur le livre des Psaumes, Londres, in-4-. Ces trois ouvrages sont en anglais. C. T — Y.

ABBOT ( lord Chah les ), comte de Colchester, né à Abingdondans le Berkshire, en 1737, était le plus jeune fils d'un recteur deColcliester, et perdit son père lorsqu'il était à peine âgé de trois ans. Sa mère, qui mourut en 4800, avait épousé en secoiules noces Jéréraie Bentham. Charles Abbot lit de très-bonnes études à Westminster, et il passa le premier au collège du Christ à Oxford, lors de l'élection de 1773. Il remporta le prix de vers latins en 4777 : le sujet de son poème était l'éloge du czar Pierre l", ce qui lui valut une médaille d'or que lui envoya l'impératrice de Russie. Devenu, a sa majorité, possesseur d'une fortune considérable, il n'eu continua pas ses études avec moins d'ardeur. En 4781, il alla à Genève étudier la législation étrangère, prit ses degrés l'année suivante , et plaida avec un succès toujours croissant jusqu'au moment où il se livra tout entier à la politique. Ce fut en 4790 qu'il se présenta comme candidat à la chambre des communes, pour le bourg de Helston ; et , lorsqu'en juin 1793 ce bourg eut un nouveau représentant à élire, par suite de la nomination de sir Elliot à la vice-royauté de Corse, Abbot entra au parlement. Dès le commencement de la session, il se lit remarquer par son zèle pour le ministère , et surtout par un dis-

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cours très-véhément au sujet du bill sur les réunions séditieuses. Dès lors, considéré comme un des plus redoutables adversaires de la démocratie, il jouit d'une grande faveur auprès du célèbre Pilt, et fut un de ses plus utiles soutiens contre les attaques de Fox et de Shéridan. Il s'occupa plus spécialement de jurisprudence, et présenta , en 4797, uu plan pour la promulgation d'une sorte de bulletin des lois, afin que les magistrats eussent chaque année une copie de tous les actes du parlement. A cette époque , Pitt ayant formé un comité pour les finances , Abbot en fut le président , et travailla avec tant de zèle , qu'il présenta à la chambre , pendant cette session et la suivante, trente-six rapports qui ont servi de modèles pour tout ce qui a été fait depuis à ce sujet. Ce fut encore dans le même temps qu' Abbot se livra, avec non moins de succès, a des recljerches dans les archives et les registres publics. Il obtint à cet effet, en février 4800, la création d'un comité; et, six mois plus tard, il mit sous les yeux de la chambre les nombreux résultats des travaux de ce comité. Rien ne pouvait mieux convenir à la solidité de son esprit , que d'aussi vastes recherches, et rien ne prouve mieux la supériorité de l'Angleterre et de l'Ecosse pour la quantité et l'importance des registres qui ont traversé les règnes des Plantagenets, desTudors et des Stuarts, et n'ont pu être détruits ni par les invasions de nations barbarcs, ni par les guerres civiles. Les rapports de cette commission des registres amenèrent la créalion d'un comité royal qui continua cet utile travail, avec plus d'autorité, sous la présidence d' Abbot, jusqu'au moment où ce dernier quitta les affaires publiques, en 4817. De nombreuses publications, et particulièrement l'édition authentique des statuts du royaume, attestent la persévérance des commissaires dans la tâche qui leur avait été confiée. Au commencement de l'année 4804, Abbot proposa au parlement de constater par un bill la population de la Grande-Bretagne avec ses diminutions ou ses accroissements Dés lors la statistique, cettesciencedans laquelle l'Angleterre était restée si fort en arrière , prit un grand développement, et le recensement fait en I80J , dins un temps de disette, ayant donne lieu de croire qu'il ne s'agissait de la part du gouvernement qœ de pourvoir a la subsistance de toutes les classes, eut les plus heureux résultats. Lorsque lord Sidmouth parvint au ministère, Abbot fut nommé principal secrétaire d'Irlande, sous lord Hardwick, et conservateur du sceau privé. 11 effectua dans plusieurs parties des réformes utiles, et telles qu'on devait les attendre du président du comité des finances. Depuis longtemps son activité parlementaire le faisait désigner comme le successeur de John Milford au fauteuil de la chambre des communes : il fut élu orateur le 10 février 4802; et dans celle place importante , qui répond a celle de président de la chambre des députés en France , et qui exige une connaissance si profonde des lois et des usages parlementaires, il déploya de rares talents. En 4803, il se trouva dans une situation pénible : on avait créé une commission pour l'exa-

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