‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 11 sur 129 · ABB M · texte numérisé non relu

ABB M

c tous bien positivement instruits, c'est que mon seul « motif, en vous convoquant, a été de vous faire pro- « noncer jusqu'à quel point, dans votre opinion, un « roi chrétien et protestant peut aider une nation « voisine à secouer le joug de son souverain natu- « rel , pour cause d'oppression , de tyrannie, ou de « tout autre grief, de traelque nom qu'il vous plaise a de le qualilier. Du temps de la feue reine, ce « royaume se crut parfaitement libre d'aider de ses « conseils et de ses armes la cause de la Hollande , « et aucun de votre robe ne m'a jamais dit que périt sonne s'en fût fait uu scrupule. C'est seulement « depuis mon arrivée en Angleterre que quelques- « uns d'entre vous ont , comme vous ne l'ignorez « pas, élevé quelques difficultés à cet égard ; et quoi- « que j'aiesouvent manifesté ce que je pensais du droit « des rois sur leurs sujets, particulièrement au mois « de mai dernier, dans la chambre étoilée,à l'occasion « du pamphlet de Haie, cependant je n'ai jamais fait « mention de ces nouveaux scrupules, jusqu'au mo- « ment où je m'y suis vu forcé par les affaires de Hol- « lande et d'Espagne. Le fait est que tous mes voisins « me pressentde concourir à un traité entre cette Es- « pagne et cette Hollande. Notre honneur national ne « souffrira certainement pas que les Hollandais soient « abandonnés, surtout après tant de trésors et de « sang prodigués en leur faveur. Je me suis donc « déterminé à convoquer tout mon clergé, non pas « tant pour satisfaire ma propre conscience, qui est « en pleine sécurité, que pour démontrer à tout ce « qui nous environne que j'ai pu, en bonne justice, « épouser aujourd'hui la cause hollandaise. Je n'avais « aucun besoin réel de cette convocation, et vous me « forcez à vous dire que je voudrais n'y avoir jamais « songé. Vous avez fouillé trop avant dans ces mys- « 1ère» de l'empire , dont tous les rois se réservent à « eux seuls de connaître. Vous aurez beau désormais « professer aversion pour la doctrine qui fait Dieu « l'auteur du péché; vous l'avez frisée de très-près, « vous avez bronché sur le bord de l'abîme, en di- « sant, à propos de la question actuelle, que même « l'autorité d'un tyran est l'autorité de Dieu , et « doit être représentée comme telle. Si le roi d'Es- « pagne allait en revenir à réclamer encore son « vieux droit pontifical sur mes Etats, je vois qu'il « me faudrait chercher d'autres défenseurs que vous « contre ses prétentions; car vous avez prononcé a d'avance que s'il était vainqueur, son autorité « deviendrait celle de Dieu. Je n'ai pas le temps, « monsieur le docteur, de vous en dire davantage « sur cette controverse de théorie. Mes ordres vous « seront notifiés incessamment par mon avocat géné- « ral. Jusque-là, si vous m'en croyez , vous ne met- « trez plus rien du vôtre dans cette discussion. C'est « une arme à double tranchant, ou plutôt c'est celte « lance qui guérissait d'un coté, mais qui blessait de « l'autre. Sur ce, bon docteur Abbot, je vous recom- « mande à la protection de Dieu, et demeure tou- « jours votre bon ami, Jacques, roi. » Après avoir cité en entier cette lettre, qui est sans doute la circonstance la plus intéressante de la vie d'Abbot, il nous suffira de dire qu'ayant passé rapidement par

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