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cordait parfaitement avec le caractère personnel du roi. Aussi pouvait-on, sans trop s'avancer, prévoir qu'il entrerail un jour dans les conseils mêmes de la couronne. 11 s'y prépara de ce moment par des publications sérieuses, où il eut occasion d'appliquer à la politique les doctrines qu'il avait professées en histoire et en philosophie. Son premier ouvrage de ce genre fut un Traité de la souveraineté, Paris, 1816, où il développe un thème sur lequel aujourd'hui il n'est plus de doute possible, mais où s'étaient égarés tant de bons esprits du dernier siècle, à savoir : qu'une constitution ne saurait jamais être quelque chose d'absolu ; qu'il y faut toujours consulter les différences de temps, de lieux, de climats. Un nouvel écrit intitulé : Science de l'État (1824), traduit et annoté pir M. Guizot, complète le précédent, et a pour objet de mettre d'accord, |«r les différences mêmes, les doctrines de Montesquieu avec les besoins et les principes tiou veaux ; travail utile assurément, mais que la nature des choses réalisait déjà ! 1824 et ISS.5» le virent revenir a ses études philosophiques, bien qu'il ne renonçât point aux travaux du publiciste, les mêlant au contraire. En conséquence, il publia de nouveaux Essais de politique et de philosophie; puis un dernier ouvrage ayant pour titre : de la Foi tt de la Science dans la philosophie de l'esprit; des Constitutions de l'Etat et de leur influence sur la législation. En 1829, à la veille d'une nouvelle secousse dans l'état politique de l'Europe, Ancillon fut placé à la tête du cabinet prussien, et dirigea spécialement les affaires étrangères. Comment cl dans quel esprit le publiciste, le philosophe, enfin l'historien, allait-il gouverner un si grand royaume? Car bien que la Prusse soit une monarchie pure, les successeurs du grand Frédéric tiennent quelque compte des vues de leurs conseillers. La réponse à la question que nous venons de poser se résume en ce seul mot : l'homme d'État ne démentit point l'homme privé et l'écrivain; à la têle du ministère, 'il fut aussi modéré qu'il l'avait été dans ses écrits; et quand 1830 vint remettre en question le son des États, Ancillon fut pour la jjolitique temporisatrice; politique qui répondait de tout point aux dispositions de. son souverain. Pour le présent , elle fut couronnée de succès. N'est-ce j»as aussi une belle satisfaction pour un homme d'Etat que de faire rentrer dans leur lit les questions menaçantes de l'avenir, alors qu'elles sont décliainécs? Le célèbre baron de Stein appelait Ancillon le bon homme (die Briefe der Freiherrn von Stein und von Gagern); mais ce bon homme fit couler paisibles les dernières années du roi ; il laissa se reposer le royaume des longues agitations qu'il avait traversées : la famille du ministre avait trop souffert par l'intolérance religieuse (on se rappelle que celte famille fut une des victimes de la révocation de ledit de Nantes* ; elle avait trop souffert, disons-nous, pour qu'un de ses descendants fit triompher des doctrines exclusives. Il y a donc quelque chose de sévère dans le jugement que portent de lui quelques esprits, et la |K)stérité ne ratifiera |»as précisément ces paroles que nous lisons dans l'ouvrage d'un pu-
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bliciste français (M. Lerminier, Au delà du Rhin): « M. Ancillon est toujours l'homme des tempéra- « ments et du milieu ; il tient Itonorablcment sa « place entre le génie et la médiocrité ; sa philoso— « phie n'est pas plus décidée que sa politique ; son a style n'a pas plus de vigueur que son administra- « tion ; tout est dans une mesure honnête et conve- « nablc, toujours à l'abri de la force et de la gran- « deur.... » Mais ne faut-il pas quelque force et quelque grandeur même pour être modéré? Quelle que soit la doctrine d'un homme, s'il est convaincu, s'il la veut faire triompher, il lui faut toujours de la force pour cela. Et quant à ce qui est dit ici de la philosophie d'Ancillon, il suffit de détacher une de ces pensées, qui sont tout un livre, pour réduire encore une appréciation trop rigoureuse. On lit, par exemple, dans les Estais de philosophie, de politique et de littérature, édition de 1852, Paris : « En « voyant les désirs immenses, les hautes prétentions, « les facultés riches et indéfinies de l'homme civi- « lisé, et les bornes, ainsi que les misères de son « état actuel, le théologien dit que c'est un être dé- « chu, un roi détrôné ; certains philosophes, que « c'est un animal dénaturé, un singe parvenu, ou « plutôt puni pour être sorti de son état ; le politi- « que, un être productif à qui il faudrait donner le « moyen et le désir du superflu, afin qu'il fit et obo tint le nécessaire ; le cosmopolite, un ouvrier con- « gédié pour toujours, après avoir poussé quelques « moments à la grande roue du perfectionnement de a l'esprit humain ; le sage religieux, un être immor- « /.•,' qui commence son éducation et qui doit l'ache- ■ ver; qui avance lentement, mais qui arrivera, « parce qu'il y a de la marge dans l'éternité. » Est-ce là une philosophie qui n'est pas décidée? est-ce là delà médiocrité, et le dernier trait ne touche-t-il pas au sublime? Cependant, pour avoir été judicieux, le philosophe ne fut pas pour cela créateur d'un système ; car lorsqu'il dit {libr. cit.) que « tout commence par a la sensation, ou tout parait commencer par elle ; « mais qu'il ne s'ensuit pas que tout résulte d'elle ou « que même tout consiste en elle...., et que... Vacti- « vité propre et intérieure de Vàme entre pour beau- « coup dans le travail qui produit nos représentations, « nos sentiments, nos idées; enfin que la raison recèle « des principes qu'elle n'emprunte pas du dehors , a qu'elle ne doit qu'à elle-même, mais que les Intel pressions des sens sollicitent à sortir de leur obo scurité, et qui, loin de devoir aux sensations leur « origine, servent à les apprécier, à les juger, à les u employer; » lors, disons-nous, que l'auteur des « Mélanges s'exprime ainsi, que fait-il, sinon qu'il proclame ce qui sera toujours la liase d'une saine philosophie, ce que le vicaire savoyard a dit avant lui : celle raison qui agit sur le dehors, comme celuici réagit sur elle, est-ce autre chose que la conscience, le sens intime qui, depuis Socratc jusqu'à Rousseau, a toujours été le fondement des doctrines spiritualistes? Mais enfin, par cela même qu'elle faisait siens ces sages principes, sa philosophie était loin de n'avoir rien de décidé.... Ancillon s'est éteint dans le calme du sage, dans l'année 1857. V. R— o.
ANCINA (Juvéxaf.), d'abord professeur de médecine à l'université de Turin, ensuite évéque de Salures, naquit à Fossano en 1545. Il n'avait que quinze ans lorsque ses parents l'envoyèrent à Montpellier pour y achever son éducation. Mais Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, ayant créé l'université de Mondovi, rappela tous ceux de ses sujets qui étudiaient en France. Ancina revint dans sa patrie et suivit avec succès les cours de philosophie et de mathématiques. L'extrême facilité qu'il tenait de la nature lui aplanit la voie de toutes les sciences. Il parvint à acquérir celle |H)lymalhic prodigieuse qu'il n'était pas rare de rencontrer dans le l r, siècle, cl qui offrait souvent dans un seul homme la réunion des connaissances qui paraissent avoir le moins de connexite . La culture des sciences exactes ne mit aucun obstacle au pencliant qui l'entraînait vers la poésie. Dés l'âge de vingt ans, il publia un ouvrage eu vers héroïques intitulé : de Acadcmia subalpina, libriduo, Montréal, Léon. Torrentinus, 1565, in-8°, dédié au duc Emmanuel-Philibert de Savoie. Il alla ensuite à Padouc pour perfectionner ses éludes en médecine. Il composa dans c ette ville un |»oênic intitulé : Xaumadria christ ianorum principum. Il y engageait tous les princes chrétiens à prendre les armes contre les Turcs, et promettait à leurs armes une réussite complète. Le duc de Savoie, ayant I transféré à Turin l' université de Mondovi, lit apjicler Ancina à l'une des chaires nouvellement établies. Cel habile docteur suivit à Home, en qualité de médecin, Frédéric Madruee, ambassadeur du dinde Savoie près du souverain pontife. Là il sentit renaître une vocation qu'il n'avait abandonnée qu'à regret. Philip|»e de Néri venait île fonder la congrégation de l'Oratoire ; Ancina se mit sous la direction île ce saint personnage; et, après de nouvelles études en théologie, il recul le sacerdoce. Charles- Emmanuel 1" demanda pour lui a Clément Y 111 l'évéché de Saluées. Ancina avait fait paraître dans sa jeunesse un ouvrage sur la pénitence de Sic. Marie-Madeleine, et un poëme à la louange du |>ape Pic V. L'auteur de ces écrits obtint à la cour de Home une faveur qui aurait pu être refusée au médecin; car on n'y avait pu eu à s'applaudir d'avoir élevé à l'épiseopat le sybarite Paul JOVC, qui avait d'alwrd commencé par être médecin. Ancina chercha à se dérober aux honneurs qui lui étaient réservés. Il adressa au souverain pontife une Canton en cent strophes, où il se montrait pénétré de la grandeur et «les difficultés de la sainte mission d'évèque, et, la mesurant à son insuffisance, il priait le père des lidéles de renoncer aux vues qu'il avait sur lui. Ce veru d'humilité ne fut jioinl écouté. Devenu évéque malgré lui, il se montra, par la sainteté tic sa vie et ses immenses largesses envers les pauvres, le vrai disciple de Jésus4:hrist. Il n'était en |iossession de l'évéché de Saluées que depuis deux ans, lorsque, la mort l'enleva, le 31 août 160 t. Sa vie a été écrite par un grand nombre d'historiens, entre autres Fr. Agost. délia Chiasa, l'un de ses successeurs à l'évéché de Saluées (Turin, 1629); le P. Lombardo (Naples, 1656), qui publia en même
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I temps la Conlica dont il vient d'être parlé ; le P. Baeci (Rome, 1671); le P. Ricci, dominicain (Ih-eseia, 1706), et le P. Jos. Marciani, dans ses Mémoires historique» sur la congrégation de l'Oratoire (t. Ier ). Les autres ouvrages d' Ancina sont : 1° Oda quatuor seren. Sabaudia prineipibus, et Caroto Emmanueli eorvm palri Oda 1res, Montréal, 1565, in-8-; 2° Tempio Armonico, Rome, 1599, in-4° : c'est un recueil de poésies spirituelles ; 3" Décades divinarum contempialionum . cité par le P. Lombarbo. L— m— x.
ANCKARSTROEM (Jean-Jacques), gentilhomme suédois, enseigne des gardes de Gustave III, montra de bonne heure des (tassions ardentes et un caractère sombre. Gustave a\ ant renversé successivement, en 1772 et en 1789, le pouvoir du sénat et des grands, pour gouverner dans toute la plénitude de la puissance royale, Anckarstroém partagea le mécontentement d'une grande partie de la noblesse, et manifesta, dans plusieurs circonstances, son exposition aux vues du monarque. Il joignit, à l'aversion qu'il éprouvait déjà pour Gustave, un ressentiment imrticulicr, à l'occasion de la perle d'un procès où intervint le roi ; mais il est faux, comme l'ont avancé quelques biographes, qu'il eût été condamné à mort jiour avoir cherché a livrer la Finlande aux Russes, cl que Gustave lui eût frit grâce. 11 se lia étroitement avec les nobles les plus acharnés contre la cour, et fut admis dans des conférences secrètes où il s'agissait de rétablir le sénat et de se défaire de Gustave, dont la mort fut résolue. Anckarstroém demanda à porter lui-même le coup; mais les jeunes comtes de Ribbiug et de Ilorn lui disputèrent celte horrible mission, et il fallut s'en remettre au sort, qui décida \mir Anckarstroém. Il lit, avec ses complices, quelques tentatives, vers la lin de 1791, pour assassiner Gustave à Stockholm; mais, ce prince ayaut convoqué tout à coup la diète à Gcfle pour le 23 janvier 1792, ce voyage inallendu dérangea lu projet des conjurés. Cependant la plupart se réunirent à Gefle, sans qu'aucune occasion favorisât leur complot. Les décisions de celte diète irritèrent encore davantage la noblesse suédoise, et les conjurés, transportés de rage, revinrent à Stockholm, cl résolurent d'attaquer Gustave dans un bal masqué, la nuit du 15 mars. Avant de |>orter le coup fatal, Anckarstroém témoigna à ses deux complices la crainte de se tromper et de manquer le roi dans une si grande foule. « Tu frapperas, lui «lit le comte « de Horn, celui à qui je dirai : Bonjour, beau « masque. » Ce fut , en effet , sur celte indication qu'Anckarslroém tira sur Gustave un coup de pistolet chargé de deux balles et de plusieurs clous, au moment même où ce prince fmreourail la salle, appuyé sur le comte d'Esscn. Gustave, blessé à mort, tomba dans les bras de son favori {voy. Gustave III), et Anckarstroém se confondit dans la foule, après avoir laissé tomber ses pistolets et son poignard. Lorsque la foule fui sortie de la salle, on vil à terre les armes d'Anekarstroëm. Tous les armuriers do Stockholm furent interrogés; et l'un d eux, à la vue des pistolets, déclara qu'il les avait
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vendus à Anckarstrofm. On alla aussitôt l'arrêter riiez lui, où il s'était retiré, et une commission fut nommée pour le juger. Il avait d'abord pris la résolution de se briller la cervelle dès qu'il aurait frappé le roi ; mais, soit qu'il comptât sur l'impunité, soit qu'il manquât de courage, il n'attenta point à ses jours. Il refusa constamment de nommer ses complices , avouant néanmoins son crime, dont il parut se glorifier. Le procès fut suivi avec lenteur ; enlin, le 29 avril IT92, Anckarstroêm fut condamné ù être décapité, après avoir été battu de verges pendant trois jours. Traîné au supplice dans une charrette, il jeta des regards tranquilles sur les spectateurs. Son courage parut néanmoins l'abandonner au moment de |>erdre la vie, et il réclama quehjues minutes pour demander pardon à Dieu. Ce régicide n'avait que SU ans ; il fut le seul des conjurés que l'on condamnât à mort. Les comtes de llorn, de Ribbinjî, et le colonel Lilienliorn, furent bannis â perpétuité. B — P.
ANCONK (le cardinal p'). Voyez Accolti.
ANCOl'RT. Voyez DaNOOORT.
ANCP.K ( Coxcim Concixo , maréchal n' ) , fils d'un notaire de Florence, dut son élévation à sa femme , Léonorc Galigaï , fille de la nourrice de Marie de Médicis. Venu en France en 1600 avec cette princesse, Concini, d'abord simple gentilhomme de la reine, s'éleva, par le crédit de sa femme, â la plus haute faveur. Ce ne fut pourtant qu'après la mort de Henri IV qu'il put donner l'essor à son ambition. Devenu nécessaire A la reine , pendant les troubles d'une faible minorité, Concini bouleversa tout dans le conseil. « Il acheta le marquisat « d'Ancre , fut créé successivement premier gentil- « homme de la chambre, gouverneur de Normandie, « c! enlin, dit Voltaire, premier ministre, sans cona nailre les lois du royaume, et maréchal de France, « sans avoir jamais tiré l'épée. » Tant de faveurs répandues sur un étranger alarmèrent les principaux seigneurs du royaume , et servirent de prétexte a leur rébellion. Cantonnés dans les provinces, ils déclarèrent la guerre au premier ministre ; mais Concini , devenu le maréchal d'Ancre , assuré de la faveur de la reine , Ira bravait tous. Pour venger l'autorité royale, ou plutôt pour conserver la sienne, il leva 7,000 hommes à ses frais , ce qui souleva contre lui toute la France, indignée qu'un étranger, venu sans aucun bien, eût de quoi assembler une armée aussi forte que celles avec lesquelles Henri IV avait reconquis son royaume. Concini, peu satisfait de ne laisser a Louis XIII que le vain titre de roi , et ne gardant aucune mesure avec ce prince, s'assura de sa |>ersonne, lui défendit de sortir de Paris , et réduisit les distractions qu'il voulait bien lui laisser , à la chasse , et à la seule promenade aux Tuileries. Jouant un jour au billard avec le roi , il mit son cliapeau sur sa tête , et lui dit : « Sire , Votre Majesté me permettra bien de me « couvrir. » Tant «l'insolence excita la haine de Louis XIII. Le marcchal ne l'ignorait point, et disait souvent qu'elle causerait sa perle ; mais il ne te doutait guère que l.>* intrigues d'un jeune homme,
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étranger comme lui , devaient l'amener. Charles Albert de Luynes , qui tenait sa fortune du maréchal, et que sa jeunesse mettait à l'abri du soupçon, parvint à décider Louis XIII à secouer le joug, et le premier acte d'autorité d'un prince de seize an» et demi, auquel on avait donné le surnom de Juste, fut d'ordonner l'assassinat de son premier ministre. Mais l'exécution de ce projet n'était pas facile . Luynes , surveillé de très-près , n'osait risquer une démarche qui pouvait le perdre , si elle ne réussissait pas. M. de Maulus, frêrcdc Luynes, et l'Hopital-Vitry, capitaine des gardes, arrêtèrent, en présence du roi , qu'on attaquerait le maréchal dans la cour du Louvre , au moment où il sortirait de chez la reine mère. Cette première tentative échoua par un malentendu; mais, le 21 avril 1617, les mesures furent mieux prises; le roi, sous prétexte d'aller à la chasse, avait fait monter à cheval son régiment des gardes, le seul dont il put disposer pour soutenir l'entreprise. Vitry se rendit au Louvre avec quelques gentilshommes qui portaient des pistolets sous leurs manteaux, et se plaça sur le pont-levis. Le maréchal d'Ancre y arriva, suivi d'un cortège assez nombreux ; les conjurés laissèrent passer le cortège; alors Vitry, suivi de ses gens , s'approcha du maréchal , et lui dit , en lui portant la main sur le bras droit : « Le « roi m'a commandé de me saisir de votre |>er- « sonne. » Le maréchal, étonné, dit en italien : A moi ! mais Vitry, du Hallier, Perray, lâchent en même temps leurs pistolets , et le maréchal lomlic mort â leurs pieds; Vitry cria aussitôt : o Vive le roi ! » Les portes du Louvre furent fermées , et la garde resta rangée en bataille. Quand on apprit au roi la mort de son premier ministre, il se montra aux fenêtres du palais , et cria aux conjurés : « Grand merci â « vous; à cette heure, je suis roi. » Quelques historiens ont prétendu que Louis XIII avait seulement voulu faire arrêter le maréchal d'Ancre , et qu'il ne fut tué que par accident; mais ce qui lève tous les doutes à cet égard, c'est que le roi se vanta de la mort du maréchal en présence de toute la cour , et que Vitry, lorsqu'il présenta au parlement ses provisions de maréchal de France, présenta en même temps des lettres patentes portant aveu du meurtre commis sur la personne du marécltal d'Ancre, par commandement exprès de Sa Majesté. On trouva dans les poches de Concini , au moment de sa mort , pour près de 2 millions de billets de l'épargne et de rescriptions, et 2 millions 20,000 livres dans sa maison ; ce qui ferait croire qu'il s'attendait â quelque malheur , et qu'il se préparait à la fuite. Son corps fut enveloppé dans un drap , et , vers minuit , on alla l'enterrer â St-Germain-TAuxerrois. Le lendemain, le peuple se porta â l'église , et , malgré la résistance dn clergé, le corps fut exhumé , traîné jusqu'au Pont- Neuf, et pendu à une potence que le maréchal avait fait élever pour ceux qui parleraient mal de lui ; ensuite on le démembra, on le coupa en mille pièces, et l'on vendit ses restes sanglants , que la populace furieuse s'empressait d'acheter. Le parlement de Paris procéda contre sa mémoire, condamna sa femme a être brûlée ( roy. l'article suivant ), et déclara leur
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fus ignoble, et incapable d'occuper aucune place. On croit que le projet du maréchal était de se rendre indépendant , en cas de disgrâce , et que c'est dans ce dessein qu'il fit fortifier Ojrillcbo-uf, en Normandie, malgré les défenses du parlement. Il allait acheter, au moment de sa mort , le comté de Montbéliard pour s'y retirer. Il laissa des biens immenses. Outre le retenu de ses charges, qui montait à 1 million de livres, il avait plusieurs millions placés en France, à Rome et à Florence. Une fortune si considérable ne pouvait manquer d'exciter l'envie. Ses ennemis ont du profiter de son imprudence pour aggraver ses torts. 11 a pourtant trouvé des apologistes. Lcmaréclial d'Estrées (Mémoires de la Régence de Marie de Médicis), ainsi que Bassompierre, ledisculpcnt d'une partie des torts que lui imputa une cour qui avait intérêt à les exagérer, pour justifier la manière dont on s'était défait de lui : « Conciui « était, disent-ils, un galant homme, d'un bon juge- « ment, d'un cœur généreux, libéral jusqu'à la pro- « fusion, de bonne compagnie , et d'un accès facile. « Avant les troubles il était aimé du peuple , auquel « il donnait des spectacles, des Têtes, des tournois, « des courses de bagues , dans lesquels il excellait , « («roc qu'il était beau cavalier, et adroit à tous les « exercices. 11 jouait beaucoup, mais noblement, et « sans passion. Il avait l'esprit solide , enjoué, d'une « tournure agéablc. » On fit paraître, en 1617, une tragédie en quatre actes et en vers, intitulée : le Maréchal <f ^nere , ou la Victoire du Phébus français contre le Python de ce temps. Les stances de Malherbe, sur la chute du maréchal d'Ancre,
Va-t'eu à la nwlbeure, excrément de la terre, Moustre qui dans la paix fais les maux de la guerre...
parurent aussi cette même année 1617; les trois dernières sont imitées des vers que Claudicn avait composés après la mort de Rufin , favori de Théodose. B-v.
ANCRE ( LéonoM£ Dori, dite GaUgaî, maréchale d' ) , née dans la plus basse classe du peuple ; elle dut sa fortune au hasard qui fit choisir sa mère pour nourrice de Marie de Médicis. Lorsque cette princesse vint en France, en 1600, pour épouser Henri IV, Galigaî, mariée à Concini , suivit cette princesse en qualité de femme de chambre : elle prit tin tel ascendant sur l'esprit de la reine, « qu'elle « réglait à son gré, dit Mézerai, ses désirs, ses af- « fections et ses haines. » Galigal , vendue anx Espagnols, entretint la mésintelligence qui régnait entre Henri IV et Marie de Médicis ; maîtresse al>solue de l'esprit de la reine, elle réveillait sa jalousie par de feux rapports, et l'aigrissait par ses eon seîls. Plus d'une fois ce prince essaya de chasser de sa cour une femme aussi dangereuse , mais h» reme n'y vonlut jamais consentir, et Jean de Médicis, qui, à la prière du roi , s'était chargé d'une commission si délicate, déphit tellement à la reine par cette démarche , qne depuis elle ne cessa de le persécuter , et le força de quitter la France. Après la mort de Henri IV, Galigaî ne mit plus de frein à son ambition ; son mari fui élevé aux premières di |
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gnités; et, disposant elle-même de tout dans le royaume , elle poussait l'insolence jusqu'à fermer sa porte aux princesses cl aux grands que sa faveur attirait. Le roi lui-même n'était |K>int à l'abri de ses caprices ; un jour que ce jeune prince s'amusait à de petits jeux dans son appartement, la maréchale d'Ancre, que ce bruit importunait, osa lui faire dire de cesser, parce qu'elle avait la migraine; Louis, outré de son audace, réjwndit, « que si la clianibre « de la maréchale était exposée au bruit , Paris était « assez grand pour qu'elle put on choisir une autre. » Cependant l'orale grossissait sur la tète de deux favoris également haïs du jeune roi, du peuple et des grands. La mort de plusieurs personnages importants, sacrifiés à la vengeance du maréchal et de sa femme , mit le comble à la haine ; enfin , le 2-1 avril 1617, le roi donna l'ordre d'assassiner Conciui, et cette mort, qui devait bientôt entraîner celle de la Galigaî, ne lui coûta pas une larme; elle parut plus émue lorsqu'on lui apprit que le cadavre du maréchal avait été exhumé et pendu. Néanmoins elle répéta plusieurs fois qu'il était un prétomptuous , un orgnêttlOMl, et qu'il n'avait que le sort <m'il méritait. Occu|hS' exclusivement du soin de samer ses pierreries, elle les mit dans un de ses matelas, se coucha dessus, et ne céda qu'à la violence. Lorsque les archers, \enus |*>ur emporter ces riches dépouilles, la forcèrent de se lever , elle refusa longtemps de suivre ceux qui voulaient la conduire à la bastille, a Ils ont tué mon mari, disait-elle, n'e *»t-ce pas assez « pour contenter leur haine? qu'ils me laissent sortir « du royaume. » Son appartement ayant été pillé par les archers, elle arriva à la Bastille dans une telle détresse, qu'elle manquait de linge ; une femme de la cour lui envoya deux chemises, et son lils, quoiqu'il fin aussi arrêté , lui fit (tasser quelques pièces de monnaie. Le procès de la Galigaî, traduite devant une commission extraordinaire, qui fut nommée pour faire le procès à la mémoire du maréchal, commença le 3 mai 1617. Les circonstances en sont rapportées fort en détail par Legrain, dans ses Décudes de Louis le Juste. Il est curieux d'observer que la favorite d'une grande reine, qu'une femme qui avait terni en quelque sorte le timon des affaires , dont la cupidité avait mis à prix les principaux emplois de l'Etat , et dont les intelligences avec l'étranger pouvaient donner quelque apjiarencc d'équité à son jugement , ne fut condamnée que comme coupable de judaïsme et de sortilège. On passa légèrement sur ce «pli aurait du faire l'objet principal du procès. La seule circonstance raisonnable sur laquelle on interrogea Galigaî fut l'avertissement qu'elle avait rci u de la mort de Henri IV, et le soin qu'elle avait mis à s'opposer à la recherche des auteurs de l'assassinat. La manière dont elle repoussa ces inculpations éloigne d'elle et de la reine toute idée de complicité. Les principales accusations portèrent donc sur le crime de sorcellerie, et les preuves furent des lettres écrites par son secrétaire a un médecin juif, nommé Montallo. La Place, écuyer de la maréchale, soutint devant les juges que, depuis l'arrivée de ce juif italien à la cour, elle avait cessé d'aller h la messe ,
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et qu'elle s'amusait à faire de petites boules de cire qu'elle avait l'habitude de porter à sa Ixmclie. Son carrossier déposa qu'il l'avait vue sacrifier un coq dans une église, à minuit, et le procureur général prouva, jmr divers passages des livres juifs , que celte oblation d'un coq était une pratique tout à la fois juive et païenne. Enfin on ajouta encore à ces ridicides témoignages que lu maréchale, superstitieuse au |>oint qu'elle ne voulait |>as que certaines personnes la regardassent, disant qu'elles allaient l'ensorceler, consultait souvent, sur le sort de son lils, une femme nommée Isabelle , regardée comme sorcière. Os révélations lui furent imputées à crime. Des Aynus Dei , des images que , dans la faiblesse qu'elle avait de se croire ensorcelée , elle regardait comme des préservatifs contre le pouvoir du démon, servirent de témoignages contre elle. On crut découvrir dans quelques livres hébreux saisis dans son cabinet le moyen dont elle s'était servie |wur obtenir un si grand ascendant sur les volontés de la reine. Interrogée sur ce point, elle répondit : « Mon sortilège a « été le pouvoir que doivent avoir les Ames Tories a sur les esprits faibles. » Quelques juges eurent assez d'équité et de lumières pour ne pus opiner à la mort ; Orlando Pagen, l'un des deux rapj>orteurs, refusa de signer l'arrêt que Courtin, vendu à Charles de Luynes , lui présenta ; cinq juges s'absenlèrciit , d'autres conclurent au bannissement ; mais le reste, entraîné jar le préjugé publie, par l'ignorance, el surtout j>ar les instigations de ceux qui voulaient recueillir les dépouilles du maréchal et de sa femme, signèrent l'arrêt de mort, et il Tut prononcé, le 8 juillet ibl7, devanlune foule immense, venue |>oiir examiner la contenance de celle favorite, naguère toute-puissante. Galigaï, pendant cette lecture, baissa la tète, et voulut d'abord s'envelopper de ses coiffes ; mais on la contraignit d'entendre à visage découvert l'arrêt qui la condamnait à être brûlée. Pour eu suspendre l'exécution, elle déclara qu'elle était enceinte ; niais on lui remontra que, d'après les dépositions qu'elle avait faites pendant son séjour à la Kastillc, elle ne pouvait être dans cet état mns avoir manqué à son honneur. Cette objection rcuqtécha d'insister : elle reprit son courage , et se résigna à la mon. Traînée au supplice le jour même de sa condamnation , clic passa au milieu d'un peuple nombreux , que son malheur commençait enfin a toucher ; elle vit sans effroi les flammes qui allaient dévorer son rorps. o Intrépide, mais modeste, dit Anquetil, elle mourut « sans bravade et sans frayeur. ■ On lit sur sa mort une tragédie en quatre actes el en vers, intitulée : la Magicienne étrangère. Cette pièce, imprimée a Rouen en 4617» n'est qu'une salire grossière. Une des singularités de la destinée de la maréchale d'Ancre, c'est qu'elle fut le premier mobile de la fortune du cardinal de Richelieu. ( Voy. Richelieu.) II — y.
ANCLSMARTll S, 4' roi de Home, était petit-lds deNuma, par Pompilie, lillc de ce prince. Aprea un court interrègne qui suivit la mortdcTullus Ilostilius, il fut élu, fan 113 de Home («il avant J.-C. ). En montant sur le trône, il annonça des dispositions pacifiques, cl s'appliqua à remettre en honneur les
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cérémonies religieuses. l.es Latins, qui désiraient lirer avantage de la mort de son prédécesseur , l'obligèrent, |wr une attaque soudaine, à prendre le* armes. Après leur avoir déclaré la guerre, avec les cérémonies prescrites par Numa , Ancus Marthu prit Politorium, Tellène et Ficene, villes, ou pour mieux dire bourgades, dont il serait aujourd'hui impossible de déterminer la situation , mais qui étaient peu éloignées de Home, et vers l'embouchure du Tibre ; il les détruisit, et transporta à Rome les habitants , auxquels, par une sage politique,- il accorda le droit de cite. I-es LalittS tentèrent de se venger; mais Ancus les délit en bataille rangée. Les Fidénates, les Veîens, les Sabins et les \ olsques ne furent pas plus heureux. Il prit la ville du premier de ces peuples, en pratiquant des chemins sous terre, genre d'attaque dont l'histoire de Rome fait ici mention pour la première fois. Ayant ensuite vaincu deux fois les Veîens, Ancus obtint du sénat les honneurs du triomphe. Sous son régne , le mout Aventin et le mont Janiculc furent enfermés daus l'enceinte de Rome. Pour joindre le Janiculc a la ville, dont il était la citadelle, Ancus fit construire sur le Tibre le pont Sublicius. Il fit bâtir une prisai dans la place publique; le |>ort et la ville d'Ostie lui durent leur origine. Il lit creuser des salines, et en distribua le sel au peuple : ce fut l'origine des libéralités publiques, connues dans la suite sous le nom de rongiaria. Au nombre des monuments publics élevés par ses ordres , on doit placer le temple de Jupiter Ferclrien, l'aqueduc magnifique dit île VAquu Marlia. qui, dans la suite, ne suftisanl pas aux besoins de Rome , fut augmenté par le préteur Q. Martius Rex, l'un îles descendants de ce prince. Ancus Martius mourut après un règne de ii ans. Mlttarque prétend que sa rnorl fut violente ; mais les autres historiens ne partagent (joint cette opinion. Il laissa deux Ids, dont l'ainé était âgé de quinze ans, et leur donna imprudemment pour tuteur Tarquin, nouvellement établi a Rome. Si l'on en croit Ilenys d'Halicarnasse, Ancus Martius n'aurait obtenu que par un crime le pouvoir suprême. Cet historien dit qu'il avait exterminé Tullus lloslilius avec toute sa famille, lorsque ce prince offrait un saerilice domestique. D — T.
ANCWTIZ (le comte), nonce du palaliirat de Cracovie, et député de l'ordre équestre à la diète polonaise, né vers 1750, de l'une des familles les plus distinguées de la Pologne, rei, ut une brillante éducation, el se lit remarquer des son début dans la carrière |>olitiquc par une éloquence |ieu commune. Nomme ambassadeur extraordinaire de la république i>olonaise à la cour de Copenhague, en 1792, après l'insurrection qui avait éclaté cont;e les Prussiens et les Russes, il obtint peu de résultats dans une mission d'ailleurs de peu d'importance, el revint à Varsovie dans le mois de novembre suivant. Il se rendit bientôt à Crodno, où il lit l'ouverture de la diète, le 17 juin 171*5, el fut un des membres les plus Influents de cette assemblée. II prit aussi une grande |>art aux négociations et aux intrigues qui amenèrent le second partage de la Pologne.
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Enfin ce fut lui qui signa, comme ministre plénipotentiaire du roi Stanislas, le 23 juillet 1795, le traité par lequel ce partage fut consomme Toutes les conditions du traité ne Turent pas alors connues du public ; mais on sut qu'après sa conclusion, le nonce An. \\ itz avait obtenu du cabinet de St-Pélersbourg une pension de 30,000 llorins. Il fut nommé, dans la même année, maréclial du conseil permanent, et revint liabitcr Varsovie, où il se trouvait à l'époque de l'insurrection du 18 avril 1794, lorsque les Russes furent chassés de cette v ille et égorgés pour la plupart. ( Yoy. Iuclstrom.) On sait «pie daus ce moment l'exaltation populaire se porta contre tous les hommes que l'on pouvait soupçonner d'être partisans de la Russie. Ancv.ii/ fut arrêté et emprisonné comme tel, et la populace demandait sa tétc à grands cris : il fut traduit devant un tribunal révolutionnaire ou provisoire, qui le condamna à être pendu, et le lit exécuter à l'instant même devant l'hôtel de ville, à b demande du peuple. Son cadavre fut exposé toute la journée sur la place de l'exécution , et livré aux insultes de la jKipulace. Quelque* |>ersonnes ont regardé ce supplice comme la juste punition d'un crime bien prouvé ; et l'on a prétendu (pie des papiers saisis dans les équ'qrages d'Igelstrom avaient fourni la preuve évidente de sa trahison. D'autres, au contraire, ont regardé le malheureux Ancwîtz comme une de ces victimes trop souvent immolées dans les premiers moments d'effervescence qui accom|iagncnt les révolutions ; et sous ce rapport ils ont comparé sa mort à celle des Foulon, des Berthicr et des Favras. M— oj.
AND KG A, roi dcsSuèves en Es|iagnc, enleva la couronne à Eboric, vers l'an 583, cl s'affermit sur le tronc en épousant Segonce, belle-mère d'Eboric. qu'il relégua ensuite daus un monastère, après lui avoir fait raser la tète, ce qui, selon l'usage des Suèves, la rendait inhabile au gouvernement. Andeca ne jouit pas longtemps de son usurpation. Leovigilde, roi des Visigoths, ayant tourné ses armes contre les Suèves, les défit, entra dans Brague, capitale du royaume, déposa Andeca, qu'il lit ordonner prêtre, et le relégua à Badajoz, où il mourut peu de temj)s après. Le royaume des Suèves devint une province des Golhs en 584, après avoir existé pendant un siècle et demi. Il s'étendait sur la Lusitanic et sur la Galice. B — p.
ANDEIBO (don Jl-an-FeiwinaM)), favori de la reine de Portugal, Lléonorc Tellez, entra de boum heure au service du roi Ferdinand. Exilé en 1375, il passa eu Angleterre, y jouit de la faveur du comte de Cambridge, et reçut de Ferdinand l'ordre secret d'engager la cour de Londres à former une ligue avec le Portugal contre la Caslillc. Andeiro réussit, revint a Lisbonne eu 1380, et rendit compte au roi du succès de sa négociation. Ferdinand, jwur mieux cacher ses desseins, le lit enfermer dans la tour d'Estremos, ou il allait souvent l'entretenir eu secret, accompagné de la reine Eléonore. Quelquefois même cette princesse s'y rendait seule, |iar ordre du roi. Séduite par l'esprit et les grâces d'Andeiro, elle oublia bientôt avec lui sa dignité et son devoir!
La négociation avec l'Angleterre ayant été réglée entre le roi et le favori, celui-ci sortit de sa prison, et Ferdinand, voulant encore user d'artifice, l'exila de nouveau avec éclat, |»our mieux cacher le but d un second voyage à Londres. Andeiro reparut bientôt en Portugal, avec une expédition anglaise : la reine le lit créer comte d'Ourem et grand de Portugal, et il fut chargé ]»ar Ferdinand d aller offrir la main de sa fille Béatrix au mi de Casiille. De retour à Lisbonne, il se vit au comble de la faveur, et ne cacha plus si pssion jiour la reine. Le rot, éclairé enlin sur cette intrigue, allait s'en venger, lorsque la mort l'en empêcha ; mais la |>crte d'Andciro n'était que différée. La reine, qui s'était enqtarée de la régence, avait fait, île son amant, l'arbitre du Portugal. Les grands, indignés, se liguèrent contre lui, et le grand ntailre d'Aviz, frère bâtard de l'infant don Juan, «Tétant mis à leur tête, pénétra dans le palais de la reine avec vingt-cinq hommes armés, et |Kiignarda Andeiro, le G décembre 13t>3; il chassa ensuite la reine, et s'eni|ara de l'autorité. ( Yoy. Tellez (Elkomjiu:), et Jea.\ 1".) B— p.
ÀNDEELOT. Voyez D.\>nEi.oT et Coligm.
ANDEBSON, ou ANDRE/E (Laike.nt), chancelier de Guslave Wasa, né en Suède, en 1480, fut d'abord prêtre à Streugnes, et devint ensuite archidiacre a Lpsal. Avant reçu de la nature des talents supérieurs, il les avait cultives par l'étude, et se distinguait surtout par une grande facilité a développer ses idées avec autant de clarté que d'élégance. Des voyages en divers pays, et un séjour à Borne, lui avaient donné la connaissance des hommes et des affaires. Lorsque les dogmes de Luther, qu'il avait appris a connaître à Wittenbcrg, se furent répandus en Suède, il les recommanda fortement à Gustave Wasa, qui venait de monter sur le trône, et devint le mobile principal de la révolution qui changea la croyance religieuse des Suédois. Le roi lui donna toute sa conliance, suivit le plan qu'il traça, et le nomma son chancelier. Ce fut lui qui, à la diète de Vesteras, en 1527, malgré la forte opposition du clergé et de plusieurs grands du royaume, décida les états à publier le recès qui mettait les intérêts de l'Église a la disposition du roi. Des incidents, dont les mémoires du temps n'indiquent pas clairement la marche, entraînèrent ensuite le chancelier dans le parti des mécontents. Instruit d'une conspiration contre Gustave, il n'en avait pas donné connaissance, et, le roi l'ayant accusé devant les états, il fut condamné à perdre la vie. Il parvint cependant à la racheter par une somme d'argent, et se retira àStrcngnes, où il mourut en 1552. 11 donna la première traduction du Nouveau Tcstanicnt'en langue suédoise. L'était un chef-d'iruvre pour le temps ; mais le style en a vieilli, cl d'autres traductions l'ont remplacée. C — au,
AIVDERSON (sin F.pmo.vp), jurisconsulte anglais, né vers l'an 1510, a Brougton, ou à Flixborough. dans le comté de Lincoln, fut nommé chef juge de la cour des plaids communs, sous le régne d'Elisabeth ; place qu'il conserva sous le régne de Jacques I". C'était un homme plein d'érudition et d*
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lumières, mais qui porta dans l'administration de I
la jnstice une excessive sévérité. Il fut nn des commissaires nommés pour faire le procès à la reine d'Ecosse, et fun des juges qui condamnèrent Davison, secrétaire d'KIisabeth, accusé d'avoir fait bit*, sans autorité, l'exécution de la reine Marie. Ce procès présente quelques circonstances remarquables, qui font connaître l'influence que le pouvoir exerçait sur l'administration de la justice. Elisabeth voulait affaiblir l'impression de pitié que produisait généralement sur le peuple la condamnation de l'infortunée Marie, et cherchait même à faire croire qu'elle n'était pas éloignée de lui accorder sa grâce. Davison, homme vil et corrompu, n'avait fait vraisemblablement que se conformer aux intentions de sa maîtresse, en envoyant l'ordre d'exécuter la sentence ; il fut cependant mis en jugement pour avoir donné cet ordre, « contre le commandement de la reine, et sans sa « participation. » Dans l'instruction du procès, l'un des jupes exalta beaucoup la clémence d'Elisabeth, et blâma fortement Davison d'en avoir arrêté les effets par son imprudente précipitation; celui-ci se défendit, en disant qu'il avait fait une chose juste, quoique d'une manière qui ne Pétait pas : Juslum sed non juste. Cette distinction, très-propre à faire condamner un innocent ou absoudre un coupable , suivant l'occasion, fut admise par le tribunal. Davison fut condamné à payer une amende de 10,000 livres sterling, et à être emprisonné tant qu'il plairait à la reine. On conçoit que la détention ne fut [mis longue, et «pie l'amende ne tomba pas à sa ! cliargc. Anderson déploya un zélé actif contre ton- 101 les sectes séparées de l'Eglise anglicane, et sur- j tout contre les brownistes, envers lesquels il fut i quelquefois injuste. Ses ouvrages sont : 1 j Jugements rendus sous le règne de la reine Élisabeth, par la cour de Common-Bcnch, Londres, 4644, in-fol.; 2" Décisions et Jugements des tribunaux de Westminster, rendus dans les dernières années du règiu d'Elisabeth, Londres, 1653, in-4°. 11 mourut en ♦603. S-n.
ANDERSON (Alexandre), né à Aberdeen, eu Ecosse, professait les mathématiques à Paris au commencement du 17* siècle. 11 était, à ce qu'il parait, ami ou disciple de Viette, dont il publia quelques ouvrages posthumes. 11 possédait fort bien, dit Montucla, l'analyse ancienne, dont il donna un essai dans son Snpplemenlum AfHfllonii rediriri, 161*2. in-4°, où il supplée, en effet, ce que Ghetaldi avait laissé d'incomplet dans son ouvrage. A. B — t.
ANDERSON ^ Robert), simple fabricant d'étoffes de soie à Londres, au milieu du 17- siècle publia, en anglais, deux ouvrages de géométrie, plus qu'élémentaires, dit Montucla : 1° Propositions stéréométriques, applicables à diters objets, mais spécialement destinées au jaugeage, 1668, in-8 . 1 le Jaugeage perfectionné, pour servir de supplément aux Propositions stéréomélriques, 1669, in-#\ A. B — t
ANDERSON (Jeau), médecin anglais, né vers Tannée 1746, membre des sociétés royales de Ixmdres et d'Edimbourg, a occupé pendant quarante et un ans la chaire de professeur de philosophie natu-
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relie à l'université de Glascoxv. Il est auteur de plusieurs ouvrages utiles, parmi lesquels on distingue ses Institutions de médecine, dont cinq éditions ont été publiées de son vivant. Il mourut en 1796, âgé
de 70 ans. X— H.
ANDERSON (George), né à Tundern, dans le duché de Scleswig, au commencement du 17' siècle. Il n'avait point fait d' études, mais ses dispositions naturelles et une mémoire prodigieuse lui firent acquérir un savoir étonnant. 11 voyagea en Orient, depuis l'an 1 644 jusqu'à l'an 1650, parcourut d'abord l'Arabie, la Perse, l'Inde, la Chine, le Japon, et revint par la Tartarie, la Perse septentrionale, la Mésopotamie, la Syrie et la Palestine. A son retour, il entra au senk-e du duc de Holstein-Gottorp, qui, n'ayant po l'engager à écrire une relation de ses voyages, le faisait venir chaque jour dans son cabinet, et s'en entretenait une heure avec lui , tandis qu'Adam Oléarius, caché derrière une tapisserie, écrivait à la hâte ce que disait Anderson. Le duc obtint enlin du voyageur qu'il rédigeât lui-même cette relation, et elle fut publiée à Scleswig, en 1009, par Oléarius, sous ce titre : Relation des voyages en Orient de George Anderson et de Yolg. Irersens, in-fol. (en allemand). G — t.
ANDÊRSON (Jea.n), jurisconsulte, né à Hambourg le 14 mars 1674. Ajrrès avoir fait ses études à Leipsick, à Halle et à Leyde, il fut fait, en 1703, secrétaire du conseil de Hambourg; syndic en 1708, et bourgmestre en 1723. Il remplit plusieurs missions pour les affaires de sa ville natale, où il mourut, le 3 mai 1743. Ses principaux écrits sont : 1° des Renseignements sur l'Islande, le Groenland et le détroit de Davis (en allemand), imprimés après sa mort, en 1746, et précédés d'nue notice sur sa vie ; la traduction française, par Sèllius, [«rut sons le titre d'Histoire naturelle de l'Islande, etc., 1754 . 2 vol. in-12; 2» Glossarium leutonicum elalemanicum;3P des 06servalions philologiques et physiques sur la Bible (en allemand). Il a laissé en manuscrit : Observationes juris gertnanici, ad duclum elementorum juris germanici Heineccii. G— T.
ANDERSON (Adam), écrivain écossais, qui vivait dans le 18" siècle. 11 fut premier commis d'un inireau <ic nuances ci ocoqm plusieurs autres places a Londres. On a de lui un savant onvrage sur l'histoire du commerce, intitulé : Historical and chronulogical Déduction of trade and commerce. La première édition parut en 1702. 11 y en a en plusieurs autres ; la dernière est de 1801, en 4 vol. in-4*, trèsbien exécutée. L'auteur est mort en 1775. X — ?f.
ANDERSON (Jacques), agriculteur anglais, né en 1739, à Hermiston, près Edimbourg, d'une famille qui cultiva pendant plusieurs générations le même fonds de terre. Ses amis voulurent le détourner de faire de longues études, pour succéder à ses parents, qu'il venait de perdre très-jeune; mais, après avoir lu Y Essai sur F Agriculture de Hume sans avoir pu le comprendre, à cause de son ignorance dans la chimie, il se détermina à suivre le cours de Cullen ; et bientôt il s'établit entre le mal- Ire et l'élève une intimité qui ne cessa qu'à la mort du professeur. Les conseils d'un tel maître rai furent
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utiles, non-seulement pour la chimie, mais pour plusieurs autres sciences; l'élude ne lui fit pas négliger les soins de la ferme qu'il dirigeait, dés l'âge de quinze ans, secondé par quatre sœurs ainées. 11 trouvait même encore le temps d'écrire sur l'agriculture. L'université d'Abcrdecn lui envoya, sans qu'il les eût sollicités, les diplômes de maître és-arts et de docteur en droit. En 1783, Anderson se raj>proclia d'Edimbourg, pour suivre l'éducation de ses fils. La même année, l'Ecosse lui oui l'obligation d'avoir employé tous les moyens imaginables pour diminuer la disette; l'Angleterre lui doit aussi l'amélioration des pécties qui se font au nord de l'Ecosse. En 1797, Anderson vint liabiter les environs de Londres, où il lia un commerce étroit avec les savants de cette ville, et devint membre de la société royale; mais, en 1802, il se relira dans la solitude, ne s'occupant plus que du jardinage. Il termina sa carrière en 1808, âgé de 09 ans. Ses principaux ouvrages, en anglais, sont : 1° Essais sur Ut plantations, 1771 , in-8", imprimés d'alwrd dans le Weekly Magazine d'Ediml>ourg; 2° Essais sur l'agriculture, 1777, 5 vol. in-8', où l'on trouve une méthode de dessécher les terrains marécageux, réimprimée en 1707; 5° Observations sur Us moyens d'exciter l'industrie nationale, Edimbourg, 1777, in-4°; 4" Relation de l'état actuel dts Hébrides et de la côte occidentale de l'Ècosse, Edimbourg, 1785, in-S"; 5" Recherches sur Us troupeaux et l'amélioration des laines, publiées à la suite d'un ouvrage du professeur Pallas, sur les races de brebis de la Russie, in-8", et analysées dans la Bibliothèque britannique de Genève; 6" l'Abeille, journal hebdomadaire estimé, dont Anderson est le fondateur, et dans lequel il signait ordinairement Senex, Timothy Hairbrain, Alcibiades. Edimbourg, 1788 et suivantes, 18 vol. in-8°; 7° Récréations..., journal consacré prinrt|>alementà l'agriculture et a l'histoire naturelle, 1790 et suivantes, 6 vol. in 8»; 8° Correspondance arec le général Washington, suivie bientôt après des Recherches sur la rareté des grains; 9° l'Encyclopédie britannique. 1773, contient, entre autres, un article sur li s vents appelés moussons, dans lequel Anderson prédit, avant le retour de Cook, le résultat d'une des découvertes de ce navigateur au sud. \jnWeckly Magazine d'Edimbourg et le Monthly Rewietc sont enrichis d'un grand nombre de ses articles signés Agricola, Timoléon, Germanicus, Cimon, Scoto-Britannus, E. Aberdten, Henry Plain, Importai, A. Scot. Les Mémoires de la société de Bath contiennent aussi plusieurs mémoires d' Anderson sur l'économie rurale. B— n. j.
ANDERSON (Walter) , écrivain écossais, fut pendant cinquante ans ministre à Chirnsidc, où il mourut en 1800, dans un âge très-avancé. On a de lui une VU de Crésus, in-t 2 ; une Histoire de France, en 3 vol. in-'»", publiés successivement de 1709 à 1783, et qui, s'arrètant à la paix générale de Munster, va encore beaucoup trop loin ; car ce n'est qu'une compilation sans critique et sans style. On fa n un peu plus de cas de son troisième ouvrage : la f^hilosQjpii$t dtf / duc ictiiic (m ) { ( * ^fiwfi^ï da tu s { 1 n. 01*1
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gine et ses progrès, 1 vol. in-4°. On y trouve au
moins beaucoup d'érudition, de l'exactitude et de la clarté; mais ce livre eut le désavantage de paraître en même temps qu'un excellent abrégé qu'a douné Enlield de l'Histoire de la philosophie dé Brucker, ce qui a nui à son succès. L.
ANDERTON [Jacques) , habile controversiste anglais, natif de Los toc k, dans la province de Lancastre, a vécu à la lin du 1Ce et au commencement du 17e siècle. Il étail simple laïque, et possédait une fortune considérable en fonds de terre. Four se mettre â l'abri des lois pénales de son pays contre les catholiques, il se déguisa, dans tous ses ouvrages, sous le nom de Jean BrereUy. Le principal, celui qui fit le plus de sensation, est intitulé : A}<o- Ingiedts Protestants pour la religion romaine, 1004, in 5". Le but en est de prouver la >érité de la religion catholique, |>ar le témoignage même des auteurs protestants, donl il rapporte les passages avec la plus scrupuleuse exactitude. Cet ouvrage fut regardé, par ses propres antagonistes, comme un chef-dVuvre d'érudition, de raisonnement, et de précision, écrit avec une jiolitesse cl sur un ton de modération qui n'avaient pas encore eu d'exemple dansées sortes de controverses. Banckroft, archevêque de Cantorbéry, alarmé de l'effet qu'il fit dans le publie , chargea le S&vattt docteur Morton, cba|>elain du roi, depuis évèijue de Durham, d'y répondre. C'est ce que celui ci lit par sou Appel aux Catholiques, pour les Proies tanls, ICOO; mais, an lieu de discuter les faits e* les |»ssages rapportés par Anderton, il chercha à user de récrimination contre les catholiques en vou lant s'autoriser de leurs écrivains en faveur de la religion protestante Malheureusement les auteurs dont il invoquait les témoignages se trouvaient être des gens décriés pour la singularité de leurs opinions, ou démentis |>ar ceux de leur communion, ou, enfin, les passages allégués ne roulaient «pie sur des choses j>eu importantes. D'aulres controversistes se mirent sur les rangs, et ne furent pas plus heureux. Anderton leur répondit d'une manière péremptoirc, dans les notes mises à la seconde édition de son livre, en 1008 : c'est sur celte seconde édition que fut faite la traduction latine, par Guillaume Reyner, docteur de Paris, 1615. Anderton a donné plusieurs autres ouvrages estimés, du même genre, dont les principaux sont : une Explication de la Liturgie de la Messe, sur le sacrifice et la présence réelle, en latin, Cologne, 1020, in-4°, et la Religion de St. Augustin, 1020, in-8", où il applique la méthode du saint docteur dans les controverses, à celles qui existent entre les catholiques et les protestants. — Laurence Akof.rton, de la même province, et peul-êtrc de la même famille, après avoir embrassé la religion catholique, se distingua chez les jésuites, par ses talents pour la prédication et |iour la controverse. On a de lui : la Progéniture des Catholiques et des Protestants, Rouen, 1052, in-4°; la Triple Corde, St-Omer, 1034, in-4°. T — D.
ANDIEIl, graveur. Voyez Desuoches.
AISDJOL (le nabab Fakijr, ed-dyn Haçan DjëMAL, BD-dym IIocéin), auteur de la préfixe du
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Ferhang Djihanguyry, et l'un des principaux collaborateurs de ce célèbre dictionnaire j>ei"san , commencé par ordre du Grand Mogol Akbar, pendant son séjour au Cachemire, et terminé sous le règne de son IHs Djihanguyr. Cette dernière circonstance valut a ce monarque l'honneur d'avoir donne son nom à un ouvrage de la plus liaute importance, parfaitcment exécuté, et qui doit être réellement placé au nombre des plus beaux monuments littéraires. Dans la préface, qui est à la fois bien faite et extrêmement curieuse, Andjou rend compte du travail qu'exigea la conq>osition de 06 dictionnaire. Il donne les titres de quarante-quatre autres qui furent mis à contribution, sans parler des ouvrages anonymes, des nombreux commentaires persans du Coran, des annales et des histoires, du livre Zend et du Pazend, d'un grand nombre de traités particuliers dont la nomenclature serait trop longue |>oiir trouver place ici ; sans oublier les poèmes et recueils de poésies dont les auteurs ont écrit en style liguré. « Enfin, « ajoute Andjou, j'ai pris beaucoup île peine et lu « beaucoup de livres arabes cl pehlvv. » Le dirlionnairc est divisé en 24 chapitres, conformément aux lettres de l'ancien alphabet persan, avec une préface et douze traités généraux [ayïn] sur l'écriture jtersane et sur la grammaire de cette langue ; un glossaire des mots particuliers au livre du Zend, et un recueil de mots composes, forment ce que les Arabes et les Persans uomment le complément 'k ha limé h). Cette |«rtie manque dans la plupart des copies du Ferhang Djihanguyry, qui fut terminé l'an 1017 de l'hégire (l608-9^de J.-C), comme le princi|>al rédacteur l'a indiqué dans cet hémistiche : Voici le dictionnaire de Soured-dyn Djihanguyr. Le total fie la valeur numérique des lettres qui com|>oscnt cet hémistiche est 1017, nombre correspondant à l'année de l'hégire où l'ouvrage fut terminé. L'impression de ce dictionnaire, avec de courtes notes, serait un important service rendu aux orientalistes d'Euro|*\ La bibliothèque royale possède deux exemplaires du Ferhang Djihanguyry, d'une écriture passable, mais on ne trouve dans aucun des deux le complément dont j'ai parlé. L — s.
ANDLO (Pierre i)'!, jurisconsulte et professeur à Nâle, Tut recteur de l'université en 1471. La bibliothèque de Bàlc conserve quelques-uns de ses manuscrits, et l'ouvrage qu'il a écrit en M GO, sous le titre : de Im{ter io romano, régis et Augusti ereatione, inauguraiionc , adminislralione et officio, juribus, ritibus et cerimoniis electorum aliisque imperii partilius, a été imprimé à Straslxmrg, en 1005 et en 1612, in-4°. On a aussi de lui, en allemand, une chronique, depuis la création du monde jusqu'à l'an 1100. L' — i.
ANDOCIDE, fils de Léogoras, né à Athènes, l'an 40S avant J. C., était d'une des principales familles de cette ville, et descendait, disait-on, de Mercure. Léogoras, son bisaïeul, commanda, avec Chabrias, les trouj>es (pie les Athéniens envoyèrent contre Pisislrale. Andocide se mêla de bonne heure des affaires publiques, et fut l'un de ceux qui négocièrent, vers l'an 445 avant J -C , avec les Lacédémoniens,
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la paix de trente ans qui précéda la guerre du Péloponèse. Quelque tcm|>s après, il eut, conjointement avec Glaucon, le commandement de vingt vaisseaux, que les Athéniens envoyaient au secours des Coreyréens contre les Corinthiens. Ses liaisons avec Alcibiade et d'autres jeunes gens le firent accuser d'avoir contribué à la mutilation des Hermès ; il se tira d'affaire en accusant plusieurs personnes, du nombre desquelles était Léogoras son père, qu'il parvint ce|>cndant à sauver. Dégoûté des affaires publiques, il se livra au commerce, et alla dans 11k de Chypre auprès d'Evagoras, roi de Salam'mc. On l'accusa de lui avoir livré la fille d'Aristide, qu'il avait enlevée a Athènes. Il revint dans cette ville pendant la t\ rannie des quatre cents, qui le mirent en prison ; mais il ne fut |kis condamné. Kxilé |>ar les trente tyrans, il se retira dans l'Elidc, et retourna à Athènes, lorsque le peuple eut repris le dessus : on renouvela contre lui l'accusation d'impiété, mais il parvint encore à échapper à la condamnai ion. Il fit un second voyage dans l'ile de Chypre, d'où il (il venir des blés |K>ur les Athéniens. Le reste de sa vie nous est inconnu. Nous avons quatre discours qui lui sont attribués. Le premier, sur les mystères' et le second, au sujet de son retour, sont bien certainement de lui; mais il n'en est pas de même des deux autres. Le troisième fut conqiosé \*oxir décider les Athéniens à ratifier la paix négociée avec les La< èdémoniens par Anlalridas, l'an 587 avant J.-C., niais Andocide a\ ait alors quatre-vingt-un ans, âge auquel on ne se mêle guère des affaires publiques. Comme il est question dans ce discours d'une paix négociée par Andocide, grand-père de lorateur,ran445avant J.-C., on peut conjecturer qu'il est d'un troisième Andocide, petit (ils de celui dont nous [tarions. Quant au quatrième discours, contre Alcibiade, au sujet de l'ostracisme, il est évident, comme l'avait déjà observé Tavlur. que ce discours n'est pas d'Andocidc. On peut voir ce que j'ai dit à ce sujet dans mes notes sur Plularque, de la traduction d'Amyot, t. 5, p. 456 et suivantes. Les discours d'Andocide se trouvent dans les firatores grecci vrterrs, Henri Estiennc. K>75. iufoL, et dans ceux de llciske. L'abbé Augcr les a traduits en français dans le recueil intitule : let Orateurs athéniens . Paris, 1792. ln-8°. La simplicité est le principal caractère de l'éloquence d' Andocide ; il n'a jmis de grands mouvements oratoires, mais il plall, par cela même qu'il montre moins de prétentions. C — K.
ANDOQLE (Pierre), et non ANDROQCE, comme on l'a dit, conseiller au présidial de Bézicrs, mort en 1664, a laissé : 1° Histoire du Languedoc, avec l'état des provinces voisines, Bézicrs, 1625, 4618, in-fol. Telles sont les deux dates «pie donne à cet ouvrage la seconde édition de la Bibliothèque historique du P. Lelong. ÏVous n'avons ni que l'édition de 16ÎN; on émit qu'il n'en existe pas de 4625. Cette histoire va jusqu'en 1610. 2° Catalogue des évéques de Dèzier s, 165», in-4". Ce catalogue va jusqu'en 1650. \V — s.
ANDRADA (Antoine), né vers l'année 1580, entra fort jeune dans la compagnie de Jésus, cl se
distingua par un zèle infatigable dans les missions des Indes et de la Tatarie. Si la religion lui a de grandes obligations, la géographie lui doit aussi une découverte ini|>ortante. En 1024, il pénétra dans le Tbibet, probablement visité dans le 13* siècle par Marc Paul, mais, depuis, totalement oublié des Européens. De retour à Goa, ses supérieurs l'employèrent dans plusieurs affaires ini]>orlantes. 11 mourut empoisonné, le 10 mars 1654. La relation de son voyage, qui parut à Lisbonne en 1626, et dans laquelle il confond le jiays qu'il avait parcouru avec le Cathay (la Chine), prouve que ses connaissances sur les contrées de la haute Asie n'étaient pas trèsétendues. 11 est d'ailleurs très-diflicile de démêler la vérité, au milieu des fables qu'il débite sur le Tbibet ; il était réservé à l'Anglais Turner de lever une grande partie du voile qui a longtemps couvert l'antique pauie du grand Lama. Le voyage d'Andrada a été traduit en français, Paris, 1628, in-8°. MM. Péron et Billecoeq en ont donné une nouvelle traduction, dans un Recueil de Voyages au Thibet, Paris, 1796, in-1 8. L. R— E.
ANDRADA (Diego Païva n'), théologien portugais, né en 1528, à Goimbre. Il était (ils du grand trésorier du roi Jean. Son goût le porta d'abord vers les missions ; il avait même commencé à s'y livrer, lorsque le roi don Sébastien l'envoya au concile de Trente, où il parut avec distinction. De retour en Portugal, il y mourut, en 1575. Ses ouvrages sont : |* Orthodoxarum Quœslionum libri 10, etc., contra Kemnitii petulantem audaciam, Venise, 1564, in-4°, édition rare, et plus correcte que celle 'de Cologne, in-8°, de la même année. Le premier livre, qui est une apologie des jésuites, fut imprimé l'année suivante, à Lyon. 2° Defcntio Trid. fidei libri 6, adrer- $u» hœreticor. detestabilescalumnias, Lisbonne, 1578, in-4°, rare et recherchée ; Cologne, 1580, in-8°. Le sixième livre, qui traite de la concupiscence et de la conception immaculée de la sainte Vierge, est le plus curieux, a cause de la diversité des nombreux sentiments que l'auteur y rapporte. 3° De concitiorum Auloritale. Cet ouvrage fut bien revu à Rome, parte qu'Andrada y donne une grande extension à l'autorité du pape. 4° Sept volumes de sermons, et quelques autres écrits. Andrada était un homme d'esprit et d'une grande application ; il a su éviter la sécheresse scolastique , par la vivacité et l'élégance de ses ouvrages. Ce qu'il dit dans les deux premiers en faveur des sages du paganisme, auxquels il attribue la foi qui fait vivre les justes, et, par conséquent, le salut, a été souvent cité par les a(iologistes de Zwingle, sur cet article. Lcibnitz ne manque pas non plus de s'en prévaloir. — Diego eut pour frères François D'ANORAnA, conseiller et historiographe de Philippe III , auteur d'une Histoire de Jean III, roi de Portugal, Lisbonne, 1523, in-«°, et de quelques autres ouvrages ; et Thomas p'AjioHAnA, plus connu sous le nom de Thomas de Jésus, réformateur des augustins déchaussés. Il suivit le roi Sébastien dans la malheureuse expédition d'Afrique, fut racheté, et eut la liberté de retourner dans son pays; mais il préféra rester dans les
fers, pour soutenir et encourager ses compagnons d'infortune, employant à les soulager les sommes d'argent «pie la comtesse de Liguarés, sa sœur, et le roi d'Espagne, lui faisaient passer pour son usage. C'est dans cet état qu'il mourut, en 1582 : il est auteur d'un livre plein d'onction, intitulé les Souffrances de Jésus, composé dans sa prison, traduit en français, 2 vol. in-12. — Diego d'Akorada, fils de François, mort en 1060, à 84 ans, est avantageusement connu en Portugal par un poème en 12 livres sur le siège de Chaoul, et jiar la critique du 1" volume de la Monarchie portugaise, de Bertrand Brito, qui lui avait été préféré pour l'tmplui de bibliothécaire du roi. Cet ouvrage, qui parut sous le titre d'Examen des antiquités de Portugal, 1 vol. in-4°, est d'une critique saine et approfondie. Le même a encore donné, en 1630, son Casamento perfecto ( le Parfait Mariage), livre d'une bonne morale, assez bien écrit, et qui a eu de nombreuses éditions. T— D.
ANDRADA (Hv vcimhe-Fheihe u ), né à Beja, vers l'an 1507, d'une ancienne famille de Portugal, se distingua de très-bonne heure dans l'université de Coimbre ; il y fit même imprimer, sous le titre de traduction , un écrit esjmgnol pour défendre le? droits de la maison de Bragance. Son mérite le mit en faveur à la cour d'Espagne. Le duc d Olivarês l'admit à sa confiance, prit ses conseils dans les affaires importantes, et lui fit obtenir la riche abbaye de Ste-Marie-des-CItamps. Ces bienfaits n'empêchèrent pas Andrada de soutenir, devant le ministre favori, que le roi d'Espagne n'avait d'autre droit sur le Portugal que celui de la force et de l'usurpation. Il composa même un écrit en faveur de Catherine, duchesse de Bragance. Cette franchise l'aurait fait arrêter, sans la précaution qu'il prit d'aller se cacher dans son abbaye. Jean IV, remonté sur le trône de ses ancêtres, lui offrit d'être précepteur du prince de Brésil, et le nomma à l'évecbé de Viseu. Andrada refusa le premier emploi, parce qu'il n'espérait pas tirer beaucoup d'honneur d'un tel élève, et le second, parce qu'il prévoyait que le pape, qui ne reconnaissait pas le nouveau roi, lui refuserait ses bulles. Quelques mécontentements qu'il eut du la cour l'obligèrent de se retirer à son abbaye ; mais l'ennui l'en ayant chassé, après un assez long séjour il revint se fixer à Lisbonne, où il tennina sa carrière en 1657. Andrada était d'un caractère libre, gai et léger, qui le faisait aimer dans la société, et qui nuisit à sa fortune. Il avait composé un livre sur la Trinité, et une vie de don Juan de Castro, vice-roi des Indes, qui périrent dans l'incendie do sa maison. I a vie qu'il nous a donnée de ce vice-roi n'est que l'abrégé de celle qui fut brûlée ; elle passe pour l'ouvrage le mieux écrit qu'on ait en portugais. Le P. dcl Rotto l'a traduite et publiée en latin, à Rome. Le peu de poésies latines que nous avons de cet auteur se trouve dans le Phamix Renacidœ : elles brillent par leur élégance. — Gomez Freire d'Andraoa, son neveu, mort général de cavalerie, avait composé une histoire du Maragnon, qui n'a point été imprimée, et qui, dit-on, méritait de l'être. — Alphonse d'Akdhada, né à Tolède en 1390, avait
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déjà enseigné la philosophie dans celle ville, quand I il entra dans l'ordre des jésuites, en 1022. Il y professa la théologie momie, etc., et mourut à Madrid, le 20 juin 1672. Il a publié, en espagnol, un grand nombre d'ouvrages , dont les priiu ijtauv - ait : 1° Itinéraire historique, Madrid, 165", 2 vol. in 4°; 2° Méditations pour tous 1rs jours de l'année, 1660, 4 vol. in-16; 3" Vies des Jésuites illustres, 1666 et 1607, 2 vol. in -fol.; 4° une traduction des cinq livres ascétiques du cardinal Bellarniin, 1050, in-8". On trouve la liste de ses autres ouvrages dans la Bibl. script, Societ. Jesu. T— D.
ANDRAGATHE, né sur les bords du Pont-Euxin, commandait, en 383, dans les Gaules, la cavalerie de Maxime, lorsque ce rebelle entreprit tic se faire couronner empereur; Andragathe , digue ministre d'uu tel maître, ayant appris que l'empereur Gratien, trahi et fugitif, approchait de Lyon, courut â sa rencontre, enfermé dans une litière ; le malheureux prince parut bientôt sur l'autre bord du Rhonc ; Andragathe lui fit dire que si femme I. <ta venait le joindre pour partager ses infortunes; Gralicn se hâta de traverser le fleuve; mais, à peine eut-il mis le pied sur la rive, qu' Andragathe s'élança de sa litière et le poignarda. Ce récit n'est cependant pas conlirmé par tous les auteurs. (Voy. GiutiÊ.v) Quoi qu'il en soit, Andrairathc s'attacha étroitement A la fortune de Maxime, et lorsqu'en 387, ce dernier voulut envahir tout l'empire d'Occident, et passa les Al|»es pour combattre Théodose, Andragathe fut chargé de dérendre l'entrée de l'Italie par les Alpes Juliennes, mais Maxime le tira bienlôt de ce poste important, pour l'envoyer, avec sa flotte, a la poufsuite de Valentinien. Andragathe chercha vainement ce jeune prince sur les mers d'Italie et de Grèce; il essuya un échec sur les eûtes de la Sicile, et se hâta de faire voile pour Aquilée, afin de se réunir à Maxime. Ce fut dans ce trajet qui! apprit la défaite et la mort du tyran dont il avait partagé les criminels projets. Alors n'espérant plus de pardon pour lui-même, il se précipita dans la mer, en 388. L — S — e.
ANDRÉ (Saint), apotre. frère de St. Pierre. L'un et l'autre étaient de fiethsaïde, et exerçaient le métier de pécheurs à Capharnafltn. André s'attacha d'abord A St. Jean-Baptiste; il fut le premier disciple que Jésus-Christ se choisit, et se trouva aux noces de Cana, quoique St. Kpiphane dise le contraire. I^s deux frères étaient occupés A pécher, lorsque le Sauveur leur promit de les faire pécheurs d'hommes, s'ils voulaient le suivre. A l'instant, ils quittèrent leurs filets, et s'attachèrent irrévocablement à sa personne. Jésus- Christ ayant, l'année Suivante, formé le collège des apôtres, ils furent mis A la tète des autres, et eurent, |k'u de temps après, le bonheur de recevoir Jésus-Christ chez eux, à Capharnaum. André ne parait plus dans l'Évangile, que pour indiquer les cinq paifis et les deux poissons dont 3,000 persnimes furent miraculeusement nourries, et pour faire à Jésus^hrlst la question sur l'époque de la ruine du temple. Les événements relatifs A cê disciple deviennent Incertains après la
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mort de son maître, parmi les anciens ; les tins te renvoient porter la lumière de l'Évangile dans M Scythie et la Sogdiarte, les autres, dans différentes contrées de la Grèce, et lui font subir le martyre à Patras, capitale de l'Aehafe, sans pouvoir en fixer l'époque; les Moscovites sont persuadés qu'il annonça la foi dans leur pays : l'opinion commune est que cet aj>otrc fut crucifié. Les peintres donnent A sa croix une forme différente de celle de Jésus-Christ, et la représentent en forme d'un X, quoique celle qu'on prétendait conserver à St-Victor de Marseille né différât point de la croix du Sauteur du monde. Philippe, duc de Bourgogne et de Bfabant, avait obtenu et transjiorté â Bruxelles une partie de celte croix. Il a couru, dans les premiers terni* de l'Église, un Taux Évangile sous le nom de cet apôtre. Nous avons encore aujourd'hui des actes qui portent son nom, et qui n'en sont pas pour cela plus authentiques, quoiqu'ils soient regardés comme tels par Baronius et le P. Alexandre. Les Écossais Honorent St. André comme le principal patron de leur |«iys. T-"-n.
* ANDRÉ (Saint), d'Avellin, clerc régulier théatin, M en 1321 A" Castro -Nuovo, dans le royaume de Naplcs, prit le hohnet de docteur en droit, eierça là profession d'avocat dans fat cour ecclésiastique «M Naples, qu'il quitta potif se consacrer entièrement à la itfnltcnrc dans la congrégation des théatins. La réforme qu'il introduisit dans quelques communautés religieuses lui suscita beaucoup de contradictions, au milieu desquelles il mourut, en 1608, épuisé dê. fatigue et de vieillesse. 11 fut canonisé en 171*, par Clément XL La ville de Naples et la Sicile Pool choisi pour un de leurs patrons. Ses œuvres de piété oiit été imprimées en 3 vol., Naples, 1785-34. Nous avons encore de lui des lettres intéressantes. Naples, 1132, 2 vol. ln-4\ T— D.
ANPHÉ I", roi de Hongrie, était prince du sans royal, cousin de 9t. Etienne, fils aîné «le Ladhûas le Chauve, et concurrent de Pierre I", dit l'Allemand; il fut forcé, ainsi que ses frères Bela et Lcventha, de quitter la Hongrie, et de se réfugier en Russie, A l'avènement de ce prince, l'an 1044. Rappelé néanmoins, en 1047, par des seigneurs hongrois, mécontents du gouvernement de Pierre, il parvint A clutsser le roi et à monter sur le trône, «prêt avoir promis de laisser A la nation hongroise la liberté de suivre l'idolâtrie, qui était l'ancienne religion ; mais André ne fut pas plutôt en |ioasession de l'autorité, qu'il força ses sujets à embrasser le christianisme. Il se liata ensuite de faire couronner Son fils Salomon, Agé sculetnent de cinq ans, pour lui assurer le trône, malgré la convention par laquelle son frère Bcla, duc de Hongrie, devait jouir lui-même de l'hérédité. Bcla fomenta des divisions, et se fit un parti parmi les grands du royaume. La guerre Ait bientôt déclarée entre les deux frères. Bela, qui avait trouvé des secours en Pologne, soutenait ses prétention» avec alitant de vigueur que do courage. De son coté, André reçut des renforts etlvoyés par l'Empereur et |tar le due de. Bohème, et livra bataille A sou frère, l'an 1081, sltr les bords de la Teysse; mais, âban-
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donné par les Hongrois au moment même de l'action, il lut enveloppé et fait prisonniet s'etant évadé, il se réfugia dans la forêt de Boxoij, où il mourut bientôt de cliagrin et de misère. Son frère Bela se fit couronner à sa place. B — p.
ANDRÉ II, roi de Hongrie, surnommé LE Hierosolymitaik, second (ils de Bela 111, se révolu contre son frère ainé, Émeric, qui avait succédé à leur père; mais U fut abandonné de tous ses partisans, et obligé de se mettre à la merci de son frère. Le caractère d'André, après cet événement, ebangea tellement à son avantage, qu'il devint un des plus fidèles appuis du trùne. A la mort de son neveu Ladislas, en 121)4, il lui succéda, du consentement général des étals du royaume. Pendant les douze premières années de son règne, la Hongrie jouit d'une paix profonde. Ce ne fut qu'en 1217 qu'André partit avec une armée de Hougrois pour la guerre sainte, non par terre, comme l'assure Bonfidius, mais sur des galères de Venise. Les annales de cette république rapportent que le roi de Hongrie fut transporté avec ses troupes en Palestine, sur la flotte vénitienne, et qu'en récompense, il céda aux Vénitiens tous ses droits sur la Dalmatie. On assure d'ailleurs que ce fut pour accomplir un v*u de son père Bela qu'André lit son expédiUon ; mais il parait plutôt que ce fut dans la crainte des censures de l'église, dont le pape Honorais II] le menaçait, s'il différait plus longtemps d'aller combattre les infidèles. Bonfidius et Blond us prétendent que le roi de Hongrie ne revint dans ses États que trois ans après sou départ; mais Jacques de Vitry, témoin oculaire, atteste qu'André reprit la route de son royaume des l'année suivante 1218, malgré les prières des autres cliefs de la croisade, qui insistèrent vivement pour que ce monarque les acconqagnat au siège de Damicile. L'excommunication dont le fra|>pa le pati iarclic de Jérusalem ne fit pas plus d'effet. André promit toutefois, par un serment solennel, en présence des évèques et seigneurs allemands, qu'il ne ferait point la guerre au duc d'Autriclie, pendant tout le temps que ce prince resterait à la croisade, et qu'il laisserait même la moitié de ses trotq»es en Palestine, sous son commandement. Relevé alors de l'excommunication lancée contre lui, André, après s'être baigné dans le Jourdain, partit pour la Hongrie avec la moitié de ses troupes. 11 n'avait séjourné que trois mois en Palestine, et il parait certain que la nouvelle de quelques mouvements excités dans son royaume accéléra «on retour. Selon plusieurs liistoriens, ce fut pendant son expédition que la reine Gertrude, sa femme, fille de Bcrthold, duc de Moravie, fut assassinée dans son palais, par le palatin Bancbanus, à qui il avait confié la régence. Ce seigneur lava dans te sang de la reine l'outrage fait a sa femme par le frère de cette princesse. On assure qu'André, ayant acquis la preuve que la reine avait trempé dans la violence criminelle de son frère, pardonna au palatin. ( Voy. Bancbanus.) Quoi qu'il en soit, le roi de Hongrie revint par mer sur la flotte vénitienne, et fut reçu avec de grands honneurs à la
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cour d'Azou, marquis d'Est, dout il épousa la fille, nommée Béatrix. Ce fut aussi pendant son voyage de la terre sainte qu'il maria son fils ainé Bela avec la tille de Théodore Lascaris, empereur grec. De retour en Hongrie, André trouva tout son royaume dans le désordre et la confusion. Les grands avaient profité de son absence pour augmenter leur pouvoir, et usurpa- les domaines et les revenus de la couronne. L'expédition de la Palestine ayant occasionné des dépenses extraordinaires, le roi "lit de vains efforts pour remédier à l'épuisement des finances et aux maux de l'État. II prit enfin le parti de convoquer, en 1222, une diète générale, et, résolu de s'attacher plus étroitement la noblesse et le clergé, il confirma et étendit même les privilèges que leur avait accordés St. Etienne, et com|>o*a, dans cette assemblée, ce décret célèbre, ou bulle d'or, véritable droit public des Hongrois, monument authentique de son amour pour ses peuples. André y explique la nature du gouvernement établi par les coutumes et les capitulations ; il y renouvelle les privilèges et immunités de cette partie de la nation appelée militantes, ou servientes patries; il promet de n'imposer aucune taxe sur les biens de la noblesse et du clergé, sans le consentement de ces deux ordres, et termine par ce fameux serment : « Si moi ou mes « successeurs voulions enfreindre, en quelque temps o que ce soit, vos privilèges, et |Htrtcr atteinte à la « présente constitution, qu'il vous soit permis, en o vertu de cette promesse, à vous et à vos descen- « danls, de résister et de vous défendre à force ouït verte, sans pouvoir être traités «le rebelles. » Uns copie de ce serment fut envoyée au pape, et une autre, mise en dc|n)t entre les mains du palatin cltargé de veiller sur les intérêts de la nation : u Alla, est-il dit, qu'ayant toujours cet écrit devant « les yeux, il no s'écarte pas de nui devoir, ni ne u consente q«e les rois ou les nobles s'écartent du u leur. » Vers la lin du règne d'André, les Tatarg firent quelques incursions en Hongrie. Ce prince QfttXtni! te 1 mars 123.*», après avoir régné 50 ans. 11 est regardé comme un des plus grands rois qui aient porté la couronne de Hongrie, et comme la souverain dont la mémoire inspire aux Hongrois le plus de reconnaissance et de vénération- H «ut pour successeur son fils ainé, Bela, à qui il avait déjà résigné le soq vendu pouvoir. B— p.
AM)RE III, roi de Hongrie, petit-fils du préoén dent, surnommé i.e VÉaiTiptl, parce qu'il était né ù Venise, était fils d'Élicnnc de Hongrie, fils posthume d'André II, et de Tlvomassinc Morasini. Sa mère l'ayant amené très jeune a la cour de Ladislas, ce monarque le reconnut pour sou héritier; mais André était absent lorsque ladislas mourut. En (Musant par les Étals d'Albert, duc d'Autriclie, pour aller prendre |xisscssion de sou royaume, il fut arrêté, contre le droit des gens, par ordre de ce prince, et n'obtint la liberté qu'en promettant d'épouser sa fille Agnès. De retour à Budc, André fut proclamé et couronné, le 11 août 121M). Non-seulement il refusa de tenir la parole que lui avait si indignement arrachée le duc d'Autriche, mais il voulut encore su
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venger de cet affront, et il lui déclara la guerre. L'empereur Rodolphe, instruit de la résolution d'André, lui suscita, pour l'occuper en Hongrie, un concurrent, dans la personne d'Albert, son propre lils. Le roi de Hongrie avait déjà un autre rival dans Charles Martel, (Ils de Charles II, roi de Naples. Apres avoir pris toutes les mesures nécessaires |»our résister à ces deux rivaux, il porta ses armas en Autriche pendant cinq campagnes de suite. Rappelé dans ses États par de nouveaux trouhles, il se hâta de faire la paix avec le duc d'Autriche, et de la cimenter par son mariage avec Agnès ; mais il trouva la Hongrie encore divisée par quelques nobles, qui soutenaient son compétiteur Charles, lils du roi de Sicile. Le royaume demeura |>artagé entre ces deux princes rivaux, jusqu'à leur mort, arrivée en 1301. Charles mourut à Naples, et André à Bude, le 14 janvier de la même année, après 1 1 ans de règne. 11 fut le dernier roi de la famille de St. Etienne, n'ayant laissé, de son mariage avec Agnès d'Autriche , qu'une fille nommée Elisabeth , qui prit le voile dans le monastère de Roess, en Suisse. Plusieurs compétiteurs se disputèrent alors la couronne, qui devint enfin le partage de la maison d'Anjou, régnante à Naples. B— P.
ANDRÉ de Hongrie, roi de Naples, nommé Andreasso par les Napolitains, était second lils de Carihert, roi de Hongrie; il fut appelé à la succession du royaume de Naples par Robert, roi des Reux- Siciles, qui, après avoir usurpé cette couronne à Caribert, se voyant sans enfants, voulait la faire retourner à ses héritiers légitimes. Robert lit , en 1353, épouser a son petit -neveu Jeanne sa petitefille. André n'était alors âgé que de sept ans ; mais déjà son caractère était lier, impétueux, presque féroce, tel enfin que les mnrnrs encore demi-sauvages des Hongrois avaient dit le former. Déjà on l'avait accoutumé à dédaigner les arts et la mollesse du midi, et bientôt il conçut pour la cour de Naples, pour sa femme et pour les princes du sang, un mépris qu'il ne prit pas la peine de dissimuler. Le roi Robert, dès qu'il reconnut ces dispositions hostiles, s'efforça de faire rentrer André sous la dépendance de Jeanne. Il fit prêter serment de fidélité à cette princesse par les barons du royaume, et lorsqu'il mourut, en 1545, Jeanne fut seule couronnée, tandis qu'André continua d'être désigné par le nom de duc de Calabre. André, jaloux d'une autorité qu'il croyait lui être duc, impatient de toute contrainte, et se croyant insulté par toute opposition, sollicitait le \ta\ie de le faire couronner; et sur l'étendard qu'il destinait à cette cérémonie, il avait fait peindre une hache, . un billot et d'autres instruments de supplice, annonçant à ses courtisans que, dès qu'il serait roi, il ferait justice de ses arrogants ennemis. Jeanne, de son coté, voluptueuse et inconstante, apprenait de ses amants à mépriser son mari et à le craindre. Louis de Tarer) k\ son cousin, qui l'avait entraînée dans le vice, l'accoutuma, le premier, à souhaiter la mort d'André. Philippine Cabane, dite la Catanoise, sa confidente, lui fit désirer cet événement, comme la délivrance de
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son consentement à un complot formé autour d'elle
par ses parents et ses courtisans. La cour était alors dans un couvent prés d'Averse, lorsque, le 18 décembre 1545, les conjurés, sous prétexte que de grandes nouvelles étaient arrivées de Naples, firent appeler, pendant la nuit, André, qui était auprès de la reine. Dès que le prince fut au milieu d eux, ils lui jetèrent un lacet autour du cou, et le poussèrent hors d'un balcon pour l'étrangler, tandis (pie leurs complices, qui étaient au-dessous, le tiraient par les pieds. Le meurtre ml accompli avec une férocité révoltante, et le cadavre d'André, laissé dans le jardin, fut trouvé mutilé d'une manière d'autant plus horrible, que les conjurés n'avaient point osé employer le fer contre lui, persuadés qu'une amulette ipi'il portait le mettrait à l'abri de leurs coups Ainsi péril ce malheureux prince, à l'âge de 19 ans. ( Voy. Jeanne I™, Loris de Tau ente et Cabane. ) S. S— i.
ANDRÉ, juif de Cyrène, surnommé L i ci as par Eusébe, et I'Homme des lumières par Abul-Farage, se rendit fameux sous l'empire de Trajan, à la têle de ses compatriotes, auxquels il persuada qu'il les ferait rentrer triompliants à Jérusalem. L'enthousiasme qu'il inspira à ce peuple crédule lui procura plusieurs avantages sur Lupus, préfet d'Egypte, qu'il obligea de se renfermer dans Alexandrie, où ce général se vengea de ses défaites par le massacre de tous les Juifs qui habitaient cette grande ville. André, usant de représailles, ravagea le plat pays, désola toute la Libye, dont plus de 200,000 habitants devinrent les victimes de ses fureurs. Ces horribles désordres s'étendirent jusque dans l'Ile de Chypre, où les Juifs, sous la conduite d'un nommé Artémion. firent jiérir un égal nombre de Grecs et de Romains. Si l'on en croit Dion Cassius, les uns étaient sciés dans toute la longueur du corps, les autres devenaient la proie des bêtes féroces, contre lesquelles on les faisait combattre. Les barbares vainqueurs mangeaient leurs chairs, se frottaient le corps de leur sang, et se revêtaient de leurs peaux, après les avoir écorchés vifs; mais ces affreux détails ne sont pas confirmés par Eusébe. Ce ne fut qu'après plusieurs combats très-sanglants que Martius Turbo, d'autres disent Adrien, général des troupes romaines, vint à bout de les soumettre. T — d.
ANDRÉ, dit de Crète, parce qu'il fut arehevè»pje de cette Ile au commencement du 8* siècle, ou le Jérosolymitain, parce qu'il était resté quelque temps a Jérusalem, était natif de Damas. Il s'acquit une grande réputation a Constantinoplc par son éloquence et par sa vertu. II avait donné dans les erreurs des monothélites ; mais il confessa ensuite la doctrine des deux volontés en Jésus-Christ. On place sa mort vers l'an 720. Le P. Combcfis a publié d< cet archevêque un poëme e.i vers ïambes, un coin mentaire sur V Apocalypse ( nis en latin par Pellan Ingolstadt, 4574, cl dans le St.ChrysostomedeCommelio ) , «lue d'habiles critiqucsNattrihucnt à André de Césaréc. On trouve encore, vjus le nom de cet auteur, plusieurs discours dans h\BtWothèque des Pères, mais qu'on croit être d'uT\auteur rieur. \ T— d.
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ANDRE ( Jean n* ) , le plus célèbre canoniste du 14* siècle, naquit, selon la plupart des auteurs, dans le canton du Mugcllo, près de Florence ; mais, selon Tiraboschi, d'après un passage de Jean d'André luimême, c'est a Bologne qu'il naquit, et c'était Andréa son père qui était ne au Mugello. Andréa était maître d'école à Bologne, et se fit prêtre lorsque Jean n'avait encore que huit ans. Élevé d'abord par son père, il étudia le droit canon sous plusieurs professeurs de cette université célèbre. Son dernier maître fut Gui de Baiso, archidiacre de Bologne, où il reçut gratuitement le doctorat. Ce fut aussi par son crédit qu'il obtint à Bologne une chaire de professeur; il en remplit successivement deux autres, l'une à Padouc et l'autre à Pise. Il mourut de la peste à Bologne, le 7 juillet 1348, après avoir professé le droit canon pendant quarante-cinq ans avec le plus grand éclat. On a dit qu'il s'était fait dominicain, soit parce qu'il fut enterré dans l'église de ces religieux, soit parce qu'il avait pris le jiarli de cet ordre contre les franciscains, au sujet de la fameuse question de l'immaculée conception; mais il est certain qu'il vécut et mourut séculier. On lui prodigua dans son épitaphe les titres pom|>eux d'archidocteur des décrets, de rabbin des docteurs, de lumière, de censeur, et de règle des mœurs ( rabbi doetorum, lux, censor, normaque morum ). On prétend que Buonincontro, surnommé d'Andréa, dont nous avons des traités de jurisprudence, était son fils naturel. Christine de Pisan assure que sa fille aînée, nommé Novella, qu'il maria depuis avec Jean Calderino, le remplaçait souvent dans sa chaire, « et aiin que la biauté d'elle n'emo peschast pas la pensée des oyans, elle avait une o petite courtine au devant d'elle. » Les ouvrages qui nous restent de ce savant canoniste sont : 1 ° des commentaires sur les Décrétales et sur le Sexte, qu'il intitula AorW/a, du nom de sa mère et de sa lille, Rome, 1476; Pavie, 1484 ; Bêle, i486; Venise, 1489, 1490 et 1581; 2° des commentaires sur les Clémentines, ou sur les Novclles de Clément Y, Strasbourg, 4471 ; Maycncc, Rome et Baie, 1476; Lyon, 1552, in-fol. ; 3" des additions au Spcculumjuris de Durand, prises mot à mot des CotuUia d'OIdrade, Paris, 1522 ; Bâle, 1574. C'est ainsi qu'il s'était encore approprié le traité de Spotualibus et Malrimonio de Jean Anguissolaou Anguisciola. ( Foy.CALDERiNO. ) T — d.
ANDRÉ ( Valère), surnommé Desselus, du bourg de Desschel, dans le Brabant, où il était né en 1 588, fut professeur royal de droit, et bibliothécaire de l'université de Louvain, où il mourut en 1650. Cet auteur est principalement connu |«r l'ouvrage intitulé : Bibliotheca Belgiea, Louvain, 1623, in-8°; 1643, in-4", édition augmentée. Foppens, chanoine de Bruxelles, en a donné une nouvelle édition en 1759, Bruxelles, in-4", 2 vol., dans laquelle il a fondu ce rpi'on trouve dans Lemire, Swerts et autres. Quoique cette dernière soit la plus belle, la plus ample cl la plus utile, les curieux recherchent encore les premières, parce qu'elles contiennent des particularités que le nouvel éditeur a abrégées ou omises. C'est un bon ouvrage en ce genre, à quelques inexactitudes et quelques minuties près, défauts presque insépa-
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rables de celte sorte de conqtosition. On a du même auteur : \"Calalogut claror. Hhpaniw tcriplor. , sous le nom de Val. Tarauder; Mmjunl, 1007, in-4°, rare; 2°fWi academiri ttudii Lovanientit, etc. , Louvain, 1636, in-4°, considérablement augmenté dans l'édition de 1650, qui fut mise à l'index; 3» Synojmt jurit eanonici; 4° de Toga et Sagin, etc. T — d.
ANDRE (Jacques), proprement André.*;, célèbre théologien du 16» siècle, naquit en 1528, à Waiblingen , dans le duché de Wurtemberg , lit se? éludes à Tubingen , et fut professeur de théologie , chancelier de l'université , et prévôt. Ses lumières, son énergie et son éloquence lui acquirent la plus grande considération dans l'Église luthérienne, et il n'y eut pu de réunion ou de colloque en matière de religion où il ne fût appelé. On l'a accusé de violence et d'esprit d'intrigue. Quoiqu'on ne puisse pas l'absoudre entièrement de ce reproche, il est sûr qu'il a rendu de grands services à sa conmunion. H lit de nombreux voyages dans toutes les parties do l'Allemagne , pour y organiser le culte luthérien , et fut un des principaux auteurs de la Formula coneordice ( Formule de la concorde ), dont la rédaction délinitive fut arrêtée en 1576, au couvent de Bergen, près deMagdebourg, et qui devait mettre un terme à toute? les disputes élevées dans le sein de l'Allemagne protestante , depuis la mort de Luther. Le princijial but de ce livre symbolique était d'opposer aux opinions des réformés sur l'eucliaristic et la nature humaine de Jésus-Christ , à laquelle ils refusaient la toute-présence, la doctrine de ce réformateur; et, si celle nouvelle profession de foi de ses sectateurs a rendu l'union des calvinistes et des chrétiens de la confession d'Augsbourg désormais beaucoup plus diflicile , il n'est cependant pas douteux qu'elle n'ait ramené la concorde au milieu des luthériens euxmêmes , en terminant ou assoupissant toutes les controverses qui avaient eu lieu sur la grâce, sur les sacrements , sur les bonnes enivres, et sur la personne du Sauveur, depuis la naissance du culte protestant. Parmi les conférences que Jacques Andréas tint sur des points religieux, il faut remarquer celle qu'il eut en 1571 , avec Flacius, à Strasbourg, sur le péché originel , que ce dernier soutenait être la substance même de l'homme, et son entrevue avec Tliéodore de Bézc, à Montbelliard, quatre ans avant sa mort , qui arriva le 7 janvier 1590 , à Tubingen. Ses nombreux écrits sont presque tous |Kilémiques , dirigés contre le calvinisme et contre l'Église romaine, ou destinés à défendre la doctrine de l'ubiquité ou de la présence du corps du Christ en tous lieux. Ses contemporains l'ont aussi apjK-lé Schmidlin, ou Fabriciui ( maréchal ) , à cause de la profession de son père. Ija vie de ce théologien a été écrite fort souvent, même en hexamètres latins, par Jean-Valcntin Andréa?. On peut consulter Adami , Yitœ theol. , p. 302. Son portrait est dans le Theatrum de Frehcr , et on trouve une médaille frappée en son honneur dans le Mutée de Mazucchi, t. 1 , planche 95. S— R.
ANDRÉ , ou ANDREjE (Jean-Valentin ), un des hommes les plus utiles et les plus intéressants
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que l'Allemagne ait produits dans le 17e siècle. Il était petit-fils de Jacques , et naquit à Herremberg , dans le duché de Wurtemberg, en l.!>86. Apres avoir fait ses études a Tubingen , et quelques voyage* en France et en Italie , il parcourut les différents échelons de dignité!) ecclésiastiques qu'offrait son j»ays , et mourut, en Iuïi4, abl*é d'Adelherg, et aumônier luthérien du duc de W urteniherg. Profondément affligé de voir les principes de la religion chrétienne livrés à de vaines disputes, et les sciences senjr l'orgueil et la curiosité, au lieu de tourner au profit de la vertu et du bonheur des hommes, il passa sa vie a imaginer, à pro*x>.ser et à organiser les moyens qu'il croyait les pins propres à rendre aux unes et aux autres leur tendance morale et bienfaisante. Il employa le crédit dont il jouissait auprès de son souverain, et auprès du duc de Ïlrunswiek-Wolfenbùltel, )>our améliorer l'état de l'instruction publique dans les États de ces princes , et ne cessa , durant toute sa vie , d'opérer ou de préparer tout le bien que ses lumières et son zèle lui faisaient désirer. De la propension jwur la mysticité, une activité qui se portait sur tous les genres de connaissances , une correspondance étendue, et des allusions mystérieuses ou susceptible* de sens divers, dont ses premiers ouvrages fourmillent, ont fait naître ou accréditer le bruit qu'il est le véritable fondateur du fameux ordre des rose-croix. On j»eut consulter là-dessus le savant ouvrage de M. Frcd. Nicolaï, Sur les trimet imputés aux Templiers, 2* vol., p. 179. De Herder a discuté cette question dans le Muséum allemand de 177!), et s'est prononcé pour la négative. Maigre une autorité aussi imposante, deux littérateurs distingués de l'Allemagne, M. Chr. G. de Murr ( Sur la véritable origine des rose-croix, etc., Sulzbach, 1805, in-8») , et M. J. G. Huhle, dans une dissertation lue, en 1805, dans une séance de la société royale de Gocttingue [de Vera Origine udhuc In'rnte fratrum de rosta erwe , inprimis rero ordine fiancomurariorum), et publiée en allemand par l'auteur, en 1804 , in4*\ enrichie de nouveaux développements , penchent pour l'opinion qui rapporte, à J.-Val. Andre.r, sinon l'origine, au moins une nouvelle organisation de l'ordre des rose-eroix , util lie ou identique avec celui des franc-maçons, dans lequel la mémoire d'André* a toujours été singulièrement vénérée. lai nature même de la chose ne laisse guère d'esjioir qu'elle soit jamais édaireie suffisamment. Si l'on cherche vainement dans la biographie latine de sa vie , qu'Andrew avait laissée en manuscrit, et dont M. Scybold a donné une traduction allemande dans le second volume des Autobiographies d'hommes célèbres , imprimées à Winterthour, en 1799. in-8°, quelques renseignements positifs sur ses relations avec l'ordre dont on le dit fondateur, en revanche, les écrits d'Andréa* qui ont jMirn de son vivant sont pleins de rais4Hinemcnts sur la nécessité de former une société uniquement consacrée à la régénération des sciences et des mornes. Quoi qu'il en soit , il finit par désapprouver la tendance de l'ordre dont on le croit l'instituteur , et U est plus certain qu'il ne lui appartint nlus vers
la fin de sa vie, qu'il ne l'est qu'il en ait été le créateur. Ses ouvrages, au nombre de cent, sont en partie indiqués dans Adelung, et plus complètement dans une brochure particulière de M. Burk, pasteur à Weiltingen, dans le Wurtemberg, Tubingen, 1793, in-fp. En voici quelques-uns des plus remarquables : 1° de Christiani Cosmoxeni genitura Judicium , Montbéliard, 101*, in-12: c'est une satire contre les astrologues. 2° Colle ctaneorum malheviaticorum Décades 11, Tubingen, 1614, ln-4*. 3° Invitalio ad fralernilatem Chrisli; prior, Strasbourg, 1617 ; poslerior, ibid. , 1618, in-12. 4e Rusa florescens, contra Menapii calumnias , 1617, in 8"; l'auteur de celte apologie des rose -croix se si^nc Florenlinus de Valentia, nom qu'Andréa* s'est donné quelquefois, ainsi que celui d'Ândraas de Valenlia; mais il n'est pas entièrement sur que cet ouvrage soit de lui. (Voy. la Bibl. theol. de Walch). 5° Menippus.seu dialogorum satyricorum Centuria, inani- ; a m nostratium spéculum ; ilelicone juxtaParnassum, 1617, in-12. C'est dans cet ouvrage qu'Andréa* s'est montré vraiment supérieur à son siècle. 11 y fait toucher du doigt les défauts sans nombre qui empêchaient l'Église et les lettres d'être aussi utiles qu'elles pouvaient l'être avec une meilleure organisation. 6° Civis chrislianus, site peregrini quondam erranlis Restilutiones, Strasbourg, 1619, in-8"; traduit en français , sous le titre du Sage citoyen , Genève, 1622, in-8°. 7° Mythologiœ chrisliance, sire virtutum et viliorumvilœ humante imaginum /ï6n 3, Strasbourg, 1 61 !>, in-12. M M . Sontaget Herder en ont traduit en allemand la meilleure partie. 8° Reijntblieas christiano politanw Descriptio; Turris HaM, judiciorum de fraternitate rosacea crtieit chaos; i Christianœ societatis Idea : ces trois écrits, tous publiés à Strasbourg, en 1619, in-12, offrent les indices les plus clairs de son projet de former une société secrète. On ne |K*ut nier que son imagination n'ait été fortement travaillée j»ar une idée analogue, et, si deux ouvrages allemands, intitulés, l'un les Noos chimiques de Chrétien Rosenrreutz; l'autre, ! la Reforme générale du monde , sont en effet dp lui, l'opinion de MM. Bulhe cl de Murr acquiert un haut degré de probabilité. On cite encore, à l'appui, les voyages d'André e , auquel ses contemporains ! n'ont connu aucun moyen de les entreprendre. Cet j homme énigmatique est encore remarquable comme i écrivain national. Dans un temps où la langue allemande n'avait encore reçu que peu de culture , où tous les gens de lettres écrivaient en latin les livres auxquels ils donnaient quelques soins, et où l'idiome du pays n'était , comme dit M. Herder, réservé que pour les affaires du ménage et du ca*ur, il sut donner à sc3 vers une grâce et une aisance toutes particulières. Il ne faut y chercher, ni élégance, ni correction, ni beaucoup d'Iiarmonic ; mais on est sûr d'y trouver une imagination poétique, une l»clle Ame, et un heureux emploi du dialecte de laSouahe ; on peut dire qu'il préluda aux heureux essais d'Opilz. ( L. Me k h. Fischlini, JHemoria Ikeologorum Wirtemberg., t. 2, p. 129.) Son portrait est dana le ThetUrum de Frehcr, S— a.
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ANDRE (YTEâ-tHÀitiÊ ), né te M mai 187», a Ghàteaulin , en basse Bretagne , entré che* les jésuites en 1693. La distinction atec laquelle il fournit sa carrière scolastique dans plusieurs collèges de province semblait le désigner pour aller ligurer sur le théâtre de la capitale; mais la défaveur où le mit , dam son corps , la modération de ses sentiments sur les affaires qui agitaient alors l'Église de France l'obligea de se fixer, eu 1736, dans la place de professeur royal de mathématiques à Caen, qu'il remplit pendant trente-neuf ans. Le F. André, des son début dans la république des lettres, attacha une grande ré|iulalion à son nom par 17\\tai sur le beau, qui parut en 1741 , in-12. Cet ouvrage, où règne une philosophie douce et profonde , ornée des fleurs d'une littérature exquise, est devenu classique. Le manuscrit du Discourt tur l« beau dant iet pièces d'esprit donnait pour modèle le crayon fin de Pascal. Vue main étrangère substitua , dans l'imprimé, le pinceau léger de Pélisson. L'auteur fut sensible à ce changement : il s'en plaignit ; mais sa position ne lui permettait pas de réclamer publiquement. Ce ne fut qu'après être devenu libre, par la destruction de sa société, qu'il put faire rétablir, dans l'édition de 1763, la ïe«;<m qni avait été supprimée sans son aveu. Le P. André avait des sentiments peu analogues a ceux de ses confrères sur les matières de théologie et de philosophie : il était grand admirateur de St. Augustin , et avait eu même le projet d'en composer la vie, et d'y joindre une analyse de ses ouvrages. Sincèrement attaché aux maximes de l'Église gallicane , il trouvait étrange qu'on laissât aux moines la liberté de former dans le royaume un parti pour les doctrines ultra— montâmes. Quoique soumis aux décrets de Rome sur le jansénisme, il aurait voulu que tout le monde se fut renfermé dans le silence sur les questions agitées alors avec tantd'animosité. On voit, |wr sacorres- |toudance avec l'abbé de Marinent', qu'il blâmait les procédés de ses confrères contre le cardinal de Noaillcs. Admirateur de la doctrioe du F. Mallebrauchc , il ent avec ce célèbre philosophe un commerce de lettres très-suivi , qui ne finit qu'à la mort de ce dernier. Il a consigné ses regrets sur cet événement dans une lettre trés-intéressnnte au F. Lelong , de l'Oratoire. Cette lettre, qui n'aurait pas déparé la collection de ses ««ivres, ne contient que l'esquisse de la vie de son illustre maître , qui est encore manuscrite, et que nous savons avoir été étrangement mutilée par celui quieii est le dépositaire actuel. Les sentimeuts du F. André percèrent dans sa société. On l'accusa d'être un novateur en philosophie , et d'avoir une doctrine suspecte en théologie. 11 fut éloigné des charges , dé|toui)lé do celles qu'il possédait, changé de lieu de résidence , menacé d'un exil rigoureux. Heureusement que la considération dont il jouissait au deliors et le crédit de ses protecteurs forcèrent ses supérieurs à mettre des bornes a leurs tracasseries. I-a paix fut conclue , sous la condition qu'il ne serait plus question , entre ses confrères et lui, des objets qui avaient fait la matière de leurs contestations. Mais rien ne fut ca|>able de l'ébranler dan*
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sea opinions. 11 disait plaisamment i ce sujet : « Je
a ne saurais faire comme le F. Du tertre , qui, en « vertu de la sainte obédience , s'est couché lè soir « Malleliranchiste, et s'est levé le matin bon disciple « d'Aristote. » À la destruction des jésuites , le F. André se retira chez les chanoines réguliers de Caen , et le parlement de Houen |»ourvut honorablement à ses besoins. C'est dans celte retraite qu'il termina paisiblement sa longue carrière < le 26 février 1764. L'abbé Guyot , son ami , a recueilli ses frUTfea, qui ont été imprimée* à Faris en 1766, S vol. in-12. Sans contredit, les pièces de ce recueil sont inférieures à V Estai tur te beau ; cependant on sent la louclte de l'auteur dans le Traite de l'Homme. Le F. André a laissé plusieurs ouvrages manuscrits, dont on trouve une notice a la fin de l'éloge dont l'abbé Guyot a orné l'édition dont on vient de parler. La correspondance du F. André avec le F. Mallebrancbe est entre lea mains d'un ! termine de lettres. T— D.
ANDRÉ ( le petit Fère )■ Voytx BoulLahoer.
ANDRK (Jkax), peintre, né à Paris en 1662. A dix-sept ans, il se fit religieux dominicain. Se» supérieurs l'ayant envoyé à Home , il y étudia les grands maîtres, et en revint avec un talent assez estimable. Ses tableaux , représentant des sujets de dévotion , étaient placés dans plusieurs églises de Faris, et principalement dans celle des jacobins. Ils sont aujourd'hui , pour la plupart , dispersés ou perdus ; mais les arts ont fait, à la (in du 18" siècle, des i»ertes plus regrettables. I,e frère André était un de ces peintres laborieux qui ne s'élèvent pas aux grandes beautés de l'art. Venu dans un temps où la peinture tendait à la décadence, il suivit la route tracée par ses contemporains , plutôt que celle des grands maitrea dont il était allé méditer les ouvrages à Home. Il refusa, par modestie , d'être reçu à l'Académie. Lafossc et Jouvenet avaient , dit-on , de l'estime pour ses talents. Il mourut à Faris en 17J.5, âgé de 91 ans, et eut pour élèves Dumont, dit le Romain , Chaslc et Taraval. D-T.
ANDRE ( Jea5 ) , musicien célèbre , né à Offcn- Itach, sur le Rhin , le » mars 1741. Sa mère , qui dirigeait dans sa ville natale une grande manufacture de soie , lo destinait au commerce ; mais son goût pour la musique l'emporta, et, malgré le manque d'instruction suivie, il y lit les plus rapides progrès. Fendant qu'il était chez un négociant de Francfortsur-le-Mein, il composa son premier opéra, le Poficr, qui obtint un grand succès; il mit en musique, peu après , Ervin et Elmire , opéra dont Gcrlhe avait fait les paroles. Cet ouvrage fut joué sur le théâtre de Berlin , avec de grands applaudissements. André se rendit alors dans cette ville , obtint la direction du grand théâtre, et se distingua par de nombreuses com|»06itions. Mais , comme la fabrique de musique qu'il avait laissée a OfTctihach périclitait en son absence , il se rendit dan» sa patrie , et reçut , avant de partir, le titre de maître de chapelle du margrave de Rrandcbourg-Schvvcdt. On a de lui vingt opéras, et des pièces moins étendues : une mélodie fort spirituelle en est le caractère : il s'était formé presque
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sans maître. Un excès de travail le conduisit au tombeau , le 18 juin 1799. G— T.
ANDRÉ (Ciiari.es), perruquier à Paris en 1736, était ne à Langrcs en 1722. Un gentilhomme, nommé de Lasalle Dampierre , l'un des régisseurs de l'impôt sur les caries, dont André était le perruquier, lui |>ersuada de devenir auteur tragique. André goûta cet avis, et, bientôt après, parurent successivement trois éditions du Tremblement de terre de Lisbonne, tragédie en cinq actes et en vers, par M. André, perruquier, privilégié, demeurant à Paris, rue de la Vannerie, près la Grève; imprimé à Amsterdam (Paris), et se vend chez l'auteur, M. Dec. LM,in-8". La première édition , dont le titre est en grosses lettres romaines, |>orte la fausse date de 1755. On y voit, pour cul-dc-lampc , une grosse jx-'iruque , dans l'intérieur de laquelle est une tète à perruque. M. Dampierre était le principal auteur de cette facétie, quoiqu'elle parût sous le nom d'André , qui prit la ebose au sérieux, et dédia la pièce à Yillustre et célèbre poêle , M. de Voltaire , qu'il appelle monsieur et cher confrère. Cette farce n'avait jamais été représentée, et était oubliée, lorsqu'on 1805, à l'occasion d'un mélodrame donné au tbéàtrc «le la Porte-St- Martin, on fit jouer sur un petit théâtre des boulevards et réimprimer le Tremblement de terre de Lisbonne; et on en donna quatre-vingts représentations, tpii furent toujours très-suivies. Si André eût vécu , il eût encore été la dupe de cet empressement du public, qui, lui-même, était la dupe de Dampierre. Quelques personnes attribuent aussi cette pièce à M. Paris de Maizicux. A. B— T.
ANDRÉ BARDON. Voyez Danoré.
ANDRÉ on St-Nicolas, religieux carme, né à Remiremont, en Lorraine, vers 1650, mort à Besancon en 1715, a publié : 1° de Lapide sepulehrali, antiquis Burgundo Scquanorum comitibus , Vesuntione , in S. Joannis Evangelisla basilica, reetns posita , Besançon, 1695, in- 12. C'est la critique d'une inscription récemment placée sur le tombeau des anciens comtes de Bourgogne , qu'on voyait dans l'église cathédrale de Besançon. 2° Lettre en forme de dissertation sur la prétendue découverte delà ville d'Antre en Franche-Comté; Dijon, Micard, 1608, in-12. Le P. Dunod , jésuite, venait d'annoncer qu'il avait découvert la véritable position de l'ancienne ville d'Avenches (Jimlifiim), et il la plaçait près du lac d'Antre, aux environs de Moirans. Cette opinion insoutenable avait cependant trouvé des partisans. Le P. André la combattit avec autant de chaleur que de raison ; mais , comme on le pam bien , il ne put parvenir à convaincre son adversaire. Le P. André a laissé plusieurs ouvrages manuscrits, concernant l'histoire ecclésiastique de Besançon; les plus importants sont : Seqvani t.hristiani , scu Christiana Scquanorum Dtcas historica ; un pouillé des bénéfices du diocèse, qu'il a intitulé : Polypticon Vesunlino-Scquanicum; et enfin Veteres Sequauorum reguli Ces manuscrits sont conservés dans la bihlio- Ihêquc publique de Besancon. Le P. Lclong attribue au même auteur une Histoire généalogique de la maison royale de Bourbon , ancienne et moderne. Le
P. André a coopéré à Y Histoire de f Eglise St-Elùniu de Dijon, par l'abbé Fyot. 11 a travadlé aussi à Y Histoire de F abbaye de Cluny. W— s.
ANDRK (John), adjudant général dans l'armée anglaise, à l'époque de la guerre d'Amérique, fut victime de la perfidie du général Arnold, qui, feignant de trahir les Américains, avait demandé à ouvrir une corresjiotidance secrète avec les Anglais. Le général en chef Clinton chargea André de suivre cette correspondance; et, lorsque toutes les mesures furent prises pour l'exécution du projet d' Arnold, André vint le trouver à West-Point, pour prendre avec lui les derniers arrangements ; mais, à son retour, il fut arrêté par trois soldats de milice, au mo ment où il se croyait hors des postes de l'armée américaine. On trouva sur lui le plan du fort de West-Point, avec des notes de la main d'Arnold sur l'état de la garnison et des fortifications de ce poste important, et sur les moyens de l'attaquer. Traduit aussitôt devant une commission militaire, André fut condamné à mort, comme espion, M exécuté le 2 octobre 1780. Un esprit lin, une imagination brillante, une éloculion facile, un goût décidé |>our les beaux-arts, les formes les plus séduisantes, tout se réunissait pour rendre intéressant ce malheureux jeune homme. Après son arrêt de mort, il s'occupa moins de lui que de sa famille et du général Clinton, qu'il aimait tendrement. Le colonel Hamilton, aide de camp de Washington, le consola dans ses dentiers moments. 11 mourut avec le plus grand courage. Les spectateurs fondaient en larmes, et cette catastrophe ne lit pas moins détester Arnold par les Anglais que par les Américains. B — a.
ANDRÉ DEL CASTAGNO. Voyez Castagno
ANDRÉ VANNUCCHI, dit Animie del Sakto.
Voyez Vanxlcchi.
ANDRÉ ( le Père Ciirtsologge). Voyez Chr\-
SOLOCt E.
ANDRÉ ( le maréchal Saint-). Voyez Saixt-
Aa'dré.
ANDRÉ, grand-duc de Russie, était lils du grand-duc Youri Dolgorouki, George Longue-Main. Mécontent de son |>ère et de son gouvernement tyrannique, il s'était retiré, l'an 1155, dans le durhé de Souzdal, dont il agrandit la capitale, Wladimir, fondée par son illustre aïeul Wladimir Monomaquc. Sou père étant mort (1157), André, satisfait de son apanage, le gouverna sagement pendant que la Russie était livrée à toutes les horreurs de la guerre civile. Mstislaf ou Mzislaf et Vassilko, ses frères, ayant voulu exciter des troubles, il les envoya, avec leur mère et avec les seigneurs qui étaient de leur parti, à Constantinople, où l'empereur Manuel Comnènc les reçut avec la plus haute distinction. André, ayant à se venger des Bulgares, se réunit au prince de Mourom, et remporta sur ces peuples mie victoire complète (1166), après laquelle il s'empara de Briakhimof, et réduisit en cendres plusieurs autres villes. Bientôt il tourna ses armes contre le grand-duc Mslislaf, ét marclia sur Kiow, qu'U em- |>orla d'assaut. Pendant trois jours il livra au pillage cette ville, qui avait été longtemps la capitale
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de l'empire russe. Elle tomba alors sans pouvoir se relever. Devenu le plus puissant parmi les princes russes, André avait sous lui les gouvernements actuels de Jaroslaf, de Kostroma, de Wladimir, de Moscou, de Nijni-Nowogorod, de Toula, de Kalouga, de Kiow, de Rézan, de Mourom, de Smolensk, de Polock et de Volhynie. Pendant son règne, qui dura 1.1 ans, ce prince fut toujours occupé d'apaiser les troubles qui s'élevaient dans l'intérieur. Jl fut tué, le 29 juin 1174, par vingt assassins, que ses propres parents avaient soudoyés. Après sa mort, ses États furent livrés au pillage, Le peuple, n'ayant plus à craindre l'autorité du prince, se jeta sur les maisons des magistrats et des ofliciers, et s'abandonna à des excès si révoltants que les prêtres, revêtus de leurs ornements sacerdotaux, parcouraient les rues, suppliant les habitants de rentrer dans l'ordre. André était un prince courageux, ami de la justice, et auquel on donna le surnom de second Salomon. Ce fut lui qui transporta le siège de l'empire russe de Kiow à Wladimir, où il resta près d'un siècle ; de là il passa à Moscou, d'où Pierre le Grand Je transféra à St-Pélersbourg. G— y.
ANDRÉ (Jauoslawitz ), grand-duc de Russie, était le fils de Jaroslaf II, et frère aîné du célèbre Alexandre Ncwski (voy. Alexandre); il partagea avec les descendants de Wladimir le Grand les calamités de l'époque la plus désastreuse qu'ait éprouvée l'empire russe. Les Tatars Mogols avaient soumis et dévasté la Pologne, la Hongrie, la Croatie, la Servie, la Bulgarie, la Moldavie, la Valachie et la Russie méridionale. Leur chef, le terrible Batukan ou Baty, ayant donné ordre à Jaroslaf de venir le trouver, le grand-duc apaisa le conquérant par ses soumissions ; il fut reconnu le premier parmi les princes russes, mais à condition qu'il se rendrait dans la Tatarie chinoise et qu'il fléchirait le genou devant Octaï ; ses fils André et Alexandre l'accompagnèrent. Après avoir rendu cet hommage d'humiliation, Jaroslaf revint en Russie, et mourut en chemin, l'an 1246. Ses fils, pour se faire reconnaître, allèrent auprès de Batukan, qui les obligea de se présenter devant le grand kan dans la Tatarie. Ce fier dominateur, satisfait de leur soumission, donna à André la principauté de Wladimir (1240), et à Alexandre la Russie méridionale, en y comprenant Kiow. André, qui avait épousé une fille de Daniel, roi de Kalic* ou de Gallicic, plus lier que son frère Alexandre, ne savait point, comme lui, se plier sous le joug du vainqueur. Ayant déclaré qu'il ne payerait point le tribut aux Tatars, et n'étant pas en force pour leur résister, il se réfugia en Suède avec sa femme et ses enfants (1252). Alexandre fit un second voyage à la liorde pour réconcilier sa famille avec les Tatars, qui le reconnurent, à la place de son frère André, comme grand-duc de Wladimir. Il réussit même à faire la paix de son frère André, qui, après la mort de Batukan, raccompagna dans un nouveau voyage à la borde (1257). D'après un ordre venu du grand kan, ses lieutenants devaient faire un recensement général de l'empire russe, et y établir un impôt qui serait
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levé par tête. Les princes russes cherchèrent à écarter une mesure aussi affligeante ; mais leurs réclamations n'eurent aucun succès. A leur retour en Russie, ils furent suivis par des employés tatars, qui nommèrent des décurions et des centurions chargés de faire le recensement et de lever le tribut. Le silence et la tristesse régnaient dans toute la Russie. Nowogorod voulut résister; mais cette ville, fi ère de son commerce et de son industrie, fut obligée de se soumettre comme le reste de l'empire. Les Mogols amenèrent avec eux des marchands arméniens qui, prenant les tributs à ferme, exigeaient des pauvres habitants d'énormes intérêts, et les traînaient en captivité quand ils ne pouvaient payer. Enfin on perdit patience ; le tocsin se lit entendre dans les principautés de Wladimir, de Souzdal et de R os ton, qui étaient l'héritage d'André et d'Alexandre Ncwski ; on courut aux armes, et les Mogols furent ou massacrés ou cliassés de la Russie. Les deux princes, qui n'étaient point en mesure, craignant les suites de cette révolte, se rendirent à Saraî, sur le Volga, près du kan Berka. Ce successeur de Baty aimait les sciences et les arts ; il avait embelli de nouveaux édifices la capitale du Kaptchka, et les Russes jouissaient d'une entière liberté pour l'exercice de leur culte. Les princes russes donnèrent à Berka des explications qui parurent le satisfaire ; il désapprouva ce que ses lieutenants avaient fait, mais il contraignit André et Alexandre de passer une année entière à sa cour ; et, en revenant, Alexandre mourut le 14 novembre 1203, à Gorodetz, dans la province de Nijni-Nowogorod. André ne lui survécut que de quelques mois , et tout indique que l'un et l'autre furent empoisonnés. G— t ANDRÉ ( Alexandrowitz), grand-duc de Russie, était le second (ils d'Alexandre Ncwski. Son frère aîné, Déraétrius, monta sur le trône en l'année 1276. ( Voy. DÉsiÉTRius.) Pendant que ce prince se rendait à Nowogorod pour régler l'administration de cette ville puissante, André, qui était duc de Gorodetz, suivi de quelques autres princes russes, marcha à la tète de ses troupes vers le Caucase, pour soumettre les Yasscs ou Alains qui ne voulaient point reconnaître la domination des Tatars. Il s'empara de Diédiakof, dans le Daghestan ; la ville fut brûlée, et les habitants réduits en esclavage. Le grand kan, satisfait de cet exploit, fit de riches présents à André, qui résolut alors de supplanter son frère aîné, et de le faire descendre du trône pour s'y élever lui-même. II sut si adroitement gagner le grand kan, que celui-ci le nomma chef des princes russes, grand-duc, et lui donna un corps de Tatars, à la tête desquels André s'avança sur la principauté de Mourom, ordonnant aux princes apanagés de venir le joindre avec leurs troupes. On obéit; et Démétrius effrayé abandonna ses États. Les Tatars, profitant de ces circonstances, envahirent les duchés de Mourom, de Souzdal, de Wladimir, d'Yourief, de Rostow, de Twer ; et ces contrées furent livrées aux horreurs de la plus effrayante dévastation. Les barbares pillèrent, incendièrent les maisons, les monastères les éclises ; les habitants