‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 121 sur 129 · AM · texte numérisé non relu

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furent égorgés, traînés en esclavage, ou livrés aux plus affreux tourments. Péréiaslaf ayant osé faire quelque résistance, cette capitale fui traitée avec tant de cruauté, qu'il n'y resta presque plus d'habitants { 1282). Les Mogols se retirëreut enlin, et Ikïmétrius revint à Péréiaslaf, d'où il leva des troupes pour tirer vengeance de ces attentats. André implora de nouveau le secours des Mogols, qui saisirent avec joie cette seconde occasion de ravager la grande principauté, où ils mirent encore tout à feu et à sang. Démétrius, de son coté, alla se jeter dans les bras de rXogaf, qui commandait dans les steppes formant aujourd'hui les gouvernements de l'I kraine et d'F.katérinoslaf. C'est ainsi que ces malheureux princes russes sacriliaient la patrie à l'ambition, en se courbant lâchement aux pieds de leurs plus cruels ennemis. Nogaï se déclara pour Démétrius, avec lequel André se réconcilia en apparence. Cependant celui-ci, ayant attiré à son parti quelques autres princes, alla trouver Nogaï, qu'il imlis|»osa facilement contre son frère. Ce chef barlwrc conlia ses hordes à André, qui leur servit de guide. Démétrius effrayé s'enfuit à Pskof, laissant la grande principauté à son frère. Quoique les Tatars n'eussent aucune raison de se conduire en ennemis, puisque personne ne leur résistait, ils traitèrent les villes et les campagnes comme dans leurs incursions précédentes. Ils ne trouvèrent personne à Péréiaslaf, les habitants ayant eu le temps de se réfugier dans les forets. Les barbares se retirèrent chargés de butin. Démétrius, accablé de chagrin, mourut en 1294, laissant à son frère la première place dans l'empire. Les deux premières années se passèrent assez tranquillement; mais des discussions s'étant élevées entre André et ses neveux, ils se. rendirent à la horde pour y piailler leur cause. Le kan nomma un juge. En présence de ce délégué, les princes russes en vinrent aux mains, et si les évéques qui les accompagnaient ne s'étaient jetés au milieu d'eux, ils se seraient égorgés (1207). Cependant on lit un arrangement qui fut rompu en 1302, à la mort de Daniel, duc de Moscou. Ce prince avait fondé et embelli cette ville qui, après la chute de Kiow, devait être la seconde capitale de l'empire. André, désirant la réunir à ses domaines, se rendit à la horde ; après y avoir séjourné et intrigué lâchement pendu m une année (1303), il revint avec des ambassadeurs du grand kan qui ordonnait aux princes russes de mettre un terme a leurs dissensions, et de se contenter chacun de ce qui lui appartenait. Les Suédois avaient fondé Wilwrg en Carélie, et, pénétrant dans la Néwa, ils avaient bâti à l'embouchure de l'Okhta une forteresse qu'ils avaient nommée Landskron. Celle place inquiétait le commerce des Nowogorodiens, qui supplièrent André de venir à leur secours. La place fut enlevée et rasée. Le grandduc mourut le 27 juillet 1304. Ce lils indigne du grand Alexandre ÏSewski fut enterré a Gorodetz, sur le Volga, disent les annales russes, loin des cendres sacrées de son père. G — Y.

ANDRK (l'abbé), cx-oratorien, né à Marseille, «ncien bibliothécaire du chancelier d'Agucsseau,

passa quelques années de sa vie dans la congrégation de l'Oratoire, mais n'y reçut aucun des ordres sacrés (I). Sa modestie fut si grande qu'aucun des ouvrages qu'il a faits ou publiés ne porte son nom. Voici la liste de ceux qui lui sont attribués: V Lettre à l'abbé Prévost, concernant les missions du Paraguay, 1758, in-12. 2° La Divinité de la religion chrétienne vengée des sophismet de J.-J. Rousseau, Paris, 1765, 2 parties in-12. La première partie es» seule d'André ; la seconde fut l'ouvrage de D Deforis. La première partie avait paru en 1762 sous le titre de Réfutation du nouvel ouvrage de J.-J. Rousseau intitulé : Kuile, etc., in-8°et in-18. 5" L'Esprit de M. Duguel, ou Précis de la morale chré~ tienne tirée de ses outrages, Paris, 1764, in-12. 4° La Morale de l'Évangile en forme d'élévation à Dieu, ou la Religion du camr, avec le tableau des vertus chrétiennes d'un grand magistral ( le chancelier d'Agucsseau), Paris, 1786, 3 vol. in-12. 5" C'est aux soins d'André que l'on doit la publication des truvres de ce grand magistrat, Paris, 1758- 17!X). 15 vol. in-4*. 6° Une nouvelle édition des Pensées de Pascal, augmentée d'un grand nombre de pensées qui sont tirées du recueil de ses oeuvres, avec une table, etc., Paris, 1785, in-12. 7» Lettre à l'auteur des lettres pacifiques [ sans date l, in-12. ( Voy. le Dictionnaire des anonymes. ) C. T— r.

ANDRK (Claude), né a Montlucl le 50 mai 1745, fils d'un marchand de blé de cette petite ville de la Bresse, se consacra de bonne heure à l'état ecclésiastique. Modeste et sans ambition, il était destiné, si la révolution ne fût pas venue, à |tasser sa vie paisiblement au dernier rang du clergé. Clumoine a la cathédrale de Troyes en 1801, la faveur dont jouissait son frère auprès du gouvernement consulaire (voy. l'article ci -après) le fit nommer évèque de Quininer. Arrivé dans cette ville, il s'v mm Ira peu disposé a fléchir devant toutes les exigences du nouveau gouvernement, et, en 4802, donna «a démission à la suite de quelques démêlés qu'il eut avec le préfet du Finistère. On le nomma alors chanoine de St-Denis, avec le traitement d'évèque, et il vécut en paix dans ses nouvelles ronchons, pratiquant avec une grande sévérité toutes les vertus de son état jusqu'à sa mort, qui eut lieu le 25 août

(I) En 1773, il présenta a Malesoerbes, alors Ministre de a maison <lu roi. un nirniolrc, où, après avoir dit que la partie de ta littérature qu'il avait le plus m Hiver était la bibliographie. il demandait un.- plate iadjornl mu «feux gardes 4e la hNMktfte 4u roi, pour accélérer la confection du catalogue, dont le Uukiuc valu»"', qui est le denier, avait para en i733. « Il e*l certain. <b- « sait-il, que le» deuv gardes de la bibliothèque, sans cetsc dls- « trait* par les fonctions de leur emploi, ne peuvent, quelque lafco- « rient qu'on les suppose, suffire a ce travail; et que, s ils ne «ont a aidés on ne verra pas d'ici a an très-grand nombre d'années ta « Onde cet ouvrée. (On m* l'a pas encore vue, et plus de soixante « ans se sont écoules...) Or. tnutes les richesses que ce mafBilqae « dépôt renferme noteront rommr enfouies tant qu'on n'aura pas a un catalogue exact qui les fasse connaître, et qui incite les savants « a portée d'en faire usage. » Les sierlrs s' croulent, et nus grandes bililiDthèques n'ont pas encore de ralaloirne )>ar ordre de matières, parer que, comme le disait Mir.il . au : « Kn France, un ne refarde « pas si la cheville va an trou, on commence par l'y indice. • André ne fut pas entendu. V— ti.

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4618. — Un de «es frère», notaire à Lyon, y périt sur i'échafaud révolutionnaire en 1794. M — D j.

ANDRÉ D'ARBELLES, frère du précédent, naquit à Montluel vers 4770, Ut ses études à Lyon, et vint de bonne heure à Paris, où il fut secrétaire du comte Stanislas de Clennont-Tonnerre. 11 émigra avec lui en 1 702, et, n'ayant pas d'autres ressources, entra couune simple cavalier dans l'armée des princes, où il fut connu sous le nom de M. de Montluel, puis dans le régiment autrichien des dragons de Latour, où il lit plusieurs campagnes. Revenu à Paris en 1708, il fut employé à différents travaux littéraires et politiques par M. de Tallcyrand, îninistre des relatious extérieures, et concourut à la rédaction du Mtstagtr du soir et à celle de l'Argus, journal anglais auquel travaillait aussi Barèrc et Goldsmitx, et dont le ministère faisait les frais. L'auteur des Mémoires d'un homme d'Etat, t. 6, p. 20, le désigne comme l'un des agents qui, avec MM. de Monteron et Sainte-Foy, demandèrent aux envoyés d'Amérique, do la part de M. de Tallcyrand, une somme d'argent pour faire réussir une négociation. André travailla longtemps à la composition de différentes brochures de circonstance, qui furent publiées sans nom d'auteur, et même quelquefois sans nom d'imprimeur. Nommé historiographe du ministère des relations extérieures vers 1808, ce fut vers la même époque qu'il changea encore une fois son nom en celui d'Arbelles. En 1814, il prit une grande part a la restauration des Bourbons, et seconda de tous ses moyens M. de Tallcyrand, qui lui fit accorder la décoration de la Légion d'honneur, et le destinait à de plus grandes faveurs, lorsque le retour de Napoléon vint clianger tant de projets. André d'Arbelles refusa de lui prêter serment et perdit son emploi; nuis aussitôt après le second retour de Louis XVIU, il fut nommé préfet de la Mayenne et maître des requêtes. Ce fut alors qu'il prit ouvertement le litre de marquis d'Arbelles, que cependant il quitta un peu plus tard. Apres l'ordonnance du 5 septembre 1815, si funeste au parti royaliste, d'Arbelles fut révoqué de sa préfecture par le ministère Decazes; mais, après la chute de celui-ci, il obtint la préfecture de la Sarthe. C'est dans ces fonctions qu'il est mort au Mans, le 28 septembre 1825, par un accident déplorable dont M. de Clcrmont-Tonnerre fut involontairement la cause. Ce ministre s'étant rendu au Mans pour y taire une inspection, le préfet s'empressa d'aller au-devant de lui ; mais, dans le moment où ce fonctionnaire s'approchait du cortège ministériel, il fut renversé et foulé aux pieds par un cheval échappé. Il mourut cmelques heures après cet accident, fort regretté de tout le pays qu'il administrait. Voici les titres de ses publications, toutes anouymes : 4° Priei» de» causes el det événement $ qui ont amené le démembrement d« la Pologne, formant l'introduction des Mémoires sur la révolution de Pologne l par le quarticr-maltrc général de Pirton ), trouvés à Berlin, Paris, imprimerie royale, 1 806, in-8". 2° Réponse au manifeste du roi de Prusse, Paris, 15 novembre 1807, in-8». On sait que ce manifeste avait

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été composé par Gentz. ( Voy. ce nom.) 8° De Ut Politique et des Progrès de la puissance russe, Pa* ris, 1807, in-8°. Cet ouvrage, dirigé contre la Rus-' sic, fut retiré de la circulation a la nouvelle du traité de Tilsitt. 4° Que veut l'Autriche? l*aris, imprimerie impériale, 1800, in-8*. Il en fut de cet ouvrage après la paix de Vienne, ce qu'il en avait été du précèdent après la paix de Tilsitt. îi" Tableau historique de la politique de la cour de Rome depuis l'origine" de sa puissance temporelle jusqu'à nos jours, Paris, 4810, in-8°. Cet ouvrage jiamt au moment où Napoléon s'emparait des Etats romains et faisait conduire le pape prisonnier en France. C'était une justification de tous ces actes ; elle aurait trouvé plus de lecteurs si, à la même époque, n'eût paru V Essai historique de M. Daunou sur la puissance temporelle des papes. 6° Mémoire sur la conduite de la France et de l'Angleterre à l'égard des neutres, Paris, imprimerie impériale, 1810, in-8°. « D'après de nouveaux renseignements, dit l'auteur « du Dictionnaire des anonymes, il parait que ces di— tt vers ouvrages ont été rédigés par M. l.esur ; n mais des renseignements plus certains ne nous permettent pas de douter qu'André d'Arbelles en ait composé une grande (tartie. M — D j.

ANDRE. Voyez Mirville.

ANDRÉ. Voyez Da.ndhk.

ANDREA. lot/M Nehciat.

ANDREA, prêtre et chanoine de Bergame, rivait à la fin du 0' siècle. 11 est auteur d'une chronique qui s'étend depuis l'entrée des Lombards en Italie jusqu'à la mort de l'empereur Louis 11, c'està-dire jusqu'en 874 , et un peu au delà. Elle a été publiée par Muratori dans le 1" vol. de ses Antiquités d'Italie, p. 42 et suivantes. L'auteur y raconte lui-même que, l'Empereur étant mort à Brescia, sou corps fut porté à Milan, et qu'il lut un de ceux qui le portèrent dans toute retendue du diocèse de Bergame, c'est-à-dire depuis l'Oglio jusqu'à l'Adda. G— É.

ANDREA (Alexandre d'), auteur italien du 16* siècle, a écrit un ouvrage historique int itulé : Délia Guerra di campagna di liirma e del regno di Xapoli nelponti/icuto di Paolo IV, l'anno 4556 et 1557, ragionamenti 3, etc. Huscelli le lit imprimer à Venise en 1300, in-4°; il fut réimprimé en 4643, el traduit en espagnol en 1589. Toppi, dans sa Bibliothèque napolitaine, ajoute que d'Andréa a\ait aussi traduit le livre de l'empereur Léon sur l'Art de la guerre, et qu'il y avait ajouté de très-beaux discours; mais cet ouvrage, qu'il ne faut pas confondre avec le précédent, n'a jamais été imprimé. G — É.

ANDREA (Jean), évêque d'Alcria, en Corse, s'est fait un nom dans la république des lettres, non par ses ouvrages, mais par le soin qu'il prit, par ordre du pape Paul II, de diriger et de corriger les premières éditions qui se firent à Rome de plusieurs auteurs latins, lorsque, peu de temps après la découverte de l'imprimerie, les deux célèbres imprimeurs Conrad Swcignheym et Amotdd Pannarla allèrent y exercer leur art. Son nom de fa-

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nulle était Butri ou Bout. Il était né à Vigevano, en 1417. Après avoir langui quelques années à Rome, dans un état de dénûment et de pauvreté, il en sortit en s'attachant au cardinal de Cusa. Il obtint, par le crédit de ce cardinal, le titre de secrétaire de la bibliothèque apostolique, ensuite l'évêché d'Accia, dans l'ile de Corse, d'où il passa bientôt après à celui d'Aleria. Les principales éditions qu'il dirigea, et auxquelles il ajoutait toujours des préfaces et des épltrcs dédicatoires, sont celles des Epilrei de St. Jérôme, en 2 vol. ; des Epitret et des Oraisons de Cicéron ; des Commentaires de César, de Lucain, d'Aulu-Gclle, d'Apulée, de Pline, de Quinulien, de Suétone, de Strabon, de Virgile, d'Ovide, de Siliusltalicus, deTile-Live, etc. Les dates de ces éditions, justement recherchées, s'étendent depuis 1468 jusqu'en 1474. Quelques auteurs lui ont attribué des écrits sur les décrétâtes, sur les fiefs, etc. ; mais ils l'ont, sans doute, confondu avec le célèbre canonise Jean d'Andréa, qui florissait dans le même temps. G— É.

ANDREA (Oncphre d'), poète napolitain, florissait en 1630, et mourut vers 1647. Quoiqu'il participât à la corruption du style qui régnait alors, Crescimbcni et le Quadrio le mettent cependant au nombre des meilleurs poètes du 17* siècle. On a de lui : Ie deux poèmes, l'un fabuleux, l'autre héroïque, .-tri. poema, canti 8 in otlava rima, Naplcs, 1628, in-12, et Ilalia liberala, fmema eroico, ove si traita la distruiione del regno de' Longobardi, 20 eanti, Naples, 1646, in-12; 2° deux pièces de théâtre, YElpino. favola boschereccia, Naples, 1629, in-12, et la Vana gelosia, commedia, Naples, 1635, in-12 ; 3° le recueil de ses poésies lyriques, en 2 parties, Naples, 1631 et 1635, in-12; 4" des discours sur différents sujets de morale et de philosophie, Discorsi in prosa, ehe sono delta bellezza, deW amieisia, deW amore, délia musiea, etc., Naplcs, 1636, in-4\ G— É.

ANDREA de Nerciat. Voyez Nerci vt.

ANDHEA (Pisano), sculpteur et architecte, naquit a Pise en 1270. Déjà Amolfo di Lapo, Jean de Pise, et quelques autres, d'après l'exemple et les conseils de Cimabué et de Giotto, avaient, en partie, renoncé au style godiiquc qui régnait encore dans les arts du dessin, et, prenant pour modèles les ouvrages des anciens, ramenaient la peinture, la sculpture et l'architecture aux bons principes. André de Pise contribua plus qu'eux tous à cette heureuse révolution ; et, en cela, il fut aidé par les circonstances; car, à cette époque, ses compatriotes, trèspuissants sur mer, faisaient le commerce avec la Grèce, et en rapportaient des statues, des bas-reliefs antiques, et jusqu'à des colonnes de marbre précieux, qu'ils employaient à la construction ou à l'ornement de leurs édifices, cl surtout de la cathédrale et du Campo-Santo. André fit la comparaison de ces beaux ouvrases avec ceux qu'on avait exécutés jusqu'alors, et ce fut pour lui un trait de lumière, qui le piida dans la bonne route, que devaient achever de frayer les Donatcllo, les Bruuclleschi et les Ghiberti. Les premiers ouvrages d'André de Pise curent

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tant de succès, qu'il fut appelé à Florence pour exécuter, sur les dessins de Giotto, les sculptures de la façade de Sle-Marie del Fiore, le monument le plus magnifique de ce siècle. II commença par la statue de Boni face VIII, prolecteur des Florentins; il raccompagna des ligures de St. Pitrre et de St. Paul, et'dc plusieurs autres saints personnages. Vers 1586, tous ces morceaux de sculpture furent enlevés, lorsqu'on voulut refaire ceUe façade sur un dessin plus moderne; mais, ce projet n'ayant pas eu de suite, les statues d'André furent disfiersées dans l'église et en d'autres lieux ; on en a transporté quelques-unes dans l'allée principale du Poggio impériale, maison de plaisance des grands-ducs de Toscane. On cite la Madone et les deux Anges, qu'<-n voit sur l'autel de l'église de la Miséricorde, comme ayant été faits dans le même temps par André ; ce groupe en marbre, et de grandeur naturelle, est d'une bonne exécution, et on remarque déjà dans les poses une certaine souplesse qui est voisine de la grâce. A la mort d'Arnolpho di Lapo, la république de Florence cliargca André de tous les grands travaux qui s'exécutaient sur son territoire; bicnlo» après il fut employé comme ingénieur ; il éleva des fortifications autour de la ville de Florence, menacée par les armées impériales, et construisit le château fort de Soarpcria, situé au Mugello, sur le revers de l'Apennin. Dans un temps plus tranquille, André s'était occupé de l'art de couler et de travailler le bronze. Ce talent lui devint bientôt utile ; les Florentins, voulant imiter dans leurs temples la magnificence des anciens, résolurent de prodiguer la sculpture sur les portes de bronze du baptistère. Giotto, dont le nom est mêlé â tous les grands travaux de ce temps, fut chargé de composer les dessins de ces portes ; André se chargea de les exécuter. Elles sont couvertes de bas— reliefs , représentant toute l'histoire de St. Jean-Baptiste. Les compositions sont bien entendues; les attitudes des figures, naturelles et expressives, quoique toujours un peu roides; mais tous les détails sont ciselés avec un art et une adresse infinis. Ces portes, commencées en 1331, furent terminées, polies et dorées huit ans après ; on les posa d'abord à l'entrée principale de l'édilice; niais, ayant été remplacées ensuite par les admirahles portes de Laurent Ghibcrti, elles furent transportées à l'une des faces latérales, où on les voit encore. André exécuta plusieurs autres ouvrages en bronze, tels que le tabernacle de San-Giovanni, des l>as-relicfs et des statues qui ornent le campanile de Stc-Marie del Fiore. Cet artiste Gt un voyage à Venise, pour enrichir de sculptures la façade de l'église de Sl-Marc ; il donna aussi le modèle du baptistère de Pistoic, exécuté en 4337, et érigea, dans une église de cette ville, le tombeau de Cino d'Angibolgi. Gautier de Bricnne, duc d'Athènes, qui avait usurpé le pouvoir à Florence, chargea André de plusieurs travaux d'architecture, et lui fit élargir les places, fortifier son palais, et élever plusieurs tours sur les murs de la ville ; il lui fit bâtir la belle porte San-Friano, et presque toutes les autres Enfin ce duc lui demanda le modèle d'une

forteresse qu'il voulait foire construire sur la costa San-Giorgio pour contenir les Florentins; mais ayant été lui -môme chassé en 1543, cette forteresse ne fut bâtie que bien plus tard, par les Médicis, sous le nom rie Belvédère. André ne partagea point la- disgrâce du duc d'Athènes; on ne considéra que les services qu'il avait rendus; il fut nommé citoyen de Florence, où il mourut en 1545, comblé de biens et d'honorables distinctions; il fut inhumé à Ste-Marie del Fiore, où son fils Nino lui érigea un monument. Parmi les élèves d'André Pisano, on cite Nino son fils, qui termina une figure de la Vierge commencée par son père, pour l'église de Santa-Maria Novclla, et qui exécuta l>eaucoup d'autres ouvrages de sculpture, tant à Florence qu'à Pise et à Naples. , C— «.

ANDRÉADE (Ferdinand d'), amiral portugais, fut l'un des capitaines qui portèrent dans l'Inde les lois et les arts de l'Europe. Andréade commandait en 1518 la première flotte curojtéennc qui ait paru sur les côtes de la Chine. Il y fit le commerce avec une modération et une bonne foi à laquelle ses compatriotes n'avaient point accoutumé les peuples de l'Asie. Au moment de son départ, on publia, par son ordre, dans tous les ports où il avait abordé, que, si quelqu'un avait à se plaindre des Portugais, il était invité à faire sa déclaration, pour que le coupable fût puni, en présence même de l'offensé. Cette conduite allait faire ouvrir à sa nation les ports que la jalousie des Chinois ferme si sévèrement aux étrangers, lorsque Simon d' Andréade , frère de Ferdinand, parut sur les côtes avec une nouvelle escadre. Celui-ci détruisit, par la violence et le brigandage, l'heureux effet de la prudence et de la vertu de son frère. Les ports de la Chine furent fermés aux Portugais, et n'ont été rouverts, depuis cette époque, aux navigateurs européens, qu'à des conditions onéreuses et humiliantes. E— o.

ANDREA! (Jean), archiviste des comtes de Nassau, vivait au commencement du 17' siècle, et occupa cette place pendant quarante ans. 11 a écrit une histoire fort volumineuse de la maison de Nassau, et, comme il en avait les archives à sa disposition, son travail est fort précieux, surtout pour l'histoire de la guerre de trente ans, sur laquelle il a publié des documents authentiques et qui ne se trouvent point ailleurs. G — t.

ANDREAS (Jean-Gérard— Reiniiard ) , pharmacien , non moins distingué par ses connaissances que par ses vertus, né à Hanovre en 1724, fit ses premières études à Berlin, et parcourut ensuite, pour les achever, les principales universi'és de l'Allemagne et de la Hollande. 11 séjourna aussi quelque temps en Angleterre , et contracta pendant ses voyages des relations d'amitié avec les physiciens et les chimistes les plus célèbres de ce temps, tels que Muschenbrock , Franklin, de Luc, Gmelin, etc. De retour à Hanovre, il prit la direction de la pharmacie de son père ; publia, dans le Magasin Hanovrien, des dissertations de physique et de chimie, la plupart intéressantes, et forma un beau cabinet d'histoire naturelle, dont il a laissé, ù sa mort, un cata-

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logue raisonné. En 1765, le roi d'Angleterre le chargea d'examiner les principaux genres de terre de l'électorat de Hanovre, et le résultat de ses recherches parut, en 1769, sous le titre de : Dissertation sur un grand nombre de terres qui forment le soi des possessions allemandes de Sa Majesté britannique, et sur leur emploi pour l'agriculture. Les pertes de fortune et les souffrances physiques qui remplirent la (in de sa vie interrompirent ses travaux, mais n'altérèrent point la douceur de son caractère. 11 mourut en 1793, regretté surtout des pauvres, qu'il avait toujours soignés gratuitement. Le médecin Zimmermann, qui lui donna des soins pendant sa maladie, parlait avec une haute estime de ses lumières et de ses vertus. Son portrait se trouve en tête du 77e volume de la Bibliothèque alkm. unie, de Nicolaï. G — T.

ANDREANI (André), peintre distingué et habile graveur en bois, appelé mal à propos Andréossi par quelques auteurs, confondu par d'autres avec Altdorfer, à cause de la ressemblance des monogrammes de ces deux artistes, naquit à Mantouc en 1540. Génie précoce, plein de verve et de chaleur, il fit de rapides progrès dans l'art du dessin, et quitta fort jeune sa patrie pour aller se fixer à Rome, où il mourut en 1623. Le nombre d'estampes attrilmées à Andréani est considérable ; mais beaucoup sont des planches gravées par d'autres maîtres , qu'il a retouchées, et où il a mis son monogramme pour en assurer le débit. On recherche beaucoup celles qui sont entièrement de sa main, surtout les morceaux en camaïeu, parmi lesquels nous citerons : 1° le pavé de Sienne, gravé d'après Beccafumi, en 1587 ; 2° le Déluge, d'après le Titien; 3° Pharaon submergé, d'après le même ; 48 le Triomphe de Jules- César, gravé en 1598 sur un dessin d'André Mantègne, et plusieurs autres ouvrages remarquables, d'après le Panncsan, Salv iati, Raphaël, etc. B— M.

ANDREAS, ou ANDRON, médecin grec, disciple d'Hérophile, qui, scion Polybe, vivait sous Ptolémée Philopator, environ deux siècles avant J.-C. Dioscc— ride le cite comme Votant distingué par la connaissance des plantes ; Celse, comme ayant beaucoup écrit sur la chirurgie et les vertus des médicaments. Galicn en prie avec mépris, mais sans doute [»our venger Hippocratc, qu'Andréas, [Kir aveuglement pour son maitre Héropliilc, faisait profession de dédaigner. 11 avait composé un ouvrage sous le titre de Narlhex, espèce de pharmacopée portative, qui n'est pas parvenue jusqu'à nous, et qu'on ne connait que par ce qu'en dit Galicn. Voici les ouvrages que Manget lui attribue, et qui sont aussi perdus pour nous : 1° de Rébus in quibusque oppidis Siciliœ memorabilibus ; 2" de mal ira Origine ; 3° de iis quat falso credunlur ; 4° de iis quœ morsu venenata sunt , sire de serpentibus ; 5° de Uerbis sive de Plantis; 6° Glossometa ad Nicandrum. On croit qu'il faut distinguer cet Andréas d'un autre médecin du même nom, fils de Chrysarus, auquel Galien fait le reproche d'avoir introduit dans la médecine les noms et les superstitions des Babyloniens, et autres peuples orientaux. C. et A— n.

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ANDREHAN, ENDREGHEN, ou ANDENE- HAM (Arnoul, sire n'), maréchal de France, sous les rois Jean et Charles V, se distingua contre les Anglais, et obtint la faveur du roi Jean, auquel il s'était attaché lorsque ce prince n'était encore que duc de Normandie. Jean lui fit assigner une rente sur le trésor royal en 1543, et le nonuna, six ans après, capitaine souverain du comté d'Angoulême. La trêve avec les Anglais ayant été rompue en 1551, Arnoul d'Andrchan fut fait prisonnier dans un sanglant combat en Saiulouge. Après sa délivrance et la mort du maréclial île Beaujeu, le roi le lit maréclud de France , lieutenant général dans les provinces situées entre la Loire et la Dordognc, et lui donna, en outre, la terre de Wassignies, près de Guise. 11 le cliargea d'aller délier Edouard, prince de Galles, dit le Prince noir, et ensuite d'étouffer une révolte de la ville d'Arras, où vingt révoltés des plus coupables furent décapités par ses ordres aux yeux du |>cuple, ce qui lit tout rentrer dans le devoir. Andrehan accompagna le roi Jean à la bataille de Poitiers en 1556, commença l'attaque avec trois cents hommes d'armes, et, enveloppé par les archers anglais, se rendit prisonnier, et fut conduit eu Angleterre. A son retour, il commanda eu I.anguedoc, suivit Duguesclin en Espagne, au secoure de Henri de Transtamare, contre Pierre le Cruel , et tut fait encore prisonnier à la bataille de Navarctte, en 1567. Après avoir obtenu sa liberté, il remit sa charge de maréchal à Charles V, quand son âge ne lui permit plus d'en exercer les fonctious, et reçut, en dédommagement , celle de jwrte-oriflamme. « Chose non « octroyée, dit Belleforest, qu'a des chevaliers vieux « et expérimentés , et renommés de grand'prmiho- « mie. » Ne pouvant supporter l'inaction, il retourna, quoique vieux et cassé, chercher en Espagne «le nouveaux dangers avec Duguesclin, et y mourut de maladie, en 1570, laissant son héritage à Jean de Neuville, son neveu, maréchal de France. B — P.

ANDREI iAntoine-Frvkçois), député à la convention nationale, né en Corse vers 1740, habitait Paris depuis longtemps lorsque la révolution éclata. Il s'y occupait, pour l'Opéra buffa et le Uiéatre de Mousieur, à composer des poèmes en italien et des parodies en français des opéras écrits dans la première de ces deux langues. 11 adopta avec enthousiasme les principes de la révolution, et réussit à se faire nommer député de l'Ile de Corse a la convention nationale, au mois de septembre 1792. Il y vota, dans le procès de Louis XVI, pour la détention et pour l'appel au peuple. S'étant lié au parti de la Gironde (roy. Verumalx) , il se réunit A lui dans la journée du 51 mai (793, et fut décrété d'accusation par suite du triomphe des montagnards. Ayaut échappé |«r la fuite a cette proscription, il rentra dans le sein de la convention nationale après la chute de Robespierre, et devint plus tard membre du conseil des Cinq -Cents, d'où il sortit en 1797 pour rentrer dans l'obscurité. Andrei est mort vers l'année 1800. Z.

ANDRE1N1 (François), de Pistoie, comédien célèbre, lleurit à la fin du 16' siècle. Il eut pour

femme Isabelle de Padoué, comédienne comme fut, mais qui dut surtout sa célébrité à se* ouvrages La troupe dont ils étaient les chefs portait le titre de i Geloti (les Jaloux), et la devise de la troupe annonçait que c'était de vertu, de renommée et d'houneur que ses membres étaient jaloux : I il ni, fama ed onor ne fer gelo$i. Audreini joua d'abord les rôle* d'amoureux, ensuite celui de eapitan Spavento délia voile inferna, rôle de charge dont nos capitaines Tempête ne sont que le diminutif. Il s'y fit une grande réputation. Il voulut la fixer, en quelque sorte, par son ouvrage intitulé : le Bravure dtl ropitan Spanento , imprimé |»our la première fois à Venise, en 1609, in-4". Ce sont soixante-cinq ragionamenli, ou entretiens entre le capitaine et son valet Trappota. Audreini avait alors |>erdu sa femme, qu'il regrettait beaucoup. Il mit en téte de cet ouvrage bouffon un discours sérieux, ou plutôt triste, où il exprime, à sa manière, sa tendresse pour elle et ses regrets. 11 publia depuis d'autres dialogues en prose : Ragionamenli fantattiei potti in forma di dialoghi rappretentativi , Venise, 161 2, in-4°. On a aussi de lui deux pièces ou représentations théâtrales, en vers : l'Allereita di Narcito, Venise, 161 1 « in-12, et l'Ingannala Proterpina, ibid., même année. Audreini avait une excellente mémoire; aussi apprenait-il facilement les langues étrangères. 11 entendait et |>arlait le français, l'espagnol, l'esclavon, le grec moderne, et même le turc. Il vivait encore en 1616; on le voit par la date de l'édition qu'il donna de quelques fragments de sa femme Isabelle. On croit qu'il mourut peu de temps après. G — e.

ANDREINI (Isabelle) , l'une des plus célèbres comédiennes de son temps, naquit à Padoue en 1562. Elle é|>ousa François Audreini, dont nous venons de parler, et prit , dans tous ses ouvrages, le titre d'isabeila Andreini, comiea gelota, accademica intenta, detta l'Accesa , c'est-à-dire actrice de la troupe des Oeh$i tnnj. l'article précédent), membre de l'académie des Intenti, et ayant, dans cette académie, le titre de l'Aeceta, l'enflammée ; titre* qui nous paraissent singuliers en France, mais relatif* aux usages académiques d'Italie. Isabelle montra de bonne heure les dispositions les plua rares. Elle savait à peine lire, qu'elle entreprit de composer une pièce pastorale. Elle joignit à ses éludes littéraires et poétiques celle de la philosophie. Après avoir brillé sur les théâtres d'Italie, elle passa en France, où elle obtint les plus grands succès, à la ville et a la cour. Elle était belle . et possédait dans toute sa personne une grâce extraordinaire. Elle joignait i son talent |wur le théâtre une bcllo voix, l'art du chant, celui de jouer de plusieurs instruments, et de parler avec facilité l'es|>agnol et le français. Entourée de toutes les séductions, se» mœurs furent cependant pures et iiTéprochables : elle aima uniquement son mari, qui fut inconsolable de sa perte. Elle mourut à Lyon en 1604, d'une fausse couche : on lui fit des funérailles magnifiques. Tous les poètes de son temps la pleurèrent. Ils l'avaient comblée d'éloges dès son vivant : on frappa même pour elle une médaille, avec cette légende : Mltrna fama.

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Les ouvrages qu'elle a laissas sont : Mirtiîla, favota pastorale, Vérone, 1388, in-8°, et réimprimée plusieurs fois. C'est cette pièce qu'elle avait commencée dès son enfance ; elle n'eut pas, à ce qu'il parait, un grand succésau théâtre. 2° Rime, Milan, 1601, in-4°; Paris, 1003, in-12, etc. La plupart des morceaux qui composent ce volume de poésies étaient épars dans plusieurs recueils. 11 en a reparu d'autres dans le recueil intitulé : Componimenti poelici dette piû iltustri rimatrid d'ogni secolo, Venise, 1720, in-12. 5» Lettere, Venise, 1607, in-4u ; ces lettres roulent presque toutes sur des sujets d'amour. On remarque, comme une singularité bibliographique, que la date de l'épltrc dédicatoirc adressée au duc de Savoie porte, ainsi que le frontispice du livre, la date de 1607, et que cependant Isabelle était morte en 1604. 4° Fragmenti d'ateune srritture, etc., fragments recueillis et publiés depuis sa mort par son mari, Venise, 1616, selon la date de la préface; mais, au frontispice, 1625, in-8". Ce sont des dialogues, presque tous roulant sur l'amour, comme ses lettres, et comme tous ses écrits. G — É.

ANDREINI (Jean-Baptiste), fils de François et d'Isabelle Andreini, né à Florence en 1578, fut aussi comédien, et joua les rôles d'amoureux sous le nom de Lelio. Il eut beaucoup de succès en France, sous Louis XIII, qui, selon l'expression deRiecoboni, dans son Histoire du théâtre italien, le fmvtrisa de son estime. Il était de l'aradémie des Spensierati, c'est-à-dire des Insouciants, et s'intitulait ordinairement .* Contieo fedele ed arcademico spensieralo. Il épousa, sous le nom de Florinda, Virginie Ramponi, comédienne, qui avait aussi du talent pour la poésie. Il en était très-amoureux, et donna son nom à l'une de ses pièces de théâtre. 11 en a laissé plusieurs, et quelques poèmes d'un autre genre. Elles ont eu une certaine récitation ; mais celles qui ne sont pas entièrement oubliées aujourd'hui doivent un reste de célébrité à quelques circonstances particulières, plus qu'à leur mérite. Elles ont, dans le style, tous les vices dont la poésie italienne était infectée dans le 17* siècle, et que l'école du MurilM y avait introduits : elles ont de plus, dans le choix des sujets, dans le plan et dans la conduite, quelque chose d'extraordinaire et de follement irrégulier, cpii tient à l'imagination déréglée de l'auteur ; nous nous permettrons d'en indiquer rapidement quelques traits. Les principaux ouvrages d' Andreini sont : 1» la Saggia Egitiana, dialogo, etc., Florence, 4604, in-4\ Dans ce dialogue, l'auteur fait de grands éloges de l'art dramatique, qui était le sien. 2" Pianlo a"Apollo, etc., poésies funèbres sur la mort d'Isabelle Andreini sa mère, avec quelques poésies badines ( rime piacevoli) sur un poète malheureux, Milan, 1606, in-8". Dans ce recueil, où il a mêlé si bizarrement le genre funèbre et le genre badin, ou même burlesque, il y a des morceaux qui passent pour les meilleurs qu'il ait faits. 3° L'Âdamo, représentation sacrée, en cinq actes et en vers libres, mêlée de chœurs et de chants, Milan, 1613 et 1617, in-4°, avec des gravures ù chaque scène, d'après les dessins du fameux peintre Frocaccini. Cet ouvrage est le plus ce>

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lèbre et le plus recherché de J.-B. Andreini. On a prétendu que Milton, voyageant en Italie, l'avait vu représenter, et avait puisé dans ce spectacle l'idée de son Para/lis perdu ; mais c'est faire trop d'honneur à un tel ouvrage. Les principaux interlocuteurs sont, il est vrai, le Père Éternel, Adam, Eve, l'arcliangc Michel, et des chnmrs de séraphins, de chérubins, d'anges et d'archanges, Lucifer, Satan, Beb zébuth, et des cho?urs d'esprits ignés, aériens, aquatiques et infernaux : les sept Péchés Mortels, le Monde, la Cliair, la Faim, la Mort, la Vainc Gloire et le Serpent ; mais il n'y a pas le moindre rapport entre l'imagination sublime de l'Homère anglais et les inventions bizarres et mesquines à la fois d'Andrcini ; il est cependant vrai que la curiosité des Anglais a fait passer dans leur Ile le plus grand nombre des exemplaires de l'Adamo : aussi sont-ils devenus sur le continent très-rares et très— chers, sans que la pièce en soit meilleure. 4" La Florinda, tragédie en cinq actes, en vers, Milan, 1606, in-4°. L'action de cette pièce se passe en Ecosse, où jamais sans doute il n'y eut de reine nommée Florinde, femme d'un roi Ircan ; mais Andreini avait, comme nous l'avons dit, donné ce nom à son héroïne et à sa pièce, à cause de Virginie sa femme, qui portait le nom de Florinde dans la troupe dont ils étaient chefs. Virginie l'en récompensa par un sonnet à sa louange, qui est imprimé, avec ceux de plusieurs autres pièces, en tête de la Florinda. 5° La JUaddalena lasriva e pénitente, action dramatique et dévote, Mantoue, 1617, in-4°, Milan, 1620, in-8?, etc. Dans cette pièce, qui est â peu près aussi singulière, et ne vaut |«s mieux que l'Adamo, Madeleine est mondaine ou pécheresse pendant les deux premiers actes, et pénitente dans le troisième. La jeune et brillante Madeleine, Marthe sa so?ur, l.azare leur frère, trois amants de Madeleine, dont l'un se nomme Samson, l'autre David et le troisième, Ange, son page appelé Baruch, son sommelier Mordacai, son cuisinier Emmanuel, ses deux nains Aron et Lion, les femmes de sa suite, et même trois vieilles de mauvaise renommée, di bnssa slima, qui la servent, et doivent marcher courbées et appuyées sur des bétons : tels sont les personnages des deux premiers actes, où l'on ne parle que d'amour, de galanterie, de fêtes et de bonne chère, et où Madeleine, livrée à toutes les folies de son âge, rejette bien loin les sages conseils que lui veut donner Marthe, sa sœur. Elle se repent au troisième, congédie tout son monde, se couvre d'un ciliée, tombe en extase, est enlevée par des anges; le ciel parait, la gloire s'ouvre; quinze anges chantent l'un après l'autre les louanges de Madeleine ; la Faveur divine et l'arcliange Michel descendent des cieux, et linissent la pièce en exhortant les spectateurs à imiter la sage pécheresse. 6° La Cenlaura, Paris, 1622, in-12, pièce encore plus bizarre, annonce cette bizarrerie par son titre. C'est un sujet divisé en comédie, pastorale et tragédie. Les acteurs de la pastorale sont réellement une famille de centaures, père, mère, fils et bile, ce qui ne doit pas être, comme on voit, facile à représenter. La scène est dans les bois de l'Ile de Crête.

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Dans la première pièce, qui est la comédie, il est beaucoup parlé des centaures : on y apprend «pic la femme du centaure est fille d'uu roi de l'ilc de Rhodes, à qui la reine a donné ce singulier enfant, pour des raisons qu'on nous dispensera d expliquer. Cette centaure, dans la troisième pièce, qui est la tragédie, veut recouvrer ses droits au trône. Toute la famille des centaures se transporte à Rhodes ; mais, par une suite d'accidents et d'événements aussi peu naturels que le reste, le père et la mère se tuent de désespoir, et c'est la petite centaure, leur fille, qui hérite de la couronne. Tout parait dit sur une pièce pareille quand on en a fait entrevoir l'extravagance et l'absurdité. Ce qu'il faut pourtant ajouter, c'est qu'elle est dédiée à la reine mère, Marie de Médicis, à laquelle l'auteur dit, sur ce titre de centaure, sur le rapport qu'il y a entre la partie supérieure et noble de ces monstres, et la dédicace qu'il fait à sa majesté, entre la jjartie basse et monstrueuse, et la pièce qu'il lui dédie, des choses non moins extravagantes que sa pièce même. 11 faut dire encore que cette pièce est la suite d'une comédie du même auteur, un peu moins folle , sans être une bonne comédie, intitulée : li Duo Leli simili, imitée des Mineehmes de Plaute, mais bien moins heureusement que ne le furent, depuis, les Mm, dîmes de Régnai d. Ces deux Lelio se retrouvent, parmi les ressorts de l'action, dans la Cenlaura, et l'un d'eux devient même roi de Chypre. Enfin, ce qui passe toute croyance et est au-dessus de toute expression, c'est que l'action des Duo Leli , qui est la première, se passe entre des personnages modernes et d'une condition commune, et que celle de la Cenlaura, qui en est la suite, nous reporte i Rlxxlcs et en Crète, au temps du roi Minos. 7" On a encore du même auteur huit autres comédies et cinq pastorales, dont il serait inutile de citer les titres, aujourd'hui totalement inconnus. 8" Il a laissé de plus trois poèmes : le premier, en S chants seulement, sur cette même Madeleine, qu'il mit depuis au théâtre, Venise, 1010, in- 12; le second, en 7 citants, sur Sle. Thécle, vierge et martyre, Venise, 1025, in- 12, et le troisième, d'un genre tout différent des deux autres, intitulé l'Oliraslro ( l'Olivâtre) ou le Poile infortuné, poème plaisant ou fantastique, en 25 citants, Bologne, 1042, in -4°. Ce poème contient la vie entière et les aventures, tantôt tristes et tantôt bouffonnes, d'un poète malheureux. Tout ce qu'on peut dire, c'est que celles de ces aventures qui sont tristes n'intéressent pas, que celles qui ont des prétentions a la bouffonnerie ne font point rire, et que l'effet général de ce long poème est l'ennui. En dernier résultat, les amateurs de livres rares rechercheront toujours l'Adamo d' Andreini ; les hommes curieux d'observer dans l'art dramatique les déviations de l'esprit humain peuvent réunir à cette pièce la Maddalena et la Cenlaura : le reste ne peut être l'objet que d'une curiosité sans plaisir comme sans fruit. G — é.

AISBRELIM (Pcblio Fausto), en latin, Publius Fauslus A m h; eli.ni s , poète latin moderne, né à Forli, dans la Romagne, vers le milieu du 15»

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nesse, quatre livres de poésies, sous le titre d'Amours, il obtint, à vingt-deux ans, le* honneurs de la couronne poétique. Après avoir été quelque temps attaché au cardinal de Gonzaguc, il vint s'établir à Paris en 1488, et fut reçu, l'année suivante, professeur à l'université. 11 y enseigna pendant trente années, dans des cours publics et particuliers, la rhétorique, la poésie et la connaissance de la sphère. Il doit donc être compté pour une part considérable parmi les causes qui contribuèrent alors en France [à la renaissance des lettres. 11 obtint successivement la protection de Cliarles VIII, de Louis XII, d'Anne de Bretagne et de François I" ; il reçut de Cliarles VIII, et ensuite d'Anne de Bretagne, deux pensions qu'il conserva toujours, et les titres de poète du roi et de la reine, porta regius et regineus. Il eut de plus un bon canon icat, cou mu- on le voit par quelques-uns de ses ouvrages, où il prend le litre de chanoine de Baveux. On ajoute qu'outre toutes ces faveurs, il recevait encore des présents considérables, et l'on croit qu'il s'est mis lui-même en scène dans une de ses églogues, où un |>oêtc raconte qu'ayant récité devant Cliarles VIII un poème sur la conquête de Naples, le roi lui avait donné un sac d'or, fulvi œris, qu'il put à peine emporter sur ses épaules. Malgré des querelles littéraires vives et bruyantes, il jouit d'une grande considération parmi les gens de lettres ses contem|X>rains. Plusieurs le célèbrent comme l'un des poètes lesplus sublimes et les plus élégants de ce siècle. Érasme , qui était son ami , et qui l'avait beaucoup loué pendant sa vie , changea de langage après sa mort, et alla jusqu'à s'étonner que l'université de Paris l'eût si longtemps souffert, et à l'accuser de pétulance envers les théologiens de son temps, de mœurs peu régulières, et de médiocre savoir. L'accusation de pétulance peut être justifiée pas les querelles dont on vient de parler, et dans lesquelles, en effet, Andrelini et ses adversaires s'injuriaient avec la plus extrême violence. Ses mœurs peuvent jtaraltrc suspectes, d'après la liberté qu'il se donnait d'expliquer, dans ses leçons, les morceaux les plus obscènes des poètes grecs et latins. Son savoir ne s'élevait pas non plus au-dessus du médiocre, si l'on en juge par ce qui nous reste de lui : ses vers n'onl guère d'autre mérite qu'une certaine facilité de style, sans aucune des grandes qualités qu'on paraît y avoir trouvées de son temps. Baillct a dit de lui, avec assez de justesse, dans ses Jugements des Savants, m qu'il ne « se souciait pas beaucoup de mettre du sens dans a ses compositions, pourvu qu'il y mit des mots bien « choisis et de riches expressions, comme si les cho- « ses étaient faites pour les mots, au lieu d'assujétir « les mois aux choses. » Érasme allait plus loin ; il prétendait qu'il ne manquait à ses vers qu'une syllabe, vw; en grec, mens en latin, c'est-à-dire, en français, le sens commun. Andrelini mourut A Paris, presque subitement, le 25 février 1518. Ses principaux ouvrages sont : I" Livia, seu Âmorum libri 4, Paris, 1492, in-4°, et Venise, 1501, aussi in-4«: c'est ce recueil q li eut tant de succès à Rome, et qui fit décerner la couronne

ine poétique à son jeune an- I,on 3, Paris, 1494, in^f ;

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3° Epislolm proverbialet et lepidissima , nec minus tententiosœ, Paris, in-4°, sans date ; ensuite, Paris, 1508, et réimprimées plusieurs fois à Cologne, à Anvers, à Baie, etc. Plusieurs de ces épitres sont purement morales ; plusieurs aussi sont satiriques, et prouvent qu'Érasme n'avait pas tort d'accuser l'auteur de pétulance et de malignité. 4° De Neapolitana Victoria, Paris, 1496 et 1508, in-4"; poème dédié à Charles VIII, et dont nous avons vu que ce roi avait si bien payé la dédicace. 5° De secunda Victoria Neapolilana , a Ludovico XII reportata , sylva. Paris, 1502 et 1507, in-4". 6" De regia in Gcnuenses Victoria libri 3, Paris, 1509, in-4°. On voit, par ces derniers ouvrages, qu'Andrelini méritait bien son titre de poêla regius. 7° Bucoliea, Paris, 1501, in-4°. L'imprimeur de ces bucoliques dit, dans un avertissement au lecteur, qu'à son avis, elles ne le cèdent ni à celles de Virgile, ni à relies deCalpurnius, deux poètes assurément très-différents l'un de l'autre, et que l'on voit pourtant qu'il mettait sur la même ligne ; mais si l'usage était dès ce tempslà, comme il l'est assez souvent du nôtre, que les auteurs lissent eux-mêmes l'avertissement de l'imprimeur, que devons-nous penser de la modestie et du discernement d'Andrelini? 8° Hecalodislicon , Paris, 1512 et 1513, in-i", et ensuite réimprimés plusieurs fois. Ces cent distiques moraux eurent pendant assez longtemps beaucoup de vogue. On en a eu deux traductions en vers français, l'une en quatrains, par Jean Paradin, 1545, l'autre, |»r Privé, 1604, traduction très-propre, selon Bail le t, à discréditer l'original. On trouve des vers d'Andrelini dans la première partie du recueil de Gruter, Deliciœ Poetarum Italorum, etc. Quelques lettres de lui sont imprimées |tarmi celles d'Erasme ; il y en a une autre à la tète de la première édition des Adages du même Érasme, faite a Paris en 1500. Ses poésies se conservent aussi manuscrites dans plusieurs grandes bibliothèques, et notamment dans la bibliothèque royale de France, n° 5087 ; et Montfaucon {Bibliotheca bibliothecarum , manuscrits , t. 2 , p. 1072) , parle d'un manuscrit faisant le 195" volume de la bibliothèque de Coislin, réunie depuis a celle de St- Germain, et maintenant à la bibliothèque royale, ayant pour titre : Livre plein de miniatures, fait pour la reine Anne, tandis que son mari Ijouxs XII faisait la guerre en Italie, avec des vers de Fausto Andrelini de Forli, etc. G— É.

ANDRÉOSSI ( Fha.nçois ), né à Paris le 10 juin 1633, mourut à Castclnaudary en 1688. Jusqu'au commencement de ce siècle, Riquet avait été généralement regardé comme l'inventeur et l'entrepreneur du canal de Languedoc : c'était l'opinion du maréchal de Vauban. qui avait inspecté ce canal, et dont le témoignage |>ositif ne laissait aucun doute ; c'était celle de d'Aguesseau, de Basville, de Bezons, intendants de la province; de Colbert, sous les ordres et le ministère duquel s'exécutait ce magnifique ouvrage ; du public , en un mot ; et, dans l'inscription gravée, en 1667, sur l'écluse de Toulouse, Riquet est représenté comme inventeur du projet : Instante viro clarisssimo] Riquet, tanti operis jn-

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ventobb, «rnto 1667. Piganiol de la Force avança le premier, dans sa Description de la France, « que « le sieur Riquet se chargea de l'exécution du canal, a sur le plan et les mémoires du sieur Andréossi, « qui était pour lors employé dans les gabelles de la « province. » François Andréossi était mathématicien et ingénieur ; il n'occujtt jamais d'emploi dans les gabelles, et cette inexactitude, dans une partie de l'assertion de Piganiol, ne prévient pas en faveur de l'autre. Quoique l'opinion de cet auteur fût copiée par quelques écrivains , celle du public ne changea point, ne fut même pas ébranlée , parce qu'aucun témoignage contemporain ne venait à l'appui, et jarce que l'ouvrage de Piganiol ne parut qu'en 1718, près de quarante ans après la mort de Riquet. La gloire comme inventeur lui semblait donc assurée, lorsqu'un oflicier général, distingué par ses connaissances, ses talents, et le rang qu'il occu|iait, vint la lui disputer de nouveau, et la réclamer pour son bisaïeul. François Andréossi. Il ne nous appartient point de prononcer, ni même d'émettre aucune opinion sur le procès, dont les pièces ont été mises sous les yeux du public; contentons- nous de les indiquer ; elles consistent : 1* dans l'Histoire du canal du Midi, par le général Andréossi ; 2° dans la réponse de MM. de Carainan, intitulée : Histoire du canal de Languedoc, avec cette épigraphe : Cuique suum. On trouve un examen impartial de cette question, une discussion faite avec beaucoup de soin, et les recherches les plus approfondies sur le véritable auteur du canal, dans l'Histoire du corps impérial du génie, par M. Allent, lieutenant-colonel dans ce corps, et maître des requêtes. Si les droits de François Andréossi à la gloire d'avoir inventé le canal sont en litige, celle d'avoir contribué à l'exécution de ce beau monument de l'industrie humaine ne peut lui être contestée, et l'on n'a jamais douté de ses connaissances et de ses talents. On a de cet ingénieur : 1° une Carte du canal de Languedoc, 3 feuilles in-fol., publiée en 1669. l>e 3 février de l'année suivante, Riquet écrivit à Colbert une lettre conservée aux archives du canal (A.C.C.), et dans laquelle il exprime son mécontentement en ces termes : a J'ai été bien surpris, lorsque j'ai vu a certaine carte du canal, de l'invention du sieur « Andréossi, mon employé. L'auteur publie des pen- « sécs que je gardais dans le secret. Cela fera qu'à « l'avenir je serai plus circonspect envers ledit sieur « Andréossi, et que peut-être je ne m'en servirai « plus. » Cette carte est curieuse et recherchée des connaisseurs, précisément pour les motifs qui excitèrent les réclamations de Riquet. 2° Extrait des Mémoires concernant la construction du canal royal de communication des deux mers, océave et méditerranéen en Languedoc, par François Andréossi, en 1675. Cet écrit n'a été imprimé qu'en l'an 8, pour la première fois, dans l'ouvrage cité du général Andréossi; il se trouve encore dans la réplique de MM. de Caraman, avec quelques observations. François Andréossi était d'une famille originaire d'Italie : il voyagea dans ce pays pour perfectionner ses connaissances en hydraulique. Après la mort de

Riquet il Ait nommé directeur particulier du canal. Ce fut en 1682, pendant qu'il exerçait ces fonctions, qu'il publia une nouvelle carte du canal du Languedoc. D — m— t.

ANDRÉOSSI (Antoine-François, comte), lieutenant général, issu d'une famille originaire d'Italie (I), naquit à Castcluaudary le 6 mars 1761. Il était arrié re-peti t-l i 1s de François Andréossi qui concourut avec Riquet à la construction du canal de Languedoc (2). A vingt ans il entra au service avec le grade de lieutenant d'artillerie, et lit la canq>agnc de 1787 en Hollande, où il fut fait prisonnier par les Prussiens. 11 faisait partie des trois détachements que le gouvernement avait fait (tasser au secours des patriotes hollandais. 11 revint |h*u de temps après en France, en vertu d'un échange. Andréossi passait, à l'époque de la révolution, |»our l'un des officiers d'artillerie les plus attachés à l'ancien régime. Lorsque l'émigration commença, on comptait si bien sur ses sentiments à cet égard, que, dans la répartition des officiers d'artillerie qui fut faite entre les trois corps commandés |>ar les princes frères du roi, par le prince de Condé et par le duc de Bourbon, il fut compris dans la liste de ceux nui devaient servir sous les ordres de ce dernier. Quel ne fut donc jms l'étonncment général, lorsqu'on apprit qu'il avait embrassé avec chaleur la cause de la révolution? Cependant il en re|>oussait les excès. Se trouvant en garnison à Metz en 1790, il se prononça fortement contre les mouvements anarehiques qui s'y manifestèrent. Andréossi lit toutes les campagnes de la révolution ; il commença par celle du blocus de Landauen 1793; se lit surtout remarquer dans celles d'Italie, depuis le finssage du Var jusqu'au traité de Léobcn, et fut souvent cité dans les relations du général en chef. Au siège de Mantoue, il dirigea avec cinq clialoupes canonnières une fausse attaque qui attira tout le feu de la place, tandis que les généraux Murât et Dallcmagne conduisaient l'attaque réelle sur deux autres ]x>ints. C'est a la suite de cet exploit qu'il fut nommé chef de brigade. Un peu plus tard, après la bataille du Tagliamcnto, lioiia|wrtc l'ayant chargé de reconnaître si l'izonso était guéable, il se jeta dans cette rivière qu'il passa et re|»assa sur deux points différents sous le feu de l'ennemi. Il fut envoyé à Paris avec le général Joubcrt, dans le mois de décembre 1797 (an 6), |K>ur présenter au directoire les drapeaux enlevés par l'armée d'Italie. Lorsque le directoire ordonna les préparatifs d'une descente en Angleterre (1708), Andréossi lit sur les côtes un voyage dont le but était d'aeeélerer l'organisation des troiqics. Ce projet n'ayant pas eu de

(<) Li

Jérôme Andréossi fiant passe en Krance. y fut reconnu geatUliomme par Louis XIII, el naturalisé Français par lettres pMMct de l-ouis XIII. données a Kontaineblean el enrei;i<trees a la cour des rompte* de l'ari*. le 50 avril lt«6. Il avait .'|wu«- Marguerite, ■Ile de Pierre de Heaurtiamp, secrétaire ordinaire du mi. V— vu*.

(S) On voit, dans l'histoire de re ranal qu'il a publiée, la pari honorable que m bisaïeul prit a la construction de re monument Celle histoire donna lieu li de rive» réclamations de la part de NM. de Caraman, descendant» de Biquet. Voy. Asméovsi (l>an-

suite, il suivit le général Bonaparte en Egypte, en

qualité de général de brigade, et, sur cette terre antique de la civilisation, il sut conquérir plus d'un genre de gloire. Il fit partie de toutes les expéditions, notamment de celle de Syrie. Souvent, dans ses rapports, le général en chef donna des éloges à son courage. Devenu membre de l'institut formé au Caire, il fut chargé de plusieurs opérations savantes, dont il s'acquitta avec une grande supériorité. La rade de Damietle, l'embouchure du Nil, le lac de Menzaleh, le Fleuve sans Eau, etc.. sont des points importants qu'il décrivit aven une rare exactitude, et sur lesquels il composa des mémoires qui font partie du beau travail de la commission d'Egypte. Ces mémoires ont paru aussi séparément. Andréossi accompagna Bonaparte lorsque ce général quitta l'Egypte ; il le suivit à Paris, et concourut de tout sou pouvoir à la révolution du 18 brumaire. Il faisait les fonctions de chef d'état-major dans cette journée mémorable ^l),et il obtint pour réeoni|>eiiso une quatrième division formée exprés pour lui au ministère de la guerre, et qui comprenait l'administration de l'artillerie et du génie. 11 joignit bientôt à son adminisu-ation le titre de commandant de l'artillerie à Strasbourg, el le grade de général de division. Il fut aptielé, en août 1800, au commandement de la place de Maycnce, puis aux fonctions de chef d'état-major de l'armée gallo-bataxc. C'est en cette dernière qualité qu'il rendit compte d'un combat meurtrier où une jwignee de soldats, entre LautTemhourg el Nuremberg, battit une armée cdtiére (18 décembre 1800), et sur lequel il publia une relation qui |>arut sans nom d'auteur. Peu de temps après, il fut fait directeur du dépdl de la guerre, puis ambassadeur a Lomb es après le traité d'Amiens. 11 tint, dans ««lie dernière place, une conduite assez prudente ; mais , introduit tlans les cercles de la haute société, on prétend qu'il laissa voir, par quelques bévues, qu'il n'en connaissait pas tous les usages. Ami des ails, il acheta à Londres la belle collection de dessins du ministre Cakinne, qui avait été formée par le Brien. Revenu en France après la rupture avec l'Angleterre, il fut successivement nommé président du collège électoral de l'Aude, comte de l'empire, candidat au sénat et amljassadeur à Vienne. Il avait été cher d'état major de l'armée de Boulogne. 11 s'était trouve' a la bataille d'Austerliu, et avait été d'abord nommé commissaire du gouvernement à Vienne pour le complément du u-ailé de Presbourg. Devenu gouverneur de cette ville, après la bataille de Wagram, il y rechercha les savants, les gens de lettres, rapporta quelques manuscrits, et se lit estimer cl regretter. A son retour à Paris, il fut nomme à l'ambassade de Constaniinoplc, et revul des instructions tic la plus haute importauce. Napoléon, qui méditait alors sou invasion eu Russie, et qui avait besoin de susciter des ennemis à celle

(t) « Je ne fus nommé, écrivait-il a l'auteur de relie noie, chef « dVlal-major qu'an refus de llerihier, <itii dit qu'tf niait ioii rt- « pulalhn* dans /'«m, l.iniuquemoi, n'ayant put marqui Aw lé « mclulio», jtt nlnsfirtrm» aucune dffiamt. Je u étais pas « une seule lots a l'arts peudaot la cri»* revoluiioawirc. w V-

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puissance, était disposé à faire tons les sacrifices, pour que les Turcs continuassent la guerre ; il avait dit a son ambassadeur : « Que le sultan Mahmoud se « mette à la tête de 100,000 hommes; je lui promets o la Moldavie, la Valaehie et même la Crimée. » Mais des circonstances imprévues ayant retardé son départ, Andréossi n'arriva à Constantinoplc qu'après la paix de Buckarest. Pendant le séjour qu'il fit dans cette capitale, il protégea constamment les Français établis en Turquie, et ceux qui Taisaient le commerce dans le Levant. Le fninistére ottoman eut aussi beaucoup à se louer de sa loyauté (I) ; enlin il emporta les regrets de tout le monde, lorsque, en 1814, remplacé par le marquis de Bivière qui lui apporta la croix de St-Ix>uis, il quitta Constantinoplc. A son retour en France, il communiqua à l'Institut des mémoires que l'hydrostatique compte parmi ses plus précieuses acquisitions, et qui reçurent d'un homme habile en cette matière (Barbié du Bocage ) les éloges les plus flatteurs. L'un de ces mémoires où il traite de l'irruption de la mer Noire dans la Méditerranée, et dans lequel il cherche a fixer la lithologie de l'embouchure de la première de ces mers, est un essai qui n'avait été fait par |>ersonne avant lui. Les autres mémoires, relatifs nu système des eaux qui abreuvent Constantinoplc, et â l'ensemble des nombreux conduits employés en Turquie |»our la distribution de l'eau, renfermaient des notions curieuses sur la science hydraulique cher les Turcs, et sur l'application que l'Europe en pourrait faire. Tous ces matériaux servirent à la composition d'un grand ouvrage qu'An— dréossi publia quelques années plus tard. Se trouvant à Paris à l'époque de la révolution du 20 mars 181.%, il y adhéra complètement, et signa la fameuse délibération du conseil d'État, du 25 de ce mois. Il accepta la pairie et la présidence de la section de la guerre; maisjl refusa le titre d'ambassadeur à Constantinoplc que ISapoléon voulut lui rendre, et il lui annonça que le gouvernement ottoman ne le reconnaîtrait pas. C'est en qualité de président de la seetion de la guerre qu'il lit [Hirtic de cette commission du conseil d'État que Bonaparte avait chargée de faire un rapport sur la déclaration du congrès de Vienne, donnée le 13 mars. C'est au général Andréossi et à trois autres de ses collègues que fut du l'amendement à cet article du fameux décret contre la maison du roi, qui devait mettre hors de la protection des lois ceux de cette maison qui refuseraient de prêter serment. Quoique dans les comités secrets de la chambre des pairs il ne parlât jamais, il votait toujours avec les plus modérés. Après le désastre de Waterloo, il fut élu membre de la commission char-

(I) Il m'errlvail le V, juin 484S : « Ce pays-ei n'offre pas n> « grandi-* ressources, mais il fournit beaucoup d'observation*. Je o n cm ii. tuai ce qui» je puis, uni sur la géographie que mit le a gouvernement et les antiquité1*. J'ai plusieurs jeunes gens que a J'emploie a faire des reconnaissances, des recherches et des exa irait*. J'ai aussi de» dessinateurs : j'étudie, je médite, et je pense a qne, si l'an avait le temps, on pourrait écrire sur ce pavs-ri « tout différemment cl d'une manière plu» exacte qu'on ne l'a (ail « jusqu'à ce jour. » V— it.

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gée de présenter un rapport sur les mesures de sûreté générale, et la commission de gouvernement lui confia le commandement de la première division militaire. Nommé l'un des cinq commissaires envoyés auprès des généraux alliés |iour négocier im armistice, il partit le 27 juin, et arriva le même jour à Ponl-Stc-Maxencc, où il trouva les premières colonnes prussiennes qui marchaient sur la capitale. On ne lui permit |«s d'arriver jusqu'au général Blûchcr. Mais ses collègues et lui furent admis en présence du duc de Wellington. Dès la première entrevue, Andréossi et l'un de ses collégnes se prononcèrent pour le rapiiel immédiat des Bourbons. Ln autre membre de la députation (M. Flaugertnjes) ayant dit qu'il croyait ce vont contraire à celui des chambres et de la France, le général anglais répondit que la force en déciderait. Le 4 juillet suivant, Andréossi et ses collègues revinrent à Paris. Aussitôt après le retour du roi, il lui envoya son acte de soumission. A partir de cette époque, rentré dans la vie privée, et habitant sa belle maison de Bis, Andréossi s'occupa exclusivement de travaux scientifiques. Quelque temps après la publication de son Voyage à l'embouchure de la mer Noire (1819), il entra dans la société royale fondée pour l'amélioration des prisons ; et deux ans plus tard, il devint directeur des subsistances militaires (I]. Tandis qu'il occufiait cette liante place, les journaux attaquèrent vivement une opération de son ministère, l'adjudication de la fourniture des \i\res pour la garnison de Paris. Le comte Andréossi repoussa cette attaque avec Iteaucoup de foire. F.n 1824, il concourut avec M. lient art de Thury pour une place d'académicien libre à l'académie des sciences; celui-ci l'emporta de quelque* voix. Deux ans plus tard, il fut plus lieureux. Lorsque les collèges électoraux furent convoqués en 1827 pour procéder au remplacement de la première chambre septennale, Andréossi fut député |Ntr le département île l'Aude à la nouvelle chambre, et il y siéna avec l'opposition. A son début dans la carrière législative, il fut créé membre de la commission d'examen pour le projet de loi qui allouait au ministre de la guerre un crédit extraordinaire de 500,000 fr. Lors de la discussion générale de l'emprunt de 4 millions de rentes, motivé par les circonstances extraordinaires où se trouvait l'Europe, il fit une exposition savante de l'état respectif de la Bussie et de la Turquie, et vota l'ajournement de l'emprunt. 11 se fondait sur ce que, les événements se développant avec une grande rapidité, l'intervention de la France ne lui semblait pouvoir être d'aucune efficacité pour ou contre ces événements. Enfin il fit plusieurs rapports sur des pétitions. Parti, après cette session, pour retourner dans sa ville natale, il tomba malade à Montauban, et y mourut le 10 septembre I8ï8. Cette nouvelle inal-

(I) Il m'avait communiqué, quelque temps auparavant, un mémoire important sur les moyens d'affaiblir la puissance russe, et (le préserver l'Europe de l'invasion. Il présenta au dur d'Angouletne ce mémoire, qui fui bien rec,n à la cour de Louis XVIII, et dont rautcnr disait sptrtluellcDenl : C'e«f mon ta/lern* des «eut /«sir». V— vt.

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tendue produisit à Castelnaudary une sensation douloureuse. H y était estimé et aimé. Ses restes, portés dans cette ville, y furent reçus et inhumés au milieu de la tristesse générale. Il était grand-aigle de la Légion d'honneur, et il prenait encore à Constantinople, au mois de février 1814, les titres de commandeur de la Couronne de fer et de grand chancelier de l'ordre des trois Toisons d'or (1). On a de lui : I" Histoire du canal du Midi, connu précédemment sou* le nom de canal du Languedoc, 4800, m-8"; 2* édition considérablement augmentée, et contenant un grand nombre de cartes et plans topographi(|ues, Paris, 1804, *2 vol. in-l". Cet ouvrage peut être regardé comme classique sur les canaux en général. [Voy. l'article précéd. ) 2" Mémoires sur le lac Mcn:ateh; sur la vallée du lac de Xaron; sur le Fleure sans Eau. Paris, 1800, in 4°, et dans la collection des mémoires sur l'Egypte. 3° Campagne sur le Mein et la Rrdnitz, de l'armée gallo-baiave aux ordres du général Augcreau. 1802, in-8°. 4° Voyage à l'embouchure de la mer Noire, ou Essai sur le Bosphore et la partie du Delta de Thraee, comprenant le système des eaux qui abreuvent Constantinnple, I8I8, in-8*\ et adas; traduit en anglais à Londres la même année. 5° De la Direction générale des subsistances militaires, tous le ministère de M. le maréchal de Bcllune, Paris, 18-24, in-8°. C'est une réfutation de ce qui avait été écrit contre celle administration au sujet des approvisionnements de l'armée d'Espagne pour la campagne de 1823, et à l'occasion des marchés Ouvrard. G* Mémoire sur ce qui concerne les marchés Ouvrard. Paris, 182G, in-8". 7° Mémoire sur les dé-

(1) Par un tient date de Schanbrunn. le » août «809. Napoléon ml institue Vordre des trou Tohons for. Chaque régiment devait a»»ir un de ses of liciers eonmiaiideur avec pension de *.O0l fr., et on sous-ofBrier ou soldai chevalier avec pension de 4.000 fr. Us commandeurs et les chevaliers ne pouvaient pins quitter leur régiment, et devaient mourir tout les drapeaux. Us grand* eSeraliers devaient être au nombre de cent, les commandeur* au nombre de quatre cents, rl les cberalier* au nombre de mille. Excepté les ministres, qui auraient conservé le portefeuille pendant dix ans sans interruption; les ministres d'Etal qui, pendant vingt ans d'exercice, auraient été appelés au moins une fois par année au conseil privé; les présidents du sénat qui auraient préside ce corps pendant trois années; et les descendants directs des maréchaux, lorsqu'ils se seraient distingués dans la carrière par eux embrassée, nul ne pouvait être admis dans l'ordre des trois Toisons d or, s'il n'avait fait la guerre et reçu trois blessures dans des actions différentes, l'uur élre grand cheraher. il fallait avoir eommande en chef dans une bataille rangée ou dans un siège, ou tins un des corps de la grande armée. Enfin ta décoration des trots Toisons d'or devait être attachée aux aigles des régiments qui avaient ttSisti aux grande» bataille* de la grande armer. U général Andreossi fut nommé grand chancelier de cet ordre, dont Kapoleon s'était fait le grand maître. On avait déjà dressé tetat des eorpi qui avaient farlieipi au grande* bataille* dt la grande armée, ^«.mandée par S. M. I empereur et roi en pertonne. Tout le travail était prêt, el les promotions allaient commencer, lorsque Je mariai de Napoléon avec l'archiduchesse Marie-Louise lit rea l'établissement d'un ordre qui aurait trop eontrariè le ".'ordre des trois Toisons annulait, en l'absorbant, l'ancien ordre de la Toison d'or qui existait dans les deux maisons d'Espagne et d'Autriche. Le comte Andreossi perdit alors son litre de grand chancelier, et mol celui de *erritaire général, qui m'avait été promu. Mais, en 181t. Napoléon n'avait plus a ménager son beau-père, el le général Andréossi reprit a Consianllnople le titre • ! qui. sans la chute de l'empire, anrail été organisé. V-vg.

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pressions de la surface du globe, Paris, 1826, in-8*.

L'auteur considère ces dépressions dans le sens longitudinal des chaînes de montagnes, et entre deux reliefs maritimes adjacents. Ce mémoire fut lu aux séances de l'académie des sciences du 13 et du 20 février 1826 (1). M— nj.

ANDRÉOZZl (Gaétan), compositeur dramatique, né à Naples vers le milieu du 18* siècle, fit ses études musicales sous la direction de Jomeili, son parent. Ses premiers ouvrages furent des cantates à une seule voix et des duos pour deux soprani et basse. En 1782, il publia a Florence six quatuor pour deux violons, alto et basse. En 1786, il donna Virginia à Rome; en 1787, Catone in Ulica, à Crémone ; Arbace , à Florence , 1787 ; Olimpiade , ibid. , 1787; en 1788, YAgésilas, à Venise; en 1791, tï Catone in Ulica, à Genève; tï finto Circo, Paris août 1791 ; Virgine del sole, Paris, décembre 1809 Saule , oratorio, à Kaplcs , au théâtre del Fondo Sofronia ed Olindo, à S'aples, au théâtre St-Charles. En 1792 il passa en Espagne, et y composa la lhdone abbandonata el YAngelica e Mcdoro, qui furent représentés â Madrid. De retour dans sa patrie, il donna encore quelques opéras, entre autres Giovanna d'Arco, qu'on regarde comme un de ses meilleurs ouvrages. Parmi ses oratorio, on remarque la l'assione di tiicsu - Cristo et Saule. Gaétan Andréozzi mourut dans les premières années du 19* siècle., F — T — s.

AN DUES (le Père Jean) , l'un des hommes les plus instruits et les plus laborieux du 18* siècle, naquit en 1710 à Planés, dans le royaume de Valence, d'une famille noble, et mourut à Rome le 13 janvier 1817. Après avoir terminé ses études au collège de cette ville, il embrassa la régie de St-lgnace, cl professa quelque temps les belles-lettres â l'académie de Candia. Lor> de la suppression de leur institut, les jésuites espagnols furent tous arrêtés et dirigés sur Rotne; mais le pape Clément XIII n'ayant pu les admettre dans ses États, ils furent contraints de débarquer dans l'Ile de Corse, où Paoli , touché de pitié, consentit à leur donner un asile. Andrés , quoiqu'il ne fût pas encore lié par des venu solennels, n'avait point hésité à partager l'exil de ses confrères. II lit en latin le récit de tous les mauvais traitements qu'ils avaient éprouvés depuis leur départ

(I) Lesédilears des Voyages pittoretaues dn . les dessins de Melling, avaient fait annoncer [Jeunet décembre 1816). que dans la 12* livraison de eel ouvrage comprise une carte lopographiqiie du Bosphore, du IWx-age, d'après les matériaux anthentiqoes ap tinople et communiqués par le général Andréosai. V* i insérer dans les journaux (mars «818) une noie portant qull vail point communiqué a M. Barbie du Bocage de simples matériaux, mais une carte entièrement terminée, et qui avait été présentée par M. Barbie du Bocage lui-même à deux classes de l'Institut; que celle carie n'avait poiul été faiu pour i vrage de M. Melling, mais pour rester ta propriété de son | qu'au reste M. Barbie du Bocage n'avail pn i

apportée de Conslantinople redigée.

la capitale de l'empire qu'elle éttil tenue s la

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d'Espagne; et ce mémoire, mis sous les yeux du souverain pontife, contribua, beaucoup à lever les obstacles qui s'opposaient encore à leur admission en Italie. Andrès fut d'abord chargé de professer la philosophie à Ferrare, dans le collège de sou ordre ; mais le pO]>e Clément X I V en ayant prononcé la suppression, il se rendit à Mantoue chez le comte de Bianchi , dont les bontés , qu'il reconnut en surveillant l'éducation de ses enfants, lui assurèrent une existence honorable. L'académie de cette ville venait de mettre au concours un problème d'hydraulique ( de ascensu aquœ); Andrès entreprit de le résoudre, et son mémoire balança celui de Fontana ( voy. ce nom ) , qui fut couronné. Bientôt après , son Essai sur la philosophie de Galilée lui ouvrit les portes de l'académie. Cet ouvrage, dans lequel les services rendus aux sciences par le philnsoplie florentin sont appréciés avec un talent et une impartialité remarquables, étendit la réputation d'Andrès dans toute l'Italie. S'il eût voulu rentrer dans la carrière de l'enseignement, les plus célèbres universités se seraient empressées de l'accueillir ; mais il avait déjà conçu l'idée du grand et bel ouvrage qui lui garantit une des premières places ]>armi les savants de son siècle. Il ne s'agissait de rien moins que de tracer la marche de l'esprit humain dans les diverses routes qu'il s'est ouvertes depuis les temps les plus reculés, en montrant la cause de ses progrès ou de ses aberrations. Jamais plus vaste plan ne s'était présenté à l'imagination ; et il est encore inconcevable qu'un seul homme ait entrepris de le réaliser. Pour rassembler les matériaux immenses dont il avait besoin, Andrès employa plusieurs années à visiter les principales bibliothèques d'Italie et d'Allemagne, et il perfectionna ses connaissances par la fréquentation des savants. De retour à Mantoue , il s'occupait sans relâche de la rédaction de son ouvrage , lorsque l'approche des armées françaises, en 1796, l'obligea de quitter cette ville. Sur les instances du duc de Parme , il consentit à se rendre dans cette ville , où il vécut longtemps avec le titre et la |>cnsion de professeur au collège de Colorno , mais sans aucune fonction ni charge à remplir. Le duc n'avait pas voulu que rien pût le détourner de son grand travail, qu'il eut enfin la gloire de terminer en 1799, après plus de vingt années de soins et d'application. Après la retraite des Français , Andrès fut chargé par l'empereur d'Autriche de réorganiser l'université de Pavie. Bientôt le duc de Parme le nomma son bibliothécaire, et l'admit à son conseil intime. Mais, lors du rétablissement des jésuites dans le royaume de Naples, en 1804, il n'hésita pas à quitter le poste brillant qu'il occupait à Parme pour rejoindre ses confrères, et les aider, autant que ses forces pourraient le lui permettre, à raccoroplissementdc la tâche mie leur imitosait la volonté du souverain pontife. Nommé conservateur de la bibliothèque royale et censeur, il ne crut pas que ce double titre le dispensât des devoirs d'un religieux , et il les remplit avec un zèle digne d'éloges. L'occupation du royaume de Naples par les Français força les jésuites à se retirer en Sicile; mais, protégé par sa réputation , le P. Andrès ne partagea

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pas le nouvel exil de ses confrères. Il n'eut qu'à se louer des procédés de Joseph Bonaparte et de Murât, qui le nomma chef ou préfet de la bibliothèque royale. Ses talents avaient depuis longtemps inarqué sa place à l'académie napolitaine; et celle des antiquités l'élut son secrétaire. Après la chute de Murât , en 1815, Andrès sollicita la permission de se retirer dans la maison de son ordre à Home. Privé depuis quelque temps de la vue, il se soumit à l'opération de la cataracte , mais ce fut sans succès. Outre une édition des Lettres latines et italiennes d'Antoine Augustin ( voy. ce nom ) , précédées d'une bonne dissertation, Parme, 1804, in-4°, on lui doit une foule d'opuscules curieux : Sur le rerert d'une médaille mat expliquée par Mat tri , Mantoue, 1778, in-8° ; — Sur une démonstration de Galilée, Ferrare, 1779, in-4°; — Sur la musique des Arabes, Venise, 1787, in-8°; — Sur une carte géographique de 1455, Naples, 1815, iu-80; — Sur les Milésicns.— Sur l'usage de la langue grecque dans le royaume de Kaples, ibid., 1816; — Sur deux poèmes grecs conservés à la bibliothèque Laurcnlicnne de Florence, l'un de Jean d'Otrante, et l'autre de George de Gallipoli , iwëtes du 15e siècle; — Sur le culte d'Isis cl quelques inscriptions trouvées dans un temple qui lui était consacré ; — Sur la découverte de l'ompéia et d jlerculanum ; — Sur la figure de la terre ; — une apologie de Virgile sur l'anachronisme d'Énée et de Bidon ; et enlin une dissertation sur les commentaires d'Eustathe sur Homère, etc. Mais ses principaux ouvrages sont : 1° Dissertazione soprà un problema idrostalico, Mantoue, 1775, in-4°. C'est la pièce qu'il avait envoyée au concours, et qui fut imprimée aux frais de l'académie. iS» Saggio del filosofia del Galileo, ibid. , 1776, in-4°. C'est un des meilleurs ouvrages que Galilée ait inspirés. 3° Letlera soprà il corrompimenlo del gusto italiano , Crémone, 1776, in-8°. Andrès y venge les Espagnols du reproche que leur adressait Tiraboschi d'avoir corrompu le goût en Italie. ( Voy. Tiraboschi. ) 4' Dissertazione soprà la ragione délia scarzezza di progressi délie scienze in questo tempo, Ferrare, 1779, in-4°. 5° Ml' origine, de progressi , e dello staio atluale d' ogni letteralura , Parme, 1782-99, 7 vol. in-4« (1); Venise, 1808-17, 8 vol. in-4°; Pistoie , 1818, 8 vol. in-4»; Pise, 1821, 25 vol. in-8°. C'est, de tous les ouvrages d'Andrès , celui qui lui fait le plus d'honneur. Il suppose autant de goût que d'érudition et des connaissances très-étendues dans tous les genres. Quelques idées singulières, des jugements hasardés sont les seules taches que la critique ait signalées dans ce beau monument. Andrès attache une grande importance à l'influence que les Arabes curent à la renaissance des lettres; et cette partie de son ouvrage en est peut-être la plus neuve et la plus remarquable par les recherches de l'auteur, (rui avait consulté tous les manuscrits arabes de la bibliothèque de l'Escurial. Cependant quelques critiques ont pensé qu'il y avait de sa part sur ce point

(4) La Mitions «rivante* ont été revues et an«menlées par l'auteur; mais l'édition de l'arme, qui est trés-l*lle, peut lue complétée par no S* volume dans lequel oa a réuni les changements et additions faites par Andres lui-même.

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un peu d'exagération. M. Peignot a donné l'analyse de cet ouvrage dans son Répertoire bibliographique , p. 318 et suiv. Ha été traduit en espagnol par Charles Andrès , frère de Jean , Madrid , I "84 et années suiv . , 8 vol. 10-4». Une traduction française, entreprise par Ortolani, et dont le premier volume fut publié à i»aris en 1835, in-8a, a été interrompue par la mort du traducteur. 0" Lettera soprà f origine e le rietnde deW arlt d' insegnare u ptirlare i surdi e muli, Vienne, 1795, in-8". Andrés y prouve que les Espagnols ont connu les premiers fart d'instruire les sourds cl muets. ( Voy. Pokce. ) 7° Yiaje de Y'iena , Madrid , 1794, in-8", trad. en italien et en allemand. C'est la curieuse relation de son voyage en Allemagne. 8° Carias familiares, etc., Madrid, 1 < 94 , 6 vol. |>eut in-4". C'est le recueil des lettres d'Andrés a son frère; elles sont remplies d'anecdotes et de détails bibliographiques. H en existe une traduction allemande irés-défectucusc. On en avait entrepris une en français qui n'a point été terminée. 9" Catalogo délia libreria dei Capilupi, Manloue, 4797, in-»*, enrichi de notes. 10° Lettera ioprà alcuni eodici délie bibtioteche Capitolari di Xovarra e di Yercelli , l'arme , 1803, grand in-8°. Cette lettre, adressée à l'abbé Morelli, renferme des détails intéressants sur un diplôme de Luitprand , roi de.s Lombards , de 730 , que l'on conserve a Novarre, cl sur un recueil de lois lombardes que l'on voil à Yerceil, et dont on a annoncé une publication à Lcipskk. VV— s.

AN DR Kl J DE BILISTEiN. Voyez Bimstein.

ANDREW (James) , directeur principal de l'école militaire pour le génie et l'artillerie de la comjKignic des Indes anglaises, naquit à Edimbourg en 1775. Après avoir fait ses éludes à l'université de sa patrie, il fut admis à l'école militaire, où il se distingua parmi les élèves. L'administration de la compagnie des Indes lui ayant proposé de se rendre à (Calcutta en qualité de professeur des sciences mathématiques et de directeur de l'école militaire, il accepta, professa avec: succès pendant quinze années , et au Ixiut de ce temps il obtint nue retraite liouorable. On doit à Andrew les ouvrages suivants : 4° une grammaire et un vocabulaire de la langue hébraïque ; 3° Système de chronologie sacrée; 3* des Tables nautiques assez estimées. Deiniis dix ans. Andrew avait quitté le service de la compagnie ; il vivait retiré dans sa patrie, où il est mort le 13 juin (853, regretté par les savants. G — G — y.

ANDREWS ( Lancelot) , théologien anglais, né à Londres, en 1565. La réputation «le son savoir et son talent comme predicateur attirèrent sur lui l'attention de Ja reine Elisabeth, qui le nomma son cliapelain. U hit en grande faveur auprès de Jacques \". Ce prince avait composé une Défense de la prérogative royale, à laquelle Rellarmin avait ré— (tondu , m m* le nom supposé de Matthieu Tortus. Andrews fut chargé de réfuter le livre de Rellarmin, et il s'en attmitta avec beaucoup d'habileté dans im ouvrage latin, publie en 1609, in-4°, sous le titre de Tortura Torti. Ce service fut si agréable au roi, (pie Tauteur fui nommé sur-le-champ évéque de Chichcster, ensuite d'Ély.puis conseiller privé de Sa Majesté,

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enfin éveque de Winchester. Ses ouvrages sont peu lus aujourd'hui ; ils sont écrite du tou pédanle&quc et sophistique qui régnait alors , et dont le roi luimême avait donné l'exemple. Cc[>endant Milton en faisait grand cas, et il a déploré la mort d'Andrew» dans une élégie latine. Outre l'ouvrage déjà cité , il reste de Lancclot Andrews un Manuel de dévotions privées; un Manuel de directions pour la visitalion des malades; un volume de petits traites, la plupart en latin , sur les droits des princes , sur les dimes, sur l'usure, etc., in-4°, 1639; un recueil posthume de sermons, en I vol. in-fol.: la Loi moral* expliquée, ou Ijecons sur les dis Commandements, in-fol., 1643; et un recueil d' œuvres |*>sthumes, en 1 vol. in-fol., 1657. Andrews mourut en 1636. On trouve, dans les œuvres du poète Waller, une anecdote qui mérite d'être conservée. Il raconte qu'ayant assisté un jour au dîner de Charles 11, Sa Majesté apostropha le docteur Néale,é*èquc de Durliam, et Andrews, évéque de Winchester, qui étaient tous deux derrière son fauteuil, et leur dit : « Miloids. o est-ce que je ne puis |*s prendre l'argent de mes « sujets, quand j'en ai besoin, sans toutes les forma- « litésde parlement? » LVvéque de Durham répondit sans liésitcr : « Nul doute que Votre Majesté ne jaiisse « le faire ; vous êtes le souffle de nos narines. — Et « vous, Milord, qu'eu pensez-vous, dit le roi k l'é- « vêque de Winchester? — Sire , re|»ndit ce prélat, « je ne suis pas assez habile pour juger des affaires « de parlement. — Jene veux point de taux-fuyants, «répliqua le roi; répondez- moi nettement. — Eh « bien, Sire, répondit Andrews, je crois qu'il vous « est permis de prendre l'argent de mon frère Nénle, « puisqu'il vous l'offre.» S — o.

AIS DRE WS (James Petit), historien anglais, né en 1757, a ÎNewbury dans le comté de Hcrks, était , a dix-huit ans , lieutenant dans la milice de sa province. Ayant des talents divers et un goût prononcé pour la littérature , il ne se lit cependant connaître du public que lorsqu'il était déjà avancé en âge. Il écrivit d'abord , en 1788 , en faveur des |>eiits ramoneurs de clicminée, une brochure qui a eu sans doute le mérite «le provoquer l'acte pas>é birnlni après dans le parlement, pour améliorer le sort de ces infortunés. Andrews a publié : Anecdotes anciennes et modernes, avec des observations, 1789, in-8°; et supplément, 1790; ouvrage badin et piquant, dans la composition duquel l'auteur fut secondé par quelques amis, notamment par le poète lauréat Fye et le capitaine Grose ( voy. ce nom ) , et orné du |H>rtrait, gravé d'après son dessin , d'un homme distillant des anecdotes dans un alambic. Ce livre eut beaucoup de succès, et l'on en lit des éditions multipliées. Andrews joignait à l'art de la composition et au mérite du style la |jatience nécessaire pour les recherches, et il en a donné des preuves dans une Histoire delà Grande-ttretagne , rattachée à la chronologie de l'Kurojtc, avec des notes contenant les anecdotes du temps , les vies des savants et des spécimens de leurs écrits , depuis l'invasion de Ccsar jusqu'à la mort d'Edouard VI , 3 vol. in-4°, 1794 et 1795. Cet ouvrage, écrit avec une lieurcuse cood-

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sion , sans que toutefois les faits y soient dépouillés des détails qui leur donnent la vie , présente l'histoire d'Angleterre page a page , en regard de celle de l'Euro|>e. Le récit est de temps en temps suspendu par des appcmJix qui contiennent, entre autres matières, des esquisses biographique! et une suite de chapitres sur la religion , le gouvernement , les mœurs , les arts , les sciences , le langage , le commerce, etc. On regrette qu' Andrews n'ait pas poussé plus loin sa relation ; il en lut détourné probablement pu la tache qu'il s'imposa de continuer l'Histoire de la Grande- Bretagne de Nfoo— il Hubert Henry I roy. ce nom) ; le résultat de ce travail |>arut en 1 796, 1 vol. in-4* cl 2 vol. in-8°. L'auteur mourut ù Londres le 6 août de Tannée .suivante. Il a coo|>éré au Gentleman'* Magazine, et a donné une traduction du français des Sauvages de l'Europe, imprimée avec des estampes faites sur ses dessins. L.

ANDHEVVS (Pierre— Miles), lieutenant-colonel du régiment des volontaires du prince de Galles, ('tait le lils d'un ruarcliaml de la cité ; il préfera d'abord les muses au commerce. Lié avec Garrick, il prit du goùl pour le théâtre, et eouqiosa un graud nombre de comédies, entre autres celle qui est intitulée Mieux vaut lard que jamais, doul le duc «le Lcad, sou ami, lit le prologue. A ht mort de son frère ainé, Andrews hérita d'une ample fortune et d'une manufacture de i*oudre à canon, qui, dans un tem|» si fertile en guerres , fut pour lui une source abondante de riebesses. Suivant l'exemple de tous les jeunes gens riches de son temps, il embrassa l'état militaire. 11 lut nommé membre du |>arlciucnt en 1790, et successi veinent réélu en 1796, 180*2, 18!)6 et 1707. Il parait, qu'Aiidrcws était moins célèbre comme auteur, comme manufacturier ou comme membre du (jarlemcnt, que comme homme du bon ton. « Personne ne rassemble dans son sa- « Ion , dit l'auteur d'une biographie anglaise, un a cercle plus brillant de ducliessc», de marquises, a de comtesses et de baronnes, etc. ; et si M. le co- « lonel Andrews avait réalisé le projet de sa pre- « miere jeunesse, d'aller vivre en Orient, lors même « qu'il serait parveuu a la dignité de pacha, son hau rem eût été |teu de cliose comparé à cette réunion « séduisante de beautés anglaises dont se conq>oscnt ' « ses soirées. » Andrews mourut dans sa maison de Clcveland, le 18 juillet 1814, peu d'heures après avoir signe cent billets d'invitation pour une féte avec feu d'arliliee, qui devait avoir lieu dans celte même maison. Z.

ANDREZEL (RARTIlÉLEMY-PHIUBERTPiCOn I>'),

né en 1757, à Salins , était i»etit-lils du vicomte d'Andre/el, qui, pendant son ambassade à Constanli impie, y fonda l'école française des langues orientales, qui subsiste encore. Il commença ses études à l'école militaire de la Flèche, et vint les terminer à Paris au collège d'IIarcourt. 11 embrassa l'état ecclésiastique, et M. de Cicé, archevêque de Bordeaux, le nomma son grand vicaire, quoiqu'il eût a )>eine vingt-cinq ans. il fit partie des dernières assemblées du clergé, qui se tinrent en 1785 et 1786. Devenu i \x 1 1 1 lûjrc ï c* lti r ^ u 1 1 \\ l) ^ ^ i^î^^J a 1^ li t c u f^irct^) ^ ( 1 1 . ^ I

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il prit en cette qualité séance aux états de cette province. M. de Cicé, son protecteur, ayant été nommé garde des sceaux en 1789 ( voy. Champion ), l'abbé d'Andrezcl se chargea de la surveillance des bureaux et des autres détails du ministère. Soti refus de se soumettre au serment exigé des ecclésiastiques l'ayant obligé de quitter la Fiance eu 1792, il passa le temps de son exil en Angleterre. De retour dans sa patrie, sous le consulat, il cherclia dans l'exercice de ses talents les ressources que la fortune lui avait enlevées, et prit pan a la rédaction de quelques journaux, entre autres du Journal des Curés (I). Peu de temps après la création de l'université, il en fut nommé l'un des inspecteurs généraux. Conlirmé dans celte place en 1815, il ne cessa de la remplir qu'en 1824. 11 fut admis à la retraite, sans l'avoir demandée, sous le ministère de M. Frayssinous, vint habiter Versailles, et y mourut le 12 décembre 1826. Quelques journaux prétendirent que sa mort avait été causée par le chagrin qu'il éprouvait de sa disgrâce. On a de lui une traduction de V Histoire des deux derniers rois de la maison de Stuart, par le célèbre Fox, imprimée en 1809, -2 vol. iu-8". Elle fut mutilée par la censure impériale. [Voy. Fox.) D'Andrezcl fut l'éditeur des Excerpta e scriptoribus gracis, de M. Mol- Icvault, professeur, frère du poète de ce nom, Paris, 1815, in-12, ouvrage adopté par l'université, et traduit en français |*ar M. Uautôme, Paris, 1825, 2 vol. in- 12. Dans l'avertissement dont il a fait précéder la 5e édition (1825, in-12), d'Andrezcl annonce qu'elle a été donnée sur un exemplaire revu |«r M. Boissonade, enrichi de 6es remarques et corrigé tout entier de sa main ; que les notes et les arguments sont de M. Gros, professeur de rlietoriqua au collège de St-Louis, et cnliu que les épreuves ont été revues |«r M. Garnier, auteur instruit cl laborieux du Dictionnaire prosodique et poétique yr.-franç.. et de la Prosodie grecque. W — s.

ANDHI. Voyez Anpby.

ANDHIA (Nicolas), médecin, naquit à Massafra, le 10 septembre 1748. Quoique d'une famille aisée, comme le biographe Yulpes le remarque avec une espèce d'élouncment , il s'appliqua de bonne heure a l'étude, et vint achever son murs de droit à Naplcs. En le terminant, il publia une thèse sur les servitudes; mais ennuyé bientôt de la profession d'avocat, il l'abandonna pour sa livrer à l'étude de la médecine, science dans laquelle il lit de rapides progrès. Eu 1777, il fut nommé (irofesscur d'agriculture ù l'université de ISaples ; et en 1801, il obtint la chaire de physiologie qu'il remplit pendant sept années d'une manière brillante. Chargé depuis de l'enseignement de la théorie médicale, il fut, en 1811, pourvu de la chaire de pathologie et de noso-

(tj L'abbë d'Andrcifl se plaignit vivement d'avoir été itgueniilè pur la censure dans le Journal Htt mr/j (puruiro «lu 9 novembre iso9), et il Gl Insérer (tons le numéro suivant ri't erratum : « t'iie « lacune nui considérable k fait apercevoir dan* l'triirle sifité ii I). du n° 160 de re journal, MM. les abonnes «ont (tries de n'es » pas accuser le rédacteur de l'article, qui n'a pu ni la prévoir ui la « prévenir. » Le censeur était M. l'abbe Coitret, depuis évéque ih partant, qui ne lit ai reste que suivra les instruction* qu'il avait

logic, avec le titre de doyen de la faculté ; mais ses infirmités l'obligèrent de donner sa démission en 4814, et il mourut le 9 décembre, à l'âge de 66 ans. Ses restes furent déposés dans le tombeau de l'habile anatomistc Antoine Sementini , né la même année qu'Andria, et mort quelques semaines avant lui. 11 était en correspondance avec Spallanzani, Ilallcr, Tissot, etc. On a de lui : 1° Tratiato délie acque minerait, Naples, 1775, in-8°, 2* édition, corrigée, ibid., 1783, in-8°. Dans cet ouvrage, qui fut trèsbien accueilli de ses compatriotes, Andria s'attacha surtout à décrire les eaux minérales d'Ischia, de Castcllamare et de INaples. 2° Liltera suif aria fissa, ibid., 1776, in-l°. Cette lettre, est adressée au marquis de Tanucci, conseiller d'Etat du roi des Deux- Siciles. Quoique anonyme, on en reconnut facilement l'auteur à l'élégance du style et à la nouveauté des idées. 3° Institutions philosophico-chimicœ. Ces éléments de chimie ont été réimprimés plusieurs fois. La meilleure édition est celle de 1803, dans laquelle l'auteur a substitué les principes de Lavoisier à ceux de Stahl, qu'il avait suivis jusqu'alors. L'explication de la combustion qu'on y trouve ressemble beaucoup à celle que le célèbre chimiste Thompson a donnée depuis de ce phénomène. L'ouvrage a été traduit en italien par Vulpes en 1812. 4° Elemenla physiologica : il y suit presque constamment Haller ; ccjicndant il s'écarte de son sentiment au sujet de la génération, et admet avec Bonnet la préexistence des germes. 5° Elemenla medicinœ theorctica, Naples, 1787, traduit en italien par le fils d' Andria, 1814. Cet ouvrage, qui, s'il n'a pas précédé les éléments de médecine de Brown, a puni du moins dans le même temps, offre une analogie frappante avec celui du docteur écossais. Comme Brown, Andria pense que toutes les maladies n'ont que deux causes : l'excès de force ou l'excès de faiblesse, et sur ce principe il Imsc leur traitement. 6° Ditserlazione sulla leoria délia vila, Naples, 1804. Le principe vital, suivant Andria , réside dans le fluide galvanique, et il en place le siège dans le cerveau et les nerfs. 7° Hittoria materia medicœ, ibid., 1788. Cet ouvrage a été complété et traduit en italien par le docteur Tauro en 1815. 8° Instilutiones medicœ pralicœ , ibid., 1790, traduit en italien en 1812, j»ar le même, avec des notes. Dans cet ouvrage, Andria parle avec détail des maladies du diaphragme ; et, suivant son biographe, il est le premier qui ait éveillé l'attention des praticiens sur les diverses affections dont ce muscle est susceptible 11 a laissé manuscrits des Éléments d'agriculture. Vulpes a publié l'Elogio slorico d' Andria dans le Giornale enciclopedico di iVVipoli. W— s.

ANDRIEU (Bertrako), graveur en médailles, né à Bordeaux le 24 novembre 1761, et mort à Paris le 6 décembre 1822, annonça de bonne heure le talent qui l'a illustré, et lit cs|)érer par ses premiers essais qu'il ramènerait la correction et la facilité de dessin, oubliées depuis longtemps. A cette époque, la gravure des médailles avait perdu l'éclat que lui avaient donné les Varin et les Dupré; un style Taux et recherché, un dessin roide et incorrect tenaient la

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place de la naïveté et de la facilité de dessin qu'on admire dans les ouvrages de ces maîtres. D'estimables artistes luttaient sans doute avec succès contre le mauvais goût ; mais il en fallait un qui , nourri des beautés sévères et des grâces de l'antique, eût assez le sentiment de la perfection pour s'écarter tout d'un coup de la route battue, et replacer d'une main ferme au rang qu'il doit occuper un art dont les monuments bravent le temps et les révolutions des empires. Venu fort jeune à Paris, Andrieu y fut chargé pendant quarante ans d'exécuter tes médailles relatives aux événements les plus importants. On lui doit, entre autres, la grande Minerve attise, distribuant des couronnes; la ttalue équestre de Henri IV; la Vaccine; f Elude; la bataille de M arengo , celle d'ïéna et celle d'Autterlitz; la Paix de Vienne, celle de Tilsilt et celle de Lunéville; le rêlablittement du culte, qui a remporté le prix du coucours; la France en deuil au 20 mart. Peu de mois après qu'il eut achevé la médaille (pic le préfet de la Seine faisait frapper à l'occasion de la naissance du duc de Bordeaux, la mort vint terminer sa carrière et ses souffrances, car sa santé avait été altérée de bonne heure par des travaux assidus. 11 avait été créé chevalier de St-Michcl par Louis XVIII. Z.

ANDRIEU (Marie-Martin-Antoise), né à Linioux le 25 mars 1768, entra au service en novembre 1791, en iroalité de capitaine au 1er bataillon de l'Aude ; il ne tarda |>as à donner les preuves du plus grand courage. Le 21 septembre 1 793, il sauta, à la tête de cent hommes, dans une redoute ennemie. Le 6 septembre 1795, il fut nommé adjoint aux adjudants généraux , puis chef de bataillon ; et, deux ans après, chef de brigade , et adjudant général. 11 rendit de grands services à l'année d'Italie, notamment au passage du Mincio, et pendant le blocus de Gènes. Ce fut Andrieu que Masséna chargea de négocier la capitulation de cette ville, qui, à ceUe occasion, lui donna un sabre magnifique. En juillet 1801, il demanda et obtint de se retirer avec le traitement d'activité. Un mois après, il se trouva compris dans l'organisation des adjudants généraux. La paix vint lui procurer quelques instants de loisir, dont il profita pour s'occuper d'une relation de la défense de Gènes : mais il fut obligé d'interrompre ce travail ]>our se rendre à St-Dominguc. Il y donna ' de nouvelles preuves de valeur, et y tnouml dans le courant de 1802, victime de l'épidémie qui a ravagé cette colonie, et de la politique qui a sacrifié dans cette entreprise meurtrière une grande partie des généraux que Bonaparte soupçonnait de n'être pas entièrement dévoués à sa personne ou à ses projets. M— Dj.

ANDRIEUX ( Fr ANÇois-GcitL ai me-Jkan-Stamst.AS ) naquit à Strasbourg le 6 mai 1759 (et non à Melun vers 1755, comme l'ont dit quelques biographes). 11 fit ses études à Paris, au collège du cardinal le Moine , et il les avait terminées à dix-sept ans par de nombreux triomphes. Ses parents, qui le destinaient au liarrcau, le placèrent elle* un procureur ; et il commença sa carrière comme l'avaient cotmnencée Corneille, Doileau, Crébillon, Collia

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d'Harleville et tant d'autres amis des muses qui se lassèrent bientôt de l'aride travail des rôles de procédure. Mais Andricux montra plus de courage ou plus de résignation : « Je m'appliquai, dit-il, à l'é- « tude des lois, et je prit goût a la jurisprudence. » Cependant il consacrait tous ses moments de loisir à des essais poétiques. L'Almanack des Muses et le Mercure furent les premiers échos de sa naissante renommée. Il était premier clerc lorsqu'il composa sou Anaxitnandre : c'est ainsi que Crébillon travaillait encore chez un procureur lorsqu'il fît jouer son Idoménée. En 1781, Andricux fut reçu avocat au parlement de Paris. L'année suivante il songeait à obtenir une chaire à la faculté de droit, lorsque, sur l'invitation du président de Lamoignon, il accepta le modeste emploi de secrétaire chez le duc d'Uzès. 11 raconte lui-même que, venant de perdre son père qui laissait sans fortune des enfants dont il était l'alné, il se décida pour la place offerte , parce que le doctorat ne lui présentait qu'une perspective éloignée. Cependant il n'oubliait pas sa position et ce qu'elle avait de précaire et de subordonné. 11 prit donc rang, en 4785, parmi les avocats stagiaires, sous les auspices du célèbre Hardouin ; mais la faiblesse de sa constitution physique et de sa voix lui interdisait la partie brillante de la plaidoirie, et il avait à se résigner au rôle obscur d'avocat consultant. Il plaida pourtant avec succès quelques causes, et gagna la première contre un membre assez distingué du barreau de cette époque, Picard, père de l'auteur dramatique. Dés lors, les deux avocats s'unirent par les liens d une estime.réciproque, et bientôt une amitié plus intime s'établit entre le jeune Picard et Andrieux. En 1786, il rédigea dans le fameux procès du collier et il signa le mémoire pour Mulot, docteur c» théologie, alors clianoinc bibliothécaire de St-Victor, qui depuis fut un des fondateurs du lycée des Arts, et publia YAlmanach des sans-culottes. (Voy. M clôt). « Les mémoires et les écritures du palais, dit An- « drieux, allaient leur train , car il (allait vivre. » Cependant, comme il nous l'apprend encore luimême, il faisait presque tous les jours des vers. Let Étourdi» furent joués à la fin de 1787, et Andrieux prit rang parmi les premiers auteurs vivants de la scène française. Son stage finissait, il allait être inscrit, en 1789, sur le tableau des avocats, lorsque la révolution vint renverser toutes les institutions de la monarchie ; les parlements tombèrent, l'ordre des avocats fut supprimé, Andricux perdit son état : mais il avait embrassé le culte de la liberté, et il lui resta toujours fidèle au milieu de ses orages, avec une constance sans emportement et sans faste, avec une fermeté de principes sans excès. II entra bientôt, en qualité de chef 'de bureau, à la liquidation générale. Avec moins de probité , il eût pu , dans ce nouveau poste où les liquidations firent la fortune de tant d'autres, élever un peu la sienne. 11 sortit pauvre de son bureau, ayant donné sa démission après la révolution du 51 mai. En 1796, il fut appelé par le vote électoral au tribunal de cassation. Les juges, au nombre de cinquante, étaient à cette époque renouvelés par cinquième tous les ans. 11 ne tarda pas

à conquérir, par ses qualités aimables et par sa grande intelligence des questions de procédure, l'estime et l'attachement de ses collègues. On le vit souvent remplir les fonctions du ministère public. Lo tribunal suprême nommait alors ses présidents tous les six mois. Andrieux fut élevé à la vice-présidence d'une voix unanime; et l'honneur de la présidence lui eut été acquis, « si, comme le dit M. Berville « dans sa notice, il eût voulu se donner ou (>crdre « seulement la voix qu'il donna à son concurrent. » Il fut bientôt élu, par le collège électoral de Paris, membre du conseil des cinq cents (an 6, 1798). a Cette mission, dit M. Philippe Dupin dans sa no- « ticc sur Andrieux , était incompatible avec ses « fonctions de magistrature ; il fallut opter : il opta a pour celle des deux fonctions qui n'était point sa- « lariéc, mais qui lui semblait la plus liaute et la « plus importante pour le pays. » Certes, Andricux était capable d'un pareil dévouement ; mais le fait cité manque d'exactitude. Lorsque Andrieux fut élu législateur, au mois de floréal an 6 (1 ), il avait cessé de faire partie du tribunal de cassation ; car il est porté, dans YAlmanach national de Tan 6, à la tète des hommes de loi prés du haut tribunal où il avait siégé comme magistrat. — On ignore assez généralement que l'auteur des Étourdis avait fait une élude profonde des lois et de la jurisprudence ; on ignore aussi qu'il était versé dans les sciences de la politique et de l'administration : c'est ainsi qu'il se montra dans la tribune législative sous le directoire et sous le consulat. Membre du conseil des cinq cents, il prononça, le 21 avril 1798, un discours trèsétendu sur les écoles primaires et sur le mode de nomination des instituteurs par la voie des élections. Dans une motion qui fut alors trouvée scandaleuse, il demanda que les gens de lettres et les membres de l'Institut pussent cumuler plusieurs traitements : mais sans doute il ne voulait pas que ce cumul s'élevât, comme on l'a vu depuis, jusqu'à 50 ou 40,006 fr., et qu'un savant absorbât a lui seul ce qui suffirait à l'existence de dix autres. On le vit combattre la prorogation de la loi sur la compression de la presse. 11 présenta un projet, qui fut adopté, pour l'augmentation du traitement des juges, afin d'assurer leur indépendance. Il fit une motion en faveur des rentiers et des pensionnaires de l'État ; il combattit le projet sur la portion du traitement des employés saisissable par leurs créanciers ; il appuya le projet de Bcrlicr sur la liberté de la presse ; enfin il émit une opinion modificative du projet relatif à la déportation des prêtres. C'est sur sa proposition que fut ajourné le projet de clôture et de remboursement de l'emprunt contre l'Angleterre ; il fit aussi renvoyer au directoire la pétition du nommé Trocard. qui avait donné asile à plusieurs des malheureux députés de la Gironde. — Dans l'an 8 (1800) Andrieux fut nommé membre du tribunat. 11

(1) Des scissions avaient éclaté dans in assemblées électorale». Dans l'une des teeiions de Paris, séante a l'Institut, une fraction nomma Andrieux. l'aulre Gobier, qoi fut depuis membre du directoire. Audrieux déclarait hautement que l'élection valide était relia de son compétiteur. Elle f«t cependant annulée par la corps législatif, et celle d'Andncux fut déclarée valable.

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