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à St-André-des-Arcs, la décoration dit tombeau des de Thou, etc. Quelques-uns de ces monuments sont maintenant au musée des Petits- Augustin*. François Anguier avait fait aussi, eu 1658, le mausolée de Henri, duc de Montmorenci, décapité à Toulouse en 1652. Cette grande conqiosition, qu'il Ht pour l'église des religieuses de Stc-Marie, à Moulins, et qui n'a pas été détruite, est l'ouvrage le plus remarquable de François Anguier. Une grande pesanteur est le défaut principal des ouvrages de cet artiste, qui mourut à Paris le 8 août 1069, à l'âge de 65 ans. D — t.
ANGUIEH (Michel), frère cadet du précédent, naquit a Eu en 1612, et, dès l'dge de quinze ans, exécuta dans cette ville, où il ne trouvait ni maîtres ni modèles, quelques ouvrages pour l'autel de la Congrégation des jésuites. Après avoir travaillé quelque temps à Paris, sons Guillain, il rut le courage d'entreprendre le voyage de Home, sans avoir d'autres ressources que ses talents. Il eut l'avantage de travailler d'abord sous les yeux de l'Algarde, qui lui lit faire quelques bas-reliefs. Anguier fut employé ensuite |»our l'église de St- Pierre et pour quelques palais partit uliers, mais sans négliger l'élude de l'antique, à laquelle il consacra une partie des dix années île son séjour à Rome. Revenu en France en 1651, il se vit contrarié souvent par les troubles politiques. 11 ne laissa cependant |«s de travailler, et lit, entre autres, un modèle de la statue de Louis XIII, plus grand que nature, qui fut jeté en bronze, et placé à Narbonne. Il décora ensuite l'appartement de la reine Anne d'Autriche au vieux Louvre d'un grand nombre de ligures et de bas-reliefs acconq>agnant des peintures de Homanclli. La plus grande [i, ii lie des ouvrages de sculpture qui étaient au Valde-Grâce était de Michel Anguier; et le groupe en marbre de la Nativité, placé sur le maître autel, élait regardé comme son chef-d\ruvrc. L'académie le reçut dans son sein en 1668, le nomma, le jour même, adjoint à professeur, et peu après, professeur. Anguier lui donna, en 1669, un groupe de terre cuite représentant Hercule qui se charge de débarrasser Allas du fardeau de porter le monde, La même année, il fut adjoint à recteur, et recteur en 1671. II termina, vers ce temps, V Apparition de Nolre- Sfignrur à St. Denis et à ses coinjtagnoni , grand morceau de sculpture où le bas- relief et la rondebosse étaient employés à la fois, et qu'Anne d'Autriche lui avait demandé pour le maître autel de Sl-Penis de la Châtre. On omet plusieurs autres productions de cet artiste, pour arriver à l'une des plus considérables. Ce fut en 1674 qu'il exécuta les sculptures de l'arc triomphal dit Porte St-Denis. A la vérité, Lebrun , qui, en sa qualité de premier peintre du roi, voulait exercer sur tous les arts une suprématie à laquelle les sculpteurs du temps se soumirent, à l'exception du seul Pugct, ota le mérite de l'invention à Michel Anguier en le faisant travailler d'après ses dessins; mais le sculpteur n'en soutint pas moins sa réputation par la manière dont il exécuta ces grands ouvrages. L'âge et de longs travaux avaient altéré la santé d' Anguier, lorsqu'on lui de*
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manda un crucifix de marbre pour la Sorbonne. Il avait toujours été pieux, et dit, en l'exécutant, « qu'il « ne pouvait terminer sa carrière par un morceau « plus analogue à ses sentiments. » 1 1 lit. présent, en mourant, à l'église deSt-Roch, sa paroisse, d'un Christ en bois, qui fut ensuite placé dans la chapelle du Calvaire de cette église. Michel Anguier mourut le 1 I juillet 1686, à 74 ans, et fut enterré à St-Roch, prés de son frére aîné. Ou leur lit une épitaphe en huit vers français, trop médiocres pour être rapportés. Cet artiste est au nombre des lions sculpteurs du siècle de Louis X IV. Son goût de dessin est celui que Lebrun avait mis en vogue, c'est-à-dire qu'on y trouve presque toujours de la correction, mais que souvent aussi on y désirerait plus d'élégance. D— T.
ANGL'ILLARA (Giovanni Andréa mai/h l'un des plus célèbres poètes italiens du 16' siècle, naquit vers l'an 1317 à Sutri en Toscane, de {larenls pauvres et d'une liasse condition. Après avoir fait des éludes aussi bonnes que sa fortune le lui pcrmettait,il se rendit à Rome, où il se mit correcteur d'épreuves chez un libraire. I nc liaison secrète avec la femme de ce libraire, découverte par le mari, obligea l'Anguillara de quitter Rome ; il emportait avec lui quelque argent et quelques bardes, lorsqu'il rencontra des voleurs qui lui enlevèrent ces fruits de son travail. II arriva à Venise dans l'équipage d'un mendiant ; mais il trouva promptement de l'emploi chez le libraire Franeesehi. C'est là qu'il fit, pour un prix très-modique, sa traduction des Mélamorphoset d'Ovide, en vers italiens, et qu'il composa plusieurs autres ouvrages. II retourna ensuite à Rome, où sa réputation poétique était parvenue ; mais son malheur l'y suivit, et après avoir vendu, pour vivre, ses habits, ses livres, tout ce qu'il possédait, il mourut de besoin, et d'une maladie, fruit de son inconduitc, dans une auberge auprès de Torre di Nona. On ne sait rien de positif sur l'époque de sa mort ; on voit seulement, par une lettre d'Annibal Caro, qui lui est adressée, qu'il vivait encore en avril 1564. Sa traduction des Métamarphotes en oîlara rima a joui et jouit encore en Italie d'une grande réputation. Les critiques les plus célèbres, et entre autres Varchi, l'ont mise audessus même du poème original. Ces éloges sont exagérés ; mais l'auteur en mérite beaucoup, pour la facilité , pour l'élégance et la poésie de style : il est vrai que c'est plutôt une imitation libre qu'une traduction exacte. Il s'écarte à chaque instant de son texte ; il en retranche, il y ajoute ce qui lui plaît. Par exemple, au lieu de rendre par des expressions opposées l'une à l'autre, mais qui ont de la justesse et une sorte de gravité, la masse informe du chaos avant la création de l'univers, comme l'a fait en général Ovide dans ce morceau, il fait jouer ensemble, dans tous les vers d'une octave, comme Ovide dans deux des siens, le ciel, la mer, la terre et le feu , à peu près de cette manière : « Avant qn'exis- « tassent le ciel, la mer, la terre et le feu, déjà « existaient le feu, la terre, le ciel et la mer; mais « la mer déformait le ciel, la terre et le feu ; le feu « rendait difforme le ciel, la terre et la mer; car, o là où étaient la terre, et le ciel, et la mer, et le
■ feu, là étaient aussi le ciel, et la terre, et le feu, a et la mer; le terre, le feu et la mer étaiei.t dons « le ciel, et le ciel était dans la mer, dans le feu et a dans la terre. » C'est là un jeu d'esprit puéril, et un cliquetis de mots et d'idées beaucoup trop prolongé ; mais il s'en faut bien que tout le poème soit écrit ainsi ; la lecture en est généralement agréable; aussi en a-t-on fait un grand nombre d'éditions. La première, qui ne contenait que les trois premiers livres, fut faite à Paris, 1554, in-4°, et dédiée au roi Henri II. On en fit une complète à Venise en 1561, in- 4°, que le libraire dédia au roi de France Charles IX ; mais le nom de Henri H est constamment resté dans la seconde octave du poème, que l'auteur eut toujours l'intention de lui dédier en entier. La meilleure et la plus belle édition est celle des Giunti, Venise, 1584, in-4°, avec les figures de Jacopo Franco, les remarques d'Orologi, les arguments et les petites notes en marge de Turchi. Elle a clé réimprimée par les mêmes, en 1592. L'Anguillara avait aussi commencé une traduction semblable de Y Enéide. Le premier livre fut imprimé à Padoue en 1564, in-4"; mais l'ouvrage en resta là, soit par la mort de l'auteur, soit par tout autre motif. On a encore de lui : 1* Edipo, tragédie en vers libres, Padoue, 1556, in-4°, et Venise, 1565, in-8°. Ce n'est pas une simple traduction de YOEdipe roi de Sophocle. L'auteur y introduisit des épisodes, et y fit des additions, qui divisent l'intérêt et altèrent la simplicité du sujet. Elle fut cependant représentée, avec l>eaucoup tic magnificence et de succès, à Vicence, et ce fut pour cette représentation que le célèbre architecte Palladio éleva, en 1565, un superbe théâtre. 2° Quelques odes, ou canzoni, adressés aux ducs de Florence et de Ferrarc. 5° Des arguments en ollava rima, pour tous les chants du Roland furieux de l'Arioste. Le Tasse écrit, dans une de ses lettres, que l'Anguillara vendait cinq jules -au libraire chacun de ces arguments. 4 ■ Quatre capiioli, ou satires dans le genre burlesque, imprimées dans plusieurs recueils de pièces de ce genre; elles sont estimées, la dernière surtout, qui est adressée au cardinal de Trente, et dans laquelle l'auteur parle fort longuement de lui-même sans ennuyer, et trouve le moyen d'être piquant et gai, même en exposant sa misère. G— É.
ANGLTLLARA (Louis, ou Alovsio), médecin, savant botaniste italien, né vers le commencement du 16* siècle, à Anguillara, petite ville de l'État ecclésiastique, d'où il a pris son nom. La réputation qu'il s'était acquise par ses voyages lui mérita de la part de la république de Venise le titre de simplicwlo, ou de son botaniste en chef, et la place de directeur du jardin de botanique de Padoue. 11 fut le troisième qui la remplit depuis la fondation de ce jardin, en 1540. Il remplaça Mundella, qui se nommait comme lui Alovsio, ce qui a occasionné quelques méprises, et il fut remplacé par Guilandin, lorsqu'en 1561 il quitta cette place, dégoûté par les tracasseries qu'on lui suscita, pour se retirer à Ferrare, où il mourut eu 1570. On a peu de détails sur sa vie privée. Voici ceux qu'on a pu tirer de
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seul ouvrage qui ait paru sous son nom. On ignore où il lit ses premières études, mais elles furent soignées, et surtout dirigées vers la connaissance des langues anciennes; en sorte que, se trouvant entraîné vers la botanique, il put facilement remonter aux sources : il chercha donc, suivant la manière d'envisager alors cette science, à reconnaître les plantes mentionnées dans les auteurs grecs et latins ; mais il sentit de bonne heure que, pour y parvenir, il fallait visiter les pays où ils avaient écrit. Ce fut dans ce dessein qu'il parcourut successivement toute
I llalie, rillyrie, la Turquie, les principales Iles de la Méditerranée, Crète, Chypre, la Corse et la Sardaigne, enfin l'Helvétie transalpine, et les environs de Marseille. De grandes connaissances résultèrent de ces courses, et lui acquirent beaucoup de célébrité, en sorte qu'il se trouva en relation avec les savants les plus distingués, qui le consultèrent sur les difficultés que leur présentait l'histoire des plantes, et surtout sur la concordance des noms anciens avec les modernes. Anguillara répondit à cette confiance en exposant son opinion ou parère dans des lettres particulières. Marincllo, qui était un de ses correspondants, réunit quatorze de ces lettres, et les publia du consentement de l'auteur, sous ce titre : Sempliei deir eceelente M. Anguillara, li quali in piû pareri a diverti nobili nomini teritli appajnno et nuavamente da M. Giovanni Marinelln mandali in /«ce, Venise, Vinc. Valgrisi, 1861, in-8°. Ijé même imprimeur en donna, la même année, une autre édition, que l'on préfère, parce qu'il y a deux figures de plantes qui ne sont pas dans la première. Quoique peu volumineux, ce livre a suffi pour établir ta réputation d'Anguillara. Toutes les lettres qui le coni|H>sent sont datées de Padoue, la première du 10 avril 1558, et la dernière du 20 mai 1560. On sent qu'un ouvrage de oc genre ne peut avoir de plan déterminé ; car ce n'est qu'à mesure que l'occasion se présente que l'auteur parle des plantes qu'il a observées dans ses voyages. Il se contente quelquefois de les désigner par le nom vulgaire qu'elles portent dans leur pays natal ; et plus d'une fois, Anguillara a reconnu que ces noms étaient ceux des anciens, avec une légère altération, ce qui l'a beaucoup aidé dans ses recherches : plus souvent il ajoute une description, mais qui est si précise, que, malgré sa brièveté, elle suffit pour reconnaître presque toutes les espèces dont il fait mention. Il s'en trouve au moins une vingtaine qu'il a fait connaître le premier : dans deux occasions seulement, il a ajouté des planches en bois passablement exécutées ; mais la manière dont il a éclairci les passages des anciens botanistes a encore été plus utile à la science.
II les connaissait tous parfaitement, depuis Théophraste jusqu'à Cassianus Kassus : non content d'étudier ceux qui étaient imprimés, il avait recours aux manuscrits : c'est par leur moyen qu'il put connaître Cralievas; il en cite plusieurs passages en grec, et ce sont les seuls de cet auteur qui aient été imprimés. En général, son style est facile et ne manque pas d'élégance; il disente avec sagacité, modestie, et surtout beaucoup de modération, en
sorte que, lorsqu'il attaque les opinions de ses contemporains , c'est avec tous les ménagements possibles ; mais ils lui furent inutiles vis-à-vis de Matthiole ; c'est en vain qu'il lui prodigua les épithétes les plus flatteuses, et même celle û'ectelenlissimo. Celui-ci ne put lui pardonner d'avoir relevé quelquesunes de ses méprises ; il répliqua à sa manière, c'est-àdire avec des injures. Anguillara ne fut pas toujours de l'avis de Lucas Ghini, qui était alors regardé comme l'oracle de la botanique, et on a remarqué qu'il avait été le seul qui n'en eût pas parlé trèsavantageusement ; mais on est parti, pour lui faire ce reproche, de la supposition qu'il avait été le disciple de ce célèbre professeur. Dans ce cas, on pourrait accuser Anguillara d'avoir été peu respectueux envers son maître ; mais tout nous porte à croire que ces deux hommes n'ont été que contemporains. Ilaller dit qu' Anguillara fut le disciple de Constantin Hhodiola, tpeziale ou apothicaire en Créle. 11 fonde cette opinion sur un passage d'Anguillara ; mais il parait que le savant Allemand, si exact ordinairement, s'est trompé dans l'interprétation du passage qu'il cite : il prend le mot mae$lro dans le sens de professeur, au lieu qu'il signifie, selon nous, maître un tel , terme employé fréquemment à cette é|>oque. Tournefort fait mention, d'après la Bibliothèque nitrique de Schenck, d'une traduction latine de cet ouvrage, avec des notes faites par Gaspard Bauhin, et Séguier l'indique sous ce titre : Aloyxii Anguillara de Simplicibus liber primut, rum noti$ Gatpari liauhini , Batilea , apud Henricum Petrum, 1593. Ilaller la cite, mais d'après Séguier, sans l'avoir vue. Après avoir fait plusieurs recherclies infructueuses pour constater l'existence de ce livre, recourant à Schenck lui - même, nous avons appris qu'il n'avait jamais été imprimé. L'ouvrage original est devenu très-rare. Il parait qu' Anguillara s'attira de puissants ennemis; Matlhiole, dans la vie d'AIdrovande, en parie avec le plus profond mépris , et Aldrovande lui-même en faisait peu de cas. Guilan dinus le nommait par dérision olilor patavinus. Peutêtre que ce médecin, connu par sa causticité, lui suscita des désagréments par l'amertume de ses critiques, à tel point qu'Anguillara, se trouvant discrédité, abandonna sa place. Elle fut occupée tout de suite par cet antagoniste. Anguillara, retiré à Ferrare, se rendit célèbre par la composition de la thériaque, et il alla jusque dans la Pouille chercher les plantes nécessaires, accompagné d'un religieux augustin nommé EvangelLsta Quadramio, qui fut, par la suite, botaniste du duc de Ferrare. Anguillara survécut peu de temps à ses expériences sur cette composition , et mourut en octobre 1570, sans avoir rien publié par lui-même. On ne sait ce que devinrent, après sa mort, ses nombreux matériaux : on doit les regretter, car, d'après l'échantillon donné [Kir Marinello, on peut juger qu'ils étaient très-importants ; ce seul essai a suffi pour placer Anguillara au nombre de ceux qui ont le mieux réussi 4 rattacher les connaissances botaniques modernes aux anciennes: c'est le témoignage que lui rei.d un des juges les plus compétents sur ce point, Sprengel,
dans son Historia rri herbarim, et le fréquent usage qu'il a (ait de cet auteur, pour déterminer les plantes de Dioscoride et de Pline , en fournit la preuve. I>e célèbre Gartner a voulu tirer son nom d'uu oubli qu'il ne méritait pas, en donnant le nom il'Anguil* tara à un nouveau genre qu'il a formé ; mais celle tentative est devenue inutile, parce que, dans le même temps, de Jussieu le nommait Daduia, et
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SWftrts, Ardhin : <* dernier nom a prévalu, quoiqii*
le moins convenable. I> — 1* — s.
ÀNGUS ( Wir u \ms ), frraveur anglais, élévr do William Wnlker, s'esl distingué dans la {gravure dn («ysage. Sa vie n'offre aucune particularité remarquable. In do ses |rrinci[uiux ouvrages est une collection de Vue» de» rétidrnrn de la nrandrtt d*la\>rtHr nobleue. Angus est mort le 1 2 ociobre 18it . K.