‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 126 sur 129 · NG · texte numérisé non relu

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lemenj, par un passage 4c la vie d'L'ssum-Cassan, qu'il n avait poinl encore fini cei ouvrage au mois d'août 1 524 , puisqu'il y dit , cltapitre 25 , que ce fut à cette inéme époque qu'où apprit la mort du sophi. C'était cinquante et un ans après la bataille sur l'Euphrale, où Angiolello s'était trouvé. G — t.

ANGI VILLER ( le comte Charles-Cl.u de Lann.L vrderie d'), directeur général des bâtiments du roi , jardins, manufactures et académies; maréchal de camp, commandeur de l'ordre de St- Lazare «t membre de l'académie des sciences, fut d'abord un des gentilshommes de la manche attachés à l'éducation des enfants de France, et se (il par là connaître de Louis XVI , qui eut toujours pour lui une grande prédilection et le consulta souvent sur les affaires de l'État , et même sur le choix de ses ministres. Turgot lui dut en grande |iarlie son élévation. Ils étaient fort liés, et tous deux trèsallarhés à la secte des économistes, fondée par le docteur Quesnay. Le comte d'Angiviller obtint aussi

rur lui-même un avancement trés-rapidc , et des commencement du régne de Louis XVI il fut nommé maître des requêtes, conseiller d'Etat, surintendant des bâtiments, l'une des plus belles places du royaume (1), et intendant du jardin du Roi, en survivance de Ruffon. Il se lia étroitement alors avec les ministres Vcrgennes et Galonné. Le comte d'Angiviller aimait beaucoup la société des artistes et des gens de lettres, et il fut notamment fort lié avec Ducis , qu'il avait logé auprès de lui , dans le Louvre. Sa femme se distingua aussi parle même zèle pour les sciences et les lettres. ( Yoy. l'art, suivant.) La direction du jardin du Roi lui était conliée, et il usa toujours de son pouvoir dans l'intérêt des sciences et des arts. D'Angiviller se montra dès le commencement fort opposé à la révolution ; et , s'étant fait par là beaucoup d'ennemis, il ne trouva pas un défenseur dans ceux qu'il avait aeeueillis et protégés si longtemps, et que les événements venaient de rendre puissants. Charles Lameth l'ayant accusé, dans la séance du 7 novembre 1700, de multiplier les dépenses , et d'avoir présenté un compte de 20 millions fort exagéré, d'Angiviller, dans une réfutation qu'il envoya à l'assemblée , nia formellement ces assertions ; et l'affaire en resta là pour le moment. Mais le 15 juin 1791 , sur le rapport de Camus, un décret ordonna la saisie de ses biens, Dl ligé de quitter la France, il se rendit en Allemagne , puis en Russie , où il obtint un traitement de l'impératrice Catherine II. Revenu en Allemagne, il y est mort en lit 10 dans un couvent de moines. Il avait formé à grands frais un riche cabinet de minéralogie qu'il céda, en 1780, au cabinet d'histoire naturelle. Il écrivait à Delillc : « M. de Buffoq a a enlevé mon cabinet.... Je n'y ai pas de regret ,

(I) llpffro» de Rriitny. si linrles<|oenieQt ronnn sous le nom de toutia Jacquet, dit, dans son lUetioimaire ntolotique, en partant de telle \Attt : Citait m easùlé fiattructioa publique tout entier. « Le roi, dit Labarpe, dans sa Correipoaiaate littéraire, coro- « mande tous les ans qoatre statues de nos plus grands hommes; ■ niais le direrteur des bâtiments, le romle d Anjmller. ne thoi- • lit pts toujours bien, n Labarpe était alors philosophe, et le conte tfAsfiTiller mit eboisl Bosseet, Frotta, Pwral, eie.

« et vous savez que je n'avais fait des sacrifices con-

■ sidérahles que dans ce seul objet, n II recommandait à Delille de ne point parler de celte cession , parce qu'il est inutile , disait-il , qu'elle soit connue. M— oj.

ANG1VILLER (E.-J. de Labqrde, comtesse o' ), qui avait épousé en premières noces M. Binet de Marchais, se fit remarquer à Versailles par le citai nie de son esprit, et surtout par celui de sa voix. Son goût pour le citant lui procura la faveur d'être admise, avec les personnages les plus graves de la cour , sur le théâtre des petits appartements, où la marquise de Pompadour, dès 1748 , jouait et faisait jouer la comédie pour les plaisirs d'un roi déjà blasé et fort difficile à amuser. «C'est à elle, dit l'auteur de « la Vil privée de Louis X Y, qu'on doit ce goùtscéni- « que qui s'est emparé de toute la France, des princes, « des grands, des bourgeois; qui a péuétre jusque dans a les couvents, etc. i» Marmontel a consacré cinq pages du 5" livre de ses Mémoires à l'éloge de madame de Marchais, qui épousa plus tard le comte d'Angiviller. Celui-ci était jeune, il réunissait à une belle ligure le goût des lettres et des arts, un esprit cultivé, une grande fortune , la faveur du monarque et la confiance intime du dauphin. Et cependant voici , selon l'auteur des Contes moraux, dans quelle position cet homme aimable, et qui jouissait d'une considération si rare à son âge , se montrait en présence d'une femme qu'il aimait depuis quinze ans : « Inséparable a de madame de Marchais, mais triste, interdit de- « vant elle , d'autant plus sérieux qu'elle était plus «riante; timide et tremblant à sa voix, lui dont le « caractère avait de la fierté , de la force et de l'é- « nergic; troublé lorsqu'elle lui parlait, la regardant « d'un air souffrant, lui répondant d'une voix faible, « mal assurée et presque éteinte... Si ce personnage « d'amant malheureux n'eût duré que peu de temps , « on l'aurait cru joué; mais plus de quinze ans de « suite il a été le même. » Enfin le comte épousa celle qu'il avait tant et si longtemps aimée. Quelques autres traits de l'éloge fait |iar Marmontel , quoique visiblement exagérés , méritent d'être recueillis. « Elle « n'était pas seulement , dit-il, la plus spirituelle et « la plus aimable des femmes, mais la meilleure et « la plus essentielle des amies, la plus active, la plus «constante. Imaginez-vous tous les clarines du ca- « ractère , de l'esprit , du langage , réunis au plus « haut degré, et même ceux de la figure , quoiqu'elle «ne fût pas jolie; surtout dans ses manières mie « grâce pleine d'attraits : telle était cette jeune fée. a Marmontel continue encore longtemps ce magnifique éloge ; il loue la taille de son amie dans sa petitesse, son maintien imposant, ses connaissances variées, étendues, depuis la plus légère et brillante littérature jusqu'aux plus hautes conceptions du génie; la) netteté , la finesse , la justesse et la rapidité de ses idées, sa conversation brillante par un choix d'expressions toujours heureuses, sa bonté intarissable , etc. , etc. 11 nous apprend que sa société était composée de tout ce que la cour avait de plus aimable et la littérature de plus distingué; Buffon , Thomas, Labarpe, Ducis, l'abbé Maury, s'honoraient,

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ainsi que Marmontel , d'être au nombre de ses amis. Les jeunes femmes venaient chez elle étudier l'air et le ton. Dans son enthousiasme, Marmontel loue jusqu'à son silence animé par le feu d'un regard spirituellement attentif; et, pour conclusion devenue nécessaire , le panégyriste dit que cette femme était unique. Il (allait du moins qu'elle fût très-aimable, puisqu'elle sut exalter à ce point le froid auteur de Bélisaire. — On crut, dans le temps, que Thomas avait voulu peindre madame d'Angiviller dans son Ettai sur les femmes , quand il dit : « Il y a dans ce « siècle , et dans cette capitale même , des femmes « qui honoreraient un autre siècle que le nôtre. Plu- « sieurs joignent à une raison vraiment cultivée une « ame forte, et relèvent , par des vertus, leurs sentiments de courage et d'honneur. Il y en a qui « pourraient penser avec Montesquieu , et avec qui « Fénélon aimerait à s'attendrir, etc. » — Ce fut à un souper chez madame de Marchais qu'en 1774 madame du Deffand, complimentée sur la perte qu'elle venait de faire , ce jour-là même , du comte de Pont de Vcyle avec qui elle vivait depuis quarante ans , dit ce mot singulier : u Hélas ! il est mort ce soir à six «heures; sans cela vous ne me verriez pas ici. » Et Laliarpc, qui était un des convives, raconte «qu'elle a soupa comme à son ordinaire , c'est-à-dire fort « bien, car clic était très-gourmande. » ( Correspondance liKfr. , t. 3 , p. 140.)— A la mort de Louis XV, le comte d'Angiviller remplaça l'abbé Terray dans la direction générale des bâtiments, des manufactures et des académies . il obtint la survivance de tiuffon dans l'intendance du jardin du Roi ; et sa maison fut plus que jamais le rendez-vous des savants, des littérateurs, des artistes et de ce que la cour et la ville avaient de plus distingué. Madame d'Angiviller passa le régne entier de Louis XVI, jusqu'à la révolution, dans toutes les jouissances que donnent la richesse, l'esprit, la vogue et le crédit. Mais tout changea pour elle, comme pour tant d'autres , lorsque la monarchie acheva de s'écrouler dans la journée du 10 août. lx comte d'Angiviller avait émigré. Sa femme s'était retirée à Versailles , où elle vivait des débris d'une grande fortune. Elle traversa les temps orageux de la république dans des transes continuelles ; et , pour n'être pas inscrite sur la liste des suspects où les comités révolutionnaires avaient porté la moitié de la France, elle jugea nécessaire un grand sacrilice à la |>cur : elle fit solennellement hommage à la société insulaire de Versailles d'un buste de Marat , et dut à cette démarche singulière d'échapper à la prison , et probablement à l'échafaud. Après le règne de la terreur, elle vit arriver avec plus de courage le directoire, le consulat et l'empire. Klle avait fait empailler un petit épagneul aimé quand il vivait, pleuré après sa mort , et que pendant plusieurs années elle conserva placé dans son appartement, sur un lit de verdure, entre des arbustes et des fleurs. Mais enlin un beau jour, soit crainte , soit admiration , l'animal Adèle et si longtemps regrette fut remplacé sur son trône par le buste de l'empereur. —Madame d'Angiviller s'était formé de nouveau une société aimable : elle attirait

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chez elle Ducis; l'abbé de la Fage, qui s'était fait un nom comme prédicateur; mademoiselle de la Tour-du-Pin; madame Babois, qui dans l'élégie n'avait point de rivale ; la duchesse de Villeroi {voy. ce nom ) , qui avait composé des chansons pour les Actes des apôtres, et d'autres personnes distinguées qui avaient fixé leur séjour à Versailles. Mais alors la jeune fée de Marmontel se trouvait bien changée : ce n'était plus qu'une coquette d'esprit , vieille et spirituelle , et en même temps une dévote mondaine , qui avait des travers singuliers ; elle douuait chaque semaine des diners profanes et des dîners de sanctification. Tous les vendredis l'abbé de la Fage débitait, en présence de quelques élus, au nombre desquels était toujours Ducis, un de ces sermons qu'il avait prêches à la ville et à la cour, et qu'alors il ne pouvait plus faire entendre que dans un salon ou dans un boudoir. Un jour l'abbé prêcha sur la tempérance , ce qui ne l'avait pas empêché de prendre sa bonne part du succulent festin qui précédait toujours le sermon. — I . "âge avait amené des idées bizarres dans la têle de madame d'Angiviller : elle croyait déjà depuis longtemps que la mort provenait d'un racornissement. En conséquence, pour reculer le fatal accident , elle passait chaque jour deux et trois Iteures dans le bain, pour tenir sa frêle machine dans un état émollient ; et puis elle rentrait dans son lit, qu'elle ne quittait jamais que pour sa baignoire, afin de ne |tas racornir. Le style de ses lettres avait aussi sans doute subi une révolution ; il était alors mignardise:, fardé, prétentieux; c'était de l'esprit du temps de Marivaux, de Crcbillon lils et de Dorât. C'est dans sa cliambre qu'elle recevait , qu'on lisait des vers , qu'on causait du tiers et du quart, qu'on prêchait et qu'on dinait. Voici la description de l'appartement ou du temple de la fée : l'escalier était garni, sur toutes les marches, à droite et à gauche, d'orangers , de tubéreuses , de grenadiers, de lauriers- roses et d'autres arbustes, qui faisaient aussi d'un long corridor une allée de verdure. On arrivait dans le sanctuaire : les volets étaient presque fermes , et à travers les rideaux et les draperies ne pénétrait jamais qu'un jour incertain , faible et fantastique. Des caisses d'arbustes et des vases de fleurs étaient disposés au pourtour en gradins. Ou tournait un large paravent , et l'on arrivait en face du lit où l'on avait peine d'abord a distinguer la vieille dame ; enfin, quand les lumières ménagées avec art venaient permette de distinguer les objets sans trop les éclairer, on voyait madame d'Angiviller, déjà plus qu'octogénaire hautement coiffée en cheveux d'emprunt, farcis de poudre blonde, flanqués de bouffettes de comètes roses et lilas. Sur le haut de sa tête était attacM un voile blanc comme celui d'une vierge ou d'une vestale de l'opéra : un chàlc , noué en cravate , cachait le bas de la ligure jusque sous la lèvre inférieure. Un des bras de la dame, élevé, tenait ou agitait un éventail, et se montrait orné d'un bracelet de rubans noirs. On apportait aux dames des chaufferettes où brillaient des essences. Des essences étaient aussi jetées sur des réchauds derrière le paravent , et les odeurs et les parfums des fleurs, sans air et sans

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soleil, étaient suffocants. C'est entre le lit et le paravent que le dincr était servi , toujours fin et délicat. On apportait alors à madame d'Angiviller un potage de bouillon de grenouille, qu'elle mangeait lentement avec une cuiller à café : elle ne prenait pas d'autre aliment. Les convives sortaient souvent malades et presque asphyxiés. «Ces diners me font mal, disait « un jour Ducis. Je n'irai plus là. Qu'ai-je affaire à « des cadavres attendant que je leur apprenne qu'ils a sont encore en vie ! » Mais les sermons de l'abbé de la Fage et les cajoleries complimeuteuses de la fée l'empêchaient de donner suite à ces boutades d'un moment. C'est ainsi que s'écoulaient les derniers jours de la vie de madame d'Angiviller, tandis que son mari achevait la sienne d'une manière plus austère, mais presque aussi remarquable par sa singularité, dans un couvent de moines d'Allemagne. On disait qu'il s'était lassé des fantaisies de sa femme et des bains perpétuels qu'elle lui imposait dans ses idées de racornissement. Cependant, malgré son hygiène relâchante, madame d'Angiviller mourut d'une rétention, le 14 mars 1808, dans la 85' année de son Age. M . Caron , alors professeur au lycée de Versailles , lui consacra une notice nécrologique dans le Journal de Seine-ei-Oùe. » On croit généralement, « y est-il dit , que son portefeuille doit renfermer « quelques traits de ses pensées et de sa féconde « imagination. Cependant c'est un secret qu'on n'a «jamais pu dérober à sa modestie.» Ce secret, s'il a existé, n'est point encore connu ; mais ce qui a été publié par la reconnaissance et par la voix du pauvre, ce sont les secours que madame d'Angiviller prodiguait aux indigents. L'auteur de la notice nécrologique dit : « Plus de trente familles a Versailles « devaient i ses libéralités leur subsistance jottma- « liére. « Or il y a dans ce fait l'excuse de trente ridicules. V — ve.

ANGLADA (Joseph), médecin distingué, naquit à Perpignan le 17 octobre 1775, d'un père qui luimême exerçait Part de guérir avec habileté dans cette ville, a l'université de laquelle il remplissait, avant la révolution, les fonctions de recteur et de professeur en chimie. -Avec un tel exemple sous les yeux, Anglada n'hésita même pas sur le choix de la carrière qu'il devait embrasser; la médecine et la chimie se partagèrent tous ses moments, dès qu'il eut terminé la série de ses études préliminaires. Après avoir servi pendant quelque temps comme chirurgien dans les hôpitaux de sa ville natale, il obtint, par l'honorable voie du concours, le droit d'aller compléter son instruction médicale aux frais de l'Etat, dansl'écolede Montpellier. Fouquet, qui brillait alors dans cette grande école, où il avait créé l'enseignement clinique, ne tarda pas à distinguer le nouvel élève, qui se faisait remarquer par une ardeur et une persévérance peu communes. Anglada fut récompensé de son travail opiniâtre parla place de chef de clinique, dont il remplit les fonctions avec une exactitude exemplaire. Dans le même temps il suivait les cours de chimie de l'illustre Chaptal, auquel il inspira également un intérêt qui devait être un jour la source de sa fortune. En I7W, il reçut le

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bonnet doctoral, vint perfectionner ses études médicales A Paris, et retourna modestement à Perpignan, ne se sentant d'autre ambition que d'être utile à ses concitoyens, comme son p re l'avait été, et de se consacrer tout entier à leur service. Mais à cette époque les hommes d'un vrai mérite ne parvenaient pas, même quand leur goût les y portait, à s'ensevelir dans l'obscurité. Chaptal, ministre de l'intérieur, et dont l'administration a laissé de si grands souvenirs, réorganisait les écoles de santé, et apportait surtout des |KTfectionnements remarquables à celle de Montpellier, pour laquelle il conservait une secrète prédilection. Anglada, dont il n'avait \m perdu le souvenir, fut chargé par lui de mettre en ordre le cabinet, dont les matériaux étaient confusément entassés. Ce travail convenait à la tournure spéciale de son esprit, naturellement enclin à classer et généraliser les idées. Mais avec quelque assiduité qu'il remplit sa place de conservateur, elle lui laissait encore beaucoup de loisirs, dont il profita pour cultiver la chimie, qu'il aimait avec passion, et dans laquelle il avait acquis des connaissances profondes. Les cours particuliers qu'il lit sur cette science favorite lui valurent une réputation méritée ; l'université le récompensa, en 1800, par la chaire de professeur à la l'acuité des sciences, dont il devint doyen en 1816. Quatre ans après, en 182(», à la mort de Derthe, ses vaux les plus ardents furent comblés par sa nomination h la chaire de thérapeutique et de matière médicale. Il se vit ainsi ramené dans une sphère d'idées qui n'étaient pas nouvelles pour lui, mais qu'on lui croyait moins familières que celles de chimie, parce qu'il n'avait pas encore trouvé l'occasion de mettre le public en confidence des résultats de ses longues méditations. Pendant tout le temps qu'il professa la thérapeutique, on reconnut, dans la sûreté de son jugement et dans la justesse des principes qu'il émettait, un médecin à qui la science de la vie et des maladies était familière. Comme l'a dit le professeur René, ceux qui affectaient de ne voir en lui qu'un homme qui avait abandonné la médecine pour les sciences physiques furent contraints de reconnaître que, loin d'être déplacé dans une cliairc éminemment médicale, il était, au contraire, destiné a en devenir l'ornement. Des mutations qu'une nouvelle réorganisation avait rendues nécessaires le contraignirent plus tard d'échanger cette cliaire contre celle de médecine légale. Là encore il lit preuve d'une grande rectitude de jugement, en ne se renfermant pas, comme on aurait pu le penser, comme l'avaient peut-être espéré les promoteurs de celle mutation, dans le cercle des problèmes de la toxicologie, qu'il était plus propre que beaucoup d'autres, par sa spécialité chimique, à éclairer des lumières de la science. Durant quelques années, il s'attacha surtout à enseigner la partie qui exige plus jtai ticuliérement des notions médicales, et s'il ne s'y montra pas aussi supérieur qu'il eût pu l'être dans la branche qui se rattachait à l'objet constant de ses études, du moins ne fut-il jamais au-dessous de sa tâche. La mort le surprit le 19 décembre 1833. La maladie qui l'enleva n'aurait peut-être pas eu une fin si dé-

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plorable, si elle n'avait été aggravée par le soin scrupuleux qu'il mettait à remplir religieusement les devoirs de sa double plane. Ses ouvrages sont en petit nombre, mais inarqués au cachet, sinon d'un talent éminent, du moins d'un savoir solide et du désir de contribuer aux progrès de la science, au bien de ses semblables : 1° Dissertation sur Us connaissances et les qualités nécessaires au médecin, Montpellier, 1797, in-4". Cette thèse de réception était en quelque sorte un portrait auquel Anglada s'est attaché tuule sa vie à ressembler le plus possible. M. René a dit avec raison qu'elle est traitée avec une naïveté de style et une fraiebeur de pensée qui apprennent au lecteur que celui qui l'écrit est aussi bon citoyen que bon médecin. -j Mémoires pour servir à l'histoire générait des eaux minérales sulfureuses et des eaux thermales. Paris, 1. 1 , 1827 ; 1.2, 1828, in-K Anglada avait été chargé par le conseil général du département des Pyrénées-Orientales de faire connaître toutes les ressources chimiques et médicales que peuvent fournir les eaux minérales répandues avec tant de profusion sur ce point de notre territoire. Ses recherches lui fournirent les matériaux de cet ouvrage et du suivant, tous deux placés au ranidés plus remarquables dans le genre. Les mémoires, au nombre de huit, sont relatifs à la chaleur des eaux minérales, à ses causes probables, et surtout à ses principales attributions; à l'examen de la glairine, matière rapprochée des substances animales, qui accompagne constamment les eaux sulfureuses ; à la présence et à la manière d'être du principe alcalin dans ces eaux ; au dégagement spontané du gaz azote qui s'exhale des eaux sulfureuses, et à la théorie de ce phénomène, comme se rattachant a l'action exercée par les principes sulfureux sur l'air retenu dans les eaux ; à la constitution des ingrédients qui composent ces dernières ; à une nouvelle classification des eaux minérales ; enfin à l'art de fahriquer artificiellement les eaux minérales des Pyrénées. S" Traité des eaux minérales et des établissements thermaux du département des Pyrénées' Orientales, Paris, 1833, 2 vol. in-8". Anglada ne s'est pas contenté d'explorer les sources qu'utilisaient déjà des établissements plus ou moins anciens , son attention s'est également portée sur toutes les eaux sulfureuses nue le pays a pu lui offrir. De cette manière, il est parvenu, dans l'un de nos plus petits départements, où l'on ne compte que deux cent vimrt-sept communes, à trouver quarante d'entre elles qui possèdent des eaux minérales, dont seize thermales, vingt ferrugineuses froides et quatre salines. Suivant lui, la chaleur des eaux thermales n'est pas due, comme on le pensait, au voisinage des volcans éteints ou brûlants encore, au feu central, mais à l'action électro-motrice des principes qui constituent l'écorce du globe terrestre. 4° Traité de toxicologie générale, envisagée dans ses rapports avec la physique, la pathologie, la thérapeutique et la médecine légale, Paris, 1835, in-8°, ouvrage posthume, publié par le fils de l'auteur, M. Charles Anglada. J — D — N.

ANGLE (Jêr.-Ch. dk l ). Toyes Flkuruu.

AKGLEBERME (Jban-Pïrrhus d*) , professeur

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en droit a l'université d'Orléans, et depuis conseiller au sénat de Milan, naquit à Orléans vers 1470, d'un médecin originaire de bohème, mais naturalisé français. Il eut pour guide dans les belles- lettres le célèbre Érasme, avant de se livrer à l'étude de la jurisprudence, dont un des premiers il cherchait à débrouiller le chaos. Etienne l>asquier, dans ses Reeherches de la France, n'oublie point la netteté avec laquelle d'Anglebcrme donnait ses leçons. Quand il prononça le panégyrique de la ville d'Orléans, il témoigna sa reconnaissance aux écoles en se glorifiant d'en être membre depuis puis de dix ans. Otaries Dumoulin, alors son élève, avoue dans plusieurs de ses traités qu'il doit le bon sens qu'on trouve dans ses livres à d'Anglebenne, qu'il appelle juriseonsuliissimus et utriusque lingum peritissimus. François I" nomma d'Angle berme conseiller au conseil souverain de Milan ; mais il ne jouit pas longtenqts de celte dignité. Alciat nous apprend que son illustre ami fut du nombre de ceux qui, sans avoir approfondi les ressources de la médecine, croient qu'il suilit d'en avoir parcouru les formules pour les appliquer à leur santé. Le conseiller de Milan, voulant se guérir d'une blessure que lui avait causée l'explosion d'un magasin à poudre, prit sans discernement une drogue qui lui brûla les entrailles. Il mourut en 1521, ayant à peine atteint sa 50* année. Alciat , vivemeut louché de sa fierté, lit graver sur son tombeau huit vers qui ne donnent pas une grande idée du talent poétique de l'auteur. On attache avee raison plus d'importance aux suffrages que d'Anglebcrme obtint de ses compatriotes, qui n'ont jamais fait l'éloge de l'université d'Orléans sans le citer comme un des plus savants professeurs. Sa postérité subsiste encore, tant à Paris qu'à Orléans. C'est sur les papiers de famille que nous rectifions les erreurs de Moréri et des lexicograplies qui n'ont été que ses copistes. On a d'Anglebcrme : 1° InsliMio boni magistratus, Orléans, 1500, in-4"; Paris, 1519. 2» fi* de St. Euverte et Eloge de St. Aignan, tous les deux évéques d'Orléans. 3° Panégyrique de (avilie d'Orléans, prononcé, non point en 1510, mais au temps de l'évéque Germain de Gannay qui ne commença a sié ger qu'en 1514. Ce panégyrique, écrit avec beaucoup d'art, se fait de plus remarquer par une délicatesse alors peu commune. 4° Mililia regum Francorum pro re ehrisliana, site opusculum de rébus fortiter a Francis gestis pro fidt ehrisliana, Paris, 1518. 5° Fragments des déclamations d'Apulée, sous le tihe d'Apulei Floridorum libri quatuor, Paris, 1518, in 4 6" Tirs posteriores libri Codicts Justiniani, et de Romanis Magistraiibus libri très, in-4», 1518, dédié au cltancelier Duprat. 7 • Commenlarius in Auretianas Consueludines. Charles Dumoulin, en parlant de ce commentaire, dit avec raison que son professeur, trop prévenu en faveur de la jurisprudence romaine, n'a pas connu le véritable esprit du droit coutumier. 8° Dissertation sur la loi saliqut, imprimée séparément en 1015. If Anplebernie montre la sagesse de cette foi nationale par une foule de textes des lois romaines, qui établissent l'incapacité de» femmes pour le gouvernement. U chapitre le plut

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Historique renterme une enumeraiion circonsianLK» des femmes qui, élevées au souverain pouvoir, en ont manifestement aliusé. 9° Plusieurs traités sur des questions de droit, dont quelques-uns ont été longtemps consultés. 10* Ses différentes exliortations à ses élèves pour maintenir en eux l'amour de l'étude, parmi lesquelles on distingue celles sur l'inconstance de la fortune, et l'éloge ingénieux de la danse et de la musique, tiré en grande partie de Lucien. Jurisconsulte, historien, poète, d'Angleberme, né avec les plus heureuses dispositions, et familier avec les meilleurs écrivains de l'antiquité, eût mérité dans l'histoire une place plus élevée, si, comme tant d'autres écrivains de son temps, il n'eut trop souvent surchargé ses écrits du poids d'une érudition indigesté ou déplacée. P— D.

ANGLES (Chables-Grégoibb), né le 4 septembre 17156 à Veynes en Dauphiné, où sa famille était établie depuis plusieurs siècles, fit ses études à Grenoble, chez les jésuites, et devint conseiller au parlement. Il se montra fort opposé à la révolution, et Tut obligé de se réfugier en Savoie à l'époque de la terreur; mais ayant voulu rentrer en France, il y fut arrêté et longtemps détenu dans les prisons de Grenoble. 11 allait être traduit devant la commission révolutionnaire d'Orange, et sa mort était inévitable, lorsque la chute de Robespierre le sauva. 11 vécut depuis ce moment dans la retraite, et ne remplit pas d'autres fonctions que celles de maire de son Village jusqu'à la restauration des Bourlwns. Angles fut alors nommé premier président de la cour royale de Grenoble, puis membre de la chambre des députés par le département de l'Isère ; il a présidé cette chambre comme doyen d'âge pendant six sessions consécutives, votant toujours avec le côté droit, et ne manquant aucune occasion de combattre les opinions révolutionnaires. Il prit beaucoup de part aux lois répressives de la presse. Ce magistrat est mort le 5 juin 1825. — Son lils, le comte Jule» AXulès, né à Grenoble en 1778, acheva ses études à l'école polytechnique , fut nommé auditeur au conseil d'État, et devint en 1808 intendant d'une partie de la 8ilésie, puis de la basse Autriche, avec le titre de maître des requêtes Sa conduite dans ces différentes fonctions lui Ht donner le titre de comte par le gouvernement impérial, et il fut ensuite nommé directeur de la police des départements au delà des Alpes. II remplissait ft Paris ces importantes fonctions lorsque les alliés s'enqiarérent de cette ville en 1814. Aussitôt après leur entrée, le gouvernement provisoire clargea le comte Angles du ministère de la police générale, que venait d'abandonner le duc de Rovigo. Il s'acquitta à la satisfaction de tous de cet emploi alors si difficile ; et des que l'ordre fut rétabli, il rentra au conseil d'État. Le roi voulut le rendre à des fonctions plus actives, lorsque Napoléon eut quitté l'Ile d'Elbe en 181 S. Nommé commissaire civil, il fut alors chargé d'accompagner à Lyon le frère de Louis XVI II ; mais les événements se succédèrent avec une telle rapidité, qu'il eut à peine le temps de se mettre en route, et dut accompagner le roi dans son nouvel exil. Anglès passa en

Belgique toute l'époque des cent jours. Revenu en France avec Louis XVIII, il fut chargé de présider le collège électoral des Hautes- Alpes. Il devint ministre d'État, et enfin préfet de police de Paris, sous le ministère de M. Decazes. Ayant essuyé quelques reproches à l'occasion de l'assassinat du duc de Berrl, Anglès donna sa démission et alla vivre dans une terre près de Roanne, où il est mort le 16janVier 1828. 11 avait épousé la fille de l'amiral Morard de Galles, dont il eut deux lils. M — d j.

ANGLIVIEL. Voyes Beaimelle (la).

AN G LU RE (Saiadin ou Oger n'), natif d'Angluré prés de Sézanne en Brie, vivait du temps de Philippe-Auguste , aïeul de St. Lotus. Ayant accompagné ce prince, en 1204, dans ses expéditions d'outre-tner, il fut fait prisonnier dans une bataille pr les troupes de Saladïn. Lé soudan, instruit de la bravoure que le guerrier français avait montrée dans le combat, le relâcha sur sa |uirole de lui payer dans un certain temps une rançon considérable. D'Anglurc se rendit en Fiance, avec l'intention de remplir sa promesse ; mais tous ses efforts pour trouver la somme exigée ayant été vains, il aima mieux retourner auprès du soudan et reprendra ses fers, «pie de manquer à sa parole. Saladin fut si touché de cette grandeur d'âme, que, bien différent des Cnrtliaginois, il renvoya sans rahron ce nouveau Régulus, et lui dit : « J'exige seulement qu'à l'avenir voua « et vos descendants portiez le nom de Saladin, « en reconnaissance de la grâce qu'il vous aca corde. » J — B.

ANGLUS (Thomas), prêtre catholique anglais, du 17^ siècle, se déguisa sous les noms de Candidus, Albius, fiianchi et Richworth ; on croit que son vrai nom était White (le Blanc), muis il est plus généralement connu sous celui d'Anglus. Il résida longtemps à Paris et à Rome, et fut successivement principal d'un collège à Lisbonne, et sous- principal de celui de Douai. Il adopta les sentiments de Kenelm Digby sur la philosophie d'Arislote, et entreprit d'expliquer par elle les mystères les plus impénétrables de la religion, tels que la prédestination, le libre arbitre et la grâce. Il a écrit, sur ces divers sujets, des ouvrages dont l'obscurité est comparée par Baillet à celle des anciens oracles. Anglus répondit à ce reproche d'olwcurité d'une manière assez remarquable : « Ou les savants m'entendent, dit-il, « ou ils ne m'entendent pas. S'ils m'entendent, et « qu'ils trouvent que je me trompe , il leur est aisé « de me réfuter ; s'ils ne m'entendent point, ils ont « tort de s'élever contre ma doctrine. » Plusieurs de ses écrits ont été censurés à Rome, en 1658, par la congrégation de l'Index, et les théologiens de Douai ont condamné vingt - deux propositions extraites de ses Institutions sacrées. Descartes, qui l'appelle M. Titus, essaya de lui faire adopter son système; mais ils ne purent s'entendre. Anglus mourut quelque temps après le rétablissement de Charles II. Ses principaux ouvrages sont : 1° înslitutiones peripafrtim . •>■ Apprndix theologica de origine mundi; 3° Tabula suffragiales de lenminandis fidei lilibus ab Ëeclesia caiholica fixa; 4* Tetserœ romance Evul-

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galio ; 5e Slatera morum ; 6' de medio animant m Statu, etc. X— s.

ANGO ou ANGOT naquit à Dieppe à la fin du 15* siècle. Cet homme, que la fortune éleva si haut, était le fils unique d'un père peu riche, mais qui parait lui avoir donné une bonne éducation. La Normandie a, presque de tout temps, possédé des établissements littéraires, et Dieppe est une des villes de cette province où les lettres ont été le plus en honneur, et où l'activité de l'esprit a du gagner beaucoup aux entreprises et aux voyages hardis des navigateurs. Ango, fort jeune encore, suivit l'exemple de ses compatriotes : il alla eu Afrique, et visita les côtes des grandes Indes, d'abord comme simple officier, un peu plus tard comme capitaine de vaisseau. Ces voyages et d'heureuses spéculations l'ayant enrichi, il quitta le rude métier de marin, devint armateur et se livra plus tranquillement à son goût pour les entreprises lointaines et les grandes affaires, tout en s'occupant des choses qui étaient le plus à sa proximité. Il prit à ferme générale les revenus de plusieurs seigneuries du pays, entre autres de la vicomte qui appartenait à l'archevêque de Rouen. Cotait en 1520. Déjà il avait acheté la charge de contrôleur au grenier à sel. Son opulence et ses rapports avec l'archevêque lui donnèrent, disent les chroniqueurs du temps, des connaissances et des habitudes en cour, où il ne larda |»as à faire connaître son mérite. L'un des premiers usages qu'il fit de sa fortune, alors immense, fut de bâtir à Dieppe un hôtel magnifique, pour l'embellissement duquel la peinture et la scul|>turc rivalisèrent d'efforts. Toutes les décorations d'un luxe bien entendu y étaient prodiguées avec convenance et attestaient à la fois le bon goût et la richesse du propriétaire (cette habitation splcndide fut détruite par le bumltardemenl de 161)4 ). A l'époque de l'un de ses voyages sur les côtes de Normandie, François lrr logea dans l'hôtel d'Ango, qui déjà avait excité l'admiration du cardinal bai henni. Ango se chargea seul de la réception du monarque : il multiplia les décorations les plus élégantes, les arcs de triomphe, les riches tapisseries, les tableaux les plus propres à flatter le monarque. Les tables furent couvertes de vaisselle d'argent ciselé, et des mets les plus recherchés comme des vins les plus rares. Peu de princes alors eussent pu tenir un tel état de maison. Le roi ayant témoigné le désir de se promener sur la mer. Ango fit préparer et mit à sa disposition six nefs légères éclatantes d'or cl de sculptures. Pour prix de sa magnifique réception, Ango rei.ut une nomination de gouverneur de la ville et château de Dieppe. La guerre ayant éclaté, ou plutôt la France étant toujours sous les armes pendant ce règne aussi désastreux que brillant, Ango augmenta l'activité de ses constructions navales, et se montra jaloux de justifier la bonue opinion que le roi avait de lui. Les Portugais avaient en pleine paix attaqué et pris un des vaisseaux de l'armateur dieppois ; il commença par tirer vengeance de cet acte déloyal, équipa dix-sept Iwtiments, tant grands que petits, et lit bloquer le port de Lisbonne, pendant que les flottes portugaises étaient occupées dans

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les Indes. Parvenue à l'embouchure du Tage, l'escadre dieppoise s'empara d'une foule de petits bâtiments, opéra une descente, ravagea la côte, et, se portant rapidement d'une rive à l'autre, déjoua toutes les opérations militaires d'un ennemi qui était loin de s'attendre a une telle activité. La rivalité entre les Dieppois et les Portugais venait de leurs expéditions dans l'Inde, où les derniers n'eurent l'avantage que parce que la France ne sut pas apprécier ou ne put seconder les entreprises des navigateurs normand». Ango ne cessa ses hostilités que lorsque le roi de Portugal eut envoyé un ambassadeur au roi de France, qui le renvoya à Dieppe pour qu'il s'abouchât avec l'auteur de l'expédition. On trouve dans les écrits du temps qu'Ango portait le titre de vicomte : c'était sans doute une nouvelle faveur de François 1". Quoi qu'il en soit, il seconda de tous ses moyens les entreprises de ce monarque, et prit une grande part dans l'armement naval destiné contre l'Angleterre. Malheureusement la vanité gâtait les bonnes qualités qu'il avait reçues de la nature et de l'éducation : il avait des gardes armes, et devenait inaccessible ; il se fit ainsi de nombreux ennemis parmi ses concitoyens. Quelques-unes de ses spéculations n'ayant pas réussi, et le gouvernement n'ayant pas remboursé les prêts qu'il avait reçus d'Ango, cet armateur, naguère si opulent, fut obligé de quitter son bel hôtel et de se retirer à deux lieues de Dieppe, clans une maison de campagne qui! avait fait construire avec niagnilkence. Ce fut là qu'il mourut de chagrin et presque ruiné, en 1551. Ln do ses compatriotes le représente comme étant de moyeime taille, d'une humeur agréable et gaie, d'un esprit vif, d'un jugement sain ; ayant la barbe et les cheveux blonds, le teint vermeil, le nez aquilin, la tête grosse et le front large. D— | - s.

ANGOSCIOLA , ou ANGLSSOLA ( Sornomsbe ), née en 1535, est morte à Gênes, vers 1020. Cette femme célèbre était d'une famille noble de Crémone. Ses parents, voyant qu'elle avait une vocation déterminée [tour la peinture, lut firent apprendre l'art du dessin. Vasari dit que son maître fut Jules Campi , mort en 1572; Alexandre I .mu a rectifié cette erreur : Sophonisbe fut élève de Bernardin Galti, mort en 1575, qui lui donnait des leçons, comme les plus grands peintres en douucnt souvent à des amateurs. Elle fit des progrés rapides, et fut bientôt eu état d'être elle-même le maître de ses trois sœurs, Europe, Anne et Lucie. On aimait l)eaucoup ses dessins, dont un représente une vieille apprenant à lire, tandis qu'nne jeune fille, cachée derrière un rideau, se moque d'elle. Elle fit ensuite le portrait de son père, placé entre ses deux enfants, Asdrubal et Minerve. Le duc d'Albe, ayant eu connaissance de la réputation de Sophonisbe, en informa Philippe II, qui l'invita à venir en Espagne. Des ce moment, elle se décida à suivre tout à fait la carrière de la peinture. Elle fit a Madrid le portrait du roi et de la reine, et reçut une pension de 200 piastres. L'infant don Carlos voulut aussi avoir son portrait de la main de Sophonisbe. Elle représenta ce prince vêtu de la peau d'un loup-cervier. Celte

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nouvelle production eut encore un plus grand succes que les précédentes. La ressemblance était si fidèle, que don Carlos , dans un mouvement de reconnaissance, porta lui-même à l'auteur un diamant de 1,500 piastres. Le roi maria ensuite Sophonisbe avec don Fabrice de Moncade, qui l'emmena en Sicile, sa patrie. Moncade étant mort, elle épousa Horace Lomellini, d'une illustre famille de Gènes. A fsoixante-sept ans, elle eut le malheur de devenir aveugle : elle continua cependant de réunir chez elle, à Gènes, les artistes, les amateurs et la société la mieux choisie. Tous les étrangers s'empressaient de lui faire visite, pour jouir des charmes de sa conversation. Dans la Vie des Peintres génois de Rapltaêl Soprani, revue parRatti,on lit qu'Antoine van Dyck s'estima très-heureux, pendant ses voyages, d'avoir pu parler de son art avec Sophonisbe, et assurait qu'il avait plus appris d'une femme aveugle que de l'élude des plus grands maîtres. Nous croyons que des admirateurs passionnés du talent de Sophonisbe ont inventé cette anecdote, qui est inutile à sa gloire. Van Dyck n'avait que vingt et un ans lors de la mort de Sophonisbe, et après les recherches les plus exactes, nous trouvons qu'il ne commença à voyager qu'à l'âge de vingt-trois ans. Sophonisbe , pendant sa vie, fut louée par les poètes les plus distingués. D. Ange Grilla lui adressa un sonnet italien très-estimé. A— D.

ANGOT (Robert), né à Gaen en 1581. 11 parait qu'il appartenait à une honnête famille, puisqu'il prend, à la tète de ses rruvres, le titre de sieur de l'Espcronnière ; et que, dans une de ses pièces, il parle d'une autre terre qui lui appartenait. Il n'avait que vingt-deux ans lorsqu'il fit imprimer un recueil d'odes, de sonnets, d'épigrammes et d'élégies, intitulé le Prélude poétique , Paris, Gilles Robinot, 1603, in-12. Sa versilkalion est assez naturelle; et, suivant Gouget, on remarque entre Robert Angot et Vauquelindela Fresnaye, poète beaucoup plus connu, quelque conformité de tour d'esprit et d'érudition. Robert Angot avait fait de bonnes études, et, si I on en juge par ses traductions de plusieurs pièces grecques, il possédait cette langue, dont l'étude commençait à être négligée. On a encore de lui : les Nouveaux Satyres et Exercices gaillards de ce temps, en neuf satyres, auxquels est ajoutée VUranie et muse céleste, Rouen, Michel Lallemant, 1637, in-12. Ce dernier ouvrage est devenu très-rare. W— s.

ANGOULÉME. Voyez Aymar.

ANGOTJLÊME ( Charles dk Valois, duc o' ), fils naturel de Charles IX et de Marie Touchet, naquit le 28 avril 1573, vécut sous cinq rois, et se rendit célèbre par sa valeur. La fameuse marquise de Verncuil, maltresse de Henri IV, était sa sooir utérine. Charles de Valois, destiné dès son enfance à l'ordre de Malte, fut pourvu, en 1587, de l'abbaye de la Chaise-Dieu, et devint, en 1589, grand prieur de France. Catherine de Médicis lui ayant légué les comtés d'Auvergne et de Lauraguais, il quitta l'ordre de Malte, avec dispense pour se marier, et épousa, le 6 mars 1591, Charlotte, fille du connétable Henri de Montmorenci. En 1606, Marguerite île Valois fit

casser, par le parlement, la donation de Catherine de Médicis, et donner les comtés qui en étaient l'objet au dauphiu (depuis Louis XIII ). Charles cependant continua de porter le titre de comte d'Auvergne jusqu'en 1619, qu'il obtint du roi le duché d'Angoulêrae. 11 avait été un des premiers à reconnaître, & St-Cloud, le roi Henri IV, et il combattit avec gloire pour son service aux journées d'Arqués, en 1589, d'Ivry, en 1590, de Fontaine-Française, en 1595. Impliqué dans la conspiration de Biron, en 1602, il fut mis à la Bastille, mais obtint sa grâce. Convaincu peu après de nouvelles pratiques concertées contre le roi avec la marquise de Vemeuil, il fut arrêté une seconde fois, le 9 novembre 1601, et condamné, l'année suivante, à perdre la tète. Henri IV commua cette peine en une prison perpétuelle. H recouvra sa liberté en 1616, et alla, en 1617, faire le siège de Soissons. Nommé colonel général de la cavalerie légère de France, et créé chevalier des ordres du roi, il fut, en 1620, a la tète de l'ambassade envoyée à l'empereur Ferdinand II. l>e comte Philippe de Béthune, mort en 1649, fut l'âme de cette ambassade, qui eut lieu à l'occasion du soulèvement de la Bohême et de la Hongrie. « Le « motif de cette ambassade, dit le Journal des a savants, fut aussi glorieux à la France que le « succès en fut avantageux à la maison d'Autriche, p La relation en a été donnée au public par Henri, comte de Béthune, petit-fils de Philippe, sous le titre d'Ambassade de M. le duc d'Angoulème, etc., 1667, in-fol. Cet ouvrage est écrit sèchement, mais il l>eul donner connaissance de plusieurs faits im|K>rtants de ce temps-là. Le duc d'Angoulème ouvrit, le 10 aortt 1628, le fameux siège de la Rochelle, où il commanda en chef jusqu'au 22 octobre, époque de l'arrivée du roi. Il donna de nouvelles preuves de sa valeur et de son habileté dans les guerres de Languedoc, d'Allemagne et de Flandre. 11 mourut à Paris, le 24 septembre 1650. Françoise de Nargonne, im'il avait épousée en secondes noces, le 25 février 1614, mourut cent trente -neuf ans après son beau-père Charles IX, le 10 août 1713, à l'âge de 92 ans. On a du duc d'Angoulème: 1° Mémoires très-particuliers du duc d'Angoulème, pour servir à l'histoire des règnes de Henri III et Henri IV, 1662, in-12. Jacques Bineau, cil Heur de ces Mémoires, y en a joint d'autres assez amples qui ra]>portent, jour par jour, les négociations de la paix faite à Vervins en 1598. Les Mémoires du duc d'Angoulème forment le tome îm des Mémoires particuliers pour servir à Vhisloire de France, 1756, 4 vol. in-12; et le tome 3 des Pièces fugitives pour servir à l'histoire de France, publiées par le marquis d'Aubais et Ménard, 1759, 3 vol. in-4°. 2° Les Harangues prononcées en l'assemblée de MM. les princes protestants d'Allemagne, par le duc d'Angmléme, 1620, in-8°. 5° La générale et fidèle Relation de tout ce qui s'est passé en l'ile de Ré, envoyée par le roy à la royne sa mère, 1627, in-8°. 4° Une traduction française de la Relation de l'origine et succès des chérifs, et de l'étal des royaumes de Maroc, Fez et Tarudant, écrite en espagnol par Diejo de Torris.

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Paris, 1836, in-4*. Le traducteur n'a mis sur le frontispice que les initiales M. C. D. V. D\ A. Cette traduction a été réimprimée dans le 3e volume de la Description générale il* l'Afrique, etc., par Marmol, 1667 , 3 vol. in-4*. Boulhiliier, éveque de Troyesau commencement du 18e siècle, avait dans sa bibliotliéque un volume in-fol. de lettres manuscrites de Charles de Valois, duc d'Angoulëme, depuis le 19 octobre 1633 jusqu'au 20 décembre 1643. A. 15 — T.

ANGOl LEME (Lolis-Emuam eu i>e Valois, comte d'Alais, puis duc o' ), second (ils du précédent et de Charlotte de Montmorenci, né a Clerniout en Auvergne en 1596, entra d'abord dans l'état ecclésiastique, et, après avoir eu les abbayes de St-André de Germon l et de la Chaise-Dieu, Tut, en 161*2. éveque d'Agde. Henri, son frère aîné, ayant été en tins, pour cause de démence, mis en prison, où il resta cinquante ans, Louis-Emmanuel changea d'état, prit le parti des armes, se signala aux sièges de M on tau ban et de la Rochelle, et dans les guerres d'Italie et de Lorraine. Louis XIII le nomma, en 1637, chevalier de ses ordres, colonel général de la cavalerie, et gouverneur de Provence. En 1630, il succéda à son père au duché d'Angouléme, et mourut à Paris, le 13 novembre 1633, laissant une fQk qui mourut sans postérité, le 4 mai 1690. Boulhillicr possédait aussi en manuscrit des lettres de Louis- Emmanuel, écrites depuis le 28 juin 1630 jusqu'au 8 octobre 1640. A. H — t.

ANGOL LEVENT cadet . On n'a point encore découvert l'auteur qui s'est caché sous ce nom : tout ce qu'on |>eut conjecturer, c'est qu'il ctail mort avant 1628, puisque, dans le recueil des poésies d'Auvray. imprimé cette année, il se trouve une pièce intilulee : le Tombeau d Angnuleoent cadet. Celait, selon toute apparence, un plaisant de profession, qui rimait les anecdotes du jour, pour eu réjouir les sociétés où il était admis. Dans le grand nombre de pièces que nous avons sous ce nom, il en est quelques-unes de fort piquantes ; mais mules sont déligurées \a\v le même cynisme qu'on remarque dans les jiocsies d'Auvray, de Molin, de d'Elernod, et de quelques auteurs du même temps ; aussi nous ne serions point éloigné de croire que le prétendu Angoulcvent cadet n'est que le masque d'un de ces poètes. Le recueil dont nous avons |>arlé a pour litre : le» Satyres bastardes et autres œuvres fnlattres du cadet Angoulèvent, Paris, 1613, et non pas 1622. W — s.

ANGOl LKYEiNT, fou d'Hemï IV. Voyez Joi- BEiiT (Nicolas).

ANGBAN D'ALLERAY ( Dems-Fium;ois ), conseiller d'État, lieutenant civil au Chatclct de Paris, naquit en cette ville en 1713, d'une famille distinguée de'Hiis longtemps dans la magistrature par la science et \n\r la vertu, il fut successivement conseiller au parlement en 1733, procureur général au grand conseil en 1746, et lieutenant civil le 8!) décembre 1771. Le Chatclct, dont le* attributions ■'étendaient sur toule la France, était le premier tribunal dans le second ordre des juridictions, et touiours préridé par un chef choisi parmi des magistrat* d'un mérite ctuiueul. D'Alleray u'v lit regretter

aucun de ses prédécesseurs. Le public l'honorait de

sa confiance ; le barreau l'estimait ; il était respecté de tous les ofliriers judiciaires, et aimé des jeunes magistrats, (m il servait de tout son crédit, lorsqu'ils montraient du zèle et îles talents. L'érudiliou étendue cl profonde, de d'Alleiay lui donnait, comme au chancelier d'Agucsseau, un peu de lenteur et d'iodé1 cision dans l'expédition des affaires ; mais sa bienfaisance était de la plus généreuse activité. Daus le cours de l'hiver de 1787, les gardes du commerce conduisirent par-devanl lui, en référé, un malheureux débiteur arrêté pour une somme assez considérable : c'était iuj honnête père de famille, qu'on venait d'arracher à sa femme, à ses cinq enfants, et dont le desespoir offrait le plus douloureux spectacle. D'Alleray, après avoir examiné la procédure des consuls, se vit obligé d'ordonner l'exécution de la contraiulc par corps. H était ouzt heures du »oir lorsque les recors et leur capture quittèrent l'hôtel du magistrat. Le temps éiail très-rigoureux ; d'AIleray prit aussitôt avec lui la somme nécessaire, sortit à pied par une jwrle secrète, et arriva à la prison presque- en même temps que le détenu, qu'il eut la satisfaction de faire élargir sur-le-champ en sa présence. Ce trait a fourni à M. A. M. IL Cuastcnct- Puységur le sujet d'une couiédie en 3 actes intitulée le Juge bienfaisant, jouée a Paris, et imprimée à Soissons, en 171K», in-8". D'Alleray lit partie de l'assemblée des notables eu 1787. Il fut aussi des assemblées de 1789 pour la formatiou des états généraux. Le roi l'avait choisi |<our présider une des sériions de la noblesse ; les membres de cette section lui déclarèrent qu'ils ne voulaient plus {tour chef un commissaire du roi , mais qu'ds le nommaient eux-mêmes à la présidence : d'Allcray se relira. Il quitta la place de lieutenant civil tu 1789, pour exercer ses fonctions au conseil d'Etat, où il avait été admis dés 1787. Pendant les orages révolutionnaires, il resta tranquille au sein de sa famille ; mais le règne de la terreur arriva, et il fut enveloppé dans le système des arrestations générales. Traduit au tribunal révolutionnaire, il y trouva pour son accusateur Fouquier-Tain ville, auparavant procureur au ChàleleU Ce miséraUe, frappé des vertus du magistrat, conçut iiourtanl le projet de le sauver : il lui lit dire qu'il serait acquitté s il voulait nier qu'il eût envoyé de l'argent à ses enfants émigrés. Le resjieclablc vieillard ne voulut point conserver ses jours au prix d'un mensonge. Interrogé s'il avait fait passer des secours aux ennemis de l'Etat, il répondit, sans hésiter, qu'il avait envoyé de l'argent à M . de la Luzerne, l'un de ses gendres. « Ignorais-tu la loi qui le défend ? « lui dit un des jurés. — Non, répliqua-t-il ; mais « la loi de la nature a parle plus haut à mon cour a que la loi de la république. » Sa franchise cl sa fermeté lui valurent la mort. II péril sur l'échafaud, le 28 avril 1795. à l'Age de 79 ans. D'Alleray avait une physionomie remplie de candeur et ! aménité, qui peignait mute la bonté de son dîne; son assiduité au travail était infatigable ; à une grande simplicité «le mœurs, il joignait de la diguité drus la

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représentation ; il aimait à parler en publie, et l'on tintait a rentendre ; ses idées étaient élevées, son éloquence élait douce et pénétrante; son style ne manquait ni d'élégance ni d'harmonie. 11 ne laissa |ioint d'héritier do son nom : il n'avait eu que trois fflk», dont une avait épousé M. de Vibrayes, maréchal de camp, et les deux autres», MM. de la Luzerne frères ; l'ainé, ministre de la marine, et le second, ambassadeur a I xmdres . — hmis-Alrsandre Amwi.vx, frère du précédent, né en 1713, président à l'une des chambres des enquêtes du parlement de Paris, lui survécut, et mourut sans postérité, le 6 juillet 1801, âgé de 88 a tu». Ce magistrat élait également recoin mandable par son intégrité, une piété profonde, et surtout par une douceur de caractère inaltérable. I>— s.

ANG NIANT ou Avct vm ou de Aygonnis ( Michel }, religieux, né à Pologne dans le 14* siècle, après avoir fuit ses études dans si itatrie, entra dans l'ordre des cannes, et prit le bonnet de docteur à l'université de Paris. Les affaires de son ordre l'ayant rappelé en Italie, son mérite le lit distinguer du pape Urbain VI, qui le nomma vicaire général. Elu en 1581 général de son ordre, Angriani le gouverna pendant cinq ans, et se retint dans le monastère de Bologne, où il mourut, le 10 novembre 1400. Le plus considérable de ses ouvrages est un commentaire sur les psaumes dont on a longtemps ignoré l'auteur. Il est intitule : Incognitus in Puilmus, Milan, 1510, in-fol. C'est Léonard Veggio qui l'a publié; il fut réimprimé plusieurs fois, et la (1ernière à Lyon en 1082, 2 vol. in-fol. On a encore de lui : Quastiones disputa/a- in librum 4 Scntmtiarum, Milan, 1510, in-fol., revu par François-Léonard Priolo, Venise, 1(525, in-fol. Moréri lui attribue des traités sur St. Matthieu, sur les Morales de St. Grégoire, sur la conception de la Vierge ; mais ils n'ont pas été imprimés. On trouve sur ce religieux un article dans le 2" volume de la lliblwthcca earmelitnnn du P. Cosnie de Villiers, 1752, 2 vol. in-fol., et un autre dans la Biblinthrca lutina média <r(a(is de Fabririus, t. 5, p. 222, édit. in-8\ C. T— v.

ANG LIEU (Fkvnçois), sculpteur, né à Eu en Normandie en 1604, d'un menuisier, montra, ainsi que son frère Michel , de si grandes dispositions pour les arts, qu'ils furent envoyés à Paris et placés chez Guillain, sculpteur médiocre. François Anguier y lit assez de progrès |>our être appelé en Angleterre, ou il se procura les moyens de faire le voyage d'Italie. A Home, il se lia avec plusieurs peintres célèbres, tels que Poussin, Mignard, Dufresnoy et Stella. Après y avoir étudié pendant deux ans, il revint à Paris, où il obtint de Louis XIII un logement au Louvre et la garde du cabinet des' antiques. On assure que lors de la formation de l'académie de peinture, etc., il refusa d'y être admis. Les principaux ouvrages (T Anguier étaient dans les églises de Paris. On voyait dans l'Oratoire, rue St- Honoré, le tombeau en marbre du cardinal de Hérulle ; aux Célestins, une pyramide ornée de trophées, avec des statues et des bas-reliefs en l'honneur de la maison de Longueville.ci la statue du duc de Rohan-Chabot ;

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