‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 15 sur 129 · A HP · texte numérisé non relu

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dallah, n'était pas moins ennemie de celle d'Ali que des Ommiades, et passait du reste [tour être sujette à la folie. J - >.

ABDALLAH, père de Mahomet, né en Arabie, était de la célèbre tribu des Coreich , et fut plus distingué par sa beauté et la pureté de ses mn-urs que par ses richesses. Abdel-Mothaleb, son père, dont il avait mérité toute la tendresse, le chargea d'acheter pour leur stérile patrie les provisions dont elle manquait. Abdallah partit et s'avança jusqu'à Yatreb (aujourd'hui Médine), où il mourut, ne laissant, pour héritage à son fris, âgé de deux mois, que cinq chameaux et une esclave éthiopienne. Selon les auteurs arabes, Abdallah fut recherché par une reine de Syrie, charmée de sa beauté et de ses vertus; mais il est évident que, pour donner quelque éclat à l'origine de leur prophète, ces auteurs ont environné l'histoire de son père d'autant de fables que celle de Mahomet lui-même. J — s.

ABD-ALLAH ibn Saad, ibn Aboi-Sarah, général arabe , issu de la tribu d'Amer, l'une des plus considérables familles des Koraïschites, était frère de lait d'Othman ibn Affan , qui fut depuis le 4" calife. {Voy. Othman ibn Affan.) Ayant embrassé l'islamisme longtemps avant la conquête de la Mecque par Mahomet, il avait mérité par ses talents calligraphiques l'honneur d'écrire, sous la dictée du législateur des musulmans, les révélations qui composent les divers chapitres du Coran. Un jour que Mahomet lui dictait le chapitre intitulé : des Fidèles, A lui Allah ayant écrit le verset 14: Mous avons créé l'homme d'un limon plus pur, jusqu'à ces mots: Ensuite nous irons formé Mahomet en une autre créature, il s'écria, transporté d'admiration : Ht' ni soit Dieu, qui est le meilleur des créateur».' Chargé par Mahomet d'écrire aussi ces paroles comme descendues duciel, il se crut aussi grand que son maître, se mit à falsifier et à corrompre des mots qui altéraient le sens du Coran, et alla même jusqu'à tourner le prophète en ridicule, répétant partout: «11 ne sait ce qu'il dit..- Ses manœuvres furent enfin découvertes ; il n'osa plus rester à Médine, et retourna à la Mecque, où il renonça à rislamisnte, et se joignit aux ennemis du prophète. Il se rendit si odieux à Mahomet, que c'est contre lui, s'il faut en croire les commentateurs du Coran, que fut dirigé un passage du chapitre 6. Le jour de la prisedela Mecque, l'an8de l'hégire (630 de J.-C.), Abd-Allah, pressé par ses remords et effrayé d'apprendre qu'il était un des dix-sept proscrits désignés par le vainqueur, alla chercher aide et protection chez Othman, qui, l'ayant gardé pendant les premiers moments du tumulte, le présenta ensuite à Mahomet et implora sa grâce. Le prophète, cédant aux instances d'Othman, pardonna au coupable, qui renouvela sa profession de foi , et fut regardé depuis comme un des plus zélés musulmans. Abd-Allah prit sans doute une part honorable aux conquêtes des Arabes en Syrie, sous les règnes des califes Aboubekr et Omar (voy. ces articles) ; maison ne voit figurer son nom que lorsque le vainqueur de l'Egypte, Ararou, qui en était resté gouverneur, forma le projet de porter la guerre en Nubie. Abd-Allah hit

chargé de cette expédition. A la tête de 20,000 hommes il pénétra dans cette contrée, et il y aurait obtenu des succès s'il n'eût été rappelé, peu de temps après, par Amrou. Othman, étant parvenu au califat, priva du gouvernement de l'Egypte, l'an 25 (645), Amrou qu'il n'aimait pas, et en investit Abd- Allah ibn Saad, justifiant ainsi l'opinion du calife Omar sur le compte d'Othman, trop porté, disait-il, à favoriser ses parents et ses amis. Le nouvel émir soumit la Libye, d'où il envoya à son souverain 1500 mille pièces d'or, pour sa part d'un cinquième dans le butin provenant des richesses du roi qu'il avait tué. 11 administra ce pays pendant l'absence d' Abd- Allah ben ISafe, qui était allé ravager les cotes et les Iles d'Espagne. De retour en Egypte, Abd-Allah ihn Saad joignit sa flotte à celle de Moawiah, gouverneur de Syrie, pour attaquer l'Ile de Chypre et forcer les habitants à payer un tribut de 7,000 pièces d'or. Les Nubiens, ayant violé le traité qu'Abd- Allah avait conclu précédemment avec eux , ravageaient depuis quelques années le Saîd : cet émir usa de représailles , et vint en personne mettre le siège devant Donkola, leur capitale. Les pierres que lançaient ses machines de guerre ayant fait écrouler leur principale église, les habitants furent saisis d'épouvante, et leur roi, Kalidourot, demanda la paix. Abattu , humilié , il vint s'aboucher avec le général arabe, qui le releva, le rassura et signa avec lui un nouveau traité, par lequel le prince nubien s'obligea d'approvisionner l'Egypte d'un grand nombre d'esclaves noirs. Abd-AHah étant venu trouver le calife à Médine, pour le défendre contre la faction d'Ali, avait laissé en Egypte son Ueutenant, qui en fut chassé par Mohammed ibn Hanifa , l'un des chefs des rebelles. Abd-Allah voulut alors rentrer en Egypte; mais n'ayant pu y pénétrer ni retourner à Médine, où OUunan venait de succomber sous les coups de ses ennemis, il futobligé de s'arrêter à Ascalon ouà Ramlah, et il y mourut l'an 56 ou 37 de l'iiégire (656 ou 657). Excellent cavalier, il conserva jusqu'à la fin sa passion pour les chevaux , et récita avant d'expirer le chapitre centième du Coran, intitulé : les Chevaux courants. A — T.

ABDALLAH, oncle d'Aboul-Abbas Al-SaiTah, le premier des califes abbassides, rendit de grands services à cette dynastie par sa bravoure. Ce fut lui qui vainquit, à la bataille du Zab, le calife Mérouan, et renversa par cette victoire la dynastie des Ommiades. ( Voy Jf MOV ; an.) Mais il se déshonora par des cruautés envers les vaincus. Plusieurs princes de la maison des Ommiades étant venus auprès de lui, se fiant à son serment, Abdallah les invita à un grand festin, et lorsqu'ils furent rangés autour de la table, des assassins a postés les firent périr; aussitôt des tapis étendus sur leurs cadavres servirent de table aux meurtriers. Abdallah ne respecta pas même l'asile des morts : il fit ouvrir à Damas les tombeaux des Ommiades, et le corps du calife Hecham ayant été trouvé intact , il le fit mettre en croix, brider, et ses cendres furent jetées au vent. Après la mort d'Al- SalTah, qui l'avait fait gouverneur de Syrie, Abdallah manifesta ses prétentions à la couronne . et *c fit de -

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eiarer calife ; mais Mansuur envoya contre lui Abou- Moslem, qui le vainquit dans plusieurs combats, et le força de1!* retirer dans l'Irca , où il fut tué en 158 de l'hégire (755 de J.-C. ). J— X.

A'BDALLAHBEN-YASYN, fondateur de la secte des Morabtlhoun (Marabouts ou Almoravides), habitait la ville de Ncfis en Mcsanredeh : s étant fait remarquer par sa piété et son intelligence, il fut choisi, Tan 427 de l'hégire (1 055 de J.-C. J , pour instruire dans l'islamisme Yahhya , roi du pays de Senliadjéh. Ce prince avait résigné la couronne à son lils, pour se Touer entièrement aux pratiques de la religion. De- Tenu le disciple d'Abdallah, il l'accompagna dans le Senhadjch, pour gagner les peuples au tnahométisme. N'ayant pu d'abord y réussir, le maître et le disciple se retirèrent dans une lie près de la cote. Le bruit de leur retraite et de leur piété leur attira bientôt une foule de prosélytes. A'bdallah leur expliquait le Coran et les dogmes de la religion musulmane. Touché de leur zèle, et voulant exprimer leur assiduité à fréquenter sa retraite , il les appela Morabethoun. Il eut bientôt une petite armée, et menaça d'employer la violence contre quiconque ne se convertirait point. La tribu de Djoudola fut la première qu'il attaqua les armes à la main , à la tête de 3,000 Morabet. Elle fut vaincue, l'an 451 de l'hég. D'autres victoires lui soumirent bientôt toutes les tribus du Senhadjeh. Chaque nouveau prosélyte était purilié par cent coups dé fouet, et s'obligeait à verser au trésor de l'armée les dîmes destinées à l'acquisition des armes et au payement des troupes. La nouvelle secte s'étendit bientôt dans le Mesamcdah, et jusque parmi les nègres. Yahhya étant mort sur ces entrefaites, A'bdallah fit élire a sa place, en qualité d'émir, Yahhya-Ben-O'mar, de la tribu de Lamtouna, prince faible et qui n'avait que l'ombre de l'autorité , dont le rusé A'bdallah jouissait réellement. Il se rendit maître de Darala, l'an 417 de l'hégire, deSeldjel-Aracah, de tout lepays voisin, et mit à la place de Ben-O'mar, qui venait de périr dans la guerre entreprise contre les nègres, Ternir Aboubekr-Ben-O'mar. Sous ce nouveau prince, la puissance d' A'bdallah n'eut presque plus de bornes^ dans cette partie de l'Afrique. Enlin , ayant porté ses armes contre les puissantes tribus de Barakaouata, il Rit rué dans une bataille rangée, l'an 451 de l'hégire (1059 de J.-C). A'bdallah était plein de courage, habile à dissimuler, et réunissait toutes les qualités nécessaires à un imposteur conquérant. B — P.

ABDALLAH, quatrième et dernier chérif des Wahabis, était l'alné des onze, fils de Sehoud qui, en 1805, le déclara son successeur, et l'investit du titre d'iman-al-djatsch ou généralissime. En avril 1806, Abdallah eutreprit contre la ville d'Imam- Ali une expédition dans laquelle il perdit 500 hommes. 11 voulut prendre sa revanche sur Semawat ; mais il éclwua au siège de cette place, qui lui coôta le double. Il ne réussit pas mieux dans une attaque contre Zobaïr, près de Bassora. Plus tard, il sembla vouloir se venger de ce fâcheux début contre son propre père, qu'Abdallah et deux de ses frères quittèrent brusquement au milieu de son pèlerinage à la Mecque : ils retournèrent à Déreyeh.sa capitale ;

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et, après avoir enlevé 500 chameaux chargés d'or et d'argent, d'armes et de munitions de guerre, ils se dirigèrent sur Al-Ahsa , dont les habitants leur ouvrirent les portes; mais l'expédition dont Mohammed- Ali, vice-roi d'Egypte, chargea alors son lils Towsoun- Pacha contre les Wahabis amena une réconciliation entre Sehoud et ses Gis. Abdallah avait encore fait une tentative sans succès contre quelques places du gouvernement de Bagdad. Irrité de cet échec, il avait exterminé ou réduit en esclavage une tribu arabe, lorsque son père le rappela pour l'opposer aux troupes ottomanes et égyptiennes qui, vers la tin de la même année, s'étaient emparées d'Yambo, sur la mer Rouge. Abdallah vint les attaquer à la tète de 15,000 hommes ; mais après deux heures de combat, il se retira. Plus tard, il écrasa les Turcs dans les défilés de Safra; mais il ne sut pas profiter de sa victoire. Au lieu de garder cette position importante, qui couvrait Médine, il en confia la défense aux habitants, et retourna dans le Déreyeh.Tovrsoun gagna les Arabes, qui lui livrèrent les défilés de Safra ; il bloqua Médine et la prit d'assaut. La ville sainte fut respectée ainsi que ses habitants; mais la garnison fut égorgée, à l'exception d'une partie qui, s' étant défendue dans la citadelle, obtint une capitulation. La Mecque se rendit peu de temps après, sans coup férir, à Moustafa-Bey, oncle du jeune paria, par l'influence du chérif Ghaleb, dont les soldats, auxiliaires des Wahabis, se tournèrent contre eux, aussitôt qu'ils purent compter sur l'appui des Turcs. Mais la fin de la campagne ne fut pas si favorable aux Égyptiens. Sehoud et un autre de ses lils les battirent en plusieurs rencontres. Arrêtés par le soulèvement des Arabes de l'Yémen, Towsoun et son oncle furent condamnés à l'inaction, après avoir perdu 10,000 hommes. En 1815, Mohammed-AH, voulant presser le succès de cette expédition, conduisit lui-même des troupes en Arabie. La mort de Sehoud (17 avril 1814) laissa alors le gouvernement des Wahabis à son fils Abdallah, dans les circonstances les plus difficiles. Déjà plusieurs de leurs généraux avaient été battus, faits prisonniers et mis à mort, soit au Caire, soit à Constantinople ; mais ils résistaient sur divers points, et les masses de combattants, qu'ils renouvelaient et qu'ils multipliaient de tous côtés, l'emportaient souvent sur la tactique de la petite armée égyptienne. En 1815, Mohammed- Ali obtint des avantages plus signalés. Après avoir surpris et défait un corps de Wahabis de l'Yémen , il attaqua, entre Bessel et Tarabé, une armée de 50,000 hommes, commandée parFaïçal, l'un des frères d'Abdallah, (pie le gouverneur de la Mecque, Haçan-Pacha, à la tète de 4,000 Albanais, n'avait pu entamer. I-a victoire ne fut pas longtemps indécise; Falçal se retira en désordre, perdit tous ses équipages, et fut abandonné par un de ses généraux, qui se rendit avec «ses troupes au vice-roi. Cette défection et la défaite d'un autre de ses lieutenants, qui fut pris et envoyé à Constantinople, firent touiller au pouvoir des Turcs Tarabé et plusieurs autres places, et les laissèrent maîtres de toute la

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partie occidentale de l'Arabie. Alors Towsoun-Pacha se porta sur le pays de Nedjed avec 2,000 hommes et un corps d'Arabes alliés. Abdallah, menace dans le centre de ses Etats, vint camper à Aneyseh, surprit un convoi ennemi, et lit passer au fil de répée son escorte de 200 cavaliers et le trésorier de Towsoun, qui la commandait. 11 attaqua le eamp que le pacha avait affaibli. Pendant vingt jours il y eut des escarmouches qui furent suivies d'un armistice. Towsoun, ayant reçu de» renforts, se disposait à recommencer les hostilités , lorsque le chef des Wahabis envoya son oncle et quatre autres de ses parents, avec des présents de chevaux et de dromadaires, pour traiter de la paix. Les députés baisèrent la main du paclia, et lui présentèrent la lettre de leur prince , qui demandait à être admis au nombre des sujets du sultan , à faire des vœux et des prières pour lui , promettant qu'il n'y aurait plus aucune tentative de rébellion de la part de ses compatriotes. Towsoun, après avoir reçu d'eux l'assurance que les Wahabis suivaient les mêmes dogmes que les autres musulmans , exigea qu'Abdallah iba Sehoud promit de se rendre à Constantinople s'il y était appelé , qu'il se contentât du rang de prince arabe ou de Cbeik-al-Belad ; qu'il remit Déreyeh; qu'il restituât les trésors enlevés au tombeau de Mahomet; qu'il assurât le passage des pèlerins, et qu'enfin il obéit au gouverneur de Médine. Les députés acceptèrent ces conditions et en signèrent le traité, subordonné à la ratification du vice-roi et du sultan. Abdallah sembla d'abord vouloir en exéles clauses , et reçut de riches présents de If mais, dans le temps qu'il envoyait des députés et des otages au quartier général ottoman, il destituait, il punissait les partisans des

Turcs, il

parmi leurs alliés, et

fortifiait Déreyeh et ses principales places. Moliammed-AK ayant alors insisté pour obtenir les trésors enlevés au* tombeau de Mahomet, Abdallah répondit que tout avait été vendu et dissipé , et demanda d'être dispensé du voyage de Constantinople. Le vice-roi lui adressa une lettre menaçante, lui renvoya ses présents, et dirigea de nouvelles troupes vers f Arabie, avec ordre de mettre garnison à la Mecque, a Médine, etc. Abdallah de son coté continua ses préparatifs de défense, confia les principaux i et le commandement de ses places fortes les plus braves et les plus dévoués, rasà Déreyeh tous les chefs arabes, et leur fit II forma une année de 50, non hommes , dont une partie tint garnison dans Déreyeh, et le reste fut organisé en colonnes mobiles; il fit élever des batteries de canon en avant de sa capitale et sur la route de Médine; et. du milieu de ces préparatifs de guerre , il envoya en Egypte deux députés pour porter au vice-roi des assurances de paix. Ayant reçu par eux une réponse du viceroi qui lai enjoignait de rentrer dans le devoir, il y substitua une lettre fausse qu'il lut à ses parent^ et i^ses principaux chefs, pour les affermas à se

Pacha vint prendre le commandement des qu'avait laissées en Arabie son frère Towsoun, et H occupa la redoutable position d'Hénakieh, près de Médine. Abdallah résolut de prendre l'offensive avant que l'armée ottomane eût été grossie par de nouveaux secours et par la jonction des Arabes dissidents. Pour arrêter la défection , qui faisait des progrès parmi eux , il attaqua et dépouilla les tribus qui refusaient de se retirer sur Rass. Mais ce moyen violent produisit un effet tout contraire. Faïçal-al- Daouyeh , cheik de la tribu de Monteyr, ayant à venger le sang de ses frères répandu par Abdallah , vint se joindre à Ibrahim. Dans le même temps (le 2 mai 1817), Abdallah, sans dispositions préparatoires, livra bataille avec 40,000 hommes, dans la position de Mahoueh , à Ouzoun-Ali, l'un des lieutenants d'Ibrahim, et lut complètement battu, par suite de l'abandon de ses alliés. Ibrahim arriva assez tôt pour faire massacrer 200 prisonniers, dont il envoya les oreilles à son père, avec celles de 300 Wahabis restés au nombre des morts. Après cette défaite, Abdallah s'enfuit dans le Nedjed , et concentra ses forces a Rass , à Aneyseh et à Déreyeh. Au mois de juillet , Ibrahim traversa le désert et mit le siège devant Rass; mais après y être resté trois mois et demi , après avoir perdu 3,400 hommes, il fut forcé de conclure un armistice et de reconnaître la neutralité de cette place, jusqu'après ta reddition d' Aneyseh. La belle dé— feu se de Rass fut due a la bravoure de la garnison et des habitants, plus qu'aux diversions d'Abdallah, qui toutes furent malheureuses. Les propositions de paix qu'il fit à Ibrahim n'eurent pas plus de succès. Ce dernier se porta sur hhatra, qui se rendit au bout de quelques heures. Aneyseh , la seconde ville des États d'Abdallah, capitula après six jours de canonnade, et entraîna la soumission de toute la province d'Al-Kassym. Uoureydeh se rendit après qu'un de ses forts eut été pris d'assaut et la garnison passée au fil de Cépée. Chakra fut assiégé le 44 janvier 4848: c'était la dernière des places qu'Abdallah avait successivement fortifiées et abandonnées pour se renfermer enfin dans Déreyeh, avec l'intention de chercher un dernier asile dans la province d'Al-Ahsa. Ibrahim , ayant fait raser toutes les plantations de dattiers autour de Chakra, les habitants séparèrent leurs intérêts de ceux de la garnison, qui obtint une capitulation, avec la faculté de se retirer, en laissant ses armes et ses bagages. Dorama , ville alors florisn'eut pas un sort l

saut, îl n'y eut qu'une partie de la garnison qui put se retirer : tous les habitants furent égorgés. Lt massacre dura sept jours, et les soldats égyptiens reçurent 45 francs pour chaque paire d'oreilles. Ce fut le 22 mars qu'Ibrahim quitta Dorama avec une armée de 5,500 hommes et 42 pièces d'artillerie pour assiéger Déreyeh. Abdallah, seconde par ses frères, ses parents et ses meilleurs guerriers, encourageait ses soldats; pendant sept mois il se défendit avec la plus grande bravoure ; il fit plusieurs sorties et soutint plusieurs assauts ^ et, lorsqu'il fut i

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et de ses troupes, par ses parents eux-mêmes, il continua de se défendre, et Unit par se renfermer dans la dernière enceinte avec sa garde, comi>osée de 400 esclaves noirs. Enfin , après un bombardement de trois jours, il se vit forcé, par les clameurs du peuple, de demander A Ibrabiin une suspension d'armes et une conférence. L'entrevue eut lieu le a septembre. Abdallah fut complètement dupe de l'accueil qu'il reçut. Il fuma et prit le café avec Ibrahim; il obtint la vie sauve pour ses frères, ses enfants et ses soldats; son fils Saad, qui avait été fait prisonnier, lui fut rendu ; mais il ne put obtenir un saufconduit pour lui-même, ni l'assurance que sa capitale ne serait point rasée. Bien que ce refus dut lui faire connaître tous les dangers de sa position, il s'abusa et ne voulut point fuir, de peur de compromettre ses parents. A l'expiration du délai qui lui avait été accordé, il fit ses adieux à sa famille éplorée, i ses amis, à ses défenseurs; suivi de son trésorier, de son secrétaire et de ses esclaves noirs les plus aOidés, il retourna avec ses équipages à la tente d'Ibrahim, reçut ses dépêches pour Mohammed -Ali, et fut dirigé sur l'Egypte, sous l'escorte de -500 hommes. Arrivé au Caire le 9 novembre , il fut présenté au vice-roi, qui lui lit servir le café. Dans l'entretien, il donna les plus grands éloges à la bravoure, aux talents militaires et à la générosité d'Ibrahim. Mohammed-Ali lui ayant demandé ce que contenait une boite qu'il tenait dans la main, il l'ouvrit et montra des objets du plus grand prix qui provenaient des trésors enlevés par son père au tombeau du prophète. Le vice-roi y mit son sceau et la lui laissa pour la remettre au Grand Seigneur. Il le lit ensuite revêtir d'une pelisse d'honneur, et le logea dans le palais de son fils Ismaêl. Deux jours après, Abdallah partit pour Constant inoplc avec ses deux compagnons. Arrivés, le 10 décembre 1818, dans cette capitale, ils furent promenés, cliargés de chaînes, dans les principales rues, conduits ensuite en prison et appliqués à la torture. C'est alors, sans doute, et non pas lorsqu'ils étaient en Arabie ou en Egypte, qu'on leur arracha les dents. Le lendemain, ils furent amenés devant le sultan Mahmoud, qui ordonna qu'ils fussent décapités. L'exécution eut lieu dans la soirée, sur la place de Sainte-Sophie, et leurs cadavres, exposés trois jours, furent ensuite abandonnés à la populace. Tel fut le sort du dernier prince des Wahabis ; il était brave, mais il manquait de jugement et de sagacité, n'écoutait pas les sages conseils, et ne savait ni punir ni récompenser à propos. Mohammed-Ali avait réellement demandé la grâce d'Abdallah ; mais, s'il ne put le dérober à la sévérité du divan et à la vengeance d'un peuple fanatique, il sauva du moins ceux de ses fils et de ses frères qui avaient été conduits au Caire, et leur assura des pensions alimentaires. Ibrahim fit raser Déreyeh et dévaster les campagnes voisines, pour éterniser la mémoire du châtiment des YVahabis; et celte secte disparut de l'Arabie. À — t.

ABDALLAH, fils d'Yesid , célèbre jurisconsulte musulman, vivait dans le V siècle ; on disait de lui : « Il est pour les hommes qu'il éclaire, ce que le

» soleil est pour la terre ; ■ mais lui-même avait coutume de dire qu'uy docteur doit toujours laisser à ses disciples quelque |»oiut de loi à éclaircir; qu'ainsi il ne doit jamais rougir de dire : Je ne sais point. C'était à peu près la devise de Montaigne : Que sais-je? et ce devrait être celle de tous les docteurs. — Abdallah Makull (Abec), muphU de Damas, était loin de se croire infaillible, en vertu de sa dignité. 11 ne prononçait aucune décision sans dire auparavant ces paroles : « Ce n'est qu'une opinion, « et toute opinion est sujette à erreur : il n'y a de ccr- « litudeetde vérité qu'en Dieu, v— Abdallah, prêtre d'Alep, établit, vers la fin du 17e siècle, une congrégation de religieux maronites; et comme il se laissa guider par les conseils du P. Bazire , jésuite, l'article le plus raisonnable de sa règle dispensa de la suivre ceux qui s'en dégoûteraient. V — re.

ABDALLATIF ( Abdel - Lathyp ), historien arabe, naquit à Bagdad, en 537 de l'hégire ( 1161 de J.-C). Son père le fit instruire dans toutes les sciences que l'on enseignait alors dans cette ville. Abdallatif dirigea d'abord ses études vers la médecine, qu'il professa jusqu'en .181 (1185). A cette époque, il quitta Bagdad et vint habiter successivement Moussou!, Damas, et enfin Jérusalem, d'où il se rendit au camp de Saladin. Il s'y lia d'amitié avec le vizir Bohadin, qui jouissait de toute la faveur du sultan. L'Egypte avait depuis longtemps attiré son attention : il désirait ardemment parcourir cette antique contrée et connaître les hommes fameux qui y florissaient. Bohadin l'y fit précéder de lettres de recomnian- .dation, et il y fut très-bien accueilli. Au retour de ce voyage , il alla auprès de Saladin : ce prince , ami des lettres , lui assigna une pension sur son trésor à Damas, qu' Abdallatif allait habiter. Au bout de quelques années , il voulut s'acquitter du pèlerinage de la Mecque, et revoir Bagdad, sa patrie. Mais la mort le surprit dans ce voyage, le 12 de moharrem 02!) de l'hégire ( 9 novembre 1231 ). Parmi les nombreux ouvrages composés par Abdallatif, deux l'ont placé au rang des plus grands historiens de l'Orient. Le premier, qui est perdu pour l'Europe, était une Description de l'Egypte, divisée en 13 livres, où l'auteur avait rassemblé non-seulement ce qu'il avait vu , mais encore tout ce que les anciens historiens avaient dit sur cetU' contrée ; l'autre, qui est intitulé : Instructions et Ré/lexiont sur les objets et les événements vus en Égypte, se divise en deux parties : la première traite de la situation et du climat de l'Egypte , de ses plantes, de ses animaux , des monuments antiques, des édifices, na\ircs, et des différentes espèces de nourriture ; la seconde traite du Nil et de ses particularités, et enfin de l'horrible famine qui afiligea l' Égypte en 1 200 et 1 204 . L'exactitude de ses descriptions , et le soin avec lequel il relève les erreurs de ses devanciers, décèlent l'homme non moins éradit qu'observateur. Pococke le fils fut le premier qui s'occupa de traduire en latin ce précieux ouvrage ; mais la mort l'empêcha de l'achever. Hyde et Hunt y travaillèrent ensuite; mais ce projet resta encore sans exécution. Enfin , un savant anglais, M . White, sur le point d'en donner le

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texte qui! avait fait imprimer, céda l'édition entière à M. l'aulus, qui l'a publiée à Tubingue. M. Wahl eu a donné à Halle, en 4790, uue traduction allemande, et M. Wlute, en 4800, a fait réimpriiner à Oxford le texte , avec la traduction latine de Pococke, revue, continuée et enrichie de notes. Mais ces traducteurs avaient encore laissé beaucoup à désirer. M. Silvestre de Sacy en a fait une traduction française à laquelle il a joint des notes, et qui a paru en 4810, 4 vol. in-4°, de l'imprimerie impériale. J-n.

ABD - ALRAHMAN Idn - Hossain , écrivain arabe moderne , naquit au Caire vers le milieu du 48* siècle ; il tirait son origine de Djebaret, village de la haute Egypte, d'où il reçut le surnom de Djebarti. Voué de bonne heure à l'étude de la religion et des lois musulmanes, il obtint le titre de cheik ou de docteur , et jouissait au Caire d'une grande réputation de science lorsque les Français envabirent l'ancien empire des Pharaons. Abd-Alrahman se tint d'abord à l'écart, évitant de se prononcer ; et ce ne fut qu'après le retour de Bonaparte en France , sous l'administration de Kléber, qu'il lit partie du divan du Caire, conseil composé des notabilités du pays, et qui servait d'intermédiaire entre l'administration française et les indigènes. Après l'évacuation des Français, il rédigea une histoire de leur invasion , sous le titre de Falihrl alnasr fy khelasset mi$r, ou Annonce de la victoire qui a délivré l'Êgyple ; et en 4807, lorsque Moustafa IV fut monté sur le trône ottoman , il se rendit à Constantinople pour en faire hommage au sultan. Le prince accueillit cet écrit avec intérêt et le lit même traduire en turc. L'auteur reçut un emploi distingué dans la capitale. Il est mort depuis cette époque. Outre l'histoire de l'expédition des Français en Egypte , dont il existe une version française manuscrite, faite sur le turc par M. Cardin , et qui a été mise à contribution par MM. Marcel et Raybaud dans l'histoire de la même expédition, publiée à Paris, il reste du même auteur une histoire générale ; de l'Egypte moderne, en 3 volumes in-4", dans laquelle le premier récit ne subsiste que comme épisode. Cette histoire est rédigée en arabe, et porte le titre de Ketab adjayb aJatsar fyl taradjem ou alakhbar. ou Livre des souvenirs [et plus merveilleux en fait d'explications et de récits. Commençant à l'année 4100 de l'hégire( 4C88 de J.-C. ). elle se prolonge jusqu'en 42») (4806). On dit qu'il a été question d'imprimer cet ouvrage à l'imprimerie que le vice-rot d'Egypte a établie à Boulak, près du Caire. Quoi qu'il en soit, une relation aussi étendue sur un pays qui, dans ces derniers temps, a été fécond en événements , ne saurait manquer d'intérêt. Hossain Djeharti, péred'Abd- Alrahman , est auteur d'un traité arabe des poids et mesures en général , qui se trouve à la bibliothèque royale à Paris. R— n.

ABD-ALRAHMAN, prince africain, né à Tomboctou, dont son grand-nère était roi, entra dans l'armée du Foutaïi-Jallo, royaume qui dépendait alors de Tomboctou , et fut chargé du commandement d'une expédition contre les Hébohs; mais il fut

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fait prisonnier avec presque tous les siens, et mis à bord d'un bâtiment négrier, destiné pour les Antilles. On le vendit comme esclave, et il vécut longtemps dans cette condition à Natchez, où il avait été envoyé. Quelques années auparavant, le docteur Cox, chirurgien à bord d'un navire qui faisait le commerce sur la côte d'Afrique, ayant pénétré dam le pays, s'y était égaré, et avait été abandonné. Après avoir erré quelque temps, il était arrivé à la capitale du Foutait- Jallo, où, blessé et malade, il avait été accueilli par Abd-Alrahman qui lui donna l'hospitalité pendant six mois. De retour aux États-Unis, le docteur Cox eut occasion de visiter Natehez, seize ans après, et fut reconnu par le prince déchu. Pénétré de reconnaissance et touché de compassion pour le sort de cet infortuné , il lui procura la liberté, et le recommanda au gouverneur , qui lui accorda un passage pour son pays natal ; mais le malheureux prince mourut le 0 juillet 4829, au moment où il allait jouir de ce bienfait. Sa mort fut d'autant plus déplorable l>oiir la colonie, qu'il était allié à plusieurs chefs puissants des pays situés entre Teinbou et Tomboctou, et que son frère, Abd-Alkader, occupe le trône de Foutah-Jallo , royaume à peine éloigné de SOO milles de Libéria. Comme il écrivait l'arabe avec facilité et parlait plusieurs langues de l'Afrique, la société de colonisation américaine espérait , par son intermédiaire, établir des relations importantes avec l'intérieur. Peut-être y parviendra- t-elle encore à l'aide des enfants du prince, pour la rençon desquels des citoyens des États-Unis ont souscrit une somme de 4,000 dollars. Z.

ABD-AL-WAHAB, véritable fondateur de la secte " des Wahabis à laquelle il a donné son nom. C'està tort que M. Corancez, dans son Histoire des Wahabis, et M . Rousseau, dans son mémoire sur ces fameux rebelles, ouvrages puisés A la même source, désignent le cheik Mohammed, son fils (roy. ce nom), comme le premier chef de celte secle qui a fait tant de bruit depuis le commencement de ce siècle, et coûté tant de sang a l'Arabie et a l'empire ottoman. Ces deux agents diplomatiques, pendant leur séjour au Levant, ontrecueilli desdocumentscontemporains.d'après lesquels il semble que la secte des Waliabis ne remontait pas alors à plus d'un demi-siècle, c'est-à-dire au delà de 4750 à 4700. A ces autorités modernes, nous avons cru devoir préférer celle de Niebuhr, voyageur instruit et judicieux : il parcourait l'Arabie & l'époque même où l'on place les commencements du wahahisme, qui, suivant lui et d'après les renseignements qu'il prit à Bassora, datait déjà d'une trentaine d'années. L'opinion de Mebuhr a été appuyée plus tard par celle de Mirza-Abou-Taleb-Kan, qui visita Bagdad et Bassora en 4 NOS, peu après le pillage de la ville d'Imam-Houçaïn , le premier exploit qui ait fait connaître les Wahabis en Europe. Mais le voyageur indien se trompe aussi lorsqu'il place en 4757 les premières prédications du chef de ces sectaires. — Abd-al-Wahab naquit vers la lin du 47" siècle, soit dans les environs de llillah , sur les bords de l'Euphrate, soit dans la province de Nedjetl, en Arabie. Son père Soliman , pauvre Arabe d'une tribu de

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cette province , rêva qu'une flamme sortant de son < corps se répandait au loin et embrasait les tentes du désert et les maison» des villes. Un cheik expliqua ce songe, en lui présageant que son fds serait le chef d'une religion qui convertirait tous les Arabes. Suivant une autre opinion qui n'est pas inconciliable avec la précédente , Abd-al-Waliab fut adopté par Ibrahim, riche Arabe d'une tribu différente. Dès sa jeunesse, il se distingua par son esprit, sa mémoire et sa générosité. Tout l'argent dont il pouvait disposer, il le donnait à ses compagnons. Après avoir fait dans sa patrie ses premières études, et acquis une légère connaissance des lois et des sciences des Arabes, il alla passer plusieurs années à Ispalian . alors capitale de la Perse , où il étudia sous les maîtres les plus habiles. Il se rendit ensuite dans le Khoraçan, poussa jusqu'à Ghaznah , et revint séjourner à Bagdad et à Bassora. I >>■ retour dans sa patrie naturelle ou adoptive, il soutint de nouvelles opinions qui se rapprochaient de la doctrine du célèbre Abou-Hanifeh (voy. ce nom), ne s'en écartant que dans l'interprétation du Coran. Plusieurs eheiks de la prorince d'AI-Ared, qui fait partie du Nedjed, les adoptèrent. A l'exemple de leurs chefs, les sujets devinrent disciples du nouvel apôtre. Cette ligue détruisit la balance politique parmi les petits princes d'AI-Ared, et il en résulta de nouvelles querelles qui devinrent d'autant plus meurtrières que la religion en était le prétexte: les deux partis s'accusaient réciproquement d'hérésie et d'incrédulité. Les eheiks qui avaient refusé de reconnaître Abd-al-Wahab pour prophète , n'étant pas en état de résister à ses partisans , appelèrent à leur secours Arar , cheik d'Al-Ahsa, qui redoutait pour ses États, situés vers le golfe Persique, le zèle fanatique de ces ambitieux, Les premières troupes qu'il envoya contre eux ayant été battues, il vint en personne assiéger Abd-al-Wahab dans une forteresse de la prorince de Déreyeh ; mais son année , qui s'était avancée jusqu'à portée de canon, fut si maltraitée qu'elle s'enfuit en désordre à Al-Ahsa. Dans le même temps Mekramy, cheik de Nedjeran , renommé pour sa valeur, établit aussi une nouvelle secte; mais comme il était ami d' Abd-al-Wahab, et qu'il professait les mêmes principes, il agissait vraisemblablement de concert avec lui ; aussi se joignit-il aux Wahahis. lorsqu'ils attaquèrent , en 176,"5 , la puissante tribu de Beni- Khaled, dans le pays d'Al-Ahsa. Alors Abd-al- Wahab n'existait plus : il était mort depuis peu d'années, après avoir jeté, vers l'année 1710, les fondementsd'unc secte qui aurait pu, réalisant les prédictions de Niebuhr , causer de grands changements dans la croyance et dans le gouvernement «les Arahes, si ses zélateurs, par leur cruelle intolérance et leurs horribles brigandages, n'eussent, dans la suite , soulevé contre eux tous les Etats musulmans voisins de l'Arabie. Nous n'entrerons pas dans le détail des dogmes de la religion des Wahahis : on les trouvera à l'article du fils de leur fondateur. [Voy. Mohammed.) Il suffit d'ajouter que ces sectaires ne croyaient pas que le Coran eût été. créé par l'inspiration divine ou par l'ange Gabriel; qu'ils

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regardaient comme un crime les wrax que Ton

faisait dans un péril imminent ; qu'ils permettaient de tuer un agresseur sans attendre que la justice ent prononcé sur son sort; enfin que, n'adressant leurs prières qu'à Dieu, et rejetant les saints, il* étaient unitaires, et devinrent iconoclastes. A— T.

ABD AS, évéque persan, vivait au commencement du S* siècle, sous le règne d'Isdegerde. Ln évéque de Mésopotamie, nommé Marathas, ayant été envoyé à ce roi par Théodose le Jeune, obtint que le christianisme serait protégé en Perse, et consacra Abdas évéque de ce pays. Le bonheur facile qu'ils eurent de guérir le roi, qui se croyait possédé, augmenta encore leur crédit; mais, en 421 , Isdegerde étant mort , et son fils , Varane V, lui ayant succédé, Alxlas, par un zèle inconsidéré, détruisit un temple des sectateurs de Zoroastrc, adorateurs du feu. Le* mages se plaignirent au roi, qui, à l'exemple de son père , avait jusque-là traité les chrétiens avec bienveillance. Ce prince se contenta d'abord de réprimander Abdas, et de lui ordonner de faire rebâtir le temple, ajoutant toutefois que , s'il lui. désobéissait , il ferait démolir les églises chrétiennes. Le refus d'Abdas, et l'indignation excitée dans le peuple par les mages , portèrent Varane à exécuter sa menace. Alors commença une persécution dont Abdas fut la première victime. Les chrétiens de la classe commune furent abandonnés aux mages, et traités avec la plus cruelle rigueur. On épargna la vie des hommes riches et puissants, dans l'espoir qu'ils deviendraient adorateurs du feu ; mais on leur fit subir les plus dures humiliations. On leur ôta leurs charges et leurs biens. Hormisdas, entre autres, qui était de l'illustre famille d'Achemène , fut réduit à garder des chameaux : un autre seigneur eut la douleur de se voir enlever sa femme , qui fut donnée à l'un de ses esclaves. Les chrétiens implorèrent contre cette persécution les secours de Théodose le Jeune, et il s'ensuivit entre les sujets de ce prince et les Persans une ■ guerre longue et sanglante, où les haines religieuses se joignirent aux haines nationales. Les Grecs finirent par avoir l'avantage ; mais trente années suffirent à peine pour éteindre ces fureurs. D — t.

ABDEL -AZYZ, second vice-roi arabe d'Espagne , fils de Mouça , lieutenant du calife Wésid I", seconda son père dans la conquête de l'Espagne , et s'empara lui-même, l'an 713 de J.-C. , des provinces de Jaên , de Mureie et de Grenade. L'année suivante, il livra bataille, dans les plaines de Carthagène, au comte Théodomire, prince du sang royal des Goths, le vainquit, et, par un traité, se mit en possession des principales villes de cette prorince; il assiéga ensuite Tarragone, dont la prise acheva la conquête de la péninsule. Mouça ayant été rappelé à Damas , laissa à son fils le titre de vice-roi, qui lui fut confirmé par le calife Soleïman. Abdel- Azyz fit de nouvelles conquêtes : il envoya un de ses lieutenants à la tète d'une armée qui pénétra en France, et, voulant affermir son autorité, il fit venir d'Afrique un grand nombre d'Arabes auxquels il distribua des terres. 11 adoucit le sort des chrétiens qui s'étaient soumis, releva les villes détruites, en con-

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ttrui&i t de nouvelles , et fixa sa résidence à Séville. Mais la passion que lui inspira la reine Égilone, veuve de Roderic , dernier roi des Goths , lui lit perdre en peu de temps le fruit de ses talents et de ses vertus guerrières. Cette princesse ambitieuse lui persuada de se faire proclamer roi , et lui mit , dit-on , ellemême, la couronne sur la tète, ce qui indigna tellement les principaux officiers de l'armée , qu'ils le massacrèrent. Les historiens arabes rap[»ortent autrement sa mort : ils assurent qu'Abdel-Azyz , ayant appris la disgrâce de son père Mouça , ne voulut plus reconnaître l'autorité du calife Solelinan , et que ce prince irrité chargea secrètement cinq Arabes de se rendre en Espagne pour l'assassiner. Les émissaires du calife choisirent le jour où Abdel- Azyz devait faire la prière dans une mosquée située dans les prairies de Séville. A peine avait-il lu le premier cliapitre du Coran, qu'ils se jetèrent sur lui, et regorgèrent, Tan 717 de J.-C. | Voy. Mousa. ) B-p.

ABDEL-AZYZ, prince des Wahabis, fils d'Ebn- Sehoud, lui succéda, vers la fin du I8« siècle, dans l'autorité souveraine chez les mahométans réformés. Ne manquant ni de courage ni d'adresse , il profita du zèle des nouveaux sectaires pour achever de soumettre le reste des tribus qui n'avaient pas encore plié sous le wahabisme, amassa des trésors immenses et sévit maître d'une grande nation toute composée de soldats. La puissance toujours croissante des Waltabis ayant donné de l'inquiétude à la Porte, elle ordonna, en 1801, au pacha de Bagdad , d'aller les attaquer. A l'approche des Turc», les Wahabis abandonnèrent leurs foyers. Abdel-Azyz , obligé de prendre la fuite, eut recours à la ruse, et les Turcs , trompés par ses négociations et séduits par ses présents, retournèrent â Bagdad; ce qui lui donna le temps de rassembler son armée , pour se signaler bientôt parla prise imprévue d'Iman- Hussein, ville importante qui renfermait le tombeau du fils d'Ali; et, peu de temps après, par celle de la Mecque. Mais, au milieu de ces triomphes, il fut poignardé pendant qu'il était en prière , le 13 novembre 1803, par un Persan qui s'était fait Wahabis pour l'immoler à sa vengeance. Abdel-Azyz laissa un fib nommé Sehoud , qui lui succéda par le sufunanime de sa nation , et sut maintenir parmi t sectaires le fanatisme religieux et le désir des conquêtes. ( Voy. Seick-Mahmocd.) B — p.

ABDEL-AZYZ. ( Votiez Alchabitus.) ABDEL-CADIR BEN-MOHAMMED, originaire de Médine et natif de Djézyréh , est auteur d'un traité arabe sur le café, écrit vers la fin du 10siècle de l'hégire ( 16e de J.-C.). M. Silvestre deSacy en a publié un extrailcurieux dans sa ChrtHomathù arabe. J— N.

ABDEL-MELEK, 5* calife ommiade de Damas, •da à Merwan 1", son père, au mois de ramat, 63 de l'hégire (avril 685 de J.-C). Avant son au trône, il étudiait le droit; mais ayant la mort de Merwan , il referma le Coran qu'il lisait, en disant : « Ami, c'est le dernier entretien « que nous aurons ensemble. » 11 signala la première année de son règne par une démarche auasi hardie |

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que nécessaire. L'empire qu'exerçait Abdallah à la Mecque empêchait les musulmans de la Syrie et des provinces soumises à Abdel-Mélek de s'acquitter du pèlerinage , et les plus zélés désertaient son empire pour se livrer à leur dévotion dans les lieux où régnait Abdallah. Abdel-Mélek, pour remédier à cet inconvénient, se rendit à Jérusalem, en agrandit le temple et voulut qu'on s'acquittât du pèlerinage dans cette ville. 11 fit ensuite rentrer dans le devoir tous les petits gouverneurs de Syrie; mais il luttait avec peine contre les troupes de l'empereur Justinien II (voy. ce nom), qui lui accorda enfin la paix, à condition qu'il lui donnerait chaque jour 1000 pièces d'or, un esclave et un cheval arabe. Ce traité permit au calife de marcher contre Mossab, frère d'Abdallah-Ben- Zobaïr , qui s'était emparé de l'Irac; mais à peine fut-il sorti de Damas, que le gouverneur qu'il y avait laissé se révolta. Abdel-Mélek fut forcé de revenir sur ses pas pour lui livrer bataille : il le tua , et rentra triomphant dans sa capitale. Enfin, en 71 de l'hégire, il se dirigea de nouveau contre Mossab, le rencontra sur les bords du Tigre, le vainquit, le tua et reçut le serment de fidélité de ses troupes. Abdel-Mélek était dans le château de Coufah lorsqu'on lui apporta la tète de Mossab . u C'est dans ce château , lui dit un « vieil officier, que j'ai vu apporter à Obeid'Allah « la téle de Hocéin, celle d'Obeid' Allah à Mokhtar, « celle de Mokhtar à Mossab ; maintenant on vous « apporte celle de Mossab. » Abdel-Mélek fut si profondément affecté de celle remarque , qu'il quitta le château sur-le-champ , et ordonna qu'on le démolit. Cette victoire rendit Abdel-Mélek maître de l'Irac. Sa puissance était déjà établie en Syrie, en Egypte et dans la partie de l'Afrique soumise alors aux Arabes. Mais une partie de l'Arabie obéissait encore à Abdallah-Beu-Zobaïr. La même année, Abdel-Mélek envoya pour le réduire le célèbre Hedjadj-Ben-Yousouf . Ce général vint mettre le siège devant la Mecque, et Abdallah ayant péri, il s'en rendit maître, le 18 de djoumady 1- (71 de l'hégire). Abdel-Mélek obtint encore d'autres succès par ses lieutenants dans l'Arménie et la Mésopotamie ; mais la faction des Alides s'étant accrue dans cette dernière contrée, Hetljadj n'y eut pas tout l'avantage qu'on attendait de son habileté. Plusieurs fois ses troupes furent vaincues , et peu s'en fallut que Koufah ne tombât au pouvoir des rebelles. La mort de Chebyb, leur chef, mit fin à cette guerre en 82 (de l'hégire). Abdel-Rahman, lieutenant d'Hedjadj, s'étant révolté peu de temps après , Abdel-Mélek se joignit à son général ; mais leurs armées réunies furent complètement battues, et Abdel-Rahman se rendit maitre de Bassora et de Koufah. Lesdeux partis se préparèrent à une seconde bataille, et pendant cent jours qu'ils se harcelèrent, il se livra quatre-vingt-un combats. Enfin Hedjadj mit en fuite Abdel-Rahman et le força à se réfugier à Sahanah, où il fut pris par le gouverneur qui y commandait pour Abdel-Mélek. Ces troubles furent les derniers qui agitèrent le règne de ce prince jusqu'à sa mort, arrivée en chawal 86 de l'hégire ( décembre 705) : il avait régné 21 ans et 15 jours. Tous

les talents politiques

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et militaires d' Abdel-Mélek. Il avait une instruction peu commune chez les princes de sa maison , et protégeait les savants. Fier de son rang et de son autorite , ce fut lui (|ui le premier défendit aux ofliciers de sa cour de s'entretenir longtemps avec le calife , de tenir des discours suivis en sa présence et de se familiariser avec lui. Il exclut du conseil les étrangers qui s'y étaient introduits , et les remplaça par des Arabes. On vante sa modération envers les chrétiens , à qui il laissa, dans Damas, une église qu'ils ne voulurent pas abandonner. Mais ces qualités furent ternies par une sordide avarice, qui lui lit donner le surnom de Rachijh-tl-Hcdjarah, sueur de la pierre. Les premières années de son régne offrent quelques traits d'injustice et même de barbarie, et ce fut l'apologue suivant qui , dit-on , le fit changer de conduite. S'ennuyant un jour , il ordonna à un de ses bouffons de lui Taire quelque récit qui pi'it le dissiper. Ce bouffon lui lit ce conte : « 11 y avait « une chouette a Bassora et une autre à Moussoul. « La chouette de Moussoul ayant demandé à celle « de Bassora sa lille en mariage pour son lils , la a chouette de Bassora répondit qu'elle ne l'aceor- « derait pas, à moins qu'on ne lui donnât cent malsons « ruinées. La chouette de Moussoul répondit : llmesea rait impossible de te satisfaire; maissi, parle secours a de Dieu , notre prince vit encore un an , je te proa mets de donnera mon lils ce que tu lui demandes. » Le calife saisit facilement le sens de cet apologue; et depuis ce temps, dit un historien ara!>e, il écouta les plaintes des opprimés et rendit justice à tout le monde. Abdel-Mélek passe pour le premier souveraiu qui ait fait frapper de la monnaie arabe. Il transmit le califat à son (ils Wélyd , qu'il avait reconnu pour son successeur, et nommé au gouvernement d'Egypte peu de temps avant sa mort. J-n.

ABDEL-MÈLEK I", lils de ISouhh, 5e prince de la dynastie des Samanides, monta sur le trône en 343 de l'hégire (954 de J.-C.), et mourut d'une chute de cheval, au bout de sept ans de règne, pendant lequel il eut toujours à combattre Rokn-Eddaulah, qu'il força enlin à la paix. Son équité, son énergie et l'art de bien gouverner l'ont distingué des autres princes de sa maison. .1 — K.

ABDEL-MÈLEK H, fils de Nouhh, 9' et avantdernier prince de la dynastie des Samanides , succéda , en 5HS de l'hégire (998 de J.-C. ) , à son frère Mansour 11. {Voy. ce nom.) Elevé sur le trône par la faction de Bektouroun et dcFaïc,il n'eut que l'ombre d'un pouvoir <pii était dans les mains de ces deux rebelles. Cependant MahmoudSebekteguy [voy. ce nom ) , voulant venger la maison des Samanides , envoya des députés vers Bektouroun et Faïc , pour leur reprocher leur conduite criminelle envers Abdel-Mélek, et les menacer de son ressentiment. Ils se retirèrent d'abord à Merou , et revinrent ensuite camper devant Mahmoud , espérant le séduire par leurs promesses. Le faible Abdel-Mélek les accompagnait partout et prêtait son nom a leurs démarches. Quoique Mahmoud fût convaincu de leur perfidie , il n'osa pas refuser la paix qu'ils lui proposèrent , craignant de trahir la lidélité qu'il devait aux Sama- I

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nides. A peine fut-elle conclue, que l'arrière-garde de Mahmoud fut harcelée parles troupe* d'Abdel-Mélek. Mahmoud, obligé de se défendre, marcha contre son ennemi et le mit en déroute. Abdel-Mélek fut assez heureux pour se réfugier à Bokhara avec Faic. Mahmoud le laissa en repos, et envoya seulcmentdes corps de troupes à la poursuite de Bektouroun. Les ennemis d'Abdel-Mélek entretenaient depuis longtemps des intelligences avec llck-Kan, roi du Turkestan. Ils parvinrent a persuader à Abdel-Mélek d'appeler à son secours ce barbare, qui n'avait, selon eux , d'autre intention que de rendre à la maison des Samanides son ancienne splendeur. Abdel- Mélek, jeune et sans expérieuce, céda ù leurs conseils, et implora le secours d'Ilek-Kan. Celui-ci s'avança en toute diligence , s'enqiara de Bokhara , fit conduire le trop crédule Abdel-Mélek dans une forteresse, et s'assit sur son trône, le 19 de dzoulcaadah, 589 de l'hégire (2( octobre 999). Le malheureux prince Samanidc fut ainsi détrône après un règne de H mois et 17 jours. Il mourut dans sa prison. Son frère Montaser lui succéda. J— N.

ABDEL-MOI MEN ( Aboi>Mohammei>), second prince des Almohades, en Afrique (Al-Mowahhad ou unitaires), né l'an 495 de l'hégire (4IOI de J.-C.) , était (ils d'un potier de terre du village de Nadjereh, dans le royaume de Tclemsen. Après avoir acquis de grandes connaissances dans l'histoire et le droit public, il s'attacha au célèbre Touinert {voy. ce nom] , et unit sa fortune à celle de cet imposteur, qui , sous prétexte de ramener les peuples de la Mauritanie à la doctriue pure de Mahomet, se frayait un chemin au trône. La nouvelle secte lit des progrès rapides , et Toumert eut bientôt une armée d'ardents prosélytes, dont Abdel-Moumen devint à la fois le lieutenant et l'iman ou grand prêtre. Sa première expédition fut dirigée contre Tacheryn, roi de Maroc, qui venait de prendre les arnies pour arrêter les progrès des nouveaux sectaires. Toumert étant mort avant d'avoir pu achever la révolution qu'il avait commencée , ses principaux disciples résolurent de conférer son autorité à Abdel-Moumen; mais comme il eût été dangereux d'annoncer subitement la mort de Toumert , on la tint cachée quelque temps. L'adroit Abdel-Moumen avait apprivoisé secrètement un iMîrroquet qui savait répéter ces mots : Gloire , puissance, au calife Abdel-Moumen, prince des croyants! Les principaux AI-Mo\vahhad ou unitaires, convoqués pour l'élection d'un nouveau chef, proclamèrent, l'an 526 de l'hégire (4132 de J.-C), Abdel-Moumen calife et Emyr-cl-Moumenyn. Habile à manier les esprits et à s'emparer de la multitude, Abdel-Moumen traita le peuple avec douceur et diminua les impôts; mais, dévoré d'ambition, et réunissant en sa personne le .sacerdoce et l'empire, il conçut le projet d'étendre sa domination sur toute l'Afrique occidentale. La vie de cet homme extraordinaire ne présente plus qu'une suite non interrompue de batailles et de conquêtes. A peine avait- il 3,000 hommes sous ses ordres lorsqu'il sortit de Tynmal pour s'emparer de Tadla , qu'il livra au pil- I lape. Les provinces de Durah, Tyghan, Fazaz et

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Ghayatah furent les premières soumises. 11 attaqua ensuite l'empire de Maroc, s'empara de Telemsen et d'Oran (1 145), prit Fez après un long siège, nourrit la guerre par la guerre , augmenta rapidement son armée, équipa mie flotte, et, profitant des troubles qui agitaient le midi de l'Espagne, y Gt passer des troupes, qui lui soumirent les villes de Xérès, Malaga, Gordoue et Séville. Presque en même temps, il prit Tanger en personne ; et ayant fait ensuite la conquête de Maroc ( H 47 ), après dix ans d'une guerre opiniâtre, il mit fin à la dynastie des Almoravides ( Al-Morabeton), en faisant décapiter, en sa présence, le malheureux Ysakam, (ils de Tachefyn, dernier prince de celte dynastie. Tout plia dés lors sous la puissance d'Abdel-Moumen. 11 s'empara de Bugie et de Cayrouan, défit et dissipa les Arabes qui s'étaient ligues contre lui , marcha contre Tunis, s'en rendit maître après avoir battu la flotte des chrétiens, et donna des lois à toute l'Afrique occidentale. En 1160, il aborda lui-même en Espagne , et forma le projet d'en chasser les chrétiens. Plein de cette grande idée, il revint en Afrique et rassembla toutes ses forces de terre et de mer : 100,000 fantassins et plus de 100,000 hommes de cavalerie allaient être conduits en Espagne sur des milliers de bâtiments de transport, lorsque la mort inopinée du conquérant , arrivée à Salé, l'an 558 de l'hégire (1162 de J. < sauva peut-être la péninsule entière du joug africain. Abdel-Moumen, appelé Abd-Uimenon par les historiens espagnols, mourut à l'âge de 65 ans, après avoir régné 55 années lunaires. Fondateur d'une dynastie, il assura l'empire à son fils Abi-Gakoub, qui , n'ayant point hérité de son génie , abandonna ses vastes projets. Abdel • Moumen unit la prudence et le courage à une activité infatigable; mais ce fut surtout à son adroite politique et à sa douceur envers les peuples qu'il dut tant d'admirateurs et de soldats fidèles. I^s détails qui concernent ce conquérant ont été défigurés dans la plupart des compilations historiques. B— P.

A'BDEL-REZZAK , fondateur de la dynastie des Sarbédariens, était né à Batchyn, bourg dépendant de Sebrwar, où son père tenait le premier rang par ses richesses. Il s'attacha, dès sa jeunesse, au sultan Abou-Sard-Kan , qui lui donna une place dans ses yéçaoul ou huissiers, et ensuite l'envoya dans le Kirman pour en percevoir les impôts, dont il dissipa le produit. Tandis qu'il cherchait les moyens de couvrir ses dilapidations, la mort d'Abou-Safd vint le délivrer de son inquiétude : il se rendit secrètement à Batchyn , où l'un des vizirs d'Abou-Saï'd s'était attiré la haine publique par une administration tyrannique. A'bdel-Rezzak profite de l'irritation des esprits pour les porter à la révolte, et le vizir est sacrifié. Le rebelle sort ensuite de Batchyn, accompagné de ses parents, et attache à une potence des loquets et des bonnets, que tous ses partisans attaquent à coups de pierres. C'est de là que celte dynastie a pris son nom, Sarbédar signifiant tite sur une potence. Sept cents personnes lui prêtèrent serment de fidélité. Cependant le vizir A'ia-Eddyn Mohammed envoya une armée contre lui ; mais elle

fût mise en fuite, et A'ia-Eddyn, poursuivi, tomba entre les mains du vainqueur, qui le fit mourir en 757 de l'hégire (1556-7 de J.-C). Après cette vietoire , A'bdel-Rezzak s'empara de Sebrwar et du souverain pouvoir. Mais ayant ensuite excité beaucoup de mécontentement par sa fierté et sa brutalité, et ayant été jusqu'à lever la main sur son frère Maçoud, celui-ci tira son épée, et A'bdel-Rezzak, effrayé, se tua en sautant par une fenêtre. Maçoud lui succéda, et affermit par ses conquêtes la nouvelle dynastie. J— n.

ABDÉRAME (Abdoul-Rahama.vBen-Abdoullah-el-Grafiki), gouverneur ou vice-roi d'Espagne, sous le calife Yésid, avait porté les armes dès sa plus tendre jeunesse. Ambitieux , jaloux de son autorité, cruel surtout envers les chrétiens, dont il était l'ennemi implacable, Abdérame projetait de faire une irruption en France, lorsqu'il fut rappelé à Damas, en 722, cinq mois après son arrivée en Espagne. Ce dernier gouvernement lut fut donné, pour la seconde fois, neuf ans après. A peine fut-il maître des forces musulmanes de la péninsule, qu'il reprit son projet favori d'envahir la France, dont la conquête lui paraissait facile , quoique Zama , lieutenant du calife, après y avoir pénétré avec de grandes forces , eût perdu la vie et presque toute son armée sous les murs de Toulouse. Avant de passer les Pyrénées, Abdérame voulut étouffer la révolte de Munuza, gouverneur de la Catalogne, son ennemi personnel, qui s'était allié à Eudes, due d'Aquitaine, dont il avait épousé la fille. Munuza, vaincu , se donna la mort, et sa femme, captive, fut conduite à Abdérame qui, frappé de sa beauté, l'envoya en présent au calife Hecchara. Après avoir triomphé'de Munuza il traversa la Navarre, entra dans l'Aquitaine avec une armée formidable, assiégea et prit Bordeaux , passa la Garonne et la Dordogne sans opposition, et rencontra les troupes d'Eudes, duc d'Aquitaine, et de Charles-Martel." Abdérame les tailla en pièces, et cette défaite fut si fatale aux chrétiens, que, de leur aveu , Dieu seul put compter le nombre des morts. Abdérame envahit l'Aquitaine, le Périgord, la Saintonge et le Poitou, et poussa des détachements jusqu'en Bourgogne. La tradition a conservé longtemps le souvenir de cette invasion , dont les circonstances sont dénaturées d'une manière si bizarre dans les romans de chevalerie. Les soldats d'Abdérame portèrent le fer et le feu partout où ils passèrent, et surtout dans les monastères et les églises. Ils étaient déjà maîtres de la moitié de la France, et Abdérame s'avançait triomphant vers la Loire, lorsque parut, entre Tours et Poitiers, Charles-Martel , à la tête des forces de trois royaumes. Une chaîne de collines avait couvert sa marche , tellement bien calculée, qu' Abdérame fut saisi d'étonnement en voyant l'armée française. C'était au mois d'octobre 752. Les six premiers jours se passèrent en escarmouches. Enfin , le septième , on en vint à une action générale ; les Sarrasins ayant attaqué avec peu de précaution , furent écrasés par l'impétuosité des soldats de Charles-Martel. On combattit cependant jusqu'aux derniers rayons du jour. Abdé-

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